COP 21 : le gouvernement sourd aux demandes de la société civile

Alors que la COP21 arrive, les associations institutionnelles s’aperçoivent que le sol se dérobe sous leurs pieds. Leur nature va être démasquée, dans la mesure où le fait qu’elles ne servent à rien face à la destruction de la Nature va devenir visible aux yeux de tous et toutes…

D’où leur appel et leur fausse critique du gouvernement, dans leur appel « COP 21 : le gouvernement sourd aux demandes de la société civile ». Cocasse de la part d’associations subventionnées, ou bien n’ayant jamais parlé d’écologie (que viennent faire ici les scouts protestants?), ou bien encore les grosses structures n’existant que par la reconnaissance institutionnelle…

Sans parler de la fondation Nicolas Hulot, qui signe alors que Nicolas Hulot est le représentant spécial à l’écologie du gouvernement, nommé par François Hollande lui-même!

C’est la fin d’une époque, et il n’y a pas de place pour elles : voilà ce que deviennent ces associations en panique, avec leur logique de charité, de religiosité, de démarches institutionnelles, de parasitisme bureaucratique, de subventions officielles pour prétendre être « critiques » mais de l’intérieur seulement…

COP 21 : le gouvernement sourd aux demandes de la société civile

La silence du gouvernement face aux demandes de 130 organisations compromet les conditions dans lesquelles des dizaines de milliers de représentants de la société civile mondiale vont participer à la Conférence climat dans quelques semaines.

Dans moins de six semaines se tiendra au Bourget le 21ème sommet des Nations Unies sur les changements climatiques, la COP21.

Près de 40 000 personnes y sont attendues, des délégations venues de 196 pays différents s’efforceront de trouver des solutions pour lutter contre le dérèglement climatique. Pour la France il s’agit d’un enjeu considérable : la COP21 est le plus grand rassemblement diplomatique jamais accueilli par le pays tandis qu’à l’échelle internationale il représente une étape-clé des négociations sur le climat.

Tour à tour, ces derniers mois, différents membres du gouvernement ont appelé de leurs vœux la mobilisation de la société civile à cette occasion.

Ainsi lors de la cérémonie officielle «Go COP21» organisée à l’Elysée le 11 septembre dernier, François Hollande déclarait-il devant un parterre d’ONG et de représentants syndicaux que «tout dépendra bien sûr de la capacité, de la volonté des Etats, mais aussi de la force des peuples, des mouvements que vous représentez».

La Coalition Climat 21 s’est effectivement constituée sur l’idée que les changements majeurs et indispensables pour répondre aux enjeux du dérèglement climatique ne seront possibles sans une mobilisation large et durable de la société.

Cette coalition regroupe aujourd’hui 130 organisations, des syndicats aux ONG, en passant par les mouvements sociaux, les jeunes ou les groupes de foi. Nous nous sommes donnés pour objectif de préparer des mobilisations citoyennes massives en décembre.

Pour cela, nous devons faciliter la participation de toutes celles et ceux qui souhaitent exprimer leur inquiétude et leur volonté de changement, qu’ils soient invités de la conférence officielle ou non.

Nous agissons sur tous les terrains : celui de l’emploi, celui de l’environnement, celui de la solidarité mais aussi ceux de l’éducation et des spiritualités. Nous avons à cœur de défendre une société moins inégalitaire, à l’abri des ravages du climat et du modèle de développement qui les perpétue, et nous sommes déterminés à mettre l’ensemble de nos forces au service d’un mouvement durable pour la justice climatique.

Depuis près de deux ans nous préparons donc différentes mobilisations, dont une grande marche pour le climat à Paris le 29 novembre, en amont de l’ouverture du Sommet officiel, deux espaces de rencontres et de débats ouverts au grand public ainsi qu’une journée de mobilisation de masse à l’issue du Sommet, le 12 décembre.

Ces différents temps donneront à voir la diversité de nos approches tout en nous permettant d’élargir et de renforcer le mouvement populaire en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique et ses causes.

Ils seront aussi l’occasion d’accueillir à Paris les dizaines de milliers de personnes venues du monde entier qui se sentent également concernées. Les Européens d’abord, pour lesquels le déplacement est le plus facile, mais également des représentants des pays du Sud, ceux qui sont aujourd’hui les plus affectés par la crise climatique.

Pour ouvrir ces larges espaces d’expression, nous avons besoin que le gouvernement réponde à nos demandes. Celles-ci sont simples : un trajet emblématique au cœur de Paris pour la marche du 29 novembre, des hébergements pour les dizaines de milliers de personnes qui convergeront vers la capitale, mais aussi des visas pour celles et ceux qui, venant des zones les plus impactées par le dérèglement climatique, souhaitent venir témoigner et participer à ce moment historique.

À ce jour, le gouvernement reste sourd à nos demandes. Nous l’appelons à traduire ses engagements en actes : à quelques semaines de l’ouverture de la conférence, ce silence compromet les conditions dans lesquelles des dizaines de milliers de représentants de la société civile mondiale vont participer à la mobilisation.

Pire, il fait douter de la sincérité du gouvernement lorsqu’il dit souhaiter une mobilisation citoyenne d’envergure sur le climat. Il n’y aura pourtant pas d’avancées majeures dans la lutte contre le dérèglement climatique et ses causes sans prise en compte des mouvements citoyens dans toute leur diversité.

Associations membres de la Coalition Climat 21 :

350.org, ACF – Action Contre la Faim, Actionaid, AderOC décroissance, Agenda 21 Afrique – A21A, Agir pour l’Environnement, AITEC – Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs, Agrisud, ALDER – Climat Energie, ACIPA, Alofa Tuvalu, Alternatiba, Altertour, Les Amis de la Terre, Les Amis d’Enercoop, les Assises musulmanes de l’Ecologie, Association Espace Vision, Artisans du Monde, Association des Médecins Français pour la Prévention de la Guerre Nucléaire – AMFPGN, Association des Populations de Montagnes du Monde, Association 4D, ATTAC, Attention Chantier, Avaaz, Bloom, Bizi !, Blue Energy, Brahma Kumaris, Campaign Against Climate Change, CARE, CARI, Collectif Mantois et Climat, Connected by Nature, CCFD- Terre Solidaire, CFDT – Confédération Française Démocratique du Travail, CGT, CLER – Réseau pour la transition énergétique, Coalition Eau, Collectif Roosevelt, Coordination Eau Île-de-France, Coordination SUD, Confédération Paysanne, Collectif pour une Transition Citoyenne, Collectif pour les droits des femmes, Chrétiens Unis pour la Terre, CREAQ – Centre Régional d’Eco-énergétique d’Aquitaine, CRID – Centre de Recherche et d’Information pour le Développement, CIWF France, CliMates, CISP, Coeur de Forêt, Comité de Solidarité avec les indiens des Amériques, CSP75, Désobéir, Droit humain France, EEUDF – Eclaireurs et Eclaireuses Unionistes de France, Effet de Serre Toi-Même Association, Emmaüs – France, End Ecocide on Earth, Eclaireuses et éclaireurs unionistes de France, Énergie Partagée, Fédération protestante de France, FNE – France Nature Environnement, Forum pour une Nouvelle Gouvernance Mondiale, Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Fondation Danielle Mitterrand – France Libertés, FSU – Fédération Syndicale Unitaire, France Amérique Latine, Geres, Green Cross France & Territoires, Greenpeace, Grand Orient de France, HNNE – Haute Normandie Nature Environnement, Humanité et Biodiversité, L’Heureux Cyclage, Institut Momentum, Jeunes Amis pour la Terre, J’aime le vert, Je vote pour le Climat, Justice et paix, LGBTI pour le Climat, Ligue des droits de l’Homme, Le mouvement de la Paix, Les Petits Débrouillards, LPO – Ligue pour la protection des Oiseaux, la Marche Mondiale des Femmes, Mouvement Utopia, le MRAP, MRES, Max Havelaar France, Nature Rights, Negawatt, The Noise, Oxfam France, Oui à la Transition, Oui Share, Our Voices, Pax Christi, Peuples solidaires, POC21, Plateforme pour le Commerce Equitable, RAC – Réseau Action Climat, REFEDD – Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable, Réseau Ecole et Nature, Réseau Féministe Ruptures, Réseau Foi & Justice Afrique – Europe, Réseau IPAM, Réseau Sortir du Nucléaire, Réseau Gubbio, Réseau Ecole et Nature, Respaix Conscience Musulmane, Ritimo, Scouts et Guides de France, Secours Catholique Caritas France, Semaine de la Solidarité internationale, Sciences Citoyennes, Solidarité Asso, Stop Gaz de Schiste ! (Ni ici ni ailleurs), Students for Climate, TACA – Taxe Carbone avec Redistribution, Association Terre et Liberté pour Arauco, Union Syndicales Solidaires, UNEF, VECAM, WWF, YMCA France, Zéro Waste France.

Un an après la mort de Rémi Fraisse, l’absence de vérité

Il y a un an, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, Rémi Fraisse était tué lors d’affrontements avec les forces de l’ordre et désormais les choses sont très claires : l’Etat cache la vérité, comme il l’avait d’ailleurs immédiatement fait à l’époque.

Voici ce qu’explique Le Monde :

Le Monde a pu prendre connaissance du retour de commission rogatoire déposé en mars par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) sur le bureau de la juge Anissa Oumohand, chargée de l’instruction ouverte pour « violences par une personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». (…)

Reste le point central de l’argumentation des gendarmes : l’état de danger dans lequel ils se seraient trouvés, avec notamment de nombreux jets de cocktails Molotov. Mais là encore, les contradictions dominent.

Au sein du 4e peloton, celui du chef J., un gendarme n’a « pas vu de cocktail Molotov », un autre est « certain » d’en avoir vu, un troisième en a vu un, mais il a éclaté « à une dizaine de mètres » devant eux.

Lors de l’audition du responsable de la cellule image de l’escadron, chargé de filmer les événements, l’enquêteur s’étonne d’ailleurs : « Nous ne voyons pas de cocktails Molotov sur les vidéos. »

En réalité, il y a bien eu des jets de bouteilles enflammées, mais peu et loin des militaires. Les gendarmes sont bien protégés dans le carré de 30 mètres sur 30 mètres qu’ils sont chargés de garder. La « zone vie » du chantier est entourée d’un grillage de 1,80 m, et d’un fossé profond de 2 mètres et large de 1,50 m.

Malgré les efforts déployés, l’IGGN ne parvient pas à documenter les effets des « violences caractérisées » des opposants : le seul blessé, côté gendarme, s’est fait mal au genou en trébuchant tout seul lors d’une sortie…

On comprend que le président du conseil général du Tarn, le préfet et le commandant de gendarmerie aient refusé les demandes faites par la Ligue des Droits de l’Homme, pour l’établissement d’un rapport au sujet de la mort de Rémi Fraisse, qui vient justement d’être rendu public.

Ce que dit le rapport est clair : c’est l’Etat qui a posé le choix de la violence, de la casse. Voici ce que dit un résumé :

« A cet égard, ce que met en évidence le rapport est accablant. S’il n’est pas contestable qu’un petit groupe d’individus avait décidé de profiter des manifestations pour s’en prendre aux forces de l’ordre, tel n’était pas le cas de l’immense majorité des manifestants. Et les forces de l’ordre n’ont jamais été réellement en danger, et encore moins en risque de perdre le contrôle de la situation.

Qu’est-ce qui peut justifier, dans ces conditions, les violences, les insultes, les humiliations, la destruction de biens personnels, la complicité avec les milices locales constatées (parfois filmées) tout au long des événements et qui ne donneront jamais lieu à poursuites malgré les plaintes déposées ?

Qu’est-ce qui peut justifier, la seule nuit de la mort de Rémi Fraisse, l’usage de 703 grenades de toutes sortes et le tir de 74 balles en caoutchouc, dont on sait qu’elles peuvent avoir un effet létal ? Rien, si ce n’est les ordres reçus et le sentiment d’impunité généré par l’attitude des responsables politiques.

La suite de ces débordements d’Etat suit la même logique. Un homme est mort ? On tente d’abord de dissimuler, de nier parfois jusqu’à l‘évidence la réalité du drame ; et puis de justifier cette mort par la violence démesurée attribuée aux manifestants, victimes comprises.

Pour un peu, et même si tous ne l’ont pas dit sous cette forme, elle n’aurait eu que ce qu’elle méritait. Du Premier ministre et ses rodomontades agressives à l’Assemblée nationale, au ministre de l’Intérieur qui n’a su qu’en début de matinée et n’a donné que des consignes d’apaisement, au préfet, qui s’aligne sur son ministre aux hommes de terrain qui démentent leur ministre, c’est une sorte de sauve-qui-peut, de déni obtus face à une mort subitement trop lourde à assumer…

Cette fuite générale en dit long sur la valeur accordée à la vie brutalement interrompue de Rémi Fraisse. 48 heures après la mort de Rémi Fraisse, on attendait toujours un signe, ne serait-ce que de compassion, de la présidence de la République et du Premier ministre…

Malgré le mutisme systématique des autorités publiques qui ont refusé tout contact avec notre commission d’enquête (comme si c’était déchoir que de dialoguer avec
la société civile), ce rapport démonte la mécanique de camouflage destinée à exonérer les forces de l’ordre, comme les responsables politiques, de leur implication dans ce drame. »

Voici les liens : le rapport est  ici, les annexes du rapport ici, l’abstract qui résume ici.

