Opération policière en Italie et en Allemagne

Voici des nouvelles d’une vague de perquisitions en Italie et en Allemagne; l’information a été diffusée par la stucture anti-répressive belge le Secours Rouge.

Italie : Nouvelle opération policière contre les verts-anarchistes

Moins de deux mois après l’opération « Ardire », les services anti-terroristes des Carabiniers ont déclenchés le 8 août une vaste opération policière appelée « Mangiafuoco » dans plusieurs régions d’Italie et en Allemagne, contre ce qu’ils accusent d’être un réseau vert-anarchiste.

30 perquisitions ont été diligentées par le Procureur de Bologne contre 21 personnes.

Elles sont accusées d’être responsable d’une série d’attaques incendiaires entre 2010 et 2012, parmi lesquelles l’incendie d’un restaurant grill à Bologne (revendiquée en solidarité avec Billy, Costa et Silvia, prisonniers verts-anarchistes détenus en Italie), d’IBM Italie (revendiqué par le Front de Libération de la Terre, ELF) et de deux cabines électriques à Bologne, des locaux d’ENI à Ravenne), d’un Département de la Faculté d’Agriculture de l’université de Bologne, cette dernière action étant revendiqué ‘Animal Liberation’, également en solidarité avec ‘Billy’, ‘Costa’ and ‘Silvia’.

Les policiers disent avoir trouvé lors de ces perquisitions « 250 pétards, quelques manuels pour la fabrication d’engins explosifs et pour le crochetage des serrures et de la documentation sur des multinationales, parmi lesquelles ENI, IBM et McDonald’s. »

Les dangers de l’industrie nucléaire

Puisque hier nous parlions du capitalisme dans sa version nucléaire, voici un très intéressant document au sujet de toute l’idéologie qui va avec le nucléaire.

« Évaluer la survie de l’humanité en termes probabilistes de la théorie des jeux, gagner des paris en relevant des défis, telles sont les composantes du fondement de la culture nucléaire. » Cette phrase résume le point de vue, certainement juste, du physicien Roger Belbéoch, né en 1928 et mort il y a six mois, figure historique anti-nucléaire en Frabce. Voici un extrait de son ouvrage « Société nucléaire », sorti en 1990 et dont on peut trouver une version pdf ici.

Les dangers de l’industrie nucléaire

Si les promoteurs de l’industrie nucléaire ont réalisé assez rapidement l’importance des difficultés techniques de la production d’énergie à bas prix, ils ne prirent réellement et pleinement conscience des dangers que très progressivement au fur et à mesure qu’incidents et accidents se produisaient. L’évolution n’est certainement pas encore terminée. Au départ, les dangers semblaient très faibles et les experts étaient persuadés que l’industrie nucléaire pouvait être l’activité la moins dangereuse du monde moderne pourvu que l’état exerce son contrôle afin qu’à chaque niveau d’exécution le travail soit effectué correctement. Il suffisait en somme de faire respecter strictement quelques règles simples pour que la sûreté soit assurée.

Cela ne devait pas entraîner des coûts supplémentaires très importants. Cette certitude fut ébranlée assez rapidement, entraînant une multiplication des normes de construction et d’exploitation avec pour conséquence une gestion plus lourde et bureaucratisée. La sûreté nucléaire, en devenant compliquée et coûteuse, perdait beaucoup de crédibilité non seulement dans la population mais également chez certains responsables du pouvoir politique. Il fallut bien admettre officiellement que la sûreté totale et absolue ne peut exister.

1. l’évaluation probabiliste des risques nucléaires

L’approche probabiliste de la sûreté nucléaire fut développée pour réduire les contraintes d’une conception strictement déterministe qui aurait exigé la prise en compte de tout événement physiquement possible pour le dimensionnement des installations. L’adoption d’une sûreté probabiliste permettait de réduire des exigences fort coûteuses, voire impossibles à satisfaire, tout en garantissant une protection suffisante. De toute façon certains événements particulièrement graves ne pouvaient être pris en compte, aucune parade n’existant pour les gérer correctement (ils sont dits « hors dimensionnement »). Leur probabilité d’occurrence fut calculée. Les accidents qui en résultaient étaient déclarés « très peu probables » et évacués des préoccupations des constructeurs.

Le « peu probable » fut assez rapidement assimilé à « l’impossible » !

La conception probabiliste fut étendue à un grand nombre d’accidents industriels et aux catastrophes naturelles. Dans l’échelle ainsi établie, l’énergie nucléaire apparaissait anodine et les frayeurs issues de l’irrationalité populaire injustifiées. De nombreuses critiques furent faites à la méthodologie de la sûreté probabiliste, mais les promoteurs nucléaires n’en tinrent pas compte et d’énormes moyens de propagande furent mis en œuvre pour vaincre la méfiance de la population. Le consensus n’a finalement été obtenu qu’au prix d’une importante campagne publicitaire à laquelle les institutions médicales ont apporte leur aide.

2. le coût social et l’ « acceptabilité » des risques nucléaires

Les concepts d’acceptabilité et d’analyse coût/bénéfice ont été développés dans les années 70. Ils concernaient essentiellement la protection du personnel et de la population dans le cadre d’un fonctionnement normal des installations nucléaires. En fait, ils restèrent au niveau théorique sans réelle application quantitative concrète. Ils servaient à donner une justification sociale et morale au système de radioprotection.

L’acceptabilité, qui se fondait sur un coût extrêmement faible, voire inexistant, s’appliquait essentiellement aux individus. L’accident de Three Mile Island (EU) en 1979 fit perdre beaucoup de crédibilité à l’approche probabiliste de la sûreté et mit en évidence que les accidents nucléaires pouvaient avoir des conséquences importantes. Le désastre de Tchernobyl amplifie encore ce phénomène. L’acceptabilité de l´énergie nucléaire doit désormais prendre en compte le coût social des accidents. L’argumentation concernant l’acceptabilité est assez simpliste : le risque fait partie de la vie et lui est organiquement lié. Il est naturel. Toute activité humaine qui apporte un bienfait à la société a en contrepartie un certain coût.

L’énergie nucléaire n’échappe pas à ce principe. L’évaluation de son coût social ne pouvant être faite par l’ensemble du corps social, elle est du ressort des experts. Pour eux, ce coût est bien inférieur à celui des autres sources d’énergie. L’énergie nucléaire devient ainsi automatiquement acceptable sans que ceux qui sont censés l’accepter aient besoin d’être consultés.

On nous révèle maintenant que le charbon et le fuel ont eu un coût social élevé et que des générations d’ouvriers furent sacrifiées dans les mines. Grâce à l’énergie nucléaire, la société peut se racheter de ses fautes passées. Les préjudices (le détriment, comme disent les experts) que peut engendrer l’énergie nucléaire sont très variés. Ils concernent des populations diverses : les travailleurs des installations nucléaires, les populations du voisinage soumises aux rejets radioactifs « normaux », les populations de tout un pays, voire d’un continent, soumises à des contaminations post-accidentelles.

Il peut s’agir de productions agricoles non consommables, de l’alimentation en eau de grandes villes ou de zones fortement urbanisées compromise par une contamination radioactive importante. On doit envisager la neutralisation éventuelle de territoires s’étendant sur des milliers de kilomètres carrés. Les préjudices sur la santé peuvent être un accroissement de mortalité par leucémies et cancers, une aggravation de la morbidité, en particulier pour les enfants issus de fœtus irradiés (maladies d’origine thyroïdienne, retards de développement mental et moteur, etc.). On doit tenir compte du coût de l’aggravation du « fardeau génétique » qui s’exprimera tout au long des générations futures par une augmentation des tares génétiques. Enfin il faut aussi tenir compte des contraintes que la gestion de nos déchets nucléaires fera peser sur notre descendance pendant des milliers d’années.

3. le rationnel et l’irrationnel

La seule unité « rationnelle » pour évaluer toutes ces composantes du détriment c’est l’argent. Des experts travaillent sur ce problème pour tenter d’évaluer « rationnellement » le prix d’une vie humaine, d’une maladie handicapante ! Mais comment résoudre des équations du type : enfant mongolien + argent = enfant normal. Cette attitude « rationnelle » des promoteurs de l’industrie nucléaire conduit à considérer la vie des individus comme un bien de consommation sociale, une simple valeur d’échange. Dans cette perspective, il est parfaitement cohérent d’implanter usines dangereuses et centres de stockage des déchets dans les pays sous-développés où la valeur d’échange de la vie est très faible. Dénuer tout sens à une valeur d’usage de la vie au profit d’une valeur d’échange purement comptable, abstraite, immatérielle est l’extrême limite de la postmodernité.

Doit-on inclure dans les préjudices l’angoisse que de telles analyses peuvent engendrer ? L’angoisse, la peur, les principes élémentaires de la moralité sous leurs diverses formes d’expression sont systématiquement dévalorisés. Il s’agit pour les experts d’attitudes irrationnelles primitives tout à fait incongrues dans notre vie moderne. Mais, si « toute culture est une culture de la vie, au double sens où la vie constitue à la fois le sujet de cette culture et son objet » (Michel Henry, La Barbarie), ces attitudes primitives sont loin d’être dénuées d’un sens raisonnable. Le couple rationnel/irrationnel est ainsi totalement inversé. Il en est de même du couple objectif/subjectif.

Le rationnel et l’objectif, chez les experts qui se chargent de notre protection, ne sont finalement qu’une manipulation abstraite de concepts arbitrairement détachés des objets qu’ils sont censés représenter et surtout absolument étrangers à la vie, à notre vie. Adorno, dans Minima Moralia, a bien décrit l’attitude de ces experts dans leur démarche rationnelle : « Et ce qu’ils nomment “subjectif”, c’est ce qui déjoue les apparences, qui s’engage dans une expérience spécifique de la chose, se débarrasse des idées reçues la concernant et préfère la relation à l’objet lui-même au lieu de s’en tenir à l’avis de la majorité, de ceux qui ne regardent même pas et a fortiori ne pensent pas ledit objet : en somme l’objectif. »

4. les dimensions planétaires des risques nucléaires

Certains aspects développés précédemment n’appartiennent pas exclusivement à l’industrie nucléaire, mais l’énergie nucléaire est spécifique en ce qu’elle introduit des dangers considérables sur une échelle bien plus grande. Tout d’abord, l’espace concerné par les catastrophes est à une dimension jamais envisagée jusqu’à présent pour les autres industries ; il peut s’agir d’un pays entier, d’un continent, voire de la planète dans sa totalité.

De plus, les agressions de l’énergie nucléaire se placent dans une échelle de durée difficile à imaginer, des siècles pour les contaminations par des radioéléments à vie moyenne. Ainsi, l’activité du césium 137 dispersé en Europe par le réacteur de Tchernobyl n’aura décru d’un facteur 1 000 que dans 300 ans ! Pour des éléments à durée de vie longue comme le plutonium, leur activité demeurera significative pendant des centaines de millénaires !

Il en est de même pour les déchets radioactifs provenant du fonctionnement normal des installations nucléaires. Le problème de leur stockage fut totalement ignoré pendant la période de promotion de cette énergie nouvelle. Quand il ne fut plus possible de l’ignorer, on l’escamota, tout simplement. Des évaluations fantaisistes conduisaient à des volumes de déchets extrêmement faibles, donc aisément gérables. En réalité, ils sont produits en grande quantité et, compte tenu de la durée du stockage, leur accumulation continuera tant que l’énergie nucléaire sera utilisée. Après une dizaine d’années d’exploitation industrielle de l’énergie nucléaire, le stock de déchets pose déjà de réels problèmes. Qu’en sera-t-il dans une centaine d’années ?

On lorgne avec avidité les déserts d’Afrique ou d’Asie pour se débarrasser de ces indésirables résidus toxiques et encombrants. Des savants honorables nous avaient garanti que la science était parfaitement capable de faire disparaître ces déchets et des solutions étaient avancées : enfouissage sous les calottes polaires, envoi dans le soleil, transmutation des éléments à vie longue dans les réacteurs nucléaires, enfouissage entre les plaques du manteau terrestre, etc. Ce n’était en réalité que des rêveries de songe-creux. Ces scientifiques cautionnèrent une entreprise de publicité mensongère !

