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Récit du 16 février 2019

AVA Bretagne a publié un communiqué pour présenter les faits du 16 février, jour terrible où un de ses activistes s’est retrouvé dans le coma suite à une agression. C’est là un message très important, car au silence médiatique s’est ajoutée une campagne de désinformation. Libération a par exemple publié, dans ses pages “Checknews”, un article intitulé Un militant anti-chasse est-il dans le coma après avoir été frappé par un chasseur ?, modèle d’absence de déontologie, avec strictement aucune recherche et une acceptation ouverte du point de vue des chasseurs ou des gendarmes.

Nous appelons évidemment à diffuser ce communiqué, ainsi qu’à soutenir AVA, mieux, à protéger AVA, qui est concrètement un véritable brise-glace démocratique de la question du rapport aux forêts et à leurs habitants. Et il y a une véritable réflexion de fond à avoir quant à la terrible violence des chasseurs. Il ne s’agit pas simplement de constater la brutalité de ceux qui font de l’utilisation des animaux une source de profit, que ce soit dans les cirques, les boucheries ou encore les corridas. Il faut bien en voir le caractère fondamentalement patriarcal, la perspective radicalement opposé à la Nature, le culte de la conquête et de la soumission, le cynisme et l’indifférence.

Voici le récit complet des évènements qui ont précédé l’hospitalisation de notre camarade Frédéric, ce samedi 16 février 2019, tel que raconté par des témoins directs. A l’heure où nous écrivons ces lignes, il est toujours plongé dans le coma, cela depuis 11 jours. Pendant ce temps, une campagne écœurante orchestrée par la Société de Vénerie fait rage, et tous leurs relais dans la presse et les institutions semblent mobilisés pour protéger leurs intérêts.

Le mensonge semble érigé en système de défense chez les veneurs, ce qui est la dernière arme d’une pratique indéfendable et rejetée par 84 % des Français. 11H00. Alors que deux voitures viennent déposer des citoyens du collectif AVA à l’entrée de la forêt du Gâvre, qui comptent comme d’habitude militer pacifiquement contre la chasse à courre, une voiture avec à son bord quatre membres de l’équipage de Monsieur Mickaël P. arrive elle aussi. Frédéric H. vient de sortir par la porte avant-droite de son véhicule, lorsque Mickaël P., très en colère, surgit du sien, fonce sur ledit véhicule AVA, en arrache l’essuie-glace arrière, puis se précipite sur la porte arrière-droite de la voiture pour l’ouvrir.

Frédéric H. met alors sa main sur son épaule pour tenter de le retenir. Monsieur P. se retourne et lui assène aussitôt plusieurs coups de poing au visage, cassant ses lunettes et occasionnant une hémorragie nasale importante.

Jimmy N. accourt pour porter secours à Frédéric H. et reçoit plusieurs coups, Mickaël P. essayant de lui arracher sa caméra.

Les militants d’AVA subissent ensuite des pressions pendant un long moment, entourés de suiveurs qui les provoquent et les insultent. Frédéric H. est particulièrement ciblé, les veneurs ne le lâchant pas et ne cessant de le provoquer, à tel point qu’une partie de ses camarades juge nécessaire de le mettre en sécurité dans un véhicule, puis de quitter la forêt.

Des veneurs les suivent en voiture jusque dans un centre commercial à des kilomètres de la forêt, contraignant les amis de Frédéric à solliciter la protection d’un vigile, qui met les poursuivants dehors.

Vers 15H30, Frédéric H. se présente à la gendarmerie de Blain pour y déposer plainte. On lui demande de revenir le lendemain avec un certificat du médecin.Ses camarades, qui l’accompagnent pendant l’après-midi, notent que le nez de Frédéric H. se remet à saigner plusieurs fois et que son hématome au front se colore peu à peu de violet.

Frédéric H. quitte ses camarades vers 16H30 pour aller chercher de l’essence. Il devait retrouver certains d’entre eux plus tard, mais n’est jamais arrivé à destination. Selon les informations portées à notre connaissance, il se serait écroulé vers 17H45 sur la voie publique, vomissant du sang.Frédéric H., souffrant de graves lésions et d’un œdème cérébral, a été pris en charge par les pompiers et transporté aux Urgences de Redon, puis placé sous coma artificiel et transféré vers minuit au Service Réanimation Chirurgicale de Pontchaillou, à Rennes.

Vendredi 21 février 2019 au soir, soit quelques heures après l’annonce de l’état de santé de Frédéric, Jimmy N. est victime de ce qui ressemble fort à une expédition punitive, en pleine rue et devant témoins, à Rennes. Il a également été transporté par les pompiers aux Urgences Médico-Chirurgicales de Pontchaillou, qui ont constaté de multiples blessures.

L’un des deux auteurs a été formellement identifié comme étant Arthur M., membre de l’équipage de Mickaël P. déjà impliqué dans les faits du 16.

Compte tenu des difficultés rencontrées par la famille de Frédéric H. et par Jimmy N. auprès des gendarmeries respectives de Blain et de Guémené Penfao, les plaintes ont été déposées par Me Angélique Chartrain, Avocate, directement entre les mains du Procureur de la République de Saint-Nazaire, notamment pour violences aggravées et harcèlement.

Ceci étant posé, nous déplorons, dans toute la France, une escalade dans la violence des veneurs à l’encontre des militants pacifistes d’AVA, qui ne font qu’exercer leurs libertés les plus strictes d’aller et venir, se rassembler, exprimer leur opinion et informer la population.Rien qu’en Bretagne et en Loire-Atlantique, une trentaine de plaintes ont été déposées cette saison, sans compter celles qui ont été abusivement refusées par des gendarmes ou OPJ ainsi que celles qui n’ont pas été déposées par dépit ou lassitude.

Nous nous interrogeons aussi sur le rôle de certains gendarmes et la préservation du secret de l’enquête, la Société de vénerie évoquant sur les réseaux sociaux un « rapport de police », alors que nul n’est censé avoir accès à des éléments de l’enquête avant la clôture de celle-ci. De même, le Capitaine de gendarmerie de la compagnie de Châteaubriant, Bruno Perochaud, non chargé de l’enquête, a fait de multiples déclarations sur les circonstances supposées des faits, certaines allant à l’encontre de témoignages directs et d’éléments concrets en notre possession.

En tout état de cause, nous n’entendons pas nous laisser intimider et sommes plus que jamais déterminés à mettre tout en œuvre pour que les auteurs, qui semblent animés tant par le sentiment d’impunité que la vindicte, répondent de leurs actes devant les tribunaux.

Soyons tous unis face à la terreur, demandons justice pour Frédéric ! ABOLISSONS LA CHASSE A COURRE ET LA VIOLENCE QU’ELLE REPRÉSENTE !

Un militant AVA agressé et dans le coma

Un militant d’AVA – Abolissons la Vénérie Aujourd’hui a été brutalement agressé et est dans le coma depuis plusieurs jours. Voici le communiqué d’AVA Bretagne qui vient de rendre public cette information.

Violente agression, Un AVA dans le COMA, entre la vie et la mort.

Samedi dernier, 16 février, en forêt du Gâvre, près de 300 veneurs nous attendaient. Avant même le début de la chasse, à l’arrivée de notre voiture, un veneur s’est précipité pour ouvrir notre portière et nous a invectivés avec rage puis a porté de violents coups de poings au visage de Frédéric, provoquant un saignement de nez important. Après cette agression, de nombreux veneurs l’ont provoqué malgré notre flegme et nos tentatives de les maintenir à distance.

En fin de journée, Frédéric fait un malaise et a été transporté aux urgences. Il est dans le coma depuis 6 jours. Il souffre de très graves lésions et d’un œdème cérébraux. Son pronostic vital est engagé.

Il était venu ce jour là pour défendre pacifiquement ses idéaux. Il voulait simplement protéger la forêt et ses habitants en dénonçant une pratique qu’il juge barbare et faire entendre la voix des citoyens.

L’auteur de l’agression est identifié, une enquête judiciaire est en cours et nous avons confié le dossier à un avocat pour nous assurer de son bon avancement.

Nous déplorons l’escalade constatée chaque semaine dans la violence manifestée par les veneurs à notre égard. Nous n’entendons pas nous laisser intimider et restons déterminés à faire valoir nos droits les plus stricts, au besoin par la voie judiciaire.

Nous vous tiendrons informé de son état de santé sur cette page.

Nos pensées vont à Frédéric, sa famille et ses amis.

AVA Bretagne

Le drame des dauphins échoués sur la côte atlantique.

Entre janvier et avril, il se produit un phénomène déroutant pour les habitants de la côte atlantique française. Du pays-Basque à la Bretagne en passant par les Landes et la Charente-Maritime, ce sont des centaines de dauphins qui s’échouent sur les plages françaises.

Faut-il que l’humanité soit dénaturée à ce point pour considérer que c’est normal, ou bien qu’on n’y peut rien, voire même que cela ne s’explique pas ! Et faut-il que les consciences soient puissamment engourdies pour ne pas se réveiller, alors que l’animal concerné dispose pourtant d’une grande valorisation culturelle.

Car le dauphin est un animal très apprécié dans l’imagerie collective, avec une opposition d’ailleurs irrationnelle avec le requin. Il serait un animal joyeux, un peu enfantin et volontiers sociable avec les humains. Les images de dauphins nageant gaiement à côté de bateaux ou dans une vague surfée par un humain attestent cela. Ses capacités intelligentes d’écholocalisation en font son admiration.

La culture cinématographique a même sanctionné cet état de fait : on compte plusieurs films mettant en scène des dauphins comme, par exemple, dans « Le monde de Nemo ». Dans le film, « Winter le dauphin », on a par exemple un dauphin à la queue mutilée par les filets de pêche, et sauvé par une prothèse créée par des humains.

Cette image n’est cependant qu’une image que l’humanité se renvoie à elle-même, car la norme, c’est l’écocide. Les dauphins sont en effet soumis à l’intense pression du capitalisme dans les océans, car il faut toujours plus de profit et comment l’océan, aussi vaste, échapperait-il à ceux qui le subordonneraient bien à ses exigences de rentabilité ?

dauphins

Et cela dans une démarche d’expansion toujours plus grande. Ainsi, selon l’observatoire Pleagis fondé en 2003 et basé à La Rochelle, on compte plus de 400 dauphins échoués sur la côte atlantique depuis le mois de décembre 2018. En Vendée, ce sont près de 90 dauphins échoués en seulement deux semaines !

Ce niveau d’échouage est largement au-dessus des « normales » et les observateurs scientifiques s’en inquiètent tout particulièrement. Le 15 février, Dominique Chevillon, président de l’association écologiste « Ré Nature Environnement » à l’Île de Ré en Charente-Maritime déclarait au micro d’Europe 1 :

« lorsque les animaux échouent, on constate des traces. On voit des traces de filets, on voit des traces d’amputation, […] on voit des nageoires dorsales qui sont coupées pour les sortir du filet. […]

Nous avons aussi des témoignages de pêcheurs qui nous racontent comment cela se passe, y compris des gens qui sont embarqués sur des chalutiers qui sont en cause. Aujourd’hui, on a fléché vers les chalutiers pélagiques qui sont des chalutiers qui pêchent « en bœuf », donc vous avez deux chalutiers qui traient un grand chalut arrière.

Nous avons une forte certitude, et partagée par les pêcheurs d’ailleurs, que cette pêche là est à l’origine de nos soucis »

Pourtant, Dominique Chevillon rappelle qu’il n’y a que 18 chalutiers de ce type qui pêchent dans la région de Gascogne, entre la Charente-Maritime et le pays basque. Cette modalité de pêche vise surtout à la capture de poissons vivant en bancs concentrés, comme le Bar et le Merlu. Avec des vastes filets qui drainent le fond de l’océan, on passe d’une capture individuelle à une capture de masse, augmentant ainsi les rendements. Seuls les grands groupements économiques peuvent ainsi procéder à ce type de pêche : c’est le monopole de la production qui opère.

pêche

Ce n’est pas « le pêcheur » qui pose souci, mais la pêche ayant pris une dimension industrielle, extrêmement organisée, totalement organisée, parfaitement insérée dans les circuits de distribution économique.

D’où la forme atroce de la mort des dauphins, qui ne sont pas simplement mutilés par les filets. Un dauphin ne peut en effet pas nager infiniment dans l’eau, il a besoin de remonter régulièrement à la surface pour s’oxygéner. Pris dans les chaluts, ils se trouvent traînés sur plusieurs kilomètres, souvent avec des blessures et dans l’incapacité de remonter à la surface. La pêche pélagique, c’est la mort par asphyxie des dauphins.

On atteint là un niveau de barbarie difficilement soutenable car comme le rappelle Dominique Chevillon :

« La mer est un monde extraordinaire quand vous êtres un dauphin avec les organes et les sens qu’ils ont.

Se retrouver pris, avec le stress […] ce sont des animaux extrêmement sensibles, ils ont un sixième sens comme l’écholocalisation, etc., donc on a ici un vrai drame. »

Alors que – appelons les choses par leur nom – la pêche capitaliste à grande échelle participe d’une mort rapide de la vie océanique avec, selon les perspectives scientifiques, la disparition de tous les poissons à l’horizon 2040, voilà que des plus gros animaux comme les dauphins deviennent également les victimes de ce mode de développement.

pêche

C’est là clairement un saut terrible dans la destruction. Rappelons par ailleurs ici ce qui relève d’une omerta, alors que la chose est bien établi. Ces animaux se repérant grâce à leurs sonars sont soumis à une déstabilisation spatiale à cause de l’exploitation pétrolière, les sonars militaires ou encore les les chantiers de bords de mer.

Rien n’est fait pour autant. L’anthropocentrisme est ici d’une froideur complète. S’il y avait une opinion démocratique pour se saisir du sujet, la chose serait entendue depuis longtemps, mais il règne une indifférence générale. Alors que l’on sait, rien n’est fait.

Et il en va donc de même pour la pêche. Peut-on parler sérieusement de victimes « accidentelles » de la pêche lorsque la France est le sixième pays dans le monde pour sa consommation de poisson par habitant ?

Les Français mangent en moyenne près de 37,7kg de poisson par an contre 17kg en moyenne dans le monde. De 18 kg par an en 1961, la consommation française s’élevait en 2005 à 35,2 kg. Et cela ne va pas aller en diminuant, avec une progression de 2 % par an en Europe.

L’aquaculture est d’ailleurs devenu une méthode économique de très grande ampleur. Rappelons ici le paradoxe que Jean-Luc Mélenchon a été célébré pour avoir mangé du quinoa, alors que c’est un soutien assumé à l’aquaculture, qu’il aimerait généraliser !

consommation de poisson, en kilogramme par habitant et par an

L’aquaculture est d’ailleurs une monstruosité issue de la pêche, et qui ne s’en détache pas. Pour « produire » « 1 kilo » de poisson d’élevage, il faut les nourrir de « 3 à 5 kg » de poissons sauvages, capturés donc dans les océans.

On a donc là à faire à un véritable écocide, engendré par une pêche devenue industrielle à l’échelle planétaire, porté par un capitalisme terriblement exigeant sur le plan des bénéfices, enfermant l’humanité dans un anthropocentrisme meurtrier.

Il est temps que l’Humanité se saisisse de cette question et soulignons le fait que, peut-être, le drame des dauphins échoués peut permettre à certains la possibilité historique de se saisir de cet arrière-plan et de contribuer au changement.

Cela ne veut pas dire qu’il faille sauver la planète parce qu’il serait « moche » de ne plus avoir d’ici 20 ans aucun lion, aucun éléphant, aucune girafe, aucun dauphin, à part dans des zoos. Cela veut dire simplement qu’il faut bien des déclics et que les mobilisations, pour être populaire, doivent s’appuyer sur des leviers concrets.

Et, au-delà de cela, c’est un rappel que l’Océan, ce thème primordial par excellence pour la vie de la planète, est encore et toujours négligé, oublié, alors qu’un accent fondamental devrait être porté dessus.

La vivisection de Claude Bernard pour les Leçons sur la chaleur animale

L’une des plus grandes faiblesses de la défense des animaux en France est l’incapacité à former un mouvement anti-vivisection avec une grande base populaire. Il y a toujours eu des gens avec une très grande abnégation pour ce combat, comme International Campaigns, mais malheureusement les personnes défendant les animaux n’ont jamais compris la signification de la question.

Essayons de contribuer à ce grand travail restant à mener, avec un regard sur un ouvrage important écrit par celui qui est considéré comme la plus grande figure de la vivisection : Claude Bernard. L’ouvrage en question, de 1876, est intitulé les Leçons sur la chaleur animale sur les effets de la chaleur et sur la fièvre.

L’auteur y est présentée de la manière suivante :

« Membre de l’Institut de France et de l’Académie de médecine, Professeur de médecine au Collège de France, Professeur de physiologie générale au Muséum d’histoire naturelle, etc. »

On a ici ce qu’on appelle une sommité. Précisons d’ailleurs tout de suite qu’il ne s’agit pas ici de dénoncer la science ou la médecine, ni les scientifiques ou les médecins. Il s’agit de critiquer une méthode, en soulignant que science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

Le piège est ici bien entendu qu’il n’y a pas de science sans expérience et c’est là qu’intervient la véritable déconnexion de toute sensibilité. Claude Bernard rappelle l’importance de l’expérience en la définissant ainsi dans son rôle par rapport à la science :

« La médecine, ainsi que toute science, peut être envisagée par ceux qui la cultivent à deux points de vue : ou bien on se contente d’observer les phénomènes, d’en constater les lois, ou bien on se propose de les expliquer et d’en dévoiler le mécanisme à l’aide d’expériences.

Il y a donc une médecine d’observation, et, si vous me permettez le mot, une médecine d’explication expérimentale. C’est cette dernière que nous revendiquons comme le domaine de cette chaire. »

Seulement voilà, Claude Bernard a une conception totalement étroite du domaine de l’expérience. Il appelle cela la « physiologie ». En apparence, c’est très bien parce qu’il veut dire par là que les êtres vivants n’existent pas par magie. Il n’est pas religieux, si l’on préfère. Ils ne croient pas que les êtres vivants existent parce qu’il y aurait une sorte de souffle mystérieux ou on ne sait quoi encore.

Mais cela l’amène à séparer totalement le corps de tout le reste de la nature. Faisons ici une citation pour bien cerner son point de vue :

« La conception de Descartes domine la physiologie moderne. « Les êtres vivants sont des mécanismes. » La cause immédiate des phénomènes de la vie ne doit pas être poursuivie dans un principe ou dans une force vitale quelconque.

Il ne faut pas la chercher dans la psyché de Pythagore, dans l’âme physiologique d’Hippocrate, dans la pneuma d’Athénée, dans l’archée de Paracelse, dans l’anima de Stahl, dans le principe vital de Barthez.

Ce sont là autant autant d’êtres imaginaires et insaisissables. (…)

Il ne serait pas exact de dire que nous vivons dans le monde extérieur. En réalité, je ne saurais trop le répéter, nous n’avons pas de contact direct avec lui, nous n’y vivons pas.

Notre existence ne s’accomplit pas dans l’air, pas plus que celle du poisson ne s’accomplit dans l’eau ou celle du ver dans le sable. L’atmosphère, les eaux, la terre, sont bien les milieux où se meuvent le animaux, mais le milieu cosmique reste sans contact et sans rapports immédiats avec nos éléments doués de vie.

La vérité est que nous vivons dans notre sang, dans notre milieu intérieur. »

Ce que rejette Claude Bernard ici, c’est le principe de Gaïa, d’une planète vivante. Pour lui chaque être vivant est replié sur lui-même, en lui-même. A l’époque, cela faisait très sérieux ; aujourd’hui même quelqu’un rejetant le principe de Gaïa est bien obligé d’admettre qu’il existe une interaction entre les êtres vivants et leur environnement, rien que par les bactéries.

De notre point de vue, l’humanité est d’ailleurs condamnée si elle ne cesse pas son anthropocentrisme et ne se rattache pas au grand « tout » que forme la Nature sur la planète.

Ce n’est cependant pas l’aspect qui nous intéresse directement ici. Ce qui compte, c’est que la considération d’un « milieu intérieur » aboutit à le prendre comme un chose distincte de tout le reste, et perdant donc son rapport avec tout le reste. Par conséquent, on peut prendre cette chose séparément et faire ce qu’on veut avec. C’est un objet indépendant de tout le reste.

Le lapin n’est donc plus un lapin dans une prairie, mais un lapin, un seul lapin, un « milieu intérieur » unique. Si on reproche à Claude Bernard sa vivisection d’animaux, il répondrait qu’il ne pratique pas la vivisection sur les animaux, mais sur des animaux, et plus exactement sur tel pigeon, tel cheval, tel chien.

Le rejet de la Nature aboutit à la choséification des êtres vivants, mais ce rejet ne voit pas le rapport avec l’ensemble, il sépare tout. D’où son incapacité à comprendre les reproches qui lui sont faits.

Claude Bernard

Il y a pire, pourtant ! Car à cela s’ajoute une terrible perversion ! Et si on rate cette dimension, alors on rate la substance de ce qu’est la vivisection.

Si en effet un milieu intérieur est un petit univers en soi, alors cela veut dire qu’il faut expérimenter cet univers dans toutes ses possibilités. Cela aboutit à des expériences toutes plus différentes les unes que les autres, non pas pour trouver quelque chose qu’on chercherait, mais simplement pour tester, histoire de voir.

On parti ici à la « découverte ». On ne peut pas apprendre les choses « de l’extérieur », puisqu’il n’existe qu’un « intérieur ». Cela veut dire que la vivisection est un processus sans fin, n’étant pas là pour chercher quelque chose, mais pour découvrir !

D’où les multiplications à l’infini des variantes. Ce qui donne par exemple :

« 1° Couper la moelle épinière ;

2° Refroidir directement l’animal en l’exposant à l’action d’un milieu réfrigérant ;

3° Immobiliser l’animal pendant un temps suffisant ;

4° Enduire l’animal d’une couche de vernis imperméable ;

5° Soumettre l’animal à des mouvements de balancement. »

C’est cela, très exactement, qui est l’idéologie de la vivisection. Essayer, juste pour essayer, jusqu’à quel point le liquide reste liquide, comment il réagit à tout ce qu’il est possible d’imaginer, dans l’abstraction totale de la réalité extérieure ainsi que de la nature sensible de la vie, c’est la vivisection.

Il faut essayer ce qui se passe à 10, 11, 12 degrés etc. et ce dans tout ce qu’il est possible matériellement d’essayer ; il faut essayer toutes les combinaisons, il faut épuiser toutes les possibilités. La vivisection n’est pas une science de la recherche, mais une logique de la découverte.

La vivisection ne veut pas étudier la vie comme réalité sensible, comme processus vivant ; elle regarde tous les paramètres, même ceux totalement impossibles en situation naturelle, du « milieu intérieur ». Ce « milieu intérieur » est une fin en soi, c’est comme une sorte de micro univers à explorer. Le vivisecteur s’imagine avant tout comme un explorateur.

Faut-il y voir un rapport avec l’esprit colonial prédominant dans les mentalités alors ? En tout cas, la vivisection ne peut pas être réformée ; elle est une véritable philosophie, une vision du monde très particulière. Si l’on admet la vivisection, alors celle-ci est la seule forme de connaissance du vivant.

Voici un exemple de ce que cela donne très concrètement, raconté donc par Claude Bernard dans son ouvrage, avec une froideur « scientifique » qui est en réalité le fruit d’une lecture anti-naturelle et d’une perversion de la connaissance.

« Les expériences furent faites dans mon laboratoire sur des chiens, et dans les abattoirs sur des moutons. Dans ces deux séries d’expériences, d’une part sur les chiens, d’autre part sur les moutons, le sang du cœur droit fut toujours trouvé plus chaud que le sang du cœur gauche.

J’opérais sur des animaux vivants et non anesthésiés. Le thermomètre était introduit successivement par la veine jugulaire et par la carotide jusque dans les ventricules du cœur. »

On a ainsi Claude Bernard qui refuse d’utiliser les anesthésiants, car ceux-ci perturberaient l’expérience, mais qui utilise du curare pour paralyser les nerfs moteurs (l’animal ressentant tout par contre), pour plonger du matériel le long des veines, le plus loin possible, jusqu’aux cavités du cœur pour mesurer la température.

C’est une approche systématique ; Claude Bernard coupe par exemple la moelle épinière pour mesurer la température de deux muscles, un en contraction et l’autre pas, il broie le ganglion thoracique pour mesurer la température de l’oreille et de la patte antérieure du côté concerné, etc.

Cette logique de l’exploration, dans le cadre de la vivisection, exige de souligner un autre aspect. Car, à la douleur d’être littéralement massacré, s’ajoute bien sûr également la terreur. Il ne faut jamais oublier cela !

La vivisection n’est pas seulement un crime parce qu’elle torture. La torture est déjà un crime en soi, inacceptable, mais il est bien connu que l’on y résiste mieux, si on ose dire, si on sait pourquoi on l’est, par exemple pour des raisons politiques.

Là, les animaux ne peuvent rien comprendre à part avoir l’impression d’être tombé dans une sorte d’enfer. C’est du terrorisme et c’est également condamnable.

Claude Bernard

Certains diront peut-être : c’est regrettable, mais la science ne pouvait pas procéder autrement pour savoir. L’expérience serait inévitable. La thèse semble juste mais elle est erronée si elle ne précise pas la nature de l’expérience, son rapport avec le monde réel. Sans cela une expérience est au mieux quelque chose de farfelu, au pire une escroquerie intellectuelle, servant ici à la pratique criminelle.

Prenons à ce titre ce que Claude Bernard raconte dans son étude de la chaleur corporelle. On notera que le ton neutre de l’ouvrage est systématique, qu’il parle des expériences sur des animaux ou qu’il présente des théories générales sur des questions médicales.

« Si l’on place dans une étuve sèche à 60 ou 80 degrés deux lapins, – l’un vivant, l’autre mort mais encore chaud et venant d’être sacrifié par la section du bulbe rachidien, – on constate que les deux lapins s’échauffent inégalement ; l’animal vivant s’échauffe bien plus rapidement que l’animal mort placé dans les mêmes conditions. »

Cette expérience est totalement absurde sur le plan intellectuel. Elle ne se justifie en rien scientifiquement, puisque ce qui s’y produit était connu par avance même. C’est une preuve que la vivisection se nourrit d’elle-même. En voici un autre exemple, car la vivisection s’appuie de manière ininterrompue sur de thèmes pseudos expériences qui seraient en même temps des preuves.

Claude Bernard y explique comment il place des animaux dans des situations d’une chaleur insoutenable.

