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De bien insuffisantes tribunes contre les animaux dans les cirques

Plusieurs pétitions ou tribunes ont été mises en avant ces derniers jours pour protester contre les cirques avec animaux. Premier problème : pourquoi plusieurs pétitions et pas une seule. Autre problème, bien plus grave : elles s’appuient sur des vétérinaires.

C’est quelque chose de très grave. Cela asphyxie la parole populaire, comme si en 2018 il y avait besoin d’études approfondies pour savoir que les animaux souffrent dans les cirques. C’est une appropriation par des “techniciens” de ce qui relève de la démocratie.

Et parlons en de ces techniciens, de ces “professionnels”. Ils ne disent rien contre la vivisection. Ils ne mettent jamais les pieds dans les refuges. A peine certains font-ils des prix aux associations, somme toute.

Sans parler de leur volonté de contrôle totale sur les savoirs, alors qu’il existe une expérience gigantesque faite par des millions et des millions de personnes de la santé de nombreux animaux vivant proches des humains.

La profession de vétérinaire relève d’une des plus grandes faillites morales historiques. Vue du futur, les vétérinaires apparaîtront comme un caste profitant d’un monopole pour asseoir son existence sociale.

Voici les textes en question. Le premier est de l’association PeTA et signée par 107 vétérinaires.

À l’attention du ministre de la Transition écologique et solidaire Monsieur le ministre, Vous avez déclaré ne pas être favorable à la captivité des animaux sauvages, et vous n’êtes pas le seul.

Nous, vétérinaires exerçant en France, nous souhaitons vous apporter notre avis de professionnels sur la condition des animaux captifs dans les établissements itinérants.

Celui-ci est très clair : la détention, le transport et le dressage des animaux utilisés dans les cirques infligent à ces êtres sensibles des restrictions comportementales, sociales et physiques et donc de la souffrance.

La Fédération des vétérinaires d’Europe dont fait partie l’Ordre national des vétérinaires auquel nous appartenons avertit que : « Les besoins des mammifères sauvages ne peuvent être satisfaits dans un cirque itinérant, en particulier quant aux conditions de vie et à la possibilité d’exprimer des comportements normaux ».

La détresse des êtres sensibles n’est pas acceptable et devrait encore moins être montrée en spectacle. C’est pourquoi nous vous demandons de suivre l’exemple de tous les pays qui, en Europe et dans le monde entier, interdisent la détention des animaux sauvages dans les cirques.

Dans l’attente de votre action sur ce sujet important, nous vous prions d’agréer, Monsieur le ministre, l’expression de notre considération la plus distinguée.

Le second document est une tribune publiée dans Libération. Ces gens croient bien faire, mais ils déplacent le terrain de la sensibilité à l’interprétation “technique” ; ils nient le fait de se tourner vers les gens.

L’exploitation d’animaux sauvages par les cirques suscite un émoi grandissant dans l’opinion publique, et 22 pays européens ont déjà légiféré pour la limiter ou l’interdire.

Mais la France fait figure de retardataire. Selon les défenseurs de cette pratique, ces animaux ne possèdent pas les mêmes besoins que leurs semblables sauvages parce qu’ils sont issus de lignées nées en captivité depuis plusieurs générations.

Ce point de vue est-il recevable à la lumière des connaissances scientifiques actuelles ?

Les animaux sauvages des cirques sont qualifiés d’«apprivoisés» car il s’agit d’individus qui vivent au contact de l’homme et ont souvent été élevés par leurs dresseurs.

Le terme «domestiqué» ne s’applique pas aux individus mais aux espèces, et désigne le résultat d’un long travail de sélection artificielle, opéré sur des dizaines de générations successives. Une espèce est donc considérée domestiquée lorsqu’elle a subi des modifications génétiques qui façonnent son apparence, sa physiologie et ses comportements en vue de favoriser l’émergence de caractéristiques particulières, comme la docilité.

La reproduction des animaux de cirques est non-sélective. Elle s’effectue au gré des reproducteurs disponibles, et les lignées d’animaux de cirques comptent au plus quelques générations (et certaines espèces ne se reproduisent pas en captivité, comme les éléphants).

Les animaux sauvages des cirques ne sont donc pas domestiqués, et présentent de ce fait le patrimoine génétique et les besoins caractéristiques de leur espèce. L’incapacité à les satisfaire est source de souffrances.

Ainsi, une célèbre expérience sur des visons a montré qu’être privés de baignade était pour eux aussi stressant qu’être affamés. Les conditions de détention des animaux de cirques sont incompatibles avec la satisfaction de tels besoins vitaux à plusieurs titres, tout particulièrement dans le cas des grands mammifères, très prisés des cirques.

Certes, les animaux captifs ne connaissent ni la faim ni la prédation et peuvent bénéficier de soins vétérinaires. Cependant, de nombreuses espèces (les éléphants) supportent mal la captivité. Elles y vivent moins longtemps qu’à l’état sauvage, s’y reproduisent difficilement et développent de graves troubles comportementaux.

Les animaux de cirque vivent dans des cages ou des espaces très confinés, et passent seulement quelques heures par jour dans des enclos extérieurs dont la taille atteint rarement les très faibles standards réglementaires.

Ainsi, la réglementation française (qui n’est pas toujours respectée) impose un espace intérieur de 7 m2 pour un tigre, avec quatre heures par jour d’accès à une aire de détente de 60 m2. Pour rappel, un tigre adulte pèse de 150 kilos à 200 kilos, et parcourt quotidiennement dans la nature un territoire de 50 km2 – 200 km2.

Ce confinement provoque l’apparition d’anomalies comportementales comme des stéréotypies (répétitions ritualisées d’un ou plusieurs mouvements sans but apparent), qui occupent 25 % – 30 % du temps des éléphants ou des ours de cirques. Absentes dans la nature, ces stéréotypies traduisent un état de mal-être psychologique, et leur fréquence est particulièrement élevée chez les espèces qui possèdent de larges domaines vitaux à l’état naturel (les éléphants, les grands carnivores et de nombreux primates non-humains, témoignant de l’inadéquation du confinement dans de tels cas).

L’environnement social des animaux de cirques est souvent perturbé dès le plus jeune âge, lorsque les petits sont séparés de la mère pour être élevés par l’homme. Le sevrage précoce laisse des séquelles irréversibles, dont une sensibilité exacerbée au stress et aux troubles du comportement, notamment social.

Les animaux de cirques sont souvent hébergés seuls ou en groupes dont la taille et la composition ne reflètent pas leur organisation sociale naturelle : les tigres, naturellement solitaires, sont souvent contraints de vivre en groupe, ce qui entraîne conflits et blessures à répétition auxquels les animaux ne peuvent échapper.

Ce stress social chronique peut être à l’origine d’une détérioration de la santé et de syndromes dépressifs. A l’opposé, chez les mammifères sociaux (l’éléphant et de nombreux primates), l’isolement social, aussi fréquent dans les cirques, constitue un facteur de risque majeur pour la santé physique et psychique, tout comme chez l’homme. Ainsi, 90 % à 100 % de macaques vivant seuls en cage expriment des comportements anormaux.

Les animaux de cirques voyagent parfois quotidiennement, ce qui implique des mouvements forcés lors des charges et décharges, et un confinement extrême, parfois long, pendant les déplacements.

Les conditions de transport, parfois inadaptées, peuvent les exposer à la chaleur, au froid, à des bruits et à des secousses inconfortables, voire pire : cette année, une éléphante a été tuée et deux autres gravement blessées dans un accident de la route. Les animaux de cirques ne peuvent se soustraire au public, même en temps de repos, et sont exposés à des stimuli visuels, sonores, et olfactifs stressants lors des représentations.