C’est bien chez eux qu’on trouve la meilleure expression de l’irrationalité moderne. L’évaluation de l’impact sanitaire dans ces conditions ne porte plus sur quelques individus ou groupes d’individus mais sur l’humanité entière, actuelle et future. Évaluer la survie de l’humanité en termes probabilistes de la théorie des jeux, gagner des paris en relevant des défis, telles sont les composantes du fondement de la culture nucléaire.

Journée nationale d’action anti-nucléaire samedi 13 octobre 2012

Le réseau Sortir du nucléaire appelle à une journée de mobilisation le samedi 13 octobre 2012. On peut penser que la date est lointaine, mais il s’agit d’un appel pour des initiatives à la base. Il y a ainsi déjà des choses prévues le 13 octobre à Lyon et Laval et les 13 et 14 octobre à Bordeaux, mais l’idée est de pousser à ce que d’autres initiatives émergent. Il faut de plus toute la préparation en amont, le travail d’explication et de mobilisation… Bref; c’est le principe d’une véritable campagne pour convaincre l’opinion publique; au-delà des pressions et influences du capitalisme dans sa version nucléaire.

Changeons d’ère, sortons du nucléaire !

Journée nationale d’action samedi 13 octobre 2012

Réservez la date dès aujourd’hui !

Avec ses 58 réacteurs en activité, l’industrie nucléaire hexagonale fait peser sur les Français et sur l’Europe entière le risque d’un nouveau Tchernobyl ou d’un nouveau Fukushima.

Le nucléaire est une impasse écologique et un boulet économique ; c’est aussi un obstacle aux vraies solutions contre la menace climatique.

Sortir du nucléaire, on sait faire, et de nombreux pays européens s’en passent déjà ou arrêtent progressivement leurs réacteurs.

Mais le président Hollande et son nouveau gouvernement restent à la botte du lobby nucléaire et entendent bien en protéger les intérêts. Ne les laissons pas faire !

Refusons la construction du réacteur EPR de Flamanville et de sa ligne THT.

Exigeons l’arrêt immédiat des nombreux réacteurs qui ont dépassé 30 ans de fonctionnement, durée pour laquelle ils ont été conçus.

Soutenons la Révolution des Hortensias des japonais qui, plus que jamais, se mobilisent.

Ensemble, agissons pour un monde sans nucléaire !

Action anti-tht de solidarite

Voici un communiqué diffusé hier sur le réseau Indymédia, faisant part d’actions illégales contre des pylônes.

Petit a petit la ligne THT progresse, la production nucleaire s’accroit, la repression suit de pres toutes celles et ceux qui osent encore elever la voix. Le 6 aout un camarade etait poursuivi pour avoir participe au camp anti-nucleaire du Chefresnes.

8 mois ont ete requis contre lui alors que de notre cote nous comptons encore les blesses, qu’un ami va perdre son oeil en silence et que le monde se meurt de la folie des Hommes.

Folie megalomaniaque et avide des classes dominantes mais aussi folie complice et egocentrique, ou simple lachete, des classes dominees dont le seul but ne semble qu’etre l’acces a toujours plus de consommation, que ce soit au Nord ou au Sud.

On pense que si l’on resis­tait, le remede serait pire que le mal. La liberté abso­lue offense, deconcerte. On pre­fere alors invo­quer la mala­die, la demo­ra­li­sa­tion, la deviance… pour legi­ti­mer son oppres­sion. Celles et ceux qui refusent activement cet etat de fait ne semblent etre qu’une simple minorite. Or, une mino­rite est impuis­sante tant qu’elle se conforme a la majo­rite, mais elle devient irre­sis­ti­ble quand elle la bloque de tout son poids !
Nous avons donc pris la route ce 6 aout, dans la nuit noire et obscure mais porteuse de nos espoirs, pour frapper au porte-monnaie de l’industrie nucleaire. Nous avons commence par embraser un pylone de la nouvelle ligne THT aux alentours de St Pierre La Cour, puis nous avons pris la N137 et nous nous sommes arretes entre Grand Fougerais et Saffre pour en scier un autre.

Enfin nous avons vu sur nos cartes un petit bled du nom de Malville au bord de la N165. La nous y avons brule un autre pylone en hommage a notre camarade Vital Michalon mort a Creys-Malville le 31 juillet 1977, d’une genade offensive. Le meme type d’engin soit disant « non-letal » avec lesquels ils nous visaient au Chefresne ou aileurs…

Nous avons finis la nuit a Nantes Necropole sur les quais. Un jeune nous a propose de partager un petit pilon avec lui, plaisir infiniment plus grand que leurs pylones de mort et nous avons songe que decidement le THC est bien meilleur que la THT !

Le lendemain sur la route, quand la lumiere aveugle les plus sages et que l’horreur de ce monde s’impose a nous sans repit, nous avons sourit de voir a quel point leurs infrastructures sont vulnerables : transformateurs, relais electriques, concentrateurs et pylones forment autant de cibles facilement accessibles que nous ne tarderont pas a frapper encore et encore, jusqu’a ce que ce vieux monde s’ecroule enfin !

Sénèque, une lettre à Lucilius

La quête de la sagesse va forcément de pair avec la reconnaissance de son environnement et de la valeur de la vie en général et en particulier. Parmi ceux et celles qui ont cherché à trouver une voie harmonieuse de vivre, voici la position de Sénèque, d’habitude pessimiste, mais qui n’en défend pas moins une certaine morale!

Sénèque,

Lettres à Lucilius 108, Livre XVII-XVIII, §17-23,

texte établi par François Préchac et traduit par Henri Noblotles,

Belles lettres, CUF, 1962, p.182-185.

17 Puisque j’ai commencé à te faire voir le contraste entre la fougue juvénile de mes débuts philosophiques et la tiédeur de ma persévérance sénile, je déclarerai sans rougir quelle passion pour Pythagore m’avait inspirée Sotion. Il expliquait pourquoi ce philosophe s’était abstenu de la chair des animaux ; pourquoi Sextius le fit depuis. Leurs motifs étaient différents, mais de part et d’autre d’une rare élévation.

18 Sextius croyait que l’homme possède une alimentation suffisante sans verser le sang, que la cruauté lui devient une habitude quand il s’est fait un plaisir du déchirement des chairs. Il ajoutait qu’il faut resserrer le champ de la sensualité et déclarait dans sa conclusion que notre variété de mets est contraire à la, santé et peu faite pour le corps humain.

19 Pythagore, lui, armait la parenté de tous les êtres avec tous et la métempsychose. Nulle âme, à l’en croire, ne périt ni même ne cesse d’agir, sauf dans le court moment de sa transfusion en un autre corps.

Sans chercher pour l’instant après quelles périodes successives, à quelle époque, de domiciles au bout d’une série passagers, elle retourne à la forme humaine, toujours est il que Pythagore a inspiré aux hommes la crainte d’un crime et d’un parricide <éventuels>, puisqu’ils pourraient, sans le savoir, rencontrer l’âme d’un père et porter un fer ou une dent sacrilège sur quelque chair où l’esprit d’un ascendant serait logé.

20 Après cet exposé que Sotion renforçait de ses propres arguments :

« Tu ne crois pas, disait il, que les âmes se voient assigner des séries de corps comme résidences successives, que ce qu’on appelle la mort n’est qu’une transmigration ? Tu ne crois pas que chez tous ces animaux domestiques ou sauvages et chez ceux que couvrent les eaux séjourne une âme qui fut celle autrefois d’un être humain ? Tu ne crois pas que dans cet univers rien ne périt, mais change simplement de canton; qu’aussi bien que les corps célestes tournent en un cercle déterminé, chaque être qui respire a ses phases diverses, toute âme son orbite ?

21 Eh ! bien, de grands hommes l’ont cru. Diffère donc, si tu veux, ton jugement, mais en te réservant le bénéfice de l’une et l’autre solution. La doctrine est elle vraie ? L’abstinence de la viande sauve du crime. Fausse? Elle rend sobre. Que perds tu, dans le cas présent, à te montrer docile ? Ce sont des aliments de lions et tic vautours que je t’arrache. »

22 Touché au vif, je m’abstins de nourriture animale. Uni an de ce régime me le rendit facile, agréable même. Je m’en trouvais l’âme plus agile et je n’oserais jurer aujourd’hui que c’était une illusion. Tu veux savoir comment j’y ai renoncé ? L’époque de ma première jeunesse coïncidait avec le commencement du règne de Tibère. Les objets saints de cultes étrangers étaient portés en procession ; mais l’abstinence de certaines viandes comptait pour marque de superstition.

A la prière de mon père, qui ne craignait pas les chicanes <de police>, mais détestait la philosophie, je revins donc à mon premier régime ; et il n’eut pas grand’peine à me persuader de faire un peu meilleure chère,

23 Mais il ne me persuada pas de me coucher un peu plus mollement.

Attale vantait l’usage d’un matelas qui résiste ; à mon âge, tel est encore le mien (car l’empreinte; du corps n’y paraît pas). J’ai cité ces détails pour te faire saisir la véhémence qu’apporte l’apprenti tout jeune dans ses premiers élans vers toutes les formes du bien parfait, dès qu’on l’y exhorte, dès qu’on l’y pousse. Mais nous bronchons, et c’est en partie la faute des maîtres, qui enseignent à disputer, non à vivre; en partie celle de élèves, qui se présentent à leurs maîtres avec l’intention bien arrêtée de se cultiver l’esprit, sans songer à l’âme ; et cela fait que la philosophie n’est plus que de la philologie.

« Les Fêlés De L’UTAH »

Voici un ancien témoignage du grand n’importe quoi au sujet du Straight Edge, avec un article lamentable paru à l’époque dans le Nouvel Observateur. Edifiant de préjugés, de constructions journalistiques, d’absence de recherches et même d’ailleurs d’une quelconque sensibilité critique par rapport à la société!

Les Fêlés De L’UTAH (Le Nouvel Observateur)

Semaine du 29 juillet 1999 — N°1812 — ÉPOQUE

Un été américain (3), par Jean-Paul Dubois

Les fêlés de l’Utah

A Salt Lake City sévit un gang insensé, dont les membres sont prêts à donner la mort à tous ceux qui ne pratiqueraient pas en public les règles du savoir-vivre mormon

Gilles Mingasson – Gamma – Liaison L’Utah est un drôle d’Etat. Le genre d’endroit que l’on a plaisir à laisser derrière soi, à voir rapetisser au travers du hublot de l’avion. Pour vivre ici, mieux vaut posséder une foi d’acier et une âme bien trempée. Quatre-vingt-dix pour cent de la population pratique la religion mormone, et il y a dans l’air quelque chose qui respire les rigueurs de ses lois.

A Salt Lake City, vêtus de leurs éternels complets sombres et de leurs chemises immaculées, les hommes ont des airs de portiers funèbres et leurs femmes, fronts hauts, talons plats, de veuves repoudrées. Tous les élus de la région – sénateurs, gouverneur, membres de la police, maire -, ainsi que les directeurs des grandes compagnies sont membres de cette secte ou plutôt appartiennent à l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

Cela a bien évidemment quelques répercussions sur les distractions de ce bas monde. Ainsi vous n’avez pas le droit de consommer dans un bar si vous n’êtes pas parrainé par un client connu de l’établissement. Conformément à la loi, le tenancier ne vous préparera pas de cocktails, ne vous servira aucun double. En revanche, il alignera sur le comptoir toutes les bouteilles que vous demanderez, mais vous laissera accomplir le dernier geste coupable, celui qui fera de vous, en pleine conscience, un pécheur. Boire, à Salt Lake City, demande donc une certaine connaissance de la liturgie locale et surtout l’appui courageux de quelques relations non abstinentes.