Claude Bernard

On a ainsi Claude Bernard découvre qu’en plaçant des animaux dans une étuve, au bout d’un temps, ils meurent ! Il faut ici être totalement en décalage avec la réalité pour ne pas voir qu’on est ici dans une folie furieuse, pas dans la science. On se croirait revenu à l’antiquité, lorsque pour tuer atrocement on plaçait des gens dans un taureau de métal que l’on faisait chauffer à blanc, les cris des suppliciés passant dans le nez du taureau par un réseau de tubes !

La seule motivation de tout cela, c’est l’exploration avec une fascination morbide pour la réaction de la sensibilité. Cela relève de la perversion, du crime.

Et que dire lorsque Claude Bernard raconte qu’on peut enlever une paroi pour y placer une vitre, afin de voir ce qui se passe, à quoi est-on obligé de penser ? Aux chambres à gaz des nazis, avec leurs vitres pour surveiller le « succès » de l’opération.

La vivisection est l’idéologie des variantes infinies de ces perversions. Claude Bernard modifie la température, change d’animaux, met le corps entier ou bien sort la tête de l’étuve, etc. Sa seule orientation est l’accumulation de ces expériences, dont il fait des tableaux de chiffres, toute la réalité sensible ayant disparu.

A ceux qui disent que cela permet de mieux connaître le vivant, on pourra répondre simplement : lorsque Claude Bernard fait cette expérience avec deux lapins, dont un recouvert d’huile pour empêcher la transpiration, ne sait-il pas déjà ce qui va se passer ? Quel est l’intérêt, si ce n’est d’aligner toutes les perversions possibles ?

Ce qui est fou ici en plus, c’est que cette image illustre les propos de Claude Bernard au sujet d’expérience de jeunesse, menées sur le tas, avec des plaques de fonte achetées dans un bric-à-brac, etc.

Ce n’est pas une approche scientifique, c’est un empirisme érigé en science par sa systématisation. Alors évidemment, quand on teste tout, on trouve des choses. Cela n’en fait pas une science, juste des expériences accumulées.

La froideur complète du vivisecteur en est la conséquence. En voici une illustration qu’on trouve dans l’ouvrage de Claude Bernard. Le dessin ici représenté présente la machine dont il parle.

Claude Bernard

« Dans l’étuve, nous plaçons un moineau ; la température est d’environ 65 degrés. Au bout d’un instant, nous voyons l’animal ouvrir le bec, manifester une anxiété qui devient de plus en plus vive, repirer tumultueusement ; enfin, après un instant d’agitation, il tombe et meurt. Son séjour dans l’étuve a duré quatre minutes. (…)

Nous faisons la même expérience sur un lapin : la même série de phénomènes se déroule, avec plus de lenteur il est vrai, car il ne meurt qu’au bout de vingt minutes environ. »

Le processus de désensibilisation propre à ces expériences fabrique des criminels. Comment s’étonner de ce que les médecins nazis ont pu faire ensuite dans les camps ?

Voici un autre exemple de la prose de l’assassin :

« Engourdissons par le froid une grenouille sur laquelle le sternum enlevé permet d’apercevoir le cœur à nu. Les battements sont très ralentis ; alors plongeons un des membres postérieurs de l’animal dans l’eau tiède, presque instantanément une accélération se manifeste dans les battements du cœur. »

En voici un dernier :

« Quand on opère sur des animaux dans l’état ordinaire, qui ne sont ni contenus par le curare, ni anesthésiés par le chloroforme, le premier effet des atteintes de la douleur est toujours de provoquer une sorte de réaction de sensibilité, réaction qui se traduit par une paralysie instantanée des nerfs vaso-moteurs, avec dilatation des vaisseaux périphériques et chaleur ; puis des mouvements violents apparaissent sur le sujet en expérience : l’animal se débat, il résiste, il essaie de s’échapper.

De là des contractions musculaires qui sont encore une source puissante de calorique. A cette première période d’agitation, à laquelle correspond l’élévation de température du début, succèdent bientôt les effets propres de la douleur ; on voit alors la température s’abaisser d’une façon définitive et descendre au-dessous du niveau naturel. »

On a ici une désensibilisation complète. Elle est peut-être inévitable : on sait comment les croque-morts font des blagues sur les morts, comme les médecins établissent un rapport assez mécanique avec le corps des autres, qu’ils « réparent ».

Mais cela ne veut pas dire qu’ils explorent comme bon leur semble un corps sensible, en le charcutant ! Et ils ne prétendent pas faire de la science en essayant tout et n’importe quoi pour dire après : on a trouvé quelque chose !

L’affaire de « greenwashing » Greta Thunberg – We don’t have time

Il y a malheureusement une affaire Greta Thunberg, qui a même, pour renforcer le côté catastrophique de la chose, été lancé par les milieux d’extrême-droite. Cette dernière est en effet climato-sceptique, elle ne croit pas en le réchauffement climatique, qu’elle voit comme un « complot » visant à collectiviser le monde.

Ce en quoi elle porte un regard assez conséquent, dans la mesure où le réchauffement climatique implique la fin de tout un style de vie individualiste et égoïste, que ce soit pour les gens comme pour les nations. L’extrême-droite étant nationaliste, elle est donc obligée de nier le réchauffement climatique.

S’il y a une affaire Greta Thunberg, c’est parce que cherchant à discréditer celle-ci, les milieux d’extrême-droite ont réussi à mettre la main sur l’arrière-plan de la promotion médiatique de cette jeune fille qui a désormais 16 ans. Tout a été, selon eux, méticuleusement organisé par des experts qui ont organisé toute une mise en scène.

Ont-ils raison ? A vrai dire à moitié, parce qu’il y a à la fois une opération marketing et, ce qui est terrible, la volonté pragmatique de servir la « cause ». Entendons-nous bien : les gens qui ont fait la promotion de Greta Thunberg ont des valeurs qui sont certainement très proches de celle de LTD. Le souci est qu’au lieu de faire un travail démocratique auprès des gens, ils ont construit une sorte de bulle médiatique semi-sincère, afin d’être « efficace ».

Ce pragmatisme est moralement faux et qui plus est ne touche qu’à la surface des choses. Les actions spectaculaires, médiatiques, ne travaillent pas la société dans ses fondements. L214 et « 269 animal liberation » ont l’attention des médias, mais jamais ils ne changeront la société française et ses fondements. Pour cela il faut un travail local, culturel, militant, en profondeur et ce travail n’est que réalisé ici et là par des gens très courageux, dans l’ombre.

Cette ombre est juste et c’est même le seul endroit pour travailler, à l’abri des regards indiscrets, que ce soit de la police, des médias ou l’extrême-droite. Passer à la télévision c’est comme se faire arrêter par la police ou frapper par des fachos : cela paralyse le travail démocratique chez les gens « normaux ».

L’affaire Greta Thunberg est un exemple de ce pragmatisme qui amène des mobilisations en surface, avec de l’attention et même parfois du monde, mais toucher les fondements de la société. C’est une opération qui vise à plaire, à engourdir les mentalités pour « faire passer le message ». Comme on le dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions.

S’il y a en tout cas un problème à la base même de l’affaire Greta Thunberg, ce n’est pas sa jeunesse, car on peut tout à fait être militant, avec un haut niveau d’engagement, à cet âge-là. L’extrême-droite ne se prive pas naturellement de l’attaquer sous cet angle, dénonçant une « gamine », ainsi que le fait qu’elle soit une fille.

Non, le problème de fond est bien plus triste, voire sordide. Si l’on prend le dernier « Predators », un film qui vient de sortir et qui est un navet touchant le fond, on y voit que les tueurs extra-terrestres s’entraînant sur chaque planète assimilent l’ADN des meilleurs combattants qu’ils rencontrent. Et sur Terre il y a un enfant autiste qui s’avère génial, capable d’utiliser leurs soucoupes volantes et leurs armures : il représente l’homme de demain, les tueurs de l’espace veulent donc se l’approprier.

Cela est naturellement une sorte de cliché terrible. Le souci est qu’on a la même chose avec Greta Thunberg. Celle-ci a de nombreux soucis, étant atteint de ce qui est défini comme l’autisme dans sa version Asperger, ainsi que des problèmes de mutisme. Quiconque sait à quoi cela ressemble comprend immédiatement l’ampleur de la question : on ne peut agir qu’avec une grande délicatesse avec ce genre de personnes.

Or là Greta Thunberg se retrouve précipitée dans un bain médiatique. Peut-elle l’assumer, elle qui à onze ans a connu une période où elle n’a plus voulu parler ? C’est très difficile comme situation. Et au lieu d’une protection de la jeune fille, cela va avec une théâtralisation énorme. Elle se serait intéressée au réchauffement climatique à huit ans, aurait amené sa famille à assumer le véganisme et à ne plus prendre l’avion, etc. C’est l’image du petit génie mêlée à la pureté de la jeunesse pour une opération de rédemption.

C’est quand on voit cela qu’on se dit qu’il y a là un problème, et c’est là que Ingmar Rentzhog rentre dans l’histoire de tout ça. C’est à la base un businessman, qui a vendu récemment son entreprise Laika, en partie seulement, puisqu’il fait encore partie de la direction. Elle était spécialisée dans le conseil d’entreprises financières pour tout ce qui touche internet et a été revendue à FundedByMe, une entreprise suédoise de crowdfunding.

Ingmar Rentzhog a alors fondé dans la foulée « We Don’t Have Time ». C’est une start up qui, depuis un an, cherche à jouer sur les réseaux sociaux pour promouvoir la lutte contre le changement climatique. On est ici un milieu d’entrepreneurs et de bobos, qui entendent se faire de l’argent tout en agissant pour que les choses aillent dans le bon sens, etc.

On est, en tout cas, chez des pros de l’utilisation des réseaux sociaux, dont c’est directement le métier : We don’t have time est une entreprise qui veut monter un réseau social de 100 millions de personnes qui soit une marque, avec une fondation derrière qui œuvre pour la « pour la bonne cause »

Pour résumer sommairement l’idée de la start up est de disposer d’une base de gens cherchant à bien faire et formant une base pour Facebook et Twitter. Quand un nombre suffisamment grand sera atteint, alors des « partenariats » avec des entreprises cherchant à disposer d’une bonne image pourra être effectué. Le modèle assumé de cette entreprise est Tripadvisor

Ce mélange de genre est ignoble, mais voici donc ce qu’on ne peut considérer que comme une légende, pour ne pas dire un pieux mensonge. Ingmar Rentzhog amène son fils au jardin d’enfant, son fils est triste de quitter son père, lui-même ne se sent pas bien

Puis il va au travail et sa route passe, comme par hasard, devant le parlement. Et là, alors qu’il est tout plein encore d’émotions par rapport à son fils de trois ans, il découvre une jeune adolescente « en grève » devant le parlement !

C’était le premier jour d’une grève devant aller jusqu’aux élections, une mobilisation en faveur de la lutte contre le changement climatique ! Quel curieux hasard… Donc, Ingmar Rentzhog raconte tout cela dans un post larmoyant sur les réseaux sociaux, expliquant que, de manière scandaleuse :

« Pendant le temps que j’étais là-bas, il n’y avait qu’un seul passant qui a pris sa fiche d’information. Personne sauf moi ne lui a parlé! »

Il faudrait donc la soutenir :

« Passez devant le Parlement. Parlez à Greta et montrez qu’elle n’est pas seule. ♥ ️ Elle a besoin de votre soutien maintenant ! »

Cette publication sur Facebook et Instagram a évidemment dès l’origine été publiée sur le compte de We don’t have time. Depuis, Greta Thunberg en est devenue une des « conseillères pour la jeunesse ». Et tout cela a l’air bien trop gros pour être vrai.

Il y a d’ailleurs un élément de plus qui ajoute à la dimension « opérative » de tout cela. Greta Thunberg a son père et deux grands-parents qui sont des acteurs connus en Suède, sa mère Malena Ernman est une chanteuse d’opéra, qui a été également à l’eurovision en 2009, et prix du WWF l’année dernière pour ses positions pour l’environnement.

Or, que fait-elle juste au moment où la grève scolaire de Greta Thunberg est lancée ? Elle publie un ouvrage, Scener ur hjärtat, Des scènes venant du coeur, où elle raconte la maladie de sa fille et l’importance qu’a eu la lutte contre le réchauffement climatique pour résoudre la crise familiale.

Et, comme par hasard, les parents de Greta Thunberg travaillent maintenant – sans être rémunérés – avec We don’t have time. Ces gens pensent-ils bien faire, en mettant en avant la lutte contre le réchauffement climatique ? Ou bien sont-ils seulement un peu sincères, ayant en tête un plan machiavélique pour faire booster une entreprise cherchant à être le roi du pétrole de la cause du réchauffement climatique sur les réseaux sociaux ?

Dans tous les cas, c’est totalement anti-démocratique. Et on a vu comment les médias se sont précipités dans cette brèche, répondant à l’appel du marketing et du branding, c’est-à-dire du fait de mettre en avant une marque. Greta Thunberg fait vendre !

Certains médias ont même dit que la télévision suédoise avait trafiqué la présentation du discours de Greta Thunberg à Katowice, à l’occasion de la COP 24. Il n’y aurait eu personne dans la salle et cela aurait été maquillé comme un succès fermant le clapet aux puissants de ce monde. Est-ce vrai ? Peu importe au final, car dans tous les cas on est ici dans quelque chose de douteux, d’hostile au principe de participation populaire.

Quand on voit que Greta Thunberg va au forum économique mondial de Davos avec son père, à une conférence avec les plus puissants de la planète, on se dit bien que cela n’a aucun intérêt, alors quel intérêt que ce soit vrai, faux ou entre les deux ?

En tout cas, il est certain que la valorisation de Greta Thunberg au moyen de photos habilement construites (et professionnelles dans l’esprit) est savamment construite. Sa venue à Davos en 32 heures de train a été bien médiatisé, tout comme le fait qu’elle dorme dans un camp de tentes.

Cela plaît aux médias qui trouvent matière à promouvoir quelque chose de « positif » et attirant l’attention, donnant qui plus est l’impression qu’on peut changer les choses sans les changer. « À Davos, Greta Thunberg éclipse patrons et présidents » dit France 24, avec un lyrisme entremêlé de pathétique :

« Ni un chef d’État tonitruant, ni un millionnaire flamboyant ou un patron innovant: la vraie vedette de l’édition 2019 du Forum de Davos a 16 ans, deux longues nattes, et une détermination à sauver la planète qui a impressionné l’élite mondiale.

“Elle a réduit tout le monde au silence… Cette jeune fille était extrêmement émouvante”, dit à l’AFP le patron du site de voyages en ligne Expedia, Mark Okerstrom, après l’intervention devant une salle comble de la Suédoise Greta Thunberg.

Dès son arrivée à la gare de la station de ski huppée mercredi, après 32 heures de voyage, les caméras se sont massées pour suivre cette adolescente menue aux joues rondes, icône de la lutte contre le changement climatique pour de nombreux jeunes dans le monde.

“La maison brûle”, assène-t-elle pendant son discours. “Les adultes disent qu’il faut donner de l’espoir aux jeunes”, continue Greta Thunberg, sourcils froncés en triturant ses fiches.

Et de lancer: “Je ne veux pas de votre espoir mais je veux que vous commenciez à paniquer”. »

Ses réseaux sociaux répondent évidemment de manière habile et très construite. Arnold Schwarzenegger, qui se targue d’être un grand écologiste, l’invite à Vienne, pour l’Austrian World Summit, et sur son compte la réponse dit : « Comptez sur moi. Hasta la vista baby. » Il y a tout de même peu de chances que ce soit elle, mais c’est rondement mené.

Le paradoxe, c’est que cela ne marche même pas tant que cela. Greta Thunberg a 130 000 personnes la suivant sur Twitter, ce qui est peu pour quelqu’un avec une image aussi bienveillante et une renommée mondiale. C’est que les gens consomment et là où il n’y a pas de fond, il ne reste rien. Non pas que Greta Thunberg dise des choses fausses, mais ce sont des propos moralistes, appelant à se bouger. Cela n’engage en rien, ce n’est pas une vision du monde.

On peut faire du bruit avec ce genre de choses, avoir du monde en proposant quelques actions, mais qu’en restera-t-il ? De l’égo, des likes sur facebook, la fausse impression d’avoir fait avancer les choses, un grand turn over car les gens ne restent pas, puis à la fin l’échec, le ressentiment, et le retour de l’apathie.

Qui se souvient en France de Droit Des Animaux, dont les activistes ont été hyper actifs ? Ou bien des « Furieuses carottes » ? Personne, et la même chose arriver à L214, « 269 animal liberation ». En un sens, cela aura fait avancer les choses, en fin de compte cela n’aura rien changé.

Et ce qui est le plus odieux, pour conclure, est que ces gens auront obtenu de la reconnaissance, alors que les vrais travailleurs de l’ombre auront été oubliés. Prenons l’association vegan.fr, dont nous ne partageons pas la vision du monde, donc nous pouvons le dire encore plus facilement. Pendant des années, elle a diffusé la pensée de Gary Francione tout en faisant la promotion du véganisme, ayant compris que sans philosophie à l’arrière-plan, le véganisme ne peut pas se maintenir. Elle n’a pourtant jamais obtenu l’attention qu’elle méritait.

Les gens ont préféré apparaître sur le net, consommer en masse des produits Sea Shepherd (un énorme succès commercial !), participer à des actions « concrètes » sans lendemain, être révolté un bon coup pour disparaître ensuite. Voilà quel est le problème de fond et c’est là-dessus que table les gens utilisant Greta Thunberg.

Demain il n’y aura même plus de place pour la Fondation Brigitte Bardot ou L214 ; il n’y aura que des monstres internationaux comme le WWF, utilisant les réseaux sociaux comme une arme absolue pour « exister » et capter toute attention.

Ce qui montre bien qu’à la base même, tel n’était pas le chemin qu’il fallait prendre. Seule une lutte de mobilisation démocratique peut faire passer les valeurs du véganisme dans la société ; seule une philosophie résolument claire – et pour nous c’est la défense de la Nature, avec la morale vegan straight edge – peut faire du véganisme une citadelle imprenable.

Et cela implique une révolution complète des mentalités, l’écrasement matériel des forces sociales détruisant la planète et asservissant les animaux, un engagement sans compromis en défense de notre mère la Terre.

L’antispécisme et la suppression des prédateurs

Avec le grand tournant qu’a connu la question animale ces derniers mois, il n’est pas étonnant que la grande question de fond émerge de manière toujours plus prégnante. Résumons la le plus simplement possible : les gens qui comprennent que les animaux souffrent sont particulièrement marqués par cela. C’est normal.

Mais, alors, leur compréhension de cela se heurte à deux choses. D’abord, ils ne perçoivent pas le rapport à la société, l’économie, l’histoire, la culture, etc., ce qui aboutit à une forme de misanthropie, de pessimisme, etc. Cela est surtout vrai en fait pour les gens relevant du véganisme au sens le plus général.

L’antispécisme et la suppression des prédateurs

De l’autre, et cela concerne ici fondamentalement « l’antispécisme », il se pose la question de la Nature, qui apparaît en effet forcément comme odieuse, cruelle, meurtrière. L’antispécisme est, contrairement au véganisme, en effet un anthropocentrisme et partant de là il ne peut voir en la Nature qu’une ennemie.

Les Cahiers anti-spécistes – la revue historique de la mouvance veggie pride – L214 – a à ce sujet donné récemment la parole à des gens voulant « dresser » la Nature et exterminer les « prédateurs ». Ces gens ne représentent rien en termes d’organisation ou de philosophie, alors pourquoi les faire parler ? Tout simplement parce qu’ils représentent une version simplement plus conséquente sur le plan des idées que les antispécistes en général qui, d’une manière ou d’une autre, sont obligés d’en arriver là

Les Cahiers anti-spécistes le savent et aimeraient par conséquent que cela se passe de la manière la plus « douce » possible, parce qu’ils travaillent depuis vingt ans pour cela et ne veulent pas se rater…

Cependant, pour bien aborder toute cette question, voyons ce que dit Paul Ariès dans sa tribune au monde publié début janvier. Si le titre est provocateur (« J’accuse les végans de mentir sciemment »), c’est surtout parce que l’auteur de la tribune a tout à fait compris l’arrière-plan anthropocentriste de l’antispécisme et entrevoit un boulevard pour les dénoncer (et tout le véganisme avec).

Encore une fois, il faut voir au-delà du ton odieux de l’auteur de la tribune. Ce qu’il dit sur la suppression de la prédation que voudraient les vegans… est en fait une valeur inévitable de l’antispécisme, de par sa définition même. A moins de reconnaître la Nature (comme nous nous le faisons), il est inévitable que refuser qu’une espèce en profite d’une autre aboutisse à la haine de certains animaux…

Voici la tribune dans son intégralité.

Tribune. 

Le véganisme a été promu en 2018 phénomène de l’année par diverses revues. Il est essentiel que l’année 2019 soit celle où les yeux commencent à s’ouvrir ! Le véganisme n’est pas seulement une production d’alimentation farineuse mais une machine à saper l’humanisme et à tuer une majorité d’animaux. C’est pourquoi je ne suis pas antivégans pour défendre mon bifteck mais l’unité du genre humain et la biodiversité bien au-delà de mon assiette.

J’accuse les végans de cacher leur véritable projet qui n’est pas simplement de supprimer l’alimentation carnée, simple goutte d’eau dans l’ensemble de la prédation animale, mais d’en finir avec toute forme de prédation, en modifiant génétiquement, voire en supprimant, beaucoup d’espèces animales, sous prétexte que n’existerait pas de viande d’animaux heureux et que les animaux sauvages souffriraient bien davantage et en plus grand nombre que les animaux d’élevage ou domestiques.

Le fond du problème à leurs yeux n’est pas la consommation de produits carnés mais la souffrance animale ; or cette dernière étant inhérente à la vie, il faudrait réduire le vivant, en vidant, par exemple, les océans, car il ne serait plus possible de laisser encore les gros poissons manger les petits, ou en empêchant un maximum d’animaux de naître.

J’accuse les végans de mentir en faisant croire au grand public qu’ils seraient des écolos et même des superécolos, alors qu’ils haïssent l’écologie et les écologistes, puisque les écolos aiment la nature et qu’eux la vomissent, car elle serait intrinsèquement violente donc mauvaise. David Olivier, un des pères des Cahiers antispécistes, signait, dès 1988, un texte intitulé « Pourquoi je ne suis pas écologiste ». Il confirme en 2015 : « Nous voyons l’antispécisme et l’écologisme comme largement antagonistes. »

Peter Singer, considéré comme le philosophe le plus efficace de notre époque, et ses comparses Tom Regan et Paola Cavalieri le confirment : l’écologie n’est pas soluble dans l’antispécisme et les écolos dupés sont des idiots utiles ! Le véganisme refuse tout simplement de penser en termes d’espèces et d’écosystèmes pour ne connaître que des individus (humains ou non humains). Le prototype de la ferme bio a toujours été une ferme polyvalente liant agriculture et élevage, faute de fumier, il ne reste aux végans que les engrais chimiques, sauf à accepter une baisse drastique de la population humaine.

La biodiversité n’a aucune valeur en soi, dixit la philosophe Julia Mosquera. D’autres théoriciens du mouvement, comme Brian Tomasik, estiment que mieux vaudrait encourager la pêche intensive détruisant les habitats marins, Thomas Sittler-Adamczewski demande de soutenir les lobbies pro-déforestation, Asher Soryl suggère d’éviter d’acheter des produits biologiques, puisque l’agriculture productiviste est plus efficace pour réduire le nombre d’animaux, et d’éviter de combattre le réchauffement climatique car il réduirait l’habitabilité de la planète pour les animaux. Ces mêmes végans conséquents clament que les droits des animaux sont antinomiques avec ceux de la nature.

J’accuse les végans de prendre les gens pour des idiots lorsqu’ils se présentent comme de nouveaux humanistes alors que l’humanisme reste leur bête noire, puisque, selon eux, responsable du spécisme envers les autres espèces animales, alors que toute leur idéologie conduit à déplacer les frontières entre espèces et à clamer, avec leur principal théoricien Peter Singer, que les nourrissons, les grands handicapés, les personnes âgées très dépendantes ne sont pas des personnes, que ces individus n’ont pas, au sens propre, de droit à la vie, qu’un chiot valide est plus digne qu’un grand handicapé, que tuer un nourrisson est moins grave que sacrifier un grand singe.

Trier l’ensemble des animaux (humains ou non) en fonction d’un critère quelconque (caractère « sentient ») revient toujours à recréer la hiérarchie. Proclamer l’égalité animale c’est signifier que certains animaux seront plus égaux que d’autres, donc que certains humains seront moins égaux que d’autres humains et même que certains animaux non humains.

J’accuse le véganisme d’aboutir à un relativisme éthique dès lors qu’il introduit la notion de qualité de vie pour juger de la dignité d’un handicapé, d’une personne âgée dépendante, dès lors qu’il banalise la zoophilie à la façon de Peter Singer, lequel dans son fameux « Heavy Petting » défend certaines formes de rapports sexuels entre humains et animaux, évoquant des contacts sexuels mutuellement satisfaisants. Ce sont ces mêmes végans qui se prétendent les champions toutes catégories de l’éthique face à des mangeurs de viande diaboliquement immoraux.

J’accuse les végans d’abuser celles et ceux qui aiment les animaux et s’opposent avec raison aux mauvaises conditions de l’élevage industriel car, comme le clame Tom Regan, le but n’est pas d’élargir les cages mais de les vider. Ils s’opposent donc à tout ce qui peut adoucir le sort des animaux puisque toute amélioration serait contre-productive en contribuant à déculpabiliser les mangeurs de viande, de lait, de fromages, les amateurs de pulls en laine et de chaussures en cuir et retarderait donc l’avènement d’un monde totalement artificiel.


J’accuse les végans d’être des apprentis sorciers qui, non satisfaits de vouloir modifier génétiquement les espèces animales et demain l’humanité, s’acoquinent avec les transhumanistes comme David Pearce. Il s’agit non seulement de corriger les humains, mais de corriger tous les autres animaux. Les chats et chiens carnivores sont qualifiés de machines préprogrammées pour tuer.

Ce qui est bon pour un animal (humain ou non humain) serait donc de disparaître en tant qu’animal, pour aller vers le posthumain, le chien cyborg. Le chat végan n’est qu’un produit d’appel de ce paternalisme technovisionnaire. Pearce ajoute que tout désir de préserver les animaux (humains compris) dans l’état « sentient » actuel serait du sentimentalisme malavisé.

