Un policier infiltré dans des ONG écolos change de camp

Voici un article du blog du quotidien Le Monde appelé « Chroniques pour une économie sociale durable. » Y est question l’activité de Mark Kennedy, un agent de la police infiltré dans les mouvements activistes. Une telle chose ne doit bien entendu pas nous surprendre, puisque l’écologie, la libération animale… toute remise en cause des principes d’oppression et d’exploitation font peur à un système qui compte bien se maintenir en place.

Par contre, et c’est bien plus rare bien entendu, le policier en question a été « contaminé » par la culture contestataire…

C’est une histoire d’infiltré digne des films de Martin Scorsese. Ici, ce n’est pas la pègre irlandaise qu’affronte sans merci la police mais la mouvance écologiste. Dans le rôle du “bad cop” contraint d’agir en sous-marin et de mener une double vie, Mark Kennedy, un agent de Scotland Yard qui a passé sept ans comme taupe dans des dizaines de groupes de protestation, des militants antiracistes, des anarchistes mais surtout des associations et ONG vertes.

L’auteur de ce scénario qui s’avère tout sauf fictif, c’est le Guardian, qui publie aujourd’hui une enquête à la fois passionnante, haletante et effrayante.

Celui qui risque fort de déchaîner les tabloïds anglais ne s’est pas contenté d’être un espion passif, dont la mission consiste à glaner discrètement des informations confidentielles. Il s’est en réalité largement impliqué dans les organisations qu’il avait infiltrées, voyageant dans 22 pays, participant à la recherche de fonds et jouant un rôle de premier plan dans certains des affrontements les plus médiatisés de cette dernière décennie.

A ses débuts comme taupe, en 2003, Mark Kennedy choisit comme couverture celle d’un grimpeur professionnel, Mark Stone, avec pour but de perturber les associations pacifiques britanniques de lutte contre le changement climatique.

Alors âgé de 33 ans, arborant des cheveux longs, des boucles d’oreilles et des tatouages, il assiste à presque toutes les manifestations de grande envergure au Royaume-Uni jusqu’aux protestations contre le G20 à Londres en avril 2009.

Tout bascule à ce moment-là, lorsque l’infiltré et des militants écologistes tentent de pénétrer à l’intérieur de la centrale à charbon de Ratcliffe-on-Soar, dans le centre de l’Angleterre, dans le but de la stopper pour empêcher l’émission de milliers de tonnes de carbone. Plus de 110 manifestants sont alors arrêtés. Six sont actuellement jugés pour complot par la Haute cour de justice anglaise.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, et la taupe retrouver les rangs de la police dans la discrétion la plus absolue. Mais entre temps, Kennedy semble avoir changé de camp et rejoint la cause écologiste, adhérant à la lutte contre le changement climatique. Il décide alors de ne pas laisser ses nouveaux “amis” être jugés coupables et contacte les avocats de la défense pour témoigner en leur faveur. C’est le coup de théâtre au procès. Et son identité s’avère dévoilée.

Le procès est donc aujourd’hui suspendu, la police devant se justifier sur ses méthodes d’infiltration. Les juges doivent aussi se prononcer sur le rôle précis joué par Kennedy, qui a aujourd’hui quitté le Met ainsi que le Royaume-Uni. Pour l’instant, les documents saisis par la justice prouvent que la mission avortée d’arrêt de la centrale a été pour l’essentiel imaginée, organisée et réalisée par l’ex-flic. Agent provocateur ou policier passé militant écolo, les juges trancheront.

Action de l’ELF au Mexique à l’occasion du sommet de Cancun

Les médias n’en ont bien entendu pas parlé, mais une action de l’ELF a eu lieu parallèlement au sommet de Cancun au Mexique, dont nous parlions il y a trois jours. Voici le communiqué (on peut lire l’original ici).

Dans la nuit du 7 décembre, nous, le Front de Libération de la Terre, avons de nouveau attaqué l’ordre social esclavagiste et monotone.

Au moyen d’un engin explosif composé de deux bouteilles de gaz butane, une bouteille d’essence et un tuyau de métal galvanisé rempli de dynamite, nous avons répondu aux institutions détruisant la planète et les complices de la dévastation environnementale ; nous avons répondu à la manipulation de l’écosystème en criant encore une fois :

Nous sommes la rage incendiaire d’une planète mourante et nous continuons la guerre!

Une de ces institutions sont les banques qui, s’il est vrai que les entreprises multinationales ont de si larges accords avec elles, pensent qu’elles possèdent la Terre.