Sans doute Bernardo Repreza, 15 ans, manquait-il de ces appuis précieux. Sans doute avait-il des manières trop latines pour cette ville froide. Sans doute aimait-il l’odeur du tabac, le parfum des filles et le goût de la bière, autant de choses qui à Salt Lake City peuvent désormais vous coûter la vie. Et, il y a quelques mois, Bernardo Repreza la perdit, cette vie, devant le numéro 100 de South State Street. Pour n’être pas l’un de ces saints des derniers jours, il fut une nuit d’abord insulté par Sean Darger, puis frappé avec une batte de base-ball par Andrew Moench et enfin, alors qu’il gisait inconscient, poignardé au ventre par Colin Reesor.

Les trois meurtriers, âgés de 17 et 18 ans, ont tous été élevés dans les corsets de la foi avant de devenir membres du gang le plus invraisemblable et le plus intolérant d’Amérique, les Straight Edge. Au départ, cette « confrérie » que l’on retrouve dans tous les Etats-Unis est essentiellement un mouvement végétarien radical – au point de rejeter les laitages et même le miel -, dont les membres, avec leurs tatouages, leurs crânes rasés, leur goût du piercing et de la musique punk, militent contre toute forme d’exploitation animale. Mais dans l’Utah cette mouvance s’est peu à peu transformée en une sorte de milice talibane.

Il y a trois ans, les Straight Edge ont commencé par détruire un restaurant McDonald’s en l’arrosant d’essence et en l’enflammant avec des cocktails Molotov. Ryan Durfee et Jason Troff, les auteurs de l’incendie, ont expliqué qu’ils voulaient ainsi alerter l’opinion sur les « massacres de bovins, de poulets et de poissons perpétrés par la compagnie ».

Quelques mois après, c’est la boutique d’un grossiste de cuir qui partit en fumée. Puis celle d’un marchand de chaussures. Puis celle d’un fourreur.

Puis celle d’un négociant de produits laitiers. Jusqu’au jour où la « fraction animalière » fut, en Utah, et uniquement dans cet Etat, débordée par une sorte de brigade hallucinée prête à tout pour, cette fois, combattre la caféine, le tabac, l’alcool, la drogue, l’avortement, l’homosexualité, la sexualité avant le mariage et la sexualité tout court dès l’instant qu’elle ne s’applique pas à la reproduction. Tant de zèle pourrait faire sourire si au fil du temps ces gangs armés de chaînes, de bâtons ou de barres de fer ne s’étaient mis à sillonner les environs des lycées, des concerts de rock ou des centres commerciaux pour remettre militairement les impies dans le droit chemin.

Rich Webb fut l’une de ces nombreuses victimes. Un soir, il remontait une rue en fumant un joint. Seul et en paix. Une bande de Straight Edge tendance hard line lui tomba dessus, le déshabilla, le maintint au sol et, après l’avoir instruit de son immense faute, lui entailla la peau du dos avec un couteau pour lui graver un X dans la chair.

Un X, c’est le tarif minimum, la signature pure et simple du sigle national. Trois X, la marque locale de ce nouveau Ku Klux Klan, dont les membres s’aguerrissent en se frappant ou en se pulvérisant mutuellement au visage des gaz anti-agression. Bien d’autres jeunes fumeurs, buveurs ou câlineurs furent au fil des mois ainsi agressés, battus ou torturés pour avoir osé allumer une cigarette en public ou bien s’être seulement embrassés sur un trottoir.

Devant l’ampleur du phénomène, la police locale, voilà deux ans, a nommé un détective, Brent Larsen, et mobilisé une petite escouade spécialement chargée de lutter contre cette nouvelle milice. Même mobilisation parmi les agents du FBI. Aujourd’hui, les rapports de ces deux administrations s’accordent à reconnaître que la bande des Straight Edge – « un millier d’individus, 200 violents, 50 dangereux » – est à la fois le gang le plus inquiétant et celui qui progresse le plus vite dans la ville. Il est composé, et c’est là sa spécificité, de jeunes Blancs éduqués issus de la classe moyenne ou aisée de la société.

« Il n’est pas innocent que ce genre de choses arrive à Salt Lake City, explique Terie Weiderhold, psychologue. Il ne faut pas oublier qu’ici la jeunesse a été élevée dans les stricts interdits de la culture mormone. »

En tête desquels on retrouve, bien entendu, la ferme condamnation du tabac, de l’alcool, de la caféine, de la drogue, de l’avortement, de l’homosexualité et de la sexualité avant le mariage. Alors on se dit que ce gang blanc, ces jeunes bourreaux nantis ressemblent étrangement au bras incontrôlable et sanguinaire de cette secte, même si publiquement celle-ci renie ces fanatiques.

Ryan Spellecy a 25 ans et exerce le métier de professeur assistant de philosophie à l’université d’Utah. C’est un Straight Edge à l’ancienne, tendance molle. Comprenez que s’il adhère à toute la philosophie « animalière » et abstinente du mouvement, il condamne la violence qui l’accompagne :

« Il n’y a pas chez nous de leaders déclarés. Nous sommes un mouvement informel et certainement pas un gang. Personnellement, je crois en certaines valeurs mais je ne hais personne. Il ne me viendrait pas à l’idée de frapper un fumeur. Et je ne suis absolument pas raciste. Aussi je pense que c’est de la folie de faire des parallèles avec le KKK. »

Allez raconter ça à James Yapias, responsable du bureau des affaires hispaniques à Salt Lake City, allez lui raconter ça, surtout depuis que les trois meurtriers de Bernardo Repreza ont été remis en liberté en attendant leur procès qui ne débutera pas avant un an : « Qu’y a-t-il de graphiquement plus proche de KKK que XXX ? Et puis je maintiens qu’il y a un caractère fondamentalement raciste dans l’agression et le meurtre du jeune Repreza.

Les Straight Edge sont très proches des suprémacistes, il n’y a qu’à écouter les paroles de chansons de Marylin Manson, un de leurs groupes favoris. Maintenant, prenez un dossier de 1 200 pages démontrant, comme c’est le cas, qu’il n’y a pas le moindre doute sur l’identité et les mobiles des agresseurs. Imaginez ensuite que la victime de ce meurtre au premier degré, commis par trois Hispaniques, soit un jeune mormon. Posez-vous alors cette simple question : aurait-on remis les assassins en liberté ? Bien sûr que non. Tout le monde a été choqué par cette décision. Je suis certain que l’appartenance mormone de certains accusés a influé sur le verdict. »

Quelques jours avant cette inconvenante libération, l’un des inculpés avait été filmé en prison par l’émission de télévision 20/20. Voici ce qu’Andrew Moench avait déclaré au cours de cet entretien : « Il est normal d’user de la violence contre des gens qui ne suivent pas les règles de vie des Straight Edge. Je n’aurais aucun problème à frapper ou même à tuer quelqu’un qui me manquerait de respect en me soufflant, par exemple, de la fumée au visage. Si vous êtes fort, vous vivez. Si vous êtes faible, vous mourrez. »

Malgré cette éclatante profession de foi, une absence totale de regrets, une sauvage bastonnade et un coup de poignard mortel, Andrew Moench, Colin Reesor et Sean Darger ont repris une existence normale, familiale, obsessionnellement blanche et plus que jamais abstinente. Brent Larsen, le chef de la brigade anti-Straight Edge, il y a quelques mois encore si bavard, aujourd’hui ne veut plus rien dire. Et le chef de la police a imposé le silence à tous ses hommes sur cette affaire.

Embarrassé par les derniers développements, le bureau du procureur a lui aussi choisi de ne plus commenter les décisions de justice concernant l’affaire Repreza avant le procès. « Nous avons fait tout ce que nous avons pu pour éviter une mise en liberté aussi scandaleuse, mais nous avons échoué », note simplement un agent du ministère public.

Aujourd’hui, l’existence de ce gang insensé embarrasse une ville déjà humiliée par le scandale des dessous-de-table ayant servi à « acheter » l’organisation des prochains jeux Olympiques d’hiver.

La métropole qui se voulait la capitale morale et rigoriste de l’Amérique héberge aujourd’hui la pire bande du pays et doit apprendre à vivre avec le meurtre et la corruption. C’est un cuisant paradoxe sur lequel ne veut pas s’expliquer William Barrett, le juge qui a libéré les trois meurtriers de Bernardo Repreza.

Dans la banlieue de la ville, au pied de la ceinture des montagnes, vit le père du jeune Hispanique. Lui aussi se nomme Bernardo. Le jour, il nettoie des bureaux dans le centre-ville. La nuit, il cherche le sommeil. Malgré toutes ces années passées à travailler dans ce pays, il ne parle pas un mot d’anglais. Cela ne l’a pas empêché de donner trois fils à l’Amérique : Luis Alfonso, qui est dans les marines, Antonio, qui travaille dans la police, et Bernardo, qui repose au cimetière.

Cet enfant qui porte son nom et n’est plus nulle part, ce père semble partout le chercher du regard. Alors il prend dans ses mains une photo encadrée de son fils, s’assoit au soleil sur un vieux fauteuil de cuir et observe l’image.

« J’éprouve de la haine contre ces jeunes qui l’ont poignardé et plus encore contre le juge qui leur a rendu la liberté. Je voudrais pouvoir rencontrer cet homme et lui dire combien mon coeur saigne. » Un avion passe dans le ciel et, distraitement, il le suit des yeux.

On le voudrait assis à l’intérieur de cet appareil, s’éloignant lentement de l’Utah, quittant cette ville blanche et sectaire, oubliant les bourreaux, et regardant sa peine enfin rapetisser au travers du hublot.

« Végétalien, il ne devrait pas avoir de mal à se nourrir »

Les médias parlent beaucoup d’un drame qui, malheureusement, va avoir un impact indirect très nocif sur le véganisme.

L’histoire est affreuse: un homme de 21 ans aurait violemment projeté son enfant au sol au moins à deux reprises. Une histoire comme on en trouve malheureusement beaucoup dans une société dénaturée, sans repères à part le principe de concurrence.

Le problème qui se pose à nous de manière plus particulière est la présentation faite par les médias de la personne présumée coupable.

Le père est décrit comme:

un homme intelligent, végétalien, amoureux de la nature, capable de vivre plusieurs jours dans une grotte, se déplaçant habituellement sans permis de conduire [sic] ni téléphone portable. Il avait pris la fuite mardi torse nu, seulement vêtu d’un sarouel noir et porteur de sandales.

On a donc ici une sorte de « hippie » version médiatique, une sorte de végétalien primitiviste. Pour en rajouter une couche encore, les médias ont expliqué que le déclic ayant amené le meurtre a été la demande de la mère de mettre de la crème solaire à l’enfant.

Le jeune père aurait alors refusé et tué l’enfant. Les médias présentent cela, sans le dire, comme un coup de folie « hippie » meurtrier.

Ne pas avoir de voiture, ou bien de permis, ou de carte bancaire, ou encore de téléphone portable, est considéré comme relevant d’un profilage criminel, comme confirmant le caractère « dérangé » de la personne.

Le couple est séparé depuis quelques mois et les médias expliquent même que le fuyard risque le suicide, ce qu’il aurait déjà tenté de faire lors d’un voyage récent en… Inde.

On a ici véritablement une machine de propagande énorme, avec l’établissement d’un profil criminel anti-végan impressionnant. On a une vision ultra-conservatrice de la société largement développée, sur une simple présomption.

Cela tourne d’ailleurs parfois au délire et la palme revient ici sans conteste au Figaro. Parlant de la fuite du jeune homme dans les Cévennes, en pleine forêt:

« Sa traque s’annonce complexe: l’homme ne possède ni téléphone portable ni carte bancaire. Les policiers ne peuvent donc pas le géolocaliser informatiquement. De plus, celui-ci est décrit comme quelqu’un d’intelligent, «pouvant se débrouiller dans la nature». Végétalien, il ne devrait pas avoir de mal à se nourrir. »

Le Figaro nous apprend donc qu’un végétalien en pleine forêt n’a pas de mal à se nourrir, c’est tout de même très très fort. Sans doute pour le Figaro une personne végétalienne est-elle quelqu’un se nourrissant des feuilles des arbres et de quelques plantes.