J’accuse les végans de nous prendre pour des imbéciles lorsqu’ils répètent en boucle qu’il ne s’agit pas de donner le droit de vote aux animaux tout en diffusant, sous le manteau, le manifesteZoopolis, de Sue Donaldson et Will Kymlicka (Alma Editeur, 2016), qui se prétend aussi important pour eux que l’ouvrage fondateur La Libération animale (de Peter Singer, Payot, 2012).

Ces végans entendent bien faire des animaux domestiques des citoyens à part entière, en les dotant de représentants, en créant une législation analogue à celle des humains – pourquoi n’auraient-ils pas de congés payés et de Sécurité sociale ? Le danger n’est pas d’élever les droits des animaux mais de rabaisser ceux des humains. Les humains les plus faibles feraient les frais de ce passage de la communauté humaine à une communauté mixte « humanimale ».

J’accuse les végans de cacher que l’agriculture tue vingt-cinq fois plus d’animaux « sentients », que l’élevage est largement responsable de la disparition de 60 % des insectes ; qu’ils sont les faux nez des biotechnologies alimentaires, notamment des fausses viandes fabriquées industriellement à partir de cellules souches, avant de s’en prendre demain à l’agriculture génératrice de souffrance animale. J’accuse les végans, sous couvert de combattre la souffrance, de recycler en plein XXIe siècle un vieux fonds religieux, celui de la gnose considérant que la matière est en soi mauvaise, ce qui conduit les plus conséquents d’entre eux à prôner, avec le manifeste OOS (manifeste récent pour la fin de toutes les souffrances, sigle de The Only One Solution, lancé par d’anciens activistes de l’Animal Liberation Front), le suicide de masse.

J’accuse les végans de mentir et de le faire sciemment. Brian Tomasik ne cache pas la dissimulation nécessaire : « Il est peut-être dangereux d’évoquer la cause des animaux sauvages avant que le grand public ne soit prêt à l’entendre. » Abraham Rowe, un autre théoricien de l’antispécisme, surenchérit : quand vous vous adressez au grand public, évitez de plaider pour la déforestation, évitez de parler d’élimination de masse des prédateurs, évitez de parler des programmes consistant à tuer des animaux.

Le véganisme est une pensée racoleuse mais glissante, car elle ouvre des boulevards aux idéologies les plus funestes mais terriblement actuelles. Le grand mystère de l’anti-anthropocentrisme végan proclamé est de déboucher sur un hyperanthropocentrisme transhumaniste nourri de fantasmes de toute-puissance. 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/07/paul-aries-j-accuse-les-vegans-de-mentir-sciemment_5405784_3232.html

Cela pique ! Mais malheureusement Paul Ariès – qui est un ennemi, n’en doutons pas un seul instant – ne dit pratiquement que des vérités… au sujet des antispécistes, et non des « vegans ». Malheureusement pour lui, tout le monde n’est pas antispéciste, il y a les vegans qui sont bien pire pour lui, car faisant de la planète Terre une mère et raisonnant en termes d’écosystèmes, de biocentrisme ! Et cette démarche implique l’inéluctabilité d’un affrontement total avec toutes les forces de destruction, de la manière la plus implacable…Paul Ariès connaît cependant tout cela aussi, très certainement, et c’est son choix de critiquer les antispécistes de manière réactionnaire et non révolutionnaire, car il défend simplement le mode de vie « à l’ancienne ».

L’antispécisme et la suppression des prédateurs

A-t-il toutefois raison dans ce qu’il affirme au sujet des auteurs qu’il mentionne ? Quiconque les a lus sait bien que oui… mais il est vrai que pas grand monde ne lit quelque chose, à part des apprentis universitaires ou des gens rêvant de devenir les « intellectuels » de l’antispécisme. Paul Ariès a d’ailleurs bien profité ici des deux derniers Cahiers antispécistes. Les numéros (disponibles au format PDF uniquement) 40 et 41 d’avril et mai 2018 donnent en effet la parole aux tenants d’un pseudo mouvement « RWAS (Reducing Wild-Animal Suffering) »

Les Cahiers antispécistes se gardent bien de prendre partie ou contre ces gens voulant exterminer les prédateurs, se masquant derrière le débat intellectualo-universitaire, le « brouillard » de la réflexion, la complexité des questions, etc. Il y a pourtant de quoi devenir fou de rage à lire face à des gens qui veulent exterminer des animaux qui seraient « méchants » ! Que les antispécistes soient des gens croyant en un « spécisme » est une chose déjà assez lamentable, mais s’ils commencent à se poser en redresseurs des torts de la Nature, là il faut s’y confronter de la manière la plus claire…

Mais pour montrer à quoi cela ressemble, voici un extrait de « Sur le droit à la vie des prédateurs », de David Olivier, une figure très connue de l’antispécisme français. Les personnes habituées à lire LTD comprendront immédiatement pourquoi nous n’avons cessé de dire que les antispécistes n’aiment pas les animaux, que ce sont des libéraux libertaires raisonnant en termes d’individus…

On devinera évidemment facilement que Paul Ariès a lu cet article de David Olivier et que sa tribune en est notamment un écho.

Dernier avertissement : attention, si on aime les animaux, la lecture des lignes suivantes implique une envie de vomir assurée.

Faut-il moralement tuer les lions afin de sauver les gazelles ? L’idée selon laquelle remettre en cause la prédation implique de vouloir tuer les lions nous est souvent lancée en tant que réfutation par l’absurde dès que nous abordons la question de la souffrance des animaux sauvages.

Nous-mêmes tendons alors à récuser une telle idée, expliquant que nous préférons des moyens plus « doux », comme le développement de préparations alimentaires végétaliennes adaptées pour les lions, ou la modification

progressive de leur génome (par des technologies type gene drive par exemple) pour qu’ils cessent de devoir et vouloir tuer, ou encore par l’extinction progressive de leur espèce par la stérilisation. En tout cas, nous ne voulons pas tuer les lions. Quels militants animalistes serions-nous, si nous appelions à tuer des animaux !

Ceci pourtant est en dissonance avec le fait qu’un seul lion tue un grand nombre d’autres animaux au cours de sa vie. En nous abstenant de tuer un lion, nous tuons de nombreuses gazelles. D’un point de vue conséquentialiste, il semblerait préférable de tuer un lion plutôt que de tuer (indirectement) tous ces autres animaux ; et préférable de le faire immédiatement, plutôt que de compter sur des solutions impliquant un long délai – solutions plus douces, mais pour le lion seulement !

Certes, d’autres conséquences – éventuelles – sont à prendre en compte, comme la surpopulation des gazelles qui peut (ou non) résulter de l’absence de prédateurs. De telles questions méritent d’être discutées pour elles-mêmes. Il reste que nous avons bien de fortes inhibitions face à l’idée de tuer les lions, indépendamment de toute conséquence indirecte.

Je pense que ces inhibitions sont infondées, et sont l’effet de la manière dont nous tendons à décrire la situation dans le cas de la prédation, différente de la façon dont nous décrivons les interactions humaines. (…)

Revenons maintenant aux lions et aux gazelles. Les uns comme les autres ont un droit à la vie. Si nous envisageons ce droit comme nous le faisons habituellement pour les humains, il s’agit d’un droit-liberté, et d’un droit-créance seulement de façon limitée.

Le lion doit recevoir des antibiotiques si c’est ce dont il a besoin pour survivre. Mais le droit à la vie d’un lion lui permet-il d’exiger d’une gazelle qu’elle lui cède ses organes – de fait, son corps entier ? Je ne vois pas comment cela pourrait se justifier.

Si nous appliquons les normes que nous appliquons aux humains, nous ne devons pas tuer les lions ; mais nous ne devons pas non plus leur permettre de manger les gazelles. Et si les lions ne peuvent survivre sans manger les gazelles, ils mourront. Cela ne signifie pas que nous les aurons tués, mais seulement que nous les aurons laissés mourir.

Quand on nous accuse de vouloir tuer les lions, peut-être devrions-nous répondre qu’en l’absence d’un autre choix – d’aliment végétalien pour lion, par exemple – nous ne devons pas tuer les lions, mais les laisser mourir. Permettre aux lions de manger les gazelles n’est pas un choix envisageable ; les gazelles ne leur appartiennent pas.

La raison pour laquelle nous n’envisageons généralement pas les choses ainsi tient, je pense, à notre biais cognitif du statu quo.

Il nous semble normal que le lion mange la gazelle. Au contraire, il ne fait pas partie du statu quo, et n’est pas vu comme normal, qu’un humain s’attribue les organes d’un autre pour survivre. Mais imaginons que les lions aient initialement été des herbivores, et soient brusquement devenus – sous l’effet d’un virus, par exemple – des carnivores obligés, ne pouvant survivre sans la chair des gazelles ? Les gazelles seraient-elles tout à coup à leur disposition ? Pourquoi le seraient-elles ?

On peut objecter qu’il serait moins cruel de tuer le lion que de le laisser lentement mourir de faim. Cela peut bien être vrai, et dans ce cas l’euthanasie serait justifiée. (…)

Il est sans doute préférable, stratégiquement, de concentrer nos efforts sur la prédation commise par les humains, c’est-à-dire sur leur consommation de viande. Cependant, la manière dont nous voyons la prédation et les solutions que nous nous permettons d’imaginer ne sont pas sans conséquences. Il y a une forte valeur symbolique, il me semble, à affirmer qu’il serait juste de prévenir la prédation, même au prix de la vie du prédateur. Cela peut aussi nous aider à nous sentir plus à l’aise concernant les interventions limitées que nous pouvons dès à présent pratiquer dans la nature, par exemple pour protéger une souris d’un hibou. Nous pouvons nous sentir mal à l’aise en nous demandant à la manière de Kant si nous pouvons vouloir que la maxime de notre acte soit une loi universelle, ce qui impliquerait que le hibou meure de faim. Accepter qu’en effet nous pouvons vouloir l’universalisation de cette maxime peut nous permettre d’agir plus sereinement.

Ce raisonnement peut se retrouver assez aisément, pour prendre l’exemple du hibou : il y a des gens qui veulent bien aider les animaux… mais refusent d’aider ceux qui sont des prédateurs. Ils « choisissent » les animaux qui sont bons et ceux qui sont mauvais. Comme ils nient la Nature, ils se prennent pour des dieux, et ils « choisissent ». Ils ne prennent pas en compte la réalité, ils rejettent ce qui existe, au nom d’une évaluation abstraite, qui tourne en roue libre dans leur tête.

Quiconque fait face aux faits ne s’empêtrent pas dans ces aberrations. Dans un refuge, on aide tous les animaux. Et il est vrai qu’il est regrettable que dans la Nature, des animaux en tuent d’autres. Mais la Nature ne vit pas encore le « communisme », et s’il est tout à fait possible de considérer la Nature avance en cette direction, en attendant ce n’est pas le cas et il faut donc faire avec !

Cela signifie donc se soumettre à la Nature. C’est précisément ce que ne veulent pas les antispécistes, pas plus d’ailleurs que l’ensemble de l’humanité, très satisfaite de son béton, de son pétrole, de ses drogues et de son mode de vie de plus en plus fictif. Les gilets jaunes qui veulent à tout prix en sont bien un triste exemple.

Le mode de vie vegan straight edge rompt avec cela. Pas de cigarettes, pas d’alcool. Aucune drogue, pas de produits en général rendant dépendants. Pas de sexualité hors du cadre de la construction d’un couple, toujours être franc, s’édifier dans le refus du culte de l’ego et des apparences, dire non à qui emporte l’esprit dans l’absence de raisonnement. Avoir la plus grande méfiance à ce que propose une industrie capitaliste de l’alimentation avec son sucre et sa chimie.

Assumer la compassion la plus grande, non seulement passivement mais activement : aimer tous les animaux, la vie en général, voir comment elle triomphe toujours et comment elle avance à plus de beauté, de richesse. Soutenir matériellement les animaux, développer sa propre sensibilité, sa propre capacité à l’empathie. Se forger dans la rupture avec la destruction, dans la célébration de la vie… Assumer que l’humanisme le plus grand aboutit à concevoir l’être humain comme une simple composante de la Nature, et concevoir notre planète comme une mère qu’il faut protéger à tout prix !

L’antispécisme et la suppression des prédateurs

En défense de la zone humide de Sallanches

Voici le texte très intéressant lu lors d’un rassemblement d’une centaine de personnes pour protéger la zone humide de Sallanches, le 6 janvier 2019. La construction d’un centre commercial, dénommé « The snow », doit la détruire.

Aussi y a-t-il une opposition qui s’est formée et il y a quelque chose d’exemplaire dans tout cela, à tous les niveaux.

The Snow zone humide

En apparence, du point de vue dominant, c’est en effet absurde : on a des gens refusant la destruction de quatre hectares de zone humide pour laisser la place à un centre commercial. Si pourtant cette zone est compensée, que cela crée des emplois, pourquoi se révolter ?

N’est-il pas dans l’ordre des choses de bétonner et de proposer un certain type de consommation, allant avec un style de vie ?

Le maire, d’ailleurs, s’est empressée de porter plainte à la gendarmerie pour les affiches collées appelant au rassemblement… On ne plaisante pas avec les lois du marche !

C’est cette fausse rationalité à laquelle les opposants se confrontent, qui plus est dans la vallée de l’Arve, marquée par une terrible pollution. Car, comme l’a expliqué un opposant à la presse :

« On ne peut pas remplacer le résultat de milliers et de milliers d’années d’évolutions naturelles complexes à coups de pelleteuses en quelques mois. »

Espérons que cette mobilisation parvienne à se renforcer, alors que pour l’anecdote, les gilets jaunes sont passés lors du rassemblement en espérant happer le mouvement, mais l’opération a heureusement échoué.

The Snow zone humide

Prise de parole lors du rassemblement du 06/01/2019


Bonjour et merci à toutes et à tous d’être présent a ce rassemblement pour défendre la Zone humide de Sallanches.


Si nous sommes réunis ici c’est pour exprimer une nouvelle fois notre refus du projet de centre commercial « The Snow » qui vise la destruction de plus de 4 hectares de zone humide à la Paccoterie.


Ce rassemblement a pour objectif de remettre à monsieur le maire, Georges Morand, la pétition d’opposition au projet qui a été créée à l’automne 2017 et a recueilli plus de 2 150 signatures. C’est un véritable succès populaire qui rappelle que l’enjeu écologique est pris au sérieux par la population locale. Précisons qu’avec cette pétition, nous adressons également une lettre exigeant du maire une mise au point publique et complète sur l’avancée de ce projet.


Nous l’adressons à Mr Morand en tant que Maire de la commune mais aussi en tant que membre de la Commission Départementale d’Aménagement Commerciale (CDAC), lors du vote qui a validé le projet en décembre 2016. Malgré les multiples alertes sur l’intérêt écologique fondamental de la zone humide de la Paccoterie, les autorités, dont le préfet qui est président de la CDAC, ont voté ce projet en toute connaissance de cause.


Les autorités locales peuvent-elles prendre le risque de maintenir un projet qui se révèle être anti-écologique et anti-démocratique ? Non, mais ne nous leurrons pas !


Au vue de l’avancée du projet, cette pétition bien qu’importante n’est qu’une bien maigre pierre dans l’édifice immense que doit être la mobilisation populaire pour sauver la zone humide.


En effet, d’un point de vue purement légal, plus rien ne s’oppose au commencement des travaux de ce village commercial car tout a été validé par les commissions et les instances référentes.


Malgré que les zones humides soient reconnues et protégées par les différentes lois dites sur l’eau, les intérêts capitalistes parviennent toujours à contourner les obstacles légaux qui s’opposent à leur marche mortifère.


Pour contourner les contraintes des lois sur l’eau, la classe dirigeante a élaboré la nouvelle loi du 8 août 2016 intitulée « pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ». Cette loi contient le principe dit E.R.C qui signifie « Éviter, Réduire, Compenser ». Ce principe permet de détruire une zone humide à condition qu’elle soit compensée à 200 %.


Ce nouveau cadre législatif annule donc de fait les lois sur l’eau qui plaçaient les zones humides comme d’intérêt général devant être protégés de manière absolue. La classe dirigeante prouve ici son désintérêt profond et son mépris affiché pour la Nature, la vie sur la planète, et l’avenir des générations futures.


C’est pourtant sur ce nouveau cadre législatif que s’appuient le promoteur immobilier, la mairie et la préfecture pour maintenir la construction du centre commercial « The Snow » prévu à la livraison cette année 2019.


Pourtant, les zones humides sont des espaces naturels qui se sont formés au cours de plusieurs dizaines de milliers d’année grâce au mouvement de l’eau. Elles servent d’espace de filtration et de stockage de l’eau ainsi que de zone de transition entre la terre est l’eau pour des milliers de micro-organisme. Une zone humide c’est tout simplement une zone tampon fondamentale où la vie naît, se développe et se reproduit.


Quelle pure folie de penser qu’une telle complexité naturelle puisse être « recréée » à coup de pelleteuse !


Si l’on peut se dire qu’un tel projet se paiera cher pour la majorité sortante lors des prochaines élections municipales, il n’en reste pas moins que la zone humide sera quant à elle détruite à jamais. Il nous faut donc réfléchir collectivement dès maintenant sur toutes les manières d’agir pour s’opposer aux travaux qui menacent de commencer.


Mais alors, sommes-nous des opposants animés par la seule envie de « critiquer » ? Non. Nous sommes ici pour réclamer un droit des plus élémentaires et démocratiques dans notre époque.


Le droit que nous réclamons c’est celui de léguer une nature riche et variée aux générations futures pour avoir un cadre de vie épanouissant.


Quel épanouissement peut-on avoir dans ces horreurs bétonnées à la périphérie des villes ? Que lien social authentique peut-on espérer dans ces zones où priment l’individualisme et une consommation superficielle ?


A l’heure où la biosphère et les formes de vie sont chaque jour piétinés et saccagés par un mode de production capitaliste toujours plus chaotique, nous exprimons ici notre volonté de bâtir une société respectueuse de la nature, basée sur la dignité et la solidarité humaine.


Pour nous, la situation environnementale de la vallée de l’Arve est alarmante. Nous sommes sur un territoire où la qualité de l’air est la plus exécrable de France, où la pénurie d’eau sévit toujours alors que les canons à neige sont déjà à l’œuvre pour une clientèle richissime, où le réchauffement climatique peut se constater à l’échelle d’une petite vie humaine, où partout règne le primat destructeur du béton sans aucune vision à long terme…


En tant qu’habitants d’une vallée à l’avant-poste du drame écologique, nous avons une grande responsabilité à assumer. En ce sens, la Zone Humide de la Paccoterie doit être vue est défendue pour ce qu’elle est, c’est-à-dire une zone sans aucune valeur marchande, rare et précieuse, irremplaçable, et à la source même de la vie.


Par conséquent, le projet « The Snow » doit être abandonné et la zone humide doit devenir un espace préservé de toute activité humaine en devenant un sanctuaire pédagogique.


Notre combat doit servir d’exemple. Il doit apprendre à celles et ceux qui ne le savent pas encore qu’un espace qui semble n’être qu’un « champ » est en réalité une zone où il y a toute une dynamique naturelle que l’on se doit de respecter sans tergiverser.


Pour l’abandon du projet « The Snow »,


Pour la sanctuarisation de la Zone humide,


Organisons-nous et soyons exigeant !


Luttons ! Résistons !

zone humide

Multiples actions de l’ALF et d’autres groupes

Voici les communiqués de multiples actions menées ces dernières semaines en France. Aux communiqués de l’ALF (que nous publions depuis toujours) s’ajoutent des communiqués de type “antispéciste”.

Le 31 décembre 2018, à l’occasion de la nouvelle année :

Nous, activistes de l’Animal Liberation Front, revendiquons une action anti chasse la nuit du 31 décembre 2018 dans le Sud-Est de la France (Bouches-du-Rhône 13).

Ceci est un nouvel avertissement que nous adressons aux chasseurs et à leur fédération ; ces derniers se revendiquant comme les premiers écologistes de France.

Iels participent au massacre programmé d’animaux sentients en les élevant, les relâchant, pour les éliminer au nom d’une tradition et d’une dite “régulation”.

Volières, centres d’élevage, cabanes de chasse, palombières et miradors seront systématiquement détruits.

Saboter les activités des tueurs d’animaux et libérer ces derniers sans constamment supplier les institutions qui ne veulent rien changer ! Jusqu’à la libération de tous les animaux.

A.L.F Sud-Est France.”

Durant la même nuit, une boucherie a été dégradée à Norrent-Fontes, près de Lille. Des vitres ont été brisées, “Stop spécisme” et “Assassins” tagués sur la devanture.

Il y a ce communiqué du 30 décembre, mais nous ne savons pas à quoi il correspond.

“Nous, activistes antispécistes radicales et radicaux, avons décidé de mener une action politique de sabotage contre la FICIF (Fédération Interdépartementale des chasseurs d’Île-de-France) et contre le système spéciste.

Le spécisme est une idéologie oppressive envers les personnes qui n’ont pas le privilège d’être humaines.

Le spécisme est injuste, tout comme le sexisme, le racisme, le capitalisme… il doit donc être aboli.

En usant de modes d’actions offensifs et directs, nous n’attendons pas des oppresseurs privilégiés qu’ils libèrent leurs victimes : nous pratiquons la légitime défense pour autrui.

Nous allons faire usage de la force, dernière sommation !”

Dans la nuit du 24 décembre 2018 :

“Le soir du 24 décembre, une tour de chasse a été détruite, et un ‘STOP SPÉCISME’ a été tagué dessus.”

Fin décembre 2018 :

“La nuit dernière, en France.

Un piège à échelle a été saboté à plusieurs endroits avec un coupe-boulon, et un “Stop Spécisme” a été tagué dessus.

Les pièges à échelles sont utilisés pour attirer les corbeaux et corneilles, et les laisser mourir de faim (ou les tuer d’une autre manière).

Le piège est appâté, les corbeaux / corneilles atterrissent sur l’échelle et sautent dans le piège.

Cependant, les trous dans l’échelle ont une certaine taille et sont suffisamment hauts pour que lorsqu’ils/elles tentent de s’en échapper, ils/elles doivent déployer leurs ailes et ne puissent donc pas sortir de l’espace par où ils/elles sont entré.e.s…

Vous pouvez les trouver à côté des champs de maïs (n’oubliez pas d’apporter votre coupe-boulon avec vous !).

Ce type de piège coûte environ 1000-2000 €.

Les humains leur enlèvent leur vie uniquement parce que les corbeaux / corneilles peuvent interférer avec leurs cultures et diminuer leurs profits…

Leur vie contre de l’argent.

STOP CAPITALISME et STOP SPÉCISME !”

A la mi-décembre, des miradors ont été détruits par l’ALF en Seine-et-Marne.

Le 8 novembre :

“Dans la nuit du jeudi 8 novembre 2018 au vendredi 9 novembre, en Belgique, en Suisse, et un peu partout en France, des tours de chasse sont tombées, des pièges ont été détruits, des cabanes saccagées. P

our la première fois, des activistes antispécistes ne se connaissant majoritairement pas et ne s’étant jamais rencontré·e·s ont agi de concert pour attaquer des outils servant le système spéciste.

Mais ne vous y trompez pas, cette action internationale coordonnée n’est pas qu’une action anti chasse, la chasse n’est qu’une des nombreuses briques soutenant le système spéciste, y concourant, le banalisant. Notre cible principale est bel et bien ce système dans son entier.

Par cette action d’ampleur, nous vous annonçons notre détermination radicale et irrévocable à nous opposer, par tous les moyens possibles, à vos logiques, habitudes et traditions mortifères qui font des autres animaux vos choses.

Notre espèce a créé et cultivé l’impuissance de toutes les autres pour faire de leurs vies des objets de jeux, de loisirs, de décoration, d’alimentation, d’outils à essais techniques et toxicologiques. Nous révoquons cet humanisme de guerre, cruel, injuste, macabre, immoral et indécent.

Nous soutenons les membres des autres espèces dans leur lutte de libération et leur résistance rendue quasi impossible par notre espèce et ses structures oppressives.

Là où beaucoup verront du vandalisme facile et des dégradations purement gratuites, nous revendiquons un geste militant et politique servant à rendre visible et tangible l’opposition et le refus. Un geste militant et politique, proclamant notre solidarité avec tous les individus non humains victimes de la stupidité crasse, des traditions cruelles, des habitudes aveuglantes, des plaisirs morbides et sadiques, de la violence cultivée et valorisée.

Parce que tout meurtre, quel qu’il soit, devrait être condamné et interdit ; parce que le plaisir pris à tuer devrait toujours être combattu et soigné ; parce que tout individu, humain ou non humain, devrait voir son intérêt à vivre reconnu, protégé et garanti : aucun geste d’opposition ne sera jamais inutile, aucun refus ne sera puéril, aucun sabotage fait aux structures oppressives ne sera jamais simple vandalisme.

Cette action organisée de façon simultanée entre plusieurs pays et régions contre les objets de la chasse n’est qu’un début, une simple entrée en matière. Pour que le spécisme cesse, nous appelons toutes celles et tous ceux partageant ces idées à entrer dans la lutte et à multiplier les actions directes, petites et grandes. Du simple bris de vitrines aux abattoirs incendiés, tous ces gestes sont politiques.

Nous sommes nombreux et nombreuses, de plus en plus ; nous nous organisons, de mieux en mieux ; nous ne faiblissons pas, au contraire ; nous sommes radicales et radicaux, oui, car radicalement opposé·e·s à l’exploitation, aux meurtres et à l’appropriation des êtres sentients,
radicalement opposé·e·s à la pensée extrémiste ayant pour nom spécisme.”

Fin novembre, des miradors, des pièges et des agrainoirs ont été détruits en Seine-et-Marne. “ALF” et “Stop spécisme” ont été tagués.

A la mi-novembre, l’ALF a détruit des miradors et une cabane, dans le sud de la France.

COP 24 et gilets jaunes, le cynique assassinat de l’écologie

Une folie collective, voilà comment vu de l’avenir on évaluera le mouvement des gilets jaunes. La COP24 sera interprétée selon la même approche. Tout comme d’ailleurs la pétition « l’affaire du siècle » à l’initiative de Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France, avec comme exigence, « au nom de l’intérêt général, d’attaquer l’Etat français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits ».

On dira, dans le monde futur, que les humains étaient alors pétrifiés par leurs egos. Que leur seule boussole était leurs possessions matérielles, sacralisées. Que l’apparence de cette possession était le seul critère de valeur aux yeux de la société. Que les actions des gens dépendaient de raisonnements en termes de curseur, de quotas, d’intérêt, d’objectifs, de gain.