Chez les tigres, la fréquence des stéréotypies augmente de 80 % juste avant et pendant la représentation, illustrant l’intensité du stress induit par cette contrainte quasi quotidienne.

Certains artistes ont même rythmé leur numéro sur le balancement pathologique des éléphants. De plus, les postures physiques imposées aux animaux durant les spectacles, inadaptées à leur morphologie, peuvent causer des blessures (problèmes articulaires chez les éléphants).

Bien que les méthodes de dressage soient rarement dévoilées, elles sont une source de souffrance majeure si elles impliquent des violences physiques, et des témoignages issus du monde du cirque, dont le récent ouvrage de Joseph Bouglione, confirment l’existence de telles pratiques.

Auteurs : Elise Huchard docteure vétérinaire et chargée de recherches en écologie comportementale, Alice Baniel chercheuse post-doctorale en écologie comportementale, Alecia Carter chargée de recherches en écologie comportementale, Aurélie Célerier maître de conférences en biologie du comportement, Franck Chaduc docteur vétérinaire, Marie Charpentierdirectrice de recherches en écologie comportementale, Philippe Deviennedocteur vétérinaire et philosophe, Bernard Godelle professeur d’université en biologie évolutive, Bruno Lassalle docteur vétérinaire, Emmanuelle Pouydebat directrice de recherches en biologie évolutive, Cédric Sueur maître de conférences en éthologie, Frédéric Veyrunes chargé de recherches en biologie évolutive, Christine Webb chercheuse post-doctorale en écologie comportementale

Le dernier document, publié également dans Libération, ne peut que rendre d’une grande tristesse. Il parle de la situation terrible de l’éléphante Maya, et au lieu de mobiliser, de dénoncer, d’attaquer, on a ici une prosternation devant l’Etat… alors qu’il est expliqué que l’Etat n’applique même pas ses propres décisions à ce sujet !

La question de savoir si la détention des animaux sauvages dans les cirques, l’itinérance, le dressage, les spectacles sont compatibles avec leur épanouissement est une question qui doit être soumise à la délibération publique et tranchée dans les mois qui viennent, afin que nous disposions d’un cadre législatif clair, comme c’est le cas dans d’autres pays.

L’objet de cette tribune n’est pas de répondre à cette question. Nous voulons simplement porter l’attention des citoyens et des pouvoirs publics sur un cas qui est emblématique de l’impasse dans laquelle nous sommes collectivement.

Maya, une éléphante d’Asie âgée de plus de 50 ans et que suit l’association One Voice, continue d’être transportée et exploitée par le cirque La Piste aux étoiles alors que plusieurs vétérinaires, y compris celui qui a été mandaté en février 2018 par Mme Patricia Willaert, la préfète du Lot-et-Garonne, attestent qu’en raison de son état de santé, elle ne peut plus être sur les routes.

L’arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d’utilisation des animaux non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants n’est pas non plus respecté.

Comme on le voit en lisant les articles 22 et 26 de l’arrêté, les conditions d’hébergement des animaux de cirque doivent satisfaire à des exigences minimales (évacuation des urines, litière adéquate, enclos assurant la sécurité du public hors des spectacles et pendant les spectacles). Les animaux malades ou trop âgés ne doivent plus participer aux spectacles (article 9).

Toute personne qui voit Maya, que ce soit dans son enclos minuscule ou dans le camion, comprend que la loi n’est pas respectée. En outre, l’autorité de la préfète est bafouée. Car elle avait demandé que le cirque laisse Maya dans ses quartiers d’hiver ou la transfère dans un sanctuaire, par exemple dans le sanctuaire Elephant Haven, en Haute-Vienne, où sa place a été réservée depuis octobre 2017.

Cette éléphante, qui souffre des pieds et a des stéréotypies attestant l’état de folie auquel ses conditions de vie et sa solitude l’ont conduite, est le symbole d’une double injustice : elle est, depuis plusieurs années, dans un état de détresse qui ne peut laisser personne indifférent et le droit est impuissant.

La souffrance de Maya est la preuve tragique que, lorsqu’il est question des animaux, les lois ne sont pas souvent appliquées.

De plus, quand des infractions sont dénoncées par une association, comme par One Voice qui, depuis septembre 2016, mène sur ce cas des enquêtes dont le sérieux est indiscutable, on assiste à une bataille juridique, et à des procès qui grèvent le budget des cirques et rendra leur situation encore plus difficile.

Pourtant, les faits sont têtus : le vétérinaire mandaté par la préfète parvient aux mêmes conclusions que les spécialistes internationaux auxquels One Voice, en septembre 2017, avaient confié une expertise : l’état de santé de Maya est alarmant, son alimentation et ses conditions de détention ne sont pas adaptées à ses besoins et elle souffre des pattes, sans parler d’un abcès non soigné.

Le tribunal de grande instance de Strasbourg a lui aussi reconnu le 13 février 2018 que le travail de One Voice, que le cirque La Piste aux Étoiles avait assignée en justice, était légitime : il a autorisé l’association à poursuivre son combat qui avait déjà rencontré en décembre 2017 le soutien de plus de 100 000 personnes ayant signé la pétition pour libérer Maya (#JusticePourMaya).

Les établissements de spectacles itinérants valent mieux que ce jeu de cache-cache qui conduit certains d’entre eux à se soustraire à la loi. Il y a déjà longtemps que tout le monde sait que, dans certains cirques, les animaux sont maltraités. Les associations de défense des animaux militent contre la captivité des animaux sauvages dans les cirques, mais elles ne sauraient se substituer au législateur.

Leur mission première est de dénoncer les situations de maltraitance et de les porter sur la place publique afin que le sort des animaux, qui intéresse de plus en plus de personnes, soit connu, que les éléphants, dont tout le monde reconnaît l’intelligence et la majesté et dont l’espèce est menacée, ne dépérissent pas dans l’indifférence et qu’en l’absence de décision politique claire et courageuse, les lois existantes soient au moins respectées.

La spécificité d’une association comme One Voice est de savoir dialoguer avec les acteurs pour chercher des solutions pouvant convenir à tout le monde. Il n’est pas dans l’intérêt du cirque La Piste aux étoiles de se ruiner en procès ni de perdre tout prestige aux yeux d’un public qui, même quand il continue à aller voir des spectacles avec animaux, ne tolère pas qu’ils soient maltraités.

Muriel Arnal, la présidente de One Voice, a apporté une aide financière conséquente à Elephant Haven, installé à Bussière-Galant, afin qu’il puisse accueillir Maya. Tout est prêt pour elle et, de toute façon, elle ne peut plus travailler. Faut-il attendre qu’elle décède ? Faut-il attendre un accident ? Doit-on donner raison à ceux qui disent que la voie de la réforme, du dialogue et du droit est vaine et que seul un scandale permettra de changer les choses ?

Il ne s’agit pas d’un rapport de force entre défenseurs de la cause animale et circassiens, mais d’une exigence de justice : nous voulons que la loi soit appliquée. Maya doit pouvoir jouir d’une retraite bien méritée. Ou alors c’est que nous ne sommes plus dans un Etat de droit.