Au-delà de tout cela, et sans préjuger que le présumé criminel ait été végétalien (et encore faudra-t-il savoir pourquoi), cela rappelle l’énorme responsabilité sociale qu’ont les personnes véganes.

Là naturellement il s’agit d’un crime et ce n’est pas un exemple véritable, mais dans tous les autres cas: l’opinion publique assimile parfois trop rapidement les choses, et si une personne végane agit mal, il peut y avoir un effet d’association très nocif.

C’est en fait le manque de sens critique dont est ici victime le véganisme, en raison du fonctionnement par analogie, dont on a eu un exemple récent affreux avec le couple végétalien (voir ici ou encore ) dont l’enfant est mort en raison de mauvais soins, alors qu’il n’y avait pas de rapport avec le végétalisme.

C’est une question de culture et de références; c’est pourquoi nous avions parlé du jeune nazi ayant violé et tué une jeune femme, alors qu’il se voulait, parallèlement à son délire nazi, en faveur des animaux. Il y avait (et il y a) toute une idéologie misanthrope se prétendant pro-animaux et tentant de faire en sorte que les personnes aimant les animaux soient aspirées dans leur logique morbide.

On peut bien entendu considérer que tout cela, ce sont des « faits-divers », même tragiques, sans rapport direct avec l’exploitation animale, ni avec la cause de la libération animale. Sauf que la question de fond est qu’il faut savoir présenter une démarche praticable par des millions de personnes, ce qui signifie rejeter toutes les tendances négatives…

Tuer 20 requins sans raison, pour le directeur de Nausicaá: « pourquoi pas? »

Dans le nord de la France, se trouve « Nausicaá – Centre national de la mer », qui abrite 40 aquariums (4,5 millions de litres d’eau de mer) qui va avec un musée; 850 000 personnes y passent chaque année.

Officiellement, l’objectif est de « faire découvrir et mieux aimer la mer, élément de vie et source de richesse aujourd’hui et demain. »

Le fait de parler de « source de richesse » est évidemment ce qu’on remarque tout de suite, surtout quand on sait que Nausicaá se situe… à Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français.

Et justement, son président s’est exprimé de manière très parlante concernant « l’affaire » des requins de la Réunion. Il s’agit de l’océanographe Philippe Vallette, qui a donc le titre de « directeur général du Centre national de la mer. »

Lorsque des journalistes lui ont demandé ce qu’il pensait de la décision de tuer vingt requins dans la zone où le surfeur a été attaqué, il a répondu que cela « n’aura aucun impact sur les écosystèmes et si ça peut permettre de calmer les esprits, pourquoi pas ? »

Cette réponse en dit long sur le niveau de toutes les personnes qui font partie de « l’élite » scientifique, et qui sont en fait des fonctionnaires au service de l’exploitation animale et de la destruction de la planète.

Nausicaá est censé être un « centre de culture scientifique et technique » et là on a un propos de quelqu’un censé être un scientifique, donc sage, posé et responsable. Or, que dit-il? Qu’on peut finalement avoir la même attitude qu’à l’époque barbare des jeux du cirque.

A Nausicaá, il y a des animaux dans un aquarium, et il est mis en avant comme « première mondiale » une opération chirurgicale sur un requin gris faisant partie d’un aquarium de Nausicaá.

Évidemment, on a alors tout le discours « moderniste » sur le rôle des zoos pour la conservation des espèces, et patati et patata. Mais là on voit très bien la réalité: ce genre de structure n’a comme seul objectif qu’une totalement délirante quête (impossible et non souhaitable) de domination de la Nature.

On ne peut pas prétendre, comme le fait Philippe Vallette, que la Nature est seulement une question de gestion, et que donc tel un comptable on peut rayer de la carte de la vie vingt requins, simplement pour une opération marketing gouvernemental qui plus est.

D’ailleurs, quand il est parlé de « calmer les esprits », on voit bien que Philippe Vallette n’est pas un démocrate cherchant à aider les gens à avoir une bonne éducation, mais quelqu’un de méprisant considérant que la foule est indigne d’un savoir scientifique et moral concernant l’océan et la vie qu’il abrite.

Le rôle d’un véritable scientifique digne de ce nom aurait été de combattre les préjugés, de prendre la parole en tant qu’océanographe, de choisir le camp de l’océan dans la bataille face à la destruction.

Au lieu de cela, il tient un discours dans la même logique que le conducteur de bulldozer qui se dit: détruisons, vingt hamsters de moins ce n’est pas bien grave… Quelques arbres en moins, ce n’est pas bien grave…

Alors qu’en réalité, c’est précisément dans ce genre de situation que se joue le sort du monde. Les vingt requins, dont le comptable Philippe Vallette considère qu’on peut se « débarrasser » sans souci, sont un symbole de la réalité de l’écocide aujourd’hui.

Des millions, des milliards d’êtres vivants sont liquidés, sans aucune considération, parce que l’humanité considère de manière folle qu’elle est un « empire » à quoi doit tout se soumettre.

Notons au passage l’absurdité de Brigitte Bardot, qui ne semble pas au courant de cette réalité. En fait, elle le sait et en parle pour « dramatiser », mais n’en tire jamais les conséquences, sans quoi elle assumerait la libération animale et la libération de la Terre.

Dans une lettre ouverte à Jean-Marc Ayrault, le premier ministre, elle « rappelle » quelque chose qui ne correspond pas à la réalité (malheureusement):

« Monsieur le Premier Ministre, même si c’est une évidence, il semble urgent de rappeler que la mer appartient d’abord aux espèces marines, c’est leur milieu, leur habitat, vous n’allez tout de même pas encourager une tuerie pour faire plaisir aux surfeurs ? »

Brigitte Bardot ne semble pas au courant que l’océan est le lieu d’une tuerie généralisée chaque jour plus grande, et qu’aucun État du monde ne considère que la mer appartient à la vie qu’elle abrite…

Ni Brigitte Bardot ni Philippe Vallette n’ont compris l’enjeu de notre époque. L’océan est ni plus ni moins qu’en train d’être assassiné!

« Vous êtes Vegan Straight Edge ouais »

Le groupe « personne », c’est du « Punk rock de Paris à la Frenzal Rhomb à limite du n’importe quoi et très loin du sérieux global. »

S’il est inconnu et tant mieux qu’il le reste vu le niveau, voici les paroles de leur chanson « Vegan Straight Edge », parfaitement représentative d’une mentalité beauf largement existante dans la scène « punk. »

La chanson tente d’être sympa, mais inévitablement tend toujours plus (et jusqu’au bout même) à un anti-véganisme digne du pire des conservateurs, avec en prime une provocation finale anti-animaux.

C’est vraiment typique du « scepticisme » punk, qui se croit au-dessus de tout et n’hésite pas à tomber dans les mêmes valeurs que les ultra-conservateurs. Il n’y a pas à dire, punk is dead !

Pour moi ta vie est un enfer
Un monde sans steak et sans gruyère
Pas d’alcool, pas de drogue
Ni même de pipe dans les waters
Toi et tes amis vivez reclus dans un monastère imaginaire

Vous êtes Vegan Straight Edge ouais
Vous êtes Vegan Straight Edge ouais
Vous êtes Vegan Straight Edge ouais
Ve-ve-ve-gan Strai-strai-straight edge

Après ta saucisse Tofu-Champignon noir
Tu te contemples dans ton miroir
« Pourquoi je suis tellement parfait ?
Pourquoi personne ne pense comme moi ? »
Au fond vous êtes des gens sympas
mais des connards y’en a partout

Même chez les Vegan Straight Edge ouais
Même chez les Vegan Straight Edge ouais
Même chez les Vegan Straight Edge ouais
Ve-ve-ve-gan Strai-strai-straight edge

Je suis un méchant carnivore
Je viendrai te bouffer quand tu seras mort
Je me délecterai de ton corps
Et je le mangerai
Comme un poulet élevé au grain

Vegan Straight Edge ouais
Vegan Straight Edge ouais
Vegan Straight Edge ouais
Vegan Straight Edge ouais
Vegan Straight Edge ouais
Vegan Straight Edge ouais
Vegan Straight Edge ouais
Ve-ve-ve-gan Straight-Straight-Straight-Straight
Ve-ve-ve-gan Straight-Straight-Straight-Straight
Ve-ve-ve-gan Straight-Straight-Straight-Edge ouais

Incendies écocidaires à La Gomera et La Palma

Nous parlions il y a peu des incendies estivaux, en soulignant le rôle des pyromanes au service des promoteurs immobiliers. C’est là une grande source des incendies, dont le rôle est systématiquement nié par les médias.

On en a nouveau et dramatique exemple, avec le feu qui a été organisé sur l’île de La Gomera aux Canaries; l’incendie a également atteint le parc national de Garajonay.

Ce feu est parti de plusieurs points, ce qui n’a pas été mentionné bien entendu par les médias français.

D’ailleurs, en même temps exactement qu’il y avait sur La Gomera plusieurs départs de feux samedi, l’île voisine de La Palma a connu un incendie également parti de plusieurs points différents…

La Palma a vu détruite au moins 1700 hectares.

A La Gomera la situation est encore plus terrible. Il abrite en effet le parc national de Garajonay.

Ce parc est un sanctuaire reconnu par l’UNESCO conne « patrimoine mondial » et abritant des espèces végétales très rares, dont l’origine est la zone forestière subtropicale présente il y a plusieurs dizaines de millions d’années autour de la Méditerranée. On appelle cela la « laurisilva » et on la retrouve aux Canaries donc, et à Madère.

85% du parc national de Garajonay est ainsi constitué de forêt purement naturelle, sans jamais aucune intervention humaine.

Le feu criminel a donc anéanti sur l’île 3000 hectares, dont 350 dans le parc national (soit le dixième de celui-ci).

Ont donc été victimes de ce crime sur cette île au moins 450 espèces végétales recensées, 81 étant d’ailleurs endémiques dans l’archipel local, 34 dans l’île de La Gomera, 8 n’ayant été plus vu que dans le parc lui-même.

L’Etat espagnol a reconnu que 130830 hectares de végétation ont brûlé entre le 1er janvier et le 29 juillet 2012.

Ainsi, il y a dix jours, était menacé par les flammes le parc du Teide, sur l’île de Ténérife aux Canaries, également au patrimoine mondial de l’Unesco.

Et la sécheresse a bon dos. Il est très clair que les incendies sur l’île de La Gomera et celle de La Palma sont d’origine criminelle, au point que même le président des îles Canaries, Paulino Rivero, l’a ouvertement dit dans les médias espagnols.

Pourquoi les médias français ne le disent-ils pas? Tout simplement car ils veulent masquer la réalité française, qui est la même!

Remarquons d’ailleurs qu’à La Gomera, des zones protégés situées en-dehors du parc ont été dévastées: il n’est pas difficile de comprendre que les promoteurs entendent liquider petit à petit les zones naturelles, comme ils le font d’ailleurs partout sur la planète!

Et les Canaries ne disposent pas de pistes d’atterrissage pour les canadairs, ce qui fait qu’ils doivent venir du continent!

Tout cela en dit long sur les priorités d’aujourd’hui pour l’idéologie dominante. Il faut un renversement de valeurs, une zone comme le parc national de Garajonay doit être une priorité absolue pour l’humanité, une zone à protéger à tout prix! La Terre d’abord!

Annie Thébaud-Mony et les légions d’honneur de Duflot

C’est un acte courageux qui se veut symbolique: la ministre du Logement Cécile Duflot entendait remettre la Légion d’honneur à Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé, spécialiste des cancers professionnels.

Ce n’est pas un acte contre Duflot est-il précisé, mais en pratique quand même. Car Duflot et EELV sont outrageusement réformistes, dans une logique d’installation confortable dans le système.

