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    Document : la vénerie sous terre

Festival international du film d’environnement / Jane Goodall

Le Festival international du film d’environnement tient sa nouvelle édition, du 24 au 30 novembre, malheureusement uniquement à Paris. On pourra y trouver 141 films de 38 pays, et ce en libre-accès (mais dans la mesure des places disponibles). On peut trouver le programme ici.

On notera que le 24 novembre aura lieu l’avant-première du film Jane’s Journey, qui retrace la vie de Jane Goodall, qui sera là à cette occasion (une réservation est nécessaire pour le coup ici: evenement@janegoodall.fr).

Jane Goodall, qui est cette année “messager des Nations unies pour la paix”, a mené pendant 50 ans une activité incessante en faveur des grands singes, en ayant notamment fondé un institut appuyant des sanctuaires en Afrique (voir ici le site de sa section française).

Jane Goodall est une humaniste faisant confiance aux institutions, elle est végétarienne et espère que les choses vont aller en s’améliorant. Un point de vue selon nous inconséquent (voir notre article La machine de guerre contre les chimpanzés et l’explosion de la « viande de brousse »), même si pétri de véritables bonnes intentions.

Voici un exemple avec le point de vue de Jane Goodall concernant la nécessité de protéger les forêts:

Pour lutter contre le réchauffement de la planète, il faut protéger les dernières forêts qui subsistent. Par Dr. Jane Goodall

L’IPCC (International Panel on Climat Change) a publié un rapport dans lequel est fait état du nombre alarmant des effets néfastes du changement climatique à travers le monde, parmi lesquels : la sècheresse, les inondations, la diminution des récoltes, les risques de famines et l’acidification des océans. Aucun être vivant de ce monde dont nous faisons partie n’est épargné par le changement climatique.

En tant que primatologue, je suis particulièrement préoccupée par la prévision selon laquelle 20 à 30% des espèces font face à un risque accru d’extinction.

Nous savons que la plupart des espèces vit dans les forêts tropicales humides, des espèces phares telles que les éléphants, les tigres et les chimpanzés, jusqu’aux plus petites espèces telles que les insectes et les algues. Certaines d’entre elles jouent un rôle dans la guérison des maladies, ou pourront le jouer à l’avenir.

Ces forêts sont menacées à la fois par leur exploitation à grande échelle et par le nombre croissant des populations pauvres qui les détruisent pour fabriquer du charbon ou les défrichent pour une agriculture de subsistance. Quelques-uns des impacts du changement climatique envisagé par l’IPCC, comme la sécheresse ou la famine, ne feront qu’exacerber l’enlisement de ces populations.

Un danger relativement nouveau pour ces forêts est l’engouement croissant pour les carburants bios. En Afrique, Asie et Amérique Latine, des zones forestières autrefois réservées pour la conservation ou pour une exploitation maîtrisée, sont désormais converties en plantations de canne à sucre et de palme, dont la production sera utilisée comme fiouls pour l’éthanol-carburant ou les biofiouls.

Ces forêts stockent une proportion significative des réserves mondiales de CO². Si ces arbres qui contiennent du carbone sont abattus et brûlés – que ce soit comme bois de chauffage ou pour le défrichement – l’oxydation du carbone qui en résultera libèrera quelques milliards de tonne supplémentaires de dioxyde de carbone. Les forêts tropicales humides d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie sont particulièrement importantes à cet égard.

La déforestation des forêts tropicales ajoute annuellement deux milliards de tonnes de dioxyde de carbone supplémentaires dans l’atmosphère, en comparaison avec six milliards de tonnes provenant des énergies fossiles. Sauvegarder ces forêts permettrait non seulement d’éviter de libérer le carbone qu’elles renferment, mais devrait aussi leur permettre de continuer à absorber le gaz carbonique à l’avenir.

Alors que les pressions humaines ne peuvent être rapidement inversées, ni les exploitations forestières et minières enrayées, nous pouvons faire beaucoup pour sauver ces forêts. Le cœur d’une stratégie réussie implique de travailler non seulement avec les leaders nationaux, mais aussi, et avant tout, avec les populations locales afin de rehausser leur niveau de vie, surtout dans les zones proches des réserves forestières.

En apportant une assistance technique aux fermiers afin d’augmenter leurs revenus, une éducation aux jeunes, des soins médicaux aux familles, et des investissements économiques dans l’écotourisme, ces communautés rurales peuvent devenir les gardiens de ces forêts, et non pas leurs « destructeurs ».

Ces stratégies apportent également d’autres avantages : elles encouragent la stabilité régionale et la sécurité. La prospérité rurale, l’éducation, et un système de santé publique efficace servent de défenses naturelles contre les épidémies pandémiques, les guerres, le terrorisme et l’instabilité politique. En oeuvrant avec les populations locales pour sauver les forêts, nous aidons à créer de communautés stables qui amélioreront certainement la sécurité mondiale.

Le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, l’Europe et d’autres pays développés ont une part de responsabilité privilégiée pour promouvoir ces programmes. Les pays occidentaux sont les plus grands consommateurs de pétrole, bois et autres industries générant du gaz carbonique, ils ont la responsabilité d’aider les pays en voie de développement à préserver leur patrimoine naturel par la promotion de programmes de développement durable. Une augmentation relativement faible sous forme d’aide destinée au développement des communautés rurales, particulièrement grâce aux microcrédits, peut avoir un impact extraordinaire pour la sauvegarde des zones sauvages, forêts comprises, et de l’ensemble des formes de vie qu’elles alimentent.