C’est pourquoi elles sont notre cible. Pour cette raison, nous avons placé notre bombe artisanale à l’intérieur de la zone des distributeurs automatiques de billets de la BBVA Bancomer, dans la municipalité de Tlalnepantla, dans l’Etat de Mexico, sur l’avenue Gustavo Baz.

L’action a été rapide, la silhouette d’un individu habillé en noir avec son visage rendu méconnaissable a de nouveau été enregistré par les caméras de sécurité de la banque, montrant que nous continuons, à l’extérieur, qu’ils ne nous ont pas arrêtéEs et qu’ils ne nous stopperont pas même s’ils mettent en place des inquisitions du type italien ou chilien.
Une nouvelle fois l’action a été censurée par la police et les médias locaux et nationaux ; notre engin a fonctionné ce qui a été prouvé par l’intense mobilisation des polices locale et d’Etat dans la municipalité, quelques minutes après l’attaque.

Serait-il possible que le salopard de gouverneur Peña Nieto essaie de faire croire que l’Etat de Mexico est un endroit où il ne se passe rien, alors qu’il est candidat pour l’élection présidentielle mexicaine de 2012?

Ou serait-il possible que les coups que nous avons porté aient été menés sous le nez de ses poupées subordonnées, et que la démoralisation d’une nouvelle attaque éco-anarchiste est humiliante pour les membres dirigeants de la police, et contredit leurs systèmes de haute sécurité qui ont coûté des millions de pesos à la municipalité de Tlalnepantla?

Il serait possible que ces affirmations soient vraies et que cela montre que les yeux sont maintenant encore plus tournés vers le Mexique après le COP16 [la conférence de l’ONU sur le changement climatique] et une altercation comme celle-ci discréditerait à la fois le gouvernement de l’Etat comme le gouvernement fédéral.

Cela ne fait rien qu’ils censurent nos actions, nous savons les communiquer et les rendre publiques, ce que la police ne connaît que trop bien les dommages que nous avons causés.

Pour la Liberté Absolue des éco-prisonniers Abraham López, Adrian Magdaleno and Braulio Duran !

Solidarité directe avec ceux et celles emprisonnéEs au Chili le 14 août et le 1er novembre en Grèce !

Pour la libération animale et de la Terre !

Actions incendiaires et insurectionnelles contre la civilisation !

Agitant contre le COP16 [la conférence de l’ONU sur le changement climatique] à Cancun, bien qu’ils nous censurent : Frente de Liberación de la Tierra!

Infiltration policière durant 16 mois en Autriche

Nous avions parlé du procès qui se déroule en Autriche contre les activistes pour la libération animale ; nous reparlerons bientôt de la suite de ce procès-fleuve.

Car ici nous voulons parler de l’information qui vient de ressortir, justement au sujet de la scène pour la libération animale, et plus particulièrement l’association VGT, l’association fer de lance du mouvement.

En effet, il a été découvert que la police a infiltré un agent pendant… 16 mois dans l’association. Il s’agit d’une femme, qui a réussi à totalement s’intégrer non seulement dans les activités de l’association, mais également dans la vie privée des gens.

Il faut bien savoir qu’une telle immersion, allant jusqu’à a la sexualité ou la vie de couple, n’est pas rare, bien entendu ! En Angleterre, on a récemment eu la découverte d’un agent qui a inflitré le mouvement écologiste / antifa… pendant neuf années, de 2000 à 2009!

Voici des photos de cette personne qui a infiltré VGT en Autriche ; la troisième photographie la montre même protestant contre la répression qui a eu lieu !

Cette femme avait comme nom… « Danielle Durand » (sic), et a affirmé retourner en France quelques mois après la répression. Elle avait pourtant un accent régional autrichien très prononcé… et on s’est aperçu que sa seconde adresse était celle d’un responsable de la police. Mais le déclic n’a eu lieu que lorsque les « éléments à charge » ont été (enfin) fournis durant le procès.

Une observation policière note en effet que l’une des activistes monte à 6h48 du matin dans sa voiture, puis que « l’agent infiltré prend la place du passager. » L’activiste en question a compris qu’il s’agissait de « Danielle Durand »…

Pour s’infiltrer, cette « Danielle » a initialement choisi un activiste, qu’elle a dragué de manière forcenée dès le premier soir.

« Puis-je te demander quelque chose » a-t-elle dit à cet activiste à la fin d’une conférence. La soirée a continué au restaurant, puis prétextant la vision d’une vidéo consacrée à la libération animale chez cet activiste, elle lui a mis littéralement le grappin dessus (à base de « main au paquet »).