François Hollande fait copain-copain avec le « Chasseur français »

Nous vivons dans un pays de plus en plus réactionnaire, traditionaliste, conservateur : c’est un simple constat facile à faire.

Et c’est certainement un exemple historique significatif. En effet, François Hollande a accordé une interview en grande pompe au « Chasseur français », ce mensuel ultra-conservateur tirant à plus de 500 000 exemplaires.

Voici la couverture de la revue, où l’on voit que l’interview est mise en avant de manière significative.

C’est également vrai sur le net…

La présentation est très parlante aussi:

Rôle et représentation des chasseurs dans la gestion de la biodiversité, régulation évolutive des loups, engagement en faveur des zones rurales défavorisées, défense de l’intégrité des communes, mouvements zadistes, nouveau rôle du domaine national de Chambord, élections régionales et… implication du Chasseur Français dans le paysage national sont quelques thèmes de cet entretien exceptionnel.

Sans omettre quelques confessions sur l’enfance du Président de la République qui pourront peut-être surprendre. L’intervention présidentielle s’inscrit dans le cadre de la célébration de l’anniversaire du magazine dont l’histoire a accompagné les grands bouleversements de notre pays.

Car on a ici du donnant-donnant. Le chasseur français salue le traditionalisme et le loyalisme, François Hollande célèbre le terroir. C’est un échange de bons procédés, expliqué comme suit par la revue dans son éditorial dans une optique très apolitique-conservatisme ultra :

Et voici comment François Hollande, de son côté, salue la revue…

Incroyable que de lire cela. C’est une politique fondée sur un populisme terrible, qui est vraiment d’un esprit pétainiste. Il est incroyable de  lire le président de la république célébrer la chasse et le terroir, alors que ses réponses se retrouvent entre des publicités pleine page pour des fusils…

On a même des « confidences » sur l’enfance, dans un style véritablement démagogique, absolument régressif sur le plan de la maturité politique. Quand on lit cela, on voit mal comment l’infantilisme propagé par François Hollande n’ouvre pas la voie à Marine Le Pen…

Le président de la république saluant les 130 ans du chasseur français en saluant l’exploitation et le meurtre des veux élevés sous la mère… Voilà qui montre bien que tout cela doit être balayé et jeté dans les oubliettes de l’histoire!

Nous vivons une époque affreuse, mais le triomphe du conservatisme ne pourra pas durer éternellement : c’est trop en décalage avec les possibilités de notre époque, avec l’exigence d’une vie en harmonie avec les animaux, avec l’humanité reconnaissant qu’elle est un élément de l’ensemble de la vie sur notre planète!

« Dix gestes pour le climat »

Dans la lutte pour le changement, l’un des plus gros soucis, si ce n’est le plus important, est la réduction de la cause à une démarche individuelle. Bien entendu, avoir une démarche correcte individuellement est fondamental.

Mais ce n’est pas une fin en soi, car pour changer les choses, il faut disposer de moyens immenses. Voici par exemple ce que propose le site gouvernemental consacré à la COP21 (petit rappel il y a un site alternatif ici).

Il s’agit de « dix gestes pour le climat », qui sont clairement présentés comme résolument corrects et ayant réellement un impact.

Or, c’est absolument faux. C’est à l’échelle de la société qu’il faut agir, pas simplement par des petites actions individuelles. Stopper la déforestation au Brésil ne peut pas dépendre de solutions « individuelles », mais bien de bouleversements des valeurs de la société elle-même.

On voit bien comment la condition animale en France est modelée par la course aux profits, et que sans changement global, on ne saurait aboutir à rien.

En fait, avec cette présentation des « dix gestes pour le climat », on réduit la cause écologiste à des « gestes », niant sa dimension générale. On réduit la question de l’engagement à quelques mesures individuelles, pendant que les gouvernements s’occuperaient du reste. Mais ce qu’il faut plutôt c’est que les gens contrôlent réellement le gouvernement et que des mesures générales soient prises à l’échelle de toute la société, qu’elles soient imposées.

On sait toutefois quel sera alors l’argument libéral : ce serait une écologie punitive. Et c’est indéniablement le cas, et en quoi serait-ce moralement faux? Alors qu’en plus c’est nécessaire!

« L’écologie n’est pas la machine à laver du civic-washing »

« L’écologie n’est pas la machine à laver du civic-washing » : tel est le nom de la lettre ouverte de Christophe Cavard, député EELV du Gard. Il a quitté EELV tout en restant député (du Gard) – comme les gens d’écologiste! – mais il n’a pas rejoint ce parti, ayant monté une liste pour les régionales, intitulé « Bien commun » (qui n’a pas de site ni rien, par ailleurs).

A cette occasion il s’adresse à Gérard Onesta et dénonce l’alliance locale EELV-Front de gauche, car selon lui il y avait les moyens de lancer une liste autonome. Tout cela est de la tambouille sans grand intérêt autre qu’électoral, qui ne nous intéresserait pas, s’il n’y avait pas un contenu intéressant, car révélateur.

En effet, Christophe Cavard avait quitté le PCF en 2009, après y être resté 20 ans. Et il résume bien la différence entre EELV et le Front de Gauche, même s’il faut décoder ses propos : EELV c’est le parti des bobos des centre-villes qui croient en l’Union Européenne pour développer de nouveaux business (qualifiés de durables, de démocratie des usagers, de coopération et d’économie solidaire, etc.). C’est donc en contradiction avec le Front de Gauche qui est dans une logique de nationalisme à prétention sociale, une sorte de programme commun de Mitterrand de 1981 réactualisé.

C’est bien vu, et tout cela n’a rien de commun avec la défense de la Nature…

« Cher Gérard, tu passes beaucoup de ton temps à dénigrer la démarche que nous avons entreprise pour ces régionales, la constitution d’une liste écologiste et citoyenne. Et puisque tu refuses de me saluer lorsque l’on se croise, je te dirai donc les choses en public.

Je ne suis pas né écologiste, je le suis devenu, par conviction. Rien de naturel dans ce parcours, mais de nombreuses expériences de la chose publique dans le cadre de responsabilités associatives ou institutionnelles m’ont conduit vers l’écologie politique. Celle que je veux porter n’est pas agressive, mais elle est suffisamment singulière et pratique, suffisamment solide dans la forme et le fond du projet qu’elle prétend vouloir réaliser, pour s’affirmer de façon autonome là où il s’agit de mener une bataille démocratique.

Je n’ai pas renoncé à la démocratie. Je ne renonce pas à la République représentée par ses institutions. Les institutions républicaines sont garantes des droits fondamentaux, l’écologie politique doit savoir y prendre place pour y orienter les politiques publiques. Alors que nous demandons à toute force une représentation proportionnelle aux opinions exprimées, nous devons la permettre lorsque le mode de scrutin l’autorise.

La voie que tu as choisie, imposée par « le haut » à coup de manigances internes pilotées des bureaux de l’exécutif de la région Midi-Pyrénées, est une alliance électorale d’appareils qui ne poursuivent pas les mêmes objectifs, ni politiques ni stratégiques. L’alliance entre EELV et le Front de Gauche est une alliance de façade. Alors que l’espace politique était grand ouvert en Languedoc Roussillon Midi-Pyrénées pour porter en autonomie un projet écologiste digne de ce nom, tu as préféré diluer l’écologie dans un accord technique qui ne dit pas son nom, qui s’habille maladroitement de communication, de détournements du sens.

Car il y a entre EELV et le FDG de tels désaccords sur les compétences principales de la Région, qu’il est malhonnête de vous présenter ensemble au 1er tour devant les électeurs, d’autant que tu as déjà annoncé un accord de second tour avec le parti socialiste. A ce petit jeu, combien d‘écologistes resteront en piste à la fin du round électoral, et dans quelle transparence vis-à-vis des électeurs ?

Les personnes que je rencontre dans la vie de tous les jours expriment bien souvent leur désarroi et leur refus d’être pris en otage par des logiques partisanes dénuées de sens. D’autant qu’ils y voient des catalogues d’intentions non suivies d’effets, et pour cause !
Cache-sexe

Les désaccords portent sur ce qu’est la région, d’abord. La vision communaliste et nationaliste du PG et du PC, le refus de l’Europe, va s’affronter avec un projet écologiste dans lequel la région prend tout son sens dans un ensemble européen, et une liberté de mise en œuvre régionale. Sur l’énergie, ensuite, grande et nouvelle compétence régionale, pour laquelle le PC continue de parler de nucléaire propre. Bien sûr, ils se promettent d’y réfléchir dans une convention programmée en 2016.

Ce n’est qu’un cache-sexe pour masquer ces divergences de fond avec leur nouvel allié. Et que dire de leur refus catégorique d’envisager ce que nous souhaitons : qu’une fraction significative des foyers puisse être productrice de sa propre énergie…

Car dans ce domaine comme dans les autres, la position du PC et du PG est d’abord d’affirmer que la seule réponse aux dérives du libéralisme est le retour aux monopoles publics, à la toute-puissance de l’État. Tandis qu’un écologiste est normalement convaincu que la réponse passe par la réappropriation de ces biens communs par les usagers, au travers d’instruments de coopération et de concertation comme les SCIC, l’économie sociale et solidaire, etc.

Par la même je n’enlève pas, bien entendu, au PCF et au PG la légitimité de défendre leur projet, puisqu’il est différent des autres. Et ainsi laisser aux électeurs la liberté de choisir !

Car, lorsqu’on relie les constats, on voit bien qu’il y a peu ou pas d’éléments communs qui vont justifier votre union. Hormis un, qui n’est jamais avoué, et c’est anormal, qui est qu’EELV et FDG se sont trouvés un ennemi commun, que l’alliance a pour but d’affaiblir. Et il faudrait que ces alliés disent clairement et explicitement qu’ils ont un ennemi en commun, c’est le Parti Socialiste. Moi mon ennemi c’est le front national, sa banalisation, qui gangrène jusque dans les rangs des militants radicaux.

Un nouveau civic-washing dont l’écologie serait la machine à laver

La plate-forme, cette réunion de contributions militantes, est pleine de principes et d’intention. On y insiste beaucoup sur la démocratie participative, la démocratie « augmentée ». Je souscris d’autant plus facilement à ces principes que, pour le coup, les élus du Bien Commun les mettent en œuvre depuis longtemps, que ce soit en mairie du Séquestre ou dans la co-construction participative du budget insertion du département du Gard, par exemple.

Et d’autres colistiers pratiquent depuis des années de l’évaluation de politiques publiques, mettent en place des procédures de transparence de l’action publique et des méthodes de co-construction. Mais dans le rassemblement EELV-FDG, il y a des élus, certains vice-présidents sortants de la région Midi-Pyrénées, et pourtant aucun d’entre eux n’a mis en place cette démocratie augmentée dans leurs mandats exécutifs. Pourquoi le feraient-ils demain s’ils ne l’ont pas fait avant ? « Citoyens » et « démocratie participative » ne sont pas pour nous les piliers d’un nouveau « civic-washing » dont l’écologie serait la machine à laver.

Quand la Charte éthique de ce cartel de partis explique qu’il faut lutter contre la présidentialisation du régime, comment ce même cartel accepte-t-il que tu affirmes – tu l’as fait devant moi et devant témoin -, que la seule stratégie possible pour les régionales, c’est de choisir le futur président, et que les listes départementales ne servent qu’à supporter le leader ? Comment le cartel accepte-t-il ce fonctionnement resserré de ta campagne et la communication personnalisée autour de ta personnalité ?

Mais c’est au fond cohérent avec l’ouverture populiste de cette charte, qui vise avant tout à dresser le constat d’un pays rongé par la corruption, un « ils sont tous pourris » qui n’aura comme unique conséquence de renforcer à gauche les thèses populistes sur lesquelles prospèrent les escrocs de la démocratie.

Et ce grand écart permanent entre ce qui est dit et ce qui est fait justifie la rupture. Avec le processus que tu mènes, et avec une logique, un fonctionnement de tous les partis de gauche qui sont capables de faire des projets merveilleux avant les élections pour ensuite ne pas les mettre en œuvre une fois élus.
Faire confiance aux faiseurs plutôt qu’aux diseurs

La démarche du Bien Commun est tout l’inverse. Nous ne nous cachons pas les yeux devant la maladie, mais nous sommes trop au contact de la société pour faire comme si les solutions n’existaient pas en son sein. Nous préférons co-élaborer. Pas dans un entre-soi militant, mais en rassemblant celles et ceux qui font, pas seulement qui disent ! Lutter contre la finance ? Oui, au concret. Nous mettrons en œuvre les critères de développement durable dans tous les marchés publics de la région, pour bouter hors de la commande publique les entreprises qui défiscalisent.

Et pour ça nous favoriserons la constitution de sociétés coopératives d’intérêt collectif pour que les usagers et les bénéficiaires se réapproprient les biens publics, y compris en faisant entrer la région au capital de ces sociétés. Et nous créerons des outils pour que les PME se regroupent et conquièrent les marchés publics. Nos entreprises n’ont pas tant besoin de fonds publics spéciaux, mais d’outils pour produire elles-mêmes de la valeur, dans d’autres modèles que la compétition libérale ou l’assistance-dépendance au pouvoir politique.

Et nous construirons les politiques liées aux compétences générales avec une vraie méthode. Les acteurs culturels, par exemple, n’ont cure d’organiser les énièmes assises ou états généraux de la culture, on leur a déjà fait.

