Les mensonges sur le lait de la Société française de pédiatrie

La Société française de pédiatrie est une institution fondée en 1929 et qui est désormais la vitrine des pédiatres en France. Cette société a diffusé un texte, largement repris par de très nombreux médias sur le net (mais bizarrement pas disponibles sur le site de la société elle-même).

Ce qu’on y lit est édifiant: c’est ni plus ni moins qu’une manipulation psychologique. Non seulement le document de la Société française de pédiatrie défend l’utilisation humaine du lait de vache (ce qui en soi n’est pas forcément étonnant de la part d’une institution), mais en plus – d’une manière véritablement douteuse, il le rapproche du lait maternel pour amener la confusion la plus complète.

Là, on atteint tout de même un degré d’irresponsabilité énorme.

Rappelons que le lait maternel est absolument obligatoire pour les nourrissons, comme aliment unique, jusqu’à l’âge de 6 mois. Et rappelons qu’en France l’allaitement maternel est une pratique faible comparé au reste du monde – voir notre article Blédina et Danone à l’assaut des populations pauvres (et d’origine asiatique) – nous y parlions également de l’intolérance au lactose qui est largement sous-estimé voire ouvertement nié dans le document des pédiatres!

Mais voici le document en question:

Le lait est essentiel à l’enfant…

La Société française de Pédiatrie (SFP) s’inquiète des peurs infondées qui se manifestent à propos de la consommation de lait. Elles circulent actuellement, avec un regain d’activité. Elles sont pourtant dénuées de tout fondement sérieux. Infections à répétition, allergies, eczéma… Ces idées reçues – et fausses !doivent être combattues. Car les conséquences d’une carence en calcium peuvent s’avérer redoutables, voire mortelles, pour les plus petits.

Au palmarès des peurs alimentaires des jeunes parents, le lait figurerait en bonne position ! Il existe certes des intolérances au lait de vache ou au lactose, mais c’est au pédiatre qu’il revient d’en poser le diagnostic. Et ce n’est pas fréquent.

Les enfants « privés » de lait pour de mauvaises raisons voient leur risque de carence en calcium, augmenter. « Ce dernier n’est pas facilement objectivable, et ne se traduit par rien de visible », explique la SFP. « Pourtant l’os de l’enfant se minéralise mal. Et ce n’est que plusieurs années voire plusieurs décennies plus tard, que la catastrophe prendra toute son ampleur : fractures, notamment chez les femmes après la ménopause, mais aussi fractures de fatigue chez le sportif ».

Certains parents, persuadés que le lait est nuisible à la santé de leur enfant, choisissent des substituts totalement inadaptés. Ces derniers sont à base de végétaux : lait d’amande, lait de riz, lait de noisette, lait de soja… Or ces « laits » ne sont pas du lait.

Et ils ne se rapprochent ni de près ni de loin, du lait maternel. « A ce stade de la vie, les carences sont graves voire irrémédiables ». Et la SFP de revenir sur un fait divers récent, dont a été victime un nourrisson dont les parents étaient végétaliens, Celui-ci est décédé, « faute d’avoir reçu les nutriments nécessaires à son développement »., rappelle la Société française de Pédiatrie.

Source : Société française de Pédiatrie, 8 avril 2011

Ce texte est vraiment pervers. Le passage suivant notamment:

ces « laits » ne sont pas du lait. Et ils ne se rapprochent ni de près ni de loin, du lait maternel.

Comme si les gens refusant le lait de vache refusaient également le lait maternel… Car c’est de bien cela qu’il s’agit: montrer les gens qui refusent le lait de vache pour les humains comme des gens refusant également le lait maternel (ce qui est absurde et que personne ne peut logiquement faire).

Il s’agit ici clairement pour la Société française de pédiatrie de gommer la distinction lait maternel / lait de vache, afin de souligner un soit disant passage “naturel” de l’un à l’autre.

Et de faire passer les gens se “méfiant” du lait de vache pour des personnes “irresponsables” se tournant vers le lait végétal (au lieu du lait maternel).

Il ne faut pas être dupe. Le seul lait indispensable pour l’être humain, c’est le lait maternel. Le lait de vache est aussi maternel, d’ailleurs… mais il est destiné aux veaux!

Quant aux laits végétaux, s’ils ne suffisent pas au bébés après six mois dans leur forme “classique”, les magasins bios (physiques ou sur internet) disposent de très nombreuses boissons en poudre (par exemple de la marque La Mandorle).

La fausse démonstration de la Société française de pédiatrie est donc clairement de la propagande!

Notons d’ailleurs évidemment la conclusion (sans doute en fait le prétexte à l’article), consistant en le passage odieux sur le “couple végétalien”; il s’agit évidemment là aussi d’une guerre psychologique, puisque la raison de la mort de l’enfant n’est même pas expliquée mais est attribuée, par sous-entendu, au végétalisme (voir un article du quotidien anglais the Guardian à ce sujet).

La Société française de pédiatrie a donc choisi clairement son camp, celui de l’industrie. Il s’agit pour elle de propager le mythe de l’industrie (européenne historiquement) comme quoi le lait de vache serait “naturellement” bon et destiné aux êtres humains.

Ce qui est une conception totalement liée à l’exploitation animale et à la domestication des vaches en Europe.

En France, les institutions ne feront jamais aucun compromis avec le véganisme (à l’opposé d’autres pays où la population est moins dénaturée sur ce plan et exerce une pression plus grande, comme en Angleterre, aux USA, en Allemagne, etc.).

Voilà donc ce qu’on peut constater (sans étonnement en fait) : la Société française de pédiatrie participe à la même entreprise de dénonciation du véganisme que l’on trouve de l’AFP à Actimel. Elle est une institution “neutre”, mais son idéologie est en réalité celle des industriels (de l’exploitation animale).

Et il y a un dénominateur commun dans cette démarche dénaturée: la manipulation psychologique, avec à chaque fois les enfants pris en otage! C’est une grande caractéristique des campagnes anti-véganisme, et il faut vraiment avoir conscience de cela.