Que le véganisme n’avait pas été assumé alors, parce que les gens étaient trop fainéants psychologiquement, manquant d’intensité dans leur esprit, tellement leur vie était encadrée, façonnée, soumise à une société de consommation célébrant les egos.

Que la planète comme mère de la vie ne profitait d’aucune considération, tout intérêt écologique passant derrière les images d’instagram et les commentaires à l’emporte-pièces de facebook, que la vie sauvage était passée à la trappe parce que « le nutella c’est trop bon ».

Les Français s’imaginent en ce moment vivre plein de choses : en réalité, ils ne vivent rien, ils sont dans le néant, et ils cultivent le néant, ils s’entraînent eux-mêmes dans une chute vertigineuse. Ils croient se révolter alors qu’ils ne flattent que leurs egos.

Si l’on veut une preuve simple de tout cela, celle-ci est facile à trouver. Que demande les Français, que ce soit les gilets jaunes ou bien la pétition lancée par les associations ? Que l’État fasse quelque chose.

Il n’y a aucun mouvement d’en bas où les gens disent vouloir vivre différemment. Les gens veulent vivre pareillement. Et ils demandent à l’État de maintenir les choses telles qu’elles sont. C’est une démission morale complète et absolue.

Or, l’État n’est pas un objet neutre surplombant la société, il est produit par elle, et à moins d’être un naïf ou quelqu’un à l’esprit carriériste, il est évident que l’État est au service de grandes entreprises. S’il faut des preuves, prenons en dans les événements les plus récents, justement sur la question de l’écologie.

On sait qu’Emmanuel Macron s’est présenté comme un grand combattant de la cause de la COP21, faisant même la leçon à Donald Trump, en disant « make our planet great again ».

Or, lors de son intervention télévisée en réponse aux gilets jaunes, il n’a même pas cherché à faire semblant à ce sujet, il n’a tout simplement pas parlé d’écologie du tout. Finie l’écologie, fini de faire semblant. Ce qui compte, c’est que la machine tourne.

Il ne s’est pas non plus déplacé en Pologne à l’occasion de la COP24, alors que celle-ci avait comme tâche d’établir un programme d’application de la COP21 qui s’était tenue à Paris. S’il avait été sincère ou cohérent, il aurait été en première ligne. Mais l’État n’a pas dans sa matrice de faire de l’écologie la priorité.

François de Rugy , le ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, secrétaire d’État du même ministère, se sont quant à eux bien déplacés en Pologne, mais… ils sont partis plusieurs jours avant la fin, évitant la phase finale de négociation. Ce qui montre bien que celle-ci n’a joué qu’un rôle symbolique, portée par des experts et des technocrates, en sachant pertinemment que rien de ce qui est négocié n’aura d’incidence sur le réel.

Ce sont là des preuves accablantes et ce n’est pas une question de gouvernement, c’est une question de la nature même de l’État. L’État est là pour que l’économie tourne, que la société soit adaptée à cela, et c’est tout.

Un autre exemple parlant est qu’Emmanuel Macron a aussi répondu directement à une pétition d’une gilet jaune, qui reçu plus d’un million de signatures. Là encore, les intérêts défendus sont flagrants :

« Vous me dites : « Nous sommes déjà dépendants des cours du pétrole, il n’est pas question qu’en plus nous subissions une augmentation des taxes ! »

Et vous avez raison : l’action contre le réchauffement climatique est un combat nécessaire, mais il ne doit pas opposer les problèmes de fin du monde aux problèmes de fins de mois.

Le gouvernement a donc annoncé l’annulation de l’augmentation de la taxe sur le carburant et qu’aucune hausse des tarifs de gaz et d’électricité n’interviendrait pendant l’hiver. »

Le rapprochement stylistique entre « problèmes de fin du monde » et « problèmes de fins de mois » est au minimum bizarre et ajoute plus de confusion qu’autre chose. Surtout, le reste du message d’Emmanuel Macron ne parle même pas d’écologie.

Faut-il alors prendre le changement climatique au sérieux ou non ? Apparemment pas. Parce que la société ne le veut pas. Et la preuve de cela, on la voit de manière évidente : les gilets jaunes ont réussi à assassiner l’écologie, déjà inexistante en France pratiquement, à part pour le symbolisme ou les élections. Il y a un mouvement en droite ligne de l’éjection de Nicolas Hulot de son poste de ministre par les chasseurs à la révolte des gilets jaunes contre le prix des carburants.

Certains diront : cela a donné naissance à un mouvement de contestation sociale plus large. Même si on l’admet, ce qui est discutable par ailleurs vue la nature du mouvement en question avec ses drapeaux français et ses fachos partout, il faut pourtant reconnaître une chose : les gilets jaunes n’ont porté strictement aucune revendication écologiste.

Tout partisan des gilets jaunes ne peut que l’admettre : l’écologie a été un thème inexistant, et même totalement incongru.

Or, peut-il y avoir une contestation réelle au 21e siècle qui ne fasse pas de l’écologie une valeur essentielle ? De notre point de vue, absolument pas. Donc, les gilets jaunes ne représentent pas le futur, mais le passé.

Et encore ne parle-t-on que d’écologie. Si en plus on prend le critère du véganisme, ou disons au moins de la condition animale, alors là les gilets jaunes ne sont pas que le passé, ils sont carrément réactionnaires.

Si on fait abstraction de cela ou qu’on s’en moque, peut-être qu’on peut fantasmer ce qu’on veut sur les gilets jaunes, sur un éveil des consciences, une prise de conscience, une critique qui s’élance, ou on ne sait quoi encore.

Mai si l’on raisonne en termes de principes, de critères, alors on doit dire : la France beauf s’exprime avec rage, elle ne veut rien à part ce qu’elle connaît, et ce qu’elle connaît, c’est son mode de vie « indépendant ». La valeur suprême, c’est d’avoir son logement, son moyen de transport, son capital à la banque, son poste au boulot, sa vie à soi, unique. Pure illusion, car tout cela est de la vanité complète, pour un mode de vie superficiel, polluant et vide toute valeur naturelle et culturelle, mais c’est la norme, c’est comme ça qu’on est censé vivre !

Les gilets jaunes ne font pas qu’avoir des revendications sociales, ils affirment également en même temps un mode de vie, qu’ils trouvent très bien. Ils posent la forme de leur existence sociale comme quelque chose devant être accepté, reconnu, soutenu. Ils ne veulent pas que de l’argent, ils veulent un statut. C’est l’anti-révolution, c’est l’aliénation qui se veut voir accorder un statut !

Quand le néant appelle le néant.

Les implications sont énormes. Car si l’on part du postulat que les gilets jaunes sont nés d’un refus de payer plus cher le carburant, ou bien d’une question financière, mais qu’en réalité ils ont peur pour leur mode de vie… alors cela veut dire qu’en plus de défendre leur mode de vie, ils vont le valoriser, le diffuser.

La première conséquence, directe, des gilets jaunes, c’est la défense du mode de transport à échelle individuelle. Que ce soit la voiture, la moto, le scooter, le taxi ou Uber, les gens privilégient un mouvement « en toute indépendance », et là les gilets jaunes relancent totalement cette approche.

S’il n’en était pas ainsi, on aurait vu émerger le thème des transports en communs, de la forme des villes… cela n’a pas été le cas.

Par conséquent, c’est une révolution culturelle de droite à laquelle on a droit, si l’on veut. C’est un mai 68 de droite. Et il faut avoir le courage de le dire : mai 68 qui a changé les valeurs de la société a donné en 1981 François Mitterrand qui voulait « changer la vie »… Les gilets jaunes qui veulent maintenir les valeurs de la société vont donner une France facho.

L’État, considéré comme cause, source, origine de tous les maux, ceux-ci étant résumés à son propre porte-feuille.

En fait, la France a toujours eu des valeurs de droite, même si elle s’imaginait parfois de gauche, et la question du mode de vie a a été le grand révélateur. L’écologie et ses exigences, c’est le crashtest des valeurs. On ne peut pas faire semblant !

On ne peut pas faire semblant d’être vegan, on ne peut pas faire semblant d’aimer les animaux. On ne peut pas semblant d’être écologiste, on ne peut pas faire semblant de placer la Terre au centre des exigences, comme priorité absolue.

Ainsi, lorsque Nicolas Hulot a démissionné de son poste de ministre, les sondages disaient que 80 % des Français pensaient que la « transition écologique » allait trop lentement. C’était hypocrite : avec les gilets jaunes, on voit surtout que les Français pensent que cela va trop vite. Ils n’avaient pas compris qu’il fallait qu’on touche aux ronds-points, et ils tiennent à leurs ronds-points, plus que tout…

Quant à la pétition mentionnée plus haut, qui a déjà 1,5 million de signataires en 24 heures, elle est sur la même longueur d’onde que les gilets jaunes, parce qu’elle dit : l’État doit prendre les choses en main.

C’est là encore au fond la grande capitulation. Les gens ne veulent pas assumer quoi que ce soit, ils veulent que l’État le fasse. Ils ne veulent pas changer leur comportement, ils rêvent éveillés et espèrent que l’État va aménager tout ce qu’il faut.

En fait, tout le monde est hypocrite, parce que le système est intenable, mais comme il y a encore un peu de temps avant l’effondrement, l’attitude générale c’est après moi le déluge. Et les derniers arrivés, les plus jeunes, sont seulement dégoûtés de ne pas pouvoir être aussi indifférent et consommateurs que leurs prédécesseurs…

Dans 50 ans, un parallèle direct sera également fait entre la COP24 et les gilets jaunes. On dira : l’humanité savait. Elle savait que le changement climatique s’amplifiait, menaçant des formes de vie innombrables. Elle savait que la condition animale prenait un tournant toujours plus sordide, avec l’exploitation et la mise à mort sous une forme industrielle à caractère exponentiel.

Elle savait que les zones naturelles étaient en voie d’anéantissement, que le mode de vie dominant impliquait pollution, destruction, éloignement toujours plus grand de la Nature, tant concrètement que sur le plan de la vision du monde (la PMA et la GPA en sont de bons exemples).

Cependant, l’humanité se cantonnait dans ce qu’elle connaissait et dans ce que le capitalisme pouvait proposer. Elle ajoutait donc de la crise à la crise, dira-t-on dans 50 ans.

Les gilets jaunes sont représentatifs d’une telle approche totalement folle. En France, un pays riche, avec un niveau d’éducation élevé, le modèle reste l’acquisition de sa petite propriété, à tous les niveaux (son logement, son moyen de transport, sa petite personne, ses habits, son ordinateur, son choix de séries, son choix d’habillement, etc.). L’individualisme est la règle, la norme, la seule vérité, dans la stricte obéissance à la société de consommation.

Les gilets jaunes sont le produit de la France version McDonald, celle qui va en voiture d’un rond-point à une autre, n’ayant aucune ouverture d’esprit, se bornant à vivre comme ses parents, toujours prête aux raccourcis, et surtout ne comprenant même pas que cela puisse être remis en cause. C’est la France beauf.

Concevoir un quelconque sacrifice est totalement impossible dans ce cadre. L’abnégation pour les animaux est inconcevable, celle pour la Nature semble une abstraction. Et de toutes façons personne ne veut prendre de responsabilité, même les gilets jaunes demandent à l’État de s’occuper de tout. On est au degré zéro de l’engagement. Le seul engagement, c’est pour soi-même.

Et le seul avenir envisagé, c’est le passé, c’est vivre comme auparavant. Voire même, vivre comme avant. Car même quand il y a une lutte sur une base correcte, il y a cette tendance à l’individualisme total, rêvant d’une sorte de moyen-âge fantasmé composé de petits paysans libres et de guildes de marchands.

Pensons aux zadistes, ces gilets jaunes du bocage, qui voulaient encore être encore plus indépendants qu’indépendants, en produisant tout tout seul directement ! Ils ont littéralement défiguré la lutte pour les zones humides. Au lieu d’avoir une bataille écologiste, on a eu droit au village d’Astérix.

Comment se fait-il d’ailleurs que personne n’ait remarqué à quel point les mentalités des gilets jaunes et des zadistes sont similaires ? On a affaire à une génération de gens dont la conception ne dépasse pas Astérix et Obélix contre les Romains. Quand on voit un type faire des vidéos youtube en faveur des gilets jaunes, avec un t-shirt « Earth Resistance » (un groupe prétendant depuis quelques années défendre somme toute les mêmes idées que LTD, mais sans l’assumer), en disant les gens sont cons il faut prendre un dénominateur commun de bas niveau, on a tout compris.

On sait bien qu’il y a des gens qui ont dit : les gilets jaunes ne sont pas contre l’écologie, une convergence est possible, d’ailleurs il y a eu des points de rencontre, comme lors de marches pour le climat. La belle affaire : qui refuserait d’être pour l’écologie ou contre la faim dans le monde ? Le problème n’est pas l’intention ou la manière avec laquelle on s’imagine être, mais bien le mode de vie.

Les gilets jaunes sont l’expression d’un refus de le modifier et, pire que tout, ils ont prétendu représenter la normalité, les choses comme il faut, la manière normale d’exister. C’est pour cela que l’écologie a totalement disparu des radars. Elle a été liquidé. Tous ces gens l’ont cyniquement assassiné, fait disparaître, derrière des « priorités », des choses non « abstraites ». Pour eux, le véganisme, l’écologie, le changement climatique, sont des abstractions, des idées vagues, sans consistance.

On a atteint le degré zéro de la conscience, celle où les raccourcis priment… La France est mûre pour le fascisme.

La COP24 s’est d’ailleurs brisée sur cette question du mode de vie. Il a été question des gilets jaunes même là-bas, mais de toutes façons ils étaient déjà dans toutes les mentalités, dans tous les esprits, parce qu’aucun État, aucune société, aucune institution internationale, absolument personne n’est prêt à assumer une transformation impliquant un changement total des mœurs.

Donc, tout continue comme avant, ce qui a comme conséquence que rien n’est concrètement possible. Tous les journalistes ont bien été obligés d’ailleurs de reconnaître que cette conférence de l’ONU sur le climat a été un échec, reprenant les mêmes arguments… que nous avions déjà formulés à l’époque de la COP21. En fait, n’importe quel observateur avisé savait bien alors que ce qu’on avait dit été juste et pensait de même, mais tout le monde s’est menti mutuellement, afin de faire semblant d’y croire.

La croyance en les capacités du système à tout surmonter était plus forte que tout. Résultat, c’est le désarroi et le cynisme. Voici à titre d’exemple ce que dit Le canard enchaîné du 5 décembre, avant la conférence, en jouant les Ponce Pilate :

« Récapitulons : en décembre 2015, la planète applaudit des deux mains ses dirigeants qui, à Paris, viennent de décréter à la quasi-unanimité que le réchauffement climatique n’était finalement pas une blague. Ils s’engagent à faire en sorte de ne pas dépasser 1,5° C de plus à la fin de ce siècle. (…)

Trois ans plus tard, où en est-on ? Les émissions mondiales de CO2 n’ont cessé d’augmenter. Les années 2015, 2016 et 2017 ont été les plus chaudes jamais vues depuis que les températures sont enregistrées. (…)

Vous souvenez-vous du fiasco de la COP de Copenhague en 2009 (que Sarkozy avait essayé de présenter comme une formidable réussite personnelle) ? Katowice devrait faire encore plus fort. »

C’est là ce qu’on appelle le cynisme. C’est très français, dans le fait de se poser en observateur extérieur, neutre, au-dessus de la mêlée, distribuant bons et mauvais points, sans s’impliquer… Alors que justement la COP est censée être une exigence mondiale, avec une implication mondiale, et donc exigeant de chaque personne sur terre d’avoir un rapport concret avec ce qu’elle pose comme problématique.

Mais évidemment le Canard enchaîné ne va pas devenir vegan ni assumer que la Terre est comme une mère, qu’il faut préserver la vie et s’orienter par rapport à elle, dans une démarche biocentriste. D’ailleurs, personne n’est prêt à assumer cela, même si évidemment les gens les plus conscients savent que c’est inévitable.

Pour se donner bonne conscience, la COP24 a par ailleurs été obligé de faire dans la mise en scène, avec un discours d’une jeune suédoise de 15 ans, Greta Thunberg, accusant les puissants de ce monde de voler l’avenir de leurs propres enfants. C’est certainement sincère, mais pour qui connaît l’histoire de l’écologie, c’est une manipulation morale et médiatique de la part de la COP24. Greta Thunberg a été un moyen de faire du greenwashing à peu de frais, de manière très lisse et très anthropocentrée.

Greta Thunberg, dans une photo mise en scène par la COP24.
Il est à noter qu’elle est végane, mais on est là bien loin de la grande vague vegan straight edge ayant profondément marqué la Suède dans les années… 1990.

Il s’agit concrètement d’une opération marketing, caricaturant quelque chose de bien plus authentique : l’intervention en 1992 d’une intervention d’une jeune de douze ans, Severn Cullis-Suzuki, au sommet de la Terre à Rio de Janeiro, au Brésil.

Greta Thunberg dit d’ailleurs surtout deux choses : les médias doivent assumer que le changement climatique est une crise, et les dirigeants doivent agir, sinon on prend leur place. Cela s’arrête là et il n’y a bien entendu aucune critique de fond, alors que le discours de Severn Cullis-Suzuki, il y a 25 ans, avait une vraie dynamique de remise en cause sur le plan des valeurs écologistes en général.

La « dramatisation » de la situation présentée par Greta Thunberg ne sert qu’à étouffer une éventuelle critique radicale, dont l’émergence générale est de toutes façons inéluctable. Il est obligé que les prochaines générations s’aperçoivent qu’en fait, sur le plan de l’écologie, tout a déjà été dit dans les années 1980 et 1990, par le mouvement vegan straight edge, l’ALF, l’ELF, le mouvement hardline… tous les gens disant qu’il faut reconnaître les animaux, la Nature, et cesser la guerre contre la vie.

Une guerre qui ne faisait alors que commencer à se généraliser, s’industrialiser de manière exponentielle, et les gens ne voyaient pas l’ampleur du désastre en cours. Là c’est devenu flagrant, et impossible de freiner cela, à moins de tout changer!

Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié en octobre dit qu’il faudrait diviser les gaz à effets de serre par deux, en… douze ans. Qu’il faudrait les amener à zéro, en… 2050. Peut-on réellement croire que cette société, qui produit des gilets jaunes, peut être à la hauteur de cela?

Un pdf sur les gilets jaunes

Hier a eu lieu la troisième marche pour le climat, après celle d’octobre et de novembre. Environ 20 000 personnes se sont déplacées à Paris, 10 000 à Marseille, 3 000 à Lille, avec dans les deux derniers cas des cortèges rejoignant les gilets jaunes. C’est une tentative d’aller de l’avant, dans un climat de grande inquiétude écologiste face aux gilets jaunes.

Car ceux-ci sont la grande actualité pour l’écologie et le véganisme : quoi qu’on en dise, c’est une révolte née contre une taxe sur les carburants mise en place par le gouvernement au nom de l’écologie. On peut penser ce qu’on veut de la justesse de revendications sociales faites, force est de constater que sur le plan de la démarche, on fait mieux.

Quand on sait l’ampleur de la question, on est amené à se dire que vraiment les Français ne raisonnent qu’en termes de pouvoir d’achat, et que cela s’arrête là. Il y a comme une barrière infranchissable, celle qui empêche se remettre en cause dans sa vie.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des gens très sympas chez les gilets jaunes, ni que le pouvoir d’achat ne compte pas. Mais que tout est en décalage avec ce qui est nécessaire en pratique comme sur le plan des idées.

A bien y regarder, ne peut-on pas penser que les gilets jaunes sont une manière de dire : on veut que tout continue comme avant, le véganisme et l’écologie ne doivent pas être notre actualité ? Les gilets jaunes, dans leur style, ne sont-ils pas après tout une expression politico-sociale de la beauferie propre à une société de consommation en train de déraper dans tous les sens ?

Afin de contribuer à une réflexion, voici un pdf (cliquer sur l’image) avec de nombreuses choses piochées chez et autour de la question des gilets jaunes.

Car on ne fera pas l’économie de faire avancer les choses sans avoir une vraie capacité à délimiter les enjeux et à analyser les phénomènes en fonction de ces enjeux !

Mouvement des « gilets jaunes » et écologie PDF
PDF

Document : la vénerie sous terre

Voici un nouveau document, dans l’esprit de ceux mis en ligne récemment. Il traite de la vénerie sous terre, et au-delà de l’aspect des connaissances, il peut et doit s’agir de la perspective de l’ouverture de nouveaux fronts de lutte. Il ne faut pas tant copier ce qui fonctionne, qu’en saisir la substance et lancer de nouvelles batailles.

vènerie sous terre
(PDF)

“Même s’il pouvait y avoir une majorité de Français”…

Nous sommes à la veille de la Saint-Hubert, une date centrale pour les chasseurs. C’est une excellente occasion de faire le point. Car le véganisme a connu en cette rentrée un véritable tournant historique, comme donc on pouvait le pressentir ou même carrément le voir. Après, cela dépend sous quel angle on le considère, bien entendu, mais de notre point de vue, on peut dire qu’on est passé enfin à quelque chose de tout à fait concret et ayant prise sur la société française.

Nous avons ici bien sûr en tête la question de la chasse, qui est devenue une thématique littéralement brûlante dans la société française, grâce à la lutte exemplaire contre la chasse à courre partie de Picardie. Il y a ici une perspective de tracée pour les prochains mois, voir les prochaines années.

A l’inverse, l’antispécisme qui a occupé la scène médiatique s’avère une voie de garage complète, sans aucune prise sur la société française, qui l’a littéralement rejeté comme un corps étranger.

Commençons tout d’abord par deux excellentes nouvelles. La première, c’est que le parquet de Compiègne a classé sans suite les plaintes faites par les veneurs contre Abolissons la vénerie aujourd’hui (AVA). Cette nouvelle toute fraîche est une victoire énorme, car on se doute bien qu’il existe une pression terrible de la part des veneurs sur les institutions et les forces de répression.

Les veneurs ont échoué devant le succès populaire d’AVA, qui a été leur muraille protectrice. Tous les opposants qui par le passé se sont confrontés à la chasse à courre se sont retrouvés isolés et à la merci de l’écrasement : cette fois c’est fini.

La seconde excellente nouvelle, c’est également la tenue par AVA d’un congrès. Cela signifie beaucoup de choses. Tout d’abord, qu’il y a une base solide de formée, ensuite que le modèle a pu être reproduit par des gens sérieux. Enfin, qu’il y a eu la capacité à s’unir.

Ce n’est jamais simple, surtout lorsqu’on ne part de rien, et on sait à quel point nombre de gens ont, dans des associations, un sentiment scandaleux de jalousie par rapport à tout cela. C’est honteux, il faut saluer humblement ces efforts bien dosés, très réfléchis, et victorieux.

Il y a donc désormais 16 groupes AVA à travers la France. C’est une victoire qu’on peut qualifier sans précédent.

Il y a par ailleurs deux points qui semblent importants ici. Tout d’abord, il y a des gens qui veulent monter un groupe anti-chasse à courre… Là où il n’y a pas de chasse à courre. L’intention peut être louable, elle n’en a pas moins aucun sens. Mieux vaut apprendre du succès et monter une nouvelle lutte, ce ne sont pas les prétextes qui manquent pour cela !

Mais rien ne sert de faire du forcing abstrait, de basculer dans l’aventurisme ou de chercher à surfer sur quelque chose qui marche, sans se préoccuper de la réalité. Ce n’est pas là servir les animaux.

Le second point consiste en un regret, puisque certaines personnes relevant du noyau historique d’AVA ont décidé de passer à autre chose. Il y a l’envie d’aller plus loin dans « l’animalisme », l’envie de ne pas se retrouver avec des gens anti-chasse à courre mais pas forcément anti-chasse, la sensation de se faire déposséder alors que d’autres groupes se forment… C’est compréhensible, mais fort regrettable.

Mieux aurait valu continuer cette lutte et contribuer à un autre projet parallèlement, plutôt que de faire un fétiche de sa propre prise de conscience. La lutte anti-chasse à courre est une lutte qui est ce qu’elle est ; elle n’est pas le véganisme, c’est certain. Mais elle est un vecteur à part entière et la faire disparaître dans autre chose, ce n’est pas comprendre la dynamique des luttes ni la bataille des idées, et encore moins la question de l’ancrage dans la population.

Espérons qu’il en ressortira tout de même quelque chose de constructif et ayons l’espoir qu’à terme, les luttes se rejoignent, de par leur base positive !

Surtout qu’il faut faire bloc, sans discontinuer. Il y a quelques jours ont ainsi été lacérées 8 pneus de voitures, au moment de la chasse à courre du Rallye Roumare, en forêt d’Eawy aux Grandes-Ventes en Seine-Maritime. Une voiture d’activistes d’AVA et une autre de cueilleurs de champignons ont été pris pour cible, par des gens qui sentent bien que le vent tourne dans la population, mais qui savent aussi qu’ils ont l’appui de l’État.

Qu’a dit par exemple François de Rugy, le nouveau ministre de l’écologie, à la suite de sa rencontre avec les représentants de la fédération nationale des chasseurs, la semaine dernière ?

« Je n’ai pas été nommé ministre et Emmanuel Macron n’a pas été élu pour supprimer la chasse, même s’il pouvait y avoir une majorité de Français favorables à cette idée ! »

Voilà une posture anti-démocratique absolument limpide. Dans un même ordre d’idée, en Savoir, le maire de Jarsy exige des cueilleurs de champignons que les mercredi, jeudi, samedi et dimanche, ils portent un gilet fluo en raison de la chasse.

D’autres anecdotes du même type sont assez marquantes. La fédération des chasseurs de Charente-Maritime a ainsi promis de rembourser le permis de chasse à ceux qui ramèneraient 35 queues de renard.

Il y a eu aussi des surfeurs qui se sont fait tirer dessus, sur la presqu’île de Crozon, dans le Finistère. Les chasseurs ont expliqué qu’en réalité, des plombs leur étaient simplement retombés dessus…

Il devait également y avoir la première édition de « Fort en Trail », à côté de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Cette course devait avoir 350 participants, mais les chasseurs ont expliqué qu’il était hors de question qu’ils ne chassent pas ce jour-là, d’où l’annulation…

Cela n’empêche bien entendu pas les chasseurs de chercher de manière idéaliste à mettre en avant une image intellectuelle et chic par l’intermédiaire de femmes. Il y a eu une photographe végétarienne publiant un ouvrage de photos « Chasse à courre – À la croisée des mondes » chez Flammarion, il y a aussi Johanna Clermont qui se met en scène, avec de nombreuses marques de chasse, dans de nombreuses photos.

