Malgré les pertes d’Areva, le parc nucléaire se voit prolongé

La question du nucléaire s’est posée deux fois ces derniers jours. Tout d’abord, Areva a dû être mis à l’écart de la bourse une journée pour son retard à exposer ses pertes colossales ; ensuite, il a été annoncé que les centrales nucléaires verraient se prolonger leur existence (bien que cette annonce soit virtuelle, sans précisions techniques réelles ni analyse officielle).

Voici les deux communiqués de Sortir du nucléaire.

Les contribuables n’ont pas à payer pour sauver une industrie nucléaire en faillite !

Alors que le “fleuron” de l’industrie française accuse une perte de 2 milliards d’euros, les Français ne devraient pas avoir à payer le sauvetage d’une filière sans avenir.

Le krach d’Areva : une affaire d’État

Longtemps présenté comme un des fleurons de l’industrie française, Areva accuse aujourd’hui une perte de 2 milliards d’euros et paie la folie de l’EPR d’Olkiluoto et ses investissements désastreux dans Uramin. L’État, actionnaire majoritaire d’Areva, a une responsabilité importante dans cette situation désastreuse pour avoir laissé Areva commettre des erreurs stratégiques monumentales et, plus encore, fermé les yeux sur le scandale Uramin, les soupçons de corruption de dirigeants et les possibles délits d’initiés.

Des impacts inévitables sur la sûreté et les travailleurs

Alors qu’Areva ne compte pas restreindre ses activités et prévoit un plan social qui toucherait 6000 postes, le plan d’économie prévu aura inévitablement des répercussions sur la sûreté, avec un recours accru à la sous-traitance pour diminuer les coûts, une maintenance rognée et une pression supplémentaire sur les travailleurs.
Un scandale payé par les contribuables

Alors qu’une recapitalisation d’un montant de 5 milliards d’euros est prévue, ce seront finalement les contribuables – à qui le nucléaire a été imposé – qui supporteront le poids du “sauvetage” d’Areva. En période d’austérité économique, alors que de nombreux budgets subissent des coupes drastiques, il est immoral que l’argent public continue de couler à flot pour renflouer une entreprise soupçonnée de malversations.

Lourdement endettée, Areva ne pourra de surcroît pas faire face à ses charges de démantèlement et de gestion des déchets. En vertu d’une récente ordonnance, qui prévoit la solidarité des actionnaires majoritaires en cas de défaillance de l’exploitant, l’État, et donc les contribuables devront à nouveau mettre la main à la poche.
Pas d’acharnement thérapeutique pour une filière en faillite !

C’est la filière nucléaire française dans son ensemble qui est en faillite. Alors qu’EDF est déjà endettée à hauteur de 37,5 milliards d’euros et plombée par les coûts à venir du “grand carénage” (100 milliards selon la Cour des comptes), exiger qu’elle rachète une partie des activités d’Areva n’a aucun sens.

Les restructurations prévues et recapitalisations annoncées ne sont que des manœuvres vaines pour laisser penser qu’un sauvetage de la filière est possible.

Le nucléaire est un tonneau des Danaïdes ! L’État doit arrêter d’engloutir des milliards dans cet impossible sauvetage d’une industrie dangereuse, polluante et dépassée.

Pour empêcher la catastrophe industrielle, la seule solution est d’arrêter les frais en engageant dès maintenant une sortie du nucléaire et une reconversion vers une authentique transition énergétique.

En particulier, c’est le moment ou jamais de mettre fin au retraitement des déchets à La Hague et à la fabrication de combustible MOX, opérations chères, polluantes et inutiles ; d’autant que les installations se dégradent plus rapidement que prévu.

Voici le second communiqué :

Prolongation de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires : Ségolène Royal sacrifie la protection des citoyens aux intérêts d’EDF

Le Réseau “Sortir du nucléaire” exprime sa plus vive indignation face à la capitulation de Ségolène Royal, qui vient de céder à EDF et d’accepter de porter la durée de fonctionnement des centrales françaises à 50 ans.

Cette décision constitue un reniement total de la loi de transition énergétique, qui prévoyait une baisse à 50% de la part du nucléaire.

Il s’agit surtout d’un déni effrayant des problèmes de sûreté qui touchent le parc nucléaire français. Les deux tiers des réacteurs ont déjà dépassé la durée de fonctionnement de 30 ans initialement prévue. Or certains équipements cruciaux pour la sûreté et particulièrement vulnérables au vieillissement (cuve, enceinte de confinement) ne peuvent être remplacés.

Le “grand carénage” prévu pour allonger la durée de vie des centrales ne pourra jamais remédier à ces problèmes et se résoudra à un rafistolage coûteux et inutile, d’autant plus qu’EDF est déjà débordée par les travaux de maintenance qu’elle s’est elle-même fixée.

En prévoyant par décret la prolongation des centrales, Ségolène Royal indique son mépris total pour l’Autorité de sûreté nucléaire, dont le président déplorait récemment un contexte de sûreté nucléaire “particulièrement préoccupant” et qui ne cesse de répéter que la prolongation au-delà de 40 ans ne peut pas être tenue pour acquise. L’ASN a annoncé de longue date qu’elle ne donnerait pas d’avis générique sur la prolongation des centrales nucléaires françaises avant 2018.

Ignorant toutes les mises en garde, la ministre a choisi de sacrifier la protection des populations pour préserver les intérêts d’une filière nucléaire en déroute. Ce choix perdant-perdant est profondément immoral et confirme l’inconséquence écologique de ce gouvernement.

Fukushima 5 ans – Tchernobyl 30 ans

Le réseau Sortir du nucléaire appelle à une mobilisation à partir de mars et jusqu’à fin avril, pour “célébrer” les cinq années de Fukushima et les trente années de Tchernobyl. Deux événements marquants qui, il faut malheureusement le dire, ont frappé les esprits mais n’ont pas abouti pourtant à une remise en cause générale du nucléaire.

Dans les deux cas, des “conditions exceptionnelles” sont censées avoir été à la source du problème. C’est accepté par l’opinion publique qui, en même temps, sait bien que le monde du nucléaire est opaque, menteur, cherchant ouvertement à manipuler, à tromper.

Comme pour la COP21, il semble bien que l’écologie en reste – pour l’instant – à certains aspects, sans voir la question de manière générale, dans son rapport avec la Nature.

Appel à mobilisation

Fukushima 5 ans – Tchernobyl 30 ans

Du 11 mars au 26 avril 2016 : mobilisons-nous partout en France !

Cette année 2016 sera marquée par les 5 ans de la catastrophe de Fukushima, et les 30 ans de la catastrophe de Tchernobyl. A l’occasion de ces tristes « anniversaires » mobilisons-nous partout en France, en solidarité avec les victimes du nucléaire, et pour que de telles catastrophes ne se reproduisent plus jamais.

Du 11 mars au 26 avril : exigeons une sortie en urgence du nucléaire

Entre l’opacité entourant ces catastrophes et les mensonges avérés des autorités et du lobby nucléaire concernant les conséquences sanitaires et environnementales, les raisons ne manquent pas pour exiger une sortie urgente du nucléaire et organiser des actions entre le 11 mars et 26 avril 2016.

À Tchernobyl et Fukushima, les catastrophes continuent

Aucune des situations n’est réglée, et nous sommes face à des réacteurs endommagés qui continuent de déverser dans l’environnement leur radioactivité : à Tchernobyl elle s’échappe par un sarcophage fuyard et à Fukushima elle s’infiltre partout jusqu’au Pacifique.

Les populations et les travailleurs de ces sites dévastés continuent ainsi d’êtres contaminés, notamment du fait de la désinformation des pouvoirs publics qui aimeraient bien “mettre la poussière radioactive sous le tapis”…

Déjà, de nombreuses actions s’organisent

Déjà de nombreuses initiatives émanant de groupes du Réseau sont organisées. La compagnie « Brut de béton » a lancé un appel à l’insurrection artistique, et plusieurs évènements sont inscrits à l’agenda.

La tournée d’un liquidateur de Tchernobyl sera aussi organisée entre Genève et Paris, ainsi que des conférences, projections et actions fleuriront entre ces dates anniversaires.

Retrouvez toutes les actions sur notre site :
http://sortirdunucleaire.org/Tchernobyl-Fukushima-plus-jamais-ca
Vous n’avez encore rien prévu ? Emparez-vous de notre proposition d’action !

De notre côté, pour mettre fin à l’omerta qui entoure ces catastrophes, nous vous proposons une action phare originale : organiser dans les lieux de pouvoirs et du lobby nucléaire des « fêtes d’anniversaire » en concoctant des gâteaux radioactifs et en y invitant « super menteur ».

Utiliser la dérision, c’est aussi ça la subversion !

Pour tout le matériel militant, rendez-vous sur la boutique du Réseau

Comme chaque année, nous mettons à votre disposition du matériel militant : banderoles, drapeaux, autocollants… Il sera bientôt disponible sur notre boutique en ligne :http://boutique.sortirdunucleaire.org/

Loi Macron, le 49-3 et les déchets nucléaires…

A l’occasion du vote de la loi Macron par l’intermédiaire du 49-3 (pour résumer: votez la loi ou le gouvernement démissionne!), il y a eu un ajout effectué en douce… Voici le communiqué du réseau Sortir du nucléaire.

Loi Macron et 49-3 : le gouvernement enterre les déchets nucléaires… et le débat démocratique !

Communiqué du 10 juillet 2015

Le Réseau “Sortir du nucléaire” exprime son indignation devant le déni de démocratie survenu hier lors de l’adoption de la Loi Macron. Par la voix du député de l’Isère François Brottes, le gouvernement a accepté dans la loi un cavalier législatif facilitant l’implantation de CIGÉO, ce projet d’enfouissement en profondeur des déchets les plus radioactifs, puis adopté l’ensemble de la loi en court-circuitant le débat parlementaire par le recours au 49-3.

Un déni de démocratie dans la droite ligne des actions du lobby nucléaire en France

L’enfouissement des déchets, sujet grave qui impactera une région entière pour des milliers d’années, vient donc d’être validé en quelques heures, devant une audience restreinte et sans débat, aux termes d’interminables manoeuvres de la part de députés à la botte de l’Agence pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). De manière spécieuse, sachant que CIGÉO va coûter plusieurs dizaines de milliards d’euros, le député a justifié ce choix d’accélérer la procédure par le prétexte des difficultés financières d’Areva !

Ce passage en force se situe dans la droite ligne du déni de démocratie dont ont fait preuve l’Andra et les autorités depuis des années : mépris des conclusions du débat public de 2005, qui refusaient l’enfouissement ; mépris de l’opposition légitime d’un grand nombre d’habitants de la région et des résultats sans appel d’un référendum citoyen il y a quelques années, mépris des générations futures qui devront supporter les conséquences désastreuses de l’implantation de CIGÉO… Il en va malheureusement de même pour l’ensemble de l’industrie nucléaire : EPR imposé sans débat préalable, promesse électorale bafouée sur la fermeture de Fessenheim…

Un coup tordu pour éviter un débat parlementaire

Alors même que la loi de 2006 sur les déchets radioactifs prévoyait une procédure législative spécifique pour définir les conditions de l’enfouissement et le concept de “réversibilité”, le gouvernement et les parlementaires pro-CIGÉO ont réalisé là un inacceptable passage en force qui leur permettra de sauter cette étape. L’autorisation de construire CIGÉO sera donnée sans demander l’avis des parlementaires, contrairement à ce qui était prévu initialement.

L’article 201 de la Loi Macron impose, sans discussion, sa propre définition de la réversibilité : il s’agirait d’une possibilité de revenir à tous moments sur les décisions antérieures. Cette définition est tellement vague que chacun pourra mettre ce qu’il veut derrière et qu’elle pourrait affranchir l’exécutif et la technocratie de tout regard législatif et citoyen pour modifier l’inventaire des déchets, la durée d’exploitation, la fermeture partielle et définitive des galeries tout au long de l’exploitation de CIGÉO…

La Loi Macron entérine aussi la “phase pilote” plébiscitée par l’Andra, qui n’est autre qu’une manière de commencer l’enfouissement par petit bout pour mieux faire passer la pilule. Sur l’issue de cette phase, aucune date, aucun cahier des charges : l’Andra a les coudées franches et… le flou dont elle a besoin pour travailler toute seule dans son coin, sans regard démocratique extérieur.

CIGÉO doit être empêché à tout prix

CIGÉO est un projet imposé dangereux, inutile et hors de prix, qui doit absolument être empêché. S’il venait à être construit, la France pourrait devenir la poubelle nucléaire de l’Europe, en vertu de la directive européenne qui autorise le stockage de déchets d’autres États-membres.

Le Réseau “Sortir du nucléaire” souhaite vivement que le Conseil Constitutionnel retoque cet article 201 et réaffirme sa détermination à empêcher l’implantation de CIGÉO et son soutien aux actions qui seront mises en oeuvre contre ce projet.

Texte de la loi : http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta-pdf/2934-1-art_49-3.pdf

Communiqué de la Coordination Bure Stop : http://www.sortirdunucleaire.org/CIGEO-a-la-sauce-49-3-le-comble

Anomalie concernant le couvercle et le fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville

“Je ne présage en aucune manière de la décision qui sera prise, compte tenu de l’importance de l’anomalie, que je qualifie de sérieuse, voire très sérieuse” : tels ont été les propos de Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, devant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

L’anomalie en question concerne le couvercle et le fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville actuellement en construction… Cela concerne ainsi un réacteur nucléaire de “troisième génération”, construit par EDF et Areva.

Les médias ont largement parlé de cette affaire ces dernières jours; il est vrai que l’Autorité de sûreté nucléaire a vraiment tapé du poing sur la table devant les réticences des industriels à admettre la vérité… Pour que cela soit dit ouvertement, on peut s’imaginer de la profondeur du problème!

Voici en termes relativement clair la nature du problème de la cuve, fournis par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Normandie:

Concrètement, la teneur en carbone de l’acier utilisé sur une calotte étalon de la cuve testée pour son caractère ‘comparable’ avec celle de Flamanville était ‘supérieure à celle attendue’.

Par ailleurs la résilience de certaines zones du couvercle – c’est-à-dire la capacité du matériau à absorber un choc – était en moyenne ‘inférieure à la limite réglementaire’.

Or, comme le rappelle l’ASN, la cuve, qui pèse 425 tonnes et mesure 11 mètres, est un équipement ‘important’, car il contient le coeur du réacteur et sert de deuxième barrière de confinement aux éléments radioactifs.

Evidemment pour les industriels, c’est un coup dur… La raison est simple à comprendre, comme le constate Le Monde au sujet des intérêts économiques:

La cuve du réacteur de Flamanville, qui mesure 13 mètres de hauteur avec son couvercle pour un peu plus de 5 mètres de diamètre, a été posée en janvier 2014.

Elle a été positionnée dans le « puits de cuve » situé au centre du bâtiment réacteur, et elle est déjà raccordée et soudée aux tuyauteries du circuit primaire de refroidissement.

Son éventuel remplacement entraînerait donc de nouveaux retards et surcoûts, alors que le calendrier a déjà dérivé de plus de cinq ans – la mise en service, initialement prévue en 2012, a été repoussée à 2017 –, tandis que la facture grimpait de 3,3 à 8,5 milliards d’euros.

Voici le communiqué de Sortir du nucléaire :

Alors que l’EPR était présenté comme le nec plus ultra de la sûreté, le couvercle et le fond de la cuve du réacteur en construction à Flamanville présentent d’inquiétantes anomalies [1].

En cas de choc thermique lié à l’injection d’eau de refroidissement, des fissures se propageraient plus rapidement, laissant craindre la rupture de la cuve.

Ce problème grave ne fait que s’ajouter aux innombrables malfaçons qui affectent déjà l’EPR : vannes montées à l’envers, béton mal coulé, dôme endommagé, utilisation d’aciers de mauvaise qualité…

Ces défauts sont sans doute plus nombreux encore, l’Autorité de sûreté nucléaire elle-même reconnaissant qu’elle ne disposait pas du temps suffisant pour mener efficacement le travail de certification.

Et que dire des autres fragilités qui pourraient découler des conditions de travail inhumaines sur le chantier, avec le recours à la sous-traitance en cascade et aux centaines de travailleurs étrangers sous-payés et non déclarés ?

D’autre part, ces problèmes ne sont-ils pas susceptibles de se retrouver sur les trois autres réacteurs EPR en construction dans le monde ?

Face à des malfaçons aussi graves, le rôle des autorités ne devrait pas être de demander des modifications et de nouveaux essais.

Il est criminel de s’entêter à vouloir mettre en service un réacteur aussi dangereux qu’inconstructible, sans parler du gaspillage financier entraîné par de nouveaux retards et surcoûts.

