Forage pétrolier au large de la Guyane

« En France, on a pas de pétrole, mais on a des idées » : voilà ce que disait le spot publicitaire de 1978 de l’agence pour les économies d’énergie.

Sauf que les moyens technologiques et les vélléités commerciales changent la donne. Ainsi, du pétrole il y en a désormais en France. Ou plus exactement dans ses colonies, que l’on trouve un peu partout dans le monde, et pour être encore plus précis au fond de l’océan.

C’est le projet extraplac (en gros: on agrandit la plaque appartenant à la France), qui touche aussi la Martinique, la Réunion, la Nouvelle-Calédonie… et est géré par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER).

Le fait d’aller chercher les richesses au fond de la mer est annoncé ouvertement:

Objectifs de la France

La possibilité d’agrandir encore les zones maritimes sous sa juridiction intéresse la France à plusieurs titres:
– Elle lui permettra d’affirmer encore plus sa place de nation maritime majeure,
– les extensions du plateau continental concernent des grands fonds, naguère encore inaccessibles à l’exploitation opérationnelle.

Ce projet s’est vu accorder une importance très grande ces dernières années, et les objectifs sont clairs : trouver pétrole, hydrate de gaz, minerais, enzymes.. et les exploiter commercialement.

C’est pour cela que ces jours-ci commencent la mise en place d’un forage au large de la Guyane. Le forage s’y trouve au large, à 3000m mètres de profondeur.

Sur la route ? 933 espèces de poissons, 29 espèces de mammifères marins, 5 espèces de tortues… sans compter les invértébrés ! Et à côté, on a une mangrove gigantesque :

La mangrove en Guyane couvre la quasi totalité (80 % environ) des quelques 350 km de côte, soit une superficie de 70 000 ha. Elle grandit à la fois sur la côte et dans les estuaires des fleuves.
Sa présence est intimement liée au déplacement des bancs de vase, déplacements qui s’expliquent par les apports alluvionnaires du fleuve Amazone le long des côtes guyanaises sous l’influence notamment des courants marins et des alizés.

Tout cela, évidemment, ne compte pas face au profit. Et là, toutes les réglementations, comme par hasard, sautent, car là ne serait pas l’important.

Ainsi, en cas de marée noire, la société TULLOW OIL promet d’intervenir… dans les 36 heures ! C’est ce qu’on appelle avoir le sens de l’urgence…

Et Tullow Oil n’est pas BP : c’est une entreprise bien plus petite, qui vise à explorer et découvrir s’il y a du pétrole (par exemple au Ghana, en Ouganda). C’est le sens du forage en Guyane (ici TOTAL et SHELL sont participants à hauteur de 33 et 25% du projet). Les moyens en oeuvre en cas de catastrophe seraient bien moindres.

Ce qu’on connaît de ces moyens, ce sont surtout les dispersants (nous en avions parlé au moment de la catastrophe dans le golfe du Mexique). Eh bien ces dispersants prévus par TULLOW OIL sont même interdits en France !

Plus délirant encore : le procédé de forage prévu est lui-même interdit en France !

On a donc, de nouveau, tous les ingrédients pour une catastrophe à venir. Et cette fois, les écologistes et les vegans français ne pourront pas faire comme si de rien n’était, comme lors de la catastrophe du Deep Water Horizon.

Rappelons ici qu’il y a encore aujourd’hui par endroits, au fond de l’océan du golfe du Mexique, des zones avec quasiment 10 centimètres d’épaisseur de pétrole. Et que si BP prétend que tout sera revenu dans l’ordre d’ici 2012, cela ne sera évidemment pas le cas!

Une lionne assassinée à Lyon

Ce qui s’est passé à Lyon montre de manière dramatique tant l’hypocrisie des zoos que le mépris qui existe dans le rapport avec les êtres vivants.

Une lionne âgée de deux ans est en effet morte dans le zoo. Morte ? Non, assassinée, voilà le mot qu’il faut employer. La manière dont les événements sont relatés le montre de manière évidente.

Déjà, on peut se douter de tout cela quand on voit le directeur du parc zoologique, David Gomis, parler d’un:

« enchaînement de mauvaises circonstances. »

Quand on parle du bien-être animal, il est impossible dans un zoo comme le bien-être humain est impossible dans une prison, bizarrement les zoos invoquent une gestion des plus méticuleuses.

Qu’il se passe quelque chose de « travers » et là ce sont les « mauvaises circonstances » qui sont invoquées. Mais quelles « mauvaises circonstances » ? Cela n’existe pas !

Car c’est le zoo de Lyon qui a décidé de faire venir la lionne âgée de 2 ans depuis… un autre zoo, celui de La Boissière du Doré, en Loire-Atlantique.

Il s’agissait de la faire rejoindre l’unique lion du zoo de Lyon, afin qu’il y ait reproduction, pour la « réintroduction » du lion en Asie. Ce genre d’initiatives irréaliste et absurde de par sa dimension dénaturée est très important pour les zoos, car elle est leur actuelle idéologie « justificatrice. »

Et soi-disant, la lionne serait sortie trop rapidement de sa loge intérieure, et serait… tombée dans l’eau, et se serait noyée.

Le directeur du parc zoologique, David Gomis, aggrave son cas en expliquant de manière faussement béate:

« Elle avait déjà dû boire la tasse. Contrairement aux tigres, les lions ne sont pas des très bons nageurs. »

Les lions ne sont de très bons nageurs : voilà une phrase bien ridicule. Car par définition, un animal jeté à l’eau fait tout pour s’en sortir, et d’ailleurs les lions savent nager…

La vérité, c’est que la lionne est tombée dans ce qui doit être considéré comme une sorte de fossé rempli d’eau, du même type que ces douves entourant les châteaux du moyen-âge.