La réalité est bien différente et voici la lettre ouverte d’une femme dont le mari a été tué par des chasseurs.

Monsieur le Président de la république Emmanuel Macron, Monsieur le président de la fédération nationale des chasseurs, Messieurs les présidents des fédérations départementales, Mesdames et Messieurs les chasseurs.

Il y a 3 ans le 5 décembre 2015, mon mari est mort d’une balle en pleine tête, tué par un chasseur dans les hauteurs d’Annecy alors que nous courrions tous les 2 sur des sentiers balisés. Il était le papa de 2 petites filles, de nos 2 petites filles…

Nous aimions la nature, nous aimions le sport, nous aimions notre liberté. Ce jour-là un jeune chasseur, aveuglé par sa passion de la chasse, a tiré sans prendre le temps d’identifier sa cible ( mon mari mesurait 1,83 m et nous étions à 30 cm l’un de l’autre) , a enfreint toutes les règles de sécurité et a tué mon mari.

Depuis notre accident, certaines mesures de sécurité complémentaires ont été prises. Il n’y a d’ailleurs qu’en Haute Savoie que cela a été fait, les autres fédérations de chasse n’ayant pas voulu en entendre parler, cela était certainement trop contraignant…

Mais force est de constater que ces mesures sont loin d’être suffisantes et samedi, de nouveau en Haute Savoie, c’est un VTTiste de 34 ans qui est mort tué, lui également par un jeune chasseur. Il semble également qu’un Vttiste soit assez identifiable, avec son vélo… Lui aussi aimait la nature, lui aussi était heureux certainement ce jour-là de pratiquer son sport mais il est mort tué par un chasseur qui pratiquait lui aussi son loisir… !!

La différence c’est que nous pratiquons, nous, marcheurs, promeneurs, coureurs, VTTistes, ramasseurs de champignons, des loisirs qui ne mettent pas la vie d’autrui en danger. Les chasseurs si !

Et Monsieur le président, vous décidez début septembre de rendre le permis de chasse encore plus accessible en divisant son prix par 2, sans aucune contrepartie au niveau de notre sécurité et de notre liberté.

Partageons la nature, c’est cela le message des fédérations ? Comment cela est possible quand n’ importe qui peut passer et obtenir son permis de chasse, sans encadrement, sans tutorat, sans zone clairement délimitée, sans jour et heures délimités le week-end, sans contrôle, sans sanction? C’est une activité qui doit être pratiquée par des personnes qui sont en mesure de pratiquer ces activités avec des règles strictes et un encadrement stricte.

La pratique aujourd’hui des sports Outdoor, des activités en plein air, le mode de vie des gens vivant à la campagne, à la montagne a évolué. N’est-il alors pas nécessaire de faire évoluer également cette pratique qui aujourd’hui tue entre 20 et 30 personnes par an.
Où vivons-nous ? Où se trouve le respect de notre liberté ?
Combien de morts faudra-t-il pour que vous décidiez de mettre des vraies mesures en place ?

Monsieur le Président, Monsieur le président de la fédération nationale des chasseurs, Messieurs les présidents des fédérations départementales, Mesdames et Messieurs les chasseurs, je vous pose la question, prenez quelques minutes pour y réfléchir.

Ce texte est triste et il souligne en même temps une véritable prise de conscience. Cependant, c’est un raccourci de s’imaginer qu’Emmanuel Macron cède devant le lobby des chasseurs, ou bien qu’il recherche leurs voix. En réalité, on est là dans un dispositif de maintien de l’ordre réactionnaire dans la France rurale. C’est la sainte alliance de tous les réactionnaires.

C’est en cela que le véganisme ne peut qu’apporter son attention à la question de la chasse. C’est tout le rapport à la Nature qui se révèle avec cela. C’est un moyen de faire prendre conscience du rapport positif nécessaire. Inversement, les antispécistes assument d’être coupés de la Nature et même de la population, ne voyant les animaux que négativement, par rapport aux fermes-usines.

Ce qui est en jeu, ici, c’est la possibilité même d’un véganisme de masse.

Piratage de l’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier et communiqué du Haut-Valromey

L’ALF a piraté le site de l’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier, ainsi donc que la quasi centaine de sous-sites lui étant liée. A noter que l’ensemble des noms, prénoms et adresses mails des gens inscrits a également été en même temps intercepté.

Voici le communiqué concernant l’incendie de 2000 m² d’un abattoir à Haut-Valromey dans l’Ain. Nous avons pas mal hésité à le publier tellement nous est odieuse cette prose poétique existentialiste, mélange d’antispécisme et de primitivisme, faisant d’un acte non pas une contribution à la libération mais une sorte de raffinement autocentré libéral-libertaire.

Ce discours est un énième exemple de la tentative de récupération du véganisme par des petits-bourgeois enragés qui prennent en otages les animaux pour assouvir leur propre vision fantasmée de la réalité.

Cette nuit là, la lune est décroissante et dans son troisième quartier. Un groupe d’individus s’attaque à un abattoir en y allumant huit incendies, aussi bien sous des véhicules que dans le bâtiment lui-même en l’ayant préalablement forcé et saccagé. Les systèmes électriques ont été attaqués par le feu permettant peut-être de couper les systèmes frigorifique et de télésurveillance. Une fumée noire et âcre envahit le ciel étoilé et s’abat sur le village d’Hotonnes et ses environs.

Nous voudrions commencer par saluer les toujours plus nombreuses attaques de boucheries ayant eu lieu depuis le début de l’année. Ces actions nous ont touchées car elles ne nous ont pas placé dans un simple rôle de spectateures mais nous ont poussé à l’agir. Il nous paraît important de ne pas laisser la répression nous freiner et de diffuser l’attaque antispéciste sans médiation.

L’agir antispéciste se vit aussi dans le quotidien, dans notre rapport aux êtres vivants qui nous entourent. Ainsi il ne nous intéresse pas de critiquer le meurtre comme une valeur intrinsèquement mauvaise car la condamnation morale nous paraît détachée de toute réalité véritablement vécue. Il nous intéresserait plus d’étendre l’antispécisme à toutes les espèces vivantes et de refuser les fausses distinctions entre les êtres dits « sensibles » et les autres. La plantation en masse de sapins pour en faire des planches ou l’élevage intensif de poules pour produire des œufs nous fait un effet comparable. Une friche peut facilement nous évoquer un charnier. Nous ne voulons pas d’un capitalisme vegan ou respectueux des animaux alors qu’il continue d’exploiter d’autres espèces.

Soyons clair, nous ne cautionnons aucun élevage aussi bienveillant soit-il. Cela nous rappelle toujours la domestication et le fait d’envisager la nature autour de nous comme une ressource à exploiter, alors que nous en faisons partie et qu’elle fait partie de nous. Accepter d’en faire partie c’est accepter la multiplicité de ses rapports, que ce soit le regard croisé d’un renard, le bruit d’une hache qui s’enfonce dans du bois, l’arrachage de fruits sauvages au jour qui se lève, l’escalade dans un arbre, la chasse d’insectes qui s’en prennent à notre nourriture ou qui envahissent nos lieux de vie, le conflit verbal ou physique avec d’autres êtres humains.

Abattoirs, élevages, taules, sont autant de manières d’enfermer, de soumettre. En menant cette action, nous avons été accompagnées par nos complices humains et non-humains qui n’étaient pas présents parce qu’enfermées ou menacés de l’être. En exprimant notre colère nous vous portions dans nos cœurs.

Et nous haïssons ce monde qui nous force à choisir entre tuer des vaches par notre passivité ou à risquer de les tuer par nos actes de sabotage. En effet, lors de l’attaque de cet abattoir, nous avions conscience que des vaches y étaient enfermées, et bien que nous avons essayé de limiter les risques pour elles, nos actes ont pu les stresser ou les faire souffrir. Mais nous ne voulons pas oublier que si nos actes peuvent faire du mal, notre indifférence, elle, tue avec certitude.

Cette action s’inscrit dans la série d’attaque « stop spécisme » mais il nous paraît important de préciser que notre but ici est de replacer l’antispécisme dans une optique de conflictualité permanente avec toutes les autorités.

Ce monde tue les mauvaises vaches

Pour la propagation d’un chaos qui refuse de choisir entre l’amour et la violence.

Lune Blanche,
Meute Noire.

“Les végans n’ont pas le droit de faire régner la peur !”

Le titre de la tribune publiée par Le Figaro dit déjà tout, et la liste des signataires est à cette image : des sénateurs et des députés, alliés à des représentants agro-industriels.

Et leur grand argument philosophique est la liberté de choix de l’individu, reflet inversé de l’antispécisme qui existe également au nom des “individus”, mais cette fois animaux.

Les deux ont tort : la question n’est pas celle des individus, mais de la place de l’humanité dans le grand tout qu’est la Nature.

On estime à plus d’une centaine les actions violentes et illégales subies par les professionnels de la filière de l’industrie de la viande entre 2017 et 2018 en France. Ces actions «coup de poing», violentes (marquage au fer rouge, abattoirs envahis et représentés en feu, faux sang déversé par litres, vandalisme de boucheries, d’abattoirs, dessins suggestifs, menaces aux personnes), dont les auteurs revendiquent une confrontation ouverte et violente notamment avec l’industrie de la viande et les forces de police, doivent être punis sévèrement par l’Etat.

Nous, représentants des professions et filières agricoles, de l’artisanat et des territoires tenons à dénoncer avec la plus grande fermeté les actions et les modes de pensées de ces extrémistes.

Leur idéologie radicale est basée sur «l’antispécisme». Elle refuse toute hiérarchie entre les espèces et prône les mêmes droits pour les animaux et pour les hommes. Comme si dans le règne animal, aucune hiérarchie n’existait entre les espèces, entre les herbivores et les carnivores ou les omnivores!

Ces idéologues apparentent l’industrie de la viande à un «holocauste». Ils comparent la fin de l’exploitation animale à l’abolition de l’esclavage et prônent purement et simplement la disparition de l’industrie de la viande au mépris des conséquences sur les emplois, les filières, l’agriculture et nos territoires.

Les modes opératoires violents et radicaux qui prônent l’action directe et la désobéissance civile pour faire adopter ces idées sont inacceptables et intolérables. Ces méthodes se rapprochent d’un intégrisme sectaire et d’un communautarisme qui trouvent une audience grandissante et interpellent les pouvoirs publics (rapport d’activité Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, 2016).

Est-ce cela que nous allons offrir à nos enfants et à nous? Un droit de faire régner la peur, un droit à l’anarchie parce que nous mangeons une blanquette de veau, un cassoulet ou un hamburger?

C’est un enrôlement dangereux qui tente de convertir nos jeunes à des croyances alimentaires fausses au détriment de notre alimentation diversifiée. Allons-nous laisser faire ces dérives spectacles au nom de croyances dangereuses pour notre société? Une très faible minorité de la population française n’a pas le droit de faire régner la terreur au moyen de croisades alimentaires.

Nous refuserons toujours de nous laisser dicter nos choix alimentaires et nos choix de consommateurs.

Faut-il imaginer des suhisbars sans poisson, des steakhouses sans bœuf? Que seront nos repas familiaux dominicaux si nous nous sommes fait imposer ce que nous devons manger? Que deviendront nos traditions et celles de notre diversité, Noël sans la dinde, l’Aïd sans les moutons, Shabbat sans le bœuf, le mouton, le poisson ou la volaille?

Nous serons collectivement les garants de ces traditions culturelles et alimentaires.

Nous défendons notre liberté à consommer de la viande, des fruits, des légumes, du fromage, des produits laitiers.

Nous demandons solennellement que l’État républicain remettre de l’ordre et fasse respecter le libre arbitre alimentaire de chacun. Il doit protéger nos traditions, notre alimentation, nos emplois, nos filières.

La France est le pays de la gastronomie, des plats de terroir à base des productions agricoles de qualité, des grands chefs, des grands vins, des traditions et des restaurants étoilés. Elle irradie depuis des siècles à travers le monde son savoir-faire, son savoir-vivre à la française, son savoir-être, son agriculture, sa culture alimentaire et culinaire. Le repas gastronomique «à la française» est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. La France est le seul pays à avoir obtenu cette reconnaissance.

Cette histoire, ce patrimoine, nous le devons notamment à des produits agricoles d’une grande qualité, élaborés par des paysans, des éleveurs qui vivent et façonnent nos territoires ; nous le devons à des artisans boulangers, bouchers, fromagers, charcutiers, traiteurs, restaurateurs, aux commerces de proximité… et aux cuisiniers avec de grands savoir-faire qui travaillent ces produits et élaborent nos recettes.

Nous, élus, représentants des professions et filières agricoles, de l’artisanat, des territoires, des administrés, n’avons de cesse de promouvoir les produits locaux, la qualité sanitaire, la diversité des productions, la richesse de nos terroirs. Quelle que soit la filière alimentaire concernée, ce sont des activités économiques, génératrices d’emplois où les concitoyens sont fiers de leurs métiers et cela fait vivre nos territoires, tant ruraux qu’urbains.

Nous nous soucions de l’impact environnemental, du bien-être animal mais aussi de la santé. Que ce soient les productions végétales ou animales, les agriculteurs produisent les matières premières nécessaires à notre alimentation. Les filières agro-alimentaires permettent de donner accès à la meilleure alimentation disponible en quantité et qualité. Certes, les modèles de consommation évoluent et nos modes de production également avec la recherche permanente de la qualité et de la sécurité alimentaire, là où par rapport à d’autres pays, nous avons une avance considérable.

C’est une chance pour nos territoires, nos filières, notre équilibre économique, nos emplois d’avoir ce niveau d’exigence pour notre alimentation.

À l’heure des Etats généraux de l’alimentation, ce choix de la société d’avoir des produits tracés locaux de qualité d’une grande diversité sont légitimes. Il en va de la qualité de vie et de la santé de nos citoyens, de leur famille, de nos enfants.

Mangeons librement! Consommons librement! Laissons à chacun ses choix et ne laissons personne nous dire ce que nous devons avoir dans nos assiettes!

Liste des cosignataires de la tribune:

COCHONNEAU Claude, Président de l’assemblée permanente des Chambre d’agriculture (APCA)

DE BELLAIGUE Charles-Hubert, Vice-Président, Fédération interdépartementale des chasseurs d’Ile-de-France

VARLET Daniel, Président de la Fédération des charcutiers traiteurs de l’Île de France

PINTEAUX Olivier, Secrétaire général, Fédération de la boucherie

THEMAUDIN Max, Vice-Président, Fédération de la boucherie

BUGUET Alain, Trésorier, Fédération de la boucherie

MONTINI Marie, Fromagère Saint Arnoult

ILLAND Jean-Charles, Fédération de la boucherie 95

BUGUET Alain, Trésorier, Fédération de la boucherie

RADET Damien, Secrétaire général, FDSEAIF

PETIT Bertrand, Président, FDSEA Eure-et-Loir

REY Dominique, Président SCIC Valor Viande Île-de-France (atelier de découpe Ile-de-France)

DEHAUDT Christophe, Eleveur

DRUMARE Sophie, Eleveur

DEGORGES Florian, Maraîcher

MESNIL Fabrice, Boucher

PECRESSE Valérie, Présidente de la Région Ile-De-France

GOUSSEAU Adeline, Ancien Sénatrice des Yvelines

ARNOULT Frédéric, Président JA Région IdF

DUBLANCHE Alexandra, Vice-Présidente Région Ile-de-France Développement économique, agriculture et ruralité

CABRIT Anne, Déléguée spéciale Agriculture & Ruralité Région Ile-de-France

CAFFIN Michel, Elu Region IDF

TETART Jean-Marie, Maire de HOUDAN

MANSAT Jean-Jacques, Président Communauté de Communes du Pays Houdanais et Maire de Tacoignières

PETIT Bertrand, Président, FDSEA d’Eure-et-Loir

GREFFIN Damien, Président FDSEA Ile-de-France

MILARD Cyril, Président FDSEA Seine-et-Marne

PRIMAS Sophie, Sénatrice des Yvelines, Présidente Commission Affaires Économiques

Jean-Noël CARDOUX, Sénateur du Loiret

Anne CHAIN-LARCHE, Sénatrice de Seine-et-Marne

Anne-Marie BERTARND, Sénateur des Bouches-du-Rhône

Marie-Christine CHAUVIN, Sénatrice du Jura

Jean-Marc BOYER, Sénateur du Puy-de-Dôme

Laurent DUPLOMB, Sénateur de la Haute-Loire

Alain SCHMITZ, Sénateur des Yvelines

Pierre CUYPERS, Sénateur de Seine-et-Marne

François CALVET, Sénateur des Pyrénées-Orientales

Jean Paul EMORINE, Sénateur de Saône-et-Loire

Anne-Catherine LOISIER, Sénatrice de la Côte-d’Or

Jackie PIERRE, Sénateur des Vosges

Aurore BERGE, Député des Yvelines

Bruno MILIENNE, Député des Yvelines

Jean-Baptiste MOREAU, Député de la Creuse – Rapporteur loi EGALim

Michel DANTIN, Député européen

Pierre BEDIER, Président Conseil Départemental des Yvelines

Pauline WINOCOUR-LEFEVRE, Vice-Présidente déléguée aux ruralités

Fabrice MOULARD, Président FDSEA de l’Eure

Dix années de La Terre d’abord !

La Terre d’abord ! est né le 5 octobre 2008, il y a dix ans. Il s’agissait alors du dépassement du blog Vegan Revolution, qui proposait des articles explicatifs et de débats sur le véganisme, avec évidemment déjà cette perspective de conflit avec les normes dominantes.

Mais l’apparition de LTD n’était pas un phénomène isolé. Il y a un petit espace de quelques années où le véganisme a conquis un nombre restreint de gens qui décidèrent de diffuser la « bonne parole ». Leurs différences de points de vue étaient très importantes, cependant ils avaient en commun de trouver au minimum comme très limité la manifestation annuelle de la « veggie pride » et son idéologie « végéta*ienne » portées par la mouvance des Cahiers Antispécistes apparus dans les années 1990.

Il était considéré que le véganisme devait être mis en avant, de manière formelle, comme véritable projet moral. Sur le fond, il y avait un certain consensus, bien que en termes de conception et de pratique, la dispersion était inévitable. En effet, personne à l’époque ne savait ce qu’était le véganisme en France. Il n’y avait strictement aucun terrain sur lequel travailler : tout était à faire. Restait à savoir quoi !

Tout fut alors une question d’interprétation des dynamiques possibles. Certains considérèrent par exemple que comme l’association PeTA avait réussi aux États-Unis à avoir une base réelle, un écho médiatique certain : il suffisait donc de former une branche française. C’était là oublier que PeTA était née parallèlement à une vague de l’ALF qu’elle soutenait elle-même et il n’y eut jamais de réel décollage, à part dans les médias féminins.

D’autres, plus courageux, se lancèrent dans le soutien en France aux campagnes anti-vivisection, avec des international campaigns qui profitaient d’une base réelle et très active aux États-Unis et en Angleterre. L’absence d’affirmation culturelle empêcha toutefois une réelle apparition auprès des gens, surtout dans un pays où l’influence de Descartes parvient à légitimer la vivisection dans l’opinion publique.

L’association Droit des animaux avait compris cela et fut à l’époque la structure numériquement la plus forte, au prix d’un large turn-over il est vrai. L’idée était de proposer un cadre militant, avec des tables de presse, des sit-in, des actions dans les supermarchés, la lutte contre la chasse à courre, des vidéos, des rassemblements sans formuler d’exigence en termes d’idées ou de démarche.

L’ensemble resta très parisien pourtant, avec comme conséquence la naissance d’une épicerie végane parisienne donc, et une disparition du jour au lendemain, malgré la tentative d’utiliser des concepts explicatifs (la « mentaphobie, etc.).

Un autre regroupement, exclusivement activiste également, consista en les Furieuses carottes, cherchant à allier anarchisme et défense des animaux, au prix d’une vraie surveillance policière. Il y eut un vrai écho, avec plusieurs groupes locaux, mais l’absence de perspective chez les gens normaux ferma la porte à toute perspective.

Toucher les gens normaux, par une démarche éducative, un véganisme abolitionniste formulé avec clarté, ce fut l’ambition de vegan.fr, qui diffusa les écrits du philosophe américain Gary Francione. Si l’on vivait dans un monde où les gens réfléchissaient posément, avec de vrais débats, cette association l’aurait emporté. Cependant ce n’est pas le cas et comment débattre efficacement, s’il n’y a pas de débat ?

A LTD, on était alors tout à fait conscient de cette absence de terrain pour le véganisme. De par notre patrimoine culturel lié au mouvement vegan straight edge issu du punk et du hardcore, nous savions bien que les immenses obstacles culturels étaient flagrants,que la société française était conservatrice et bornée.

LTD fonctionna donc non pas comme un groupe, mais comme un réseau, passant des idées, impulsant des dynamiques, agissant ici ou là, rappelant des points historiques essentiels, soulignant toujours le nécessaire côté populaire de la cause. C’était une position de désengagement, de repli, impliquant de ne jamais répondre aux très nombreuses demandes des journalistes ou d’universitaires, de ne pas utiliser facebook ou twitter, de mener un travail de fond sans reconnaissance ou visibilité, mais essentiel pour établir une démarche vraiment en rupture.

LTD se fondait sur une contradiction très simple. L’amour pour les animaux, le grand critère chez nous, apparaissait comme à la fois tout à fait partagé, très présent dans le peuple, et absolument pas réalisé par des gens prisonniers de leur vie quotidienne aliénée. Comment résoudre cette contradiction ? C’était là notre préoccupation.

La mise en avant des refuges par LTD était alors quelque chose nous distinguant véritablement des autres structures, à part vegan.fr qui avait également dans sa matrice le fait de se tourner, non pas seulement vers les animaux de ferme condamnés à la mort, mais vers les animaux en général.

Le milieu de la protection animale nous parlait bien plus que les vegans, car la protection animale était composée surtout de gens des milieux populaires, des zones péri-urbaines ou des campagnes, des femmes surtout par ailleurs, s’investissant sincèrement et aimant les animaux, bataillant ferme avec la réalité sordide de l’abandon et de la maltraitance.

Il apparaît d’ailleurs que c’était juste, les vegans que nous n’aimions pas devenant les antispécistes.

Quand Aymeric Caron dit dans son ouvrage Antispécisme – et il le dit au tout début, dès la première ligne  – qu’il n’aime pas les animaux (“Je n’aime pas les animaux”), selon nous tout est dit. Ces gens n’ont rien compris au véganisme qui n’est pas une chose négative, mais une chose positive : l’amour des animaux, de la Nature.

Au-delà d’un sens réel de la compassion, les antispécistes avec leur obsession des animaux de ferme sont des classes moyennes affaiblies par le capitalisme, qui sont en panique et qui reconnaissent leur propre sort dans celui des animaux victimes des grandes fermes-usines du capitalisme moderne. Ce sont des petits-bourgeois.

D’où l’hystérie et l’incapacité de tout débat, l’absence de continuité.

D’où le mépris total pour la vie sauvage et la focalisation obsessionnelle, morbide, sur les fermes-usines.

D’où leur sympathie pour la ZAD, le petit commerce, l’esprit d’entreprise.

D’où leur extériorité au monde de la protection animale, où les gens ne sont pas vegans mais se donnent vraiment pour les animaux.

D’où leur silence complet et absolu sur l’ALF, qui rappelons le à son pic d’activités en Angleterre menait 60 actions par jour environ !

Il ne serait d’ailleurs pas juste de parler des dix années de LTD sans mentionner la figure qui nous a véritablement marqué : Barry Horne. C’était un homme du peuple, qui a compris sur le tard la situation, qui a assumé la rupture, participant en première ligne à la libération animale, décédant finalement dans une grève de la faim à la suite d’une trahison du parti du Labour qui s’était à un moment prétendu contre la vivisection.

Barry Horne a formulé le principe d’une rupture morale entière avec un système criminel. Tout doit être fait pour saper la base de ce système, et non pas simplement pour déranger son fonctionnement. Il faut concevoir sa propre personne comme un élément, un outil du grand processus de bouleversement total qui va avoir lieu à l’échelle mondiale.

C’est inévitable. Soit il y a une révolution complète, soit c’est le grand effondrement et des destructions en série. Il faut assumer et se transformer, se reprendre si l’on s’est perdu en route, et participer en première ligne à la bataille pour la planète !

Purification : “Holy war”

Continuons pour les dix ans de LTD avec une autre chanson synthétisant l’esprit vegan straight edge de rupture, de  confrontation, d’engagement complet de son être, avec une vision morale stricte, inébranlable. “Les yeux fixés sur les profondeurs de l’enfer maintenant je sais / Ce qu’est ma place dans ce monde / Car la justice ne sera obtenue que /
Si je me jette dans la ligne de front”.

La chanson date de la seconde moitié des années 1990 ; le groupe, Purification, était basé à Rome.

Holy war, Fight the holy war
Overthrow the empire built on blood
Guerre sacrée, mène la guerre sacrée
Renverse l’empire fondé sur le sang

Countless lives perish day by day
While you stand still in front of this sickness
My life´s mission to bring them liberation
Un nombre infini de vies périt chaque jour qui passe
Alors que tu te tiens silencieusement devant cette folie
La mission de ma vie est de leur apporter la libération

Holy war, Fight the holy war
Overthrow the empire built on blood
Guerre sacrée, mène la guerre sacrée
Renverse leur empire fondé sur le sang

Countless lives perish day by day
While you stand still in front of this sickness
My life´s mission to bring them liberation
Un nombre infini de vies périt chaque jour qui passe
Alors que tu fais face à cette horreur
La mission de ma vie est de leur apporter la libération

Members of species that has collectively waged relentless war
against defenseless creatures and all of the natural world
The human destruction of its own kind and of the myriad forms of life
with whom we cohabit the Earth must be halted
Des membres d’une espèce qui mènent collectivement et implacablement une guerre contre des créatures sans défense et tout le monde naturel
La destruction humaine de sa propre espèce et de myriades de formes de vie avec qui nous cohabitons sur la Terre doit être stoppée

Fight fire with fire, that´s what we must do
To put an end to the slaughter of the innocent
Combattre le feu avec le feu, c’est ce que nous devons faire
Pour mettre un terme au massacre de l’innocent

Their blood flows red just like yours or mine
Their suffering is just as real as yours or mine
Yours or mine
Leur sang coule, rouge comme le mien ou le tien
Leur souffrance est aussi réelle que la tienne ou la mienne
La tienne ou la mienne

As a thousand tears have been shed
Brothers and sisters continue to cry and bleed
Alors qu’un millier de larmes ont coulé
Les frères et les soeurs continuent de pleurer et de crier

Staring into the depths of hell now i know
What my place in this world is
For justice will only be attained
If I throw myself in the frontline
Les yeux fixés sur les profondeurs de l’enfer maintenant je sais
Ce qu’est ma place dans ce monde
Car la justice ne sera obtenue que
Si je me jette dans la ligne de front

Conscience is the light guiding me out of this swamp
Now I know what has to be done
Talk is ineffective and tears won´t end the slaughter
Only action counts
La conscience est la lumière qui me guide hors de cette ornière
Maintenant je sais ce qui doit être fait
La parole est sans effets et les larmes n’arrêteront pas le massacre
Seule compte l’action

Hoy war, fight the holy war
Overthrow the empire built on blood
Guerre sacrée, mène la guerre sacrée
Renverse leur empire fondé sur le sang

Canon : “Declaration”

Continuons donc pour les dix ans de LTD à puiser de l’inspiration dans les débuts du mouvement vegan straight edge, avec la chanson Declaration du groupe Canon. Elle date de 1994 et le groupe provient de la ville américaine  de Philadelphie.