Pour protéger la population d’un futur accident, le Réseau “Sortir du nucléaire” demande à l’Autorité de sûreté nucléaire et au gouvernement l’arrêt immédiat du chantier EPR et l’abandon de tout nouveau projet de réacteurs.

Pour en savoir plus sur le flop du réacteur EPR :
http://www.sortirdunucleaire.org/EPR-le-flop-monumental-du-reacteur-nucleaire-324

[1] Voir le communiqué de presse de l’ASN du 07/04/15 :
http://www.asn.fr/Informer/Actualites/EPR-de-Flamanville-anomalies-de-fabrication-de-la-cuve

La Coordination Antinucléaire du Sud-Est a besoin de soutien face à AREVA

AREVA porte plainte contre la Coordination Antinucléaire du Sud-Est… La solidarité s’impose!

LIBERTE D’EXPRESSION MENACEE

AREVA porte plainte contre la Coordination Antinucléaire du Sud-Est ! Nous ne nous laisserons pas bâillonner !

Le site internet de la Coordination Antinucléaire du Sud-Est vient d’être informé ce mardi 6 janvier 2015 d’une plainte en diffamation d’Areva pour un reportage* mettant en cause la pénétration du lobby nucléaire auprès des élus alors que le crime nucléaire sanitaire se poursuit à Fukushima et en vallée du Rhône.

Par cette attaque en justice, le géant du nucléaire veut faire taire la contestation au moment même où le groupe Areva est en décrépitude financière (-52% de sa valeur en Bourse) et industrielle (échec de l’EPR en Finlande, investissements hasardeux, réduction de ses ventes de Mox notamment au Japon, mis en cause dans des financements de budget étranger,…), où les incidents se multiplient dans ses installations en France et alors que se meurent à petit feu des milliers d’enfants et d’adultes (recensés ou pas encore) à Fukushima et ailleurs, comme au Niger.

La Coordination Antinucléaire du Sud-Est qui regroupe, en dehors de tout parti politique, des citoyens qui agissent pour l’arrêt immédiat et inconditionnel du crime nucléaire pour des raisons sanitaires et de santé publique, dénonce

. la guerre idéologique fanatique que les tenants de la destruction atomique mènent contre une pensée libre et contre le peuple, l’arrogance et l’impérialisme du lobby nucléaire et de sa caste dirigeante,

. les atteintes à la santé et à la vie des populations et la contamination des territoires par les rejets radioactifs dans l’air et dans l’eau de chacune des 125 installations nucléaires civiles auxquelles s’ajoutent les Installations Nucléaires de Base secrètes militaires disséminées sur le territoire français.

Atteintes voulues, répétées et quotidiennes, telle la fabrication par Areva de l’uranium « appauvri » radioactif, sans doute utilisé dans les armes de guerre.

. l’exploitation colonialiste des travailleurs et ressources du Niger ainsi que la contamination radioactive des territoires de vie et de culture des populations touareg et autres de ce pays,

. le noyautage des institutions, de l’État, et des assemblées élues par un groupe d’intérêts privés et leurs relais idéologiques pour imposer un ordre dominant et un état de terreur nucléaire sur le pays et la planète,

La Coordination antinucléaire du Sud-est rappelle qu’il n’y a pas de dose de radioactivité artificielle inoffensive.

La Coordination antinucléaire du Sud-est appelle à la Solidarité
. toutes les personnes éprises de liberté et attachées au droit d’expression et de critique,
. tous les collectifs, et groupes, et organisations

. à s’opposer à cette atteinte à la liberté d’expression,

. à adresser à la Coordination des messages de soutien : sudest.antinucleaire@free.fr

. à soutenir la défense en justice de la Coordination antinucléaire du Sud-est : j’apporte mon aide

. à manifester directement son indignation auprès des pouvoirs et de Areva par les voies que chacun-e déterminera

( Monsieur Philippe Varin Président du Conseil d’Administration d’Areva 1, place Jean-Millier 92084 Paris-La Défense cedex Tél : 01.34.96.00.0001.34.96.00.00 Fax : 01.34.96.00.01  – 1er Ministre Manuel Vals : 57 Rue de Varenne, 75007 Paris http://www.gouvernement.fr/contact/ecrire-au-premier-ministre – Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes 14, avenue Duquesne 75350 PARIS 07 SP Tel : 01 40 56 60 00 )

. à faire connaître partout cet autre versant des atteintes à la liberté d’expression en France

. à signer la pétition en ligne avec cyber@cteurs : (lien prochainement disponible)

. soutien financier (remboursé en cas de retrait de plainte par Areva et non procès) : à adresser à CAN 180 chemin de la Parisienne
84740 Velleron – France ou clic sur ce bouton :

Le “Collectif Nouvelle écologie patriote”

Hier a eu lieu le « lancement » d’une nouvelle structure se revendiquant écologiste, du nom de « Collectif Nouvelle écologie patriote » lors d’une conférence de presse en présence de Marine Le Pen. Il s’agit, on l’aura deviné, d’une de ces nouvelles structures de type « front » assemblées au sein du « Rassemblement Bleu Marine ».

C’est une sorte de tournant pour le Front National, mais pas comme on le pense.

Aux yeux de Jean-Marie Le Pen en effet, ce qu’il appelait « l’écologisme » ne consistait qu’en une « nouvelle religion des populations urbaines aisées, ‘bobos gogos’ de l’Occident ». Mais en même temps, en 1981 lorsqu’il faisait campagne, son programme avait cinq points, dont un appelé « Ecologie ».

La différence ne tient donc pas à la « découverte » d’une forme d’écologie, car le FN a toujours utilisé plus ou moins l’écologie, de manière démagogique, par exemple avec Bardot.

Non, elle tient à son utilisation non pas simplement comme gadget, mais comme vecteur de la transformation économique de la France, dans un sens précis. Car le « Collectif Nouvelle écologie patriote » n’est ainsi pas une structure là pour faire joli.

Son dirigeant est un économiste âgé de 46 ans, appelé Philippe Murer. Il est le co-auteur avec Jacques Sapir d’une brochure de la fondation Res Publica de Jean-Pierre Chevènement sur «Les scénarii de la dissolution de l’euro ».

Le Front National le présente officiellement ainsi :

« En tant que conseiller économique de Marine Le Pen, il sera chargé de travailler sur le projet économique du Front National ainsi que sur les problématiques liées à l’écologie et au développement durable. A la demande de Marine Le Pen, ses premiers travaux seront d’ailleurs orientés vers les moyens de relancer la croissance en France, tout en réalisant la transition énergétique nécessaire au pays. »

En avril, il avait justement publié chez Fayard un ouvrage intitulé « La transition énergétique – Une énergie moins chère, un million d’emplois créés ». Et s’il rejoint le FN, c’est justement :

« Parce qu’il est le seul capable de réussir cette transition énergétique. Nous devons avoir la main sur la banque centrale et sur notre monnaie pour y parvenir tout en pratiquant un protectionnisme économique. »

C’est le sens de « l’écologie patriote » : on quitte l’euro et l’Union Européenne afin de pouvoir faire du protectionnisme et financer l’innovation permettant des économies. La Banque de France devra ainsi fournir 1500 milliards d’euros aux entreprises pour la « transition énergétique. »

Et la meilleure économie selon lui, c’est dans le domaine de l’écologie que l’on peut le faire, un thème permettant pareillement de justifier au mieux le protectionnisme : au nom de la lutte contre la pollution, on prône le nationalisme. Naturellement, on ajoute une touche d’ethno-différentialisme afin de se la jouer protection de la « diversité » (des peuples, des ethnies, etc., c’est un vieux thème de la « nouvelle droite »).

Parler d’écologie c’est donc tout bon pour le FN, qui combine alors programme économique (les économies!) et le programme politique (le nationalisme).

Bien entendu, on garde le nucléaire parce que c’est tout bon pour les entreprises. On l’aura compris, il n’y aura pas de contenu à part « l’écologie » qui est utilisée comme prétexte au protectionnisme et donc au nationalisme et donc au fascisme, dans une savante construction.

Voici une vidéo où lors d’une conférence à Lyon, on voit l’approche du collectif.

Il est vrai que jusqu’à présent, cette vidéo a fait 70 vues en une semaine. Mais c’était avant la fondation officielle du « collectif » en question, et surtout il faut voir ce que dit Philippe Murer. Mais elle vaut le coup d’oeil par ce qu’elle révèle: l’écologie ici n’est qu’une “chasse au gaspi”, rien de plus.

Voici une vidéo de 1979, avec le fameux personnage “gaspi” de la grande campagne lancée alors en France. C’est un condensé de “l’écologie” telle que le FN la conçoit.

Le FN pourrait même reprendre directement le slogan de l’époque: “en France on n’a pas de pétrole mais des idées”, sachant que ces idées ce sont justement le nucléaire, la chasse au gaspi, la direction du pays par des technocrates, etc.

Conférence internationale sur l’impact humanitaire des armes nucléaires

La France est un pays qui valorise  non seulement l’énergie atomique, mais également la bombe atomique. A ce titre, voici un appel lancé par l’ICAN – la Campagne internationale pour l’abolition de l’arme nucléaire.

Cet appel consiste en une pétition appelant la France à ne pas continuer de boycotter la Conférence internationale sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, qui a lieu cette année encore en Autriche (pays où le nucléaire est banni constitutionnellement – voir Potentiel hydroélectrique français et Autriche dénucléarisée).

Nous ne croyons pas au principe des pétitions, cependant ici ce qui compte surtout c’est l’esprit de mobilisation. L’arme nucléaire est monstrueuse, elle doit être interdite!

Monsieur le Président,

Notre pays, la France, comme l’ensemble des États de la Planète, est invité par le gouvernement autrichien à participer à la troisième conférence internationale sur l’impact humanitaire des armes nucléaires à Vienne les 8 et 9 décembre 2014.

Ce sujet préoccupe un nombre croissant d’États, comme en témoignent le succès des précédentes conférences d’Oslo et de Nayarit sur ce sujet majeur, ainsi que l’implication de 155 pays en soutien à la déclaration de la Nouvelle Zélande lors de la première commission de l’Assemblée générale de l’ONU en octobre 2014.

Qu’elles émanent d’experts, de la société civile, d’institutions ou d’États, toutes les études en cours concernant les conséquences de l’utilisation volontaire ou accidentelle d’une arme atomique arrivent à la même conclusion : seule l’élimination des armes nucléaires est de nature à nous prémunir de leurs effets.

S’engager dans un processus d’élimination contrôlée de ces armes est donc aujourd’hui la seule option sérieuse vers laquelle tous les États doivent converger. Seul un Traité international d’interdiction et d’élimination des armes atomiques peut y parvenir.

Il semble que notre pays n’ait pas encore répondu positivement à l’invitation du gouvernement autrichien.

Après le boycott par la France des deux premières conférences, vous comprendrez, Monsieur le Président, que l’absence de notre pays à cette conférence n’est pas envisageable. Si tel était le cas, nous enverrions au monde un très mauvais signal, notamment aux gouvernements des 184 pays non dotés de l’arme atomique qui s’inquiètent de la menace que les seules neuf puissances nucléaires font peser quotidiennement sur leur population.

La France ne peut rester sourde à ces appels. Vous ne pouvez pas non plus rester sourd aux inquiétudes de l’opinion publique française.

Nous attendons un engagement ferme de la France sur ce dossier et nous vous demandons de confirmer sans tarder la participation de notre pays à la Conférence de Vienne.

Dans cet espoir, veuillez agréer, Monsieur le président, l’expression de nos meilleurs sentiments.

[signature]

Pour les personnes désireuses de se mobiliser autour de cette conférence contre le nucléaire, voici quelques informations.

La campagne a fait d’énormes progrès au cours des deux dernières années mais, afin d’obtenir l’ouverture des négociations sur l’interdiction des armes nucléaires, nous savons que nous devons faire quelque chose de grand à Vienne. Je suis donc très heureuse de vous inviter à notre Forum de la société civile, qui aura lieu les 6 et 7 décembre à Vienne, juste avant la conférence des gouvernements.

Lors du Forum, des militants, des experts, des personnalités publiques et des survivants de la bombe vont se réunir pour débattre et partager des connaissances, dynamiser et  agir pour exiger la fin de l’ère des armes nucléaires.

La société civile et la mobilisation du public peuvent changer le monde. Cela s’est déjà produit lors des mouvements qui ont aboli l’esclavage, donné aux femmes le droit de vote, mis fin aux régimes d’apartheid et interdit les armes de guerre qui ne  comme les armes biologiques et chimiques, les mines terrestres et les bombes à sous munitions.

Les armes nucléaires peuvent être interdites et éliminées, nous avons juste besoin d’assez de personnes pour avoir le courage de croire que cela peut se produire maintenant.

Venez à Vienne et prenez part au mouvement historique pour interdire l’arme la plus inhumaine jamais créée!

Tous les renseignements sur le site du Forum de la Société Civile, sur le programme, les intervenants, les informations pratiques et les inscriptions sur goodbyenuk.es .

Beatrice Fihn
Directrice Exécutive
Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires

The Specials: “Alcohol”, “Man At C&A”, “Ghost town”

Voici quelques chansons du groupe anglais des années 1980 appelé “The Specials”. Il s’agissait d’un groupe très pointu musicalement, tout en étant très engagé, ce qui donne un mélange des genres largement influencé par le jazz, la soul ou encore les musiques jamaïcaines, ici en l’occurrence surtout le ska.

Voici la chanson intitulé “Alcohol”.

An icy wind blows through the door
You feel like you’ve been here before
You tremble and you start to sweat
The symptoms of withdrawal
Un vent glacial souffle à travers la porte
Tu as l’impression que tu as déjà été ici avant
Tu trembles et tu commences à transpirer
Les symptômes du sevrage

Alcohol
Why do you do it?
Why do you keep beating me?
You give some people a real good time
But you cause some untold misery
Alcool
Pourquoi fais-tu cela?
Pourquoi continues-tu à me battre?
Tu donnes aux gens un vrai bon moment
Mais tu provoques d’indicibles souffrances

Heroin
Why do you do it?
I don’t like what I’ve seen
You promise someone a real good time
And then you take them from their family
You tremble and you start to sweat
You don’t want to withdraw
And when your flesh begins to crawl
You’d rather not be here at all
Héroïne
Pourquoi fais-tu cela?
Je n’aime pas ce que je vois
Tu promets à quelqu’un un vrai bon moment
Et puis, tu les prends à leur famille
Tu trembles et tu commences à transpirer
Tu ne veux pas du sevrage
Et quand ta chair commence à ramper
Tu préférais ne pas être du tout ici

Voici un grand classique: “Man At C & A”, “L’homme au (magasin) C & A”, qui découvre que la guerre atomique a été lancé. L’ambiance est très bien montrée musicalement, en faisant un classique anti-nucléaire du même niveau que “Dancing with tears in my eyes” du groupe Ultravox.

Warning, warning, nuclear attack
Atomic sounds designed to blow your mind
World War Three.
Nuclear attack
Rocking atomically
This Third World War, atomic sounds.
Attention, avertissement, une attaque nucléaire
Des sons atomiques conçus pour souffler votre esprit
Troisième Guerre mondiale.
Attaque nucléaire
Un rock atomique
Cette troisième guerre mondiale, des sons atomiques.

The man in black he told me the latest Moscow news
About the storm across the red sea they drove their ball point views
I’m the man in grey, I’m just the man at C & A
And I don’t have a say in the war games that they play.
L’homme en noir, il m’a dit les dernières nouvelles de Moscou
À propos de la tempête sur la mer rouge, ils ont pris des décisions avec leurs stylos
Je suis l’homme en gris, je suis juste l’homme à C & A
Et je n’ai pas un mot à dire dans les jeux de guerre qu’ils jouent.

Warning, warning, nuclear attack
Shark attack to hit you on your back.
World War Three.
Attention, avertissement, une attaque nucléaire
Une attaque de requin [sic] frappant sur le dos.
Troisième Guerre mondiale.

The Mickey Mouse badge told, Ayatollah at his feet
You drink your oil you schmuck, we’ll eat our heads of wheat
But I’m the man in grey, I’m just the man at C & A
And I don’t have a say in the war games that they play.
Le badge Mickey Mouse a dit, l’ayatollah à ses pieds
Tu bois ton pétrole espèce de crétin, nous mangerons nos épis de blé
Je suis l’homme en gris, je suis juste l’homme à C & A
Et je n’ai pas un mot à dire dans les jeux de guerre qu’ils jouent.

Boom shakalaka boom
Nuclear nuclear, nuclear war.
Warning, warning, nuclear attack
The boom never ban

Boom shakalaka boom
Guerre nucléaire, guerre nucléaire
Attention, attention, guerre nucléaire
Le boum jamais interdit

Pour finir, voici la chanson “Ghost town”, où le groupe explique que la ville devient une ville-fantôme en raison de la violence, qui anéantit toute vie sociale.