Ce qu’ils attendent, c’est un diagnostic co-construit au plus près de leurs particularités, pour modeler les outils les plus appropriés pour accompagner le développement des projets artistiques, pour faire converger l’ensemble des fonds de soutien disponibles. Et que la région donne l’exemple, et fasse coopérer l’ensemble des services : économiques, touristiques, scolaires, pour que la culture et l’art soient considérés aussi comme des vrais agents économiques, avec de vraies problématiques d’emplois et d’activité.

Quasiment un électeur sur deux ne veut pas aller voter en décembre, et le dit par avance, 3 mois avant le scrutin ! Nombreux sont celles et ceux qui en ont marre des diseurs, ils veulent une méthode et des solutions, une cohérence dans l’action. Ils veulent être associés, pas instrumentalisés. Voilà la démarche que nous construisons, patiemment. L’abstention massive traduit une vraie désaffection vis-à-vis des institutions républicaines.

Cette désaffection est le fruit d’une défiance, en partie nourrie par cette insupportable coupure entre gouvernants et gouvernés. Seule une autre pratique du pouvoir peut offrir la garantie que l’institution joue effectivement un rôle crucial pour la justice sociale, la redistribution, et la capacité à répondre aux crises écologiques, économiques et démocratiques. C’est ça, la recherche du bien commun. Loin des postures, des faux-semblants, et des alliances de court terme.

Christophe Cavard, pour la coopérative politique Le Bien Commun, élections régionales 2015 en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées.

« Et si Macron était aussi libéral avec le cannabis ? »

Le quotidien Libération a un certain sens des valeurs : juste au lendemain de l’annonce de la découverte par les douanes de 7,1 tonnes de résine de cannabis à bord de trois véhicules utilitaires à Paris, c’est un éditorial en faveur du cannabis qui a été publié….

En s’appuyant pour cela sur le libéralisme de Macron, on a une apologie libérale-libertaire de la libéralisation de cette drogue, qui prend, qui plus est, comme référence le « think tank » Terra Nova, organe des bobos au parti socialiste et qui appelle à se débarrasser de toute défense des ouvriers…

Et si Macron était aussi libéral avec le cannabis ?

Cher Emmanuel Macron, puisque vous aimez briser des tabous, il est temps de vous saisir de la question du cannabis.

Et d’expliquer à vos camarades du gouvernement que l’avenir, c’est d’autoriser sa commercialisation dans un marché régulé par la puissance publique, pas de le laisser aux errements incontrôlés du marché noir. Cela ne va pas être aisé de les convaincre : rien que dimanche, par exemple, votre bien-aimé président est allé plastronner devant les 7 tonnes de cannabis saisies à Paris, en espérant que cet exploit allait «contribuer à porter un coup [qu’il] espère fatal à des organisations criminelles».

Or, toute personne avisée sait qu’en la matière, police, douane et gendarmerie ne sont que des régulateurs : la marchandise saisie sera automatiquement remplacée, la filière éventuellement pénalisée sera suppléée par une autre. C’est la loi du marché, un concept que vous maîtrisez.

Une autre initiative récente de votre gouvernement a consisté à faire passer en douce au Journal officiel, comme le Monde l’a révélé vendredi, la possibilité de frapper d’une simple contravention l’usage de stupéfiants. Mais comme cette transaction pénale dépendra du bon vouloir du parquet, et que l’usage demeure dans la loi passible d’un an de prison, sa conséquence est difficile à appréhender : elle peut tout autant adoucir la répression que la renforcer.

C’est d’une tout autre réforme dont la France a besoin. De plus en plus de pays ont compris que la production de cannabis pouvait devenir une intéressante filière économique – et légale. D’abord, pour l’usage thérapeutique de ce produit, dont on ignore toujours, par obscurantisme, les vertus en France. La Croatie vient d’autoriser cet usage ; l’Australie a annoncé son intention de permettre une production légale à cette fin.

Aux Etats-Unis, dans les 23 Etats (soit près de la moitié) qui autorisent le cannabis thérapeutique, la filière de «l’or vert» bat son plein. Quatre Etats sont allés plus loin, permettant la vente légale pour l’usage récréatif. Au Colorado, les autorités s’en disent très satisfaites : dans l’année fiscale 2014-2015, l’Etat a engrangé 65 millions de dollars (57 millions d’euros) de taxes, soit plus que sur l’alcool.

Pendant ce temps, la France dépense chaque année des centaines de millions d’euros pour une répression aveugle, injuste et inefficace. Les 150 000 arrestations annuelles pour usage de stups, principalement de cannabis, sous l’ère Hollande (plus que du temps de Sarkozy, un exploit dont la gauche devrait se vanter, non ?) n’ont pas fait baisser le niveau de consommation.

Comment le pourraient-elles ? Les études démontrent qu’il n’y a pas de lien entre interdit et niveau de consommation. Mais, en France, on préfère ignorer la réalité et dépenser inutilement l’argent qu’il faudrait consacrer à la prévention, très en retard.

Alors que la prohibition fait chaque jour, depuis quarante ans, la preuve de son échec, pourquoi ne pas créer un marché régulé du cannabis sous contrôle de l’Etat ? Des personnes très raisonnables le proposent.

Comme la députée Anne-Yvonne Le Dain (PS), dans un rapport de novembre 2014. Comme le think tank Terra Nova qui, un mois plus tard, suggérait de «réguler le marché pour sortir de l’impasse». Un cheval de bataille qu’en libéral assumé, vous ne manquerez pas d’enfourcher. Bien à vous.

Un jour sans chasse a-t-il réellement un sens?

Il y a une nouvelle pétition « Pour l’arrêt de la chasse le dimanche », alors qu’il y a eu encore un mort tout récemment, avec un promeneur tué. Comme le constate Le Figaro:

En Isère, un jeune homme de 20 ans a été samedi matin tué alors qu’il se promenait sur un sentier de la commune de Revel. Le lendemain, c’est un cycliste qui a été blessé au visage par un chasseur à Luc-sur-Orbieu, dans l’Aude.

Le week-end précédent, une femme d’une quarantaine d’années et sa fille de 12 ans avaient, elles aussi, été blessées par un tir dans une forêt du Rhône. Les victimes sont pour la plupart souvent des chasseurs eux-mêmes. Mercredi, un participant à une battue au sanglier a tiré sur l’un de ses camarades dans le Var.

Nous n’aimons toutefois pas les pétitions, et là l’exemple est flagrant. Si déjà 75 000 personnes l’ont signé, il y en avait déjà eu une en 2012, avec 300 000 signatures, sans que cela n’y change rien.

Ce n’est pas tout : en 2000, une loi avait institué que le mercredi serait un jour sans chasse, et en 2004 cela avait été abrogé. On n’a pas simplement affaire à quelque chose de réactionnaire, de dépassé. On a affaire à quelque chose de réactionnaire, de dépassé et qui est revenu.

Cela montre qu’il y a un problème de fond, et il est facile à comprendre : en cas de crise sociale, dans quel camp seront les chasseurs et leurs fusils? Ce n’est pas très difficile à deviner, de par leur dimension « terroir », sexiste, populiste…

Voici la pétition, qu’on peut signer ici. On notera avec intérêt que les animaux n’y existent pas : on est ici dans une démarche entièrement anthropocentriste, en défense des promeneurs et des cavaliers, etc.

C’est en fait une pétition pour « s’approprier la nature », comme on le lit, à la place des chasseurs. Ce n’est absolument pas pertinent… Un jour sans chasse a-t-il réellement un sens? Non, c’est l’abolition de la chasse seulement qui a un sens, une signification.

Pour l’arrêt de la chasse le dimanche

Auteur : L’Association pour la protection des animaux sauvages

À l’attention : de Monsieur le Président de la République

Cette pétition est lancée par l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), pour que le dimanche soit dorénavant un jour sans chasse et que nos week-ends ne soient plus annexés par les chasseurs !

Pour des balades en toute sécurité et liberté : signez-la et partagez-la !

Monsieur le Président de la République,

Chaque année, en France, la chasse provoque des dizaines d’accidents dont un nombre élevé s’avère mortel. Promeneurs, randonneurs, cueilleurs de champignons, vététistes, sportifs, cavaliers, scolaires, naturalistes, escaladeurs et tous les utilisateurs de la nature, ont le droit de pratiquer leur loisir en toute sécurité et sérénité, sans que pèsent sur eux les menaces d’une seule activité : la chasse.

Les chasseurs représentent moins de 2% de la population, mais ils s’approprient la nature tous les jours de la semaine pendant 9 mois de l’année, au détriment des 98% restants.

Aujourd’hui, il n’existe plus aucun texte législatif ni réglementaire pour encadrer les mesures de sécurité liée à la chasse.

Vous n’êtes en effet, pas sans savoir que la loi chasse n°2008-1545, dite « loi Poniatowski » a supprimé la seule référence législative qui mettait des bornes à ce grave problème. En effet, si la loi chasse 2000 avait bien prévu qu’un décret encadrerait la réglementation de la sécurité de la chasse, ce décret n’a jamais été pris. Pire, la « loi Poniatowski » a supprimé cet article de loi en 2008.

Déjà, en 2004, la loi chasse de R. Bachelot avait supprimé le jour sans chasse issu de la loi chasse 2000.

Bien plus tôt, en 1982, la circulaire Deferre avait supprimé le périmètre de sécurité autour des habitations !

Cette dérèglementation a conduit la France à être, de très loin, le pays d’Europe où il y a le plus d’accidents de chasse. Pourtant des mesures simples et de bon sens suffiraient à en faire baisser considérablement le nombre.

Je vous demande donc de prendre des mesures efficaces rapidement pour pallier ce problème de sécurité et d’inégalité, en établissant une trêve de la chasse le dimanche. J’espère que vous tiendrez compte, lors de vos prochaines décisions, de cette opinion largement partagée. Agissez pour que soit mise en place cette mesure de bon sens : simple et efficace.

Je compte sur vous, Monsieur le Président, pour donner votre appui à des mesures qui vont dans le sens du respect des droits des usagers de la nature.

Metallica : « Blackened »

Sur youtube, cette chanson, ouvrant l’album de 1988 … And justice for all inspire quelqu’un à écrire en commentaire que ce type de musique va revenir, de par son sens de l’objection, de la destruction et de l’agression, et que ce retour se posera en adversaire de la pop fallacieuse et de la musique électronique pessimiste.

Il y a sans doute une part de vrai : la bande originale du film réel qu’est la vie quotidienne semble bien mièvre et on ne voit pas comment une expression de retour aux fondamentaux ne pourrait pas revenir.

Cela va demander des déchirements avec les bonnes manières et l’envie de se complaire dans la culture iphone – facebook – ego démesuré, car il faut une base solide pour parvenir à faire des choses bien, comme cette chanson de Metallica, « Blackened », décrivant de manière allégorique la destruction de la planète, nous appelant à voir les faits en face : comme le dit la chanson, des millions d’années d’évolution meurent en quelques minutes, notre mère la Terre meurt!

Des paroles magistrales, avec une inspiration typique de la culture trash metal.

Blackened is the end
Winter it will send
Throwing all you see
Into obscurity
Noircie est la fin
L’hiver elle enverra
Projetant tout ce que tu vois
Dans l’obscurité

Death of Mother Earth
Never a rebirth
Evolution’s end
Never will it mend
Never
La mort de la Terre-Mère
Plus une renaissance
La fin de l’évolution
Jamais cela ne se réparera
Jamais

Fire
To begin whipping dance of the dead
Blackened is the end
To begin whipping dance of the dead
Color our world blackened
Le feu
Pour commencer la danse fouettante des morts
Noircie est la fin
Pour commencer la danse fouettante des morts
Colore notre monde noirci

Blistering of earth
Terminate its worth
Deadly nicotine
Kills what might have been
Callous frigid chill
Nothing left to kill
Never seen before
Breathing nevermore
Never
La terre devenant cloques
Anéantit sa valeur
La nicotine mortelle
Tue ce qui aurait pu être
Un froid glacial calleux
Plus rien à tuer
Jamais vu avant
Respirant plus jamais
Jamais

Fire
To begin whipping dance of the dead
Blackened is the end
To begin whipping dance of the dead
Color our world blackened
Le feu
Pour commencer la danse fouettante des morts
Noircie est la fin
Pour commencer la danse fouettante des morts
Colore notre monde noirci

Blackened
Opposition… contradiction… premonition… compromise
Agitation… violation… mutilation… planet dies
Noircie
Opposition … contradiction … prémonition … compromis
Agitation … violation … mutilation … la planète meurt

Darkest color
Blistered earth
True death of life
La plus sombre couleur
La terre devenant cloques
La vraie mort de la vie

Termination… expiration… cancellation… human race
Expectation… liberation… population… lay to waste
Anéantissement… expiration … annulation… la race humaine
Attente… la libération… la population… abandonnée aux ordures

See our mother
Put to death
See our mother die
Vois notre mère
Mise à mort
Vois notre mère mourir

Smoldering decay
Take her breath away
Millions of our years
In minutes disappear
La pourriture fumante
Lui enlève sa respiration
Des millions de nos années
disparaissent en quelques minutes

Darkening in vain
Decadence remains
All is said and done
Never is the sun
Never
S’assombrissant en vain
La décadence reste
Tout est dit et fait
Jamais il n’y a le soleil
Jamais

Fire
To begin whipping dance of the dead
Blackened is the end
To begin whipping dance of the dead
Fire
Is the outcome of hypocrisy
Darkest potency
In the exit of humanity
Color our world blackened
Blackened
Le feu
Pour commencer la danse fouettante des morts
Noircie est la fin
Pour commencer la danse fouettante des morts
Le feu
Est le résultat de l’hypocrisie
La puissance la plus sombre
Dans la sortie de l’humanité
Couleur notre monde noirci
Noirci

Les piégeurs au quotidien…

Il y a, dans cet article du Courrier Picard, plein de choses extrêmement intéressantes, témoignant de ce qu’on appelle le journalisme. Il s’agit de l’expression de ce qui se passe sur le terrain, avec la présentation d’un cas concret, de l’avis des gens, des choses qui se déroulent…

Sauf qu’évidemment, selon nous, il faudrait une multitude de journaux locaux vegans et écologistes pour présenter ces faits, et de manière orientée, afin d’éduquer. A cela s’ajoute qu’en fait il faudrait également « avoir le pouvoir » afin justement que les institutions ne fassent pas ce qu’elles font…

OISE
Les piégeurs face aux animaux nuisibles malgré l’hostilité

Un beau dimanche, à Compiègne, sur les bords de l’Oise. Dans l’eau, un ragondin s’amuse avec un bout de pain, sous l’œil rigolard des enfants. Une dispute éclate.

