Vasière de Méan : la honte sur les dockers de Saint-Nazaire

C’est encore un exemple terrible de comment les tendances négatives priment en France, dans la folie du chacun pour soi et de l’auto-destruction. Et c’est d’autant plus moche que cela provient de gens dont on devrait s’attendre, en toute logique, à être aux premiers rangs de la solidarité et de l’appel à changer le monde.

Mais apparemment, les dockers de Saint-Nazaire trouvent le monde où nous vivons très agréables. Ils apprécient leurs conditions de travail, leur patron, les entreprises qui les emploient. Tout leur plaît, rien n’est à redire.

Au point qu’ils sont allés pratiquer brutalités et intimidations contre quelques écologistes de Natur’Action, association qui lutte pour l’environnement à Saint-Nazaire et tout autour.

Le crime de ces écologistes: vouloir préserver la vasière de Méan d’un projet d’extension de la zone portuaire. Il s’agit d’un petit espace sauvage, par ailleurs classé à la fois Natura 2000, Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique et Faunistique, Zone de Protection Spéciale.

Cela n’a aucun intérêt pour les grandes entreprises et les actionnaires, qui comptent s’en débarrasser pour élargir le port.

Par conséquent ceux qui sont en bas de l’échelle, mais sans morale ni conscience, se sont précipités : les dockers ont attaqué à 150 le rassemblement, lancé des gros pétards, renversé le stand de l’association et déchiré ses documents, insulté et intimidé, bousculé, brûlé des t-shirts, embarquer le micro, etc.

Voici une vidéo de la vasière, et ensuite une de l’agression.

Ce qui est d’autant plus désolant, c’est que c’est sous le drapeau ce la CGT que ces dockers ont joué les fachos. Aucun autre mot est possible, de par l’irrationalisme des attitudes et la logique d’intimidation, le tout au service des grandes entreprises.

Encore, quand des travailleurs d’un abattoir de GAD ont affronté d’autres travailleurs de GAD organisant un blocage, on peut logiquement se dire que c’est malheureusement logique de par le faible niveau de conscience et les conditions de travail abrutissantes.

Mais là, des dockers à la combativité historique, avec un syndicat qui a 120 ans et une vaste tradition, en arriver là? Car il y a quelques jours a justement été lancé le programme pour fêter ces 120 ans. Alors demandons au nouveau secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, cela est-il dans l’ordre des choses? Tout ça pour ça?

C’est sûr en tout cas qu’il est plus facile de traiter une écologiste de « Dora l’exploratrice » que de s’approprier les richesses des habitants des beaux quartiers…

Voici une petite présentation qu’a publié Nantes-Loire Vegan, qui avait par ailleurs relayé l’appel de Natur’Action.

Ce qui s’est passé samedi 7 mars 2015 lors du rassemblement pour la défense de la vasière de Méan à Saint-Nazaire est d’une grande tristesse.

Le capitalisme veux s’emparer du dernier espace relativement « naturel » qui lui échappe encore dans l’estuaire au niveau de Saint Nazaire : pour se défendre, il a trouvé non pas la police, non pas les ingénieurs-bétonneurs, mais des ouvriers organisés par la CGT.

Un centaine d’ouvriers du port sont venus empêcher physiquement le rassemblement et détruire le matériel.

Que s’imaginent ces ouvriers venus casser de l’écolo ? Qu’ils vont pouvoir sortir de la crise en soutenant la destruction de la nature ?

Un site local rapporte ces mots d’un docker qui reflètent bien l’ambiance de samedi : « Entre une vasière pourrie et des emplois, il n’y a pas à hésiter ».

Ce propos est profondément erroné, car on ne choisit pas entre la peste et le choléra. Ce projet de destruction de la vasière de Méan, ce n’est pas une question d’emploi, c’est simplement que les ingénieurs du port n’ont pas envie de se creuser les méninges pour trouver une solution plus intelligente pour l’usine d’alstom.

Pour ces ingénieurs la vasière n’est qu’un « timbre-poste » comme il disent, un grand morceau de boue sans valeur. Ce point de vue contre-nature est totalement stupide, arriéré, barbare. Il n’y a pas besoin d’une grande connaissance du fonctionnement de l’estuaire pour comprendre cela.

Il est plus que nécessaire aujourd’hui de se poser les bonnes questions : si la vasière est « pourrie » à cause de la pollution, n’est ce pas pour la même raison qui fait que la vie des ouvrières et des ouvriers est polluée par des emplois « pourris », ou pire par des licenciements ?

Cela serait pourtant logique, vu la crise, dans un bastion ouvrier comme Saint-Nazaire, de voir flotter le drapeau rouge sur la ville.

Mais au lieux de cela, il règne à Saint-Nazaire un esprit de soumission total aux valeurs dominantes. Et bien sur, il y a le Front National qui cartonne en soutenant à fond cet esprit de soumission.

« Mort aux pigeons »

Voici une chanson qui est peut-être, de toutes les chansons anti-animaux en France, celle qui a le plus de brutalité, la forme la plus sordide, le contenu le plus ignoble. Sera-t-on étonné de trouver cela dans le « rock alternatif », avec des décadents délirants finissant leurs concerts nus et s’imaginant antifascistes, alors qu’ils ont tout du nihilisme de l’extrême-droite ?

« Mort aux pigeons », du groupe « Les amies d’ta femme » actif à la fin des années 1990 et au début des années 2000, est un classique de la beauferie qui s’imagine rebelle, de l’anarchiste qui n’est en fait qu’un anti-social primaire, du cynique qui, ne pouvant oser imaginer un monde meilleur, ne voit partout que l’horreur qu’il porte lui-même.

Cela rappelle une fois de plus que la défense des pigeons, outre leur nécessité pratique, est d’une importance symbolique fondamentale, tellement le social-darwinisme, l’esprit nazi de « supériorité », les choisit comme cibles.

Pour l’anecdote, ce groupe a terminé sa carrière sur un album de reprises de chansons anarchistes, avant de se faire un an de procès entre membres pour obtenir la marque « Les amies d’ta femme ».

Il existe des mass’s de gens
Aux ambitions des plus étranges,
Dont certains d’leurs comportements
Intrigu’nt, inquièt’nt ou mêm’ dérangent.

Du taré qui gueul’ dans la rue
Sans motivations apparentes,
Insult’ les passants de locdus,
Se parl’ tout seul ou se lamente,
Au grav’ déviant psychiatrique
Qui tue en série, bouff’ sa merde
Ou qui pour un môm’ chop’ la trique :
Chacun vie sa vie et s’démerde !

