Comment venir en aide aux pigeons en danger

Les pigeons bisets sont des êtres mal-aimés dont personne ne se soucie.

Le constater est très facile : il suffit de faire attention au comportement des gens dans la rue. Sur les trottoirs, les pigeons sont considérés comme inexistants, personne ne dévie sa trajectoire ne serait-ce que d’un pas si un pigeon est sur le passage. Dans la rue, les pigeons passent leur temps à faire apeurés des zigs-zags en courant ou bien à se résigner à partir en laissant leur nourriture pour ne pas se faire marcher dessus !

Quant aux corps aplatis et réduits en bouillie qui jonchent les routes…. Voir unE automobiliste qui ralentit ou s’arrête pour un pigeon sur la route est exceptionnel !

Les pigeons passent leur journée à chercher quelques miettes à manger. Cette occupation obsessionnelle et vitale associée à une absence totale de considération de la présence des pigeons font que des accidents arrivent très (et trop) souvent.

Si dans la rue un pigeon est prostré seul dans un coin, et qu’il ne bouge pas depuis un moment, il est fort possible qu’il soit blessé.

Sur la photo suivante par exemple, ce n’est pas flagrant: est-il blessé? Pour le savoir, il faut avancer tout doucement, s’il n’est pas blessé, il s’envolera, on l’aura dérangé, mais au moins n’aura-t-on pas pris le risque d’en abandonner un qui est blessé.

Sur les trois photos suivantes, les choses sont plus parlantes et l’animal est effectivement blessé.

Car un pigeon seul prostré ou allongé dans la rue, que se soit dans un coin, sur le trottoir, au bord de la route etc. correspond à un pigeon en danger qu’il faut secourir.

Avant toute chose, il convient d’observer de loin et attendre pendant quelques minutes afin de voir si l’oiseau peut se mettre hors danger ou non. Comme dit plus haut, il faut s’approcher doucement et dans le calme, en silence, afin de ne pas l’effrayer.

Notons bien un point important: un pigeon blessé, autant que possible, se mettra à l’écart. La nuit notamment, ne pouvant s’envoler pour s’abriter en hauteur, il se placera dans un endroit un peu caché.

Les pigeons étant diurnes, il faut penser à regarder dans certains endroits où un pigeon pourrait être en retrait. Il ne faut pas hésiter à faire un détour par ces endroits pour vérifier… Être vegan, c’est se discipliner pour aller vers nos amiEs éventuellement blesséEs!

Voici quelques images d’endroits où un pigeon blessé ou malade serait susceptible de se mettre, notamment la nuit.

Maintenant, parlons de la pratique pour s’occuper du pigeon. Un pigeon s’attrape les ailes collées au corps et jamais par la queue.

Quand on l’a dans nos mains, on le colle sur son corps, afin de mieux le caler et le stabiliser.

Et une fois l’oiseau attrapé il faut le mettre au calme, de préférence dans une pièce sombre. Il ne faut pas laisser la lumière en pensant que cela le rassurera: l’inverse est vrai.

Si un pigeon blessé ou malade est trouvé, il faut avant tout, et de suite, le mettre en sécurité en le prenant avec soi. Puis le mettre en sécurité dans un endroit calme.

Si le pigeon ne s’alimente pas du tout seul, il faudra lui donner à boire de l’eau à l’aide d’une seringue sans aiguille, en lui faisant couler doucement l’eau le long du bec. Attention à ne pas mettre d’eau dans les narines de l’oiseau.

Pour lui donner à manger il faut lui donner des graines pour tourterelles, ou à défaut des grains de blé (crus ou cuits). Le tout est de trouver une solution d’urgence afin que l’oiseau mange et prenne des forces.

Pour nourrir de force un pigeon, il faut s’asseoir, le tenir contre soin de la main gauche, les ailes collées au corps. Avec le pouce et l’index, il faut lui presser fermement, mais tout en douceur!, les commissures du bec, afin qu’il l’ouvre plus facilement et sans risquer de lui casser. Prendre une petite pincée de graines entre l’index et le pouce, et avec l’ongle de l’index droit lui ouvrir le bec afin de lui donner les graines.

Il faut surtout y aller en douceur et laisser à l’oiseau le temps d’avaler cette nourriture donnée de manière forcée. Lui donner l’équivalent de deux petites cuillères à soupe, le jabot ne doit surtout pas devenir dur.

Si l’animal s’alimente seul, lui mettre un ramequin d’eau et de graines dans sa cage, en attendant de l’amener dans un centre de soin. En région parisienne, seule la SPOV (Société Protectrice des Oiseaux des Villes, 92320 Châtillon, 01.42.53.27.22) prend en charge les pigeons bisets.

 

Les dangers extérieurs sont multiples pour les pigeons : voitures, empoisonnements, violences des urbains, chiens et chats, maladies (un pigeon aux plumes ébouriffées est probablement malade) etc…

Quand on prête un minimum d’attention aux pigeons, il est très courant de les voir avec des moignons ou bien boitant. Ce douloureux problème vient des fils qui traînent au sol. Il peut s’agir des fils des sacs poubelle, des fils de couture, des bouts de ficelle, des cheveux.

Ces fils finissent pas venir s’agglutiner autour des pattes des pigeons. Une fois le pied enroulé dans ce piège impossible à retirer par l’oiseau, la patte ou l’orteil se nécrose et finit par tomber après de longues semaines de douleur.

Il est possible d’aider les pigeons prisonniers de ces fils aux pattes. Il suffit d’avoir avec soi  une paire de ciseaux manucure et une petite réserve de graines pour tourterelles (ou du blé ou du riz) afin d’attraper le blessé. Les photos de cet article sont assez parlantes et laissent bien imaginer à quel point l’oiseau doit souffrir de cette mutilation. A nous d’agir pour leur rendre une vie plus décente.

Le petit sac de graines emporté dehors avec soi ne servira pas seulement à attraper un pigeon en détresse. Dans les villes, les pigeons sont tellement affamés que leur régime alimentaire s’est transformé en une alimentation anti-naturelle au possible. Oiseau granivore, il n’est pas rare de voir le pigeon biset manger des restes de conserves de viande par exemple… Cette aberration traduit malheureusement bien le fait que les pigeons ont faim et doivent s’adapter pour leur survie.

Ainsi, rappelons la présence d’âmes sympathiques qui, avec un petit sac de graines, jettent une poignée par-ci par-là, discrètement, tout en se promenant, en veillant à ne pas se faire alpaguer par la police (qui n’hésite pas à mettre des amendes). Précisons ici que le but  n’est pas ici pour ces gens de rendre les pigeons dépendants, mais bien de les aider dans une vie urbaine qui est un enfer bourré de dangers (par conséquent, cette distribution « sauvage » ne saurait avoir lieu tous les jours au même endroit à la même heure).

La vie en ville est tellement dangereuse qu’il est strictement impossible de ne pas trouver régulièrement de pigeons blessés.

Il faut faire du véganisme une nouvelle culture, une culture ouverte à tous les animaux, cela passe par l’apprentissage et la connaissance du mode de vie de nombreux animaux, par l’ouverture au monde animal (même urbain) qui nous entoure. C’est à tout le monde d’agir pour leur rendre une vie plus décente!

Il faut être attentif et attentive à eux lorsqu’on se promène dans la rue, et toujours penser à regarder dans les coins, dans le caniveau, dans les endroits reclus où un animal blessé pourrait être allé chercher un peu de calme!

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