« Arrêtez de leur donner à manger, s’exclame une passante. Ce sont des nuisibles qui abîment les berges ! » Un père de famille répond : « Et alors, on ne va pas tous les tuer pour autant, ce sont des êtres vivants ! » L’éternel débat.

Michel Foubert, premier adjoint, confirme qu’il y a « un problème avec les ragondins, mais aussi avec d’autres espèces comme le raton laveur. La ville a une convention avec un piégeur agréé par la préfecture ». Rencontre avec Arnaud Fourdrain, membre de l’association des piégeurs agréés de l’Oise, qui travaille pour la ville de Compiègne depuis « 6 ou 7 ans ».

Le plus souvent, il intervient à la demande d’un particulier, d’une entreprise ou d’un service public, relayée par la police municipale. « Au début, c’est les renards qui posaient problème, indique le piégeur. Ils pullulaient sur l’ancien site militaire, face à la clinique Saint-Côme. » Depuis, il s’est diversifié. « J’interviens pour les animaux classés espèces nuisibles par un arrêté ministériel, détaille-t-il. Et pour les espèces exogènes. »

C’est-à-dire celles qui ne sont pas originaires de nos contrées. Le ragondin et le rat musqué, par exemple, importés à l’époque où on les élevait pour leur fourrure. « Quand cela a été interdit, ils ont été lâchés dans la nature et se sont reproduits », poursuit Arnaud Fourdrain.

Aujourd’hui, ils seraient partout, fragilisant les berges et transmettant parfois des maladies, par le biais de leurs urines. « Réfléchissez à deux fois avant de manger des mûres cueillies à même le sol », prévient le piégeur. Il y a le raton laveur, aussi, mascotte des troupes américaines et canadiennes. « À leur départ, les animaux ont été lâchés dans la nature. »

Sont classés nuisibles par la préfecture : le renard (le plus répandu), la fouine (qui s’attaque notamment aux toitures), la pie et la corneille (qui s’en prendraient aux petits gibiers et aux petits nids) et le corbeau freux (ennemi des agriculteurs). Arnaud Fourdrain intervient chaque fois avec une méthode agréée, apprise lors de sa formation dispensée par la fédération des chasseurs de l’Oise.

« Il y a la cage, précise-t-il. Un appât, une trappe qui se referme… L’animal est pris vivant. » Même chose pour les collets avec arrêtoir : l’animal est prisonnier mais maintenu en vie. « Lorsque le piège se referme sur une espèce non nuisible, l’animal est systématiquement relâché. »

Cependant, « lorsqu’une fouine, par exemple, est dans une sous-pente inaccessible, on utilise un piège à œuf ». Penser à une tapette à souris, avec un œuf en guise d’appât. « Les fouines font des dégâts considérables, les gens n’ont pas le choix », justifie Arnaud Fourdrain. Pour les autres, une fois la capture effectuée, c’est également à lui de terminer le travail. De « réguler », comme il dit, se refusant à prononcer un mot qui fâche. À lui, enfin, d’enterrer les animaux.

Ce qu’on a là, c’est le témoignage du caractère diffus de l’exploitation animale. Il n’y a pas que le supermarché, les élevages et les abattoirs : c’est toute la conception de la Nature qui est fausse, dans la mesure où la Nature est réfutée au profit d’une « gestion » anthropocentriste.

Nous n’avons pas besoin de l’avis de Maître David Sudan

Nous avons beaucoup parlé de l’affaire du chiot arraché de force à un SDF par des gens de Cause Animale Nord. Il était selon nous très important de le faire, pour ne pas se « planter » après cette affaire.

Cela pouvait ne pas sembler clair, mais voici que déjà les faits se précipitent, puisque le chiot a été remis hier au SDF. C’est l’épilogue d’une triste affaire, en attendant le procès.

Cependant, que ne voit-on pas? Voici que « Maître » David Sudan, selon l’expression employée pour les avocats par les institutions, se permet de prendre la parole. Qui est-ce? D’où sort-il? Où est sa légitimité?

Eh bien cette personne qui tombe du ciel dans cette affaire est l’avocat du SDF, présent avec lui dans les locaux de la police du 1er arrondissement de Paris, lors de la remise du chien. A cette occasion, il a publié sur chien.fr un long texte pour expliquer la situation du SDF, du chiot, etc.

Et là, il y a cet insupportable discours, honteux et pathétique, condamnant la libération animale. En quel honneur? Naturellement, au nom de son statut d’avocat. Eh bien non, nous n’en avons rien à faire de son avis, qu’il peut se garder.

Que Cause Animale Nord soient des activistes peut-être adeptes du n’importe quoi n’importe comment, c’est a priori un fait qu’on peut dire exact. Mais ils portent la dignité d’une cause, même dévoyée.

Donc il n’y a pas à accepter ces propos mensongers venant soutenir un système qu’il faut ébranler et faire s’effondrer :

« Je ne renie aucunement le travail des associations de la défense des animaux. Bien au contraire, la plupart des personnes qui m’ont aidé dans le traitement de ce dossier sont des personnes issues du milieu associatif de défense de la cause animale. Je sais que le combat de ces associations est parfois dur, surtout quand il s’agit de lutte contre le trafic d’animaux, mais si vous avez des suspicions de maltraitance ou de trafic d’animaux, il existe une Justice en France avec laquelle vous pouvez travailler main dans la main. Et croyez-moi bon nombre de procédures engagées dans le trafic d’animaux auprès d’un juge aboutissent à la saisie des animaux maltraités. »

Nous n’en avons rien à faire de sa défense de la justice au service de l’exploitation animale et de ses études à Assas, apparemment avec une spécialisation en droit des sociétés, des fusions-acquisitions et du droit des contrats, comme lorsqu’il dit :

« J’ai effectué un cursus de 8 années de droit à l’Université et je ne connais aucune loi en France qui interdise aux SDF d’avoir un chien, et ce quelle que soit leur origine. Lors de son procès, cette dame pourra certainement venir expliquer aux Magistrats ce qui est interdit et permis par la loi en France ! »

Se vanter par ailleurs d’avoir fait huit années d’études, pour confondre le communisme et le nazisme, c’est d’ailleurs lamentable :

« Et tout d’un coup ce samedi 19 septembre, alors qu’il n’avait rien demandé à personne et parce qu’il avait le tort d’être sans-abri et d’origine roumaine, il se fait violemment agresser par des activistes de défense de la cause animale sans la moindre enquête préalable sur la seule base de son faciès, comme on faisait jadis dans certains Etats soviétiques. »

On comprend toutefois que quand on fait avocat, on entend faire partie des riches et que donc on a pas besoin de faire la différence entre les communistes qui visaient les riches, et les nazis qui visaient des gens pour des critères raciaux…

Le fond de la question, c’est quoi? Nous en avons parlé, c’est la question de la légitimité de l’interventionnisme en faveur de la libération animale.

Si cet avocat s’imagine cependant être en mesure d’attaquer la libération animale au nom de la soi-disant valeur des institutions, là il rêve totalement. Un tel délire peut être acceptable pour L214 ou les partisans de l’abolitionnisme de Gary Francione, qui croient en une réforme ou une révolution au sein des institutions… Mais nous, nous disons : halte-là!

Et nous avons bien vu que les associations légalistes n’ont strictement rien dit sur une affaire suivie par pratiquement la société française, ce qui est une sacrée démonstration de mauvaise foi et de capitulation.

Nous avons bien vu que les anarchistes n’ont également fait rien d’autre que dénoncer le racisme, sans rien voir de la question animale. Peut-être devrait-il aller aider l’avocat qui annonce :

« Nous avons fait des captures d’écran de tous les propos diffamatoires qui ont été tenus à l’égard de mon client depuis le début de l’affaire et nous allons nous réunir demain pour étudier les suites judiciaires à donner à ces propos. »

Voilà bien ce qui était à craindre : que la cause animale disparaisse derrière une affaire de faits-divers. Voilà pourquoi nous avons écrit ces articles, qui pouvaient sembler partir dans de nombreuses directions, voire contradictoires.

Il s’agissait cependant d’avoir au coeur la défense de l’intervention en faveur de la cause animale, principe légitime, sacro-saint, car moralement juste! La libération animale n’est pas un concept abstrait, c’est quelque chose exigeant une affirmation concrète.

L’avis d’un avocat défendant une justice au service des riches et donc nécessairement de l’exploitation animale n’a ici strictement rien à dire, il n’a pas le droit à la parole, car la seule parole qui doit s’affirmer est celle en faveur de la libération totale et sans conditions des animaux!

Contre la COP21 : tous à Paname!

Voici l’appel de la mouvance « zadiste » parisienne à l’occasion de la COP21.

Contre la COP21 : tous à Paname!

Du 28 Novembre au 12 Décembre, nous nous mobiliserons à Paris contre la COP21. 195 chefs d’État, et un nombre incalculable d’industriels se réuniront pour décider de mesures inutiles afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. En fait, il s’agira de statuer sur la quantité de pollution raisonnable que les industriels pourront rejeter dans l’atmosphère. Les nouveaux quotas de CO2 ne sont qu’un nouveau moyen pour les pays riches de continuer à s’octroyer le droit de polluer impunément.
Nous ne laisserons pas ceux qui sont les seuls responsables du réchauffement climatique et de la marchandisation du vivant tenir leur énième mascarade tranquillement !

La seule solution pour régler ce problème est la fin du système capitaliste et productiviste, pas un sommet dans une zone militarisée.
Que toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus de ce système mortifère, d’Europe et du monde, convergent vers Paris contre la COP21 !
De multiples manifestations et des rencontres auront lieu pendant la conférence. Venez avec vos propositions et votre volonté, pour créer ensemble, d’autres formes de vie en commun loin des diktats économiques.

Des lieux d’hébergement et d’accueil seront prévus, ainsi que les actions suivantes :

Samedi 28 Novembre : Convergence des convois des ZAD sur Paris.

Dimanche 29 Novembre : Manifestation

Du 29 Novembre au 12 Décembre : Diverses journées d’action.

Samedi 12 Décembre : Clôture et journée d’action.

Assemblée parisienne contre la COP21

COP21@riseup.net

L’abattoir d’Alès : massacre à la chaîne

D’une certaine manière, c’est du quitte ou double. Soit l’association L214 réussit sa marche forcée dans les institutions et fait basculer la société dans une transition au végétarisme, puis au véganisme…

Soit elle n’aura fait qu’aider l’exploitation animale à se moderniser. Ce type de débats n’a rien de nouveau: c’est le même que celui, il y a cent ans, entre les socialistes et les communistes, entre les partisans de la transition par le gouvernement et ceux considérant que sans révolution rien n’est possible.

Les images révélées par L214 sont indéniablement terrifiantes ; on y voit ce qui se passe dans un abattoir à Alès, et c’est sordide au possible. C’est l’enfer de Dante, comme on dit.

Voici comment Le Figaro présente la chose:

« On peut notamment y voir un employé découper la patte d’un cheval encore vivant, dans cet abattoir municipal où chaque année, 3000 chevaux, 20.000 cochons, 40.000 moutons et 6000 bovins sont tués et qui fournit les boucheries locales, mais aussi des collèges, des lycées et des hôpitaux, précise l’association ainsi qu’une filière bio. D’autres équidés, mal étourdis, reprennent conscience sur la chaîne d’abattage. De nombreux chevaux refusent de rentrer au poste d’étourdissement, certains reçoivent des coups de bâton, d’autres se cognent à la porte du box qui se referme sur eux. (…).

Par ailleurs, la violente asphyxie des cochons gazés est filmée dans la fosse à CO2. Ils sont placés dans des nacelles surchargées. Les comportements de panique et les manifestations de douleur sont patents. (…)

Les moutons sont quant à eux égorgés en pleine conscience dans un tonneau rotatif avec pleine vue sur la salle où sont découpés leurs congénères. Les animaux sont sortis du tonneau encore conscients, certains tentent de se relever après avoir eu la gorge tranchée. »

Mais est-il dans l’ordre des choses, justement, que l’information soit reprise et diffusée très largement par Le Figaro, Libération, Le Monde, Le Parisien?