A call for action is here
Your words do nothing more than roll off their backs
Your words of rage pose to them as no threat
To destroy this evil we must start at the roots
Un appel à l’action est ici
Vos mots n’ont aucune espèce d’importance pour eux
Vos paroles de rage ne constituent pour eux aucune menace
Pour détruire ce mal, nous devons commencer par les racines

Their death will bring the liberation
A declaration of freedom for the innocent
Those enslaved and slaughtered must once again roam free
In harmony
A return to nature the way things must be
Leur mort apportera la libération
Une déclaration de liberté pour l’innocent
Ceux asservis et massacrés doivent de nouveau se mouvoir librement
En harmonie
Un retour à la nature la manière dont les choses doivent être

From the slaughterhouses to the labs all must burn
They’ve harvested lives too long
In this land where lives are taken in vain a movement has evolved
Des abattoirs aux laboratoires, tout doit brûler
Ils ont récolté des vies trop longtemps
Dans cette terre où des vies sont prises en vain, un mouvement a évolué

A fight for justice at any cost
Their death will bring the liberation
A declaration of freedom for the innocent
Un combat pour la justice à n’importe quel prix
Leur mort apportera la libération
Une déclaration de liberté pour l’innocent

Those enslaved and slaughtered must once again roam free
In harmony
A return to nature the way things must be
Ceux asservis et massacrés doivent de nouveau se mouvoir librement
En harmonie
Un retour à la nature la manière dont les choses doivent être

Destroy this evil, it’s killing the pure
Pierce through its skin, tear out its heart
Liberation begins with its death
Détruire ce mal, qui est en train de tuer le pur
Perce à travers sa peau, déchire son coeur
La libération commence par sa mort

Les dix ans de “By the knife” de xDestroy Babylonx

La Terre d’abord ! est apparu le 5 octobre 2008, comme prolongement du blog Vegan Revolution, qui avait lui ouvert en octobre 2004. Et c’est un grand honneur pour LTD qu’avoir émergé exactement au même moment de la sortie de l’album By the knife du groupe xDestroy Babylonx, sorti le premier octobre 2008.

LTD puise avec fidélité et loyauté son identité dans le mouvement vegan straight edge apparu dans les années 1990, en pleine acceptation de ses normes et principes.

L214? 269? La COP 21? Allons donc! Tout cela est un simple produit du système pour tenter d’aménager ce qui peut l’être, pour chercher à gagner du temps. C’est en réalité d’une guerre dont il s’agit et il ne peut y avoir qu’un choix : celui de se mettre personnellement en conformité avec le seul avenir possible pour la planète.

Ce qui signifie concrètement : adopter le mode de vie vegan straight edge et s’en aller sur le sentier de la guerre, comme l’explique la chanson “By the knife” dont voici les paroles.

De se forger pour être en adéquation avec les besoins des animaux et de la Nature en général, de transformer son individualité en arme pour la rupture entière avec les valeurs dominantes de ce monde, d’assumer sa personnalité en refusant la décadence et les fuites dans les paradis artificiels, et donc d’assumer la haine la plus complète pour l’ennemi.

Comme le formule la chanson éponyme de xDestroy Babylonx, il s’agit de faire allégeance à notre mère la Terre, et donc à la nécessité de la défendre par tous les moyens. Comme l’explique la chanson Declaration of war, une reprise d’une chanson de 1993 du groupe Green Rage, il s’agit d’être à l’avant-garde de ce qui est une guerre.

Le soulèvement en défense de notre mère la Terre est absolument inévitable. Plaçons nous en première ligne, au premier rang de cette gigantesque bataille qui n’est pas seulement à venir : elle est déjà là !

xDestroy Babylonx : Living by the knife

[Les paroles commencent par un extrait de discours, non identifié, disant qu’avant toute expression de lutte il faut se demander si les griefs sont fondés.]

We are living by the knife
Straight edge
Nous vivons par le couteau
Straight edge

Fuck all those who cheapen what I truly am in others eyes (taken by No Allegiance – Earth Crisis)
Fuck those who bent the straight edge with their fuckin’ lies
Que ceux qui dévalorisent ce que je suis vraiment devant les autres aillent se faire foutre [tiré de la chanson « no allegiance » d’Earth Crisis)
Que ceux qui font se plier le straight edge avec leurs sales mensonges aillent se faire foutre

My heart is free
My life is on the war path
Mon coeur est libre
Ma vie est sur le sentier de la guerre

My pain my struggle my hostility will see no end
till we are all set free.
I am for justice, no matter who it is for
One stone one gun one struggle,
assassination for all drug-lords
Ma douleur ma lutte mon hostilité ne connaîtra pas de fin
jusqu’à ce tous soient rendus libres
Je suis pour la justice, peu importe pour qui
Une pierre une arme une lutte
l’assassinat pour tous les barons de la drogue

Your world is under threat,
Your profit will be slaughtered by the hatred of your own slaves
From Colombia to teenage night fever,
I wage war on your glorified blindfolded whore
Ton monde est sous la menace,
Ton profit sera massacré par la haine de tes propres esclaves
De la Colombie à la fièvre adolescente de la nuit,
J’engage la guerre à ta prostituée glorifiée aux yeux bandés

May I see your blood crimes end
Liberation for all those who still fall prey
Death to all these zombies around me
Militant against the unashamed
Puis-je voir tes crimes de sang connaître une fin
Libération pour tous ceux qui tombent encore comme proie
Mort à tous ces zombies autour de moi
Militant contre ceux qui ne connaissent plus la honte

Burn-burn-burn
Brûle – brûle – brûle

We are living by the knife
Straight edge
Nous vivons par le couteau
Straight edge

Dégradations, incendie et « front commun » des éleveurs

La situation a encore gagné en intensité ces derniers jours. Pas du côté de la chasse à courre, car là il y a un vrai travail de masse et les partisans de la chasse à courre n’ont pas pu chercher à écraser violemment l’opposition. Ils savent que maintenant la lutte est solidement implantée en différents endroits, qu’elle va durer plusieurs années, que l’écho est grand et que donc il s’agit à tout prix d’éviter d’être poussé à la faute.

En un sens, la bataille est devenue à la fois politique et culturelle. Il en va différemment du côté des éleveurs, qui sont en panique et ont réalisé un document assez particulier, puisque rassemblant l’ensemble de leurs syndicats. Voir la Confédération paysanne ou le MODEF, qui se prétendent engagés à gauche, signer avec la FNSEA, qui représente pour eux le monstre agro-industriel, est quelque chose d’assez unique…

Le prétexte est la destruction, dans la nuit de jeudi 27 à vendredi 28 septembre 2018, par six départs de feu, de 2000 m2 des 4000 m2 d’un abattoir à Haut-Valromey dans l’Ain, mais on sent bien que le document était déjà prévu.

D’autres actions récentes ont également lieu:

– dans la nuit de lundi 17 à mardi 18 septembre 2018, une boucherie et une fromagerie ont également connu des dégradation à Saint-Arnoult-en-Yvelines ;

– dans la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 septembre 218, une boucherie parisienne, dans le 13e arrondissement a été recouverte de peinture rouge, alors qu’au sol une affiche montrait un boucher avec écrit : « Je suis boucher, j’adore découper des cadavres d’innocents pour votre bon plaisir ».

Voici le communiqué du « front commun » des éleveurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paris, le 28 septembre 2018

COMMUNIQUE DE PRESSE

Front commun pour le respect des éleveuses et des éleveurs

Les tentatives de culpabilisation des consommateurs et de stigmatisation des éleveurs s’intensifient et un pas supplémentaire a été franchi la nuit dernière.

Un abattoir de l’Ain a en effet été victime d’un incendie manifestement criminel, occasionnant des dégâts majeurs. Fort heureusement, aucun blessé n’est à déplorer et les animaux présents sur le site ont pu être évacués à temps.

Cet événement intervient dans un contexte de mobilisation très violent de certaines associations vegan contre les bouchers et les abattoirs, où les mots utilisés atteignent l’indécence et l’injure quand ils font référence au drame de l’holocauste.

Alors qu’ils font déjà face à une situation économique fragile, les éleveurs n’en peuvent plus de ces attaques répétées contre leur métier.

Nous rappelons que nous ne dénonçons pas le véganisme en tant que tel : chacun est libre de choisir le régime alimentaire qu’il souhaite pour lui-même. Mais le prosélytisme qui est orchestré autour n’est pas acceptable. La majorité des Français mangent de la viande, l’apprécient et entendent continuer à le faire. Les éleveurs travaillent au quotidien avec leurs animaux, et les respectent en appliquant scrupuleusement les normes européennes et françaises.

Des abus existent dans certains abattoirs et nous les dénonçons. Mais ces abus ne représentent pas l’ensemble des situations ni l’ensemble de la production. Les associations qui prônent l’arrêt complet de l’élevage se trompent de combat.

L’élevage participe au dynamisme économique et culturel des territoires, façonne nos paysages, ne l’oublions pas ! Son bilan environnemental est positif avec la valorisation des 13 millions d’hectares de prairies, joyaux de biodiversité et puits de carbones irremplaçables.

C’est la diversité de notre agriculture qui fait sa richesse et sa renommée et qui doit continuer à se retrouver dans nos assiettes. Les protéines animales ont toute leur place dans notre équilibre alimentaire d’omnivore, comme l’affirment de très nombreux médecins et nutritionnistes.

Pour toutes ces raisons, nous n’acceptons ni les insultes proférées en direction des éleveuses et des éleveurs, ni les agressions contre les acteurs de nos filières. D’autant qu’elles sont menées par une minorité de provocateurs qui recherchent et obtiennent un écho médiatique démesuré et causent un tort réel aux Hommes et aux filières.

Nous, syndicats agricoles, demandons ensemble le respect de nos métiers et demandons aux pouvoirs publics de faire cesser cette violence inacceptable.

L’appel à la répression de l’État ne sert à rien contre des gens agissant hors de la légalité de manière clandestine. Cependant, ce n’est pas vraiment cela qui est visé, car l’ALF qui a cette démarche existe en France depuis plusieurs décennies. Les éleveurs savent bien que dès qu’est posé un affrontement ouvert, opposant frontalement deux camps extérieurs l’un à l’autre, de toutes façons la question est réglée et c’est la bataille.

Non, il s’agit surtout en fait ici de viser les “antispécistes” qui mènent des actions ouvertes et veulent transformer cette société de l’intérieur. On est là dans une lutte au sein de la société elle-même, sur la base de cette société, surtout contre « 269 Libération Animale » qui appelle à l’action directe minoritaire, une chose absurde. Le préfet local a ainsi interdit 48 heures avant une « Nuit Debout devant les abattoirs » que l’association « 269 Libération Animale » comptait organiser dans les Yvelines. Pas besoin d’être devin pour comprendre que c’est le prélude à  un étouffement progressif.

On notera également que le mercredi 26 septembre avait eu lieu un rassemblement devant l’abattoir de Houdan, rassemblant des centaines d’agriculteurs, bouchers et charcutiers. Le tout dans une ambiance significative…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il va de soi que, dans un tel contexte, les personnes ayant davantage d’expérience, une solide conscience en faveur des animaux mais également un haut niveau de conscience sociale, doivent penser à la suite. Car l’antispécisme va se faire balayer, jamais il ne tiendra le choc.

Il est porté par des gens idéalistes, sans expérience, sans aucune connaissance historique, n’ayant par exemple même pas entendu parler de Barry Horne, reliés d’une manière ou d’une autre aux couches sociales petites-bourgeoises, vite hystériques dans un sens comme dans l’autre…

Il en va de la défense du véganisme – et de l’offensive contre l’exploitation animale, et de la formation d’une base populaire – alors que bientôt toute une étape va se clore.

Vandalisme “stop spécisme” : série d’arrestations

Des vitrines de la boucherie des Fils de René Comte ont été brisées à Saint-Julien-en-Genevois. Rien n’a été inscrit sur les murs, cependant évidemment cela fait écho aux actions récentes de vandalisme. Le maire de la commune s’est donc fendu d’un communiqué se voulant pacifiste mais prônant en réalité l’embrigadement :

« Les fascistes anti-spécistes qui veulent vous interdire de manger de la viande contre votre gré se sont attaqués à une boucherie du centre-ville cette nuit. Par solidarité avec les excellents bouchers saint-juliénois, je vous propose cette semaine de vous souvenir, en mangeant beaucoup de viande, que l’on peut débattre, échanger et dialoguer sans violence. »

Il y a justement plus d’une semaine, la police a mené un raid et procédé des arrestations à Lille. Il n’y a pas eu de communiqué à ce sujet de la part des personnes concernées, aussi est-il nécessaire de présenter les faits, pour autant qu’ils soient connus.

La police est intervenue chez six personnes, le lundi 10 septembre dans l’après-midi et le mardi 11 au matin. Six personnes sont concernées : cinq femmes et d’un homme âgés entre 22 et 54 ans. Elles ont gardé le silence face à la police.

Une seule personne est mise en examen, une femme de 21 ans accusée d’avoir participé à des « dégradations volontaires en réunion » contre trois commerces du centre-ville de Lille, une boucherie, une poissonnerie et une chaîne de restauration rapide. Son procès aura lieu le 14 décembre 2018.

Selon les informations diffusées, les preuves censées avoir été trouvées ont trois sources :

– un travail de téléphonie, c’est-à-dire des écoutes téléphoniques,

– des perquisitions,

– l’ADN,

– des arrestations lors d’inscriptions de slogans sur la faculté de Villeneuve d’Ascq.

Le fait que la personne soit accusée de dégradations volontaires en réunion signifie :

– que l’intention va être mise en avant,

– que l’organisation de cette intention va être soulignée.

Juridiquement, cela concerne les points suivants :

Section 1 : Des destructions, dégradations et détériorations ne présentant pas de danger pour les personnes

Article 322-1

La destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui est punie de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, sauf s’il n’en est résulté qu’un dommage léger.

Le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain est puni de 3 750 euros d’amende et d’une peine de travail d’intérêt général lorsqu’il n’en est résulté qu’un dommage léger.

Article 322-3

L’infraction définie au premier alinéa de l’article 322-1 est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende et celle définie au deuxième alinéa du même article de 15 000 euros d’amende et d’une peine de travail d’intérêt général :

1° Lorsqu’elle est commise par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice ;

Le procès aura une tournure qui dépendra des rapports de force. Sans le contexte actuel, il y aurait eu une grosse amende, un sursis, des travaux d’intérêt général. Mais les choses étant ce qu’elles sont, comme le dit l’expression, il va y avoir une grosse pression pour faire un exemple.

Cela peut se faire discrètement : il suffit que le procureur réclame que la personne passant en procès balance ses « complices » pour qu’elle fasse preuve de sa « bonne foi ». Tout dépend donc du position initial lors du procès.

Il est difficile de savoir ce qu’il en sera : l’antispécisme apparu ces dernières années, ce n’est pas l’ALF ni l’ARM, sa démarche ne semble finalement que le pendant du réformisme de L214 et autres. Ce sont les deux faces de la même médaille.

Voici d’ailleurs, pour illustrer ce propos, deux communiqués. Le premier correspond à l’option réformiste, avec une dissociation complète et une tentative d’intégration de la rébellion : la « fédération végane » voit déjà la personne en procès et est prête à lui envoyer de la B12, trop sympa !

Le second est celui de 269 libération animale, qui tente d’intégrer les actions de vandalisme dans une sorte de perspective historique de « désobéissance civile » dont elle serait le cœur.

NE PAS CONFONDRE VÉGANISME ET ANTISPÉCISME (COMMUNIQUÉ DE PRESSE)

Lancer des pierres dans les vitrines des boucheries, poissonneries et crèmeries ou incendier les caisses d’un zoo n’a rien de végane. Les revendications accompagnant ces dégradations sont antispécistes. L’antispécisme est confondu avec le véganisme. Cette idéologie joue pourtant sur un tout autre registre que le véganisme. Ses méthodes et ses objectifs peuvent même être antagonistes. Dissipons la confusion.

Véganisme (1944)

Le véganisme est une consomm’action qui consiste à vivre sans exploiter les animaux. Court-circuiter les intermédiaires animaux permet de tuer moins d’animaux et d’organismes vivants tous règnes confondus et c’est la seule garantie de ne participer à aucune des souffrances pouvant résulter de l’exploitation animale.

Vivre ainsi est devenu possible grâce à la découverte de la vitamine B12 (fin 1947), seul nutriment dont les besoins ne peuvent pas être satisfaits par les aliments végétaux. Le véganisme est une technique d’expression de la compassion humaine, laquelle se développe par la transmission d’informations fiables, et non par des actions illégales.

Les informations de sécurité sur la vitamine B12 sont vitales pour les véganes, comme pour les personnes qui réduisent significativement leur consommation de produits animaux en variété, en quantité et en fréquence. La Fédération végane propose donc des documents grand public ou pour les professions de santé et organise un relai quotidien bénévole de prévention. C’est la condition d’un développement durable.

La longévité des véganes est normale, mais le niveau de garantie qu’exige l’obtention d’un consensus réclame plus d’études comparatives. La Fédération végane recommande donc de participer aux études nutritionnelles : chaque végane compte.

Les véganes ne représentent probablement que 0,1 % des populations en France, mais ce petit nombre fait exister et se développer la demande en restauration et en gammes de produits, qui, projetée jusqu’au remplacement total des ingrédients animaux profiterait par exemple à l’extension des habitats naturels des animaux sauvages : la moitié des terres cultivées en France pourraient être réensauvagées, comme les pâturages français (lesquels sont tous artificiels).

Antispécisme (1970)

Les dégradations matérielles s’accompagnent de revendications à l’encontre du « spécisme ». C’est écrit sur les murs, les vitrines ou dans les textes revendicatifs. Les rares reportages sur les responsables des dégradations le confirment.

Le spécisme est l’hypothèse selon laquelle l’humanité discrimine les autres animaux « parce qu’ils appartiennent à une espèce différente de la nôtre ».

L’idée d’un spécisme très ancien est contestable, car jusqu’à la découverte de la B12, l’humanité n’avait pas d’autre option que de consommer des produits d’origine animale pour survivre : la carence en B12 est hautement débilitante, voire mortelle pour les nourrissons.

Une revendication de spécisme aurait-elle été formulée par le passé, qu’elle n’aurait pas été authentique avant d’être dégagée de toute nécessité nutritionnelle vitale. Les personnes qui consomment encore des produits d’origine animale aujourd’hui ne font quant à elles que reproduire l’héritage des habitudes alimentaires ayant permis à l’humanité de survivre. Ce n’est pas du spécisme.

L’antispécisme consiste à remplacer l’hypothétique discrimination spéciste par une autre forme de discrimination : le sentientisme. Cette théorie postule que la capacité de sentience chez un être vivant devrait nous conduire à lui accorder des droits. Ce système de discrimination nous dégagerait de toute obligation à l’égard des bactéries, archées, champignons, algues et plantes. Contrairement aux idées reçues, la sentience est probablement peu répandue chez les animaux. Pour faire le tri entre les 5 à 15 millions d’espèces, autant d’expérimentations seraient nécessaires.

Les personnes qui soutiennent l’action directe infligent aux entreprises exploitant les animaux des préjudices justifiés à leurs yeux, car elles pensent avoir l’obligation de secourir les animaux sentients. Cette idéologie a conduit ses adeptes les plus fantaisistes à imaginer que l’espèce humaine pourrait avoir la charge d’abolir la prédation, d’éliminer la vie sauvage, voire d’annihiler toute vie sur Terre… Les pierres dans les vitrines paraissent presque modérées en comparaison.

La Fédération végane n’est pas antispéciste

Les personnes qui appliquent l’idéologie antispéciste de manière littérale et consciencieuse peuvent consommer les animaux chez qui la sentience ne peut être démontrée : insectes, moules, huîtres ou œufs de poules de réforme. C’est à l’opposé du véganisme.

La Fédération végane suggère logiquement à toute personne qui souhaite développer le véganisme de ne jamais promouvoir l’antispécisme.

Oui à l’éducation, non à l’action directe !

Le développement du véganisme est un processus qui paraît bien lent à l’échelle individuelle, compte tenu du milliard de naissances et de morts programmées annuellement pour les animaux terrestres en France (soit 2,8 millions d’abattages par jour). Les reportages qui exposent leurs pires souffrances rendent cette attente encore plus difficilement supportable et contribuent à radicaliser. Présentée comme une revendication politique, l’idéologie antispéciste peut alors donner l’impression de légitimer l’action directe, mais ses conséquences individuelles et collectives ne profitent pas aux activistes interpellés, polarisent le débat sans éduquer personne et ne mènent théoriquement pas à l’abolition de l’exploitation animale de toute façon.

Seule la transmission d’informations vérifiées aide réellement les personnes qui financent encore l’exploitation animale à faire des choix plus éclairés, même parmi celles qui travaillent dans les filières animales (comme nous le rappelions lorsque la Fédération française de boucherie implorait une protection policière).

Si les récentes interpellations des personnes ayant invoqué l’antispécisme pour dégrader des commerces menaient à des peines de prison ferme, La Fédération végane attendrait de la justice qu’elle montre l’exemple d’un traitement respectueux de la liberté de conscience, c’est-à-dire en ne forçant personne à consommer quelque produit d’origine animale que ce soit (si ce souhait était formulé). La Fédération végane propose de fournir la vitamine B12 à titre gracieux, si l’administration pénitentiaire n’est pas en mesure de le faire.

Le véganisme n’est contre personne. La compassion est pour tout le monde.

  • Véganisme : recherche et mise en œuvre des techniques permettant de vivre sans exploiter les animaux (espèce humaine comprise, lorsque le consentement éclairé ne peut pas être obtenu).
  • Spécisme : hypothèse selon laquelle l’humanité discrimine certains organismes vivants en fonction de leur appartenance à une espèce.
  • Antispécisme : substitution de l’hypothétique critère de discrimination spéciste par un critère de discrimination sentientiste.
  • Sentientisme : théorie de philosophie juridique selon laquelle seuls les organismes sentients possèdent des intérêts (intérêt à vivre, par exemple).
  • Sentience : terme philosophique désignant la partie réduite de la conscience qu’est la capacité à éprouver une expérience subjective de la vie.

Voici le second communiqué.

269 Libération Animale
16 septembre

EN DÉFENSE DES ACTIVISTES INCULPÉ.E.S POUR LES BLOCAGES D’ABATTOIRS ET LES CAILLASSAGES DE BOUCHERIES : UN MOUVEMENT DE JUSTICE SOCIALE N’EXISTE PAS SANS ENNEMIS DÉSIGNÉS ET CIBLÉS !

[En résumé : Ces actions directes ciblées redonnent de la puissance politique au mouvement antispéciste. Répéter constamment que nous luttons contre un “système” et non contre des individu.e.s est le meilleur moyen de rendre inoffensif et inefficace notre mouvement de justice sociale ! Privé de toute perspective de confrontation directe avec celles et ceux qui font l’Etat et l’économie spéciste, il semble condamné au registre purement symbolique dans un espace public sous contrôle. On peut s’interroger : pourquoi les mots « opposition », « ennemi », « pouvoir » sont-ils bannis de nos répertoires militants ? Pourquoi avons-nous si peur de nous positionner clairement « contre » ? Les institutions de domination que nous combattons s’incarnent dans des individus bien réels. Elles ne sont pas que de vagues entités inatteignables car non définissables. Nos ennemis ont un nom et un visage ; il faut les nommer, les viser par notre activisme. Face à la répression déployée par l’Etat, nous devons faire bloc derrière les activistes inculpé.e.s et pratiquer massivement l’action directe. Les “grandes” associations animalistes qui s’empressent de se désolidariser de ces actions par pur souci “marketing”, craignant de perdre leurs dons et adhésions, ne sont pas seulement inutiles mais néfastes au mouvement de libération animale.]

ACTUALITÉ • Nous avons assisté, cette semaine, à une inquiétante instrumentalisation de l’appareil répressif contre des activistes antispécistes, et ce dans le but clairement affiché de freiner la pratique de l’action directe. Ce double phénomène de criminalisation des opposant.e.s à un système d’oppression et de dépolitisation de leurs actes devant les tribunaux de droit commun doit être dénoncé avec force.

♦️ Lundi, ce sont des activistes de l’organisation 269 Libération Animale qui ont été condamnés à 3000 euros d’amende chacun pour avoir, avec 70 autres militant.e.s, occupé un abattoir et bloqué son activité durant plusieurs heures.

Une condamnation qui s’ajoute à une longue série de mesures répressives que subissent les deux fondateurs et activistes de cette organisation : www.politis.fr/…/tribune-halte-a-la-repression-de-la-cause…/

Mais pendant que le bâton de la justice vient sévèrement frapper ces activistes, rappelons que Monsieur Vincent Harang, directeur de l’abattoir du même nom, demeure impuni. Il a pourtant, au cours de cette action, plaqué violemment au sol un jeune photographe accompagnant les activistes, puis placé un couteau sur sa gorge et enfin prononcé des menaces de mort explicites à son encontre. Qu’attend la procureure de Versailles pour le mettre en examen ?

♦️Mardi, ce sont des activistes lillois.es suspecté.e.s d’avoir caillasser des boucheries qui ont été perquisitionné.e.s et placé.e.s en garde à vue dans des conditions absolument honteuses et en totale méconnaissance de leurs droits. Suite à ce coup d’éclat d’une police à la solde des lobbies spécistes, une activiste que nous connaissons et qui participe par ailleurs aux actions dites de “désobéissance civile” de notre association, se trouve placée sous contrôle judiciaire jusqu’à son procès. Nous lui témoignons aujourd’hui tout notre soutien.