A la suite de cela, elle a participé à absolument toutes les initiatives, en Autriche comme dans les autres pays (comme en Hollande). Elle apparaissait comme une activiste « modèle. »

A côté de cela, son comportement était bien ciblé : envoyer des photos d’elle quasiment nue à une activiste en demandant si elle « plairait aux hommes », montrer des sextoys à une autre activiste en demandant son avis, etc.

L’idée était d’apparaître sympathique, totalement ouvert d’esprit….Cela fut une réussite : l’association VGT est tombée dans le panneau, et la définissait en interne comme « motivée et en qui on peut avoir confiance. »

Naturellement, faire face à une telle opération est difficile : l’agent profite des écoutes téléphoniques, des compte-rendus policiers… et peut monter les gens les unEs contre les autres.

Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas avoir un oeil critique, si l’on veut pas connaître de mésaventure. Rappelons donc ici l’existence du document sur les règles de sécurité d’Earth First! Montréal.

En plus de cela, le critère de la vérité selon nous : le rapport à la Nature, le rapport aux animaux, la vision du monde. Une attitude sérieuse et non naïve, et systématique : en Angleterre, la règle de sécurité est même de fouiller les poubelles pour vérifier qu’elles sont bien remplies de produits vegans uniquement…

Des « écologistes radicaux » dans Desperate Housewives, alors que la police française s’éduque en Allemagne…

Le convoi transportant les déchets a fini par arriver à Gorleben, la police ayant déblayé les points de blocage. La résistance a été un grand succès! Mais on peut observer en plus une chose très intéressante.

Lors du sommet de l’OTAN à Strasbourg en 2009, des canons à eau venus d’Allemagne étaient présents. Cette fois, ce sont des policiers français qui aident à réprimer en Allemagne le mouvement anti-CASTOR…

Combien ? Comment ? Cela il faudrait le savoir… En tout cas les photos ci-dessous sont très parlantes. On voit bien des policiers français présents aux cotés de policiers allemands, et cela de non pas manière passive…

Les raisons peuvent être nombreuses, mais gageons surtout qu’il s’agit d’échanges d’expériences. Les polices tirent des leçons de la répression des différentes résistances.

Pour l’instant en France, la police triomphe largement des écologistes de par les mesures d’intimidation (comme en témoigne cette vidéo tournée il y a quelques jours en France) et bien évidemment la propagande massive anti-écologiste (les écologistes seraient rétrogrades, passéistes, arriérés, etc.).

Mais alors, pourquoi envoyer des policiers français en Allemagne ? Il y avait déjà entre 17.000 et 20.000 policiers allemands en action, les quelques policiers français ne parlant pas allemand ne serviraient à rien… a part bien sûr si l’écologie radicale n’était pas quelque chose du passé, mais bien du futur.

Et hier justement est passée à la télévision les derniers épisodes de la dernière saison de Desperate Housewives. Et parmi les personnages on avait… une écologiste radicale, qui a fui avec un « gentil » policier parce qu’elle a participé à un groupe écologiste radical…

Il s’agit bien entendu d’une allusion à l’ELF, le Front de Libération de la Terre. La femme en question n’est plus « radicale » mais se veut encore écologiste au quotidien, quitte à s’énerver parfois. La « voie de la raison » mais il y a du travail encore, en quelque sorte…

Cette ancienne écologiste radicale, et donc plus ou moins encore écologiste, a un enfant d’un activiste écolo radical qui bien évidemment la retrouve vingt ans après, veut récupérer l’enfant et la tuer !

Cet activiste radical est présenté comme un révolutionnaire froid, décidé… mais aussi calculateur, étant misanthrope et isolé, roulant en très grosse voiture, avec des attitudes beau gosse limite playboy, avec bien évidemment une fascination pour les armes, se présentant faussement comme écrivain (sous-entendu les artistes sont potentiellement des gauchistes terroristes), etc.

Évidemment sa folie a de par le passé provoqué la mort d’un innocent…. Et évidemment à la fin de l’épisode, il meurt dans une explosion censée tuer le fils de son ex-femme!

De l’Allemagne à Desperate housewives, activités policières et propagande médiatique ne montrent qu’une chose : la peur hante ceux qui sont satisfaits de ce monde… car demain appartient à ceux et celles qui veulent que la Terre redevienne bleue et verte !

Le mouvement anti-CASTOR en Allemagne et le ballast

Sur les voies de chemin de fer, on trouve des rails mais également du gravier, des pierres. On appelle cela le ballast, et cela sert à intercepter les vibrations, afin que ni les rails ni le sol ne se déforment.