Des drones non identifiés au-dessus de plusieurs centrales

Les médias ont parlé de drones non identifiés qui ont survolé une centrale nucléaire. C’est bien entendu très choquant! Mais c’est plutôt courant, comme en témoigne le document suivant de Sortir du nucléaire à ce sujet !

Il y a même eu des survols simultanés de centrales pourtant très éloignées l’une de l’autre…

Survols de centrales par des drones – Point sur la situation

Depuis le 5 octobre 2014, des survols par des drones non identifiés se multiplient sur les sites nucléaires français. Alors que le mystère reste entier sur l’origine de ces drones et le but de ces opérations, le Réseau “Sortir du nucléaire” tire la sonnette d’alarme et alerte sur la vulnérabilité des installations. Ces survols à répétition sont un problème sérieux et posent de nombreuses questions. Retour sur la chronologie des événements et analyse de la situation.

Chronologie des événements

– 5 octobre 2014

Les équipes de surveillance du site nucléaire de Creys-Malville, qui comprend le réacteur en démantèlement Superphénix, ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur la zone d’interdiction aérienne de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Morestel, le 8 octobre 2014. [1]

– 13 octobre 2014 :

Les équipes de surveillance de la centrale du Blayais ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Blaye, le 16 octobre 2014. [2]

Les équipes de surveillance de la centrale de Nogent-sur-Seine ont détecté la présence illégale d’un aéronef, assimilable à un drone, sur le périmètre aérien de la centrale. [3]

– 14 octobre 2014

Les équipes de surveillance de la centrale de Cattenom ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Hettange-Grande, le 17 octobre 2014. [4]

– 19 octobre 2014

Les équipes de surveillance de la centrale de Gravelines ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès du commissariat de Gravelines, le 21 octobre 2014. [5]

Une seconde fois, les équipes de surveillance de la centrale de Nogent-sur-Seine ont détecté la présence illégale d’un aéronef, assimilable à un drone, sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Nogent-sur-Seine, le 21 octobre 2014. [6]

Les équipes de surveillance de la centrale du Bugey ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. [7]

Les équipes de surveillance de la centrale de Chooz ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. [8]

– 20 octobre 2014

Une seconde fois, les équipes de surveillance de la centrale du Bugey ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la brigade territoriale de Lagnieu, le 20 octobre 2014. [9]

– 24 octobre 2014

Les équipes EDF du service Protection de site de la centrale du Bugey ont, une troisième fois, détecté la présence d’un drone. Une nouvelle plainte a été déposée. [10]

– 30 octobre 2014

Les équipes de surveillance de la centrale de Golfech ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a annoncé qu’elle allait porter plainte.

Les équipes de surveillance de la centrale de Penly ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a annoncé qu’elle allait porter plainte.

– Plusieurs sites nucléaire du CEA, dont celui de Saclay, seraient également concernés et le CEA a porté plainte.

– D’autres sites nucléaires sont semble-t-il également concernés par ces survols illégaux et notamment ceux d’Areva. Mais la direction de l’entreprise dément, pour l’heure, “tout survol significatif” de ses sites… Reste à savoir ce que signifie, pour Areva, le terme “significatif” !

En résumé, 9 centrales nucléaires ont été survolées par des drones entre le 5 et le 30 octobre 2014 : Creys-Malville, Blayais, Nogent (2 fois), Cattenom, Gravelines, Bugey (3 fois), Chooz, Golfech et Penly. Plusieurs sites nucléaires du CEA sont également concernés, et peut-être également des sites d’Areva.

Nous compléterons ces informations au fur et à mesure si ces survols continuaient à se multiplier.
Quelles questions cette affaire soulève-t-elle ?

– Des survols à répétition : le problème est sérieux !

Depuis le 5 octobre, ce sont donc plusieurs sites nucléaires qui ont été survolés par des drones, certains plusieurs fois et d’autres, pourtant séparés par des centaines de kilomètres, le même jour. Depuis la sortie publique de l’affaire, deux sites ont à nouveau été survolés. Les événements ne sont donc pas le fruit du hasard et sont on ne peut plus coordonnés.

Bien qu’EDF et les pouvoirs publics démentent la gravité de ces incidents, les plaintes que l’exploitant a déposées indiquent qu’il semble démuni face à cette situation inédite et sérieuse.

Que dire également du délai entre les faits et le dépôt de plainte ? Et du fait que les survols aient pu se reproduire sur plusieurs sites ? EDF ne s’est-il rendu compte qu’après coup que pendant 16 jours, des aéronefs télécommandés avaient pu ainsi aller et venir au-dessus de sites nucléaires ?

– Origine de ces survols : le mystère reste entier

Une enquête a été ouverte pour déterminer l’origine de ces survols, mais pour le moment le mystère reste entier.

Toutes les associations antinucléaires contactées ont démenti être impliquées. Opération de com, canular, coup politique, campagne de mesures de radioactivité, espionnage industriel ou pire, repérage de personnes mal intentionnées, pour le moment toutes les hypothèses restent ouvertes, mais les faits sont inquiétants.

– L’espace aérien autour des sites : une zone sensible

Le droit français interdit de survoler un site nucléaire à moins de 1000 mètres d’altitude dans un périmètre de cinq kilomètres. Et pourtant les drones ont pu pénétrer dans l’espace aérien des centrales sans être repérés.

Alors que l’utilisation de ces engins se multiplie, le fait qu’ils ne soient pas repérés par des radars pose question. Quand on sait que ni l’EPR (voir le document confidentiel défense révélés par le Réseau en 2006), ni les piscines de combustible usé [11] ne résisteraient à un crache d’avion, quels seraient les impacts en cas de largage de charges explosives par un drone ? Les piscines de combustibles étant de simples hangars, les dégâts causés pourraient rapidement se transformer en catastrophe nucléaire.

– Les installations nucléaires sont vulnérables

Ces survols simultanés de plusieurs sites démontrent, par ailleurs, que les 19 centrales nucléaires et les nombreuses usines de combustible réparties dans tout l’Hexagone constituent autant de points de vulnérabilité. Présentée comme un atout pour la France, l’industrie nucléaire constitue en réalité son tendon d’Achille.

Ce risque d’agression externe ne fait d’ailleurs que s’ajouter aux nombreux faits qui justifient une sortie en urgence du nucléaire : vieillissement des installations (la majorité des réacteurs ayant dépassé les 30 ans de fonctionnement), production de déchets ingérables, rejets toxiques…
Notes

[1] http://energie.edf.com/nucleaire/deconstruction/carte-des-centrales-en-deconstruction/centrale-de-creys-malville/evenements-48290.html#

[2] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45862.html

[3] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45961.html

[4] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45876.html

[5] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45959.html

[6] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45961.html

[7] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45869.html

[8] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45926.html

[9] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45869.html

[10] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45869.html

[11] www.largeassociates.com/LA reports & papers/3205 French NPP Vulnerability/vulnérabilité_avions_Large_résumé.pdf

“Vamos a la playa”

C’est une chanson relativement connue, datant de 1983, en quelque sorte un classique de kitscherie post-disco (et en réalité de ce qui fut l’italo disco). Ce qu’on sait moins, c’est que même une chanson kitsch peut révéler toute une époque, en l’occurrence avec la menace nucléaire qui plane…

Voici une présentation bien vue que l’on peut trouver sur le net.

Vamos a la playa oh o-o-o-oh !
Vamos a la playa oh o-o-o-oh !

Qui d’entre nous n’a pas entendu ça au moins une fois ? Je ne risque pas grand-chose si je dis peu, en effet…
Mais combien savent ce qui se cache derrière les paroles de ce tube de l’été 83 ?
D’ailleurs, combien sont capable de chanter les couplets ?

C’est pourquoi je vais tenter de vous éclairer rapidement sur la partie cachée de cet énorme iceberg italo-espagnol…

D’abord les paroles et leur traduction (maison)… ne me félicitez pas, j’aime bien les langues… :p

Refrain :
Vamos a la playa oh o-o-o-oh
Vamos a la playa oh o-o-o-oh
Vamos a la playa oh o-o-o-oh
Vamos a la playa oh oh

Vamos a la playa
La bomba estallo
Las radiaciones tuestan
Y matizan de azul

(refrain)

Vamos a la playa
Todos con sombrero
El viento radiactivo
Despeina los cabellos

(refrain) x 2

Vamos a la playa
Al fin el mar es limpio
No mas peces hediondos
Sino agua florecente

(refrain)

Comme tous le monde (ou presque) connaît le refrain, je vais traduire les couplets ; ça donne quelque chose comme ça :

Allons à la plage
La bombe a éclaté
Les radiations grillent (la peau)
Et nuancent d’un bleu

Allons à la plage
Tous avec un chapeau
Le vent radioactif
Décolore les cheveux

Allons à la plage
A la fin la mer est propre
Plus de poissons puants
Que de l’eau fluorescente !

Ce chef d’œuvre musical de Righeira a vu le jour en 1983, sous la plume du talentueux Stefano Righi qui l’a également composée avec le célèbre La Bionda, pionnier de l’italo-dance avec “One for me, one for you”(1978).

Mais ne nous y méprenons pas ! Vamos a la playa est, contre toute attente, une chanson étonnamment engagée. Lucide et anti-nucléaire, le groupe italien Righeira nous décrit sous une bonhomie apparente une plage dans un état post-atomique, ce qui était d’actualité dans les débuts des années 80. Les moins jeunes se souviennent peut-être de Reagan et son programme de bouclier antinucléaire (guerre des étoiles). Eh bien c’était justement en mars 1983 !

Bref, cette œuvre musicale rendra célèbre Righeira à travers le monde. Ce groupe, formé de Stefano Righi et Stefano Rota (d’origine espagnole), deux anciens copains d’école natifs de Turin, rééditera avec No Tengo Dinero (je n’ai plus d’argent) [à la vidéo en dessin animé très moderne pour l’époque et très “stylé” par ailleurs].

“Dancing with tears in my eyes”

Puisqu’il a été parlé de « Vamos a la playa », cela vaut le coup d’oeil de regarder la vidéo d’un autre « tube » de la même époque, Dancing With Tears In My Eyes (« Dansant avec des larmes dans les yeux »), datant de 1984.

Le thème y est pareillement le risque d’une explosion nucléaire ; si en l’occurrence, c’est d’une centrale qu’il s’agit dans la vidéo (de manière évidemment très simplifiée), il faut se souvenir de la menace d’une guerre nucléaire entre les USA et l’URSS.

Voici le texte de la chanson du groupe “Ultravox”.

Dancing with tears in my eyes
Weeping for the memory of a life gone by
Dancing with tears in my eyes
Living out a memory of a love that died
Dansant avec des larmes dans les yeux
Pleurer le souvenir d’une vie passée
Dansant avec des larmes dans les yeux
Laisser de côté la mémoire d’un amour mort

It’s five and I’m driving home again
It’s hard to believe that it’s my last time
The man on the wireless cries again
It’s over, it’s over
Il est cinq heures et je rentre à la maison de nouveau
C’est difficile de croire que c’est ma dernière fois
L’homme à la radio pleure encore
C’est fini, c’est fini

It’s late and I’m with my love alone
We drink to forget the coming storm
We love to the sound of our favourite song
Over and over
Il est tard et je suis seul avec mon amour
Nous buvons pour oublier la tempête qui arrive
Nous nous aimons sur l’air de notre chanson préférée
Encore et encore

It’s time and we’re in each others arms
It’s time but I don’t think we really care
C’est l’heure et nous sommes dans les bras l’un de l’autre
C’est l’heure mais je ne pense pas vraiment que cela nous préoccupe

Menace sur le monument de la place du 2 juillet 1966 de Papeete

Papeete se situe à Tahiti, en Polynésie française, et on y trouve un petit monument, appelé monument de la place du 2 juillet 1966, ce qui fait référence à la date de la première bombe atomique française testée à Moruroa.

La zone a en effet été un “Centre d’Expérimentation nucléaire du Pacifique”, avec 46 essais aériens à à Moruroa et Fangataufa de 1966 à 1974, puis par la suite, jusqu’en 1996, avec 147 essais souterrains dans les sous-sols et sous les lagons des atolls de Mururoa et Fangataufa.

Cela reflète toute une mentalité d’aller déposer des bombes atomiques dans les lagons de Tahiti!

Inauguré le 2 juillet 2006, le monument est composé notamment de pierres venant symboliquement de Nahasaki et d’Hiroshima, ainsi que de lieux de tests nucléaires.

Et là il est menacé de destruction par Gaston Flosse, président de la Polynésie française! Petit rappel historique de ces essais, avec des informations de la Coordination Nucléaire du Sud Est.

Nombreux sont les témoignages des anciens travailleurs de Polynésie française qui ont du se plier aux ordres des militaires et “scientifiques” sur les sites d’expérimentations nucléaires français dans le Pacifique.

Edwin Haoa a travaillé à Moruroa et à Fangataufa. Il se trouvait à Moruroa au moment de la première explosion atomique et il partit vers 1972. Il dirigeait une équipe d’environ 6 personnes qui devaient analyser le degré de contamination après l’explosion :

” Parfois, l’explosion ne pouvait avoir lieu à cause du mauvais temps, des vents contraires ou pour d’autres raisons techniques. Par exemple, pour le premier essai de 1966, l’explosion n’eut lieu qu’à la troisième tentative. Avant le début de l’essai, chaque passager devait quitter le pont.

On nous donnait tous une paire de lunettes de soleil et cinq ou six minutes après l’explosion, on nous autorisait à regarder la boule de feu. Quinze minutes plus tard on nous autorisait à remonter sur le pont pour regarder le champignon nuageux.

Après une heure environ, des avions décollaient pour traverser le champignon et tiraient des roquettes spéciales pour faire pleuvoir. Il était strictement interdit de prendre des photos,… Une fois, quelque chose s’est mal passé. Au lieu de s’éloigner, le nuage s’étendit au-dessus des bateaux. Il commença à pleuvoir et tout le monde dut évacuer le pont.

Cependant, un groupe de Polynésiens jouait de la guitare sur le pont. Ils étaient un peu ivres, suite aux boissons gratuites offertes après chaque essai “couronné de succès” et ils ne comprirent pas ce qui se passait. Ils restèrent sur le pont… Lorsque la pluie cessa,… c’était trop tard.”

Les sacrifiés et la chaire à canon des scientifiques militaro-maniaques

” Nous étions les premiers à remettre pied sur la terre ferme après les explosions. Parfois une demi-journée, parfois jusqu’à trois jours plus tard, nous portions des combinaisons de protection et des masques à oxygène et nous étions équipés de compteurs Geiger pour mesurer la radioactivité. Nous commencions par les quartiers d’habitation et nous poursuivions le contrôle du reste de l’atoll.

Quand nous sommes arrivés pour la première fois sur l’atoll après une explosion, tout était détruit. Il ne restait plus de végétation… il était interdit de manger des fruits et des légumes. Lorsque les compteurs Geiger sonnaient dans un secteur, nous étions chargés de l’enclore avec du fil de fer barbelé portant des panneaux indiquant la radioactivité.

Après cela, nous devions être décontaminés. Nous nous lavions avec des savons spéciaux, puis on nous douchait et on nous faisait passer dans une grande machine spéciale appelée le “spectro”, qui contrôlait, à mon avis, le degré de contamination.

On nous mettait sur des civières et on nous poussait dans la machine où nous restions jusqu’à une heure, voire davantage. Deux semaines plus tard, on nous envoyait à Tahiti par avion pour des examens de sang et d’autres examens.

Comme la contamination diminuait avec le temps, avec mon équipe, je devais contrôler l’île chaque mois pour voir si les radiations dans les zones interdites avaient atteint la norme autorisée. Si tel était le cas, on y envoyait des gens pour y travailler, mais sans combinaisons protectrices ni masques à oxygène.

Lorsqu’une surface de béton était contaminée, on la récurait et on la recouvrait d’une peinture blanche très épaisse appelée “kukime”. Ceci ne pouvait se faire que sur du béton, et tout le reste devait être laissé en l’état jusqu’à la baisse naturelle de la radioactivité, c’est-à-dire jusqu’à des normes jugées “sûres”.

En tant que responsable de l’une des équipes qui devaient contrôler le degré de contamination, je savais que chaque nouvel essai en atmosphère aggravait progressivement la contamination globale. Dès 1969, nous avons su qu’il était dangereux de vivre à Moruroa.”

50 ans d’omerta officielle et de mensonges

Le voile sur l’un des grands secrets de l’armée française et de l’Etat n’a commencé à être levé qu’au terme d’une lutte inégale entre les victimes et le lobby d’état nucléariste. Des « retombées massives de plutonium » (le plus dangereux pour la santé) sont enfin dévoilées et « la zone radioactive » est « bien plus importante qu’annoncée ».

