Des “primaires de l’écologie” sans aucun contenu

L’OPA d’Europe Ecologie a commencé. En payant dix euros, on a désormais le droit de s’inscrire sur les listes d’électeurs de la « primaire de l’écologie. » Un site est consacré à cette initiative.

Voici les informations principales concernant les dates :

date limite des inscriptions : le 10 juin à 14h ;
réception par les votants du matériel (professions de foi, identifiant et mot de passe du vote électronique, formulaire pour le vote par correspondance), par voie postale : entre le 15 et le 17 juin ;
clôture du vote par Internet : 23 juin à 24h ;
clôture du vote par correspondance : 24 juin à 24h ;
proclamation des résultats du 1er tour : 29 juin ;
en cas de second tour (si aucun candidat ne remporte au moins 50% des voix), les votes électroniques seront ouverts à partir du 30 juin, après un débat qui se tiendra à Grenoble entre les deux candidats arrivés en tête ;
proclamation du résultat définitif : le 12 juillet.

Il va de soi que cela est une vaste fumisterie, dont le seul intérêt est de lancer une campagne électorale à peu de frais pour Europe Ecologie – les Verts. Si les choses étaient différentes, il y aurait eu de larges débats quant à la nature, à l’écologie, quant aux projets qu’on peut avoir à long terme.

En lieu et place de cela, EELV se pose en annexe de la gestion gouvernementale du Parti Socialiste. Ce qui veut dire que l’écologie se dirige ici non pas vers une défense de notre planète et donc de ses habitantEs, mais seulement vers un soutien institutionnel au futur gouvernement, si les socialistes l’emportent. Alors, snobber à ce point l’écologie est un acte totalement inconscient et irresponsable vue l’urgence de la situation !

Là est le grand problème de toute la période que nous vivons : les personnes défendant les animaux sont en repli ; il y en a de plus en plus, mais la mentalité tend à un pessimisme complet, et toujours dans un sens dénaturé. L’écologie par contre, dans un sens très commercial il est vrai, a le vent en poupe.

Il serait alors logique que les amiEs des animaux saisissent l’ampleur de la question, à savoir qu’environnement et animaux forment un tout inséparable ; tout comme les écologistes devraient savoir que dans l’environnement, il y a des animaux !

Cela est d’ailleurs inévitable. Pour l’instant, cela n’arrive pas en raison de fumisterie opportuniste comme EELV, Hulot et Co, mais demain on peut être certain que les jeunes générations seront écoeurées, totalement écoeurées, devant le sort réservé à notre planète.

Car si aujourd’hui la question du « contenu » n’intéresse pas grand monde et donne l’impression de « diviser », c’est pourtant bien de cela qu’il s’agit. La libération animale n’est pas la protection animale qui veut que des animaux aient des droits ; l’écologie radicale qui veut la libération de la Terre n’a que peu de choses en commun avec la protection de l’environnement qui n’existe que pour le business puisse continuer de tourner !

Tout cela, le statut des « coopérateurs » d’EELV le montre très bien. Leur seul rôle est de participer, avec le niveau d’idiots utiles. Cela ne va plus loin, un débat démocratique, une bataille pour le contenu, tout cela n’existe pas. Avec EELV l’écologie n’existe tout simplement pas !

Voici ce qu’on peut lire sur ce qui se passe à Marseille :

Concrètement, outre le vote électronique et les adhésions à tarif variable, pour éviter une « sélection sociale », Dany le Vert – à qui certains reprochent de ne plus être assez rouge – a défendu l’idée d’une « coopérative totalement autonome d’EELV, qui ne doit pas embrigader ou être une courroie de transmission. On a aujourd’hui 2000 coopérateurs : c’est ridicule, mais cela fait 40 000 euros, qui sont dans le budget d’EELV alors qu’ils appartiennent à la coopérative ».

Un souhait partagé par la présidente du groupe écologiste au conseil municipal de Marseille Michèle Poncet-Ramade « après avoir fait l’expérience de gens qui sont venus pour une cause et qui sont partis parce que tout ce qui est organisationnel les agace. Ils s’intéressent au parc Longchamp ou aux calanques, et c’est très intéressant d’avoir notamment des scientifiques, mais ils ne sont pas prêts à prendre tout le « paquet ». C’est génial de la part de Dany d’avoir compris que les partis dans leur forme actuelle sont finis ».

« On a à Aubagne un militant qui veut exclusivement se consacrer aux transports, c’est le profil type du coopérateur. Tout comme celui qui se bat sur les gaz de schistes et va à tous les colloques et sera très pointu sur le sujet. Mais sans pour autant avoir envie de coller des affiches la nuit », confirme Jacques Charton, conseiller municipal à Roquevaire et candidat à La Pomme aux cantonales. Récupération de la société civile ou affaiblissement de la politique, dirons certains. Ou qu’il reste à régir concrètement les relations entre les deux entités que l’on veut autonomes…

De la même manière, ces primaires existent car elles ont été décidées par… 150 délégués du conseil fédéral d’EELV ! Une belle preuve de construction, de bricolage par une poignée de bureaucrates protégeant leur « écologie » de tout contenu et de toute radicalité.

Or, on ne magouille pas pour sauver l’écologie, la planète et les animaux, cette lutte n’est pas un business qui doit être dirigée par des personnes avides de pouvoir, mais bien plutôt par des personnes voulant que la planète redevienne bleue et verte, au plus vite.