Signataires :

Laurent Baheux, photographe animalier, Thierry Bedossa, vétérinaire praticien, ancien élève de l’école vétérinaire de Maison-Alfort, Allain Bougrain-Dubourg, journaliste, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Sophie Dol, vétérinaire praticien, ancien élève de l’école vétérinaire de Maison-Alfort, Loïc Dombreval, vétérinaire, député LREM, président du groupe d’étude «condition animale» à l’Assemblée nationale, Pascal Durand, eurodéputé écologiste Ile-de-France et hors de France, Yolaine de La Bigne, journaliste, fondatrice de l’Université d’été l’animal et l’homme, Frédéric Lenoir, philosophe, fondateur de Ensemble pour les animaux, Laurence Parisot, chef d’entreprise et présidente d’honneur du Medef, Corine Pelluchon, philosophe, professeur à l’Université-Marne-La-Vallée, Jacques Perrin, cinéaste, Franck Sorbier, grand couturier et Maître d’art.

Tout cela est totalement déconnecté du travail pour conquérir l’opinion publique, de la bataille démocratique, du principe comme quoi :

– le véganisme est incontournable ;

– le véganisme ne peut qu’être porté naturellement par le peuple , les gens normaux ;

– la situation historique et planétaire est catastrophique et il faut mobiliser, renverser la table, faire la révolution et non pas tergiverser ou laisser la parole aux “experts”.

L’Écocirque Joseph Bouglione

Puisque nous parlons de la lutte contre la présence des animaux dans le cirque, voici un court extrait des propos d’André-Joseph Bouglione. Ils sont tirés d’une interview (payante) du Figaro publiée il y a deux jours, à l’occasion de la publication par cet ancien dresseur d’un ouvrage intitulé  « Contre l’exploitation animale », aux éditions Tchou.

Il est aisé de voir une dimension visionnaire dans ce qui est dit. Mais, également, une part d’illusion : les propos sur les trafics devraient amener normalement directement une large enquête de la police et de la gendarmerie… Or, cela ne sera bien entendu pas le cas.

LE FIGARO. – Pourquoi avez-vous décidé de supprimer les animaux de vos spectacles ?

André-Jospeh BOUGLIONE. – Il s’agit d’une décision réfléchie prise en accord avec ma femme, Sandrine. J’appartiens à la sixième génération d’une famille de cirque, mes quatre enfants à la septième. Depuis l’âge de 20 ans, j’étais dompteur de fauves et faisais un numéro avec ma femme. J’en ai aujourd’hui 44.

Au départ, nous n’étions pas conscients du mal que l’on pouvait faire à ces animaux. Ils appartiennent à un écosystème fabuleux que nous n’avons pas le droit d’abîmer. Arrachés à leur milieu naturel, ces animaux n’assurent plus la fonction qu’ils doivent jouer, et on assiste à des déséquilibres entre les espèces et à la disparition de certaines d’entre elles.

Actuellement, des tigres, des lions et des éléphants sont en voie d’extinction à l’état sauvage. Comment peut-on justifier aux yeux de l’opinion publique de faire les guignols avec ces animaux sauvages, les exploiter commercialement sans se sentir coupables ?

La Terre est comme une merveilleuse bibliothèque dont on est en train de brûler les livres par notre insouciance. C’est pour cela qu’on a décidé d’arrêter notre numéro et de faire un cirque sans animaux. Nous avons placé nos fauves dans un refuge où ils finiront leur vie paisiblement.

Et dans les autres cirques, comment cela se passe-t-il ?

De nombreux cirques, notamment les plus petits, utilisent les spectacles avec animaux comme une façade. Ils réalisent plein de trafics autour d’eux en faisant des reproductions à l’état de captivité, non pas au bénéfice de leur activité principale, mais pour les louer lors d’événements privés.

D’autres cirques revendent des lionceaux, par exemple, 1 500 à 2 000 euros l’unité, à des gens qui n’ont pas de certificat de capacité de cirque comme des dealers de drogue.

Ces derniers veulent s’imposer dans leur milieu. Ces animaux meurent souvent avant l’âge adulte. Une situation qui perdure depuis près de cinquante ans, mais que la profession ne veut pas voir en face.

(…)

Que proposez-vous à la place comme spectacle ?

Nous finalisons un projet de cirque écologique. Il s’appellera l’Écocirque Joseph Bouglione, en souvenir de mon grand-père. Tout a été repensé pour consommer le moins d’énergie fossile possible. D’habitude, le transport se fait par camions avec un impact écologique désastreux, sans oublier les frais d’entretien des véhicules et la gêne provoquée sur les routes. Nous allons acheminer tout le matériel par conteneurs, soit par le train soit par voie fluviale.

Nous autoproduirons de l’électricité pour faire un beau spectacle grâce à l’achat d’une centrale électrique et des panneaux photovoltaïques. Pour des raisons de sécurité, nous aurons également un groupe électrogène qui ne rejettera aucun gaz à effet de serre.

De quoi se composera votre spectacle ?

Nous innoverons avec un écovillage autour du cirque où seront présents une centaine d’exposants. Ils proposeront des produits bio, vegan, mais aussi des massages. L’entrée sera libre et pour tout public.

Il faut retrouver le sens du mot « populaire ». Le cirque traditionnel est élitiste. À l’intérieur du chapiteau, il y aura des numéros d’acrobates, de trapèzes volants, de clowns, des musiciens en live. Les costumes seront fabriqués sans produit issu de matières animales. Un pourcentage significatif des recettes partira dans la protection animale. Nous travaillerons avec la réserve de Sariska, dans le Rajasthan, en Inde, où la population des tigres est en train d’augmenter.

Pour plus d’informations, voici le facebook de l’Écocirque Joseph Bouglione.

Le fantasme morbide et meurtrier de l’invasion de Paris par les rats

[Les photos de l’article montrent des rats à adopter ; il suffit de cliquer sur la photo pour avoir l’information à ce sujet.]

Comme on est loin de la belle combinaison Paris & rats du film Ratatouille ! La vidéo révélée par le Parisien il y a un peu plus de deux semaine a malheureusement eu un très grand écho sur internet.

Et elle est extrêmement problématique, car elle a un énorme problème de crédibilité. Impossible de ne pas considérer qu’il s’agit d’une mise en scène.

On voit en effet sur la vidéo que les rats essaient de sortir. Il se pose alors la question : comment sont-ils rentrés ? Et pourquoi seraient-ils tous rentrés d’un coup ? Et pourquoi la porte de la benne aurait été refermé derrière eux ?

Cela ne tient pas debout. Mais pas un journaliste se pose la question bien entendu. Parce que ce qui compte, c’est la peur, les préjugés, le rejet de la Nature.

Ce qui tient par contre debout, ce sont les propos sociaux-darwinistes exterminateurs de la personne sur la vidéo, tout fier d’annoncer que les rats ont été broyés vivants dans la benne. Nous sommes en 2018, mais la sensibilité au vivant ne s’impose toujours pas et la dynamique exterminatrice du nazisme est culturellement solidement ancrée…

On nous parlait d’une loi qui reconnaît que les animaux sont des êtres sensibles! La belle affaire!  On a ici la preuve que la mentalité génocidaire est toujours là, bien ancrée, que les associations avec leur droit, leur négation du rapport de force, du besoin de révolution, de libération animale intransigeante, vivent d’illusions et diffusent ces illusions.

Ce qui tient également debout, c’est l’énorme propagande développée depuis que Le Parisien a mis cette vidéo en ligne.

France info pose la question : « Les rats sont-ils en train de grignoter peu à peu Paris ? » « Le rat, “une machine de guerre” qui menace Paris ? » demande Euronews.
En Belgique, Le Soir affirme : « Sortis des égouts, les rats ont envahi Paris ».

Tout cela est pathétique et montre le degré de régression toujours plus grand qu’on connaît dans la société, dans les villes, dans la grande ville.