La campagne contre le CASTOR en Allemagne vise à bloquer les rails mais également à dégager tout le ballast. Inévitablement, cela demande du temps, et il est évident que qui dit temps dit affrontement, car la police ne laissera pas faire.

C’est de cela que parlent les « groupes autonomes » dans le texte suivant et diffusé en Allemagne : il salue le courage du mouvement anti-nucléaire dans son ensemble à chercher le blocage véritable du CASTOR, mais tout le monde est-il prêt à payer le prix pour cela?

Pensées de quelques groupes autonomes à la campagne « Castor ? Ballastons! »

Joie

L’appel « Castor ? Ballastons! » promet bien plus que par exemple le blocage du G8 pendant sa réunion en 2007 à Heiligendamm. A l’époque, le concept de la campagne ne devait pas remettre en question le grillage de sécurité, et cela a également été imposé par les organisateurs de l’union contre le G8.

Lors du Castor de cette année, une action de masse doit rendre impraticable, pour le transport du Castor, la voie entre Luneburg et Dannenberg. Nous pensons également que c’est le but adéquat, parce que rester devant les rails et exprimer son mécontentement là-bas de manière bruyante est certainement important, mais également frustrant, et ayant peu d’effet.

L’action s’appuie sur un moyen qui a déjà fait ses preuves dans le Wendland, le ballastage. La forme d’action suit le principe éprouvé des cinq doigts : des milliers de gens tentent d’arriver aux rails, d’éjecter le plus possible de ballast et de rendre impraticable la voie, par différents moyens.

Tout le monde est invité à participer, autonome comme agricultrice, anarchiste comme activiste écologiste. Un projet osé, car jusqu’à présent dans le Wendland les différents courants menaient parallèlement leurs actions.

L’unité consistait simplement à s’accepter mutuellement et de ne pas se mettre de bâtons dans les roues, c’est-à-dire de laisser les différentes formes de résistance se dérouler, de manière multiple : ici on parle, là-bas on résiste, ici on forme des barricades, qui sont incendiées par d’autres, là-bas on jette des oeufs ou des pierres et tout cela, sans que les années passées à l’intérieur du mouvement du Wendland ou de protestation anti-nucléaire on en soit venu à de réelles brouilles.

Cette acceptation et ce respect mutuel n’a jamais été discuté en 30 années de résistance dans le Wendland (oui, oui, il y a des exceptions). Et cette année également il y a des actions variées : résister, la campagne de blocage, les agriculteurs, etc. Avec la campagne « Castor ? Ballastons! » il y a la tentative d’amener à lutter ensemble beaucoup de gens ayant des expériences pratiques différentes et des formes de résistance différentes. Les autonomes aux côtés des soit-disant non-violents – cela promet d’être captivant et nous espérons qu’il y aura solidarité et un respect mutuel.

Selon le consensus de l’action… « nous dépasserons ensemble les blocages policiers, en les contournant ou en y allant massivement (…). Notre but est de rendre impraticable les rails, et non pas d’attaquer la police. » Nous pouvons soutenir cela, parce que les rails cassés sont l’objectif de l’action. La question qui reste : que se passe-t-il quand les flics attaquent ?

Et « action de désobéissance civile » ou bien « action non-violente » : les flics nous attaqueront, et cela non pas de manière douillette, mais bien avec des matraques, des gazeuses au poivre, des canons à eau.

Parce que la situation dans le Wendland est différente de par exemple l’action de masse à Heiligendamm. Là-bas, les décisions politiques et les routes déviées pour les délégations ont amené une intervention policière plus mesurée, lors de l’action de masse pour bloquer le G8. Dans le Wendland, il n’y a pas de déviations, et la décision politique quant au transport de Castor a été faite par tous les partis politiques lors de leur présence au pouvoir, et ce jusqu’à aujourd’hui.

Le transport passera, à coups de matraques, et la question de la défense reste donc posée.

« Castor ? Ballastons! » donne comme mot d’ordre : une protection face aux forces de police intervenantes est clairement souhaitée « afin de rester suffisamment de temps sur les rails, pour pouvoir rendre impraticable la voie. »

Est également souhaité expressément l’utilisation de moyens, qui ne sont pas en tout cas « non violents », comme les habits de protection, des coussins, des matelas pneumatiques, des banderoles, etc. tant que l’idée de base n’est pas torpillée et ne menace évidemment pas les autres participantEs de l’action.

Nous trouvons cela juste, et donc à toutes les personnes impétueuses : pas de jets de pierre depuis le trentième rang, qui n’atteignent que nos propres gens ! L’utilisation de moyens de défense doit être réfléchie et tactique, que ce soit les coussins, les pierres ou les gazeuses.