Selon L214 oui, selon nous, non. Car il est évident que si cela passe comme information, c’est pour réduire cela à quelque chose qui serait anormal au sein du système lui-même. Ce n’est pas le système qui est remis en cause, c’est quelque chose montré comme une anomalie.

L214 est également très circonspect dans son approche, appelant au végétarisme.

C’est comme le principe voulant que désormais en raison de la loi d’Avenir agricole du 13 octobre 2014, chaque particulier vendant un chaton ou un chiot devra avoir un numéro Siren (Système Informatique du Répertoire des Entreprises), demandé à la chambre d’agriculture de son département.

Les sites de petites annonces sur le net devront obligatoirement exiger ce code du vendeur. En théorie, on se dit qu’il y aura moins de vendeurs. En pratique, cela veut dire uniquement que ce sont les vendeurs industriels qui vont l’emporter.

Au sein d’une société fondée sur le profit, une remise en cause locale ne change rien en général et ne profite qu’au gros capitalistes.

Les réactions face à la mort de l’orque à Marineland

Suite à l’annonce de la mort de l’orque à Marineland (voir Mort d’une orque à Marineland), nous nous sommes dit que nous allons pouvoir diffuser des informations d’associations à ce sujet, puisqu’il n’y avait pour l’instant pas grand chose, pour ne pas dire pratiquement rien.

On a alors trouvé Nice Matin expliquant laconiquement que :

Après la mort de l’orque Valentin ce lundi à Marineland, trois associations* se sont regroupées pour demander au préfet et aux Services Vétérinaires des Alpes-Maritimes de diligenter une enquête sanitaire auprès du delphinarium.

>> RELIRE. Une orque de Marineland est morte

Une requête à engager « en urgence » afin de vérifier « l’état de la nourriture, sa qualité et sa fraîcheur, l’état de l’eau des bassins ainsi que les conditions dans lesquelles sont, à ce jour, détenus l’ensemble des mammifères marins », écrivent les trois associations dans leur courrier.

Pour avoir plus d’informations, il faut logiquement aller sur le site des associations, mais il n’y a qu’un lien vers l’article du journal en question. Ce n’est guère pratique et cela montre la focalisation « institutionnelle ».

On en apprend par conséquent surtout avec 20 minutes, dans la section Nice.

Marineland d’Antibes: Des associations réclament une enquête après la mort d’une orque

ANIMAUX Elles ont fait appel au préfet des Alpes-Maritimes et aux services vétérinaires…

Elles en appellent au préfet des Alpes-Maritimes. Dans un courrier daté du 8 octobre et transmis lundi matin, les trois associations Réseau cétacés, La dolphin connection et C’est assez ! réclament du représentant de l’Etat et des services vétérinaires qu’une « enquête sanitaire soit diligentée en urgence » à Marineland.

Le tout pour « vérifier l’état de la nourriture et de l’eau des bassins » ainsi que « les conditions dans lesquelles sont détenus les mammifères marins », expliquent-elles.

Dans un genre tout à fait différent, il y a l’association Peta qui a fait un appel tout à fait ridicule, puisque d’une absurdité complète et consistant à demander au responsable de la société propriétaire de Marineland d’être assez sympa pour fermer Marineland. « S’il vous plaît, prenez une décision éthique » est-il demandé… Cela ne tient pas debout une seconde.

C’est littéralement absurde et le sens d’une telle pétition est en réalité facile à trouver : « En remplissant ce formulaire, vous indiquez votre consentement à recevoir des messages marketing par e-mail de notre part ». C’est un classique du monde des associations. Voici le texte de la « demande » :

Signez notre lettre pour demander au PDG de Parques Reunidos (qui possède Marineland) et au directeur de Marineland de relâcher les animaux survivants dans des sanctuaires adaptés et de cesser d’utiliser des animaux.

Veuillez relâcher les animaux de Marineland dans des sanctuaires

Monsieur,

Je suis choqué(e) d’apprendre que plusieurs animaux dont l’orque Valentin sont morts à Marineland et inquiet(e) pour la survie des animaux. Cela n’aurait pas eu lieu si ces animaux n’avaient pas été enfermés dans ce parc et je vous demande de prendre une décision forte pour qu’une telle tragédie ne se reproduise plus.

Ces animaux marins intelligents et sociaux sont enfermés dans des piscines honteusement petites et sont privés de tout ce qui, pour eux, est naturel et important. S’il vous plaît, prenez une décision éthique en relâchant les animaux marins dans des sanctuaires adaptés et vous engageant à cesser d’utiliser des animaux.

De manière plus constructive dans la mobilisation, voici un appel américain relayé par Dauphinlibre.be :

De la part de Friends of Animals (New York)

A l’attention de M. Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture, du Maire Jean Leonetti, du Maire Christian Estrosi et de M. Eric Ciotti, Président du Conseil Général des Alpes Maritimes,

Au nom de nos membres internationaux, nous souhaitons déposer une plainte formelle auprès du gouvernement français concernant les mauvais traitements infligés aux animaux du Marineland à Antibes. (…)

Nous demandons une enquête indépendante sur ce qui est arrivé au Marineland et que ses résultats soient rendus publics:

Est-ce que le parc dispose actuellement de générateurs, et si oui, combien, quand et comment ont-ils été opérationnels après la catastrophe ?

À quel moment durant la tempête les sauveteurs sont-ils arrivés sur les lieux pour sauver les animaux ? S’agissait-il d’employés de Marineland ou de personnes venues de l’extérieur? Quels ont été les premiers intervenants municipaux appelés à venir aider ?

Combien d’offres d’aide par les organisations de protection des animaux ont-elles été refusées?

Y a-t-il un programme de préparation aux catastrophes prévu par le parc et si oui, pourquoi a-t-il échoué ?

Combien d’animaux sont-ils réellement morts et à quelles espèces appartenaient-ils ? Combien ont été blessés? Un compte rendu complet comprenant les dossiers vétérinaires et les résultats des nécropsies doit être rendu public.

Pourquoi a-t-il fallu un plein de 10 jours pour rendre les installations habitables ?

Est-ce que le Marineland est autorisé à acheter et à remplacer les animaux morts ? Y a-t-il une volonté de la part des compagnies d’assurance de couvrir ces nouveaux achats ?

Est-ce que le Marineland va recevoir une aide financière ou matériel grâce à l’argent des contribuables ? A quel niveau le gouvernement français subventionne-t-il les coûts de la reconstruction du parc ?

Qu’est-il arrivé au troisième ours polaire ?

Au nom de nos membres et, plus important encore, au nom des animaux qu’il est dans notre mission de protéger, nous vous demandons de prendre des mesures pour empêcher Marineland de continuer son exploitation inhumaine et de faire en sorte que les animaux qui lui reste soient envoyés dans des sanctuaires.

De manière tragique, le seul résultat positif de la tempête qui a dévasté la prison Marineland est que les animaux qui y sont morts dans la boue ne seront plus jamais forcés à exécuter des tours stupides pour recevoir leur poisson. Ils sont désormais enfin libres.

Cordialement,

Carole Raphaëlle Davis, directrice de campagnes pour l’Europe
www.friendsofanimals.org

Mort d’une orque à Marineland

Cela faisait plusieurs jours qu’il y avait une rumeur à ce sujet, et cela a été confirmé par Marineland : il y a bien une orque qui vient de décéder.

Voici le communiqué de Marineland :

Toutes les équipes de Marineland sont extrêmement tristes d’annoncer aujourd’hui, lundi 12 octobre à 12h, le décès de Valentin, une orque née au sein du parc.

Nous avons vécu une situation extrêmement difficile et sans précédent la semaine dernière et avons tout mis en œuvre pour sécuriser les infrastructures dévastées par les intempéries.

Les soigneurs, experts et secours ont tout fait pour sauver les animaux et sécuriser les installations.
Nous n’avons à cette heure aucune d’explication sur les causes du décès, nous allons tout faire pour comprendre.

Des analyses seront réalisées par une équipe de vétérinaires experts.

On est là encore dans le non-dit, dans le régressif, et cela marche, puisqu’il y a des milliers de gens pour compatir avec Marineland et non pas contre Marineland…

En voici quelques exemples, reflétant tous un haut niveau d’infantilisme, de déni de la réalité, de fausse fascination pour la vie animale, de fanatisme anti-rationalité…

Voici des informations diffusées, notamment par Dauphinlibre.be :

« Valentin, une orque née dans le parc Marineland d’Antibes, est mort ce lundi, quelques jours après les fortes inondations qui ont frappé le Sud-Est de la France.

Nous apprenons également que le dauphin Alizé est à nouveau en bassin d’isolement dans un état grave. Valentin était une orque mâle âgée de 19 ans.

Il était né au Marineland d’Antibes le 13 février 1996, juste avant la Saint Valentin.

Sa mère se nommait Freya, capturée en Islande et qui mourut d’une LONGUE MALADIE (laquelle ?) en juin 2015 à l’âge de 32 ans.

Son père Kim 2, capturé lui aussi, est mort d’une « infection pulmonaire fulgurante » en novembre 2005 à l’âge de 25 ans. Valentin était le seul survivant des 5 enfants de Freya.

La mère et le fils s’adoraient. Ils restaient toujours extrêmement proches et n’ont cessé de jouer ensemble jusqu’à la fin. Avec la mort de sa maman, précédée d’une longue agonie, on peut difficilement concevoir le désespoir de ce jeune adulte privé de toutes les références, de tout l’amour, de tout le soutien que pouvait lui donner sa maman.

En mer aussi, les fils se désespèrent du décès de la matriarche. Mais Valentin a du CONTINUER. Les shows devaient être assurés.Valentin était une orque de grande taille.Sa nageoire dorsale restait encore relativement droite pour un orque captive de son âge. En captivité, la plupart des dorsales masculines s’affaissent en entre 12 et 13 ans.

Le 20 novembre 2013, la demi-sœur de Valentin, Wikie, avait donné naissance à son deuxième enfant, Keijo. Le père présumé était son demi-frère, Valentin, contraint par une sexualité constamment frustrée de briser le tabou de l’inceste, pourtant fondamental chez les cétacés.

Ce nouveau décès au Marineland d’Antibes n’a pas besoin d’être analysé par des vétérinaires liés à l’entreprise. Pas plus que nous n’avons su les causes de la mort de Freya, pas plus nous ne saurons celle de la mort de Valentin.

Tout diagnostic livré par le parc ne sera que le reflet de ses intérêts commerciaux.

Valentin est-il mort d’une infection brutale ? Ou plus probablement, de stress en excès de manière CONTINUE, qui vous ronge l’estomac et fini par vous tuer. La mort toute récente de sa mère associée aux inondations cataclysmiques ont sans doute eu raison de sa résistance.

A qui le tour ? Aujourd’hui, c’est Wikie qui refuse de s’alimenter et les deux petits, Moana et Keijo, sont extrêmement fragiles et anxieux. Si même le puissant Valentin n’a pas pu résister aux conditions de vie insensée que l’on impose aux orques, qu’adviendra-t-il des autres dans quelques jours ?

Il ne reste plus aujourd’hui dans ces eaux verdâtres que Wikie, Inouk, Moana et Keijo.

Inouk est le frère de Wikie. Le Marineland envisage-t-il des les accoupler pour reconstituer ses stocks ?

Les règlements de l’Alliance of Marine Mammal Parks & Aquariums et de l’EAAM exigent que les animaux de zoo exposés à un danger immédiat soient transportés aussitôt en lieu sûr. Le Marineland, pourtant membre de ces associations, n’a rien fait de semblable.

Il a bouclé sa communication, il a poussé ses dresseurs à mentir publiquement et à taire l’état de désarroi extrême de ces orques. Il laisse, aujourd’hui encore, ses ultimes épaulards nager dans une eau sombre, chargée de déchets et d’hydrocarbures, en attendant que soient de réparer les systèmes de filtrage. »

Tout cela fait froid dans le dos… et donne l’occasion de voir et de revoir, de faire découvrir « Sauvez Willy » et « Orca », le documentaire « Black Fish », de soutenir les initiatives pour fermer Marineland

Et on notera, l’information est importante en ce domaine, que le 8 octobre la California Coastal Commission a interdit la reproduction des orques captives au Seaworld de San Francisco. On est ici au coeur d’une bataille essentielle, contre la machine à profit qui saccage la vie, la Nature, la vie naturelle…

Soom T et la « weed »

Ce qui est frappant dans les cultures underground, c’est que les drogues sont présentées comme un outil de libération et d’exploration de soi-même, et qu’en même temps la célébration des drogues bascule vite dans le compromis ouvert avec une société qu’on est censé rejeter.

C’est une preuve que les drogues sont une fuite en avant et rien d’autre. Si Babylone veut bien nous laisser tranquille dans notre coin, on a rien contre lui : voilà la logique.

On a un exemple avec Soom T, artiste très efficace dans la culture reggae / dub où elle est arrivée tel un boulet de canon il y a quelques temps déjà, issue de son côté de la culture underground des squats et du punk, et qui désormais passe au « petit journal » de Canal+ avec une musique aseptisée, ouvertement commerciale. Elle ne peut pas remarquer le glissement, car à ses yeux elle ne vit qu’une aventure individuelle, à prétention spirituelle.

Voici à quoi ressemble sa musique, oscillant entre reggae, ragga et dub, avec « ganja ganja », de l’album « Ode To A Carrott » qui est une ode à cette drogue, avec des chansons comme « I need weed », « Weed Is Sweet », etc.