Mais j’soupçonne un’ de mes voisines
D’être on n’peut plus déjantée,
En nourrissant la pir’ vermine
Qu’l’urbanisme ait pu engendrer.

Ma voisin’ file à bouffer aux pigeons.
Y’a plus bizarr’ mais y’a pas plus con
D’filer d’la bouffe aux pigeons !

Tous les jours, à la même heure,
Ell’ descend just’ devant l’entrée,
Nourrir ces oiseaux de malheur
Avec aux lèvr’s un sourir’ niais.

Moi qu’habite au premier étage,
Avec son pain, j’la vois qu’arrive.
J’foutrais bien dans une cage
Pour mieux comprendr’ c’qui la motive.

Ma voisin’ file à bouffer aux pigeons.
Y’a plus bizarr’ mais y’a pas plus con
D’filer d’la bouffe aux pigeons !

On peut pas dir’ qu’les pigeons soient
D’une intelligence suprême,
Mais ils sont, cela va de soi,
Des bestiaux d’un’ sal’té extrême.

Malgré ça, au lieu d’leur filer
Des coups d’pieds ou d’la mort-aux-rats,
Cett’ gross’ vach’ leur file à bouffer.
Les pigeons, c’est pir’ que les rats !

Ma voisin’ file à bouffer aux pigeons.
Y’a plus bizarr’ mais y’a pas plus con
D’filer d’la bouffe aux pigeons !

Ne me demandez pas pourquoi
Je n’arriv’ pas à supporter
Ces usines volantes à gua-
No nourries par cett’ déjantée.

Pourtant chuis du genr’ tolérant,
Mais l’envie de prendre un’ massue
M’étreint, question de défoul’ment.
Moi les pigeons, j’leur chie dessus !!!

« L’ordre » règne à Sivens

Circulez, y a rien à voir ! Par 43 voix contre 3, le Conseil général du département du Tarn a décidé hier de poursuivre le projet de barrage sur la zone de Sivens, maquillant ça derrière un redimensionnement (750 000 m3 au lieu du 1,5 million de m3), ainsi qu’un déplacement (de 50 ou 300 mètres, ce n’est pas précisé).

Au passage, le Conseil général a demandé à ce que « l’Etat procède sans délai à l’expulsion des occupants sans droit ni titre ».

Par conséquent, hier la quarantaine de personnes présentes sur la ZAD s’est faite expulsée de manière brutale par 300 gendarmes et deux hélicoptères, 250 CRS et la Cellule nationale d’aide à la mobilité (spécialisée dans les évacuations), 150 gendarmes restant sur la zone pour finir de tout démolir et pour bloquer la zone.

Une zone, rappelons le, encerclée depuis quelques jours par des agriculteurs, avec bien sûr l’appui des « forces de l’ordre ».

Alors, bien sûr, on peut dire que c’est typique des socialistes et que Ségolène Royal, ministre de l’écologie, a joué un rôle particulièrement nocif. C’est vrai. Et EELV cela n’a pas été mieux.

Seulement voilà, il est tout de même évident qu’en mettant en avant non pas la Nature, mais le style de vie punk dans les cabanes et la petite production, les zadistes ne risquaient pas de gagner l’opinion publique, opinion publique ne les intéressant par ailleurs pas du tout.

La même chose se déroule à Notre-Dame-des-Landes, avec le même mépris pour le reste de la société, et le même résultat à prévoir.

A Sivens, c’est d’autant plus terrible qu’un personne, Rémi Fraisse a été tuée, et que sa mort a provoqué, malgré la tentative de l’Etat de passer cela sous silence initialement, de fortes réactions.

L’Etat avait à ce moment-là totalement perdu la main sur la situation. Pourtant, encore une fois la Nature a été la grande oubliée. La mort de Rémi Fraisse a été unilatéralement assimilée à la violence policière en général, dans une petite révolte de la jeunesse qui n’aura duré qu’un temps extrêmement court, sans rien donner.

Le résultat a été que le grand syndicat agricole a pu rassembler la « France profonde » contre toute critique, que l’Etat a pu tranquillement reconquérir une hégémonie morale et institutionnelle, et que donc qu’un barrage va être construit, à moins d’un nouveau renversement qu’on voit très mal se produire dans la situation actuelle.

Surtout quand on voit le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Xavier Beulin pavoiser en parlant de triomphe du droit, de propriété, de respect des institutions, etc., se permettant même d’expliquer, malheureusement avec raison, que les zadistes proposaient un modèle de développement, sans défendre de cause environnementale par ailleurs.

Quelle victoire facile cela a été pour l’Etat ! Le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du TESTET semble d’ailleurs reconnaître aisément cela, et espère… que le conseil général change d’avis la prochaine fois !

« Nous espérons que la prochaine assemblée départementale, qui sera forcément différente de celle-ci, saura enfin écouter nos organisations, légitimées par les experts et la Commission européenne, sinon la « crise de Sivens » risque de durer malheureusement encore longtemps. »

Des mots ! Car en pratique c’est la défaite sur toute la ligne, et cela restera ainsi… à moins qu’on en revienne au cœur de la question : la défense de la Nature. A moins qu’on arrête de contourner la bataille pour l’opinion publique. A moins qu’on se donne les moyens de la continuité, du contenu et pas seulement de la forme. A moins de raisonner en termes d’utopie au lieu de jouer le sentimentalisme avec une nostalgie d’un passé idéalisé.

La planète est en train d’être assassinée, l’heure n’est certainement pas à l’apologie d’un refuge individualiste au moyen de la petite production. Les zones humides ne sont pas à défendre au nom de la « biodiversité », mais pour leur réalité naturelle en elle-même!

Lutte contre le gaz de schiste en Algérie

Depuis plus d’un mois il existe une large mobilisation populaire en Algérie contre le gaz de schiste. Difficile d’avoir des informations un peu claires jusqu’à présent, mais voici un article publié sur Indymédia Nantes qui fournit les éléments essentiels à ce sujet.

L’Algérie semble d’ailleurs être un pays où la problématique de l’écologie et des animaux a une certaine dynamique; on peut penser ici notamment à l’opposition au braconnage effectué par les émirs du Golfe, avec le soutien de l’Etat.

Depuis la veille du nouvel an 2015, contre des puits expérimentaux pour l’extraction du gaz de schiste, une mobilisation de très grande ampleur s’est mise en place à In Salah, gagnant les villes alentours : occupations, manifestations dans les villes et sur les sites de forage, arrêt des machines de forage, barrages des routes pour empêcher les convois etc … bref tous les moyens désobéissance civile sont utile à la lutte !