Les rats et les pigeons, de par leur visibilité, sont le lieu de projection de fantasmes aberrants de la part d’adultes ayant perdu toute faculté de compréhension rationnelle. Et qui réagissent d’une manière simple, méthodique : par la volonté de l’extermination.

Paris, une ville sale, où se côtoient toujours plus une population bourgeoise et branchée et un lumpenproletariat vivant sur le tas, s’imagine au-dessus de la réalité, au-delà de la Nature.

Tout est censé être lisse, sans accrocs, purement humain c’est-à-dire purement inhumain, car anti-naturel. Les mœurs sont censées être d’une grande clarté et il n’y a pas de place pour la « sauvagerie » naturelle.

Le vol de l’oiseau, le rat qui grignote un morceau de pain dans un parc, tout cela est traumatisant pour le parisien enfermé dans une bulle coupée de tout rapport avec les cinq sens, avec la sensibilité, avec le vivant.

Toute expression flagrante de la Nature est considérée comme une ennemie, à exterminer. Cela n’a rien voir avec une « phobie », c’est une idéologie : celle de l’anthropocentrisme. C’est le prolongement inévitable d’une insensibilité façonnée par un certain rapport à la Nature.

Rien que le mouvement du rat ou bien sa queue est un véritable traumatisme pour beaucoup de gens, tellement ils sont déconnectés de la vie, de la Nature, habitués à des formes géométriques « rassurantes ».

D’où la benne et le broyeur pour les rats, qui affirment la Nature, qui affirment la vie, l’impossibilité d’une vie humaine qui serait géométrique, « décidée », « choisie », « voulue ».

La folie exterminatrice sert ici de « preuve » non seulement à la supériorité, mais en plus à la force du « choix ». Par la destruction, je prouve que je « choisis ». Alors qu’en réalité, on est ici dans la décadence, dans la dégénérescence.

Dans l’incapacité à reconnaître la complexité de la vie. Les trous dans les jardins sont la preuve que la vie est plus complexe que Netflix, Emmanuel Macron, une robe de mariée, un pavillon, un voyage dans un pays exotique.

L’incapacité à faire face à la vie – c’est-à-dire à l’accepter, à la vivre – culmine dans une peur panique, exterminatrice. La mentalité nazie de l’extermination ressort directement de là : de la peur face à la vie.

Cette vidéo du Parisien révèle ce qu’il y a au fond de la société : non pas des rats, mais l’angoisse exterminatrice, l’incompréhension de la vie, le mépris pour la Nature et sa richesse.

La reproduction des dauphins en captivité de nouveau légale

Voici un exemple de plus de comment sans révolution, aucun changement n’est possible pour les animaux. Le 4 mai 2017, il y avait un nouvel arrêté sur les delphinariums. Quelques jours après, un ajout était effectué torpillant les delphinariums, en interdisant notamment la reproduction des animaux captifs.

Entre cela et les agrandissements exigés, les delphinariums ne pouvaient que fermer à moyen terme, amenant des complaintes tout à fait pathétique comme celle, misérable, des soigneurs de Marineland.

Marineland, le Safari africain de Port-Saint-Père et Grévin et compagnie ont évidemment tenté un coup de force juridique et on sait comment cela se passe alors : tout est une question de rapport de force.

Les organismes qui se baladent là-haut – comme le conseil d’Etat en l’occurrence – peuvent indifféremment prendre position dans un sens ou dans un autre, inventant des raisons juridiques selon les rapports de force.

Ne pas voir cela, c’est soit être naïf, soit tellement profiter du système qu’on y croit parce que c’est dans son propre intérêt.

Et donc, vu le rapport de force, le conseil d’Etat a cassé l’arrêté, redonnant le droit aux delphinariums de pratiquer la reproduction. C’est un exemple de plus de la faillite morale la plus complète, tant des institutions, même pas capable de bouger un tout petit peu, voire même de faire semblant, que des gens prétendant qu’un changement est possible sans révolution.

Voici le communiqué du conseil d’Etat suite à sa prise de décision, avec le justificatif “juridique” qui ne fait que refléter le rapport de force.

Pour ceux qui n’y croient toujours pas, il suffit de lire : la décision de casser l’arrêté est motivé notamment par le fait que sinon les delphinariums vont fermer !

Conseil d’État, 29 janvier 2018, Société Marineland, Société Safari Africain de Port-Saint-Père
Nos 412210, 412256>

Le Conseil d’Etat statuant au contentieux (Section du contentieux, 6ème et 5ème chambres réunies), sur le rapport de la 6ème chambre de la Section du contentieux
Séance du 12 janvier 2018 – Lecture du 29 janvier 2018

Vu la procédure suivante :

1° Sous le n° 412210, par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés respectivement le 6 juillet 2017 et le 18 décembre 2017 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Marineland demande au Conseil d’Etat :
1°) d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, du ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt et de la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité du 3 mai 2017 fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements présentant au public des spécimens vivants de cétacés ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 8 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

2° Sous le n° 412256, par une requête et deux mémoires en réplique enregistrés respectivement le 7 juillet 2017, le 4 et le 19 décembre 2017 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Safari Africain de Port St Père et la société Grévin et compagnie demandent au Conseil d’Etat :
1°) d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, du ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt et de la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité du 3 mai 2017 fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements présentant au public des spécimens vivants de cétacés ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros chacune au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :
– la Constitution ;
– la directive 1999/22/CE du 29 mars 1999 ;
– le code de l’environnement ;
– le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :
– le rapport de Mme Laurence Franceschini, conseiller d’Etat,
– les conclusions de M. Louis Dutheillet de Lamothe, rapporteur public.

La parole ayant été donnée, avant et après les conclusions, à la SCP Piwnica, Molinié, avocat de la société Marineland, à la SCP Boré, Salve de Bruneton, Mégret, avocat de l’association pour la protection des animaux sauvages et autres, à la  SCP Baraduc, Duhamel, Rameix, avocat de l’association « Réseau-Cétacés », à la SCP Waquet, Farge, Hazan, avocat de l’association « One Voice ».

Vu la note en délibéré, enregistrée le 12 janvier 2018 sous les numéros 412210 et 412256, présentée par le ministre de la transition écologique et solidaire ;

Vu la note en délibéré, enregistrée le 18 janvier 2018 sous les numéros 412210 et 412256, présentée par la SCP Waquet, Farge, Hazan ;

1. Considérant que les requêtes de la société Marineland, d’une part, des sociétés Safari Africain de Port St Père et Grévin et compagnie, d’autre part, tendent à l’annulation pour excès de pouvoir du même arrêté du 3 mai 2017 de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, du ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt et de la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements présentant au public des spécimens vivants de cétacés ; qu’il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision ;

2. Considérant qu’eu égard à la nature et à l’objet du présent litige, l’association « One Voice », l’association « Sea Sheperd », l’association pour la protection des animaux sauvages, l’association « C’est assez ! », la fondation droit animal, éthique et sciences, l’association « Réseau Cétacés », justifient d’un intérêt suffisant au maintien de l’arrêté attaqué ; que l’association « Alliance of Marine Mammal Parks » et l’association « European Association for Aquatic Mammals » justifient quant à elles d’un intérêt suffisant à l’annulation de l’arrêté attaqué ; qu’ainsi leurs interventions sont recevables ;