Voici son argumentation mystique dans une interview à Reggae.fr.

Tu parles souvent de ganja dans tes chansons. Pourquoi est-ce si important pour toi ?

Parce que j’ai eu des problèmes d’hyperactivité et des problèmes mentaux. Et quand j’ai commencé à fumer de la ganja, tout a changé. J’ai appris à mieux me concentrer. Je me suis intéressée au yoga et à la méditation. La weed m’aide à être plus sage je crois.

Ça m’aide aussi à me calmer et à faire les bons choix. Au lieu de regarder des films bizarres et de prendre des traitements contre l’hyperactivité, l’herbe m’a appris à faire des choses bien comme le yoga et la méditation. J’ai aussi étudié des livres spirituels.

Ces 10 dernières années, ma vie est devenue parfaite après avoir commencé à fumer. Puis j’ai appris plus de choses sur l’herbe.

J’ai découvert que notre glande pinéale, c’est notre troisième œil dans le cerveau, est pleine de produits chimiques et de toxines qui viennent de l’eau qu’on boit et des saletés qu’il y a dans la nourriture des supermarchés comme le lait et tous les autres produits. Tout ça s’accumule dans la glande pinéale. Alors que le THC présent dans la ganja empêche ça.

Donc je trouve que c’est une très bonne raison pour promouvoir l’herbe auprès des jeunes. Quand je vois ce que les médias promeuvent aux jeunes… Ils disent que boire de l’alcool c’est bien, que prendre de la coke te rend cool…

Mais tous ces trucs détruisent ta vie, ton âme, ton entourage, ta famille. Ces trucs-là tuent des gens. La ganja ne fait pas ça. Ce n’est pas un poison. Mais on continue de lui faire mauvaise presse, de cataloguer les fumeurs et tout ça. On préfère promouvoir la cool attitude et aller à l’encontre de la spiritualité et des émotions.

Mais on nous enseigne les mauvaises choses. C’est pour ça que j’utiliserai toutes mes forces jusqu’à ma mort pour faire la promotion, et j’utilise le mot « promotion », de la ganja.

Si j’avais assez d’argent, je ferais des spots TV pour la ganja en disant : « Fume de l’herbe, ça te rend cool ! », « Fume de l’herbe, ça sent bon ! », « Fume de l’herbe, ça te rendra visionnaire ! ».

Si des gens viennent me dire que ce n’est pas responsable, je leur répondrai : « Hey! Pourquoi tu vas pas voir ton premier ministre ou ton président. Regarde ce qu’ils ont fait de ton pays, regarde ce qu’ils enseignent à tes enfants. »

Je crois que dire la vérité à propos de la ganja et encourager les jeunes à en fumer est une bonne chose.

J’y crois vraiment et je dois rester sur ma position pour affronter ceux qui sont contre. Si on me dit que c’est irresponsable d’inciter les jeunes à fumer, je répondrai que c’est pas plus irresponsable que ce que font 90 % des gens autour de moi quand ils font la promotion du contraire en incitant à se la jouer perso et à ne penser qu’à soi.

Je ne fais pas seulement la pub de l’herbe, je dis aux gens d’être aimables, gentils avec les autres, charitables, de ne pas êtres désagréables et méchant avec les autres.

Tout ça va t’aider dans la vie. Et je crois que la ganja peut mener à cet état d’esprit, donc j’en parle, ça fait partie de mon message.

Et je suis persuadée que si Jésus était là, il dirait exactement la même chose que moi.

Les drogues représentent un énorme gâchis : elles donnent l’illusion d’être au-dessus de tout… On perd son authenticité, on perd les liens avec la société, on devient auto-centré…

Pour conclure sur un dernier exemple, voici deux autres chansons de Soom T, une d’orientation commerciale, et une autre d’authentique orientation reggae dub, avec une puissance clairement différente…

Le documentaire « Blackfish »

« Blackfish » est un documentaire américain de 2013, partant d’un « fait divers » pour montrer l’impact dévastateur de la captivité sur les orques. Le succès de ce documentaire a été très grand : en plus d’un véritable succès d’estime, il a mis sur la table la question des « delphinariums » en général.

Voici une présentation par Arte et plus bas le documentaire lui-même.

Février 2010. Au cours d’un spectacle au parc d’attractions aquatique Seaworld, en Floride, Tilikum, une orque de six tonnes, attaque mortellement Dawn Brancheau, une dresseuse confirmée, sous les yeux des spectateurs. Attribuant l’accident à une négligence de la victime, le parc classe très vite l’affaire et l’orque, source de gros revenus, reprend les spectacles un an après. Pourtant, Tilikum n’en était pas à sa première agression…

Capturée à l’âge de 2 ans dans les eaux islandaises en 1983, cette orque mâle de sept mètres de long a passé le plus clair de sa vie en captivité. Elle a d’abord été dressée au Canada avant d’être rachetée par le Seaworld d’Orlando en 1992. Avant ce jour fatidique où elle s’est ruée sur la dresseuse, Tilikum était déjà impliquée dans l’attaque meurtrière de deux personnes…

Mêlant des archives exceptionnelles (filmées pendant les entraînements, les représentations mais aussi les attaques) et des entretiens avec les entraîneurs et des experts, ce film, sélectionné au Festival de Sundance 2013, relate les faits tout en enquêtant sur le comportement altéré des orques en captivité.

BLACKFISH_Film_Poster

Libération fait l’apologie de la « veggie pride » : tout un symbole

Aujourd’hui a lieu la quinzième veggie pride, une initiative que nous considérons comme néfaste depuis le début, de par sa mise en avant d’un « végéta*isme » qui pour selon notre point de vue gomme la différence de nature entre végétarisme, végétalisme et véganisme.

Nous trouvons absurde et improductif cette idée de « front végétarien » qui serait au service du véganisme, théorisée par la mouvance Cahiers Antispéciste – Veggie Pride – L214.

C’est ni plus ni moins que la capitulation qui explique qu’il faut « arriver au véganisme » (en combien de temps, mystère), alors qu’il faut en réalité devenir vegan pour justement se développer sur cette base pour changer tout notre monde…

Libération a publié un article élogieux pour la veggie pride ; le gommage des frontières morales, au nom du « végéta*isme », est  flagrant.

Le voici, car c’est un témoignage historique très utile pour l’avenir. En effet, le véganisme s’est fait happer par une tendance bobo – hipster – parisien – cuisine chic – charité chrétienne pour les animaux. Le « Afternoon Tea » végétalien à 39 euros à l’hôtel parisien Shangri-La – 5 étoiles et 1000 euros la nuit – réjouira tous ces gens. A nos yeux, c’est une insulte.

Nous sommes pour un véganisme populaire, ancré dans la vie quotidienne et le soutien pratique aux animaux, dans un esprit de reconnaissance de la Nature, ce qui va de pair avec l’athéisme et le rejet des drogues et de l’alcool.

ENQUÊTE
Les vegans riches en matière grise
Par Sonya Faure — 8 octobre 2015

Alors que se tient ce week-end à Paris, la 15e édition de la Veggie Pride, le mouvement végétarien prend de l’ampleur tant dans ses adeptes que dans ses concepts.

Il y a deux semaines, il était en tête des articles les plus lus du New York Times. «Vegans Go Glam». Les vegans deviennent glamours. Cela fait un moment déjà qu’aux Etats-Unis, Bill Clinton, Beyoncé ou Chrissie Hynde ont pu faire leur outing végétarien sans peur du ridicule. C’est loin d’être le cas en France, où aura lieu la Veggie Pride samedi et dimanche.

Les végétariens y sont encore pris dans la nasse de clichés divers : hippies tristes et pâlots ou extrémistes nazillons. Sans parler des authentiques vegans, qui ont poussé jusqu’à son terme la logique végétarienne en refusant de consommer tout ce qui est issu de l’exploitation animale (œufs, lait, cuir). Pourtant, ici aussi, les représentations changent à grands pas.

Les Anglo-Saxons avaient depuis longtemps leurs penseurs du végétarisme, dont le plus fameux est Peter Singer. Son livre la Libération animale, paru en 1975, est traduit en une quinzaine de langues. «En France, rares sont ceux qui s’exprimaient jadis contre l’élevage et l’abattage industriels, en dehors des associations de protection animale, commente la philosophe Corine Pelluchon, professeure à l’université de Besançon et blogueuse de Libé (1). C’est en train de changer, et les voix qui s’élèvent aujourd’hui sont très diverses.»

Des «réformistes», comme la sociologue Jocelyne Porcher, une ancienne éleveuse qui milite contre l’élevage intensif, aux «abolitionnistes», comme la philosophe Florence Burgat, qui remettent en cause toute utilisation de l’animal par l’homme. Très récemment, le bouddhiste Matthieu Ricard, les journalistes Franz-Olivier Giesbert et Aymeric Caron, la polémiste Marcela Iacub ont popularisé les notions de bien-être animal – des soutiens populaires d’ailleurs plus ou moins appréciés des vegans purs jus.

Les végétariens ont leur revue (les Cahiers antispécistes), leur festival (Estivales de la question animale), leur association phare, L214 (7 000 adhérents), qui promeut «un mode de vie qui n’exploite pas du tout les animaux», explique Brigitte Gothière, sa porte-parole : «284 000 personnes ont liké notre page Facebook. On a dépassé Greenpeace !»

Si végétarisme et bien-être animal manquaient un peu de visibilité ces dernières années, on ne peut pas dire en revanche qu’ils manquent de concepts. Les végétariens «éthiques» sont, a priori, des animalistes qui combattent le spécisme – la hiérarchisation des êtres vivants en espèces, l’espèce humaine étant au-dessus de toutes les autres – et le carnisme – cette idéologie des mangeurs de viande, qu’on ne voit plus tant elle nous paraît naturelle mais qui régit tous nos rapports à la nature.

Même à la Veggie Pride, on ne se contente pas de promouvoir un régime alimentaire sain et de se déguiser en légume, comme c’est parfois le cas dans les pays anglo-saxons. «Etre végétarien, ce n’est pas seulement un choix personnel, c’est une question de société : l’éthique animal est un sujet politique», explique Clémence Laot, l’une des organisatrices du festival.

Cette année, la Pride est donc placée sous le signe de la «convergence des luttes entre féminisme, animalisme et racisme». Comparer femmes, Noirs et animaux et trouver un objectif commun à leur combat ? De quoi faire bondir les militants féministes et antiracistes classiques. «Pourtant, explique Pelluchon, ces luttes ont en commun de refuser les discriminations qui conduisent à légitimer la violence en se fondant sur l’espèce, le genre, l’ethnie. Toutes s’opposent à la domination, qui est toujours domination sur les plus faibles ou les sans-voix.»

Les antiracistes ont montré que la couleur de peau n’avait rien de «naturelle» ni de biologique mais qu’elle n’était qu’une affaire de représentations. A leur image, les antispécistes veulent démontrer que les espèces ne sont que le moyen d’asseoir la domination de l’homme sur le reste des êtres vivants.

«Cette idée est mal acceptée à gauche, car l’animal a toujours été un repoussoir dans la lutte pour les droits des femmes ou des Noirs : ils ont voulu se distinguer des animaux pour démontrer qu’ils étaient les égaux de l’homme blanc», estime Renan Larue, professeur de littérature à l’université de Californie à Santa Barbara, lui-même vegan et auteur du livre le Végétarisme et ses ennemis (PUF, 2015).

«Même au sein du mouvement, cette idée de convergence des luttes ne fait pas consensus, reconnaît Laot. Mais elle permet de réfléchir aux liens entre les espèces.» De remettre en cause les catégories classiques, et la première d’entre elles : l’opposition entre l’homme et l’animal. La question est au cœur de l’antispécisme, concept clé du mouvement vegan. Une salutaire remise en cause de l’anthropocentrisme mais qui, dans sa version radicale (et ultraminoritaire), amène à nier toute distinction entre homme et animal. Une vision à laquelle s’oppose la philosophe Elisabeth de Fontenay, qui, depuis longtemps, récuse l’anthropocentrisme et l’arrogance humaine.

Mais sans renoncer à l’existence d’une singularité humaine, celle, notamment, de produire du droit et de l’histoire. «Il ne s’agit pas de donner les mêmes droits à tout le monde, tempère Larue. On ne va pas donner le droit d’avorter aux hommes qui n’en auraient pas l’utilité, ni le droit de vote aux cochons qui n’en feraient rien. En revanche, l’antispécisme pose une question essentielle : les différences entre un être humain et un animal justifient-elles un tel écart de traitement ?»

Les comparaisons coups-de-poing de certains végétariens font régulièrement polémique. Comme le parallèle parfois dressé entre le «système concentrationnaire» de l’élevage intensif et les camps de concentration. «Le végétarien éthique est un intégriste moral prêt à tout», écrit Dominique Lestel dans son livre Apologie du carnivore (Fayard, 2011). L’éthologue pointe le paradoxe de l’antispécisme : refuser de manger de la viande, c’est rejeter l’animalité de l’homme. En donnant à celui-ci un devoir moral que les autres animaux n’ont pas, les végétariens mettent à nouveau l’humain au-dessus de toutes les autres espèces.

Malgré tout, «ce que nous faisons des animaux en dit long sur nous», estime la philosophe Pelluchon : «L’élevage industriel n’est pas seulement atroce pour les animaux. Il est également atroce de savoir que des humains peuvent castrer à vif des porcelets ou broyer des poussins mâles.»