Mais si jusque là les actions étaient non-violentes, elles ont pris une autre tournure depuis samedi dernier. En effet, selon des sources, les extractions de gaz de schiste serait imminentes et pour empêcher cela, les manifestantEs ont du s’affronter au dispositif anti-émeute de la police et de l’armée mis en place par le gouvernement.

Le gaz de schiste c’est quoi ?

Le gaz de schiste est un gaz contenu sous la terre dans une couche d’argile compacte et imperméable. Considéré comme une alternative économique aux gazs conventionnels, il permettrait d’augmenter les apports en gazs énergétiques mondiaux à moindres coûts.

Or le gaz de schiste ne peut s’extraire qu’au prix d’une pollution sans précédant : son extraction pollue les nappes phréatiques et libère dans l’air du méthane, un gaz à effet de serre beaucoup plus concentré et polluant que le CO2.

De plus, un forage nécessite 20 millions de litres d’eau soit environ la consommation quotidienne de 100 000 habitantEs. Dans la région désertique d’In Salah, acheminer autant d’eau alors que la population a un accès parfois difficile à l’eau potable est une aberration.

Dénoncé dans le documentaire « Gazland » en 2010, une des images choc du docu montre un habitant situé près d’un forage qui réussit à enflammer l’eau du robinet ! Tout simplement car le méthane, relâché lors de l’extraction du gaz de schiste est hautement inflammable …

Bien évidemment les gouvernements et multinationales mettent en avant les milliers d’emplois crées par ce qu’ils appellent « la révolution du gaz de schiste » alors que la facture écologique pour la nature, pour les animaux et les êtres humains est extrêmement dangereuse mais totalement passée sous silence.

L’extraction du gaz de schiste en Algérie

L’Algérie serait la 4ème ressource mondiale en gaz de schiste, autant dire une aubaine financière pour l’état et les multinationales, mais une catastrophe pour les habitantEs et les terres, surtout dans un pays où l’eau potable est rare.

Alors que le gouvernement français refuse pour le moment l’extraction de gaz de schiste en fRance à cause des conséquences de l’environnement, l’été dernier, après un séjour en Algérie, Laurent Fabius a salué l’initiative algérienne d’extraction du gaz. Entre colonialisme et intérêt économique, Laurent Fabius n’a peur de rien : en effet, une des entreprises présentes sur le site pour l’extraction du gaz n’est autre que la multinationale française Total !

La principale entreprise pétrolière du site est SONATRACH (dont le logo a été dessiné par Siné), 1ère entreprise publique d’Algérie, 1ère entreprise pétrolière d’Afrique et 12ème au niveau mondial. En 2014 elle est la première à se lancer dans l’extraction du gaz de schiste car le gouvernement autorise enfin l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels (tiens, au même moment que le passage de Fabius …). A elle seule elle réalise 30% du PIB de l’Algérie et a engrengé en 2009 un chiffre d’affaire de 77 milliards de dollars.

Mais ce n’est pas tout, depuis 2010, elle se trouve au cœur de plusieurs scandales financiers (les affaires SONATRACH 1, 2, 3 et 4) qui ont amenés les hauts dirigeants de l’entreprise à partir et à la démission du ministre de l’Energie, Chakib Khelil. En effet, une vaste affaire de corruption a été révélée dans la presse : des pots-de-vin ont été donnés pour obtenir de gros contrats avec des entreprises.

Chakib Khelil aurait notamment négocié 7 contrats à hauteur de 8 milliards d’euros pour des pots-de-vin allant jusqu’à 197 millions de dollars. Ses comptes ont été saisis ainsi que ceux de son neveu Farid Bedjaoui. Aujourd’hui Chakib Khelil, sa famille et Farid Bedjaoui sont sous le coup d’un mandat d’arrêt international.

Mais si la SONATRACH et TOTAL sont les entreprises habilitées à l’extraction, on trouve aussi sur le site HALLIBURTON, une multinationale américaine, deuxième fournisseur mondial de services à l’industrie du pétrole et du gaz.

Présente dans 70 pays avec ses centaines de filiales, succursales et autres sociétés, elle se développe particulièrement dans le gaz de schiste. Entre 1995 et 2000 son PDG ne fut autre que Dick Cheney, vice-président américain sous le gouvernement Bush. Il fut notamment accusé de favoriser l’entreprise dans des contrats en profitant de sa situation politique.

Le président actuel, David J. Lesar, est mis en cause avec l’entreprise lors de la guerre en Irak ; accusé d’être profiteur de guerre, il aurait profité de l’occupation américaine sur le sol Irakien pour développer l’extraction pétrolière pour un salaire de 42,000,000,00 dollars ….

Main dans la main, gouvernement et multinationales n’ont que faire des dégâts écologiques du gaz de schiste, la seule issue possible est le profit qui leur arrivera dans les poches.

La résistance écologique algérienne

A environ 30km d’In Salah, dans la wilaya de Tamanrasset, au centre du Sahara algérien, le site d’extraction du gaz de schiste, est soumis depuis plus de 60 jours à une résistance sans faille.

Le 1er janvier 2015 est établi un sit-in sous forme d’occupation sur l’esplanade du siège de la daira d’In Salah, rebaptisée « place de la résistance ». Tous les jours depuis cette date, ce sont environ 1 000 personnes qui occupent cette place, le jour comme la nuit avec pour mot d’ordre : « Arrêt des forages ! ».

Des milliers de repas y sont servis tous les jours pour les occupantEs. La résistance ne faiblit pas malgré les conditions physiques difficiles (plusieurs camarades ont été hospitalisés) et lorsqu’il a été proposé d’occuper la place par roulement pour permettre plus de repos, cela a été unanimement refusé ! L’occupation reste et restera entière.

Le 15 janvier, contre ce « projet de la honte », une grande manifestation anti-gaz de schiste est organisée. Elle rassemble plus de 4000 personnes, parfois venues des villes voisines comme Tamanrasset et Aoulef. En référence au printemps arabe, les manifestantEs scandent le slogan « le peuple veut l’arrêt du projet ».

Une marche vers le site de forage est organisée. Dans les autres villes, des manifestations sont aussi présentes ; à Ouargla, la capitale du pétrole, à Tamanrasset où la ville est « entièrement paralysée » par les manifestantEs.

Le 24 janvier une autre manifestation de grande ampleur est organisée. A partir du début février, la tension monte d’un cran et les forces anti-émeute sont déployées sur le site. Le 5 février ce sont 5 000 personnes qui marchent sur le site de forage et qui font stopper les machines pour la 3ème fois, empêchant toute production et tout forage.