Tous les Polynésiens entre 1966 et 1974 ont été contaminés et Tahiti, la plus peuplée, a non seulement été « douchée » au plutonium en 1974 mais a reçu le maximum soit 39 retombées radioactives durant ces 8 années d’essais aériens.

Aujourd’hui, l’Etat français peine toujours a reconnaître ses crimes. Les valets du lobby nucléaire ont infiltré à tel point depuis des décennies les rouages de l’appareil d’Etat, les administrations, les postes électifs qu’une parole indépendante, humaniste et scientifique ne peut s’exprimer. La loi du silence, l’omerta plane sur le pays.

En Polynésie, Terre et peuple sacrifiés, il en est de même. Pourtant la Résistance aux coups bas du Président du gouvernement de la Polynésie s’organise. Des actions regroupent des centaines de personnes (ici) depuis près de 13 ans.

Une pétition qui sera transmise aux autorités de la République française et au Secrétaire général des Nations unies est lancée. Elle exige que Gaston Flosse renonce à sa décision de détruire le monument de la Place du 2 juillet 1966 à Papeete – dédié à la mémoire de toutes les victimes des essais nucléaires –  et qu’il décide la pérennité de ce monument.

Ségolène Royal ouvre un boulevard à l’enfouissement des déchets nucléaires

Ségolène Royal a réussi un tour de passe-passe pour permettre l’enfouissement des déchets nucléaires… Ici une présentation de la situation, terrible encore une fois de plus….

Vous aviez encore des illusions sur le fonctionnement pseudo-démocratique des institutions ? Et bien c’est le moment de les perdre !

Hier jeudi 18 juin, alors que Ségolène Royal présentait à la presse son projet de loi sur la transition énergétique, s’est joué un incroyable tour de passe passe atomique.

En fin de matinée, lors de sa conférence de presse, la ministre ne fait aucune allusion au projet CIGEO, le projet d’enfouissement des déchets les plus radioactifs. Aucune mention non plus dans les documents diffusés par le ministère, ni dans le pré-projet qui circule et a fuité sur internet.

A 17h35, dans un mail adressé à la commission environnement du CESE, pas de CIGEO non plus. Mais apparait l’article 34, qui autorise le gouvernement à transposer la directive n° 2011/70/Euratom du Conseil du 19 juillet 2011 qui ouvre la porte à l’enfouissement des déchets radioactifs européens en France.

A 21h50, dans un mail transmis bien tardivement aux membres de la commission spécialisée du CNTE en charge de ce projet de Loi et qui doivent se réunir le lendemain, une nouvelle version du projet apparait, avec cette fois un article 35 relatif à CIGEO et qui revient sur la loi de 2006 relative à la gestion des déchets. Cachez ses déchets que je ne saurais voir ! Le sujet est enfoui ! Le projet d’enfouissement des déchets, qui condamne un territoire sur des millénaires, est noyé dans la masse des articles et amendements de la loi sur la transition.

Après le fiasco du débat public et face à ce nouveau déni, l’heure n’est plus à la discussion, mais à l’amplification des actions !

La coordination Bure-STOP, les Amis de la Terre et le Réseau “Sortir du nucléaire”

***

Communiqué de la coordination BURE-STOP – CIGEO LOI TE – On se fout royalement de nous

Ségolène Royal ouvre un boulevard à l’enfouissement des déchets nucléaires, ou comment se renier (en bonne politicienne à la petite semaine et sans pouvoir) devant le tout puissant nucléaire.

La loi de gestion des déchets nucléaires de 2006 est écrasée et Cigéo ne passera plus devant les parlementaires !http://nocigeo.noblogs.org/actions-bure-365/

Le projet de Loi de programmation pour la transition énergétique intègre, en catimini et en toute déloyauté, ce que dénonçaient, début 2014, une soixantaine* d’associations et organisations : une accélération des procédures menant à la construction de Cigéo/BURE… Plusieurs versions (à quelques heures près) du projet de loi ont circulé mais celui finalisé mercredi 18/06 en soirée ne laisse plus aucune illusion. A savoir que le chapitre concernant Cigéo -ajouté en dernière minute- n’a jamais été discuté lors des réunions préparatoires du projet de loi.

Le Titre VI **, trompeusement dénommé “Renforcer la sûreté nucléaire et l’information des citoyens” remanie les cartes au service du pouvoir nucléaire et torpille encore un peu plus les fondements démocratiques.

Il n’y aura pas de rendez-vous parlementaire, Cigéo sera lancé par simple décret

Exit le passage du projet Cigéo devant les parlementaires, censés représenter la voie démocratique puisque “l’autorisation d’installation et d’exploitation du centre peut être délivrée par décret en Conseil d’Etat, pris après enquête publique réalisée” . Trop peur de ressortir l’échec du débat public de 2013 ?
Il n’y aura plus aucun regard politique (et encore moins citoyen) sur la crédibilité et la faisabilité du projet industriel Cigéo, risques majeurs connus et non résolus, sur les impacts avérés de tous ordres, coûts, etc. Les parlementaires en 2015 seront juste invités à jeter un oeil sur une feuille de route descriptive, sans aucun pouvoir d’intervention.

Réversibilité – des décisions- jusqu’au bouclage définitif du stockage souterrain

Le rendez-vous parlementaire de 2015, fixé par la loi de 2006 sur le sujet, disparaît au profit d’un décret bien plus expéditif puisque tout sera défini -modalités de phase pilote et exigences minimales en terme de réversibilité/récupérabilité- par décret en Conseil d’Etat, pris après avis de l’Andra.
La réversibilité se limitera à la phase de construction/remplissage -130 ans-, tout est clair à présent. Et l’Andra conserve son statut de maître d’oeuvre travaillant pour son propre compte et celui des producteurs de déchets, sans contre expertise.

On appréciera la définition des “générations successives” susceptibles de revenir sur les décisions prises, soit une génération et demi, soit tout juste la phase de construction/remplissage de la poubelle nucléaire souterraine. Tout juste le temps aussi de subir les risques incommensurables et prévisibles que l’Etat couvre -ouvertement- par ce projet de loi.

Il y aura bien une phase pilote, juste consacrée à la pseudo et fumeuse réversibilité, rien pour la sûreté !

Comme l’annonçaient les opposants au projet Cigéo/Bure, la phase pilote est un bien un hochet destiné à calmer les esprits, inventé de toute pièce et ne reflétant pas les échanges réels du débat public. Elle ne change pas l’arrivée des déchets en 2025, date prévue par la loi de 2006. _ Quid des immenses risques et inconnues scientifiques et technologiques qui caractérisent Cigéo à ce jour ?
Quand l’Etat prendra-t-il ses responsabilités en coupant ses liens de bon élève à la botte des intérêts du nucléaire ?

L’article 34 ouvre les portes au transit et stockage potentiel des déchets nucléaires internationaux

La transposition française de la Directive Euratom de 2011 va bien arranger les affaires financières du lobby du nucléaire et la France en tirera du profit. Des méga-poubelles nucléaires à vocation internationale sans consulter les citoyens, facile non ?

La ministre de l’Ecologie en fonction renie royalement ses convictions et joue avec le feu

Elle a exprimé son opposition à l’enfouissement des déchets nucléaires publiquement dès 1994, lors du projet de laboratoire de recherches géologiques dans la Vienne ou à Bure, en Meuse/Haute-Marne. Opposition claire et sans appel mentionnée à nouveau lors de sa candidature aux primaires du parti socialistes en 2011…
Depuis son entrée en fonction au ministère elle a changé radicalement de posture : défense du projet Cigéo en audition parlementaire, validation de l’étape de concertation du débat public de 2013 controversé aujourd’hui même jusqu’à l’intérieur de la CPDP, double langage inacceptable dans les commissions préparatoires du projet de Loi TE.

Alors que tous les clignotants sont en rouge, il est urgentissime de stopper Cigéo !

Incendie à Stocamine (Alsace), inondation des galeries à Asse (Allemagne), ou accident au WIPP (Site du Nouveau Mexique/USA, tout-petit frère de Cigéo) en arrêt pour 3 ans et qui risque bien d’être refermé définitivement sur des fûts de déchets potentiellement explosifs, ces quelques expériences désastreuses d’enfouissement de matières nucléaires ou chimiques sont des alertes gravissimes. Il faudra quoi pour qu’enfin le gouvernement se ressaisisse ?

Les associations opposées à Cigeo dénoncent ce honteux tour de passe-passe. Elles appellent plus que jamais à résister à l’installation d’un Cigéo/BURE toujours plus illégitime.

Déchets nucléaires, surtout ne pas enfouir, arrêter d’en produire.

Burestop55 : 06 86 74 85 11
EODRA : 06 22 05 09 24
MIRABEL : 09 81 98 30 12
BZL : 06 03 92 20 13

Interpeller les députés sur le nucléaire?!

L’industrie du nucléaire sait bien que le meilleur moyen d’être intouchable, c’est de s’intégrer dans le quotidien culturel et économique. C’est pourquoi la loi sur la transition énergétique est un lieu de bataille: il s’agit de prolonger la vie des centrales nucléaires, de maintenir la fiction de leur caractère incontournable…

Faut-il pour autant, comme Sortir du Nucléaire le propose avec le document ci-dessous, “interpeller” les députés? Il va de soi que non et même Sortir du nucléaire n’y croit: c’est pour ce réseau un prétexte à mener campagne. Mais cela reste une diffusion de dangereuses illusions… illusions inévitables cependant si l’on ne relie pas la question du nucléaire à la question de Gaïa en général.

Toutes les causes écologistes sont inter-reliées, on ne peut pas tronçonner la réalité. Sortir du nucléaire évite la question en se positionnant en “aile écologiste” du gouvernement: cela n’a aucun sens, le nucléaire étant une composante idéologique de tout un système…

Et ainsi oui tous les députés sont soumis au nucléaire, par idéologie. C’est absolument tabou sur le plan de la stratégie du capitalisme français. Cela n’a rien à voir avec une prétendue mauvaise information de ces députés!

Alors qu’EDF cherche à obtenir la prolongation du fonctionnement des réacteurs nucléaires jusqu’à 50 voire 60 ans, nous devons agir pour contrecarrer ce projet lourd de risques. Les réacteurs ont été conçus pour fonctionner approximativement 30 ans, et déjà 27 d’entre eux ont dépassé cette durée…

Nous devons absolument interpeller nos député-e-s sur le danger majeur et sur les coûts astronomiques que le rafistolage et la prolongation des réacteurs impliqueraient. En effet, à l’automne prochain, les parlementaires débattront de la loi sur la transition énergétique.

Tou-te-s les parlementaires ne sont pas des relais zélés de la propagande du lobby nucléaire ; mais la plupart d’entre eux/elles connaissent mal les enjeux énergétiques et nucléaires. En agissant avec nous, vous pouvez influer sur la position qu’adopteront vos députés.

Interpellez les députés de votre région, envoyez-leur dès maintenant votre lettre ouverte “Nucléaire 30 ans d’âge : stop au rafistolage !”

[Ici, la lettre type, censée être à envoyer.]

Les dépenses colossales qu’EDF veut pousser l’État à engager pour rafistoler puis renouveler le parc nucléaire suffiraient à financer une vraie transition énergétique, écologique et sociale, qui affranchirait enfin la France du danger nucléaire et de la dépendance aux énergies fossiles, tout en réduisant drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre.

La France doit engager sans plus attendre ce grand virage énergétique, seul porteur d’avenir pour notre pays, ses jeunes générations et son économie, avec un potentiel de création de centaines de milliers d’emplois d’ici 2030 dans les énergies renouvelables et les économies d’énergie.

La politique énergétique et nucléaire échappe depuis trop longtemps au débat démocratique. Je vous appelle à contrecarrer le projet d’EDF et de ses relais au sein des institutions : les réacteurs nucléaires ne doivent en aucun cas être prolongés au-delà de 40 ans, au prix d’un rafistolage coûteux et d’un risque accru d’accident majeur. Au contraire, les réacteurs qui ont dépassé 30 ans d’âge doivent être arrêtés dans les plus brefs délais.

Le chantier de l’EPR de Flamanville doit également être arrêté définitivement, et toute nouvelle construction de réacteur doit être exclue.

Des objectifs impératifs et ambitieux de réduction de la consommation finale d’électricité et de développement des énergies renouvelables doivent être fixés pour l’horizon 2025. Les milliards d’euros économisés chaque année en refusant le coûteux rafistolage du parc nucléaire permettront d’investir pour les atteindre.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, je compte sur vous pour porter ces positions au sein de votre parti politique et à l’Assemblée nationale.

Pour plus d’informations sur ces enjeux et pour consulter les sources des informations que j’ai mentionnées, je vous invite à consulter la page http://www.sortirdunucleaire.org/Risques-et-couts-en-savoir

Cordialement

28 ans après, la catastrophe sanitaire et environnementale de Tchernobyl

Aujourd’hui, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl (du nom de la ville à 15 kilomètres) est dans un sarcophage, et les problèmes ne sont pas toujours réglés, et cela depuis exactement 28 ans, la catastrophe ayant commencé le 26 avril 1986.

Or, bien évidemment, les événements en Ukraine n’aident pas à gérer tout cela… Voici un petit panorama effectué par Sortir du nucléaire.

Tchernobyl : 28 ans de catastrophe sur fond de crise ukrainienne

Le 26 avril 2014, en pleine crise politique en Ukraine, cela fera 28 ans que dure l’accident de Tchernobyl.

À cette occasion, de nombreuses actions auront lieu en France, pour rappeler que cette catastrophe est toujours en cours et refuser qu’un tel drame survienne dans notre pays.

Cette date marquera également la fin de 50 jours d’actions organisés partout en France à l’appel du Réseau “Sortir du nucléaire“ pour refuser la prolongation du risque nucléaire.

Pendant la crise ukrainienne, la catastrophe continue

Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl a explosé, projetant dans l’atmosphère de dangereuses particules radioactives qui se sont répandues sur de larges parties de l’Europe et de la Russie. 28 ans après, la catastrophe continue : les retombées radioactives de césium et de strontium resteront dangereuses pour des siècles.

Plus de huit millions de personnes vivent toujours dans les zones les plus touchées en Ukraine, au Bélarus et en Russie, consommant quotidiennement des produits contaminés qui ruinent leur santé.

28 ans après, la catastrophe sanitaire et environnementale est encore aggravée par la crise politique en Ukraine. Exsangue, le pays n’arrive plus à financer les soins des malades les plus atteints et le financement de la construction du nouveau sarcophage prévu pour confiner les restes de la centrale accidentée est compromis.

Tchernobyl apporte la triste démonstration qu’un accident nucléaire est ingérable et qu’il peut miner l’avenir d’un pays.

Nous ne sommes pas à l’abri d’un Tchernobyl français

Certains voudraient ramener la catastrophe de Tchernobyl à un problème lié à une conception « soviétique » défaillante. Outre que la technologie nucléaire est intrinsèquement dangereuse, c’est oublier que cet accident a été avant tout déclenché par une série d’erreurs humaines.

Personne ne peut garantir que de tels problèmes ne conduiront pas aussi, en France, à un accident majeur : alors que les travailleurs du nucléaire alertent sur la dégradation de leurs conditions de travail, le dernier rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire signale pudiquement que la prise en compte du facteur humain est « perfectible »…

Aucun rafistolage des centrales, aucun changement technologique ne peut prévenir une catastrophe nucléaire.

La seule solution pour protéger les populations est de mettre en œuvre dès maintenant un plan de sortie du nucléaire, en commençant par les réacteurs les plus anciens et les plus dangereux.

Tchernobyl, Fukushima, plus jamais ça !

Des catastrophes comme celles de Tchernobyl et Fukushima ne doivent plus jamais se reproduire. En solidarité avec les victimes de Tchernobyl, pour refuser qu’un accident survienne en France, de nombreuses actions auront lieu ce week-end partout en France et notamment à Paris.

Ces mobilisations constitueront ainsi la clôture d’un programme de 50 jours d’actions lancé à l’appel du Réseau “Sortir du nucléaire“ entre les anniversaires de Tchernobyl et Fukushima, pour s’opposer à la prolongation du risque nucléaire et appeler à un changement décisif de politique énergétique.

Manifestations à Fessenheim et à Chinon, occupation des ronds-points près de la centrale du Bugey, conférences-débats, multiples actions de rue : en tout, plus de 120 actions auront été organisées.