C’est également une bonne nouvelle que l’union « Castor ? Ballastons! » s’est exprimée en faveur de la solidarité : toute personne poursuivie par la police trouvera protection dans les rangs de l’action principale, que ce soit quelqu’un participant à un sit-in de blocage, quelqu’un dégageant dix tonnes de ballast, ou bien soutient par le jet de pierres tactique un blocage ou bien le dégagement du ballast.

Il n’en a pas toujours été ainsi dans les actions communes, comme lors du sommet du climat à Copenhague. Le comportement solidaire est pourtant pour nous une précondition au fait de mener des actions communes.

Scepticisme

Jusqu’à présent, la résistance dans le Wendland a réussi à construire de nombreuses choses, sans le grand soutien de « personnalités » ou de figures politiques. Justement parce que la résistance est auto-organisée, les groupes autonomes en font partie depuis des décennies. Sans grande organisation centrale, les initiatives à la base les plus diverses ont organisé ensemble la protestation, dans le Wendland et à partir du mouvement anti-nucléaire, pendant des décennies, par l’organisation régulière de « conseil. »

Nous craignons ainsi que les prétendus managers du mouvement fassent vaciller cette structure démocratique à la base, et que la résistance dans le Wendland, après les protestations comme les sommets, est pour eux un nouveau terrain de jeu, où ils comptent imposer leurs règles.

Nous nous demandons également quel est le sens de la grande action « Castor ? Ballastons! » si elle s’appuie sur le fait d’être rejoint par le plus possible de représentants connus des partis politiques et de la vie publique.

L’expérience a montré plus d’une fois que ceux qui se pressent dans les mouvements de base (pour des raisons purement populistes) en parlent mal dès qu’ils sont arrivés au pouvoir, s’en distancent, empêchant et pacifiant toute nouvelle résistance.

La compréhension du fait que cela se passe comme cela a amené justement par la pression des initiatives anti-nucléaire que soient exclus du soutien à l’action les partis « Les Verts » et le « Parti Socialiste. » Pourquoi justement le parti « La Gauche » est permis et agirait différemment dans le futur, cela reste le secret du cercle de préparation de l’action.
La distanciation n’est cependant pas venue dans le passé que des personnalités, mais également des porte-paroles des grandes actions, justement quand les gens ne s’en tiennent plus aux consignes des organisateurs de l’action, prenant leur propre destin dans les mains. Par exemple quand ils jettent ensuite peut-être une pierre, ou un oeuf rempli de peinture sur un canon à eau, qui lui projette des milliers de litres de mélange de gaz et d’eau sur les participants autour. Par exemple quand ils empêchant une voiture de flic de continuer sa route, alors qu’elle amène un renfort de Robo-Cops suréquipés.

La colère et la décision de s’opposer à l’Etat atomique avec toutes ces facettes, et d’attaquer de manière offensive ceux qui permettent le transport par la violence, est quelque chose qui grandit avec chaque transport de Castor de plus.

Et maintenant ?

Ce qui reste, c’est la question de savoir si cela a tout de même un sens de participer à l’action, en tant que groupes autonomes. Beaucoup de groupes autonomes pensent que oui, parce que l’objectif est juste et que le consensus quant à l’action montre que cet objectif peut être atteint par différents moyens.

Le cadre de l’action prévoit d’aller de manière décidée et avec confiance en soi pour se protéger des flics, ce qui donne à toute l’action une chance réelle de réussir. Mais il est évident que cela va être violent au niveau des rails.

Cette action ne se déroulera pas de manière « non violente. » Les images à la télévision montreront des nez ensanglantés par des coups de matraque, des yeux rougis par les gazeuses policières, il y aura le radotage sur les « casseurs autonomes » et tel ou tel policier blessé sera interviewé.

Nous espérons qu’il y aura également les images de gens s’opposant aux flics de manière décidée, avec des matelas, des banderoles, des coups de pieds, des jets de pierre et des coups de poing, des images de gens éjectant des tonnes de ballast et qui montrent ses limites à l’Etat atomique.

Et également des images de gens qui par autodéfense font que les flics restent à distance, afin que vraiment il ne reste aucun ballast. Est-ce que la campagne « Castor ? Ballastons! » se distanciera par la suite de ces images, nous le verrons. Nous espérons que non – car nous voulons lutter ensemble et ce n’est qu’ensemble que nous ferons vaciller le pire.

Quelques groupes autonomes

La situation du procès en Autriche (troisième compte-rendu)

Onze jours de procès ont eu lieu depuis le compte-rendu de son ouverture (voir ici également sa présentation).