A partir du 9 février, la manifestation est grossi par des des lycéens et étudiants mais aussi par des femmes, venues en nombre sur le site pour faire stopper le projet et mettre à l’arrêt les machines. Elles organiseront aussi la grande marche du 16 février.

A partir du 11 février, les manifestantEs ferment les routes et « empêchent tout véhicule transportant matériel ou équipement soupçonné d’être destiné à la fracturation hydraulique de gagner sa destination finale ». Les entreprises utilisent alors des hélicoptères pour acheminer le matériel. Une délégation avertit les responsables des firmes étrangères que tout début d’extraction du gaz de schiste les obligeraient à assumer les « conséquences éventuelles » …

En face le gouvernement s’encrasse dans un discours mensonger et sans aucun renoncement officiel au projet.

Le 1er mars, alors que les extractions doivent commencer, les forces anti-émeute sont renforcées sur le site et des émeutes éclatent. Les manifestantEs forcent le barrage anti-émeute. Plusieurs blessés sont évacués. Place de la Résistance, les manifestantEs mettent le feu à la daira d’In Salah. Pour beaucoup, le gouvernement n’a fait que ce qu’il sait si bien faire depuis des années : réprimer.

La résistance écologique du peuple algérien est exemplaire. Les ennemis, le gouvernement et les multinationales, piliers du capitalisme ne feront pas plier la détermination et le combat de nos camarades. Quels que soient les moyens nécessaires à la lutte, nous affirmons notre entière solidarité !

Solidarité avec la lutte anti gaz de schiste d’In Salah !

Pour une écologie sociale et radicale !

Sources :

http://insalahsunpower.blogspot.fr/

Algérie: Non au gaz de schiste, solidarité avec les habitants d’In Salah

http://www.algerie-focus.com/blog/2015/01/manifestations-anti-gaz-du-schiste-dans-le-grand-sud-le-peuple-veut-larret-du-projet/

Nouvelles substances psychoactives et hausse de la production de cannabis en Europe

L’Organe international de contrôle des stupéfiants, créé en 1968, est un organisme chargé de l’application des conventions internationales des Nations Unies relatives au contrôle des drogues.

En mars, il tient sa nouvelle conférence, et voici deux extraits de son rapport annuel 2014. Le premier concerne l’augmentation de nouvelles substances, le second la hausse de la production de cannabis en Europe. L’effondrement social et culturel fait que les mafias s’engouffrent dans ce marché, celui de l’ennui, de la souffrance et de la mort.

NOUVELLES SUBSTANCES PSYCHOACTIVES

Le nombre de nouvelles substances psychoactives signalées par les gouvernements ne cesse d’augmenter, puisque 388 substances distinctes ont été repérées en 2014, contre 348 l’année précédente.

Ces substances dont il est fait abus sont pour la plupart des cannabinoïdes et cathinones de synthèse qui reproduisent les effets de drogues soumises à contrôle, comme le cannabis et l’amphétamine.

En 2014, la Commission des stupéfiants a appelé les gouvernements et les organisations internationales à lutter plus énergiquement contre l’abus de ces nouvelles substances, tandis qu’en 2015, elle doit examiner les recommandations formulées par l’OMS concernant l’éventuel placement sous contrôle international de 26 substances non encore inscrites
aux Tableaux des conventions.

Au niveau des pays, des mesures visant à contrer la hausse du nombre de nouvelles substances psychoactives ont notamment été prises par la Chine, souvent citée comme producteur et source d’approvisionnement.

La Chine a fait le nécessaire pour soumettre à contrôle plusieurs de ces substances, dont 12 ont été placées sous contrôle national en 2014, et elle soutient activement les efforts entrepris au niveau multilatéral pour enquêter sur les auteurs de vastes opérations de fabrication et de distribution, pour les identifier et pour les poursuivre.

Les pays consommateurs ont aussi pris des dispositions consistant à la fois à placer ces substances sous contrôle national et à soutenir les efforts déployés à l’échelle internationale pour en faire cesser le trafic.

Ainsi, en 2014, la Drug Enforcement Administration des États-Unis a saisi plusieurs centaines de milliers de boîtes contenant des nouvelles substances psychoactives destinées à la vente au détail et prêtes à être écoulées ainsi que des biens illicites représentant plusieurs millions de dollars au cours des opérations spéciales qu’elle a menées dans le cadre de son Projet “Synergy” en coopération avec de nombreux services de détection et de répression du monde entier.

Au niveau multilatéral, le Projet “Ion” est un nouvel outil de coordination et d’échange d’informations sur les nouvelles substances psychoactives par lequel l’OICS appuie les efforts multilatéraux menés par les gouvernements pour freiner l’afflux et l’abus de ces substances. Il prévoit des opérations, dirigées par l’Équipe spéciale chargée des nouvelles substances psychoactives, à l’occasion desquelles des informations et renseignements sur les envois suspects, le trafic et la production de nouvelles substances psychoactives sont recueillis et échangés par l’intermédiaire
d’un réseau de points de contacts représentant plus d’une centaine de gouvernements et d’organismes internationaux.

Hausse de la production illicite du cannabis: La culture illicite du cannabis, destiné principalement à la consommation intérieure, continue de s’étendre en Europe occidentale et centrale, certains pays signalant une professionnalisation croissante de l’activité et des cultures à plus grande échelle, tandis que d’autres notent une préférence pour les sites de production de taille réduite, à domicile par exemple.

En plus d’être produit localement, le cannabis continue d’être introduit clandestinement en Europe occidentale et centrale, y compris par voies maritime ou aérienne pour la résine, en provenance principalement du Maroc, tandis que l’herbe provient surtout d’Albanie.

La production et la consommation illicites de cannabis, surtout d’une forme particulièrement puissante de cette substance, restent les principaux problèmes liés aux drogues illicites que connaisse l’Europe du Sud-Est.

Picardie Nature a besoin de bénévoles

Voici un article comme la presse devrait en publier régulièrement; il est tiré du Courrier Picard et informe des besoins en bénévoles de Picardie Nature.

L’association a également besoin de bénévoles en particulier pour la surveillance estivale des phoques en baie de Somme.

Le centre de sauvegarde de la faune sauvage a besoin de bénévoles. Le but ? Recueillir, soigner et remettre en liberté des animaux en détresse. Souvent des oiseaux.

Que faire lorsque l’on trouve un oiseau avec une aile cassée dans son jardin ? Un hérisson blessé sur une route de campagne ? Ou qu’on remarque une grenouille mal au point sur le bord d’un chemin ? Il y a la première solution qui est de contacter le centre de sauvegarde de la faune sauvage de Picardie.