3. Considérant, en premier lieu, que conformément aux dispositions des articles R. 413-9 et L. 512-10 alors en vigueur du code de l’environnement, l’arrêté du 3 mai 2017 a été pris après les avis du conseil national de la protection de la nature et du conseil supérieur de la prévention des risques technologiques ; que l’organisme dont une disposition législative ou réglementaire prévoit la consultation avant l’intervention d’un texte doit être mis à même d’exprimer son avis sur l’ensemble des questions soulevées par ce texte ; que, par suite, dans le cas où, après avoir recueilli son avis, l’autorité compétente pour prendre le texte envisage d’apporter à son projet des modifications, elle ne doit procéder à une nouvelle consultation de cet organisme que si ces modifications posent des questions nouvelles ; qu’il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à cette consultation, outre le raccourcissement du délai pour réaliser les travaux de gros œuvre, passé de cinq à trois ans, ont été supprimées dans la version définitive de l’arrêté toutes les références à la possibilité de reproduction des cétacés de l’espèce Tursiops truncatus ; que cette modification a pour résultat d’interdire la reproduction des cétacés de cette espèce alors que dans la version de l’arrêté soumise à consultation cette interdiction ne s’appliquait qu’aux cétacés de l’espèce Orcinus orca ; qu’eu égard à la portée de cette disposition pour l’avenir des parcs aquatiques, elle constitue une question nouvelle sur laquelle le conseil national de la protection de la nature et le conseil supérieur de la prévention des risques technologiques n’ont pas été consultés ; que dès lors leurs avis sont intervenus à la suite d’une procédure irrégulière ; qu’il ressort des pièces du dossier que cette irrégularité a été susceptible d’exercer, en l’espèce, une influence sur le sens de la décision prise ; que ce motif, à lui seul, justifie l’annulation de l’arrêté contesté ;

4. Considérant, en deuxième lieu, qu’aux termes de l’article 7 de la Charte de l’environnement : « Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement » ; que si les dispositions des articles L. 120-1 et L. 123-19-1 du code de l’environnement, qui précisent les conditions et limites dans lesquelles le principe de participation du public défini à l’article 7 de la Charte de l’environnement est applicable aux actes réglementaires de l’Etat ayant une incidence directe et significative sur l’environnement, impliquent que ces projets d’acte fassent l’objet d’une publication préalable permettant au public de formuler des observations, elles n’imposent de procéder à une nouvelle publication pour recueillir des observations du public sur les modifications qui sont ultérieurement apportées au projet de décision, au cours de son élaboration, que lorsque celles-ci ont pour effet de dénaturer le projet sur lequel ont été initialement recueillies les observations du public ;

5. Considérant qu’il ressort des pièces du dossier que, conformément à ces dispositions, le projet d’arrêté en cause, fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements détenant et présentant au public des spécimens vivants de cétacés, notamment des spécimens de l’espèce Tursiops truncatus couramment appelés « grands dauphins », a été soumis à la consultation du public du 7 février au 1er mars 2017 ; que ce projet d’arrêté, d’une part, autorisait ces établissements à détenir des grands dauphins nés ou à naître et élevés en captivité au sein d’établissements dûment autorisés situés sur le territoire de l’Union européenne et, d’autre part, imposait à ces établissements des exigences renforcées en termes de respect du bien être de ces animaux notamment par la réalisation, dans un délai de 5 ans à compter de sa publication, d’importants travaux d’agrandissement et de modernisation des bassins ; que l’arrêté publié, tout en maintenant les exigences en termes notamment de travaux à réaliser, dans un délai réduit à 3 ans à compter de sa publication, n’autorise en revanche plus que la seule détention des grands dauphins déjà régulièrement détenus par les établissements dûment autorisés sur le territoire national à la date de l’arrêté et ne permet plus, ainsi qu’il a été dit, leur reproduction, conduisant par suite à l’extinction à terme de leur présence au sein de ces établissements ; que cette modification, porte sur une disposition essentielle eu égard à l’importance des grands dauphins dans la fréquentation de ces établissements et, par suite, dans leur contribution à leur équilibre économique ; que l’arrêté contesté, par l’importance et l’ampleur des changement apportés au projet soumis à la consultation du public, qui menacent même la pérennité de ces établissements, retient un parti radicalement différent ; que les modifications ainsi apportés dénaturent le projet soumis à consultation publique ; que, par suite, faute qu’une nouvelle consultation du public ait été réalisée, les requérantes sont fondées à soutenir que l’arrêté attaqué a été pris au terme d’une procédure irrégulière ; que cette irrégularité a privé, en l’espèce, le public d’une garantie ; que ce motif, à lui seul, justifie également l’annulation de l’arrêté contesté ;

6. Considérant qu’il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de leurs requêtes, que la société Marineland et les sociétés Safari Africain de Port St Père et Grévin et compagnie sont fondées à demander l’annulation de l’arrêté attaqué ;

7. Considérant qu’il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros qui sera versée à la société Marineland, de 1 750  euros qui sera versée à la société Safari Africain de Port St Père et de 1750 euros qui sera versée à la société Grévin et compagnie, au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;

D E C I D E :
Article 1er : Les interventions de l’association « One Voice », de l’association « Sea Sheperd », de l’association pour la protection des animaux sauvages, de l’association « C’est assez ! », de la fondation droit animal, éthique et sciences, de l’association « Réseau Cétacés », de l’association « Alliance of Marine Mammal Parks » et de l’association « European Association for Aquatic Mammals » sont admises.
Article 2 : L’arrêté du 3 mai 2017 fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements présentant au public des spécimens vivants de cétacés est annulé.
Article 3 : L’Etat versera à la société Marineland une somme de 3 500 euros, à la société Safari Africain de Port St Père et à la société Grevin et compagnie une somme de 1 750 euros chacune, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à la Société Marineland, à la société Safari Africain de Port St Père, à la société Grévin, à l’association « One Voice », à l’association « Sea Sheperd  », à l’association pour la protection des animaux sauvages, à l’association « C’est assez ! », à la fondation droit animal, éthique et sciences, à l’association « Réseau Cétacés », à l’association « Alliance of Marine Mammal Parks » et à l’association « European Association for Aquatic Mammals » et compagnie, et au ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire.
Copie en sera adressée au ministre de l’agriculture et de l’alimentation.

 

PETA et sa pochette “en façon poulain à imprimé léopard”

Le 11 octobre 2017, Gucci a expliqué arrêter l’utilisation de fourrures pour ses défilés. Victoire ! disaient de nombreuses associations comme PETA. Mais si l’on va sur le site de Gucci et qu’on tape fourrure, on trouve 147 réponses.

Dont par exemple des pantoufles, comme ici mises en avant par un joueur de football du club de Manchester United. On devine ici tout le degré d’inculture, de nullité intellectuelle, de libéralisme moral, bref de décadence… A l’indécence s’ajoute l’ignoble.

Et on en déduit aussi que l’annonce de Gucci ne concernait que les défilés… et que par conséquent, toutes les associations qui criaient victoire se moquent bien du monde. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

La marque The Kooples est ainsi à la mode dans les couches supérieures de la société, comme sorte de terrain d’entrée du haut de gamme. Un « pantalon en cuir d’agneau » coûte 700 euros, énorme pour nous, peu cher pour d’autres.

Rien d’étonnant donc à ce que cette marque ne fasse pas de fourrure, car celle-ci relève des marques justement un plus chères pour le coup. Et quoi de plus intéressant pour The Kooples de faire passer cela pour quelque chose de résolument engagé ?

C’est là évidemment qu’une association aussi insipide que PETA entre en jeu, avec un « collab » – le nec plus ultra des marques en ce moment – avec The Kooples, annoncé hier.

Conçue dans le style glamour et rock de la marque, la pochette est en imprimé léopard, fabriquée en similicuir façon poulain et dotée d’un lien en similicuir noir pour être à portée de main. Elle est certifiée du logo « PETA-Approved Vegan » de l’association – qui certifie que l’article ne contient aucune matière d’origine animale. Quoi de plus romantique que la compassion ?