La disproportion des moyens répressifs mis en oeuvre contre ces personnes montre une instrumentalisation inquiétante de l’appareil judiciaire. Mais le plus grave demeure sans aucun doute l’absence de soutien de l’ensemble du mouvement antispéciste, à commencer par les représentants des grandes associations.

POURQUOI SI PEU DE SOUTIEN ?

• Ces activistes, qu’ils agissent dans le cadre d’actions organisées par 269 Libération Animale ou de manière autonome, sont globalement peu soutenus dans un milieu animaliste si attaché au regard de la “sainte” opinion publique (instrument au service des dominants), incapable de sortir du dogme de la non-violence et de comprendre qu’on ne combat pas un système d’oppression en convertissant les gens. Aucun mouvement de justice sociale n’a jamais réussi à atteindre son objectif en utilisant, comme stratégie majoritaire, le prosélytisme consistant à changer le comportement des citoyens dans leur vie privée ! Jamais. Il faudrait peut-être que les militant.e.s se montrent plus curieux sur l’histoire des luttes et apprennent à réfléchir par eux-mêmes, au lieu d’attendre les directives données par des associations devenues de véritables entreprises de la “protection animale”. Oser faire les louanges a posteriori et de façon révisionniste de la non-violence est uniquement permise par une situation initiale de privilège et une volonté de mettre en scène les luttes.

« En 1906, l’opinion publique était largement favorable au droit de vote féminin mais en quoi cela servit il la cause ? Nous demandions au public beaucoup plus que de bons sentiments. Nous l’appelions à exiger du gouvernement de céder à l’opinion publique et de donner le droit de vote aux femmes. Nous déclarions la guerre non seulement à toutes les forces anti-vote mais aussi à toutes les forces neutres et inactives. Chaque homme ayant un vote serait considéré comme un ennemi du vote des femmes à moins qu’il ne s’engage activement pour notre cause. »
(Extrait de l’autobiographie d’Emmeline Pankhurst, « Suffragette. Genèse d’une militante », éd. Ampelos, 2016)

ISOLEMENT DES ACTIVISTES RADICAUX • La police, les médias et la justice construisent une “narration” mensongère de ces actions aujourd’hui incriminées : elles seraient l’expression de la violence propre à une petite minorité au sein du mouvement antispéciste, une minorité animée par des idées « gauchistes », « insurrectionnelles », etc. Cette vision réductrice de ce qui se passe empêche toute appréhension politique de cette séquence, le mouvement antispéciste ne semble pas percevoir l’importance de faire « bloc » derrière ces activistes inculpé.e.s alors même qu’ils sont parvenus à créer une brèche médiatique énorme.

Nous sommes nous-mêmes accusés par les autorités (et indirectement les médias) d’avoir encouragé ce type d’activisme en défendant ouvertement la pratique de l’action directe. Peut-être. Peut-être que le fait d’avoir (enfin !) oser parler d’échec de la cause animale, d’avoir montré que nous pouvons affronter des puissants sur les lieux même d’exploitation, d’avoir fait se rencontrer des activistes, d’avoir politisé le discours antispéciste et enseigné les modes de lutte ont inspiré en partie ce type d’actions mais pourquoi faudrait-il s’en offusquer ?

269 Libération animale n’a jamais été pensée comme une “association” classique, elle est un déclencheur. Elle a réussi à amorcer une réflexion stratégique dans le mouvement ; son objectif : “mettre le feu aux poudres” et montrer que nous pouvons être puissants et que nous devons engager une véritable lutte. Elle a toujours encouragé l’autonomie et une pratique populaire de l’action directe. Elle se réjouit aujourd’hui que des activistes puissent agir de manière autonome sans étiquette car c’est ainsi qu’adviendra une véritable révolution. Tant que la protestation ne s’exercera que par le biais des associations, rien n’adviendra de concret pour la libération animale.

Lancer des frappes contre des cibles symboliques participe d’une nécessaire propagande par le fait : d’une part, cela permet d’exprimer ouvertement une critique radicale envers certaines industries, et le système spéciste en général et, d’autre part, de ternir l’aura sacrée qui entoure les biens de consommation dans notre société (et mettre en lumière les liens existant ente les luttes antispéciste et anticapitaliste). Désigner nos ennemis, les viser, les cibler par des blocages, des occupations ou d’autres actions permet d’engendrer un rapport de force et par conséquent un mouvement social à même de gagner en puissance politique.

L’ÉTAT, NOTRE ENNEMI

• Face à cette répression, nous avons un ennemi commun : l’Etat, c’est lui qui occasionne ce “radicalisme”. Si les tracts et pétitions avaient suffit, si nous avions des résultats pour les opprimés avec un militantisme “gentillet”, ces actions directes n’existeraient peut-être même pas. Les luttes sociales sont des situations au cours desquelles l’ordre des discours dominants peut être rompu collectivement et par lesquelles on peut apprendre ensemble à penser les racines des oppressions.

L’Etat n’est pas un allié de notre combat ni celui auquel nous devons quémander des réformettes législatives. Passer à l’action directe (et potentiellement à la violence) est ainsi lié au constat que la revendication de l’égalité ne peut être adressée pacifiquement à l’Etat puisque ce dernier est le principal instigateur des inégalités, qu’il est vain de lui demander justice car il est précisément l’instance première qui institutionnalise l’injustice sociale, qu’il est donc illusoire de se mettre sous sa protection puisqu’il soutient les mêmes dispositifs qui vulnérabilisent, qu’il est même insensé de s’en remettre à lui pour défendre les animaux. Surtout, il maîtrise aujourd’hui la contestation et « quand l’Etat se pose comme détenteur d’un droit de regard sur la protestation, quand il refuse qu’elle trouble l’ordre public alors que c’est sa fonction, il dénaturalise ce droit. » (Geoffroy de Lagasnerie : https://blogs.mediapart.fr/…/sortir-de-notre-impuissance-po…)

Les activistes qui empruntent le chemin de l’action directe sont accusés de provoquer un « engrenage de la violence », mais pourquoi se focaliser sur les actions alors que le problème réside dans le fait qu’elles soient réprimées ? C’est bien contre cela qu’il faut lutter. Car la répression est fonction des lois en vigueur, autant que de l’identité assignée aux personnes qui en sont cibles. C’est un outil dont l’État se sert pour diviser et catégoriser des groupes afin de mieux régner. Les gouvernants décident à un moment T qui va être réprimé.e et pour quelles pratiques.

PRATIQUER L’ACTION DIRECTE POUR SORTIR DE L’IMPUISSANCE POLITIQUE

• Nous, les activistes de toutes les luttes confondues, avons aujourd’hui beaucoup de mal à orienter les choix de nos gouvernements. Bien sûr, il n’y a rien de nouveau à ce que les Etats soient animés par des logiques contre lesquelles nous nous battons. Mais ce qui est spécifique, c’est notre incapacité à influencer le cours des choses : lorsque nous intervenons, lorsque nous protestons, lorsque nous manifestons, cela débouche de moins en moins sur des transformations effectives : « Il faut regarder le présent avec lucidité. Il ne faut pas se raconter d’histoire comme nous avons parfois tendance à le faire pour ne pas tomber dans une forme de désespoir. Il faut partir de la vérité : depuis quelques années, lorsque nous nous situons dans le camp du progrès et de l’émancipation, nous perdons les combats. Nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, vivent leur vie politique sur le mode du désarroi et de la tristesse. » (Geoffroy de Lagasnerie : https://blogs.mediapart.fr/…/sortir-de-notre-impuissance-po…).

Penser notre impuissance politique et tenter d’y remédier impose d’abord de réfléchir sur nos modes d’actions ! Nous tirons trop peu les conséquences du fait que l’espace de la contestation est peut être l’un des plus codifiés de la vie sociale : les protestations se déroulent selon des formes établies. Des institutions, solidement installées, structurent le temps et l’espace de la contestation démocratique : « Nous devons nous interroger sur ce que nous faisons lorsque nous utilisons les modes institués de la contestation démocratique. Est-ce que nous agissons? Ou est-ce que nous nous contentons de protester, d’exprimer notre désaccord – avant de rentrer chez nous ? Si nos protestations ne changent rien – ou, en tout cas, n’ont d’effets réels qu’exceptionnellement – cela ne signifie-t-il pas que les formes d’actions traditionnelles fonctionnent comme des pièges et des ruses de la raison étatique : lorsque nous y recourrons, nous avons le sentiment d’avoir agi quand, en réalité, nous n’avons rien fait de plus qu’exprimer notre mécontentement. D’autre part, ces formes ne se sont-elles pas routinisées avec le temps ?

N’ont-elles pas perdu leur efficacité ? Si nous voulons mettre en crise l’Etat, ne devons-nous pas inventer des modes de protestation qui surprendraient l’Etat et ne seraient plus prescrits par le système ? » (Geoffroy de Lagasnerie : https://blogs.mediapart.fr/…/sortir-de-notre-impuissance-po…). Justement, l’action directe change complètement le rapport du militantisme à l’Etat : fini le rapport de soumission, de négociation… C’est un rapport de force qui s’installe : « elle met hors service le Gouvernement et c’est là l’élément essentiel de toute révolte, peu importe comment on y parvient. » (Howard Zinn, « A flash of the possible », The Progressive, volume 64, n°1, janvier 2000)

POURQUOI NOUS OPPOSER OUVERTEMENT AUX ASSOCIATIONS ANIMALISTES TRADITIONNELLES ?

• Ces associations ont besoin, afin d’augmenter leur nombre d’adhérent.e.s, d’annoncer des succès alors très souvent leurs dirigeants surestiment la signification de réformes à vrai dire très mineures (voire purement symboliques) pour les animaux, sans voir ce qu’a d’inquiétant la situation globale. On finit par sous-estimer le rôle des entreprises et de l’État dans la défense d’une société basée sur l’exploitation animale et les grandes ONG animalistes finissent par s’intégrer au système, en collaborant de manière à peine déguisée avec l’industrie – une industrie assez avisée pour savoir que la contestation qu’elle affronte est susceptible d’être résorbée par le partenariat avec des associations et la promotion d’une viande et d’un abattage « éthiques ». Enfin, par ignorance et surtout par lâcheté, les associations collaborationnistes rejettent massivement l’usage de stratégies offensives et refusent toute discussion sur l’usage de la violence, qui ont pourtant fait leurs preuves dans tous les mouvements sociaux et sont absolument nécessaires pour politiser la question animale.

LA QUESTION DE LA VIOLENCE

• Inutile d’en user comme d’un épouvantail contre des militant.e.s qui décident de sortir de la passivité pour co-résister avec les opprimé.e.s ; la violence, elle est cachée là, derrière les portes des élevages et des abattoirs. Les activistes antispécistes obtiennent rarement plus qu’une citation de deux lignes ou de dix secondes dans les médias ; ainsi lorsque les dirigeants des “grandes” associations animalistes sont interrogés et critiquent fermement cet activisme plus offensif, ils gaspillent leur minute d’audience en se mettant sur la défensive et en faisant passer leur cause au second plan par rapport à la critique de l’action directe. Une nouvelle preuve que la non-violence conduit aussi à de mauvaises stratégies médiatiques… Ils critiquent les plus courageux qu’eux pour renforcer leur conformité idéologique et pour asseoir leur leadership sur le milieu militant. Ils s’en servent aussi comme d’une assurance, afin de pouvoir protéger leur organisation d’être diabolisée dans les médias. Ils ressortent alors le code de la non-violence comme preuve qu’eux ne sont pas responsables de la violence et se prosternent devant l’ordre régnant : « (…) La défense dogmatique de la non-violence est trop souvent une manière de se présenter comme politiquement et moralement supérieur aux yeux des autres, y compris des autorités politiques, de la police et des médias publics et privés. (…) Prôner la non-violence à tout prix, c’est adopter une approche autoritaire des luttes sociales et des mobilisations populaires. » (Peter Gelderloos, Comment la non-violence protège l’Etat ?, éd. Libre, 2018)

NOUS NE SOMMES PAS LÀ POUR JUGER LES ACTIVISTES INCULPÉ.E.S, MAIS POUR LES SOUTENIR !

#269LibérationAnimale

La rentrée 2018 des chasseurs

Hier s’ouvrait la chasse pour la moitié sud de la France, la moitié nord voyant le massacre recommencer le 16, la chasse à courre recommençant quant à elle le 15, une date ô combien importante !

C’est donc le moment d’avoir un aperçu approfondi sur la grande offensive des chasseurs de cette rentrée.

C’est quelque chose d’essentiel à comprendre pour qui a saisi que le véganisme ne peut pas avancer sous une forme abstraite et déconnectée de la réalité (« l’antispécisme »), mais seulement en étant adapté aux conditions concrètes de la France, avec ses mentalités, ses structures sociales, son histoire, etc.

En l’occurrence, la France profonde, « enracinée », c’est-à-dire profondément réactionnaire, pétrie des valeurs impulsés par les notables, la haute bourgeoisie, les mœurs rustiques ou néo-rustiques, est un obstacle fondamental. C’est cette France qui a étouffé la Commune en 1871 ou bien mai 1968, alors s’imaginer qu’aujourd’hui on pourrait vaincre une telle opposition simplement serait bien absurde.

Les chasseurs ne s’y trompent pas et ont développé des formes d’alliances à différents niveaux avec les éleveurs et les bouchers. C’est un front de la réaction qui a pris forme et qui montre que ces ont mieux compris que les « antispécistes » quelle était la réalité du pays.

Quelle forme a donc pris l’offensive des chasseurs en cette rentrée 2018 ? Il serait plus juste de parler de « formes » au pluriel, car les chasseurs ne forment un bloc unifié, centralisé, qu’à la direction. La base est composée de gens avec une démarche très élémentaire. Les Inconnus ont très bien dressé le portrait de cette attitude basique.

En cette rentrée, ce style a été parfois à l’avantage des chasseurs, parfois à leur désavantage. Cela dépend de leur capacité de mobilisation. Ainsi, le début du mois d’août a connu une victoire des chasseurs dans le Nord de la France.

La réserve nationale de la baie de Canche, née en 1987 et qui fait 505 hectares, héberge en effet une « plage des pauvres », par opposition au Touquet. La plage, qui elle fait 20 hectares, est normalement par conséquent protégée de la chasse… Mais les chasseurs ont pu faire admettre leur rapport de force et la chasse est tolérée : aucun chasseur n’a jamais reçu d’amendes !

Les chasseurs jouent ici sur leur force locale, car la plage est mitoyenne de 550 hectares formant une zone de chasse. C’est la France profonde qui expose ici sa face brutale et réactionnaire à l’écologie.

Au grand dam d’activistes, qui ont réussi à faire passer que, désormais, le terrain soit enfin balisé trente après, au moyen de cinq poteaux et de quatre bouées. Sauf que la réaction ne s’est pas faite attendre. Dès l’ouverture de la chasse au « gibier d’eau », cela a été apéro sur la plage et bien évidemment des tirs.

Les gendarmes n’ont évidemment pas verbalisé, se contentant de demander aux chasseurs de s’éloigner cette fois, mais ce n’est évidemment que partie remise, d’autant plus qu’ils ont le soutien ouvert du maire du Touquet Lilyane Lussignol, ainsi que du député du Touquet, Daniel Fasquelle.

D’ailleurs, Thierry Forestier, membre du Collectif « Liberté pour la baie », vice-président de l’association maritime des chasseurs de la baie de Canche, a été très clair dans ses propos :

«  Nous n’avons rien à faire du balisage de la baie de Canche. Nous continuerons à chasser sur la plage des Pauvres  ».

Cet habitant du Touquet, fan du club de football de l’AS Monaco, ne va quand même pas céder devant ces salauds de pauvres!

Et avec l’incontournable Willy Schraen, il a participé à la rédaction d’un point de vue également on ne peut plus clair et mobilisateur :

« Chers amis chasseurs,

La réserve nationale de la baie de Canche et sa plage des pauvres sont un problème récurrent depuis 30 ans.

En effet, un contentieux existe sur le découpage incohérent de cette réserve, qui comme beaucoup d’autres n’ont nullement tenu compte de l’histoire de ces milieux, mais surtout des utilisateurs séculaires de la nature, qui ont préservé, avec leur propre argent, ces joyaux de biodiversité.

Quelques coups de crayons par des technocrates ignorants, et on se retrouve avec des mares de hutte coupées en deux, ou des limites incompréhensibles, qui ne tiennent aucunement compte des chemins existants et des barrières naturelles.

Cela donne forcément un découpage farfelu qui s’aligne sur des clochers et des bouées en mer ; bref, un travail bâclé comme souvent quand on veut mettre sous cloche des territoires au nom d’une écologie dogmatique qui n’a rien à voir avec la défense de la biodiversité.

La plage des pauvres a toujours été le lieu privilégié des bottiers de l’association de chasse locale.

C’est aussi et surtout, comme son nom l’indique, un lieu libre pour tous les utilisateurs de la nature qui ne disposaient pas des moyens nécessaires pour vivre leur passion sur les plages très huppées du Touquet au début du siècle dernier.

Pêcheurs, chasseurs, ramasseurs de coquillages et autres promeneurs et baigneurs fréquentent donc ces lieux depuis des décennies.

Après de nombreux rebondissements politiques et juridiques, il semble que le dernier jugement du Tribunal Administratif interdit désormais l’accès à cette plage aux locaux. La présidente d’Eden 62, qui gère cet espace, nous a annoncé, il y a quelques jours, que les grillages de fermeture seraient posés courant mars.

De façon autoritaire, on retire encore un espace de liberté de plus aux utilisateurs de la nature, pour que quelques scientifiques ou écologistes de pacotille puissent profiter pleinement de leur nouvel espace d’exclusion de l’espèce humaine.

Avec mon ami, Thierry Forestier, président de l’AMCBDC, nous avons décidé de ne pas accepter cette décision et de nous battre pour que cette chasse populaire des bottiers ne disparaisse pas comme tant d’autres aujourd’hui.

Ce combat est celui du pot de terre contre le pot de fer, mais qu’importe, car ce combat est profondément juste. Il n’est pas pensable que nous laissions l’Etat verrouiller un morceau historique de notre chasse locale, de notre nature et de notre ruralité.

J’ai alerté l’Elysée et je mobilise en ce moment les élus que je rencontre et notamment Gérard Larcher, Président du Sénat, Xavier Bertrand  Président du Conseil Régional, Jean-Claude Leroy, Président du Conseil Départemental du Pas-de-Calais et le député de la circonscription, Daniel Fasquelle.

Par ailleurs, de nombreux maires et élus locaux se sont toujours battus pour que cette plage ne soit pas confisquée aux utilisateurs locaux, qui en sont les principaux défenseurs depuis des décennies.

Je verrai également le Prefet du Pas-de-Calais dans quelques jours pour appréhender les solutions qui s’offrent à nous.

Cette action sera de toute façon la dernière, si l’unité politique ne se fait pas autour de ce combat de bon sens. Quand je vois d’ailleurs ce qui s’est passé à Notre-Dame-des-Landes, qu’on ne me dise pas que tout ne peut pas être changé, même si la jurisprudence n’est pas de notre côté.

Avec Thierry Forestier, l’ensemble des élus de la fédération des chasseurs du Pas-de-Calais, ainsi que toutes les associations amies locales, nous voulons livrer ce combat, certes difficile mais très symbolique.

Il faut, qu’ici comme ailleurs, l’on arrête cette spirale infernale qui consiste à mettre sous cloche des territoires et à en exclure les femmes et les hommes qui en sont à la fois les utilisateurs et les défenseurs, souvent sur leurs propres deniers. »

Ici, le coup de force est effectif. La loi est bafouée, les décisions de l’État sont bafoués, le maire et le député participent à cette vaste mascarade qui se moque de l’État. L’État de droit est aux oubliettes ! Nous ne nous étonnerons pas, nous ne nous en formaliserons pas. C’est à la révolution de balayer tout cela.

Cependant, la capacité de la mobilisation des chasseurs peut également parfois être pris directement en défaut. Ici, les chasseurs agissaient dans le prolongement direct de leur propre activité. Difficile de dépasser cet emprisonnement local, lié à l’emprisonnement mental. Ces gens vont à l’encontre de l’histoire, ils sont donc d’une pesanteur extrême.

Ainsi, les chasseurs, bouchers et autres apparentés avaient exercé une pression terrible pour que la mairie de Calais supprime la location accordée de locaux pour un « festival vegan ». Cela a provoqué un réel émoi chez beaucoup de monde et il y avait évidemment tout un espace pour une mobilisation contre les chasseurs.

Les gens de ce festival agissant cependant dans une optique d’intégration personnelle à la société par un véganisme mercantile, ils ont prôné le pacifisme le plus complet et se sont précipités vers le tribunal administratif, avec l’aidé de L214. L’État, trop content de cette soumission, s’est empressé de leur accorder leur droit de tenir ce festival.

Citons ici l’organisatrice franco-britannique de Fareplace France qui a des propos de dissociation d’une très grand limpidité :

« On comprend qu’ils (les commerçants) soient en colère. Que des vitrines aient été cassées, ce n’est pas normal. On estime qu’il faut respecter les gens et leur travail, même si on n’est pas d’accord avec leurs idées. »

Les bouchers ont raison : quel scandale que ces vegans qui abîment des vitrines exposant des cadavres d’animaux ! Mais où va-t-on !

En tout cas, donc, les chasseurs ont tenté de mobiliser. Ils ont affirmé qu’ils feraient un rassemblement de 200 personnes devant le festival, puis de 600 personnes. Laurent Rigaud, président de la fédération des bouchers-charcutiers-traiteurs des Hauts-de-France, a finalement d’annuler, à cause de prétendus « débordements » qui pourraient avoir lieu.

Voici le communiqué à ce sujet, avec encore et toujours cette prose croustillante, diffusée ici par Jean-Michel Taccoen, conseiller régional (LR).

Laurent Rigaud, représentant des Bouchers-Charcutiers-Traiteurs des Haut de France, est également très fort dans l’esprit de criminalisation fantasmatique.

C’est également lui qui a tenu une conférence de presse avec encore et toujours Willy Schraen. Car en réalité, on s’en doute, la mobilisation n’était simplement pas possible. Les réactionnaires sont des velléitaires, et à moins d’organiser la plèbe en SA ou en chemises noires, on ne sort pas du cadre d’une démarche individuelle beauf.

Ce sont donc des représentants de la France profonde qui se sont collés au boulot ingrat de se présenter à une poignée devant les médias…

On notera l’inévitable soutien de Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France depuis 2016.

Ce qui nous amène à un élément-clef du dispositif des chasseurs dans leur rentrée 2018 : la fête de la chasse à Compiègne

Celle-ci s’est déroulée dans le parc du palais impérial, avec 150 exposants, plus de 37 000 personnes, le président (LR) du Sénat Gérard Larcher, le préfet de l’Oise Louis Le Franc…

Le fait de mettre des t-shirts « j’aime la chasse » aux enfants est peut-être le symbole le plus parlant du caractère terriblement réactionnaire de ces gens.

Il faut vraiment souligner à quel point cette zone géographique joue un rôle essentiel dans le dispositif mis en place par les chasseurs pour se présenter comme utiles et incontournables. Le document au format PDF Éléments d’information sur le travail des chasseurs sur l’opinion publique » devrait déjà avoir été lu par tous les activistes pour bien saisir la situation…

Les chasseurs ont néanmoins inversement connu un revers à Paris. S’ils entendent faire de la Picardie leur bastion de par les liens historiques avec les notables, la bourgeoisie parisienne ne compte certainement pas être mêlé à ce qui lui semble lointain. La RATP a donc ajouté un point d’interrogation aux affiches placées dans le métro, histoire de relativement neutraliser l’offensive des chasseurs.

De manière plus subtile, les chasseurs ont en amont diffusé, du 6 au 12 août, une campagne radio sur Autoroute FM, avec également à partir du 20 août une « minute nature »présentée comme “offerte” à 850 radios locales.

Si vous voulez vous impliquer dans la défense des animaux, vous ne pouvez pas faire l’économie d’écouter cela… Il faut connaître l’ennemi !

Une vidéo a été également mise en place pour les sites et les facebooks des chasseurs. C’était incontournable pour donner une charge offensive à tous les niveaux, pour se montrer opérationnel, efficace sur tous les plans.

Les chasseurs ont évidemment également salué l’arrivée du nouveau ministre de la transition écologique, après avoir joué un rôle central dans l’éviction de Nicolas Hulot.

A cela s’ajoute la mise en place, le 6 septembre, d’un comité de lutte contre les dégâts de gibier à l’initiative de Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et de Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire.

Les chasseurs se voient attribuer davantage de responsabilité dans les plans de chasse, et il s’agit également de temporiser les relations avec les agriculteurs qui n’apprécient guère pour leurs cultures les pratiques des chasseurs comme l’agrainage visant à nourrir des animaux pour qu’ils prolifèrent et justifier leur activité.

Les chasseurs visent l’institutionnalisation : leur offensive de la rentrée 2018 vise à contribuer à cela de manière décisive. L’objectif est de faire basculer le ministère de l’écologie du côté de l’agriculture, avec l’intégration ouverte de la chasse dans la gestion institutionnelle.

Il y a ici la tentative de cimenter un bloc ultra-réactionnaire pour étouffer toute opposition et jamais l’antispécisme – qui ne s’intéressent nullement aux animaux vivants, à la Nature – ne pourra y faire face. Le véganisme, par contre, est une des clefs historiques pour changer le pays et établir des valeurs moralement justes, en développant sa sensibilité, en l’affirmant.

Il s’agit d’être à l’avant-garde de cet inéluctable affrontement et il n’est qu’une seule position personnelle possible sur le plan psychologique : vegan straight edge en défense de notre mère la Terre ! Il faut savoir se former, se façonner, se forger pour correspondre aux interventions nécessaires !

Lire la suite La rentrée 2018 des chasseurs

Nouvelle série d’actions illégales cet été

Toute une série d’actions illégales se sont déroulées cet été, avec parfois des communiqués particulièrement denses.

Une boucherie a été vandalisée dans la nuit de vendredi à samedi à Epinay-sur-Orge dans l’Essonne. Des projectiles ont atteint des vitres et « stop spécisme » a été inscrit sur une vitre.

L’ALF avait agi début juillet à Vaugneray, dans le département du Rhône, en détruisant cinq miradors. Plusieurs autres ont été détruits aux Monts du Lyonnais dans la nuit du 18 au 19 août.