Le zoo, son administration et ses employés sont ainsi clairement responsables de la mort de la lionne. La preuve en est d’ailleurs que le zoo a promis d’installer un système de grillage en janvier.

Pourquoi ? Parce que le zoo avait mis en place un « guidage électrique » pour guider la lionne…

Un guidage électrique ! En clair : la lionne se prend du courant électrique si elle touche le fil, et est donc censée suivre le chemin balisé…

1. Déjà cela présuppose qu’elle le touche au moins une fois pour savoir qu’il ne faut plus le toucher.

2. Ensuite, cela présuppose, pour qu’elle tombe quand même dans l’eau, qu’elle l’a touché au moins une fois !

Et ce second point, aucun des très rares médias relatant la mort de la lionne n’en parle, bien évidemment…

Notons d’ailleurs au passage que même le site du zoo de Lyon ne relate pas l’incident…

Citons d’ailleurs ici le journal Le progrès qui, dans une sorte de délire absolument démonstratif et très parlant, explique que la mort de lionne… est une preuve que les zoos sont utiles !

Un accident qui souligne toute l’importance de la préservation des espèces animales et le rôle majeur joué les jardins zoologiques pour la pédagogie et la préservation de la faune à l’échelle planétaire.

En clair, il y a négligence criminelle du zoo, et donc cela soulignerait l’importance mondiale des zoos ?!

Voilà une bien folle logique, qui va avec le fait que l’article dit, sans même voir la contradiction:

Cette lionne d’Asie provenait du zoo de la Boissière du Doré.

Non, le zoo de la Boissière du Doré n’est pas en Asie. On nage ici en plein délire, la contradiction saute aux yeux. En voici d’ailleurs encore un autre exemple. Le zoo de Lyon dispose d’un « centre de récupération des tortues de Floride. »

Voici ce qu’on peut lire dans la longue page de présentation :

Elle vient d’Amérique du Nord, et est transportée par l’homme un peu partout sur la planète.

SON TERRITOIRE D’ORIGINE EST A 10 000Km D’ICI !

On peut dire la même chose de la lionne d’Asie, tout comme de beaucoup d’animaux des zoos, et dans tous les cas les zoos sont comme des prisons.

Et une société qui justifie les zoos (comme les prisons), c’est une société qui n’a rien à proposer à part la répression, l’oppression, l’exploitation, la mort !

Aucun compromis n’est à faire avec les zoos, lieu symbolique de domination, lieu de souffrance très concrète, lieu issu d’une logique criminelle!

Quand nos multiples rejets étouffent et tuent Gaïa

Que la mer et les océans soient considérés comme une poubelle géante n’est malheureusement pas une nouveauté. Outre les marées noires et les fréquents dégazages sauvages des pétroliers, la mer étouffe sous nos tonnes de déchets.

C’est ainsi qu’une immense plaque avec une très forte densité de déchets, vieille d’au moins 40 ans, composée de plastiques, de bouchons de bouteilles, de filets de pêche, de cartouches vides, de morceaux de cigarettes etc. grouille sur le Pacifique entre San Francisco et Hawai.

A ces déchets solides s’ajoutent les déchets toxiques d’origine industrielle (hydrocarbures, métaux lourds, substances chimiques, radionucléides..), agricole (nutriments, engrais, pesticides…) comme le précise cet article.

Cet amoncellement de déchets fait un peu plus 600.000 km2 pour plusieurs millions de tonnes, ayant ainsi une étendue plus grande que la France ! Il y a 200.000 débris par kilomètre carré!

Ces déchets d’origine humaine nuisent et tuent évidemment la faune marine blessant et faisant souffrir des centaines espèces différentes parmi lesquelles des oiseaux de mer (voici un triste exemple de ce qui était logé dans l’estomac d’un albatros retrouvé mort), tortues marines, phoques, otaries, baleines et poissons.

Ces débris représentent une menace majeure et constante pour la vie marine animale, entraînant des blessures ou des décès de grands mammifères à cause de l’enchevêtrement d’objets relativement gros ou de l’ingestion de petits débris en plastique. Les cas de tortures marines retrouvées mortes à cause de l’ingestion d’un sac plastique ne sont pas rares.

La mer n’étant pas statique, le même phénomène, mais de « moindre » ampleur pour le moment, se retrouve au Cap Corse où des milliers de sacs et de bouteilles en plastique provenant d’Italie souillent le large des côtes. Et d’après Gilles Zerlini, président de l’association écologiste Le Poulpe, on estime à “60.000 au kilomètre carré le nombre des objets flottants en Méditerranée.”

Mais ce scandale écologique n’est « que » la partie visible du problème, les déchets plus lourds coulent et croupissent au fond des océans, étouffant ainsi les fonds marins.

Nettoyer autant d’immondices paraît être une opération très difficile et de bien longue haleine… quand on y met de la mauvaise volonté.

Ainsi dans la société telle qu’elle existe actuellement, “personne” n’est responsable de cette pollution, personne ne veut payer pour débarrasser dame nature de ces horreurs, mais à côté de cela tout le monde se dit « écolo »!

Et notre président de la République affirme « qu’il y en a marre de l’environnement » afin de satisfaire les agriculteurs pollueurs…

La Terre a bien des soucis à se faire, à moins que nous soyons toujours plus nombreux et nombreuses à nous lancer dans la bataille!