Un de ses membres va alors faire un bilan de l’animal par téléphone, afin de s’assurer de sa viabilité et de sa capacité à retrouver le monde sauvage en cas de soins. On peut s’arrêter là et attendre qu’un membre de l’association vienne le prendre en main. Ou choisir la deuxième solution : s’impliquer et devenir soi-même écovolontaire.

Le centre de sauvegarde, fort de 17 salariés et d’une soixantaine de bénévoles, est justement à la recherche de nouveaux aidants. Ainsi, hier, à Amiens, il organisait un atelier pour de jeunes recrues. Roger Coly, 26 ans, est adhérent de Picardie Nature depuis moins d’un an et souhaite s’investir d’avantage.

« Je suis venu du Sénégal pour suivre mes études en écologie et biodiversité et j’espère y retourner pour travailler dans une organisation non-gouvernementale, ONG, internationale, notamment pour m’impliquer dans la protection de la mangrove. En faisant cela, j’espère acquérir de nouvelles compétences et connaissances en matière d’ornithologie. »

Et ça tombe bien puisque justement, 90 % des animaux pris en charge par l’association sont des oiseaux (dont 50 % de rapaces). Pour les 10 % restants, ce sont essentiellement de petits mammifères comme des hérissons, écureuils, chauves-souris…

« Dans la région, le plus gros mammifère concerné est le phoque, sourit Stéphane Soyez, responsable du centre de sauvegarde de la faune sauvage de Picardie Nature. Plus rarement, il arrive qu’on nous amène des grenouilles ou des serpents. »

Le plus souvent, ces animaux en détresse sont confiés à ces soigneurs dans trois cas de figure : « ramassage de jeunes individus, après un choc avec une auto et en cas de tirs volontaires de destruction », détaille Stéphane Soyez.

L’objectif de l’association est donc de recruter, dans un premier temps. Et ensuite de former. Car il ne suffit pas de ramasser un animal blessé pour lui venir en aide. « Il faut savoir comment l’attraper, le conditionner, le transporter… Le tout en lui occasionnant le moins de stress possible », détaille M. Soyez.

Et puis il existe bien d’autres moyens de venir en aide au centre de sauvegarde. Par exemple en donnant de son temps pour assurer le convoyage d’un animal, de l’endroit où il a été trouvé jusqu’au centre de soins (dont l’un d’eux se situe à Hirson, dans l’Aisne. En cas de besoin, des alertes sont lancées sur internet ou par SMS afin de mobiliser les personnes nécessaires. Ou même tout simplement en donnant du matériel.

En plus de ces formations, le centre essaye d’organiser régulièrement des opérations de sensibilisation auprès du public, lorsqu’un animal est relâché.

« Qu’il y ait une personne ou 100, l’animal aura le même stress alors c’est l’occasion de montrer aux gens nos actions, souligne M. Soyez. Qu’ils comprennent que ce que nous faisons n’est pas réservé à une sorte d’élite mais que ça ne se fait pas non plus dans n’importe quelles conditions, pour le bien de l’animal. »

Le centre vient en aide à quelque 300 animaux par an. Cela va de la simple surveillance auprès d’un animal souffrant d’un traumatisme jusqu’à la chirurgie, assurée par des vétérinaires bénévoles.

Signaler un animal blessé :

03 62 72 22 59. Aider : 03 62 72 22 50

ou www.picardie-nature.org.

Maitre Gims, Swagg Man et Dan Bilzerian

Tout est une question de culture, et dans la bataille, il faut que les lignes de démarcation soient très claires.

Prenons par exemple Maître Gims, qui est membre du groupe de rap Sexion d’Assaut. Comme bon nombre de gens dans le rap et le hip hop, il fait un fétiche de l’attitude viriliste et consommatrice, provocatrice et profondément réactionnaire.

Cela participe à un plan commercial de publicité, mais cela reflète aussi ni plus ni moins la culture beauf, même si évidemment à ses propres yeux, il ne fait que « profiter » du système, selon le principe « thug life ».

Il y a dix jours, dans un acte gratuit participant à sa démarche, Maître Gims a donc lancé une vidéo provocation intitulée « Message à tous les végétariens, je veux comprendre expliquez moi! »

Il n’y a bien sûr pas à discuter : de part l’idéologie qu’il véhicule, il n’y a qu’à interdire de paroles. Et c’est assez exemplaire que Peta ait fait une « réponse ». Même si bien entendu Peta prétextera qu’elle ne s’adresse pas à lui mais aux gens intéressés par la polémique, mais cela reste totalement stérile et absurde, c’est vraiment courir derrière l’impossible, comme d’autres le font derrière les parlementaires.

Lettre adressée par Peta France à Maître Gims
Cher Maitre Gims,
Vous vous demandez haut et fort pourquoi de plus en plus de gens deviennent végétariens. Vous avez eu raison de poser la question, nous sommes ravis d’y répondre !
Tout d’abord parce que les animaux sont des êtres sensibles, tout comme nous, qui ressentent la joie, la peur, la douleur et ne demandent qu’à vivre. L’alimentation des végétaliens ne nécessite pas que l’on parque des millions d’animaux dans les hangars des élevages industriels, qu’on les mutile, qu’on les prive de vie sociale ou d’accès l’extérieur puis qu’on les conduise à l’abattoir et qu’on les égorge alors qu’ils sont souvent encore conscients.
Cela tombe bien, puisque la cuisine végétale est délicieuse, diversifiée, colorée et goûteuse. Moins grasse, plus riche en vitamines et en fibres, l’alimentation végétale permet de vivre plus longtemps, en moyenne 9,5 ans en plus pour les hommes. Elle est aussi meilleure pour la santé car elle réduit les risques de maladies cardiaques de 32 % et permet de se sentir mieux dans son corps. La consommation de viande est d’ailleurs associée aux plus grandes maladies de civilisation qui touchent l’Occident de plein fouet : les maladies cardio-vasculaires, le diabète de type 2, l’obésité et certains types de cancers.
Si vous ajoutez à cela le fait que selon un rapport de l’ONU paru en 2010, un changement mondial vers un régime végétalien est vital pour prévenir les pires effets du changement climatique  , l’agriculture animale étant un facteur majeur des émissions de gaz à effet de serre – et sauver le monde de la famine et de la pénurie de carburant, je crois que vous comprendrez facilement pourquoi des millions de gens, y compris Russell Simmons, Jay Z et Beyonce et Jennifer Lopez sont devenus végétaliens.
Il y a beaucoup de raisons de devenir végan, et aucune de ne pas le devenir ! Alors que diriez-vous d’essayer, vous aussi, de devenir végan pendant un mois ?
Je compte sur votre réponse.
Bien à vous,
Cyril Ernst
PETA France

Une telle lettre est une insulte à la morale et à la culture. C’est vraiment baisser les bras devant les attitudes provocatrices prônant la barbarie, le cynisme, la « vie facile » fondée sur les pires principes du capitalisme.