Voir la liste des actions : http://www.sortirdunucleaire.org/Liste-des-actions,585
Plus d’informations sur la situation à Tchernobyl : http://www.sortirdunucleaire.org/Tchernobyl-28-ans

Pour plus d’informations sur comment aider les enfants de Tchernobyl et Fukushima : http://enfants-tchernobyl-belarus.org/

http://kuminosato.net/

Voici d’autres informations détaillées:

La vie durablement contaminée

Dans les zones les plus contaminées, la catastrophe sanitaire n’a pas fini de sévir. Parmi les 600 000 à 900 000 liquidateurs, un grand nombre sont décédés ou tombés rapidement malades des suites de leur irradiation. Plus de 3,5 millions de personnes vivent toujours dans des zones contaminées en Ukraine, 2 million au Bélarus et 2,7 en Russie.

Certains radioéléments projetés en masse lors de l’explosion, toujours présents dans les sols, sont entrés dans la chaîne alimentaire, comme le Césium 137 et le Strontium 90, dont les effets nocifs ne prendront fin que d’ici trois siècles. L’accumulation du Césium 137 dans l’organisme va de pair avec une augmentation spectaculaire du taux de cancers et de pathologies cardiovasculaires, en particulier chez les enfants, mais atteint aussi l’ensemble des systèmes des organes vitaux. Elle provoque également des changements hormonaux responsables d’une infertilité croissante, ainsi que l’augmentation des malformations pour les enfants.

La désinformation est toujours à l’œuvre concernant les impacts sanitaires réels de Tchernobyl. Devant l’élévation du taux de malformations congénitales (passé entre 2000 et 2009 de 3,5 pour 1000 à 5,5 pour 1000), la réponse du ministère de la Santé du Bélarus fut de fermer l’unique Institut de recherche sur les maladies héréditaires et congénitales, ainsi que l’Institut de radio-pathologie de Gomel. En 2005, le « Forum Tchernobyl », réuni à Vienne sous l’égide de l’AIEA, a conclu que seuls 4000 décès pouvaient être attribués à Tchernobyl.

L’augmentation des pathologies et la dégradation de l’état de santé des populations y sont mises sur le compte du stress, de l’alcoolisme et de la détérioration des conditions économiques et sociales dans les régions concernées. Pourtant, les recherches menées par des scientifiques indépendants mettent au jour des chiffres autrement plus élevés. Selon une étude du Pr. Yuri Bandajevski, publiée dans les annales de l’Académie des Sciences de New-York en 2011, la catastrophe et ses suites seraient responsables de 985 000 morts…

Par ailleurs, depuis plusieurs années, d’étranges « ONG » comme le CEPN mettent en place des programmes destinés à prouver que l’on peut vivre en zone contaminée. Ainsi, le programme « ETHOS », en vigueur à Tchernobyl, est maintenant exporté… à Fukushima, pour appuyer le retour de populations dans des régions où la radioactivité ambiante devrait pourtant interdire tout séjour prolongé !

Les milieux naturels aussi sont touchés

En 2010, le reportage « Tchernobyl, une histoire naturelle » a contribué à populariser la thèse d’une nature intacte qui reprendrait ses droits. Pourtant, cette théorie va à l’encontre des observations scientifiques réalisées dans la zone contaminée (Lire l’analyse détaillée du professeur Michel Fernex : http://www.sortirdunucleaire.org/Tchernobyl-Fernex ).

Après avoir mis en évidence l’existence de malformations importantes chez les hirondelles de Tchernobyl, Tim Mousseau, chercheur à l’Université de Caroline du Sud a récemment découvert que la croissance des arbres pouvait aussi être affectée par les radiations.

Selon ce même chercheur, il apparaît également que les radiations nuisent aux micro-organismes, empêchant la décomposition des végétaux. Cette accumulation de bois mort pose un nouveau risque : un incendie pourrait facilement se déclencher, relâchant dans l’atmosphère une fumée chargée de radioéléments.

La construction du nouveau sarcophage et les soins aux malades, victimes collatérales de la crise politique.

Le réacteur éventré, qui contient encore 97% des éléments radioactifs, constitue toujours une menace : le sarcophage de béton construit à la va-vite au-dessus de ses ruines se fissure déjà. En 2013, une partie du toit s’est déjà effondré.

La construction d’une arche métallique géante de 92 mètres de haut et 245 mètres de long destinée à recouvrir le réacteur, a donc commencé en 2010. Ce chantier pharaonique, mené par un consortium formé de Vinci et Bouygues, est censé coûter au moins deux milliards de dollars.

L’Ukraine ne pouvant y contribuer qu’à hauteur de 8%, le reste devait être financé par la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement et le reste de la communauté internationale.

Mais il apparaît que le nouveau sarcophage ne pourra être fini pour 2015 comme prévu, en raison d’un manque de financements criant. En raison de la crise politique, certains officiels ukrainiens craignent que la Russie ne fournisse pas la contribution à laquelle elle s’était engagée. Et l’Ukraine, exsangue, ne peut fournir de nouveaux financements .

La crise politique et le spectre d’opérations militaires ont également de lourdes conséquences humanitaires. Selon l’ONG autrichienne Global 2000, l’État n’est plus à même de financer un système de santé déjà faible et certaines thérapies contre le cancer destinées aux enfants ne sont plus disponibles dans le nord de l’Ukraine.

Par ailleurs, certaines associations étrangères ont mis leurs opérations entre parenthèse. L’ONG Enfants de Tchernobyl International, basée en Irlande, a ainsi dû suspendre un programme de chirurgie cardiaque destiné aux enfants d’un montant de 3 millions d’euros.

Le devenir des fantômes des centrales nucléaires

Voici un article vraiment très intéressant, repris de Sortir du nucléaire et ayant comme origine “Paris dépêches“.

C’est une présentation très claire du coût réel du nucléaire sur le long terme. Stockage des déchets, démantèlement des vieilles centrales… Cela va coûter une fortune… et ce dans tous les cas, qu’on arrête le nucléaire ou qu’on continue (cette dernière option ajoutant au problème, bien sûr). C’est un héritage dont on se passerait volontiers!

Nous sommes obligés de nous interroger sur la capacité de l’homme à prévenir les catastrophes. Son savoir est devenu immense, en même temps il a de grandes difficultés à se projeter dans le temps. La gestion du nucléaire en est un exemple. Par Antoine Laray [Antoine Laray est journaliste économique et financier]

Le XXIème siècle ne sera pas un siècle de paix. Les chercheurs du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec) viennent de publier leur troisième rapport. Alors qu’il faudrait limiter à 2 °C la hausse du thermomètre mondial par rapport à l’ère préindustrielle, nous sommes plutôt partis pour une hausse de 3,7 à 4,8 °C à l’horizon 2100. Quelques degrés qui vont peser lourd dans le devenir de la planète, lourd comme le coût des catastrophes climatiques dont on commence à entrevoir l’importance.

Longtemps, l’énergie nucléaire fut présentée comme une réponse bon marché et propre aux aléas climatiques. Elle s’est paradoxalement développée au même moment où est apparu le concept d’écologie, c’est-à-dire dans les années soixante-dix. Propre le nucléaire l’est quand tout va bien et si l’on oublie les milliers de tonnes de déchets radioactifs que l’on stocke aux bons soins des générations futures.

Propre, le nucléaire l’est également beaucoup moins en cas d’accidents industriels, trois à ce jour : Three Mile Island aux Etats-Unis, le 28 mars 1979, où 45% du cœur d’un réacteur à fondu mais la cuve a résisté ; le 26 avril 1986, un réacteur de la centrale soviétique de Tchernobyl explosait, envoyant dans l’atmosphère l’essentiel de ses matériaux combustibles ; enfin, le 11 mars 2011, la centrale de Fukushima explosait, entraînant la fusion des réacteurs. Trois accidents c’est peut-être peu, mais pour les deux derniers cela a entraîné des dizaines de kilomètres carrés interdits à jamais au retour des populations. En leur simple nom, peut-on parler d’énergie propre ?

Sait-on démanteler ?

Le nucléaire pose un autre problème. La durée d’une centrale nucléaire est d’environ une quarantaine d’années. Au-delà son taux d’usure devient coûteux et problématique. Mais la démanteler est aussi coûteux et problématique et ne reporte que de vingt ou trente ans la question.

Par exemple, le coût de l’arrêt d’une centrale comme Fessenheim devrait s’élever à 5 ou 8 milliards d’euros selon EDF, compte tenu de l’indemnisation des actionnaires privés. Or, non seulement les actionnaires privés d’EDF possèdent plus de 20% du capital, mais encore les réacteurs de Fessenheim sont détenus à plus de 30 % par une société allemande et des sociétés suisses. Ces actionnaires seraient à même de mener une action en justice et pourraient prétendre jusqu’à 1,8 milliards de dédommagement.

Il reste une autre question : sait-on démanteler une centrale nucléaire ? Aux Etats-Unis, sept réacteurs ont déjà été démantelés dont deux de forte puissance, du même type que ceux qui sont en fonctionnement en France. Par exemple, celui de Main Yankee a été démantelé en 8 ans, de 1997 à 2005, jusqu’à assainissement complet du terrain. En Angleterre, avant de commencer à démanteler les réacteurs, il a été décidé d’attendre plus de cinquante ans après la fin de l’exploitation mais, en France, ce n’est pas l’option qui a été retenue.

Le démantèlement d’un des réacteurs de Chooz, arrêté en octobre 1991, a commencé en 2007 et devrait être terminé en 2016. Quant au coût du démantèlement, il a été évalué « à la louche » par l’Etat à 15 % du montant de l’investissement. L’expérience montre que ce sera peut-être plus cher mais très probablement moins de 30 % du coût de l’investissement.

Corinne Lepage, affirmait récemment que le coût véritable du démantèlement des 58 réacteurs nucléaires français, serait compris entre 100 et 200 milliards d’euros, alors que l’addition des provisions faites par Areva et EDF s’élève à un montant proche de 18 milliards d’euros.

L’article 20 de la loi du 28 juin 2006 stipule que les exploitants de la filière doivent provisionner dans leurs comptes les charges futures concernant le démantèlement immédiat de leurs installations et affecter, à titre exclusif, un portefeuille d’actifs nécessaires à la couverture de ces provisions.

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui donne chaque année son avis sur les rapports remis par les exploitants concernant cette obligation, s’est prononcée le 7 avril dernier : « Les exploitants devront, pour la prochaine mise à jour des rapports, parfaire les méthodologies d’évaluation et compléter les justifications sur les hypothèses retenues pour évaluer les charges du démantèlement ». Au final, selon les calculs d’autres observateurs, le total du coût de déconstruction des centrales nucléaires (non actualisé) serait de l’ordre de 41 milliards.

Mine de sel, mine de fer…

Il reste que, après trente à quarante ans de production d’électricité par la fission de l’atome, tous les matériels intégrés dans le réacteur sont irradiés à un degré plus ou moins important. La technique de démontage s’avère très délicate si l’on veut éviter la contamination des travailleurs. De même, il faut ensuite enfermer très soigneusement les différents matériaux et liquides radioactifs pour éviter qu’ils contaminent l’environnement. De surcroît, le démantèlement crée un problème de stockage des pièces de la centrale devenues déchets radioactifs.

Le plus souvent, elles seront stockées aux abords mêmes de la centrale. Pour combien de temps ? « Au moins vingt ans, précise Jay Hyland, directeur de la sécurité nucléaire de l’Etat du Maine, aux Etats-Unis, probablement trente-cinq à quarante ans, ou peut-être même cent ans… Je ne sais pas. »

L’espoir des nucléaristes serait de les enfouir sous terre. Ils parient sur la certitude de les stocker sans fuite jusqu’à 300.000 ans. Dans la mine de sel d’Asse, en Allemagne, on a commencé il y a quarante ans à enfouir des déchets nucléaires. En 2004, la montagne de granit voisine a commencé à bouger et le site d’enfouissement à se fissurer. Et il faut y injecter du béton en permanence. On prépare un autre site dans une mine de fer à Konrad.

Au final, le démantèlement des centrales a un coût, qui pourrait au total atteindre des centaines de milliards d’euros. Service compris…

Une réalité s’impose : la jeune industrie du nucléaire, à force de lobbying notamment, s’est lancée dans une aventure exaltante certes, mais en oubliant l’ardente obligation qu’un jour le plus lointain possible, il faudrait démonter leur travail. Aucune étude n’a été faite dans ce sens alors que se dessinaient les futures plans des centrales… condamnées pour certaines à devenir la mémoire interdite des hommes.

3 ans après, la situation à Fukushima

Cette photographie a été prise à Fukushima. Elle témoigne de la vigueur du tsunami qui a frappé là-bas il y a trois ans. Elle rappelle également que la zone a dû être évacué, dans un périmètre toujours plus grand.

On a donc ici des rizières, qui entourent le distributeur de boissons. Mais il n’y a plus les humains qui organisaient ces rizières et qui utilisaient ce distributeur : la vanité de la domination de la Nature par la technique est ici exposée.

Ce n’est également pas le seul endroit au monde qui a été abandonné de telle manière par les humains : les environs de la centrale nucléaire de Tchernobyl a été pareillement abandonnée, notamment la ville de Pripiat. On retrouve les mêmes photos au caractère si étrange et inquiétant (Pripiat et Tchernobyl).

Bien entendu, cela ne plaît pas au gouvernement japonais qui prétend que tout est sous contrôle et qui entend forcer le retour des humains dans la zone. Voici un panorama de la situation fourni par Sortir du nucléaire, alors qu’en avril il n’y aura plus de dédommagements pour les gens ayant perdu leur emploi en raison de la catastrophe.

On notera cependant que, comme d’habitude, les animaux et l’océan sont les grands oubliés de l’évaluation de la situation.

Trois ans après, la situation à la centrale reste hors de contrôle. Les réacteurs éventrés doivent toujours être refroidis ; près de 400 000 tonnes d’eau s’accumulent dans des cuves construites à la va-vite, dont un grand nombre fuient.

Les stations de traitement des eaux ne sont toujours pas opérationnelles et les fuites hautement radioactives ont déjà atteint la nappe phréatique et l’océan, contaminant gravement le milieu marin.

Sur 67 poissons pêchés par Tepco dans le port devant la centrale en décembre 2013, 21 dépassaient 10 000 Becquerels/kg en césium 134 et césium 137, soit 100 fois la limite fixée par le gouvernement japonais.

L’évacuation du combustible usé du réacteur n°4, débutée en novembre 2013, devrait durer jusqu’à fin 2014. Mais il reste encore près de 2000 tonnes de combustible usé hautement radioactif sur l’ensemble de la centrale.

Où pourront-elles être stockées ? Par ailleurs, l’ensemble du site reste vulnérable à un nouveau séisme de grande ampleur.

Depuis 2011, plus de 30 000 travailleurs se sont succédés à la centrale, dont plus de 26 000 sous-traitants, au péril de leur santé.

Au fur et à mesure que ceux-ci accumulent des doses de radioactivité, la pénurie de travailleurs qualifiés se fait de plus en plus criante. Certains intervenants, recrutés parmi les sans-abris par la mafia, travaillent dans des conditions particulièrement indignes.

Près de 150 000 personnes déplacées suite à la catastrophe vivent toujours dans des conditions précaires. En avril 2014, Tepco cessera de dédommager ceux qui ont perdu leur travail suite à l’accident.

Ce même mois, pour la première fois, l’ordre d’évacuation sera levé et les habitants du district de Miyakoji (à 20 km de la centrale) devront rentrer chez eux, bien qu’en de nombreux endroits, la dose d’exposition autorisée pour le grand public de 1 millisievert/an soit largement dépassée.

Souhaitant arrêter de payer des compensations financières pour les évacués et limiter les frais des travaux de décontamination, le gouvernement entend hâter le retour dans les zones contaminées malgré l’opposition des habitants qui, à juste titre, craignent pour leur santé.

Des centaines de milliers de personnes continuent par ailleurs de vivre dans des villes et villages où le niveau de radioactivité ambiant justifierait pourtant l’évacuation.

Tas de terre radioactive abandonnés au bord des routes, maisons simplement passées au kärcher, mesures hâtives : dans la préfecture de Fukushima, les “décontaminations” sont un fiasco. Les habitants non évacués ont le choix entre se voiler la face ou contrôler le moindre aliment, le moindre objet.

Interdits de jouer dehors, condamnés à porter des dosimètres, les enfants sont les premières victimes. Les enfants de la préfecture de Fukushima doivent subir un examen médical à grande échelle.

Parmi les 250 000 qui y ont déjà été soumis, 74 pourraient déjà être atteints par un cancer de la thyroïde ; et pour 33 d’entre eux, le cancer ne fait plus de doute (chiffres au 31 décembre 2013).

