Fukushima est déjà le symbole d’une catastrophe historique!

Après une sorte de black out concernant la centrale de Fukushima, black out censé être justifié par le « prochain » rétablissement du courant électrique, les nouvelles fusent de nouveau et sont, comme on pouvait malheureusement le craindre, très mauvaises.

On a, par exemple et enfin ! des nouvelles de l’océan. Voici l’information, reprise au quotidien « Le Parisien » pour montrer quelle conclusion il en tire :

Des substances radioactives ont été détectées dans l’eau de mer près de Fukushima, selon Tepco propriétaire et opérateur du site. Les taux d’iode 131 et de césium 134 étaient respectivement 126,7 fois et 24,8 fois plus élevés que les normes fixées par le gouvernement japonais. Ces résultats pourraient avoir une incidence sur la pêche.

Des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers d’êtres vivants sont concernés par une radioactivité les menaçant, et cela n’aurait de sens qu’en raison… de la pêche ?

Une logique folle que nous avons maintes fois critiqué, et que l’on retrouve avec une chose « remarquable » qui est désormais connue. En effet, la convention de Paris sur la responsabilité des exploitants nucléaires exonère ceux-ci d’indemnisation en cas de « cataclysme naturel de caractère exceptionnel. »

On voit déjà comment l’industrie du nucléaire va, dans les années à venir, attribuer à la nature les problèmes qu’elle a elle-même causées. Si l’humanité accepte cette « explication », elle court à la catastrophe. On ne peut pas vivre contre Gaïa.

Et c’est parce que ce n’est pas possible, contrairement à ce qu’elle prétend, que l’industrie du nucléaire a mis en avant la mise en place d’un réseau électrique pour relancer le refroidissement.

On entend parler de cela depuis plusieurs jours, mais en fait ce n’est qu’hier que quatre réacteurs sur six sont connectés, et il faudra encore deux-trois jours pour tester le matériel!

Et si les messages se voulaient rassurants ce week-end, la fumée apparue hier dans le réacteur numéro 2 a été considérée comme… « mystérieuse. » Il y a également eu une fumée blanche puis noire au-dessus du réacteur numéro 3.

Le personnel a été alors évacué, mais impossible de savoir si tout le monde avait été évacué, ou seulement une partie ! Très rassurant comme black out alors que le réacteur numéro 3 contient du combustible MOX, mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium issu de produits de recyclage.

Très fort aussi les propos d’André-Claude Lacoste, directeur de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) : «Ce type d’incendie fait partie de l’écume des jours. C’est normal sur un site où toutes les installations sont en très mauvais état. »

Ce sera le seul commentaire, presque poétique, car officiellement en raison de l’absence de détails à ce sujet, il n’y a eu aucun commentaire de la part des responsables de l’ASN et experts de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Pas très étonnant quand on sait que le MOX, ce mélange donc ultra-dangereux, est fourni par… AREVA, qui a annulé il y a quelques jours sa prochaine livraison de MOX au Japon, on se demande pourquoi…

Voici la présentation de ce qu’est le MOX, par l’association Stop Mox :

Le MOX (abréviation de Mixed Oxyde) est un mélange d’oxyde d’uranium et de plutonium, il occupe à présent la première place dans les préoccupations écologiques avec les déchets radioactifs (cf la décharge nucléaire laboratoire de Bure) et surtout le retraitement dont ce MOX est issu. Il est apparu vers les années 1960 dans les centres de recherche et fut même testé par les Etats-Unis qui le rejetèrent, le considérant dangereux et peu rentable.
En fin de compte, après quelques péripéties, il est adopté par la France qui en fait un des fleurons de son système électronucléaire.

Après utilisation, le combustible irradié des centrales nucléaires est acheminé à la Hague, dans le Cotentin, pour être retraité, pour en extraire le plutonium. La COGEMA (aujourd’hui appelée Areva), dans les ateliers de la Hague, produit plus de cinq tonnes par an de plutonium. L’échec de la filière surgénératrice qui devait utiliser ce plutonium fait qu’on ne sait pas trop quoi faire de ce stock de Pu. EDF donc l’accepta, en mélange (MOX), dans les années 1990, pour ses réacteurs nucléaires 900 MégaWatt.

Sur l’ensemble du parc français, 20 REP (REP = Réacteur à Eau Pressurisée = PWR en anglais) 900 MW reçoivent actuellement le combustible MOX sur les 58 réacteurs en fonctionnement. Il s’agit de :
2 REP à St Laurent des eaux, sur la Loire, en Loir et Cher, région Centre
4 REP à Gravelines, bord de mer, dans le Nord, région Nord Pas de Calais
4 REP à Dampierre, sur la Loire, dans le Loiret, région Centre,
2 REP au Blayais, bord de mer, en Gironde, région Aquitaine
4 REP à Tricastin, sur le Rhône, dans la Drôme, région Rhône-Alpes
4 REP à Chinon, sur la Loire, en Indre et Loir, région Centre.

 

 

Mais ce n’est pas tout. A 120 kilomètre de Fukushima, le taux de radiation des épinards était 27 fois plus élevé que le standard autorisé. On également trouvé des traces d’iode radioactif, de dose non dangereuse, dans l’eau du robinet à Tokyo et ses environs, ainsi que dans la région de Fukushima (nord-est).

Par endroits, au-delà de la zone d’évacuation, on a parfois noté des radiations de jusqu’à 100 Microsievert par heure. Une personne humaine ne peut rester que dix heures dans un endroit avec une telle radiation, avant d’être contaminée.

Dans la zone d’évacuation, on a mesuré 160 Microsievert par heure. Là, une personne humaine ne peut rester que six heures. Dans la zone de la centrale elle-même, le chiffre est 2000 Microsievert par heure. Sans protection, le danger arrive au bout d’une demi-heure.

Ce que cela signifie, c’est que la contamination va être importante dans les 100 kilomètres de la centrale, et que les 20-30 kilomètres autour de la centrale, deviendront une zone interdite pendant au moins une centaine d’années.

Quant à la centrale, soit il y a un refroidissement qui durera sans doute deux années, soit il est placé un sarcophage de béton comme à Tchernobyl.

Fukushima est déjà le symbole d’une catastrophe historique!