Mais trop c’est trop, et Annie Thébaud-Mony ne peut pas accepter ce qui l’amènerait à accepter tacitement l’ordre dominant.

Au lieu de cela, elle appelle à « la remise en cause de l’impunité qui jusqu’à ce jour protège les responsables de crimes industriels », constatant « l’accumulation des impasses environnementales, en matière d’amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimique. »

Ce qu’elle dit est simple: les industriels ont les coudées franches et l’Etat leur accorde l’impunité derrière le discours des « faibles doses. »

Et qui paie le prix, en premier lieu? Les travailleurs les plus précaires et les ouvriers bien entendu, qui utilisent des produits dangereux, sans le savoir.

Annie Thébaud-Mony est ainsi engagée, en plus d’être directrice de recherche honoraire à l’Inserm, elle est présidente de l’Association Henri Pézerat (santé, travail, environnement) et porte-parole de Ban Asbestos France.

Deux ouvrages aux titres très parlant avaient été particulièrement remarqués: « L’industrie nucléaire : sous-traitance et servitude » (2000) et « Travailler peut nuire gravement à votre santé. Sous-traitance des risques, Mise en danger d’autrui, Atteintes à la dignité, Violences physiques et morales, Cancers professionnels » (2007).

Elle a ainsi violemment chargé la ligne de sous-traitance d’EDF, qui amène une pression énorme sur les travailleurs, qui doivent par exemple « oublier » leur dosimètre de radiations pour sauver leur emploi…

Ce qui l’a amené bien entendu à être mise relativement de côté dans sa carrière.

Duflot comptait en quelque sorte remettre en avant Annie Thébaud-Mony en l’institutionnalisant, mais c’était trop gros et sans aucune efficacité possible. NI Duflot ni EELV ne peuvent proposer grand chose à personne, à part… à Duflot et EELV.

 Duflot a en effet décerné 21 personnes (sur 60 posible) chevaliers de la légion d’honneur, dont une dizaine… de proches.

On trouve ainsi la maire de Montreuil et ancienne ministre de l’environnement Dominique Voynet.

On a également le maire EELV de Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais) et Catherine Calmet-Rebérioux, secrétaire générale du groupe EELV au conseil régional d’Ile-de-France.

On a Maryse Oudjaoudi, secrétaire régionale d’EELV en Rhône-Alpes et candidate dans l’Isère aux législatives, ou encore Jean Malet, conseiller régional Vert d’Ile-de-France, et maire de Mezy-sur-Seine.

On a Michèle Rivet, vice-présidente écologiste du conseil régional du Centre, et Daniel Breuiller, maire et conseiller général EELV d’Arcueil (Val-de-Marne).

Pour la petite cerise sur le gâteau, on retrouve également deux personnes de l’Indre: Thérèse Delrieu qui est conseillère générale PS, et Ghislaine Millet, présidente de la Ligue des droits de l’homme du département.

Or et évidemment, Manuel Flam qui est le directeur de cabinet de Cécile Duflot, est implaté politiquement en Inde…

Ce n’est peut-être pas le pire. Parmi les autres personnes, qui ne sont pas des amis arrosés, on retrouve un architecte-urbaniste, un coprésident d’office HLM, un directeur général d’un office public de l’habitat…

Or, quand on voit la France, peut-on décemment donner une décoration à ces gens-là? Duflot n’a pas un ministère neutre; en assumant celui du Logement, elle va montrer que sur le plan de l’urbanisme elle n’a rien voir avec la Nature, ni de près, ni de loin. C’est là dessus, sur son bilan, que tout sera on ne peut plus parlant!

Positions anti-requins à la Réunion: un écocide assumé

Ce qui se passe à la Réunion est très représentatif de l’idéologie dominante française, car là-bas ce sont les lois françaises qui s’appliquent, et les animaux vivant dans l’océan sont une cible pour l’exploitation animale et l’idéologie de destruction de la planète.

En l’occurrence, c’est « encore » une affaire de requins qui est mise en avant, avec hier un surfer qui a été « attaqué » par un requin, perdant la main et le pied droits. Il faut des guillemets à « attaqué » car le requin n’est nullement un être pratiquant une quelconque violence gratuite; cela n’existe tout simplement pas dans la Nature.

Ce qui se passe est bien plus simple: les humains envahissent toujours plus les zones libres de l’océan. En 2010, l’île de la Réunion n’avait pas connu une seule attaque.

Quand les médias parlent d’une « recrudescence de ce type d’attaque : huit, dont trois mortelles contre des surfeurs, ont été enregistrées depuis une vingtaine de mois », une personne qui a compris la libération animale comprend ce que cela cache.

D’ailleurs, ce qui inquiète surtout les pouvoirs publics, c’est que la zone n’avait pas connu « d’attaques » de requins, et elle est un lieu régulier de compétitions internationales…

L’offensive humaine de l’exploitation animale et de destruction de la planète amène donc des troubles, puis l’idéologie dominante brandit la menace des animaux qui « pullulent », « envahissent » tout ce qu’ils peuvent, etc.!

C’est ce que fait par exemple le député-maire de Saint-Leu à la Réunion, Thierry Robert. Cette personne est un exemple représentatif de barbare des temps modernes, au service de la destruction tranquille.

Il n’a ainsi pas hésité à mettre en avant une chose interdite: publier, il y a une semaine, un arrêté autorisant « la chasse au requin-bouledogue »sur le territoire maritime de sa commune.

Mais ce serait trop peu encore pour en faire un véritable « barbare. » Non, ce qui est encore plus fort c’est que dans la foulée il se proposait de racheter leurs prises aux pêcheurs!

Sur Radio Freedom, il vient d’expliquer que « Nous devons aujourd’hui prendre des mesures radicales pour résoudre ce problème », ce qui est un appel à l’écocide, qu’il assume au point de préciser: « on ne pourra pas éradiquer totalement le risque requin », il regrette ouvertement de ne pouvoir le faire!

Il se vante même d’avoir eu il y a quelques jours une entrevue avec le ministre de l’Outre-Mer, Victorin Lurel, qui l’a amené à retirer son arrêté, parce que: « Le ministre s’est engagé à ce qu’un arrêté préfectoral soit pris la semaine prochaine pour autoriser la pêche au requin. C’est pour ça que j’ai retiré mon arrêté. Je n’ai pas fait machine arrière. »

C’est dire la ligne de ce personnage, qui est tout à fait moderne et libéral: « chacun fait ce qu’il veut » et si des gens qui ont de l’argent veulent faire du surf, alors l’économie doit se placer à leur service, et tout le reste doit être liquidé.

Face à un telle logique, seule l’écologie radicale a du sens. On le voit bien d’ailleurs: EELV fait partie du gouvernement et jamais pour autant n’ira mener de combat pour les animaux et la Nature.

On est là très exactement dans une situation où il y a d’un côté une sorte de monstre qui engloutit la planète et de l’autre une seule ligne de défense possible: la Terre d’abord!

Épicure, Lettre à Ménécée

Pour rebondir sur question de Nature, dont nous parlions il y a quelques jours (En finir avec l’idée de Nature?!), voici la fameuse « Lettre à Ménécée », d’Epicure.

Epicure est connu pour être le premier grand penseur à saluer la vie, à lui reconnaître une valeur en soi, à affirmer que le bonheur est possible, qu’il consiste justement en la vie. Et que ce bonheur est naturel, car nous sommes vivants, et donc notre bonheur dépend de ce que nous sommes comme formes de vie…

L’appel d’Epicure à une vie simple, loin des troubles, est tout à fait actuel.

Épicure

Lettre à Ménécée

Épicure à Ménécée, salut.

Même jeune, on ne doit pas hésiter à philosopher. Ni, même au seuil de la vieillesse, se fatiguer de l’exercice philosophique. Il n’est jamais trop tôt, qui que l’on soit, ni trop tard pour l’assainissement de l’âme.

Tel, qui dit que l’heure de philosopher n’est pas venue ou qu’elle est déjà passée, ressemble à qui dirait que pour le bonheur, l’heure n’est pas venue ou qu’elle n’est plus. Sont donc appelés à philosopher le jeune comme le vieux. Le second pour que, vieillissant, il reste jeune en biens par esprit de gratitude à l’égard du passé. Le premier pour que jeune, il soit aussi un ancien par son sang-froid à l’égard de l’avenir.

En définitive, on doit donc se préoccuper de ce qui crée le bonheur, s’il est vrai qu’avec lui nous possédons tout, et que sans lui nous faisons tout pour l’obtenir. Ces conceptions, dont je t’ai constamment entretenu, garde-les en tête. Ne les perds pas de vue quand tu agis, en connaissant clairement qu’elles sont les principes de base du bien vivre.

D’abord, tenant le dieu pour un vivant immortel et bienheureux, selon la notion du dieu communément pressentie, ne lui attribue rien d’étranger à son immortalité ni rien d’incompatible avec sa béatitude.

Crédite-le, en revanche, de tout ce qui est susceptible de lui conserver, avec l’immortalité, cette béatitude. Car les dieux existent : évidente est la connaissance que nous avons d’eux. Mais tels que la foule les imagine communément, ils n’existent pas : les gens ne prennent pas garde à la cohérence de ce qu’ils imaginent.

N’est pas impie qui refuse des dieux populaires, mais qui, sur les dieux, projette les superstitions populaires. Les explications des gens à propos des dieux ne sont pas des notions établies à travers nos sens, mais des suppositions sans fondement. A cause de quoi les dieux nous envoient les plus grands malheurs, et faveurs : n’ayant affaire en permanence qu’à leurs propres vertus, ils font bonne figure à qui leur ressemble, et ne se sentent aucunement concernés par tout ce qui n’est pas comme eux.

Familiarise-toi avec l’idée que la mort n’est rien pour nous, puisque tout bien et tout mal résident dans la sensation, et que la mort est l’éradication de nos sensations. Dès lors, la juste prise de conscience que la mort ne nous est rien autorise à jouir du caractère mortel de la vie : non pas en lui conférant une durée infinie, mais en l’amputant du désir d’immortalité.

Il s’ensuit qu’il n’y a rien d’effrayant dans le fait de vivre, pour qui est radicalement conscient qu’il n’existe rien d’effrayant non plus dans le fait de ne pas vivre. Stupide est donc celui qui dit avoir peur de la mort non parce qu’il souffrira en mourant, mais parce qu’il souffre à l’idée qu’elle approche.

Ce dont l’existence ne gêne point, c’est vraiment pour rien qu’on souffre de l’attendre ! Le plus effrayant des maux, la mort ne nous est rien, disais-je : quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, c’est nous qui ne sommes pas !

Elle ne concerne donc ni les vivants ni les trépassés, étant donné que pour les uns, elle n’est point, et que les autres ne sont plus. Beaucoup de gens pourtant fuient la mort, soit en tant que plus grands des malheurs, soit en tant que point final des choses de la vie.

Le philosophe, lui, ne craint pas le fait de n’être pas en vie : vivre ne lui convulse pas l’estomac, sans qu’il estime être mauvais de ne pas vivre. De même qu’il ne choisit jamais la nourriture la plus plantureuse, mais la plus goûteuse, ainsi n’est-ce point le temps le plus long, mais le plus fruité qu’il butine ? Celui qui incite d’un côté le jeune à bien vivre, de l’autre le vieillard à bien mourir est un niais, non tant parce que la vie a de l’agrément, mais surtout parce que bien vivre et bien mourir constituent un seul et même exercice.. Plus stupide encore celui qui dit beau de n’être pas né, ou

Sitôt né, de franchir les portes de l’Hadès.

S’il est persuadé de ce qu’il dit, que ne quitte-t-il la vie sur-le-champ ? Il en a l’immédiate possibilité, pour peu qu’il le veuille vraiment. S’il veut seulement jouer les provocateurs, sa désinvolture en la matière est déplacée.