En quelques siècles seulement, les pays aujourd’hui développés d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord ont détruit leurs forêts dans leur inexorable ruée vers la richesse. Aujourd’hui seuls quelques vestiges de ces forêts subsistent sur ces continents.

Les pays développés ont la possibilité de permettre aux nations en voie de développement d’éviter de commettre les mêmes erreurs. En investissant massivement dans le développement durable, nous pouvons sauvegarder de précieuses espèces, aider à empêcher l’intensification du réchauffement climatique, et augmenter la sécurité planétaire.

Aider la préservation des forêts des nations en voie de développement doit se faire dans l’intérêt de tous.

Volonté de liberté au Japon

Il y a quelques jours nous parlions de la conception de l’animal-machine et de la nécessité de la combattre, en prenant l’exemple des cochonnes d’Inde appréciant une bouteille d’eau glacée pour se reposer dessus.

Voici deux exemples tout neufs illustrant bien cette réalité. Tout d’abord une vidéo terrible, d’un dauphin cherchant il y a quelques jours littéralement à se suicider dans le Churaumi Aquarium d’Okinawa, au Japon. On le voit sortir du bassin, après plusieurs tentatives.

Un désir de liberté, ou bien d’en finir, qui est très clair. Il a fallu une grue pour pouvoir le récupérer (voir la vidéo).

Le second exemple date de quelques jours aussi, et lui aussi du Japon. Le fait s’est passé au Primate Research Institute, Kyoto University.

Cet institut de recherche sur les primates dispose d’un enclos relativement grand afin d’étudier les comportements des primates.

Mais ces chercheurs – les plus grands scientifiques du monde à ce niveau, de véritables experts triés sur le volet, de renommée mondiale – ont sous-estimé les grands singes.

Ceux-ci ont utilisé les branches pour se catapulter dehors ! Une quinzaine de ces grands singes se sont ainsi enfuis, mais ne sont pas allés loin, selon les chercheurs car ils voulaient rester en contact avec les autres singes.

Sans nul doute aussi ont-ils été désemparé par l’environnement hostile qui les attendait hors des murs, des murs qu’ils cherchaient à fuir, bien qu’évidemment les chercheurs pensent qu’il s’agissait d’une dispute entre grands singes qui a poussé à cela.

Il faut également penser que les repères des animaux enfermés sont écrasés depuis des générations en raison de l’emprisonnement, et ceci est très certainement valable pour tout autre animal devant passer une sombre vie cloîtré dans une cage de laboratoire.

Cela souligne le fait que dans les cas où l’on a la possibilité d’adopter un animal étant passé par une telle expérience traumatisante, il faut énormément d’attention et de respect.

En l’occurrence, appâtés avec des cacahuètes, les singes ne connaissant que le laboratoire, ils ont été contraints de se laisser attrapés et enfermés de nouveau. Pour qu’une telle initiative ne se reproduise pas, les scientifiques ont coupés les arbres grâce auxquels les singes avaient profité d’un petit moment de liberté.

Il est significatif que même les plus grands chercheurs soient débordés par les animaux, en raison de leur vision du monde. D’ailleurs au Primate Research Institute, Kyoto University (KUPRI) les contradictions sont patentes.

En effet, d’un côté il y a la recherche se présentant comme étant « humaniste. » Cette recherche se veut proche des animaux, comme on peut le voir avec par exemple la photo des “ membres ” ou bien les peintures réalisées par les grands singes (parfois on peut voir des vidéos).

Parallèlement à cela, on trouve également un projet comme SAGA (Support for African/Asian Great Apes), qui s’occupe depuis 1998 de la préservation des grands singes et tente de s’opposer à la vivisection, montant des sanctuaires pour les 79 chimpanzés rescapés.

Ces chercheurs montent des projets en Afrique, pour la préservation de l’environnement des grands singes, ils critiquent la situation des grands singes dans les zoos.

Ces chercheurs qui travaillent avec les grands singes découvrent un nouvel horizon devant une réalité simple : 98,77% des gênes des humains et des chimpanzés sont identiques!

Mais de l’autre côté… dans la même université, les chercheurs torturent les animaux avec la vivisection la plus barbare, afin de davantage connaître le fonctionnement du cerveau…

Et d’ailleurs, les conditions de recherche sur les animaux qui se sont enfuis ne son certainement pas idéales, si jamais elles peuvent l’être: en tant que vegans nous considérons comme inacceptable de séparer un animal de son habitat naturel!

La seule solution, d’ailleurs pratiquée parfois, est l’immersion dans le milieu en question. Cela est difficile, et il ne faut perturber cet environnement et ses habitants, mais c’est moralement la seule démarche correcte.

Car là à l’institut de recherche il y a de nombreuses activités dans les laboratoires, comme on peut le voir ici. Les grands singes doivent affronter des épreuves, et cela n’est pas correct. La base de cette attitude erronée est d’ailleurs que la finalité reste uniquement la progression des connaissances servant les humains…

Même quand les chercheurs veulent étudier l’archéologie des grands singes, ils le font parce que cela pourrait apporter des connaissances nouvelles aux humains, pour progresser techniquement.

On retrouve, quel que soit la position des chercheurs ici, la volonté de domination de l’espèce humaine sur les animaux et la nature. Mettre des animaux dans un enclos artificiel, ne pas comprendre qu’ils veulent être libres, couper des arbres pour les empêcher de s’enfuir…