Ce questionnement ne date pas des années 70. Depuis l’Antiquité, le végétarisme a été une «tendance minoritaire mais persistante», assure Larue, qui a écrit une histoire engagée de la pensée vegan (parue cette année). Pythagore, figure du végétarisme, s’opposait aux stoïciens sur le sujet. «A l’époque déjà, deux visions du monde s’opposaient. Car si les stoïciens étaient antivégétariens, ce n’est pas par amour de la viande : eux-mêmes avaient une alimentation très frugale. Mais ils refusaient la vision pythagoricienne qui affirme que l’univers n’a pas été créé pour la seule fin de l’homme. C’est le même débat qui, de nos jours, oppose le vegan à son oncle, le soir de Noël.»

Impact de l’élevage sur le réchauffement climatique, volonté de manger plus sainement, les conditions sont-elles, cette fois, réunies pour un essor historique du végétarisme ? «La crise environnementale nous oblige à penser le monde que nous partageons avec les autres espèces.

La prise en considération du sort des animaux est aussi liée à la conscience des dégâts du capitalisme, qui demande à baisser sans cesse les coûts de revient, transforme les non-humains en marchandises et dégrade les humains», poursuit Pelluchon, qui enseigne la philosophie de l’animalité depuis 2008. Il y a bien des raisons d’être végétariens, et l’éthique n’est peut-être pas la première. Mais à défaut de carne, les végétariens ne manquent pas de nourritures spirituelles.

(1) LibeRation de philo.

(2) Respectivement auteurs de Plaidoyer pour les animaux (Allary éditions, 2014), l’Animal est une personne (Fayard, 2014), No Steak (Fayard, 2014) et Confessions d’une mangeuse de viande (Fayard, 2011).

Hulot lance une pétition appelant les chefs d’Etat à « oser »

A LTD, nous avons une approche très simple : il y a une bataille pour la planète. Si nous échouons, les générations futures nous regarderons avec un mépris gigantesque.

Et c’est bien parti pour être le cas. Il n’y a pas de mobilisation, pas de changement d’état d’esprit : l’égocentrisme prédomine complètement. L’écologie n’intéresse pas, sauf quand il s’agit de réformer le capitalisme pour le relancer. La COP21 aurait pu être l’occasion d’une grande prise de conscience : celle-ci n’aura lieu qu’après, au mieux.

Nicolas Hulot fait ce constat aussi, sauf que lui il n’est pas pour la libération de la Terre, il n’est pas vegan straight edge, il est simplement en mesure de faire des appels comme celui-ci sur son site internet :

« Je mange moins de viande… mais de meilleure qualité »

C’est en total décalage avec la réalité. Comme il le sait, il a réalisé une vidéo sur internet, dans un esprit de dérision, en utilisant des « stars » du net pour faire « jeune ».

C’est là un constat d’échec, une dernière tentative désespérée pour essayer de faire bonne figure. Mais cela ne fait que rentrer dans le jeu de la consommation générale dans la passivité, sans aucune réflexion sur ce qui est produit, comment c’est produit, par qui.

D’ailleurs, l’appel de Hulot n’est même pas pour un contenu réel, c’est simplement pour… une pétition s’adressant aux chefs d’Etat.

C’est dire l’esprit de démission : Hulot contourne le travail de fond chez les gens, car il ne croit pas aux peuples. Mais posons la question : où mène cet esprit de délégation, si ce n’est à la soumission aux grandes entreprises qui pillent la planète?

Le succès a été grand, avec 700 000 vues en une journée, et un serveur de la fondation Nicolas Hulot « dépassé », mais qu’en restera-t-il dans l’Histoire? Rien, cela sera anecdotique et condamné par les générations futures comme totalement décalé par rapport aux exigences de changement complet.

Voici le texte de la pétition, totalement anti-démocratique et dans un esprit de négation du changement total nécessaire : la libération animale, la libération de la Terre !

Signez l’appel aux chefs d’Etat !

Nous, citoyennes et citoyens du monde, appelons les responsables politiques des pays les plus riches et les plus émetteurs de gaz à effet de serre à enfin relever le défi climatique.

Chefs d’État, osez !

Osez reconnaître que la lutte pour le climat conditionne l’avenir de notre monde : la santé, l’économie, l’emploi, la solidarité et l’égalité, l’agriculture et l’alimentation, la paix.

Osez admettre que les engagements actuellement sur la table des négociations ne sont pas suffisants pour limiter le changement climatique à 2 °C, mais que vous pouvez changer la donne en revoyant à la hausse vos ambitions : le G20 compte pour trois quarts des émissions mondiales !

Osez en finir avec les beaux discours et les déclarations d’intention, avec la tentation de remettre à plus tard les décisions : agissez !

Osez vous astreindre à des moyens financiers, des indicateurs de contrôle, des réglementations et à des feuilles de route précises qui vous engageront dès aujourd’hui.

Dans tous les territoires du monde, les acteurs se mobilisent, chaque jour un peu plus. Conscients de la responsabilité de tous, nous nous engageons aussi personnellement, chacun à notre niveau. Mais cela ne suffira pas.

Vous, responsables politiques, avez une responsabilité historique.

La force de l’accord de Paris tiendra d’abord dans les mesures que vous mettrez en œuvre.

Nouvelles réglementations, prix du carbone, taxe sur les transactions financières, changement de modèle agricole… Ce qu’il faut faire est connu et ne dépend que de votre courage politique.

Chefs d’État, soyez à la hauteur. Entrez dans l’histoire. Osez !

Pour faire entendre votre voix et faire pression sur les chefs d’État, signez cet appel.

« Il changeait régulièrement de chats »

Chaque semaine, il y a dans le Canard enchaîné une petite chronique judiciaire. En pleine affaire « Cause Animale Nord », il s’agit d’une affaire qui semble similaire.

On peut remarquer que les gens passant au procès ont agi tout aussi spontanément dans l’esprit que la personne de « Cause Animale Nord ». Il n’y a pas de base solide, et évidemment cela ne tient jamais vraiment longtemps face à la répression.

On notera que le Canard enchaîné a publié également une nouvelle sur Morano accompagné d’une blague honteuse, typique de cet état d’esprit moqueur.

Bardot a en effet soutenu Morano qui s’est lancée dans une défense de la « race blanche ». Rien d’étonnant, et cela n’a rien à voir avec les animaux, donc c’est anecdotique. Mais le Canard enchaîné ajoute une blague lamentable sur la SPA… Comme si on pouvait blaguer avec cela…

Après les intempéries : il est temps de fermer Marineland!

Les intempéries du 4 octobre ont anéanti 90% des installations du « parc ». De nombreux animaux sont morts : après l’enfermement, voici donc la mort suite à des conditions indignes, témoins d’un autre temps.

Voici une courte vidéo présentant la situation.

Voici le communiqué officiel de Marineland. Bien entendu, ils focalisent énormément sur les mammifères et appellent à ce qu’on les aide, au nom du bien-être des animaux. Comme pour les zoos, c’est le chantage.

Faces aux violentes intempéries qui ont frappé notre département et notre Parc, nous souhaitons d’abord exprimer tout notre soutien aux victimes. Nous souhaitons également remercier l’ensemble des personnes qui nous apportent leur soutien depuis hier, en particulier les équipes de sapeurs-pompiers, des secours et des services administratifs qui se sont vites mobilisés.

Beaucoup s’interrogent sur l’état du Parc et de ses animaux.

Le bilan à ce jour est le suivant : les mammifères marins sont sains et saufs, ils se portent bien et leurs soigneurs sont à leurs côtés.

Les principaux dommages se situent aux niveaux des aquariums où nous déplorons la perte de tortues et de poissons. Certains animaux domestiques de Kid’s Island ont également été victimes des intempéries.
Les dégâts matériels sont très importants : 90% du site a été touché.

Les équipes œuvrent activement pour la remise en fonction des installations.

Nous souhaitons vous remercier pour vos messages de soutien et vous tiendrons informés de l’évolution de la situation dans les prochains jours.

Toute l’équipe de Marineland.

Le journal Le Point constate lui-même – et pourtant c’est un journal ultra-conservateur – l’opacité de ces informations, en déduisant que beaucoup d’animaux ont péri… C’est dire!

Fondé en 1970 et devenu le plus visité de la région Paca, l’espace aurait été détruit à plus de 90 %, libérant par la même occasion une bonne partie de la faune qui le compose. La présence d’hydrocarbures en provenance des cuves de mazout ou des voitures renversées dans le flot à l’origine de la destruction de certaines installations assombrit le tableau.
Une eau polluée par des hydrocarbures

De nombreux poissons ont péri lors du désastre, dont des raies et des petits requins. Mais la direction refuse de donner plus de détails au sujet des pertes d’animaux. La « casse » évoquée par Bernard Giampaolo laisse toutefois présager un bilan accablant. Dimanche soir, une équipe de pompiers s’activait sur les lieux à l’aide d’une pompe destinée à puiser l’eau souillée des canalisations sous les rugissements de plusieurs espèces d’otaries.

Europe 1 témoigne aussi de comment les journalistes ont été frappé par l’ampleur des dégâts.

Manchots et otaries pataugeaient dimanche dans une eau trouble et marronnasse, ont constaté les journalistes qui ont pu se rendre dans le parc.

C’est l’occasion d’en finir avec l’un des trois « delphinariums » français. Ces « parcs » sont une honte et une insulte à la vie, à l’épanouissement des êtres vivants. Marineland doit fermer, pour toujours.

Voici le texte d’une pétition qui, à peine lancé, a d’ailleurs déjà recueilli 50 000 signatures. Hier soir, il y avait même une signature par seconde s’ajoutant.

Pour la fermeture de Marineland à Antibes…: Nous demandons la fermeture définitive de Marineland à Antibes

Pourquoi c’est important

Nous demandons la fermeture définitive de Marineland à Antibes suite aux intempéries du 3 octobre !!
Otaries, orques, tortues, ours polaires sont dans la boue et en danger de mort !

Combien d’animaux le sont déjà?????

Nous demandons bien sûr un projet de réhabilitation pour tous les animaux de ce parc s’il venait à fermer. Les soigneurs/ dresseurs seraient bien sûr les plus aptes pour la réalisation de ce projet vu la confiance qui s’est installée entre eux et les animaux.

Le fait de reconstruire le parc coûterait beaucoup d’argent puisque le directeur a affirmé qu’il y avait 90% de dégâts, beaucoup d’argent serait donc disponible et utilisable pour mettre en place ce projet. Des criques et baies se prêteraient merveilleusement bien pour la réhabilitation des cétacés. Cela demande beaucoup de temps bien sûr mais tout est réalisable.. V

oyez le cas de Keiko.. par exemple.
N’oublions pas que ces parcs sont de véritables prisons… et que tous ces animaux ne sont pas à leurs places! Imaginez vous dans une baignoire toute votre vie……

Signez la pétition et partagez-la largement!

« Cause Animale Nord » et de prétendus conseils pour les cochons d’Inde

C’est peut-être là la clef qui permet de comprendre « Cause Animale Nord ». C’est un exemple anecdotique dans la forme, mais pas du tout dans son contenu.

Parce que nous savons que si des gens peuvent se prétendre plein de choses, sans le prouver, à tort ou à raison : il y a des gens qui se disent révolutionnaires, par exemple, mais c’est bien difficile à prouver, et forcément dans le tas il y en a qui ne le sont pas du tout.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des gens qui le soient vraiment et qu’ils aient tort, mais le prouver n’est pas facile.

La question animale, elle, est d’ailleurs révolutionnaire mais elle a, pour ainsi dire, un avantage : la dimension concrète immédiate. On ne peut pas faire semblant.

Et voici un exemple montrant bien que « Cause Animale Nord » a une démarche déséquilibrée. Sur son facebook, cette association poste tout le temps : le matin en souhaitant un bon réveil, le midi pour souhaiter bon appétit, etc. A côté de cela il y a des appels à l’adoption et des copiés-collés d’informations sur les animaux.

Or, on en trouve un sur les cochons d’Inde particulièrement significatif. Tout dans son contenu est faux et inacceptable.

C’est là que la nature de « Cause Animale Nord » se révèle : son fond est velléitaire et anti-démocratique. Au lieu de travailler à développer un mouvement en général, à la base, au lieu de faire confiance aux gens luttant réellement, « Cause Animale Nord » pratique le rentre-dedans totalement idéaliste, sans considération pour le réel.

Est-ce pour cela que leurs positions fachos suintent régulièrement, ou parce qu’ils sont justement fachos à la base que cela se passe ainsi, c’est une grande discussion, sans doute est-ce des deux.

En tout cas, le maniement du copié-collé est significatif : personne ne s’occupant des animaux en général et des cochons d’Inde en particulier n’aurait laissé passer un tel texte, truffé de fautes intolérables :

Cause Animale Nord
3 h ·
Conseil du jour : Savoir s’occuper d’un Cochon d’Inde
Le cochon d’Inde est un rongeur de la famille des Caviidés. Il doit son nom à sa silhouette dodue et cylindrique qui ressemble à celle d’un petit cochon. On l’appelle aussi le Cobaye. Il est un de nos plus anciens N.A.C. (Nouveaux Animaux de Compagnie), pour le plus grand plaisir des petits comme des grands. Il en existe de toutes les couleurs (blanc, marron, beige, noir, parfois gris ou tout ça mélangé) et son poil peut être court, long (on dit qu’il est angora) ou mi-long. L’adulte pèse en général entre 800g et 1,4 kg pour les plus costauds, et son espérance de vie est de 8 ans.