Pour le radiologue spécialiste du cancer Hiroto Matsue, il ne fait pas de doute que tous ces cancers sont directement causés par Fukushima. Il déclare ainsi : “Depuis quarante ans que j’exerce, je n’avais jamais vu de thyroïde avec tellement de kystes et de nodules que je ne pouvais les compter. Ce n’est pas normal.” (Science&Vie, mars 2014, p.88)

À la contamination s’ajoutent des drames humains : de nombreuses familles sont séparées, les mères ayant préféré déménager pour protéger leurs enfants tandis que leurs maris souhaitaient rester sur place.

Tchernobyl, Fukushima, plus jamais ça !

Il y a trois ans, le 11 mars 2011, commençait ce qui a été appelé la catastrophe de Fukushima. Voici le communiqué de Sortir du nucléaire à ce sujet, avec un appel à la mobilisation.

10 mars 2014 : Tchernobyl, Fukushima, plus jamais ça ! 50 jours d’action contre le nucléaire

Alors qu’approche le 3ème anniversaire de la catastrophe de Fukushima, la France n’en a tiré aucune leçon.

Pire : les scénarios officieux plaident pour allonger la durée de fonctionnement des centrales, voire en construire de nouvelles !

En solidarité avec les victimes des accidents nucléaires et pour refuser la prolongation du risque atomique, le Réseau “Sortir du nucléaire“ lance un cycle de 50 jours d’action entre les dates des accidents de Fukushima et Tchernobyl.

Le coup d’envoi a été donné ce week-end, notamment avec une forte mobilisation en Alsace pour la fermeture immédiate de Fessenheim, l’occupation de 15 ronds-points autour de la centrale du Bugey et une quinzaine d’actions ailleurs en France.
Fukushima, trois ans après : la contamination et le déni perdurent

Le 11 mars 2014, la catastrophe de Fukushima entrera dans sa quatrième année. La situation à la centrale, touchée par des fuites d’eau radioactives permanentes, demeure ingérable. Des millions de personnes sont exposées quotidiennement aux radiations et 75 enfants de la préfecture de Fukushima pourraient être atteints par le cancer de la thyroïde.

Les autorités répondent par le déni et la censure à l’ampleur des dégâts et à la souffrance des populations. Ainsi, les habitants sont sommés de retourner vivre dans des zones hautement contaminées, font face aux mensonges sur les impacts des radiations et à la loi sur le secret d’État… Et malgré l’opposition de la population, le gouvernement compte relancer les réacteurs.

La France n’a tiré aucune leçon de Fukushima

Fukushima n’est pas une catastrophe “japonaise”, pas plus que Tchernobyl n’était une catastrophe “soviétique”. L’Autorité de Sûreté Nucléaire elle même le reconnaît : un tel accident peut avoir lieu en France.

Événements climatiques extrêmes, acte malveillant, panne, défaillance des installations liée au vieillissement (une vingtaine de réacteurs ont dépassé 30 ans de fonctionnement) ou à des défauts génériques, ou tout simplement erreur humaine : les éléments déclencheurs potentiels sont légion !

Alors même que les coûts de la « cure de jouvence » des centrales explosent, qu’EDF n’arrive plus à gérer les travaux de maintenance, que le chantier de l’EPR s’enlise et que les déchets s’accumulent, il est urgent d’abandonner cette énergie du passé, comme l’ont fait d’autres pays européens.

Mais, hors de tout bon sens, le gouvernement semble privilégier le scénario d’EDF, qui prévoit l’extension du fonctionnement des réacteurs, voire de nouvelles constructions ! Et plutôt que d’engager la France dans le tournant indispensable vers la sobriété et les énergies renouvelables, la loi sur la transition énergétique risque d’acter un dangereux statu quo.

50 jours d’actions partout en France pour arrêter le nucléaire avant la catastrophe !

En solidarité avec le peuple japonais, et pour dire non à la prolongation du risque nucléaire, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a appelé à un cycle d’actions pendant les 50 jours qui séparent les dates anniversaires des accidents de Fukushima et Tchernobyl. Manifestations, actions de rue, die-in, conférences-débat, pièces de théâtre se succèderont partout en France.

Le coup d’envoi de ces 50 jours d’action a été donné ce week-end. Samedi, des centaines de militants ont investi 15 ronds-points tout autour de la centrale du Bugey pour demander sa fermeture.

Dimanche, en Alsace, plus de 7000 manifestants ont investi sept ponts sur le Rhin ; die-in, concerts et chaînes humaines se sont succédé, suivis par une marche vers la centrale de Fessenheim. Les manifestants allemands, suisses, français et… japonais rassemblés devant la centrale ont rappelé l’urgence d’une sortie du nucléaire en France.

La France ne doit pas être le prochain pays à subir un accident nucléaire ! Alors que se jouent actuellement des décisions qui engageront l’avenir énergétique de la France, pendant 50 jours, nous nous mobiliserons pour porter haut et fort l’urgence de la sortie du nucléaire.

Revivez les mobilisations en Alsace : http://www.sortirdunucleaire.org/C-est-parti

Retrouvez la liste des actions prévues : http://www.sortirdunucleaire.org/50jours

Le point sur la situation à Fukushima : http://www.sortirdunucleaire.org/Plus-sur-Fukushima

Lutte contre l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure

Bure est un village de moins d’une centaine de personnes, à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne. Depuis 1994, l’État envisage d’y implanter un site d’enfouissement à 500 mètres sous terre, d’une surface de 15 km² et devant accueillir à terme environ 10 000 m3 de déchets HAVL (Haute Activité à Vie Longue) et 70 000 m3 de déchets MAVL (Moyenne Activité à Vie Longue).

A cela s’ajoute un site nucléaire en surface de 70 hectares avec une zone de stockage intermédiaire et une usine de reconditionnement, ainsi qu’un un puits de ventilation, classé INB (Installation Nucléaire de Base), relié directement au site à 500 mètres de profondeur.

Un site est consacré à la lutte contre ce projet. Le réseau Sortir du nucléaire a également une page spéciale à ce sujet. Voici justement son communiqué de presse, suite à une initiative hier.

12 février 2014 : Enfouissement des déchets à Bure – un projet irréaliste, irresponsable et irréalisable à arrêter immédiatement

Le Réseau “Sortir du nucléaire”, qui a manifesté ce matin devant le lieu du rendu du débat public sur CIGÉO [Centre Industriel de stockage GÉOlogique], rappelle la nécessité d’abandonner immédiatement ce projet.

Le fiasco d’un débat vidé de son sens

Le 15 mai 2013, la CNDP [commission nationale du débat public] lançait un « débat public » sur le projet d’enfouissement des déchets les plus radioactifs. En raison de la mobilisation des opposants, aucune session publique n’a été maintenue et la CPDP a dû se retrancher derrière un forum internet (solution de repli présentée comme une « innovation exceptionnelle ») et une conférence de citoyens pour satisfaire au cadre officiel. Une situation déplorée par la CPDP, qui a appelé à « retrouver la confiance entre citoyens, maître d’ouvrage et experts », sans tirer les leçons de ses déboires.

C’est ignorer que cette opposition forte était parfaitement légitime face à une mascarade pseudo-démocratique. Comment accepter ce cadre alors que le projet était imposé et qu’il ne s’agissait que de recueillir des avis, sans qu’il en soit tenu compte lors de la décision finale ? Avoir bloqué ce débat n’est pas, comme certains le disent, “anti-démocratique”, puisque notre volonté était de stopper un processus qui, lui, l’était depuis le départ.

Quel sens y avait-il à accepter un débat sur un projet flou, où le maître d’ouvrage dissimule des données et où certaines informations, comme les coûts du projet, ne sont même pas connues ? Ces problèmes n’ont pu être esquivés. Lors du dernier débat en ligne, un intervenant a notamment quitté la salle pour protester contre le fait qu’aucun budget clair n’était mis sur la table.

De leur côté, les 17 citoyens que l’ANDRA pensait suffisamment naïfs pour accepter sans rechigner ce projet fou, ont rendu, le 3 février, un avis demandant le report du projet.

Dernier fait marquant, au sein même de la commission particulière, des voix s’élèvent et se désolidarisent du compte-rendu du débat car leur position, qui diverge de celle du président Bernet, n’apparait pas dans les conclusions. Pour eux, rien n’a été fait pour se sortir de l’impasse, ils ont été censurés et ils comptent bien s’exprimer.

Un hiatus entre des éléments tangibles et des conclusions naïves

Lors du bilan effectué aujourd’hui, de nombreux éléments lourds ont été mis sur la table, dénoncés par de nombreux opposants : flou sur l’étendue du projet et ses coûts, risques, incertitudes sur les déchets à stocker et leur conditionnement, controverses autour du potentiel géothermique à l’aplomb du site, critiques émanant des voisins allemands et luxembourgeois, problèmes éthiques évidents…

La CPDP a également pris acte de plusieurs irrégularités, notamment le fait que l’ANDRA ait passé des marchés publics pendant le débat comme si tout était déjà décidé.

Au vu de tous ces éléments relevés par la CPDP, comment peut-elle se contenter de plaider pour « la vérité, la responsabilité et la précaution » et de préconiser un simple report du projet et la mise en place d’une phase pilote ?

La contestation a été entendue, intégrée, mais la conclusion qui aurait dû être tirée – l’abandon du projet – n’est toujours pas à l’ordre du jour. Ce n’est pas d’être « rassurés » qu’ont besoin les citoyens, c’est de voir abandonner ce projet irresponsable.

Les annonces de “report de calendrier” sont de nouvelles manœuvres pour gagner du temps – il faut stopper CIGEO !

Ce report du calendrier n’est pas une surprise. Le 30 janvier dernier, l’IRSN elle même se positionnait en sa faveur. Et pour cause, malgré les efforts de communication de l’ANDRA, le projet d’enfouissement des déchets les plus radioactifs et dangereux est tellement fou qu’il en est inconcevable.

Le dossier que l’ANDRA a souhaité mettre en débat n’a rien d’un projet – rien n’étant réellement défini – et n’aurait jamais du être mis sur la table : pas de coûts précis, pas de liste exacte des matières et quantité de déchets qui y seraient stockés, aucune analyse des impacts radiologiques, pas de schéma de transports pour acheminer les déchets pendant 100 ans et un projet présenté comme évolutif.

La demande de l’IRSN de revoir le calendrier est symptomatique du flou total qui entoure ce projet. Mais ce ne sont pas quelques années de plus qui permettront à l’ANDRA de mieux le définir et de penser l’impensable.

Les modifications apportées à la marge ne changeront rien à l’affaire : les risques géologiques, le potentiel géothermique occulté, le problème éthique du fardeau des déchets, tous ces problèmes demeureront. CIGÉO doit tout simplement être annulé.

Le Réseau “Sortir du nucléaire” demande l’arrêt immédiat du projet et réaffirme son soutien entier à ceux qui luttent sur place pour empêcher la réalisation ce projet irréaliste et irresponsable. Il réitère également sa demande que CIGÉO soit sorti du projet de loi sur la transition énergétique.

L’urgence est d’arrêter le nucléaire et non de décider d’enfouir ses déchets qui resteront radioactifs et ingérables pour des milliers d’années.

“Sellafield”

Le nom de « Sellafield » est très largement inconnu. Il a pourtant une importance capitale : il s’agit d’un lieu tout au nord de l’Angleterre, abritant 400 bâtiments sur 10 km², entièrement consacrés au nucléaire.

On y trouve du traitement de déchets radioactifs ainsi que leur stockage, des activités militaires, quatre réacteurs qui ont été arrêtés en 2003, la production de MOX a stoppé suite à Fukushima et l’arrêt d’exportations vers le Japon, etc.

Le complexe de Sellafield est le grand projet nucléaire de la Grande-Bretagne ; au début même, les déchets radioactifs étaient amenés par pipe-line au large de la mer d’Irlande ! Il y a ainsi sans doute 200 kilogrammes de plutonium abandonnés au fond de l’océan de cette manière…

Hier, un « niveau élevé de radioactivité » a été détecté, mais attribué à une origine « naturelle ».

Ben voyons ! Doit-on faire confiance à cette information ? Pas quand on connaît l’histoire de Sellafield ! Les multiples falsifications de données – reconnues officiellement – parlent d’elles-mêmes, et entre 1950 et 2000, cela a donné 21 incidents importants….

Sellafield s’appelait même d’abord Windscale, mais depuis un incident très grave en 1957 (pas moins qu’un incendie!) le nom a été changé, pour tenter de gommer les effets désastreux dans l’opinion publique suite à la diffusion d’un nuage radioactif sur 500 km²…

Ce qui n’empêche pas d’autres catastrophes, notamment en 2005 où l’on a… découvert 83 000 litres de matière radioactive dans une pièce récupérant les éventuelles fuites… On s’est même aperçu que cela faisait huit mois que cela fuyait…

Sellafield pose un problème terrible, dans une région du monde par ailleurs très marquée en général par le nucléaire et ses déchets.

En 1992 a eu lieu un grand concert pour stopper Sellafield, à l’appel de Greenpeace. Parmi les groupes présents, on a pu voir U2 (Sellafield est une épine dans le pied de l’Irlande), Public Enemy ou encore Kraftwerk.

Le groupe de musique allemand Kraftwerk a été brillamment avant-gardiste dans le domaine de la musique électronique. Il a par la suite modifié sa chanson « radioactivity » pour en faire un appel anti-nucléaire.

Sous la forme « Sellafield 2 », la brève chanson explique ainsi que :

« Sellafield 2 will produce 7,5 tons of plutonium every year
1,5 kilogram of plutonium make the nuclear bomb
Sellafield 2 will release the same amount of radioactivity
Into the environment as the Tschernobyl every 4,5 years
One of these radioactive substances
Krypton 85, will cause death and skin cancer »

« Sellafield 2 produira 7,5 tonnes de plutonium chaque année
1,5 kilo de plutonium fait une bombe nucléaire
Sellafield 2 va libérer la même quantité de radioactivité
Dans l’environnement que Tchernobyl, toutes les 4,5 années
Une de ces substances radioactives,
Le Krypton 85, causera la mort et le cancer de la peau »

Voici ce que cela donne: tout d’abord, la chanson en live jouée lors des concerts.

Voici une présentation de 1992, à l’occasion du concert “Stop Sellafield”.

Enfin, le très grand classique, qu’est l’original de 1975.

Voici, pour finir, le texte de Radioactivity en 1975, et en-dessous celui de la nouvelle version.

Radioactivity,
Is in the air for you and me.
La radioactivité,
est dans l’air pour toi et moi.
Radioactivity,
Discovered by Madame Curie.
La radioactivité,
découverte par Madame Curie.
Radioactivity,
Tune into the melody.
La radioactivité,
Le ton dans la mélodie.
Radioactivity,
Is in the air for you and me.
La radioactivité,
est dans l’air pour toi et moi.
Radioaktivität,
Für dich und mich im All entsteht.
La radioactivité,
Créée dans l’espace pour toi et moi.
Radioaktivität,
Strahlt Wellen zum Empfangsgerät.
La radioactivité,
Propulse des ondes vers le récepteur.
Radioaktivität,
Wenn’s um unsere Zukunft geht.
La radioactivité,
quand il en va de notre avenir.

La nouvelle version:

Tschernobyl, Harrisburgh
Sellafield, Hiroshima
Tschernobyl, Harrisburgh
Sellafield, Hiroshima
Tchernobyl, Harrisburgh
Sellafield, Hiroshima
Tchernobyl, Harrisburgh
Sellafield, Hiroshima
Stop radioactivity
Is in the air for you and me
Stop radioactivity
Discovered by Madame Curie
Stopper la radioactivité
est dans l’air pour toi et moi.
Stopper la radioactivité
découverte par Madame Curie.
Chain reaction and mutation
Contaminated population
Stop radioactivity
Is in the air for you and me
Réaction en chaîne et mutation
Population contaminée
Stopper la radioactivité
est dans l’air pour toi et moi.
Radioactivity
Radioactivity
La radioactivité
La radioactivité

Les transports radioactifs en France

La semaine dernière, un train transportant un wagon de déchets radioactifs a déraillé à la gare de triage de Drancy, en banlieue parisienne. Voici la situation des transports de déchets radioactifs expliquée par le réseau Sortir du nucléaire.

Si selon les discours officiels aucune fuite ne s’est produite cette fois-ci, cet accident est un signal d’alerte. Ce transport qui a déraillé ce lundi n’est que la partie immergée de l’iceberg de tout un système. Les installations et usine de l’industrie nucléaire étant disséminées sur tout le territoire, l’industrie nucléaire génère chaque jour des transports dangereux. De l’extraction du minerai jusqu’aux installations de stockage, l’uranium va suivre un long et dangereux périple, dans le plus grand secret.

Le long périple de l’uranium

Des substances radioactives circulent en permanence dans l’Hexagone : chaque année, des centaines de milliers de colis radioactifs sillonnent la France, par voies ferroviaires, fluviales ou routières.

Avant d’être utilisé dans les réacteurs, l’uranium va être transporté d’une usine à l’autre.