Et ainsi :

« Nous sommes heureux de nous associer à The Kooples pour cette création sans matière animale », déclare Isabelle Goetz, porte-parole de PETA France. « Cette superbe pochette 100 % végane prouve que la compassion est en train de devenir LA tendance. »

Un produit… « similicuir façon poulain » pour prétendre combattre la fourrure ou le cuir, quelle absurdité. C’est comme lorsque l’ex-dirigeant de l’association Droit des animaux, ayant profité de son élan pour ouvrir uns magasin et faire 3,3 millions de chiffre d’affaires, expliquait récemment :

« Personnellement, j’aime le goût de la viande. Si elle poussait dans les arbres, j’en mangerais ! »

Le goût de la viande, l’aspect de la fourrure ou du cuir… quelle horreur. Quelle aberration.

Pour en revenir à la « collab » The Kooples X Peta, l’entreprise donne son avis sur son site, en présentant la pochette (qui coûte 45 euros, à titre indicatif).

L’AVIS DU CRÉATEUR

The Kooples affirme son engagement auprès de PETA en faveur de la cause animale et réconcilie mode et éthique. Cette pochette en cuir synthétique, dont les bénéfices seront entièrement reversés à l’association, est un accessoire au caractère unique. Réalisée en façon poulain à imprimé léopard pour ne rien perdre du style glamour et rock de notre Maison elle est dotée d’un lien en similicuir noir pour être à portée de main. Cette pochette alliant les signatures PETA et The Kooples dispose d’une étiquette « Vegan Approved », un label certifié, illustre la volonté de promouvoir des pratiques et produits plus respectueux pour une allure tendance ultra-féminine garantie sans culpabilité.

The Kooples, éthique ? The Kooples, en faveur de la cause animale ? Une pochette vegan « en façon poulain à imprimé léopard » ? On est ici dans l’ignominie la plus grande.

Surtout quand on voit le réel arrière-plan historique. Même si The Kooples a arrêté la fourrure à la grande joie de PETA, la production de fourrure est, bien évidemment, en croissance exponentielle. Si l’exploitation animale en général connaît une telle croissance, il n’y aucune raison que la fourrure ne connaisse pas la même chose.

Entre 2010 et 2015, le chiffre d’affaires du marché de la fourrure a été multipliée par trois, passant à plus de 40 milliards de dollars.

Cela va à l’encontre, bien entendu, des thèses de ceux et celles qui se cachent derrière des petits progrès particuliers pour prétendre que tout changerait, alors que tout empire. Ces gens sont, en pratique, les aides de l’exploitation animale, en masquant la gravité de la réalité.

Il est vrai aussi qu’il est important de suivre à la trace l’évolution de la production, qui change selon les périodes. Par exemple, en 1939 la Norvège était le principal producteur de fourrure, avec 20 000 fermes. Maintenant, elle va fermer ses dernières fermes d’ici 2025, car ses quelques pour cents du marché mondial ne tiennent plus la route face aux autres pays.

Ceux-ci, en Europe, sont la Finlande, le Danemark, les pays baltes, la Pologne. Avec une inévitable modernisation : si un renard argenté fait normalement 3,5 kilos, dans les fermes finlandaises il en fait 20. Une folie criminelle.

Et chaque année, il y a 10 % d’animaux en plus dans les fermes. La Chine, qui produit cette fourrure pour autour de 75 %, le fait dans des conditions atroces.

Il y a la France aussi, avec 13 fermes, où 100 000 visons sont tués chaque année. Il y a aussi les entreprises qui utilisent la fourrure. Si l’entreprise canadienne Canada Goose, connue pour ses doudounes, a un chiffre d’affaires d’à peu près 300 millions d’euros, l’entreprise française Moncler qui est dans le même créneau a dépassé le milliard d’euros de chiffre d’affaires.

Il est très chic de porter des éléments avec de la fourrure. De toutes façons, si chacun fait ce qu’il veut, alors personne ne peut juger. Récemment, le chanteur Keen’V, à l’occasion d’une vidéo en Laponie pour une de ses chansons de variété, se faisait critiquer pour son manteau de fourrure, et une des réponses disant que chacun fait ce qu’il veut (ou ce qu’il peut) en dit long.

On pourrait aimer les animaux et porter de la fourrure : tout est une question de choix !

Le chanteur a répondu de son côté :

J’espère que vu l’amour que je porte aux animaux tu sais que c’est une fausse :)

Mais dans la vidéo, on dirait une vraie et de toutes façons, avoir une fausse qui ressemble à une vraie, c’est promouvoir la vraie.

Cela montre l’irrationalisme de tout cela, la quête de l’ego qui prend comme prétexte une cause restreinte au lieu d’assumer réellement l’ensemble de la question. Entre infantilisme et ego, l’exploitation animale se renforce…

Le décalage entre l’humanité et l’époque qu’elle vit est immense. Il faut le combler!

L’utilisation de singes pour les tests diesel de Volkswagen

L’expérimentation animale a une fonction qui se veut scientifique, mais en pratique c’est surtout un moyen de se dédouaner de toute responsabilité, de regarder « en général » les risques, le tout avec des tests à l’infini, sans partage d’informations.

C’est un crime moralement inacceptable de toutes façons, même si cela servait à quelque chose : tel doit être le point de vue de quiconque est pour la libération animale.

Si ici nous parlons de l’escroquerie que cela représente, cela ne change rien au fait que même si cela n’en était pas une, ce serait inacceptable.

L’histoire est donc la suivante : un laboratoire américain d’Albuquerque, le Lovelace Respiratory Research Institute avec Jake McDonald comme responsable de l’expérience, a enfermé en 2014 des singes dans un endroit, afin de leur faire inhaler plusieurs heures le diesel d’une Volkswagen Beetle, ainsi que d’un pickup de Ford de 1999.

10 macaques crabiers ont été la victime de cette fraude scientifique.

En effet, c‘est la marque Volskwagen qui, évidemment, a payé cette expérience. Le but était de « montrer » dans les faits que la nouvelle Volkswagen ne polluait pratiquement pas, et pour ce faire la Beetle a été paramétrée également pour produire bien moins de diesel qu’en réalité sur une route en roulant.

Volkswagen a d’ailleurs généralisé cette démarche de trafiquer les programmes de gestion pour que lors des tests, les voitures polluent moins.

Cela a provoqué un « dieselgate » qui est un scandale énorme, les Etats-Unis ont fait un procès à Volkswagen et réclament une vingtaine de milliards de dollars. C’est dans le cadre de ce procès que l’information sur cette expérience sordide vient de ressortir.

L’institut ayant servi d’intermédiaire pour financer celle-ci, l’European Research Group on Environment and Health in the Transport Sector, s’est d’ailleurs évaporé juste après le fait que le “dieselgate ” ait été rendu public.

Cet institut menait tout un travail de fond. Il avait tenté en 2012 de s’opposer « scientifiquement » à l’Organisation Mondiale de la Santé qui entendait classer le diesel comme cancérigène. L’institut a également remis en cause le fait de chasser les diesels des villes, que le niveau de diesel dans la ville de Barcelone était trop haut, etc.

Daimler et BMW finançaient d’ailleurs également cet institut, dont on a compris le rôle : servir au lobbying pro-diesel.

Et les tests sont de même nature que ceux fabriqués par les producteurs de cigarettes, qui faisaient fumer des chiens pour “prouver” que la cigarette n’était pas nocive.