Auparavant, début août c’est le zoo/safari de Peaugres, en Ardèche, qui a vu ses quatres caisses d’entrée incendiées.

Peaugres (Ardèche) : Des cages que l’on appelle liberté.

Une pensée pour toutes les personnes, qu’ils et elles soient enfermées dans des cages ou non, qui voudraient les voir détruites, en ayant conscience que celles-ci ne sont pas que matérielles.

Dans nos pensées sont aussi tous les êtres vivants qui animent nos envies de détruire comme de vivre.

La semaine passée, nous avons attaqué le zoo/safari de Peaugres, en mettant le feu à ses quatres caisses d’entrée, des petites cabines en préfabriqué recouvertes de panneaux en bois.

Nous avons placé sur chacune d’elle deux dispositifs, le premier (une demi plaquette d’allume feu) sous une des fenêtres, en espérant que la chaleur ferait exploser la vitre et permettrait au feu de se répandre à l’intérieur, et le deuxième, (1,5 L d’un mélange d’essence et d’huile et le reste des allumes feu) au pied de la fenêtre, sous les panneaux en bois.

Notre idée était de multiplier les endroits de départ de feu, pour que celui-ci se propage plus efficacement. Par ailleurs nous avons aussi vérifié que l’incendie ne pourrait vraisemblablement pas se propager à la forêt proche (séparé de celle çi par de la terre ou du bitume, et absence de vent).

Toutes les cabines semblent avoir été détruites, mais nous n’avons pas de confirmation quant à l’efficacité des dispositifs sous les fenêtres.

Ci dessous, quelques-unes des raisons qui ont motivées cette attaque, et des réflexions qui nous sont venues pendant la préparation de cette dernière.

Les zoos sont des prisons présentés comme des lieux de divertissement, de découverte, d’éducation et même de sensibilisation et de conservation d’une faune prétenduement sauvage. Alors que bien souvent celle-ci est née en captivité, et qui à l’époque où elle a été découverte par les colons occidentaux a été décimée et mise en cage pour être ramenée ici, exhibée, utilisée comme cadeau et objet de divertissement, comme fond de commerce de cirque ou de zoo.

Ces lieux et la propagande qui les entoure sont l’incarnation de la mentalité spéciste qui détruit le monde dont ils seraient sencé être un échantillon. C’est à dire la supériorité qu’instaurent les êtres humains sur le reste du vivant et en vertu de laquelle ils et elles se donne la possibilité de disposer et d’enfermer des êtres non-humains pour leur bon plaisir, qu’il soit culinaire, affectif, culturel ou scientifique.

Les zoos ne sont pas sans nous rappeler que les colons ne se sont pas limités à massacrer et exiler des animaux non-humain, et que c’est sous couvert des mêmes arguments et ambitions – divertir et éduquer par l’exhibition – que se sont développés et popularisés des « zoos humains » tout au long d’un processus sanglant de colonisation. Une démonstration de racisme ostensible toujours présente, entre autre dans les mentalités et structures qui dénigrent et/ou exotisent une catégorie de personnes.

Et ce sont ces lieux (dans leur forme dite « safari »), résolument basés sur la domination spéciste que l’on voudrait faire passer pour des endroits où se « sensibiliser à l’environement », où « découvrir la nature », où les animaux serait « à l’état sauvage » et « en liberté ».

Mais, sans prétendre faire de définition exhautive, les animaux « à l’état sauvage » ça ne veut pas dire enfermé.es dans des parcs qui ne peuvent qu’être trop petits, traversés par des voitures toute la journée, nourri.es et soigné.es par des humain.es, les privant de toutes capacité à être autonome, et à se mouvoir.

Les murs et grillages électrifiés qui entourent ces parcs ne sont pas leur « environement naturel ». Celui-ci pourrait être, par exemple, les zones actuellement en train de se faire saccagées par les compagnies pétrolières qui fournissent l’essence qu’utilise la clientèle de ses safaris pour voir ces animaux, (et certes, celles de nos dispositifs).

Pas plus qu’elle n’existe pour les individus dans une société où l’on voudrait nous laisser penser qu’il n’y a pas d’autres barrières que celles visibles des prisons et des frontières, la liberté n’est pas laissée à ces animaux non humains. Un mot plus approprié existe pour décrire leur situation matérielle : la captivité.

Ce mensonge, l’état « naturel, libre et sauvage » en plus d’être un argument marketing, se retrouve dans le contenu pédagogique qui enseigne à son public que la « nature » et la faune qui la compose se limitent à des espaces cloisonnés et reconstitués par des humain.es.

Ce qu’il sous-tend, c’est qu’il est normal de voir ours et girafes en france, normal que des animaux soient dans des cages, normal que les autres espèces soient asservies à l’être humain, lequel se doit de les « protéger ».

Les zoos ne sont rien d’autre que des prisons, des business dont les participantes justifient hypocritement l’enfermement sous couvert de protéger des espèces décimées, alors que participant à normaliser, à banaliser et à exalter la domination de l’espèce humaine sur ce qui l’entoure.

Cette idée, selon laquelle il existe des êtres « à protéger » sert de manière plus générale de prétexte à la mise en place de divers types d’enfermement. On la retrouve dans les discours de l’état qui, sous couvert de protéger, surveille et contrôle les individus dont il prétend assurer la sécurité par la mise en place de dispositifs sécuritaires (des lois au caméras en passant par le fichage et l’encouragement à la délation). Elle est sous-jacente et participe aussi au maintien d’autres formes de domination structurelle comme le patriarcat et le racisme par exemple.

L’état, la figure du père ou quelque autre acteur cherchant à asseoir une position de pouvoir, s’assure d’ancrer la peur dans des individus et leur ôte tout moyen d’être autonomes dans l’organisation de leur propre défense ; créant par là non seulement une dépendance à une instance protectrice mais aussi la sensation de faiblesse et d’impuissance qui auto-alimente cette logique.

Pour illustrer brièvement ce propos, c’est le fait de dire à une personne catégorisée « femme » qu’elle est à la fois en danger, faible et inapte à user de la violence physique ou verbale.

C’est le principe de la prison dorée, où certes, les êtres enfermés ne sont pas libre, mais au moins « en sécurité ». Et pour les personnes qui refusent de se soumettre à cette logique protecteur.ice/protégé.e, et/ou jugées dangeureuses pour les autres, pour elle-même ou pour la paix sociale, des prisons beaucoup moins dorées sont prévues.

Pour la destruction de toutes les prisons, quelle que soit la forme de leurs barreaux.

A la toute fin du mois de juillet à Lille, c’est le monument dédié aux pigeons voyageurs de la première guerre mondiale qui a été tagué, avec “stop spécisme” inscrit dessus. Si l’on peut éventuellement regretter une action à l’encontre d’un monument honorant pour une fois des animaux et notamment les pigeons, il faut néanmoins constater aussi que le monument se situe à l’entrée du parc zoologique.

Il avait été mis en place en 1936 par la Fédération nationale des sociétés colombophiles, en l’honneur des “20 000 pigeons morts pour la patrie” et des “colombophiles fusillés par l’ennemi pour avoir détenu des pigeons voyageurs”.

Quelques jours plus tôt, 28 poules ont été libérées dans les Yvelines.

Dans la nuit du vendredi 20 juillet 2018, des résistant·e·s animalistes ont pénétré dans “La Ferme d’Olivet” située dans les Yvelines et ont libéré 28 poules-usines à œuf, parmi les 140 000 individues en détention.

Ces animaux, victimes de persécution légale, étaient soumis à une vie d’agonie en batterie : leurs corps-usines étaient mutilés, entassés, compressés, et exploités pour leurs œufs. Nées pour produire jusqu’à l’épuisement : une horreur perpétuelle, dissimulée derrière les murs de leurs hangars-prisons.

Ces poules (de moins d’un an et demi) ont passé toute leur courte vie piégées sur et derrière des grilles, sans jamais pouvoir voir la lumière du jour.

Ce sauvetage a eu lieu dans une “ferme familiale” équipée de cages de batterie dites « cages aménagées ». Aménagées pour l’horreur, aménagées pour la torture et la misère. Le propriétaire de ces camps, c’est Jean-Luc LECOQ, décrit comme « éleveur engagé pour le bien-être animal » auprès des marques « Œufs de nos régions » et « L’œuf de nos villages ». Seul son engagement dans la détention et l’assassinat de masse avec préméditation devrait être relevé.

Dans les camps de concentration de poules « élevées en plein air », elles sont, en plus d’être privées de leur liberté la grande majorité du temps, amputées d’une partie de leurs ailes, et reste utilisées comme de simples ressources pour le profit des humain·e·s, et sont également envoyées dans les camps de la mort à un âge très précoce.

La France est le premier « producteur d’œufs » de consommation dans l’Union Européenne. C’est presque 70% des poules-usines à œufs qui survivent dans ce type d’élevage en cage.
En 2016, sur les 48,6 millions de poules exploitées pour leurs ovules, il y en avait 33,6 millions détenues en cage, et ces chiffres sont en constante augmentation.

L’objectif de cette libération est d’une part de sauver des individues victimes de notre société spéciste, mais aussi de faire comprendre que nous devons cesser de voir les autres animaux avec lesquels nous partageons cette planète comme étant à notre disposition, comme des ressources dont nous pouvons tirer profit.

Ce sauvetage nous a laissé une sensation de désespoir et d’impuissance, lorsque nous avons refermé la porte de cet enfer et laissé derrière nous les dizaines de milliers d’autres oiseaux qui ne verront jamais le ciel, le soleil ni même l’herbe, seulement le contact dur et inconfortable du sol grillagé sous leur pattes, et qui finiront égorgées dans un camp de la mort : Innocentes incarcérées à perpétuité, coupables d’être différentes.

Rappelons que la fin des élevages en batterie pour les poules-usines à œuf à l’horizon 2022 était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, un mensonge donc, puisque l’amendement reproposé dans ce sens lors du passage de la loi alimentation fin mai dernier a été tout simplement rejeté, malgré un soutien populaire à 90%.

Idem pour l’amendement concernant le broyage des poussins mâles, pratique barbare mais néanmoins inhérente à l’industrie des oeufs. Souvent oubliés, ils ne s’inscrivent même pas dans les statistiques officielles, pourtant, dans toute la filière, les poussins mâles sont systématiquement éliminés, broyés vivants ou gazés, juste parce qu’ils ne pondent pas.

Rappelons également que les grandes firmes de l’élevage soudoient l’organisme d’État qu’est l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), en commanditant des études scientifiques biaisées qui affirment que les poules préfèrent les cages.

Nous voulons attirer l’attention sur une torture peu connue qui leur est faite, la torture génétique opérée pour booster la prolificité de leur production d’oeufs. Leur espèce subit une épuration spéciste pour répondre aux critères humains d’appropriation de leurs corps-ovules. Tous les animaux dits d’élevage sont des AGM : Animaux Génétiquement Mutantisés.

L’équipe de sauvetage a filmé ces images car il est essentiel que notre société soit informée de ce qui se passe à l’intérieur de ces camps de persécution. Ces images ne sont pas des cas isolés : derrière les murs de chaque élevage ou abattoir se déroulent chaque jour et chaque nuit des horreurs innommables.

Des vies sont prises, de la pire façon qui soit, et sans aucune justification valable. Il n’y a pas de « bonne façon » d’utiliser et d’exploiter des individu·e·s, que ce soit pour leur lait, leurs œufs, leurs poils, leurs plumes, ou leur chair.

Construire une société digne pour toustes, indépendamment de l’espèce à laquelle nous appartenons, commence par libérer nos semblables de ce perpétuel holocauste, cesser de les utiliser dans le but de servir les animaux humains, et stopper la marchandisation du crime.

L’aviculture c’est de la torture.
Abolissons l’élevage, père de tous les esclavages !”

Démission de Nicolas Hulot et triomphe des chasseurs à l’Elysée

La grande actualité, c’est bien entendu la démission « surprise » de Nicolas Hulot, qui a annoncé à la radio qu’il abandonnait sans prévenir son poste de ministre de la transition écologique et solidaire.

Cela est directement relié à la question des chasseurs sur laquelle nous avons mis l’accent ces derniers jours. La démission de Nicolas Hulot était en effet dans l’air du temps et c’est un coup de force des chasseurs qui l’a déclenché.

Ceux-ci avaient encore une fois leur représentant à l’Elysée, Willy Schraen (président de la fédération nationale de la chasse), et celui-ci avait emmené avec lui le lobbyiste Thierry Coste.

Étaient également présents le secrétaire d’État à la transition écologique Sébastien Lecornu, le conseiller énergie de l’Élysée Antoine Peillion, et un ami d’Emmanuel Macron, le chasseur et sénateur de Côte d’Or François Patriat.

A la fin de la réunion, Nicolas Hulot s’est accroché avec Thierry Coste, arguant qu’il n’avait rien à faire là en tant que lobbyiste. Il faut dire aussi que Thierry Coste n’a cessé de faire monter la sauce, racontant en riant en janvier au quotidien Le Monde :

« Quand Nicolas Hulot n’est pas content, j’adore lui rappeler qu’aujourd’hui, on est dans le même camp, celui d’Emmanuel Macron. C’est presque jouissif pour moi. »

Si l’on ajoute le fait qu’Emmanuel Macron avait expliqué à Nicolas Hulot qu’il n’aurait pas été au courant pour la présence de Thierry Coste, on a une situation qui ne rimait plus à rien, et précipitant la démission.

C’est une grande victoire pour les chasseurs, d’autant plus qu’ils ont obtenu l’officialisation de la réforme dont nous avons parlé, faisant passer le permis de chasse de 400 à 200 euros, à quoi s’ajoute la « gestion adaptative » de six espèces d’oiseaux :

  • l’oie cendrée,
  • la barge à queue noire,
  • le courlis cendré,
  • la tourterelle des bois,
  • le grand tétras,
  • le fuligule milouin.

Cela signifie que selon les « évaluations », les chasseurs pourront se mettre à chasser ces oiseaux… Rappelons ici qu’en France, la loi autorise la chasse de 64 types d’oiseaux – bien plus dans les faits – dont 20 son sur la liste rouge de l’Union internationale de la protection de la nature.

C’est également une victoire pour les chasseurs sur la question de la chasse à courre, dont Nicolas Hulot espérait saper les fondements. Las ! Avec un Emmanuel Macron pour qui la chasse n’est « ni un loisir ni un sport mais un mode de vie », à un moment donné cela devait inévitablement aboutir à un conflit insoluble.

Nicolas Hulot espérait aussi taper sur la chasse de la grive à la glu, les piégeages appelés « tenderie » et « matole » : c’est là aussi un échec.

Il y aura également dans le futur une « police de la nature et des territoires », qui va passer par la fusion de l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et de l’Office nationale de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Cela participe à ce que remarque le document pdf dont nous avons parlé, à savoir la mainmise des chasseurs sur l’écologie et la « gestion » de la Nature.

C’est d’ailleurs évidemment la ligne officielle de la fédération nationale de la chasse quant à la démission de Nicolas Hulot, présentant les chasseurs comme les « écologistes de terrain » !

A cela s’ajoute l’interdiction de l’engrillagement des domaines chassables par certains propriétaires.

Bref, c’est une défaite sur toute la ligne et Nicolas Hulot allait se faire sévèrement critiquer une fois de plus. Il avait déjà très mal pris la critique faite par Brigitte Bardot dans Var matin, le qualifiant de « trouillard de première classe. Un indécis. Un type qui ne sert à rien », répondant lui-même de manière véhémente (« Il y a un moment ou un autre où il faut arrêter de céder à la simplicité, de donner des conseils à distance, tout ça avec vue sur la Méditerranée. C’est très sympathique, mais ça ne fait pas avancer la cause »).

Il a préféré fuir plutôt de passer pour quelqu’un s’étant fait littéralement broyé. Il n’en reste pas moins que les problèmes restent entier ! Et que la première chose à faire, c’est de soutenir l’opposition à la chasse à courre et d’affirmer son soutien à AVA confronté à une plainte de l’Office National des Forêts !

Le festival vegan de Calais annulé par l’Etat devant les menaces de violence des bouchers-charcutiers et chasseurs

Cela fait pratiquement deux semaines que nous n’avons rien publié, pour une raison très simple : nous tenions à ce que le maximum de gens apprennent la répression contre AVA avec le procès lancé par l’ONF, et il y a aussi la brochure présentant l’activité incessante des chasseurs pour gagner l’opinion publique qui gagne à être connu également.

Le fait de chercher à torpiller AVA en plein été, au coeur des vacances estivales, est une entourloupe à laquelle il fallait bien essayer de répondre un minimum de manière efficace, afin de contribuer au maintien du mouvement.

Car il est évident que, désormais, la rigolade est finie. Le fossé est là, l’envergure du véganisme a été compris par tout le monde. Pour preuve, les bouchers-charcutiers ont carrément fait une pression énorme pour faire annuler le festival vegan devant se tenir à Calais le 8 septembre 2018.

En assumant ouvertement, par l’intermédiaire de propos tenus à Libération :

Laurent Rigaud, le président du syndicat des bouchers-charcutiers traiteurs du Nord, assume la responsabilité de cette annulation :

 «Nous avions prévenu que nous irions au contact quand les végans manifesteraient.

Nous serions venus en nombre au festival à Calais. L’ensemble des acteurs autour de l’alimentation, commerçants, agriculteurs, pêcheurs, ont fait passer le message auprès des autorités.

Il était en effet plus sage d’annuler.»

On est là non pas dans l’intimidation, mais carrément dans la menace ouverte, avec l’Etat censé être de droit qui capitule ouvertement.

Et d’ailleurs qui avait annoncé le début de la campagne contre le festival, début juillet? Le chef des chasseurs, avec un discours ultra-agressif, appelant à l’interdiction du festival par la mairie qui avait fourni une salle…

C’est là encore une nouvelle très importante et comment faire qu’elle se diffuse, alors qu’on est encore en été, que les esprits ne sont pas encore assez ouverts, voire présents?

C’est là un véritable problème qui doit appeler à réflexion et de notre côté nous temporisons encore les publications, nombreuses par ailleurs car il s’est passé de nombreuses choses ces derniers temps.

Mais l’opinion publique végane et l’opinion publique en général sont tellements difficiles à toucher qu’il faut savoir souligner l’essentiel. Il n’y a pas de base démocratique organisée, seulement des gens profitant d’une aura médiatique au moyen de la personnalisation, avec des actions spectaculaires.

D’ailleurs, le festival vegan de Calais n’était pas une initiative démocratique non plus, mais une démarche commerciale cherchant à profiter des initiatives véganes. Voici la présentation de l’organisateur par lui-même :

Farplace France est une association de protection animale et environnementale. Notre équipe franco-anglaise, forte d’une solide expérience en Grande-Bretagne en matière de festivals vegan (+ 20 événements en 2018), est ravie d’organiser à présent des événements en France.

Notre premier salon français a eu lieu le 2 juin à Paris-Nanterre. (Vous pouvez voir quelques témoignages d’exposants et de visiteurs sur ce site.) Les bénéfices nous aideront à organiser d’autres salons, et aussi à faire des dons à des petites structures qui sauvent des animaux au quotidien.

On arguera que c’est déjà pas mal, sauf que cette fois la déconnexion avec la réalité française n’a pas pardonné. On ne plaque pas des choses sur une société, il faut connaître celle-ci et en trouver les failles. La chasse à courre est une de ces failles, voilà pourquoi il faut soutenir la lutte contre celle-ci.

Il faut aussi rendre les choses claires, lisibles. Voici par exemple le communiqué officiel de la mairie de Calais. Il est d’une hypocrisie folle : la mairie dit qu’elle n’annule pas le festival pour sa nature… mais qu’il l’annule quand même, au nom bien entendu d’un risque de troubles à l’ordre public qui est un concept formidablement élastique dans son interprétation.

Il devrait être facile de dénoncer la mairie pour son action anti-démocratique !

Communiqué: annulation Festival Vegan
(Vendredi 24 Août 2018)

Ce jeudi 23 août 2018, la Ville de Calais a pris la décision d’annuler la tenue du Festival Vegan, initialement prévu le 8 septembre, au Forum Gambetta.

Cette décision est consécutive à des informations annonçant une série d’opérations visant à semer le trouble et à perturber l’ordre public, en marge de l’organisation de ce Festival. La multiplication de ces informations parvenues ces derniers jours en mairie a fait peser des incertitudes sur les conditions dans lesquelles le Festival pourrait se tenir.

Afin de garantir la sécurité publique et de ne pas exposer les visiteurs, partenaires et organisateurs du salon à un risque de débordement, le choix a été fait d’annuler cet événement, sans que cette décision soit liée à la nature et au thème du Festival.

Tout cela montre bien que, comme nous l’avons constaté, tout a changé pour le véganisme ces derniers mois. Il y a une recomposition générale de la situation. Et on ne s’en sortira pas sans une implication de gens bien formés, éprouvés dans la lutte et par le temps, menant un travail de fond vers les gens “normaux”, synthétisant les expériences.

« Éléments d’information sur le travail des chasseurs sur l’opinion publique »

Le contexte est celui de la plainte posée par l’Office National des Forêts contre AVA, en plein creux de l’été : organisez la solidarité !

Et il faut bien comprendre le contexte.

« Éléments d'information sur le travail des chasseurs sur l'opinion publique »
PDF

Ce document est d’une très grande importance pour qui s’intéresse à la chasse en général et à la chasse à courre en particulier. Il montre l’incessante activité des chasseurs pour apparaître comme incontournable, niant l’existence de la Nature et de ses équilibres, de son équilibre.

Nous ne pouvons que vouloir souligner de vraiment étudier ce document, de ne pas le prendre à la légère, d’en voir tout l’arrière-plan!

Aucune lutte contre la chasse, la chasse à courre, n’est possible sans comprendre la stratégie de l’ennemi !

Tentative de meurtre politique : l’État réclame 55 000 euros à AVA en plein été

Dans la tradition politique et juridique, on appelle cela quelque chose de « scélérat ». Il y a en effet une vieille tradition politique française visant à faire passer les lois juste avant l’été ou en profitant d’une heure avancée pour « forcer » la décision.

Et c’est donc une mesure politique scélérate à laquelle doit faire face AVA, une mesure immanquablement avalisée par le chef de l’État lui-même.

L’idée est la suivante : faire un exemple en torpillant financièrement les gens d’AVA en leur réclamant plus de 50 000 euros par l’intermédiaire de l’Office National des Forêts, afin de masquer la nature politique de l’opération.

Et afin que tout se déroule au mieux, lancer l’opération… le 27 juillet, juste avant la période la plus creuse de l’été, pour empêcher la diffusion de l’information, l’organisation d’une opposition…

Sans compter que la plainte étant devant le Tribunal de Grande Instance, il y a 15 jours pour trouver un avocat, sans quoi tous les arguments de la plainte sont considérés comme admis !

Heureusement, AVA a pu faire face à cette attaque et s’organiser juridiquement conséquemment.

Mais que dire !

C’est ni plus ni moins qu’une tentative de meurtre politique. C’est là une opération dont le seul mot qui peut la caractériser est « dégueulasse ». C’est une véritable crapulerie, une manière mesquine et sordide de poser les problèmes.

Bref, c’est totalement conforme à l’esprit des chasseurs, qui savent qu’ils sont dépassés historiquement et utilisent tous les leviers anti-démocratiques possibles.

Une véritable magouille, qui en dit long sur Emmanuel Macron. Il prétendait représenter une sorte de modernité politique : on est là pourtant dans un machiavélisme politique le plus traditionnel.

Surtout que les 18 page de l’assignation faite par l’Office National des Forêts devant le Tribunal de Grande Instance est une blague juridique d’un amateurisme pratiquement surprenant.

Le principe est le suivant : l’ONF dit qu’AVA empêche l’actualisation de contrats entre l’ONF et les chasses à courre, qui « louent » les forêts. Qui est AVA ? L’ONF choisit trois personnes, d’elle-même.

Qu’ont-elles fait : y a-t-il des arrestations, des condamnations, des faits juridiquement établis ? Comme il n’y a rien, l’ONF présente les faits à sa façon.

Tout le reste est à l’avenant et la plainte prend vraiment d’ailleurs le Tribunal de Grande Instance pour des idiots et des serviteurs zélés, car jamais il ne pourra pas s’appuyer sur de telles allégations sans preuves, sans faire sauter tant la séparation de pouvoirs que la valeur légale même d’une preuve, bref sans dynamiter tout l’édifice juridique.

L’ONF a posé sa plainte en s’imaginant qu’en France le régime juridique tourne comme sous Mussolini, Franco ou Hitler, qu’il suffirait qu’un organe d’État dise une chose pour que ce soit vrai !

Les rédacteurs de la plainte fournissent d’ailleurs eux-mêmes l’argument faisant tomber celle-ci, en présentant la chose comme suit :

« Au regard des actions menées par le collectif AVA, l’ONF est fondé à poursuivre les membres connus de cette organisations en sa qualité de bailleur, d’une part, pour le trouble de jouissance causé aux preneurs, et en sa qualité de gestionnaire des forêts domaniales, d’autre part, pour l’atteinte portée au droit de propriété de l’État dont l’ONF est le représentant légal en vertu du code forestier (art. D221-2CD). »

En reconnaissant s’occuper des intérêts de l’État, l’ONF montre qu’il agit en tant qu’État et que sa plainte au TGI est donc une plainte de l’État envers lui-même, ce qui ne tiendrait pas une seconde devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

L’ONF a fait deux stupidités éhontées : affirmer sans aucune preuve des choses sur AVA, qui par ailleurs pourraient amener des plaintes pour diffamation mais surtout amènerait le TGI à juger sur de simples affirmations… et s’adresser au TGI comme si l’État se parlait à lui-même, ce qui ferait de l’État à la fois juge et partie, ce qui est impossible à part, comme dit plus haut, sous Mussolini, Franco, Hitler, etc.

Juridiquement parlant, il aurait fallu que les « équipages » des chasses à courre portent plainte, que leurs plaintes aboutissent à des condamnations… Que sur la base de ces condamnations et seulement de celles-ci, l’ONF se retourne contre les personnes condamnées pour, en quelque sorte, des frais de dommages et intérêts…

Mais il est vrai qu’Emmanuel Macron veut faire vite et il espère qu’il parviendra à forcer autant que possible l’écrasement de la lutte contre la chasse à courre. On est là dans une situation résolument politique.

C’est l’expression de la valeur ô combien significative de la chasse à courre dans la société française, pour les plus riches, pour les plus réactionnaires. C’est une citadelle, un verrou…

En triompher passe par là pour la libération animale !

ASSIGNATION ONF AVA