Internet pullule d’ailleurs en ce moment de gens comme Maître Gims. En France, il y a Swagg Man, qui a des tatouages sur le visage et se prend en photographie avec énormément d’argent, des objets de luxe, comme des centaines de lunettes de soleil de luxe vintage, etc.



Là on a la position à l’opposé de Maître Gims, puisque Swagg Man a tenu le premier mars des propos « sympathiques » si l’on ose dire envers les animaux. Y a-t-il pour autant lieu de se réjouir ? Faut-il y voir un quelconque intérêt ? Si l’on a aucun mode de vie à proposer peut-être, mais quand on a compris le sens de la bataille morale, on ne tolère pas la décadence de ce genre!

Ni l’un ni l’autre ne participent à la solution, ils relèvent tous les deux du problème : celle d’une société dénaturée, qui met en valeur la superficialité, la fuite en avant pour se sentir vivre.

Impossible d’ailleurs de ne pas citer le « modèle » en quelque sorte du genre qu’est Dan Bilzerian. Là on est dans la posture du jeune millionnaire posant avec des armes, des femmes dénudées, beaucoup d’argent, avec pas moins de 6,7 millions d’utilisateurs sur Instagram.



Dan Bilzerian présente lui aussi « ses » animaux de manière répétée, comme « trophées », et pour se donner une image un peu « affectueuse »…


Et il précise bien que le phoque qui a été une fois amené dans sa piscine a été transporté par des spécialistes, aucun mal ne lui a été fait…


Tout cela est pathétique et criminel, cela doit cesser, impérativement. Ce style de vie est à proscrire, il est à bannir.

C’est cela, le sens de la morale vegan straight edge.

Les « battues du château de Chambord »

Voici un article qui soulève le voile sur ce qui est normalement habilement caché. Nous avons déjà parlé de ces chasses qui sont un lieu de prestige, où se rencontrent les gens de la « haute », le gratin de la haute bourgeoisie. Voici comment le journal Le Monde, dans son magazine, présente ces chasses officielles de l’Etat, en tentant de gommer l’aspect totalement élitiste propre aux riches en parlant de « survivance monarchique ».

En réalité, on est là dans le reflet le plus simple du capitalisme. Et si jamais le mot révolution doit avoir véritablement un sens autre que symbolique, cela veut dire faire de ce lieu un sanctuaire, et se débarrasser de tous ces gens de la haute, pour que ceux d’en bas puissent donner leur avis! Et on est tout à fait en droit de penser que si on laisse parler les gens, il ne seront pas d’accord pour l’exploitation animale et la destruction de la planète au service du profit…

Chambord, les chasses bien gardées de la République

Politiques, grands patrons et hauts fonctionnaires continuent de se presser aux battues du château de Chambord. Une survivance monarchique encore largement financée par l’Etat.

Un jour de juin, fêtant son demi-siècle à la mairie de Villermain, à 20 kilomètres au nord de Chambord, Gérard Plessis a contemplé ses cadeaux. Une veste de chasse, la médaille d’or du Sénat et celle du conseil général. Devant le préfet et la sénatrice du Loir-et-Cher, l’ancien maire s’est lancé, un peu tremblant : « Maintenant, peut-être pourrai-je être invité à la chasse du château ? »

La question s’est perdue dans le cliquetis des verres de crémant de Loire. Ne pénètre pas qui veut dans l’ancien fief de François Ier, placé sous la haute protection du chef de l’Etat. Les chasses de Chambord ont survécu à deux révolutions et cinq Républiques. On y a connu des rois descendant de Paris avec leurs courtisans, et des présidents, Pompidou ou Giscard, accueillant les têtes couronnées.

Les privilèges féodaux ont été abolis en 1789 et les chasses présidentielles définitivement supprimées par Nicolas Sarkozy, en 2010. François Hollande s’est longtemps gardé d’y mettre le pied. En décembre, lors d’une visite surprise, il a insisté sur la vocation touristique du château. Sans un mot pour les chasseurs, qui n’ont guère changé leurs habitudes depuis des années. Un cinquième du domaine a été ouvert au public, mais seules quelques gâchettes choisies sont conviées à des rassemblements qui n’ont pas grand-chose à envier aux parties de chasse staliniennes de la bande dessinée d’Enki Bilal.

Certains vendredis (et quelques mardis) entre septembre et février, les routes traversant le domaine sont, au petit matin, coupées par la gendarmerie. « C’est comme ça qu’on apprend qu’il y a une chasse au château », explique agacé un propriétaire voisin alors contraint à faire de grands détours. « Ce n’est jamais annoncé à l’avance, même pas dans la presse locale. »

Pour pénétrer dans la « mecque de la chasse », «  il faut faire partie de la cour, ou avoir des amis haut placés ».

Devant les tours embrumées du château, trente hommes, parfois une femme ou deux, en bottes et Barbour, enfilent les gilets fluo réglementaires et grimpent dans l’une des cinq Land Rover du domaine. Les fox aboient, la chasse commence, à cor, à cris et sans témoins. Pour pénétrer dans la « mecque de la chasse », magnifique forêt de chênes et de bouleaux de 5 440 hectares clos de murs, « il faut faire partie de la cour, ou avoir des amis haut placés, explique un élu voisin du château. Il n’y a que ça qui marche. »

On essaie donc de se faire inviter, en toute candeur journalistique. Pas pour tenir un fusil (on n’a pas le permis), juste pour assister au spectacle de cette « tradition républicaine » racontée aux touristes de Chambord et financée en partie par les deniers publics. N’a-t-on pas vu Christine Boutin trotter derrière son mari chasseur ? Ou Bernadette Chirac en rabatteuse, chapeau à plume et bottes de cuir, au grand dam de son mari et de sa fille, tous deux antichasse ? « C’est vrai, j’étais là », confirme Claude Bartolone.