Ils sont de la propagande, sans aucun autre sens… à part, bien sûr, la souffrance et la mise au mort pour les singes utilisés.

L’expérimentation animale en France ne baisse pas, bien au contraire

Voici une tribune au sujet de la vivisection publiée dans Libération et, s’il ne s’agissait pas de crimes terrifiants devant nous révolter de la manière la plus complète, on rirait de tant de naïveté et d’hypocrisie.

Oser appeler à une transition vers la fin de l’expérimentation animale, tout en constatant qu’en réalité, il n’y a aucune base pour une telle transition, comment appeler cela? De la fausse candeur, du mensonge?

Il n’y a qu’une voie vers la libération animale et elle ne passe par la croyance en les institutions, en la diffusion d’illusions à ce sujet.

TRIBUNE
Expérimentation animale : comment accompagner la nécessaire transition ?
Par Muriel Obriet, membre de la Commission condition animale d’Europe Ecologie-les Verts, collaboratrice de l’Association Pro Anima EthicScience

Malgré la législation européenne, les tests sur animaux continuent de progresser en France, selon les derniers chiffres publiés par le ministère de la Recherche. Un enjeu sociétal et politique.

Si l’on en croit les déclarations des chercheurs qui pratiquent et soutiennent l’expérimentation animale, nous pouvons dormir sur nos deux oreilles.

Ils l’affirment avec conviction : «Il y a une réglementation très stricte qui part de l’Union européenne ainsi qu’une charte éthique, on ne peut pas faire n’importe quoi…»

Il y a bien effectivement une directive européenne «relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques» promulguée en 2010 (1) qui pose un certain nombre d’obligations aux Etats membres, propres à réduire le nombre d’animaux utilisés dans les procédures et les souffrances qui leur sont infligées, et qui formule même, au point 10 du préambule, l’objectif final : «Le remplacement total des procédures appliquées à des animaux vivants à des fins scientifiques et éducatives, dès que ce sera possible sur un plan scientifique.»

Nous serions donc légitimement en droit de nous dire que nous sommes actuellement dans une phase de transition qui prépare l’avènement à moyen terme d’une science du vivant capable de s’abstraire totalement du «modèle animal». Qui dit transition dit processus, étapes…

Mais les chiffres sont têtus et contredisent les discours qui se veulent rassurants. Les données statistiques, pour l’année 2015, viennent d’être publiées sur le site du ministère de la Recherche et de l’Innovation.

Elles nous apprennent que le nombre d’animaux utilisés en France a augmenté de 7,5 % entre 2014 et 2015 – soit un total de 1 901 752 animaux – dont une hausse de 187 % pour les primates non humains. Et encore ne sont pas comptabilisés les animaux élevés et tués pour le prélèvement de leurs organes et de leurs tissus (méthodes ex-vivo) dont le nombre augmente de manière considérable.

On s’étonne que pour 19 % des animaux – des souris aux primates en passant par les chiens, les chevaux ou les reptiles – la provenance géographique ne soit pas renseignée. Ils ne proviennent donc pas d’élevages agréés, condition pourtant clairement posée dans l’article 20 de la directive européenne. Le ministère de la Recherche et de l’Innovation évoque même le recours à des «fournisseurs occasionnels» sans préciser les espèces concernées. La provenance est particulièrement peu renseignée pour les reptiles (+ de 92 %) et les primates (42 %).

Si le public est généralement convaincu que l’expérimentation animale a pour objet l’étude des maladies, la recherche des traitements et l’évaluation de l’efficacité de «candidats médicaments» (molécules susceptibles d’avoir des effets thérapeutiques) – c’est-à-dire la recherche appliquée ou translationnelle – il doit savoir que celle-ci ne représentait, en 2015, que 23 % des animaux utilisés.

Alors qu’aucune finalité de recherche ne peut être invoquée, et que de nombreuses méthodes alternatives sont disponibles, 28 271 animaux ont été utilisés à des «fins éducatives» dans les universités et centres de formation, soit une hausse de 9 % entre 2014 et 2015.

Les chiffres nous disent aussi que les animaux ont été soumis à davantage de procédures de «classe modérée», + 40,6 % par rapport à 2014 (2) et «sévère», + 19,3 % (3) alors que, parallèlement, le nombre d’animaux utilisés dans des procédures dites «légères» diminuait de 16 %.

La part des animaux génétiquement modifiés (AGM), animaux «altérés» qui vont développer des formes humaines de maladies qu’ils ne développent pas naturellement, croît régulièrement.

Ils représentent 21,7 % du total des animaux utilisés en 2015, dont 4,7 % avec un phénotype dommageable (caractère qui altère gravement l’état général de l’animal). Ils ne représentaient que 19 % du nombre total en 2014.

Ces éléments doivent nous alerter. Nous sommes en train de faire marche arrière, l’objectif final – malgré des avancées majeures réalisées dans le domaine des méthodes alternatives ces vingt dernières années et une réglementation qui se voulait incitative – semble être un horizon repoussé toujours plus loin. Le constat est désolant mais réaliste : en France, rien n’est fait pour accompagner la transition vers une recherche sans animaux.

Les chiffres témoignent de cette absence de volonté politique.

L’enjeu est sociétal. Il est temps que nos gouvernants et nos élus prennent activement leur part car rien ne pourra se faire sans la mise en œuvre de mesures d’envergure.

Il conviendrait, tout d’abord, de se donner les moyens d’appliquer rigoureusement la législation européenne, notamment, en ce qui concerne l’évaluation des projets impliquant des animaux et le contrôle des éleveurs, fournisseurs et utilisateurs de ces animaux.

Mais le pouvoir politique doit aussi être capable de se montrer entreprenant : lancer des appels à projets portant sur le développement des approches alternatives et financer les plus innovants, accompagner la mise en place de formations universitaires diplômantes consacrées à ces approches dans les filières des sciences du vivant, créer une banque nationale de données (centre ressources), travailler au niveau européen à la révision du processus de validation des méthodes alternatives (pour que de nouvelles méthodes soient reconnues et utilisées dans des délais beaucoup plus courts).

Une délégation interministérielle pourrait assurer la mise en œuvre et la coordination de l’ensemble des mesures et en évaluer les effets.

Devront également être impliqués dans une réflexion commune tous les acteurs de la société civile ayant la volonté de contribuer à la réalisation de l’objectif «du remplacement total des procédures appliquées à des animaux vivants» : scientifiques mais aussi juristes, économistes, intellectuels, communicants, ONG.

(1) Transposée en droit français dans le décret 2013-118 du 1er février 2013.
(2) Essais de cancérogénicité dont le point limite n’est pas la mort (transplantation d’organes avec gestion du rejet et autres actes chirurgicaux sous anesthésie, irradiation ou chimiothérapie avec une dose non mortelle).
(3) Essais de toxicité aiguë provoquant la mort (essais exigés dans le cadre réglementaire), essai d’activité de vaccin avec maladie progressivement mortelle, création de modèles de tumeurs osseuses invasives ou avec propagation métastasiques, interventions chirurgicales susceptibles de provoquer une douleur ou une angoisse postopératoire intense.

Affaire du tigre assassiné en plein Paris : l’erreur de se concentrer sur la “dangerosité”

L’affaire du tigre tué en plein Paris après s’être enfui de sa cage aurait pu amener une grande prise de conscience. Or, c’est un ratage total. Pour une raison par ailleurs très simple : au lieu de raisonner en termes de stratégie et de libération animale, les gens qui ont pris la parole en défense des animaux se sont fourvoyés totalement dans un pragmatisme irrationnel.