La juge a continué de maintenir la pression, de toutes les manières possibles. Il a été demandé à deux personnes accusées si elles pensaient vraiment que la police mentait et trafiquait les emails enregistrés par elle, afin de les charger.

Une personne a également été accusée d’avoir… participé à une manifestation anti-nazie. Accusation à laquelle s’est rajoutée celle d’avoir brisé les vitres d’un local d’extrême-droite.

La juge a également mentionné une manifestation dans un magasin de fourrure, où une personne aurait résisté à la police, mais comme par hasard la vidéo le « prouvant » a été perdue…

Pareillement, une personne est accusée d’avoir scié des abris de chasseurs alors qu’elle était surveillée 24 heures sur 24 par les services secrets, sauf bien entendu le jour où l’action aurait soi-disant eu lieu!

Et la juge ne laisse rien au hasard: elle mentionne toutes les relations qu’il y a pu avoir entre les activistes et les différents groupes, allant jusqu’à mentionner une enquête faite sur une ferme à fourrure en Finlande!

Il faut savoir que dans un même ordre d’idées, le procureur a expliqué que le titre d’un tract « Jäger töten » signifiait « tuer les chasseurs! » alors qu’en réalité il s’agissait bien entendu de: « Les chasseurs tuent »… (les deux phrases s’écrivant pareil en allemand).

Une des personnes accusées a également été attaqué par la juge pour faire des oeuvres d’art… contenant également des slogans, et même exposant ces oeuvres!

Dans ce grand élan anti-activiste, la juge ne pouvait que rappeler les fondements de l’ordre établi. Passant au discours anti-gauchiste, elle a demandé aux deux personnes accusées si elles pensaient qu’en Autriche la police était nécessaire…

Une des autres personnes accusées (à part les deux questionnées donc) a alors provoqué un scandale en lançant: « oui, pour tuer des enfants de 14 ans! » Ce qui est une allusion à un « fait divers » s’étant déroulé il y a quelques mois, où un policier « pris de peur » a tué dans le dos un jeune s’enfuyant alors qu’il cambriolait un supermarché.

Une telle phrase était en tout cas une attaque directe dans un pays où la police jouit d’une certaine manière d’un grand respect (un peu comme la Suisse) ou en tout cas fait grandement peur.

Une autre personne accusée a fait de même, en refusant de répondre à la première question que lui a posé la juge, tant que la croix présente dans la salle ne serait pas enlevée, vue que la religion et le christianisme participent à la domination sur les animaux!

Dans un pays de culture conservatrice et chrétienne comme l’Autriche, cela était aussi sans nul doute un scandale, tout comme la déclaration d’une des personnes accusées de refuser de répondre à quelque question que ce soit!

La juge n’a dans ce cadre pas cessé de réprimander le public dans la salle à l’audience, et d’expliquer qu’elle n’avait jamais rencontré de tels accusés!

Et sa ligne n’a pas bougé d’un iota: elle a demandé pourquoi les personnes accusées conseillaient d’utiliser des emails cryptés, puis elle a remis en avant l’accusation centrale: le fait que se rejoignent en définitive les actions du type campagnes téléphoniques, manifestations, rassemblements devant les logements et les magasins (voir par exemple la vidéo d’une campagne avec un moment Free Hugs, avec la même attitude et la même musique que dans l’original), action illégales…

Les initiatives des activistes sont agressives, et se rattachent inévitablement à la culture illégale. D’où la question (qui comme nous l’avons dit plane au-dessus du procès): que pensent les personnes accusées de l’ALF?

Car pour la juge, il s’agit de montrer que toutes les structures activistes en faveur de la libération animale ne forment qu’une seule même structure terroriste. Elle est allée jusqu’à mettre en avant que reconnaître les « crimes commis » permettrait un allégement des peines…

Un chien perdu dans les émeutes

Sur le livre d’or on nous a fait part de photos assez particulières. Voici le message:

Etrange : le chien émeutier http://www.lahaine.org/index.php?p=44086

Le site lahaine.org est très connu dans « l’Etat espagnol », terme employé par l’extrême-gauche de ce pays pour ne pas utiliser celui d’Espagne (en raison de la défaite de la République, des mouvements indépendantistes très nombreux, etc.).

Les photos en question sur ce site proviennent de Grèce, des différentes émeutes révolutionnaires qui ont eu lieu dans ce pays tout au long de ces derniers mois.