Le président PS de l’Assemblée nationale est aussi président de l’Association des amis de Chambord, instance stratégique pour les parties de chasse. Ce passionné, qui traque le sanglier depuis son enfance, ne rate pas une saison depuis les années 1980. Mais il ne détient pas les clés du domaine. Pas plus que Maurice Leroy, président UDI du conseil général, qui assure, « vraiment désolé », n’avoir pas la main sur les « fusils de Chambord », comme s’appellent les chasseurs entre eux.

Pierre Charon, président du domaine national de Chambord sous Sarkozy, vient d’être nommé par lui délégué national de l’UMP à la chasse. « J’ai été François Ier, sourit le sénateur de Paris. Les patrons du CAC 40 venaient me voir humblement, casquette à la main. » Gérard Larcher, président UMP du Sénat, lui a succédé en 2011, avant de démissionner après sa réélection au Sénat. Sous ses clochetons Renaissance, Chambord est une forteresse.

Des chaises grincent dans le huis clos chambourdin et on espère un instant : depuis le 1er janvier, c’est un non-chasseur qui préside Chambord. Ça ne s’était pas vu depuis vingt ans, sous Chirac. Guillaume Garot, député PS de la Mayenne proche de Ségolène Royal, découvre la puissance de feu électorale des chasseurs.

Ils ont le soutien de groupes parlementaires à l’Assemblée et au Sénat, de patrons de grandes entreprises, publiques ou non. C’est un lobby puissant fasciné par Chambord. Guil­laume Garot s’en amuse : « Je n’ai jamais eu autant d’amis, ni reçu autant de cartes de vœux ! »

Les petits chamboulements du nouveau président

Nommé par François Hollande, il n’était pas candidat à ce poste convoité par plus de 200 fines gâchettes. Plutôt intéressé par l’intérêt écologique et culturel de ce « château mythique », le nouveau président du domaine national de Chambord annonce, « sinon une révolution, une évolution ». Il « découvre » cet univers, mais ne détient pas encore le sésame des chasses à Chambord.

Il n’est d’ailleurs guère pressé d’entrer dans le bal des cartons d’invitation : « Je vais d’abord aller voir comment se déroule une chasse, puis je me pencherai sur la question des invités.

» Il ne s’interdit pas de « bousculer le protocole », ni de faire payer les chas­ses. Pour une battue dans les domaines privés de Sologne, dont aucun n’égale la perfection de Chambord, les tarifs atteignent plusieurs centaines d’euros par jour.

C’est un parlementaire chasseur qui donne la bonne piste. Jean d’Haussonville, directeur général de l’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) créé en 2005 pour gérer le domaine national de Chambord, est le grand chambellan du château. « C’est lui qui fait le casting. »

Pantalon en velours et veste de tweed, cet énarque diplomate, en poste depuis l’ère Sarkozy, reçoit à Chambord avec beaucoup d’égards, bien que visiblement lassé d’être interrogé sur « ce perpétuel sujet de fantasme journalistique ».

Il rappelle que, à Chambord comme à Rambouillet, « les chasses présidentielles ont été supprimées il y a cinq ans » et assure : « La normalisation est en cours. » On peut donc y assister ? Réponse : un « niet » peu diplomatique. « Ça ne se fait pas, les personnes qui y participent ne tiennent pas à apparaître. C’est du domaine privé. »

Et de comparer : « Quand le chef de l’Etat donne un dîner, on ne divulgue pas la liste des invités. »

Jean d’Haussonville est directeur du domaine et chargé du « casting » des invités aux chasses présidentielles. « C’est comme une première de l’Opéra de Paris  », dit-il.

Faute de chasse, on se rabat sur le musée du château. Les dernières photos de chasse à Chambord, datées des années Giscard, jaunissent dans les vitrines. Comme si le temps s’était arrêté à l’époque révolue où la République invitait des dirigeants plus ou moins recommandables.

« On ne pratique plus l’invitation de dictateurs », précise Jean d’Haussonville. Fini aussi « les cartons écrits à la plume d’oie » et « les sacs de jute cousus à la main pour emballer la viande ».

Chambord s’est démocratisé, ses battues accueillent désormais des « méritants », chasseurs ayant obtenu les meilleures notes au permis et « tous les parlementaires qui en font la demande », soit quelques centaines de personnes par an tout au plus. « C’est comme une première de l’Opéra de Paris », dit le directeur.

Délaissant son assiette de sanglier de Chambord sauce grand veneur, Jean d’Haussonville détaille son plan d’équilibre financier : « En 2016, la chasse ne coûtera plus un centime au contribuable », évoquant de mystérieux mécènes, chefs d’en­treprise ou personnalités fortunées, français et étrangers, remerciés de leurs dons défiscalisés par d’inoubliables parties de chasse au gros.
A bas les étiquettes !

A Chambord, se croisent hauts fonctionnaires français et européens, per­sonnalités étrangères dont l’anonymat est protégé : « Si un officier de l’OTAN, un parlementaire européen ou le ministre d’un pays ami vient chez nous, on ne ­le dira pas. »

La liste des parlementaires français habitués du « club » très masculin de Chambord, « des élus du peuple », rappelle Jean d’Haussonville, est tout aussi secrète : « Ce sont des personnages publics qui n’ont pas envie de publicité. »

Pourtant, quelques-uns ne font pas mystère de leur passion pour le brame du cerf en septembre : les sénateurs UMP Ladislas Poniatowski, François Baroin, Serge Dassault et Gérard Larcher, le socialiste François Patriat, les députés de droite Eric Ciotti, Christian Jacob, David Douillet…

« Même pendant la guerre Fillon-Copé, on chassait ensemble à Chambord, se souvient un parlementaire de droite. On se disait qu’il y avait une suite à tout ça, on n’allait pas se tirer dessus. »

Droite ou gauche, les étiquettes tombent. Sur les chemins empierrés du domaine, c’est la paix des braves : « Au déjeuner, on parle politique. Mais avec la complicité liée à la chasse, des liens se créent, c’est une autre tonalité. On refait le monde, même si aucune affaire ne s’est jamais conclue là-bas », raconte Claude Bartolone.

« On côtoie des industriels, des lobbyistes, des hauts fonctionnaires, c’est “the place to be” », explique Jérôme Peyrat, conseiller de Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris et membre, avec quelques parlementaires chasseurs, du très stratégique Conseil d’orientation de Chambord, en charge de l’avenir culturel et cynégétique du domaine, où se ­distribuent bon nombre de « fusils ».