Ces quelques conseils t’aideront à t’occuper au mieux de ton petit compagnon, car ton Cochon d’Inde est un être sensible et fragile dont le bien être, la santé et le confort dépendent de toi : c’est une vraie responsabilité

Comment aménager sa maison ?
Il faudra au minimum une cage de 40 cm de haut, 60 cm de long et 40 cm de large pour faire le bonheur de ton petit animal. Les barreaux de la cage seront disposés horizontalement pour qu’il puisse s’accrocher avec ses petites pattes avant et se redresser sur ses pattes arrière. Tu peux aussi lui fabriquer une petite maison en bois où il pourra se reposer et se cacher.

Le sol de sa cage sera tapissé d’une litière végétale ou de copeaux de bois. Par-dessus, tu peux ajouter une couche de paille, ou mieux, du foin qui lui servira à la fois de litière et de repas !

Il faudra changer et nettoyer sa cage au moins 2 fois par semaine.
Le Cobaye apprécie la compagnie de ses maîtres, c’est pourquoi il vaut mieux placer sa cage en hauteur, ce qui facilitera les contacts en le faisant assister plus facilement à la vie de la maison. Tu éviteras de la mettre devant une fenêtre car l’exposition directe et prolongée aux rayons du soleil à travers une vitre peut provoquer ce que l’on appelle l’effet de serre : la chaleur devient vite très forte et peut rendre malade ton petit ami.

Comme pour les rongeurs, tu feras particulièrement attention à éviter tout courant d’air : un rhume est très vite arrivé.

Qui sont ses copains ?
C’est un animal qui aime la compagnie de ses congénères, mais qui supporte très bien de vivre seul, s’il reçoit l’attention et l’affection de ses maîtres.

Il est possible, voire recommandé, de faire cohabiter plusieurs femelles, éventuellement avec un mâle. Mais plusieurs mâles risqueraient de se battre entre eux. Tu peux choisir d’avoir un couple, mais attention : si tu choisis cette solution, attends-toi très vite à être à la tête d’une famille nombreuse et il faudrait quand même que tes parents soient d’accord !

Le cobaye peut également cohabiter sans trop de difficultés avec le lapin, mais à condition qu’ils aient été habitués l’un à l’autre dès le plus jeune âge.

Quelles sont ses activités favorites ?

Il est très important que ton cochon d’Inde puisse se dégourdir les pattes tous les jours. Mais évite de le laisser gambader sans surveillance dans la maison car il risquerait de ronger tout ce qui lui passe entre les dents, y compris les fils électriques ou les pieds des chaises. En effet, c’est un animal qui adore se faire les dents sur tout et n’importe quoi !

Des bouts de bois (arbre fruitier, noisetier, saule) disposés dans sa cage pourront l’aider à faire ses dents.

De plus, s’il décide de se cacher derrière une armoire ou le réfrigérateur, tu auras beaucoup de mal à le retrouver.

Qu’est ce qu’il mange ?
Ton Cobaye est un herbivore : c’est-à-dire qu’il se nourrit de végétaux comme des graines, des légumes ou même des fruits. ( Les carnivores, eux, mangent de la viande).

Le foin sera distribué à volonté. Les repas seront essentiellement composés de graines et granulés « spécial cobaye ».

Tu pourras également lui donner quelques friandises (en petite quantité), des légumes frais (feuille de chêne, endive, carottes, pissenlit) et des fruits (pomme, kiwi, banane, agrumes) ainsi que du pain sec ou une biscotte. Il faudra être vigilant quant aux quantités, car c’est un gourmand et sa ligne lui importe peu ! Si tu ne fais pas attention, il peut rapidement ressembler à un tonneau, et ça peut facilement le rendre malade. Chaque jour, pas plus de 20g à 25g de graines par adulte et un seul aliment comme quelques feuilles d’endive ou de salade.

Le Cobaye est la seule espèce de mammifère à ne pouvoir fabriquer seul sa propre vitamine C: il faut donc lui en apporter dans son alimentation (les kiwis, les agrumes, les graines spéciales cobaye en contiennent) mais également sous forme de compléments vitaminiques.

Pense également à lui laisser à disposition une pierre à lécher, pratique pour les apports en sels minéraux complémentaires.

Bien sûr, n’oublie surtout pas de lui laisser de l’eau claire et propre à volonté, de préférence à l’aide d’un biberon pour éviter les souillures.

Dans tous les cas, n’oublie jamais que ton vétérinaire est le meilleur ami de ton cobaye après toi, et que sa formation fait de lui son seul médecin : écoute et suis ses conseils !

Source : Clinique Vétérinaire Elysée

Lydie*

« Cause Animale Nord » avait déjà publié des copiés-collés délirants, du type totalement mystique sur l’énergie planétaire qu’on connaîtrait en tant que végan, etc. C’est délirant, mais secondaire pour nous : la question animale est primordiale.

Et ce texte est un scandale pour les raisons suivantes. Il ne s’agit pas des descriptions insupportables du type mécanique comme « silhouette dodue et cylindrique », faussement amusant comme  » il peut rapidement ressembler à un tonneau », ou des affirmations erronées comme quoi l’espérance de vie serait de huit ans. Il s’agit des informations concernant la vie même des cochons d’Inde.

* il est dit qu’il faut « au minimum une cage de 40 cm de haut, 60 cm de long et 40 cm de large pour faire le bonheur de ton petit animal » : c’est faux, il faut une cage bien plus grande, d’au moins un mètre de long.

* le texte parle aux enfants et dit : « Tu peux aussi lui fabriquer une petite maison en bois où il pourra se reposer et se cacher« , mais c’est erroné, car la maison est un impératif.

* la promotion du cochon d’Inde comme « animal de compagnie » est déjà par ailleurs scandaleuse, encore plus quand on voit le ton régressif du texte issu d’un cabinet vétérinaire, prônant cela pour les enfants.

* il est donné comme conseil : « Le sol de sa cage sera tapissé d’une litière végétale ou de copeaux de bois« , or c’est totalement déconseillé, car il est bien connu que les copeaux de bois sont toxiques pour les voies respiratoires (de tous les rongeurs), dégageant des phénols avec l’urine (alors qu’en plus on trouve des sacs de litières de chanvre à bas prix par exemple sur Zooplus).

* il est également dit : « Par-dessus, tu peux ajouter une couche de paille, ou mieux, du foin qui lui servira à la fois de litière et de repas !« , ce qui est totalement absurde et inconséquent, puisque la nourriture serait souillée, il faut justement un rack à foin afin de conserver sa propreté.

* il est expliqué, ce qui est un scandale véritable, que « C’est un animal qui aime la compagnie de ses congénères, mais qui supporte très bien de vivre seul, s’il reçoit l’attention et l’affection de ses maîtres. » Rien qu’en Suisse c’est interdit, il faut au moins deux cochons d’Inde, car le cochon d’Inde est grégaire, seul il s’ennuie à mourir! Alors qu’à plusieurs, on les retrouve en train de popcorner.

* le passage suivant est d’une irresponsabilité complète, comment peut-on être vétérinaire et proposer cela?

Il est possible, voire recommandé, de faire cohabiter plusieurs femelles, éventuellement avec un mâle. Mais plusieurs mâles risqueraient de se battre entre eux. Tu peux choisir d’avoir un couple, mais attention : si tu choisis cette solution, attends-toi très vite à être à la tête d’une famille nombreuse et il faudrait quand même que tes parents soient d’accord !

Ainsi un enfant devrait choisir pour les animaux, il devrait être en mesure d’avoir le « droit » de gérer la vie, tout cela donc dans le déni de toute responsabilité et de l’oubli des adoptions à faire?

* on lit aussi que « le cobaye peut également cohabiter sans trop de difficultés avec le lapin« , alors qu’il est bien connu que c’est faux, car il y a un risque de blessure grave de par la puissance des pattes arrières des lapins.

On ne peut donc que rire jaune quand on lit à la fin :

« Dans tous les cas, n’oublie jamais que ton vétérinaire est le meilleur ami de ton cobaye après toi, et que sa formation fait de lui son seul médecin : écoute et suis ses conseils! »

Il est tout à fait vrai qu’il faut écouter absolument l’avis des gens qui s’y connaissent, que le culte de son ego est un danger terrible pour les animaux dont on est responsable. Mais là avec une telle médecine on en revient à Molière et sa dénonciation d’une caste ayant perdu pied avec la réalité.

Que « Cause Animale Nord » poste un tel article rempli d’erreurs très graves est vraiment significatif. C’est de la rébellion contre le monde qui part de bons sentiments mais compense son manque de connaissance par des copiés-collés et par le rentre-dedans.

écologistes! : « premières rencontres nationales »

Ce week-end se sont tenues les « premières rencontres nationales » du nouveau mouvement politique de de Rugy, « écologistes! ». Un bon démarrage apparemment, puisque pas moins de 300 personnes s’y sont rendues, samedi.

Il ne s’agit bien sûr pas tant de militants que de gens naviguant dans les institutions, aux postes d’élus et autres. D’ailleurs, « écologistes! » s’est réuni pas moins que dans une annexe de l’Assemblée nationale.

De Rugy s’est à ce titre exprimé très clairement devant les gens présents :

« C’est clair, net et précis. Nous sommes demandeurs, nous voulons des élus et nous voulons exercer des responsabilités. »

La voie pour cela, c’est Jean-Vincent Placé qui l’a formulé, avec l’expression suivante: « une écologie pragmatique, réaliste et positive ».

Et histoire d’être bien sûr d’avoir des bonnes places dans les institutions, en octobre, il y aura une unité avec le Front démocrate et Génération écologie pour former l’Union des démocrates et écologistes, comme appui à François Hollande.

De Rugy a aussi, comme c’est la tradition dans ce genre de tambouille politique, exhibé une « prise de choix », sous la forme de Véronique Massonneau, députée du nord-Vienne EELV. C’est une question de crédibilité : un nouveau mouvement institutionnel doit toujours montrer qu’il attire des élus, qu’il est là pour « gagner ».

Voici un petit exemple de comment elle a expliqué son choix d’abandonner EELV dans un coup d’éclat :

« Moi j’aimerais qu’on soit plus pragmatiques et plus réalistes. Et que du coup, on soit LE parti écologiste qui réponde aux enjeux du 21ème siècle.

Et ça, le nouveau parti Ecologistes, il peut le porter. C’est nous qui allons le créer, c’est nous qui allons le porter ce projet. Il y a beaucoup d’élus des collectivités, beaucoup de militants qui partagent cette philosophie portée par Jean-Vincent Placé et François de Rugy.

Bien sûr qu’il y aura des écueils, c’est normal, mais soyons des sentinelles dans ce nouveau parti. Soyons vigilants. On peut le créer ce parti. Faisons-le à notre image. »

Ou encore, tout aussi ridicule :

« Je m’attendais à être attaquée. Je n’ai averti que les gens importants pour moi. Je n’ai pas voulu l’annoncer au mauvais moment. Mais ce qui est sûr, c’est que je ne quitte pas ce parti de gaieté de coeur. J’ai eu beaucoup de mal à quitter EELV.

C’est comme un deuil. J’ai mis beaucoup de temps à mûrir ma décision. Je l’ai prise jeudi 1er octobre 2015, vous voyez, c’est tout frais »

Quelle hypocrisie, prétendre avoir choisi deux jours avant… On est là clairement dans une logique de « places ».

C’est également ce qui a amené Barbara Pompili, députée de la Somme, à abandonner EELV il y a quelques jours. Là aussi, EELV est quitté, mais pas la place de députée, tant qu’à faire!

Elle ne rejoint pas (encore) « écologistes! », mais sa logique est la même : rejet de l’extrême-gauche et volonté de soutenir François Hollande.

Car ces gens, outre de n’en avoir rien à faire de la Nature, prétendent faire barrage à Marine Le Pen en soutenant François Hollande, qui serait le seul recours… On est vraiment très mal parti.

La blague est également venue d’Aline Archimbaud, sénatrice qui avait déjà annoncé avoir pris ses distances avec EELV l’année dernière. Mauvaise pioche médiatique, aussi a-t-elle réitéré hier, annonçant quitter EELV la veille du congrès du mouvement « écologistes! », étant ainsi certaine de trouver un petit écho… Que ne faut-il pas faire!

Ou peut-être faut-il plutôt considérer que la pire des blagues vient de Jean-Vincent Placé, dans ses propos relatés par Challenges.

Il se plaint qu’à EELV on se soit moqué de son look de cadre, et affirme qu’il a, ô miracle apparemment pour lui, « évoqué » la cause animale….

« L’ancien numéro 2 d’EELV est d’ailleurs peut être celui qui s’est montré le plus critique avec son ancien parti.

En charge du discours de clôture du congrès, le sénateur de l’Essonne s’est longuement attardé sur les errements de son ancienne formation « où l’on s’est parfois écharpé pour des virgules sur un communiqué de presse », où « si l’on n’acceptait pas les 120 idées du partis on était stigmatisé- y compris sur son style vestimentaire » et où « l’on s’est même moqué de moi (rires) quand j’ai évoqué la cause animale qui m’est chère ». »

Sans doute y aura-t-il des doux naïfs ou de sacrés opportunistes pour croire cette thèse de « cause animale » qui lui serait chère. Cela ne sera pas notre cas…