Au sortir de la mine, il est tout d’abord transporté par camion jusqu’aux ports pour être chargé dans des bateaux et rejoindre les ports français. De là, il est acheminé par train vers l’usine Comurhex Malvési près de Narbonne. Il rejoint ensuite, par camion, le site du Tricastin dans la Drôme, pour finalement être envoyé à l’usine FBFC à Romans-sur-Isère.

Une fois conditionné, le combustible nucléaire est envoyé vers les 19 centrales nucléaires françaises, le plus souvent par train dans des conteneurs appelés CASTOR (Cask for storage and transport of radioactive material).

Après utilisation dans les réacteurs, le combustible usé est expédié par le rail à l’usine de “retraitement” de La Hague (Manche). C’est également le cas de certains déchets étrangers. Après “retraitement”, certains déchets restent sur place (les déchets vitrifiés français et une partie du plutonium). Les déchets traités et vitrifiés étrangers, eux, sont renvoyés dans les pays qui les ont produit.

Enfin, l’uranium issu du retraitement (URT) reprend lui aussi la route, ainsi qu’une partie du plutonium. Chaque semaine, des convois de cette substance extrêmement toxique traversent la France, partant de La Hague pour rejoindre l’installation MELOX, dans le Gard. Là-bas, elle entrera dans la composition du combustible MOX.

Des transports dangereux

Lors de ces va-et-vient radioactifs, ni la sécurité de la population ni la protection de l’environnement ne sont garanties. De nombreux problèmes ont déjà été enregistrés sur ces transports. Ainsi, en janvier 2013, un convoi d’uranium appauvri et de combustible usé a déraillé à Saint-Rambert, dans la Drôme, alors que le personnel SNCF de cette gare n’est pas formé à intervenir sur ces convois, ni informé des risques.

Ces convois sont plus ou moins radioactifs et ceux qui posent le plus problème sont les convois de combustibles usés, comme celui qui a déraillé aujourd’hui.

Hautement radioactifs, ils émettent des rayonnements importants malgré le blindage des CASTOR. Les tests effectués sur ces conteneurs ne sont d’ailleurs absolument pas satisfaisants, de nombreuses configurations n’ayant jamais été étudiées : collision avec un transport d’hydrocarbure, chute d’un pont sur une surface non plane, naufrage en haute mer… Ces scénarios extrêmes ne sont pourtant pas improbables.

Par ailleurs, c’est Areva elle-même qui procède à l’inspection de ses conteneurs. Comment assurer la sécurité avec un tel amalgame entre contrôleurs et contrôlés ? En outre, les tests concernent seulement les conteneurs, et non pas les voies empruntées, ce qui suggère que tous les moyens de transports et toutes les routes peuvent être empruntées… même les moins sûrs.

Transports radioactifs : le culte du secret

Officiellement, la politique de gestion des matières et des déchets radioactifs s’établit selon un plan de « mesures de transparence et de démocratie »… _Pourtant, les itinéraires de ces déchets sont gardés secret, à l’instar du convoi de combustible MOX envoyé vers le Japon le mardi 16 avril 2013, qui a été classé « secret défense » par Areva. La multinationale française justifie cette opacité par la prévention du risque terroriste.

En matière de transport nucléaire, ni les élus locaux ni les citoyens ne sont informés. Alors qu’en Allemagne, les agents assurant la sécurité des convois ont l’interdiction de s’approcher à moins de sept mètres des CASTOR, aucune mesure officielle n’est prise en ce sens en France. Lorsqu’un train de déchets traverse une gare, les cheminots sont exposés aux radiations… tout comme les usagers.

“Le nucléaire n’est pas une énergie décarbonée ! Non aux aides d’État atomiques !”

Ces dernières années, le nucléaire a été remis en question comme jamais en France. Auparavant, c’était un grand tabou, que même la catastrophe de Tchernobyl n’avait pas remis en cause. Cependant, de par le double jeu d’EELV, l’industrie du nucléaire ne voit pas sa situation changer. Elle n’est pas menacée, et l’Etat apporte même encore plus de soutiens…

Voici un aperçu de la situation sur ce point, par Sortir du nucléaire.

La France soutient les subventions au nucléaire au lieu d’agir pour la transition énergétique

17 septembre 2013 : Le nucléaire n’est pas une énergie décarbonée ! Non aux aides d’État atomiques !

Communiqué commun du Réseau “Sortir du nucléaire“, des Amis de la Terre, Réaction en Chaîne Humaine et du Réseau Action Climat – 17 septembre 2013

À l’approche de la Conférence environnementale, le bilan de la politique énergétique française est affligeant. Au lieu d’agir pour la transition énergétique, et alors même qu’elle prétend réduire la part du nucléaire, la France fait des pieds et des mains pour soutenir l’industrie atomique !

C’est ainsi que, depuis des mois, EDF, Areva et les autorités françaises agissent de concert au niveau européen pour que le nucléaire puisse bénéficier de nouvelles subventions. Le Réseau “Sortir du nucléaire“, les Amis de la Terre, le Réseau Action Climat et Réaction en Chaine Humaine dénoncent ces pratiques de lobbying agressives et opaques sur un sujet qui concerne le futur de l’ensemble des citoyens européens.

Inquiète du recul du nucléaire au niveau international et anticipant sans doute le renouvellement de son parc nucléaire, la France soutient dans l’ombre des couloirs de Bruxelles les projets de la Commission Européenne visant à faire bénéficier le nucléaire des mêmes subventions que les énergies renouvelables [1].

Les nouvelles règles encadrant les aides d’État en Europe sont actuellement au stade des propositions mais seront très prochainement soumises à consultation au niveau des Etats avant leur vote au niveau européen. Ces consultations se déroulent généralement loin des débats publics mais plusieurs associations telles que les Amis de la Terre, le Réseau “Sortir du nucléaire“ et la Réaction en chaîne humaine entendent bien les mettre sous les projecteurs !

En traitant le nucléaire comme une énergie « décarbonée », ce projet est du pain béni pour les pays pro nucléaires tels que la France, la Grande-Bretagne, la Pologne et la République Tchèque car il leur permettrait de financer le nucléaire [2] sans enfreindre les règles de libre concurrence.

Mais, outre le fait que le risque d’accident et la production de déchets ingérables devraient suffire à interdire tout recours au nucléaire, c’est occulter que l’ensemble de la filière émet bien des gaz à effet de serre [3]. « Plaider le caractère « décarboné » du nucléaire est surtout un excellent alibi pour la France pour maintenir le statu quo et continuer de financer ses fleurons industriels », déclare Lucie Pinson des Amis de la Terre.

Les subventions au nucléaire, c’est autant de fonds qui ne vont pas aux économies d’énergie et aux énergies renouvelables. C’est pourtant bien celles-ci et non l’atome qui constituent les vraies solutions au changement climatique.

Les associations dénoncent en outre un favoritisme inacceptable pour le nucléaire. « Les aides d’État étant en principe destinées au soutien de technologies en développement, il est scandaleux d’en faire bénéficier le nucléaire : dangereuse et inutile, cette technologie du siècle dernier a déjà été sur-subventionnée de manière directe et indirecte » rajoute Charlotte Mijeon du Réseau “Sortir du nucléaire“.

Financement de la recherche, construction du parc avec les fonds publics, sous-estimation du coût des déchets et du démantèlement dans le prix de l’électricité, réparation et indemnisation par l’Etat en cas d’accident, garanties de la COFACE pour soutenir les exportations… la liste est longue !

« En tant que citoyens européens, nous pensons que seules les énergies renouvelables et les économies d’énergie, qui sont d’ailleurs bien plus créatrices d’emplois que le nucléaire, doivent être soutenues », déclare Christine Hasse de la Réaction en chaîne humaine.

Mais pour vendre des réacteurs, la France est prête à toutes les manigances.

À travers ces lignes directrices, la France se fait le relais des intérêts d’EDF, qui demande à pouvoir bénéficier d’un tarif d’achat garanti pour l’électricité produite par le réacteur EPR qu’elle veut faire construire en Grande-Bretagne pour compenser ses coûts financiers élevés.

Au regard du droit européen actuel, ce mode de financement est illégal [4] ; mais si elles entraient en vigueur, les nouvelles lignes directrices pourraient ouvrir la porte à des mécanismes qui reportent les coûts sur les contribuables. Ces tentatives des firmes nucléaires pour capter l’argent public sont d’autant plus révoltantes qu’en parallèle, Areva a mené des démarches auprès de la Commission Européenne pour demander le « retrait progressif » de « toute une série de distorsions tarifaires » telles que « les subventions aux énergies renouvelables et à la lutte contre la précarité énergétique » [5] !

Ces manoeuvres en sous-main d’un État aux ordres de l’industrie nucléaire sont inacceptables et ôtent toute crédibilité à un gouvernement qui prétend réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique.

Sur ces sujets qui engagent l’avenir énergétique, les citoyens français et européens méritent des décisions transparentes et soucieuses du bien commun. Les associations invitent les citoyens à signer la pétition envoyée à la Commission Européenne (www.my-voice.eu) pour dénoncer ces processus non démocratiques et demander une vraie transition énergétique plutôt qu’un soutien indécent à une technologie mortifère.

[1] Voir ici les contributions de la France et des autres pays : http://ec.europa.eu/competition/state_aid/modernisation/energy_environment_en.html#comments

[2] http://www.independent.ie/world-news/scene-set-for-nuclear-power-row-as-eu-rules-on-state-aid-due-soon-29506330.html

[3] Voir la brochure inter-associative Face à la menace climatique, l’illusion du nucléaire : http://www.rac-f.org/Face-a-la-menace-climatique-l

[4] Voir les travaux de la coalition Energy Fair : http://www.energyfair.org.uk/

[5] http://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/nuclear-boss-wants-to-cut-family-fuel-aid-8537553.html

Situation d’urgence à Fukushima, 2 ans et demi après le drame

La catastrophe de Fukushima, qui a eu lieu en mars 2011, était un événement tragique qui est loin, très loin d’être résolu, comme en témoigne la récente fuite d’eau radioactive survenue au début du mois d’août. Comme expliqué dans l’article ci-dessous, ce sont chaque jour 300 litres d’eau contaminée qui se déversent dans l’océan. Cette eau est chargée de tritium, de strontium, de césium et d’autres éléments radioactifs, contaminant ainsi les mondes marins végétaux et animaux, et cela pour une durée indéterminée et dramatiquement longue.

Mercredi 21 août, l’autorité de régulation nucléaire du Japon a réévalué l’importance de la fuite d’eau radioactive qui s’est produite ces derniers jours et elle qualifie cette fuite d’incident “grave” de niveau 3 sur l’échelle internationale des événements nucléaires allant de 0 à 7.

Voilà des mois que les informations sur les fuites d’eau radioactive issue de la centrale de Fukushima sortent graduellement au grand jour, sans que soient révélés officiellement leur ampleur ou leur impact sur l’environnement. Le gouvernement japonais a finalement rendu publique une estimation de leur quantité, mercredi 7 août : ce sont 300 tonnes d’eau contaminée qui se déversent chaque jour dans l’océan Pacifique, plus de deux ans après la catastrophe nucléaire causée par un séisme et un tsunami, en mars 2011.
Qualifiées de “situation d’urgence” mardi par l’Autorité de régulation nucléaire japonaise (NRA), ces fuites ont été estimées par l’opérateur Tokyo Electric Power (Tepco), en termes de radioactivité, à vingt à quarante mille milliards de becquerels entre mai 2011 et juillet 2013.

Le premier ministre, Shinzo Abe, un conservateur favorable à la relance de l’énergie nucléaire, a évoqué “un problème urgent qui suscite beaucoup d’inquiétude dans la population”, et s’est engagé à accentuer les efforts du gouvernement pour contenir ces fuites – que le gouvernement prévoit de limiter à 60 tonnes par jour à partir de décembre.

POISSONS RADIOACTIFS

A la fin du mois de juillet, Tepco était revenu sur sa théorie selon laquelle l’eau chargée de tritium, de strontium, de césium et autres éléments radioactifs stagnait sous terre, avouant qu’elle atteignait l’océan. A la suite de cet aveu, l’autorité nucléaire japonaise a prévu d’enquêter sur les causes de ces fuites et de surveiller la contamination de l’océan.

Ces rejets dans le Pacifique n’étaient cependant un secret pour personne. En janvier par exemple, un poisson pêché près de la centrale présentait un niveau de contamination radioactive plus de 2 500 fois supérieur à la limite légale – au grand dam des pêcheurs de la région.

Et alors que Tepco assurait encore que l’eau restait bloquée dans les sous-sols, l’opérateur avait enregistré, dans un puits situé entre les réacteurs et la mer, un niveau de radioactivité de plusieurs dizaines de milliers de fois supérieur à la dose limite admise pour de l’eau de mer – niveau qui grimpait encore au mois de juillet.

CUVES, PRODUIT CHIMIQUE ET FILETS

Ces fuites d’eau radioactive sont issues du refroidissement des réacteurs ravagés. De l’eau douce y est injectée en permanence pour les maintenir à une température inférieure à 50 ºC. Chaque jour, ces opérations produisent 400 tonnes d’eau hautement radioactive, dont une partie est stockée dans des réservoirs souterrains. Tepco a reconnu que certains d’entre eux fuyaient.

Critiqué pour sa gestion de l’accident nucléaire et pour sa communication, Tepco a décidé de prendre diverses mesures pour empêcher ces fuites. Pour l’instant, l’opérateur s’efforce de construire une paroi enterrée entre le site et l’océan, d’étanchéifier les galeries de la centrale, et de construire de nouvelles cuves de stockage à la surface, pour éviter les fuites souterraines. Le quotidien Asahi relevait récemment que le produit chimique que Tepco injectait pour solidifier les sols n’était toutefois pas efficace au niveau des nappes phréatiques.

Tepco compte aussi sur un nouveau système de décontamination de l’eau, l’ALPS (Advanced Liquid Processing System), grâce auquel il espère obtenir l’autorisation du gouvernement de pouvoir la déverser dans l’océan. En attendant, l’opérateur installe des filets pour éviter que les poissons contaminés ne partent trop loin, au risque d’être consommés par d’autres espèces ou pêchés.

Les suites de la catastrophe nucléaire sont loin d’être stabilisées dans la centrale de Fukushima, où les incidents sur le chantier se multiplient, et où l’état des réacteurs endommagés, toujours à la merci d’un séisme, continue d’inquiéter. Le démantèlement complet des installations devrait prendre une quarantaine d’années, et l’Etat a déjà versé près de 30 milliards d’euros à Tepco, qui ont servi à sécuriser le site et à indemniser plus d’un million de victimes. Environ 3 000 ouvriers travaillent dans ce chantier de déconstruction, le plus grand de l’histoire du nucléaire. En juillet, Tepco a annoncé que 2 000 d’entre eux risquaient un cancer de la thyroïde.

Un test de missile intercontinental à 120 millions d’euros…

L’écologie a disparu avec l’affirmation générale de la crise du capitalisme. Au mieux, c’est devenu un prétexte de modernisation et de relance, au pire un vague faire-valoir. Il n’est donc guère étonnant que lors de son grand rassemblement parisien d’hier contre la « finance » et « l’austérité », Mélenchon n’ait pas parlé du missile M51 qui a été lancé également hier.

Pourtant, ce M51 en question coûte… 120 millions d’euros l’unité. Et les médias en ont parlé en fait car le test de ce missile (sans charge atomique) au large du Finistère a totalement raté, s’étant rapidement auto-détruit. Il y en aura donc un autre, ce qui fait déjà 240 millions d’euros. On pourrait pourtant en faire des choses avec cet argent…

Surtout quand on sait que c’était déjà le sixième test… 6 fois 120 égal 720… 720 millions d’euros… On pourrait en faire des choses vraiment utiles, avec 720 millions d’euros…

Mais on peut aussi en faire des choses avec un tel missile, et des choses bien moches.

Il s’agit d’un missile intercontinental, pouvant atteindre une cible à au moins 8000 km (au lieu de simplement 6000 km comme le modèle précèdent), après un vol à 1000 km d’altitude à Mach 25 (30 000 km/h, ce sont les mêmes « boosters » que pour Ariane 5).

Tout cela pour envoyer ce monstre de 56 tonnes amener pas moins de six têtes nucléaires sur une population qui serait « ennemie »… C’est terrifiant. On peut voir à quoi cela ressemble sur le site d’EADS, sur cette page.

Ces missiles seront potentiellement utilisées par les sous-marins « Le Terrible » et « Le Vigilant » (où ils sont déjà présents), et bientôt par « Le Triomphant » et « Le Téméraire », et par le porte-avions Charles-de-Gaulle, ainsi que des avions du type Mirage 2000N et Rafale.