Souvenons-nous d’ailleurs que l’avenir, ni ne nous appartient, ni ne nous échappe absolument, afin de ne pas tout à fait l’attendre comme devant exister, et de n’en point désespérer comme devant certainement ne pas exister.

Il est également à considérer que certains d’entre les désirs sont naturels, d’autres vains, et si certains des désirs naturels sont contraignants, d’autres ne sont… que naturels. Parmi les désirs contraignants, certains sont nécessaires au bonheur, d’autres à la tranquillité durable du corps, d’autres à la vie même.

Or, une réflexion irréprochable à ce propos sait rapporter tout choix et rejet à la santé du corps et à la sérénité de l’âme, puisque tel est le but de la vie bienheureuse. C’est sous son influence que nous faisons toute chose, dans la perspective d’éviter la souffrance et l’angoisse.

Quand une bonne fois cette influence a établi sur nous son empire, toute tempête de l’âme se dissipe, le vivant n’ayant plus à courir comme après l’objet d’un manque, ni à rechercher cet autre par quoi le bien, de l’âme et du corps serait comblé. C’est alors que nous avons besoin de plaisir : quand le plaisir nous torture par sa non-présence. Autrement, nous ne sommes plus sous la dépendance du plaisir.

Voilà pourquoi nous disons que le plaisir est le principe et le but de la vie bienheureuse. C’est lui que nous avons reconnu comme bien premier, né avec la vie. C’est de lui que nous recevons le signal de tout choix et rejet.

C’est à lui que nous aboutissons comme règle, en jugeant tout bien d’après son impact sur notre sensibilité. Justement parce qu’il est le bien premier et né avec notre nature, nous ne bondissons pas sur n’importe quel plaisir : il existe beaucoup de plaisirs auxquels nous ne nous arrêtons pas, lorsqu’ils impliquent pour nous une avalanche de difficultés.

Nous considérons bien des douleurs comme préférables à des plaisirs, dès lors qu’un plaisir pour nous plus grand doit suivre des souffrances longtemps endurées. Ainsi tout plaisir, par nature, a le bien pour intime parent, sans pour autant devoir être cueilli. Symétriquement, toute espèce de douleur est un mal, sans que toutes les douleurs soient à fuir obligatoirement.

C’est à travers la confrontation et l’analyse des avantages et désavantages qu’il convient de se décider à ce propos. Provisoirement, nous réagissons au bien selon les cas comme à un mal, ou inversement au mal comme à un bien.

Ainsi, nous considérons l’autosuffisance comme un grand bien : non pour satisfaire à une obsession gratuite de frugalité, mais pour que le minimum, au cas où la profusion ferait défaut, nous satisfasse.

Car nous sommes intimement convaincus qu’on trouve d’autant plus d’agréments à l’abondance qu’on y est moins attaché, et que si tout ce qui est naturel est plutôt facile à se procurer, ne l’est pas tout ce qui est vain.

Les nourritures savoureusement simples vous régalent aussi bien qu’un ordinaire fastueux, sitôt éradiquée toute la douleur du manque : galette d’orge et eau dispensent un plaisir extrême, dès lors qu’en manque on les porte à sa bouche. L’accoutumance à des régimes simples et sans faste est un facteur de santé, pousse l’être humain au dynamisme dans les activités nécessaires à la vie, nous rend plus aptes à apprécier, à l’occasion, les repas luxueux et, face au sort, nous immunise contre l’inquiétude.

Quand nous parlons du plaisir comme d’un but essentiel, nous ne parlons pas des plaisirs du noceur irrécupérable ou de celui qui a la jouissance pour résidence permanente — comme se l’imaginent certaines personnes peu au courant et réticentes, ou victimes d’une fausse interprétation — mais d’en arriver au stade oµ l’on ne souffre pas du corps et ou l’on n’est pas perturbé de l’âme.

Car ni les beuveries, ni les festins continuels, ni les jeunes garçons ou les femmes dont on jouit, ni la délectation des poissons et de tout ce que peut porter une table fastueuse ne sont à la source de la vie heureuse : c’est ce qui fait la différence avec le raisonnement sobre, lucide, recherchant minutieusement les motifs sur lesquels fonder tout choix et tout rejet, et chassant les croyances à la faveur desquelles la plus grande confusion s’empare de l’âme.

Au principe de tout cela, comme plus grand bien : la prudence. Or donc, la prudence, d’où sont issues toutes les autres vertus, se révèle en définitive plus précieuse que la philosophie : elle nous enseigne qu’on en saurait vivre agréablement sans prudence, sans honnêteté et sans justice, ni avec ces trois vertus vivre sans plaisir. Les vertus en effet participent de la même nature que vivre avec plaisir, et vivre avec plaisir en est indissociable.

D’après toi, quel homme surpasse en force celui qui sur les dieux nourrit des convictions conformes à leurs lois ? Qui face à la mort est désormais sans crainte ?

Qui a percé à jour le but de la nature, en discernant à la fois comme il est aisé d’obtenir et d’atteindre le « summum » des biens, et comme celui des maux est bref en durée ou en intensité ; s’amusant de ce que certains mettent en scène comme la maîtresse de tous les événements — les uns advenant certes par nécessité, mais d’autres par hasard, d’autres encore par notre initiative —, parce qu’il voit bien que la nécessité n’a de comptes à rendre à personne, que le hasard est versatile, mais que ce qui vient par notre initiative est sans maître, et que c’est chose naturelle si le blâme et son contraire la suivent de près (en ce sens, mieux vaudrait consentir à souscrire au mythe concernant les dieux, que de s’asservir aux lois du destin des physiciens naturalistes : la première option laisse entrevoir un espoir, par des prières, de fléchir les dieux en les honorant, tandis que l’autre affiche une nécessité inflexible).

Qui témoigne, disais-je, de plus de force que l’homme qui ne prend le hasard ni pour un dieu, comme le fait la masse des gens (un dieu ne fait rien de désordonné), ni pour une cause fluctuante (il ne présume pas que le bien ou le mal, artisans de la vie bienheureuse, sont distribués aux hommes par le hasard, mais pense que, pourtant, c’est le hasard qui nourrit les principes de grands biens ou de grands maux) ; l’homme convaincu qu’il est meilleur d’être dépourvu de chance particulière tout en raisonnant bien que d’être chanceux en déraisonnant, l’idéal étant évidemment, en ce qui concerne nos actions, que ce qu’on a jugé « bien » soit entériné par le hasard.

A ces questions, et à toutes celles qui s’y rattachent, réfléchis jour et nuit pour toi-même et pour qui est semblable à toi, et veillant ou rêvant jamais rien ne viendra te troubler gravement : ainsi vivras-tu comme un dieu parmi les humains. Car il n’a rien de commun avec un vivant mortel, l’homme vivant parmi des biens immortels.

Interview de Vegan Pays Basque

Après le groupe Vean né récemment, voici Vegan Pays Basque qui apparaît. Là encore on a quelque chose de très moderne et de vivant, et on est libre de penser qu’il y a au fond une véritable nouvelle culture vegan qui est en train d’émerger, sur une base démocratique à la base et dans le le refus de toutes les oppressions.

On est aussi libre de penser qu’il y aura davantage d’échanges, de critiques, de radicalité… Notre époque en a bien besoin!

Voici donc quelques questions posées à Vegan Pays Basque.

Quel est l’objectif de votre groupe, quelle est votre démarche ?

Vegan Pays basque est un collectif qui fait la promotion du veganisme, de l’antispécisme et de l’antifascisme par le biais de stands et d’happenings. Nous menons une lutte contre toutes formes de domination sur les animaux humains et non humains.

Nous agissons principalement en Pays Basque nord et à proximité. Nous nous inscrivons dans un principe de lutte locale qui nous permet d’avoir une très bonne connaissance des enjeux et des préoccupations de notre lieu de vie.

Vous avez organisé un atelier BD, à la mi-juillet. Pouvez-vous nous parler de cette super idée, et de comment cela s’est passé ?

Nous avons organisé cet atelier BD le samedi 14 juillet et nous espérons qu’il s’agissait du premier d’une longue série. Nous avons passé un excellent moment. Plusieurs enfants et adultes y ont participé, le thème était « les animaux libres ».

Ça a été un moment simple, convivial, et tout le monde c’est bien prêté au jeu. Nous avons préparé lors de cet atelier des gaufres végétaliennes, qui ont permis aux personnes présentes de voir que l’on peut cuisiner facilement sans cautionner l’exploitation des animaux non humains.

Nous organisons ces ateliers avec la volonté d’aller au-devant des gens, de partager des savoirs, de montrer que l’on peut également militer dans la joie, de façon positive et cela, tout en faisant passer un message.

Nous allons renouveler souvent l’expérience, sur d’autres sujets (concevoir ses produits d’entretien, apprendre à cuisiner végétalien, apprendre le jeu d’échecs etc).

Quelle est la situation du véganisme dans votre région géographique ? Vousavez également fait le choix de la référence au pays basque, soutenez-vouspar là la réunification du pays basque / Euskal Herria ?

Pour ce qui est du veganisme, il y a, comme pour trop souvent ailleurs, tout à construire en Pays Basque nord. Mais le Pays Basque est un formidable vivier militant, les gens ici ont une habitude de la lutte et ça se ressent dans tous les milieux, il y a une véritable solidarité.

Lorsque que nous organisons des évènements les gens sont intéressés, nous soutiennent, viennent et partagent avec nous alors que ces personnes ne connaissaient pas, pour la plupart, les mots vegan et antispéciste.

Nous avons donc un véritable espoir que dans le futur les choses changent et que les gens se rendent compte que pour vivre dans un monde juste nous devons reconsidérer notre relation avec les autres espèces.

Concernant notre position vis-à-vis d’Euskal Herri, nous sommes pour l’autodétermination des peuples, donc nous considérons que c’est au peuple Basque de choisir son futur et que la question doit lui être posée, ce qui n’a pas été fait jusqu’à maintenant.

Au contraire il y a une énorme répression envers les militants Basques. Nous soutenons le combat pour que les droits fondamentaux du peuplesoient respectés : rapprochement des prisonniers de leurs familles (comme l’impose la loi), possibilité d’exercer une activité politique sans risquer la prison (12 ans sont souvent requis en Espagne pour de simples meetings ou conférences de presse, etc). Cette situation est honteuse et doit cesser.

Vous expliquez que « Vegan Pays Basque est ouvert à toute personne -mêmenon vegan- souhaitant partager notre combat pour mettre fin àl’exploitation et la souffrance animale. » N’y a-t-il pas une contradiction ? Ou alors voulez-vous par là parler de gens en transitionvers le véganisme ?

Notre collectif militepour mettre un terme aux discriminations et mettre fin à l’exploitation des animaux. Donc nous prônons le veganisme qui est la seule manière de vivre sans utiliser et faire souffrir les animaux non humains et nous ne ferons aucun compromis.

Ce que nous entendions par cette phrase c’est qu’il ne faut pas forcément être vegan pour nous rejoindre mais qu’il faut avoir la volonté de se remettre en question et de devenir cohérent avec ce combat. La seule possibilité pour cela est d’être en marche vers le véganisme.

Vous faites une très intéressante présentation de comment on peut faire soi-même ses produits d’entretien. Vous pouvez nous en parler ?

Malgré qu’il existe plusieurs marques de produits d’entretiens qui ne testent pas sur les animaux, cela ne signifie malheureusement pas forcément qu’il s’agit de marques éthiques.

D’autant plus que dans un souci d’écologie, nous avons la volonté de montrer que nous pouvons nous passer au maximum des produits industriels. C’est pourquoi même si nous parlons des marques qui ne testent pas sur les animaux, nous insistons surtout sur le fait qu’il n’y a pas mieux que « faire les choses

soi-même ». Ces produits sont très faciles à faire, écologique, moins onéreux que les produits industriels et au moins nous savons ce qu’il y a dedans. Nous allons également faire prochainement la même chose pour les cosmétiques et les produits d’hygiène.