On y voit à chaque fois un chien, le même, lors de différentes manifestations et émeutes: le 12 décembre 2008, le 17 décembre 2008, le 18 décembre, le 22, puis en janvier, en mars, en mai, en décembre en 2009, puis en 2010: en février, en mars…

Les photos le montrent au milieu des émeutiers, ou encore alors que la police procède à l’envoi massif de gaz lacrymogène, etc.

De notre point de vue, c’est très choquant et reflète un point de vue vraiment libéral et totalement inadapté aux exigences éthiques qu’il faut avoir.

Car cela signifie qu’à chaque fois, le « maître » de ce chien a placé celui-ci dans une situation extrêmement dangereuse, mettant sa vie en danger, le mettant dans des situations dangereuses également sur le plan psychologique.

Il suffit en effet d’une charge de la police et le chien peut être perdu (et se retrouver à la fourrière, voire être volé etc.). Notons aussi que même s’il est retrouvé cela est traumatisant, sans parler du fait qu’il peut avoir peur, être pris de panique et se perdre. La police peut très bien tuer ce chien également, ou le blesser!

Bref, il s’agit là de quelque chose d’irresponsable! Qui n’est pas sans rappeler les gens qui transportent un rat avec eux dans la rue ou les transports en commun, par exemple.

Et c’est d’autant plus dommage en l’occurence, que les événements de Grèce sont une bonne chose, et non pas une mauvaise chose, comme le montre la photo où l’on voit « Go vegan » inscrit sur le mur. Les émeutes en Grèce ont exprimé un contenu allant dans le sens de la libération.

Seulement quand on veut une société nouvelle, on doit assumer les nouvelles valeurs. Ainsi, dans le cas d’une manifestation par exemple, si l’on héberge des animaux, il faut toujours penser: que se passera-t-il pour lui si je me fais arrêter?

Alors, amener un animal dans une manifestation est quelque chose d’irresponsable en général, et cela encore plus quand on participe à une émeute!

Prétendre lutter contre le règne de la marchandise, et amener un chien dans une telle situation, ce qui le transforme en simple marchandise accompagnant son « maître », n’y a-t-il pas là une contradiction évidente?

CITES ou police: pas de fausse naïveté face à l’exploitation animale

La Société Nationale de Défense des Animaux a lancé une campagne d’affichage au sujet du trafic d’animaux dans les rues parisiennes. Il y aura 150 affiches dans le métro parisien et six camions avec des panneaux qui circuleront en ville.

Sur les photos on voit des chiens et des chats en situation précaire, et un slogan: « Mais que fait la police? »

Une telle démarche est hautement critiquable. Car il est vrai qu’il est évidemment horrible de voir des très jeunes animaux, simplement mis en vente dans les rues, dans le froid, dans une situation précaire. On peut voir ici une courte vidéo et là un article avec des photos présentant le contexte, et ici une plus longue vidéo de France 3 (sur le site on voit des photos de la campagne du SNDA).

Seulement voilà et justement, il y a un contexte! D’abord il y a le fait que les gens qui les vendent viennent de Roumanie, et s’ils vivent dans des conditions plus que précaires au point de faire du trafic d’animaux, ce n’est pas pour rien!

Ce n’est pas excusable bien sûr en soi, mais mener une campagne coûteuse alors qu’à côté les abattoirs tournent à plein régime et que les animaleries vendent de manière industrielle… il y a quand même ici une fausse naïveté.

Une fausse naïveté qui ne sert pas les animaux, mais par contre les gens ne voulant pas de la libération animale, soucieux d’avoir une « bonne image » en se prétendant les « amis » des animaux.

Ainsi la tête de liste du Front National dans les Hauts de Seine peut-il écrire un article comme celui-là, profitant des grands espaces qui existent dans ce genre de campagne refusant d’affronter l’exploitation animale en général:

Cet ignoble trafic d’animaux en Ile-de-France

Après les faux handicapés, l’exploitation de nouveaux nés, les clandestins de l’Europe de l’est font aujourd’hui du trafic de chiens et de chiots un business en pleine expansion à Paris et maintenant dans notre département. Portées de chiots, chiens volés ou importés illégalement dans des conditions sanitaires ignobles, ces animaux sont mis en vente sur les trottoirs franciliens entre 300 et 900 € selon la race.

Le risque de voir d’ailleurs réapparaître des cas de rage dans notre région n’est bien sûr pas à prendre à la légère puisque ces animaux ne sont même pas vaccinés. De plus, ces vendeurs à la sauvette ne risquent pas grand chose, si ce n’est une simple contravention. Alors, pourquoi se gêner ?