C’est une menace terrible pour la vie de notre planète, une sacrée preuve de l’erreur complète d’identité de l’humanité, qui s’imagine au-dessus de tout.

Voici un appel à un rassemblement aujourd’hui, diffusé notamment par le collectif Non au missile M51:

Lundi 6 mai à 15h30 au pied du phare d’Eckmühl: protestation contre le tir du nouveau missile nucléaire M51 au large des cotes Finistériennes

A quelques heures d’un nouveau tir d’essai du missile nucléaire M51, le collectif Bretagne et Grand Ouest du Mouvement de la Paix appelle à un regroupement de protestation le lundi 6 mai 2013 à 15h30 à Penmarhs au pied du Phare d’Eckmühl

Le missile M51 une fois chargé d’armes atomiques emporte une capacité de destruction de 60 à 80 fois la bombe larguée sur Hiroshima. Il a donc une capacité de tuer de l’ordre de 10 millions d’habitants si ses missiles atteignent leurs cibles.

Les 80 nouveaux missiles M51 qui seront construits sur la presqu’île de Crozon sont destinés à remplacer les 80 missiles M45 que la France a fini d’installer seulement en 2010 sur les sous marins de l’Île longue.

En période de crise et d’austérité, il y a d’autres choix à faire que d’investir dans des armes illégales, inutiles militairement, coûteuses et éthiquement inadmissibles.

D’autant que les hôpitaux, les universités, les écoles, les services publics qui manquent de crédits pour la modernisation de leurs équipements devront comme d’habitude faire la quête et poursuivre leur course à la recherche de moyens.

Tout ce-là nous appelons aussi à venir le dire le dimanche 9 juin à Crozon avec beaucoup d’autres organisations et citoyens dans le cadre du « Festival Debout tout le monde pour la justice, la paix et le désarmement Nucléaire »

Lovelock et l’illusion du nucléaire

Nous avons à plusieurs reprises cité James Lovelock, l’un des scientifiques ayant travaillé sur la théorie de Gaïa. Cependant, Lovelock a fini par capituler avec le temps (contrairement à d’autres), acceptant une “réforme” du système pour maintenir le “statu quo”. En fait, rejetant le principe d’évolution, Lovelock a fini par affirmer qu’il voulait l’équilibre à tout prix et que par conséquent il n’existait plus qu’un choix possible : le nucléaire!

C’est une conception absurde, qui nie la nécessité de la prise nécessaire de conscience de l’humanité, une pseudo solution technique venant sauver le tout. C’est là pour le coup nier Gaïa et voir le problème d’un seul angle.

A titre d’illustration, voici un extrait de l’article de Lovelock intitulé “Le nucléaire: un choix sûr”, datant de 2005, et n’étant qu’une théorie servant à justifier le caractère non démocratique des choix planétaires, le caractère “élitiste” des choix (avec le nucléaire) au nom de “l’idiotie” des gens, etc. Bien entendu, c’est une conception qui vise également à maintenir l’exploitation animale, en préservant le système tel qu’il est…

La plupart des gens n’ont aucune idée de la gravité du changement climatique, ou de la façon dont notre planète maintient un climat et un environnement habitables. Si l’on est parfois conscient de l’interaction dynamique entre les écosystèmes à la surface de la terre, ceux des océans et leur environnement physique, il est rare que l’on se rende compte que c’est cette interaction qui rend la terre habitable.

Au contraire, on croit généralement que l’on peut cultiver toute la surface fertile de la planète pour se nourrir. Or ce n’est pas le cas: la planète a besoin d’une partie de ses terres pour réguler ses équilibres chimiques, son climat et ainsi rester habitable.

Le réchauffement climatique résulte de la pollution engendrée par les combustibles et par la destruction des habitats naturels comme les forêts tropicales. Il faudra des dizaines d’années pour changer de manière significative les pratiques agricoles mondiales. De ce fait, nous n’avons guère d’autres choix que de réduire drastiquement la proportion d’énergie produite par cette dangereuse pratique qu’est la combustion du pétrole. Il serait merveilleux de pouvoir subvenir aux besoins de notre civilisation uniquement grâce à l’agriculture biologique et aux énergies renouvelables.

Il est cependant ridicule de croire que l’on pourra le faire à temps pour éviter les retombées catastrophiques de l’effet de serre. Ce qu’il nous faut, c’est un portefeuille de sources d’énergies qui aient fait leurs preuves en matière de sécurité et de coût. Aucune d’entre elles ne peut à elle seule satisfaire tous les besoins. L’énergie nucléaire y occuperait une place majeure et complèterait la maigre production des sources renouvelables et d’un mode de combustion des énergies fossiles qui séquestre le dioxyde de carbone. Le nucléaire est désormais, du point de vue économique et technique, un procédé sûr et sensé qui a justement fait ses preuves.

Cependant, le public en a généralement peur et cette peur entretient un climat d’ignorance qui nourrit une vision exagérée du prix à payer pour la production d’énergie et le traitement des déchets nucléaires.

Comparée à l’énergie fossile, l’énergie atomique présente l’énorme avantage qu’il est très facile d’en traiter les déchets. La combustion d’énergie fossile produit 27 milliards de tonnes de dioxyde de carbone par an. À l’état solide, c’est assez pour ériger une montagne de 2 km de haut sur une base de 10 km de circonférence. La même quantité d’énergie obtenue par réaction nucléaire produit 14.000 t de déchets de haute activité. De quoi remplir un cube de 16 m de côté. Le CO2 est invisible, mais si toxique qu’à moins d’en contrôler les émissions, nous en mourrons tous.

Les déchets nucléaires enfouis au fond de fosses sur les sites de production ne constituent pas une menace pour la terre et ne sont dangereux que pour ceux qui seraient assez stupides pour s’exposer aux radiations.

On parle beaucoup d’enfouir les déchets fossiles, mais c’est méconnaître l’énormité de la tâche. Comment fera-t-on pour les récupérer aux innombrables points de production à travers le monde? Où mettra-t-on les montagnes qui se constituent tous les ans?

Je trouve triste, bien que très humain, que des administrations entières se préoccupent des déchets nucléaires, que d’énormes organisations s’évertuent à faire cesser l’activité des centrales, alors que rien de comparable n’est entrepris contre ce fléau qu’est le CO2.

Lors d’une interview à la télévision, le journaliste m’a demandé: “Et les déchets nucléaires alors? Les écologistes disent que ça va empoisonner toute la biosphère et mettre des millions d’années à disparaître”. Je sais que c’est une contre-vérité d’une ampleur digne du baron de Münchhausen; je sais aussi que pour la nature, les déchets nucléaires constituent un parfait garde-fou contre la rapacité des promoteurs. S’ils causent quelques légers dommages, c’est un moindre mal. Car ce qui est frappant sur les lieux fortement contaminés par des radiations, c’est la richesse de la faune et de la flore.

Cela se vérifie dans la région autour de Tchernobyl, sur les sites des essais nucléaires dans le Pacifique et dans les zones situées près des fameuses centrales Hanford de la Deuxième guerre mondiale. Les plantes et les animaux ne perçoivent pas les radiations comme dangereuses et, si cela réduit leur espérance de vie, cela reste moins risqué pour eux que la fréquentation des humains, de leur bétail et de leurs animaux domestiques. Il est facile d’oublier que nous sommes désormais si nombreux que la moindre extension de nos activités agricoles, forestières et immobilières fait des dégâts dans la nature.

S’agissant de Tchernobyl, ce que l’on dit rarement, car c’est soi-disant contraire à la sagesse, c’est qu’un parc naturel est apparu dans les alentours jugés trop radioactifs pour qu’on s’y aventure. Pour les animaux et les oiseaux de l’Ukraine, l’absence d’humains compense largement les éventuels effets des radiations. Ils vivent et se reproduisent mieux que dans l’espace non contaminé en dehors de leur enclave. La faune et la flore de Tchernobyl ne savent rien des radiations et n’en ont pas peur.

Que leur durée de vie s’en trouve légèrement réduite ne les dérange pas plus que ça. Cette expérience ne suggère-t-elle pas que les meilleurs endroits pour enterrer les déchets radioactifs seraient les forêts tropicales et les autres habitats qui ont besoin d’être efficacement protégés de la convoitise de fermiers affamés et de promoteurs cupides?

On se prive des bienfaits de l’énergie atomique par peur d’un danger exagéré et à cause d’une classe politique intrinsèquement réticente à risquer l’impopularité. Certains membres du mouvement vert l’admettront officieusement, mais sachant que leurs électeurs sont persuadés que le nucléaire est le pire des dangers, il leur est quasiment impossible de changer de position. Certains à gauche, ayant gardé en mémoire l’échec de la grève des mineurs au début des années 80 et le rôle qu’y joua le nucléaire en assurant l’alimentation en électricité, y voient un pilier du capitalisme.

C’est pour eux une objection politique et humaine de poids. Cependant, lorsque l’ampleur des conséquences globales de la combustion fossile sera admise, je pense qu’ils comprendront qu’une telle objection est un luxe que l’on peut difficilement se permettre. Le siècle prochain connaîtra sans doute la première catastrophe climatique. On comprendra alors quel mauvais service nous auront rendu nos hommes et femmes politiques en boudant l’atome. Ceux d’entre eux qui auront cédé à la peur et auront permis la fermeture de centrales auront des comptes à rendre.

Pourtant, dans le pire des cas, si Tchernobyl devenait endémique, notre espérance de vie serait légèrement moindre dans un monde modérément radioactif. C’est en fait peu probable: au fil du temps et des expériences, l’ingénierie nucléaire, comme l’aviation, est devenue plus sûre et va continuer dans cette voie. Ce qui est plus probable et qui est d’ailleurs déjà arrivé, c’est le premier sinistre attribuable à l’effet de serre. Durant l’été 2003, plus de 30.000 Européens ont succombé à une canicule. En l’absence du perpétuel brouillard photochimique qui recouvre l’Europe, la température aurait grimpé de 20 à 30 °C et le nombre de victimes aurait été beaucoup plus élevé – le brouillard réfléchit les rayons du soleil et empêche le sol de trop chauffer.

Conséquence de l’effet de serre, la canicule annonce le pire à venir. Il est urgent de définir ce portefeuille d’énergies respectueuses de l’environnement. En cas d’échec, il faudra affronter la possibilité de la disparition de cette civilisation que nous avons peiné à ériger. On se souviendra de nous comme des habitants de l’île de Pâques, grâce aux monuments qui resteront pour témoigner de nos bonnes intentions infructueuses.

“Victimes de Tchernobyl : le nucléaire et la bougie”

Voici une tribune parue hier dans Libération, à l’occasion du triste anniversaire de Tchernobyl.  Elle a été écrite par trois “figures” écologistes qu’on est largement en droit de ne pas apprécier: Daniel Cohn-Bendit, Corinne Lepage et Michèle Rivasi. De par leur importance, cependant, connaître leur avis est incontournable.

En l’occurrence, on reconnaît ici l’écologie “gestionnaire”, dont l’argument est qu’il faut être écologiste non pas par philosophie, par morale, mais surtout parce que c’est un moyen d’économiser, d’éviter des problèmes, etc. Il va de soi qu’une telle écologie est très limitée, sans horizons…

Victimes de Tchernobyl : le nucléaire et la bougie

Tribune C’était il y a vingt-sept ans. Souffler les bougies d’anniversaire d’un accident nucléaire, un triste paradoxe pour les défenseurs de l’environnement et de la santé…
Par Daniel Cohn-Bendit, Corinne Lepage et Michèle Rivasi, députés européens

Des bougies, on n’est pas prêt d’arrêter d’en souffler, tant les conséquences d’un accident nucléaire sont sans fin. Tchernobyl aurait dû être un rappel à l’ordre pour l’humanité entière. Pourtant Fukushima a eu lieu et il est à craindre que les statistiques poussent le risque d’un autre accident majeur vers une probabilité certaine.

Une fois de plus, cet anniversaire nous rappelle pourquoi nous luttons contre le nucléaire. Tout d’abord pour honorer justement les centaines de milliers de liquidateurs qui se sont sacrifiés pour empêcher une contamination massive en Europe. Mais aussi pour les victimes qui n’auront d’autre choix que de vivre au milieu d’une catastrophe sanitaire et environnementale permanente.

Entre 6 et 7 millions de personnes vivent encore dans les 150 000 km2 de territoires contaminés au césium en Ukraine, en Biélorussie et en Russie. Victimes de l’irradiation lors de l’accident ou même victimes de la contamination interne par l’ingestion d’aliments cultivés dans ces territoires, 2,4 millions d’Ukrainiens (dont 428 000 enfants) souffrent de troubles liés à la catastrophe, selon les chiffres du ministère ukrainien de la santé.

L’absence de démocratie en Ukraine comme en Biélorussie empêche tout devoir de vérité et de prise en charge médicale des victimes. Et l’histoire nucléaire de ces deux pays n’est pas étrangère au maintien de régimes autoritaires.

Aujourd’hui la sécurisation du site de Tchernobyl n’est pas achevée. Et quand les travaux seront finis, la solution ne sera que temporaire, pour une centaine d’années. Un fonds de 856 millions d’euros a été abondé pour créer une arche visant à démanteler le réacteur et empêcher toute réaction incontrôlable liée à l’infiltration d’eau. L’ensemble des coûts de sécurisation du site atteint le milliard et demi d’euros.

Actuellement, Bouygues et Vinci se partagent le juteux contrat de construction d’une arche métallique visant à protéger le sarcophage délabré existant. En février dernier, la neige a d’ailleurs provoqué l’effondrement d’un des bâtiments annexes du réacteur.

Les travaux auraient dû être achevés l’an dernier, ils ne le seront qu’en 2015 en raison de complications liés à la nature de l’ouvrage : 18 000 tonnes de métal (la moitié du poids de la tour Eiffel) doivent être assemblées, érigées et déplacées au-dessus du sarcophage existant grâce à des rails traités au téflon et des vérins hydrauliques.

A Fukushima, Tepco est toujours incapable de gérer le site au quotidien et l’emplacement côtier de la centrale rendra la sécurisation autrement plus compliquée. Inquiétant.

Mais ce qui nous inquiétait le plus depuis tant d’années c’était l’absence de considération pour les victimes actuelles. Après une longue bataille institutionnelle, nous avons su obtenir des avancées bien tardives. Lors du dépôt d’un amendement dans les propositions de budget en 2008, les eurodéputés écologistes ont demandé qu’une partie substantielle des fonds investis dans la sécurisation du site de Tchernobyl puisse être affectée à la protection des populations voisines.

L’amendement fut validé par le Parlement européen et la Commission européenne fit le nécessaire en matière d’appel d’offres, sous notre impulsion.

Les processus administratifs et bureaucratiques sont longs. Suite à un marathon institutionnel de 5 années, et de multiples rendez-vous pris avec la Commission pour assurer le suivi de la mise en œuvre, nous inaugurons aujourd’hui un programme de recherche médicale visant à assurer le suivi des victimes de Tchernobyl.

Quatre millions d’euros vont être investis, notamment pour la construction de serres visant à cultiver des aliments en «terre sainte», ainsi que la construction d’un incinérateur disposant de filtres pour brûler le bois contaminé sans atteinte à l’environnement, tout en permettant la production d’électricité pour les riverains.

Deux millions sur les quatre viseront à soutenir des mesures dédiées à la population de la région d’Ivankiev : mise à jour d’une carte des zones contaminées, programme de nutrition visant à prévenir la contamination interne et enfin programme sanitaire spécialement dédié à la protection des femmes enceintes et des enfants. L’accumulation de nouvelles données et leur analyse permettra de mieux comprendre l’impact de Tchernobyl sur les nouvelles générations et offrira la possibilité de mettre en place un protocole de vie (pour ne pas dire de survie) des populations en territoires contaminés.

Le bilan mortifère de Tchernobyl a toujours fait débat. L’Organisation mondiale de la santé avance une cinquantaine de morts par irradiation et 4 000 cancers de la thyroïde, mais l’accord de 1959 liant l’OMS à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) laisse planer un doute concernant l’objectivité de tels chiffres.

D’autant plus que des travaux publiés en 2009 par l’Académie des Sciences de New York évaluent à près d’un million le nombre des morts causés par Tchernobyl. Et le bilan est loin d’être définitif.

La controverse touche aujourd’hui surtout aux conséquences de la contamination interne à faibles doses. Le travail de Yury Bandazhevsky a démontré que la contamination chronique avait des effets sanitaires (cardiovasculaires, hormonaux…) dépassant les paradigmes scientifiques existants.

Nous espérons donc que les recherches médicales initiées grâce aux financements européens permettront de mieux identifier les risques liés à la vie en territoires contaminés. Et permettront aux populations affectées de cesser de vivre une fatalité insupportable.