Qu’entendez-vous par « antispécisme » ? A LTD, nous n’utilisons parexemple pas ce terme, mais c’est souvent une simple question dedéfinition ; ce que nous reprochons, c’est l’attitude d’être « contre » et de ne pas aimer les animaux. Soutenez-vous par exemple les adoptions ?

Le spécisme est une discrimination basée sur l’espèce, comme l’est par exemple le sexisme par rapport au sexe ou la xénophobie par rapport aux origines.

Les spécistes considèrent que, comme les animaux non humains ne font pas partie de notre espèce, cela nous donne des droits illimités sur eux. Nous sommes radicalement opposés à ce totalitarisme humain et nous disons qu’il est indispensable de prendre en considération toutes les espèces sur le même pied d’égalité.

L’antispécisme et le véganisme, sont les seules éthiques qui permettent de respecter totalement les animaux non humains. Celles-ci sont donc incompatibles avec des personnes n’ayant pas de considération pour les animaux.

Nous sommes bien sûr pour l’adoption qui est une mesure de sauvetage et de compassion qui est adaptée aujourd’hui aux animaux non humains en détresse.

Mais pour nous ce n’est pas une fin en soi, nous pensons qu’il est important de remettre en cause le fait que les humain-e-s créent des espèces animales esclavesà partir de croisements. Combien de fois avons-nous entendus ce type d’argument : « si je relâche mon chien dans la nature il n’a aucune chance de survivre ! »

L’argument est ridicule mais il a le mérite de soulever des questions. La libération animale ne pourra pas se fairesi les humains continuent à créer des animaux n’ayant pas leur place dans l’écosystème.

Vous faites référence à l’antifascisme. Dans quelle mesure cela vous semble-t-il important aujourd’hui ?

Il est important de rappeler qu’il faut se battre pour tous les animaux qu’ils soient humains ou non humains, donc il est évident que ces luttes sont liées.

Le fascisme se nourrit de la frustration et essaie de se positionner comme une alternative révolutionnaire. Cela s’est passé et se passe encore dans les ex pays communistes mais également dans tous les états capitalistes qui connaissent une énorme poussée de l’extrême droite, et qui par conséquent, deviennent des états ultra sécurisés et totalitaires. Nous ne sommes pas dupes, nous savons que cela montre un système en fin de vie.

Nous pensons qu’il est très important de greffer ces notions égalitaires dans la promotion du véganisme à l’heure où se battre pour les animaux est souvent synonyme de l’association PETA et de certaines de ses campagnes sexistes et racoleuses, ainsi que de la fondation Brigitte Bardot et de sa représentante déjà condamnée 5 fois pour incitation à la haine raciale, etc.

Il est donc d’autant plus important d’opposer cet argument aux militants qui affirment : « les animaux avant tout ». Toutes les discriminations/dominations sont liées et s’articulent autour d’un système qui ne fait que pousser dans ce sens.

C’est pour ces raisons que ces luttes doivent être menées ensembles pour arriver à une libération totale.

Vous voulez mettre en avant l’écologie, mais il y a encore peu de textes àce sujet. A quoi cela ressemblera-t-il ? L’huile de palme est-elle unsujet important à vos yeux ?

L’huile de palme est en effet une de nos préoccupations, car elle est responsable de déforestations massives et entraînera dans les 15 prochaines années la disparition de 98% des forêts tropicales

d’Indonésie et de la Malaisie. Elle est également responsable de l’assassinat et de la destruction de l’habitat de très nombreuses espèces animales.

Le nucléaire est aussi un sujet très important car en plus d’être déjà très implanté dans les pays occidentaux il commence à s’enraciner dans les pays à fort développement industriel comme l’Inde ou la Chine.

Ces sujets sont des questions majeures que nous traiterons ainsi que de nombreuses autres.

Nous voulons en effet mettre en avant l’écologie car c’est pour nous une part importante du veganisme. La planète, au même régime que les espèces y vivant, n’a pas à subir la mainmise des humain-e-s. Comment pourrait-on protéger les espèces qui y vivent sans protéger la planète ?

Ça serait en effet un non-sens.

Nous rejetons le capitalisme vert et son développement durable qui pour nous est une simple façon pour les systèmes capitalistes de marchander la nature, de se donner bonne conscience et de récupérer un marché comme un autre.

Nous irons donc dans ce sens en essayant de montrer des alternatives et l’importance de faire les choses soi-même pour sortir de cette dépendance crééepar nos états et industries.

Vous dites : « Plus nous serons nombreux à dénoncer l’injustice envers leshumains et les animaux, plus vite elle deviendra un débat de société. » A votre avis, comment cette perspective pourra-t-elle devenir réalité ?

Certain-e-s croient que c’est en forçant les gens, en créant des lois que nous ferons avancer les choses. Pour nous cela s’apparente à du fascisme et ne changera pas durablement les choses.

Il faut être ferme, sans compromis et ne pas brader nosidées, mais il est surtout important de le faire de manière positive. Nous nous battons pour faire germer dans nos sociétés des idées égalitaires pour qu’il n’existe plus aucune domination et discrimination.

Et même si notre génération ne connaitra peut-être pas la fin de l’exploitation animale, nous contribuons dès aujourd’hui à un véritable changement de sociétés.

Un jour viendra où le monde sera libre, mais en attendant nous combattrons le meurtre, qu’il soit de masse ou pas, ainsi que lesdominations/discriminations à l’encontre de tous les animaux qu’ils soient humains et non humains.

Merci et longue vie à « La terre d’abord » pour tout ce qu’elle apporte à la cause.

Emeute anti-pollution à Qidong en Chine

Pour rebondir sur la question du rapport à l’écologie des pays « pauvres », voici un exemple chinois d’il y a quelques jours, avec une émeute anti-pollution marquée par les affrontements avec la police et des voitures renversées, et enfin l’occupation du siège du gouvernement local.

Cela s’est passé fin juillet à Qidong, dans l’estuaire du fleuve Yangtsé, dans l’Est de la Chine.

La raison pour cela a été un pipeline transportant des eaux usées. Il est difficile d’avoir plus d’informations, car dans « l’usine du monde » qu’est la Chine il y a de telles émeutes tous les jours, mais alors tous les moyens locaux de communication sont bloqués. Ici, c’est le triomphe populaire de la révolte et aussi la nationalité japonaise du propriétaire du pipeline qui a permis à l’information de sortir.

Les journalistes ont beaucoup souligné, de manière clairement trompeuse, qu’il s’agirait d’un mouvement de personnes des classes moyennes chinoises, sur le modèle anglais NIMB (« not in my backyard » – pas par chez moi). Les gens n’auraient protesté que parce que le pipeline arrivait par chez eux et aurait dérangé la pêche locale…

Voici l’information diffusée par Le Monde:

Des manifestants anti-pollution font plier les autorités dans l’est de la Chine

Pour la deuxième fois en un mois, un projet industriel polluant a été définitivement arrêté en Chine après une manifestation durant laquelle le siège du gouvernement local de Qidong, près de Shanghai, a été mis à sac par des protestataires qui ont affronté la police.

Tôt dans la matinée, des milliers de personnes s’étaient rassemblées pour protester contre un pipeline transportant jusqu’à leur ville située en bord de mer les eaux usées d’une usine du groupe japonais Oji Paper Group, éloignée d’une centaine de kilomètres.

Au siège du gouvernement, les manifestants se sont emparés de bouteilles d’alcool et de vin ainsi que de cartouches de cigarettes, des articles reçus fréquemment comme pots-de-vin en Chine par les fonctionnaires, selon un témoignage recueilli par téléphone.

Certains de ces articles étaient exhibés à l’extérieur du bâtiment gouvernemental, selon une photo publiée sur Sina Weibo, le principal service de microblogging chinois qui compte plus de 250 millions d’abonnés et sur lequel le terme de recherche « Qidong » a rapidement été censuré samedi.

D’autres images, dont il est difficile dans l’immédiat de vérifier l’authenticité, montraient une voiture de police renversée.

Sur deux d’entre elles, un homme identifié par des internautes comme le secrétaire du Parti de la ville, Sun Jianhua, apparaît entouré de policiers, le torse dévêtu alors qu’il se serait fait arracher ses vêtements, et escorté par les forces de l’ordre.

En milieu de matinée, des affrontements violents ont opposé manifestants et policiers venus en grand nombre.

Dans le même temps, les autorités faisaient savoir que le déversement des eaux usées de la papeterie, qui avait déjà été provisoirement suspendu, le serait définitivement.

Malgré cette annonce, également été diffusée par la télévision locale, plusieurs protestataires interrogés au téléphone restaient sceptiques sur les intentions réelles des autorités.

Piques-niques anti-THT

Voici quelques rendez-vous estivaux anti-THT.

DES PIQUE-NIQUES CONTRE LA THT !

Parce que la lutte n’est pas terminé,

Parce que le forcing de RTE se poursuit,

Parce que nous ne pouvons laisser la préfecture justifier toutes les actions illégales de RTE,

Parce que nous ne pouvons pas laisser la gendarmerie être le bras armé de RTE,

PLUSIEURS RDV PIQUE-NIQUE SONT PRÉVUS, D’AUTRES SONT EN PRÉPARATION.

RDV à 12 h :

DIMANCHE 5 AOÛT 2012 À MONTABOT : PRÉ DE LA CAVÉE.

SAMEDI 25 AOÛT À NOTRE DAME DE CENILLY : LA TULLIÈRE.

A noter que ces pique-niques prévus sous le fuseau de la ligne Cotentin-Maine se déroulent sur des terrains privés non affectés par des servitudes de chantier.

Les autres rendez-vous :

L’été de la lutte anti THT est aussi, malheureusement judiciaire d’où des rassemblement de

solidarité devant les tribunaux :

6 AOÛT 2012 : 14H, TRIBUNAL DE COUTANCES : procès de l’interpellé du 24 juin à Montabot.

21 AOÛT : TRIBUNAL DE COUTANCES, verdict du procès du 19 juin.

23 AOÛT : 14H, TRIBUNAL DE LAVAL : Procès du militant blessé puis interpellé le 2 juin à Saint Pierre des Landes.

L’écologie radicale à l’horizon 2100 et le nombrilisme humain

Il y a quelques jours, un des blogs liés au journal Le Monde publiait un article intitulé « La fin de la planète en 2100 ? »

L’information est présentée de manière très racoleuse, mais n’en est pas moins une sobre réalité scientifique: nous assistons à un écocide, et à l’horizon 2100 l’équilibre sera définitivement rompu.

Voici ce qu’on lit entre autres:

Dans Approaching a state-shift in Earth’s biosphere, les auteurs, 22 chercheurs appartenant à une quinzaine d’institutions scientifiques internationales, alarment sur une perte de la biodiversité de plus en plus rapide et une accélération des changements climatiques.

Selon l’étude, presque la moitié des climats que nous connaissons aujourd’hui sur la Terre pourraient bientôt avoir disparu. Ils seraient ainsi remplacés, sur entre 12 % à 39 % de la surface du globe, par des conditions qui n’ont jamais été connues par les organismes vivants.

Et ce changement s’effectuerait de manière brutale, empêchant les espèces et écosystèmes de s’y adapter.

Rien que finalement tout le monde ne sache ou se doute. A ceci près que les anciennes générations ont abandonné toute responsabilité et que les nouvelles tentent encore de se voiler la face, sombrant dans le déni.

Ce qui fait que sont intéressants ici les commentaires. Parmi les plus avancés, on n’en trouve pas qui appellent à combattre pour la planète. Les plus avancés critiquent anthropocentrisme, mais restent sans perspectives et appellent finalement à l’extinction de l’espèce humaine.

Ce qui amène évidemment des réactions social-darwinistes dans le genre « commence par toi-même », etc.

C’est une sorte de cercle vicieux où la critique du mode de vie dominant tourne à la misathropie unilatérale, au lieu de la mise en avant d’un mode de vie positif et constructif. Au mieux on trouve parfois une sorte de simplicité volontaire qui ressemble plus à un repli individuel qu’autre chose.