La chasse, dit-il, est un excellent poste d’observation politique : « L’occasion d’apprécier le caractère de chacun : ceux qui sont fair-play et les autres. »

Le seul permis requis est celui de chasser. La rosette et la notice au Who’s Who sont bien vus, mais facultatifs. « On vient avec nos fusils, des armes dangereuses à ne pas mettre entre toutes les mains », explique Claude Bartolone. Pierre Lellouche a laissé un souvenir cuisant : « Il a failli dégommer Frédéric Péchenard, le directeur de la police nationale. La balle n’est pas passée loin », se souvient un sénateur témoin de la scène. Le député UMP de Paris n’a jamais été réinvité.

Dans sa petite mairie en face du château, un homme fulmine. « La chasse est un mal nécessaire, mais que ce soit toujours les mêmes, je ne suis pas d’accord. C’est un domaine public, pas seulement ouvert aux amis des amis. »

Pull de chasse décoré d’un cerf, écarlate de colère, André Joly est né à La Guillonnière, ferme familiale transformée en relais de chasse dans la forêt de Chambord. Ce chasseur, qui a sa propre partie à l’automne sur le domaine, est en guerre contre l’EPIC et son directeur, qui veut régenter la commune et lui donner le lustre d’un site classé par l’Unesco.

Fini les boutiques de souvenirs à deux sous, les toilettes municipales en préfabriqué et l’hôtel Saint-Michel, un 2-étoiles. Ses invités chasseurs ont beau adorer cette relique de la IVe République, où l’on peut encore dormir dans le lit de Georges Pompidou, Jean d’Haussonville veut faire table rase du passé.

L’hôtel, relooké par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, passera bientôt à 4-étoiles et la place du village sera libérée de ses sanisettes. N’en déplaise à André Joly qui fait de son combat celui de la « République contre la monarchie, qui est revenue à Chambord », en pétard contre « ces messieurs qui font la loi ».

Cette saison, il a compté 17 chasses. Et « certains sont venus six fois ».

Il s’agit, officiellement, de « battues de régulation » : un demi-millier de sangliers et quelques dizaines de cervidés, chassés en tir sélectif, doivent être éliminés chaque année pour éviter la surpopulation dans cette forêt grande comme Paris intra-muros.

Car depuis cinq siècles, le périmètre du domaine royal n’a pas changé. Les cerfs continuent de bramer en septembre et les sangliers de labourer la route de la Reine, entretenue par l’Office national des forêts.

« Les battues sont nécessaires », justifie un parlementaire. « Si ce n’est nous, ce sont les gardes-chasse de l’ONC [Office national de la chasse, NDLR] qui le feront. Cela aurait moins de panache. »

Bien dire « battues de régulation », donc. Même si, effet de l’habitude et de la tradition, on continue de se précipiter selon son grade et ses relations à « la chasse des ambassadeurs », « la chasse franco-belge », celles « du préfet », « du maire », « du conseil général », « des présidents de fédération de chasse » Et à celles « du château », courtisées et huppées, orchestrées par le directeur.

Le rituel est immuable. On se retrouve à déjeuner, à la Thibaudière, le relais construit par Georges Pompidou, hérissé de cors et de défenses impressionnants. A la tombée de la nuit, devant le château, les honneurs sont rendus aux quarante sangliers abattus, en présence de la garde républicaine. Les chasseurs se débarrassent des gilets fluo et dévoilent leurs plus belles tenues.

Le tableau de chasse est vendu à des marchands de gibier. Certains achètent leurs trophées en souvenir, comme Claude Bartolone ses défenses de sanglier, ou Pierre Charon, fier de l’écusson – on dit aussi « massacre » – qui trône dans son salon : « Un cerf magnifique, 14 cors, je l’ai tiré à 160 mètres… Le Graal pour un chasseur. »

Qu’est-ce qui a changé depuis Georges Pompidou, immortalisé dans la vitrine du musée de Chambord ? « Rien, tranche un employé du domaine proche de la retraite. Ce ne sont plus les mêmes gens, c’est tout. »

La Nature nous rappelle à l’ordre

C’est un grand classique de la vie quotidienne : on vaque à une occupation comme la lecture, et comme on n’est pas assez attentif à notre environnement immédiat… on est rappelé à l’ordre. Avec plus ou moins de rentre-dedans, plus ou moins d’esprit grognon, mais toujours avec l’affection comme exigence.

Ce qui est vraiment universel avec internet, c’est de voir que ces moments peuvent être partagés en images, et qu’ils sont repris parce que des gens trouvent que cela reflète leur propre vécu.

On aurait tort de sous-estimer l’importance de cela pour la prise de conscience planétaire qui va se dérouler dans les prochaines années. Qu’on le veuille grâce à la reconnaissance subjective de Gaïa, ou qu’on ne le veuille pas avec les catastrophes très objectives que l’humanité provoque.

Tout cela passe par la reconnaissance de son entourage bien entendu. Heureusement qu’il y a, par conséquent, les chiens, les chats, tous les animaux, pour nous rappeler à l’ordre !

On comprend pourquoi les gens qui assument totalement l’ordre dominant chassent les animaux de leur environnement direct, que ce soit leurs appartements, leurs quartiers, etc. Ou bien ils les utilisent comme faire-valoir, comme objets.

Ce qui dérange ces gens, ce n’est pas tant la saleté comme ils le prétendent, que leur spontanéité, ou plus précisément leur dimension naturelle. On ne peut pas être un chef d’entreprise « sérieux » et avoir un chat qui saute sur ses documents, on ne peut pas être une femme ayant intégré toutes les règles du formalisme et de la bienséance avec un chien qui décide subitement de vouloir gambader.

Les animaux de notre entourage sont un rappel à l’ordre. Quand on voit les gens marcher dans les rues, sans se préoccuper en rien des pigeons, d’ailleurs sans même les remarquer, cela en dit vraiment long !

C’est vraiment une attitude qu’on doit remarquer : la présence des animaux est considérée comme une invasion. Il ne s’agit pas de phobie, il s’agit de culture, de culture conçue comme antagonique à la Nature.

C’est pour cela que les photos qu’on trouve sur internet « opposent », pour ainsi dire, les activités culturelles de la vie quotidienne à ces animaux, dont c’est la dignité qui doit nous frapper, et non le côté « amusant ».

La plus grande erreur qu’on pourrait faire ici est de réduire ces photos à un phénomène insolite, ou bien amusant, surprenant, relevant de l’anecdote de la vie quotidienne. En réalité, il s’agit de la réalité elle-même qui nous rattrape.

Le problème bien entendu est qu’il y a des gens pour considérer qu’il y a mieux que la réalité, qu’il y a plus important, et que les animaux ne doivent pas se voir reconnus une trop grande importance, une trop grande reconnaissance. Tout est dans le « self control ».

Heureusement que la vie est plus forte que tout cela !