Comme futur conseiller régional mais surtout comme cynophile, je suis bien décidé à mettre un coup d’arrêt à cette pratique en faisant front commun avec les différentes associations de défense des animaux et notamment la Fondation Brigitte Bardot, qui ont interpellé en vain la Dspap (Direction de la sécurité publique de l’agglomération parisienne) et le procureur de la république sur ce trafic abject.

Le Front National dénonce une nouvelle fois le laxisme des pouvoirs publics en matière d’immigration clandestine, de travail au noir ou de protection animale.

Quand on lit cela, on voit bien que l’attaque contre les « clandestins de l’Europe de l’est » est là pour se donner un masque « pro-animaux » alors qu’il n’y a évidemment aucune critique de l’exploitation animale en général… Ce n’est pas la vente d’animaux qui est critiquée, mais la vente « illégale. » C’est très différent!

Constatons alors ici cette simple vérité: il y a le préjugé qui existe comme quoi quand on aime les animaux, on aime pas les humains. Mais là on voit bien que ce sont ceux qui font semblant d’aimer les animaux n’aiment pas les humains.

La véritable compassion serait de chercher à comprendre: comment des gens peuvent en arriver à passer leurs journées dans la rue, dans le froid, pour vivre d’un trafic d’animaux?

Et non pas de lancer des appels populistes contre les « clandestins de l’Est » tout cela pour ne pas critiquer l’industrie et ses profits!

Car la vente dans les rues est la partie immergée (et donc visible) d’un océan de souffrances, par contre bien invisible car masqué par la société et ses valeurs dominantes. C’est en effet le profit qui détermine la condition animale. Le trafic dans les rues de Paris n’est qu’un reflet d’une situation globale.

On en voit la démonstration en ce moment avec la conférence de la CITES (convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction).

Celle-ci a rejeté, jeudi 18 mars à Doha, une proposition de Monaco visant à suspendre les exportations du thon rouge.

Victime de la mode des sushis, le thon rouge, qui est hautement « surpêché » (80% de population en moins dans l’Atlantique Ouest entre 1970 et 2007, et 74,3% en moins dans l’Atlantique Est entre 1955 et 2007), est au bord de l’extinction.

Ce qui ne compte pas pour l’exploitation animale: sur les 175 pays signataires de la Convention, seuls les Etats-Unis, le Kenya et la Norvège ont appuyé la demande de Monaco qui consistait en l’inscription de cette espèce de thon à l’Annexe I de la CITES afin d’en interdire le commerce international et de protéger ces poissons.

L’Union Européenne, quant à elle, s’est vue « déçue » du refus de la CITES alors qu’elle demandait en fait… que la mise en oeuvre soit repoussée jusqu’en mai 2011!

Tout est question de profit. Le Japon, qui était contre cette interdiction, importe par exemple 80% du thon rouge de l’Atlantique, et a donc prétexté vouloir faire des efforts et aider la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT)…

Car l’ICCAT avait décidé en novembre 2009 de réduire les quotas de pêche de 22 000 tonnes à pas moins de 13 500 tonnes pour l’année 2010 ! L’ICCAT regroupe les pays pêcheurs, l’on se doute bien alors du non respect des quotas et l’on comprend la volonté du Japon à vouloir s’allier avec l’ICCAT.

Il est facile de voir que la Mer et ses habitantEs sont exploitéEs à outrance, que le même sort attend les esturgeons bélugas qui sont tués afin de satisfaire les fans de caviar. Ce n’est pas moins de 18 espèces d’esturgeons qui sont menacés, selon les recherches de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN).

On peut même voir que le même sort va en fait concerner tous les êtres vivants. C’est une logique meurtrière, d’exploitation. Une telle logique ne s’arrête pas d’elle-même. Ce n’est pas la CITES ni la police qui va changer le monde!

Ni Greenpeace: dans un communiqué, cette association juge « tout simplement inacceptable » de « faire passer les intérêts à court terme de quelques Etats qui pratiquent un lobbying très actif, tels que le Japon, avant la préservation d’une espèce menacée ».

Mais c’est un point de vue non pas pour les animaux ou la planète: c’est un point de vue visant à pérenniser l’exploitation. La mentalité qu’on a ici, c’est: « si il n’y a plus de thons rouges, il n’y en aura plus à manger. Laissons les « stocks »  (selon leurs propres termes) se renouveler afin de remanger ultérieurement du thon rouge ».

Voilà donc la logique des associations « écologistes » qui sont au final prêtes à attendre des gestes d’industries exploitantes comme l’ICCAT. Il ne s’agit même plus de demander des réformes, mais simplement de vouloir des meurtres à une moindre échelle!