Voici un exemple avec une critique sonnant fort juste, mais sombrant dans une misanthropie très classes moyennes (les Européens vivraient touts dans le confort, les gens des pays pauvres ne seraient pas du tout intéressés par l’écologie, ce qui est bien sûr totalement faux, etc.):

« il faut être honnête : les pouvoir publics sont à un milliard d’années de tels changements, on préfère nous parler croissance (hahaha) et crise de la dette (hohoho), alors que pendant ce temps, on creuse les cimetierres pour trouver un peu plus de gaz, on continu de détruire les forêts à un rythme alarmant, on pollue les océans et on poursuit la construction de centrales nucléaires toujours plus grandes et consommatrices d’eau…

Alors ouvront un peu les yeux, nous vivons dans un monde de profit, pour le profit, par le profit.

Il n’y aura aucun changement dans les mentalités tant que les pôles n’auront pas fondus et qu’on ne devra se battre à mort pour un morceau de pain : nous (occidentaux) sommes bien trop attachés à notre petit confort, alors que Chinois, Indiens et autres Brésiliens (entres autres) ne demandent qu’a nous rejoindre…

La seule chose que je souhaite personnelement est qu’on disparaisse rapidement, avant d’avoir d’avoir détruit 95% de la biodiversité de notre magnifique planête bleue, et ce de manière irréversible. Nous ne sommes qu’une éspèce parmis d’autrres au final. »

Parmi les réponses, en voici une qui se veut intelligente mais qui est totalement social-darwiniste, car ce ne sont pas les huîtres qui saccagent la planète, elles n’ont pas besoin de parler écologie, elles:

« ‘tant que les pôles n’auront pas fondu’
En même temps, le pôle sud n’est pas prêt de fondre, c’est un continent.
Et je suis désolé mais nous ne sommes pas qu’une éspéce parmi d’autres. Quand on arrivera à parler écologie avec une huître, on en reparlera mais en attendant, je préfére voire tous les Hommes vivre correctement et dignement quitte à ce que se soit au détriments des autres éspéces. »

On retrouve beaucoup cette vision de compétition dans les commentaires, dont voici un florilège; très régulièrement les pro-écologie sont accusés de parler au nom de la planète (ce qui leur doit une sorte de « elle te l’a dit? »), mais inversement jamais les pro-écologie ne prennent fait et cause pour la planète comme point de référence absolue, nécessitant qu’on s’engage totalement pour elle:

« Oui je suis nombriliste humain et j’en suis fier. Et je pense qu’il est primordiale de conserver la planète et sa biodiversité. Non pas pour la planète, à peine pour la biodiversité (car je pense que même les plantes se fichent de vivre) mais pour nous, les humains, et nos descendants. »

« On s’en fiche qu’elle se porte bien la terre si il n’y a personne pour en profiter….La terre est là pour nous, pour notre espèce (car nous sommes a priori toujours les seuls assez intelligent pour en profiter) et c’est tant mieux.
Dans 100 ans, si tous les animaux sont morts (ce qui ne sera sans doute pas le cas) et que les être humains sont heureux, la « Terre » et l’humanité s’en porteront très bien tous les 2. »

« moi en tant qu’humain mais avant tout mammifère, j’assure ma survie et celle des miens dussé-je le faire au détriment des autres. »

« Mon conseil : ne vous occupez plus de ces histoires d’écologie. Elles ne riment à rien ; c’est comme pisser dans un violon. Voyez les Américains et les Chinois qui en ont rien à faire. Cela fait pas mal de monde! On peut donc s’en passer et vivre très bien. »

« La planète est qu’un gros cailloux et je suis sûr qu’elle se fiche royalement qu’on lui ait « pillé » ses réserves de pétrole. Elle ne se sent pas plus pauvre, et d’ailleurs elle ne se sent pas tout court. »

Toute cette mentalité, c’est du social-darwinisme: seul le plus « apte » doit survivre. Alors qu’en réalité la vie sur Terre c’est la participation, l’échange, la symbiose, la vie appelant la vie.

On a ici une mentalité de colon, comme si la planète n’était qu’une zone à engloutir. On voit d’ailleurs inversement à quel point le film « Avatar » n’a eu aucune influence, son scénario « écolo » n’étant que commercial et pour faire un succès dans l’air du temps.

C’est dire à quel point l’écologie radicale est nécessaire et demandée. Il est temps de refuser tant l’esprit colonial humain d’asservissement et de destruction, mais aussi l’individualisme misanthrope qui justement ne rompt en rien avec l’anthropocentrisme!

Une manoeuve de la police au Chefresne

Voici une nouvelle information sur la situation au Chefresne, avec aussi ce qui ressemble à une contradiction inévitable. Un éleveur s’oppose en effet à l’installation de pylônes, son terrain étant réquisitionné. Or, la vie des animaux qu’il « élève », il les a réquisitionné tout autant…

On a ici une contradiction propre à la lutte anti-THT: c’est presque une culture du terroir qui est parfois mise en avant. Et elle n’a rien de progressiste…

Car comment une société autorisant la réquisition de la Nature pourrait-elle s’opposer à la réquisition du terrain d’un élevage? C’est inévitablement une situation dans l’impasse.

Voici les trois infos dans l’ordre chronologique, où il n’est pas difficile de voir que la police entendait neutraliser la personne pour, une fois qu’elle est en garde-vue, pouvoir lancer les travaux:

Une journée (de plus) de résistance au Chefresne

Pelleteuse et camions bennes se sont présentés ce lundi 30 juillet au matin dans l’espoir de commencer les chemins d’accès vers les emplacements prévus de trois pylônes, numérotés 224, 225 et 227.

Stoppés par des taureaux présents dans les parcelles à terrasser, les engins de chantiers ont du rebrousser chemin.

RTE a alors mandaté un huissier accompagné de son escorte en bleu de rejoindre les domiciles des propriétaires présumés des bovins nerveux. Ceux-ci étaient malheureusement absents mais avaient laissé un mot sur la mort que leur apportait le rouleau compresseur RTE.

Du coup, un gendarme soudainement inquiet quant à la survie d’un des agriculteurs a appelé les pompiers. La présence du propriétaire du taureau auprès de sa bête a fini par rassuré la maréchaussée qui a promis de transmettre la parole du présumé suicidé, bien déterminé à ne pas lâché le morceau.

Cette résistance au travaux intervient alors que la section du contention en charge du jugement des recours contre la DUP s’est déclarée insuffisamment compétente pour statuer sur la légalité de celle-ci dont se prévaut RTE pour monter ses pylônes à marche forcé. En même temps, cela repousse la décision du Conseil d’Etat, date à laquelle RTE compte bien avoir terminer la totalité de la ligne.

Une reprise des travaux sous grands renforts étaient prévus dans la journée, avec quelques pontes de la filiale d’EDF et sa garde mobile rapprochée (composé de 4 bus et de son contenu) mais à 18h, rien ne va plus, même pas la garde mobile qui a disparu.

Les engins de terrassement de l’entreprise sous-traitante de RTE, en l’occurence JP Brionne de Saint

Clément-Rancoudrey, et les camions ont pris logement à la carrière de Tessy, qui fournit la caillasse à bousiller les champs.

Voici comment la presse a relaté l’information:

Un agriculteur de la Manche a été interpellé par les forces de l’ordre mardi matin alors qu’il tentait, comme la veille, de s’opposer à la construction dans son champ de deux pylônes de la ligne à très haute tension (THT) Cotentin-Maine, a déclaré à l’AFP un membre de sa famille.

Joints par l’AFP, la préfecture de la Manche, les services du procureur et la gendarmerie n’ont ni confirmé ni infirmé l’information.

La famille d’Yves Larsonneur, éleveur au Chefresne, a immédiatement contacté son avocat.

L’épouse de mon client m’a appelé pour me dire qu’il avait été interpellé et j’ai immédiatement envoyé un courrier au procureur pour dénoncer l’illégalité de l’interpellation et demander sa libération immédiate, a indiqué Me Gervais Marie-Doutressoulle à l’AFP.

Dans cette lettre, l’avocat demande au procureur de lui préciser l’endroit où se trouve Monsieur Larsonneur afin que sa femme puisse prendre attache avec lui.

Je vous serais également reconnaissant de bien vouloir faire en sorte que Monsieur Larsonneur soit remis immédiatement en liberté compte tenu de l’illégalité manifeste avec laquelle RTE, avec le concours des gendarmes, a pu investir les lieux, interpeller et emmener M.Larsonneur, écrit encore l’avocat.

Il a été interpellé vers 8h00 de façon assez violente. Il a été sorti de son tracteur et plaqué au sol puis emmené par les gendarmes, avait auparavant affirmé Damien Sineux, beau-frère de Yves Larsonneur.

Mardi matin, après l’interpellation, une cinquantaine de gardes mobiles faisaient face à une quinzaine de militants, très remontés, a constaté un photographe de l’AFP. Le face à face entre les deux parties s’était déjà prolongé une bonne partie de la journée de lundi.

Yves Larsonneur s’oppose à la construction sur son champ des pylônes 224 et 225 des 163 km de la ligne THT, qui doitacheminer l’électricité du futur réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville.

Nous lui avons fait des propositions d’indemnisation, s’élevant à plusieurs centaines de milliers d’euros, mais il a refusé de signer l’accord, a déclaré à l’AFP Martine Bernard, directrice régionale de RTE Normandie, la filiale d’EDF chargée des réseaux.

La ligne THT a été déclarée d’utilité publique et une mise en servitude a été prononcée.

Les travaux devaient commencer lundi, mais Yves Larsonneur avait disposé des engins agricoles et des bovins, dont des taureaux particulièrement réactifs selon un des opposants, dans son champ pour en bloquer l’accès.

Une guerre de tranchées oppose forces de l’ordre et militants anti-THT le long du parcours de la future ligne.

Des écologistes et des riverains campent depuis mars dans un bois proche de l’exploitation de M. Larsonneur pour bloquer les travaux, a rapporté Jean-Claude Bossard, maire démissionnaire du Chefresne et opposant à la ligne.

Le communiqué ds activistes anti-THT:

La filiale d’EDF, RTE, profite lâchement de la garde à vue du propriétaire des champs pour faire mener au Chefresne des travaux pour le terrassement des accès aux éventuels futurs pylônes 224 et 225.

RTE a même mis le paquet rameutant tous les véhicules, pelles mécaniques et autres engins de terrassement à disposition afin de s’assurer de pouvoir terminer les accès à ces pylônes avant la sortie de garde à vue du courageux agriculteur résistant au rouleau compresseur.

Nous sommes guère surpris de l’attitude de RTE qui a le pouvoir de décider des actes des gendarmes dans une société nucléaire, donc policière, quand elle se fait accompagner par grands renforts de maréchaussée là ou elle rencontre la moindre résistance, mais tout de même :

– Sur les trois pylônes déjà érigés au Chefresne, comme le plus proche sur la commune de

Montabot, les temps de séchage des fondations n’ont pas été respectés. A quelle vitesse de vent résisteront-ils ?

– Les sociétés ayant eu en charge la mise en place des chemins d’accès et plate-formes l’hiver dernier prenait le temps de bien mettre de côté la terre arable avant de réempierrer les emplacements nécessaires;

Qu’en sera-t-il de l’engagement de la remise en état avec de la terre arable écrasée par les grues énormes qui montent les pylônes ?

Qu’en sera-t-il de la sécurité du conducteur de ces mastodontes sur un chemin d’accès et des plate-formes constitués à la va-vite ?

Quand on pense que RTE parle de mise en danger à propos des petites mains qui démontent certains pylônes…

Rappelons que ce coup de force arrive au moment même où la section du contentieux se déclare pas suffisamment compétente pour juger de la légalité de la déclaration d’utilité publique, simple arrêté ministériel dont se targue RTE pour effectuer ses travaux, y compris au mépris de toute loi.

EPR – THT : population bafouée !