Leur raisonnement a été très simple et se résume en quelque sorte à cela : « l’affaire est un scandale, en poussant on va forcément parvenir à interdire les cirques avec animaux sauvages. Et pour y arriver, on va forcer à fond sur la question de la sécurité des êtres humains par rapport aux animaux qui sont dangereux ».

Le choix tactique consistant à considérer qu’on peut aboutir à une interdiction très rapide des cirques avec animaux sauvages est discutable. Elle est illusoire à notre sens, de par l’ampleur des cirques dans le poids culturel en France, leur impact sur les idées et les mœurs. Mais c’est là une divergence d’opinions.

Par contre, la dénonciation des animaux est inacceptable, et on peut voir que c’est le produit direct de ce pragmatisme outrancier.

Il ne s’agit pas de dire ici que les arguments employés par les gens cherchant à interdire les cirques avec animaux, avec animaux sauvages, sont tous faux. Il s’agit de constater que le cœur de la critique s’appuie sur une dénonciation des animaux comme dangereux, incontrôlables, étrangers à l’humanité, etc.

Au lieu d’affirmer l’universalisme de la sensation, de la souffrance, du besoin de vivre naturel, l’argument-massue employée systématiquement est le suivant : les animaux sauvages sont dangereux, donc il faut les remettre en liberté, car de toutes façons ils souffrent.

L’idée est de frapper l’opinion publique sur la dangerosité, pour la persuader.

Or, il ne faut pas persuader, mais convaincre. Il faut une humanité tournée vers les animaux de manière positive, non pas une humanité se détournant des animaux.

Pourquoi ? Parce que le spécisme n’existe pas, parce que la société humaine n’existe pas en-dehors de la planète, que les humains sont eux-mêmes des animaux et relèvent de de la Nature en général.

Il est facile de voir que, philosophiquement parlant, cela change tout que de dire :

– ou bien : « les animaux sont étranges, potentiellement dangereux, de toutes façons laissons les vivre, notre conscience s’en portera mieux » ;

– ou bien : « tout être vivant cherche à persévérer dans son être, la compassion est universelle, nous ne sommes qu’une composante de la planète, cette terre-mère ».

A la suite de l’affaire du tigre tué dans Paris, les intellectuels et les associations institutionnelles ont eu un discours visant à renforcer « l’étrangeté » des animaux. Ils séparent radicalement l’humanité de la Nature, en pensant bien faire pour ces animaux… Alors qu’en réalité, ils reproduisent directement l’idéologie dominante.

C’est un exemple très pertinent de comment l’incompréhension de la question naturelle empêche des gens, qu’on peut espérer sincères, à défendre les animaux. En refusant la Nature, ces gens reproduisent nécessairement les conceptions dominantes de ce qu’est un animal : un être entièrement extérieur à l’humanité.

Or, rien n’est extérieur à rien ni personne ; notre planète est celle des humains, des cafards, des canards et des poissons-lunes. Renforcer la séparation radicale sur le plan intellectuel, moral, c’est empêcher l’humanité de sortir de son anthropocentrisme.

Les exemples le montrent bien et malheureusement, l’opinion publique va être profondément marqué par cela. Elle va retenir surtout que les animaux sauvages sont dangereux, qu’il faut rester à l’écart des animaux, qu’on serait sorti de la Nature…

Voici des exemples de cela : L’Observateur a publié un tribune d’Astrid Guillaume, présentée comme :

« sémioticienne, maître de conférences (hdr), Université Paris-Sorbonne – Sorbonne Universités. Elle est membre du comité scientifique de la Fondation droit animal, éthique et sciences (LFDA) »

Elle dit :

« Un tigre n’est pas un chaton. Les tigres, les lions, les éléphants, les primates, sont des animaux sauvages potentiellement dangereux qui ne peuvent être « domptés » qu’à coups de fouets, de piques de dressage, d’ankus, de martinets ou de bâtons. Plus leur frustration grandit, plus ils risquent d’être dangereux. »

La Fondation Brigitte Bardot dit dans son petit communiqué :

« C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de victimes humaines cette fois »

L’association One Voice dit pareillement :

« Les cirques savent qu’ils risquent des sanctions s’ils signalent les accidents, on peut donc se poser la question de la fiabilité de leurs déclarations. Ils détiennent des animaux qui représentent des risques réels pour le public. Ces mêmes animaux qui, dans les zoos, font l’objet d’une réglementation très stricte en matière de sécurité.

One Voice dénonce depuis des années les problèmes de sécurité dans les cirques notamment depuis que l’éléphante Samba a tué un homme dans sa fuite en septembre 2013 à Lizy-sur-Ourq. Les éléphants actuellement dans les ménageries des cirques ne sont retenus que par des fils électriques utilisés pour les vaches. »

Dans un message sur Facebook, One Voice reprend cet argument, comme d’ailleurs dans les interviews donnés :

« Que Mevy la jeune tigresse, animal sauvage (dangereux), s’échappe, puis soit tuée au fusil à pompe dans les rues de Paris (dangereux) ne suffise pas au ministère pour prendre conscience du danger (!!) que les cirques avec animaux sauvages représentent, nous laisse sans voix. »

Il y a une tribune pour Libération, écrite par Philippe Reigné, qui se présente comme :

“Professeur de droit au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et co-fondateur de Paris Animaux Zoopolis.”

Il dit :

« Le corps ensanglanté du grand félin a ensuite été recouvert d’un drap blanc. Une enquête judiciairepour mise en danger de la vie d’autrui est en cours.

Ce tragique événement s’ajoute à une liste déjà longue ; l’association Code animal recense ainsi, en France, plus de 40 accidents impliquant des animaux de cirque en dix ans. Il conviendrait de compléter ce catalogue par les blessés et les morts que charrient la corrida et la chasse.
Qu’il suffise de rappeler quelques drames récents, tels la mort, le 17 juin, d’Ivan Fandiño, encorné par le taureau Provechito, lors d’une corrida à Aire-sur-l’Adour dans les Landes, ou le décès, le 6 novembre, d’un rabatteur, perforé par les bois du cerf qui l’a chargé, lors d’une partie de chasse près de Compiègne, dans la forêt de l’automne.

L’animal doit être considéré comme «un individu et être sentant» (1), affirmait déjà, en 1887, la poétesse Marie Huot, militante féministe et animaliste, qui, toujours, sut mettre sa vie en accord avec ses convictions dans un monde dominé par les hommes (2).

Combien de fois faudra-t-il rappeler que chaque animal a son tempérament, son caractère, ses qualités et ses défauts ? Il est plus ou moins habile, plus ou moins intelligent, de bonne ou méchante humeur.

C’est parce qu’il avait une aptitude particulière à se retourner très rapidement que le taureau Provechito parvint à blesser mortellement Ivan Fandiño, le percutant pour, ensuite, le projeter en l’air. (…)

Le contrôle est une illusion, spécialement lorsqu’il s’applique à la nature et aux animaux.

C’est ce que nous rappellent le célèbre film Jurassic Park de Steven Spielberg, sorti dans les salles en 1993, et le roman éponyme de Michael Crichton, publié trois ans plus tôt.

Malgré les précautions prises, les dinosaures créés par bio-ingénierie, sur l’initiative du milliardaire John Hammond, échappent à toute maîtrise humaine et plongent dans le chaos le parc qui était censé faire d’eux des objets de divertissement.

Le film et le roman prophétisent la chute de l’Humanité technologique, dominatrice et arrogante, la nôtre, que doit remplacer une société plus juste et plus respectueuse, que symbolise la petite-fille de John Hammond, Alexis Murphy, végétarienne, comme Marie Huot.”

Passer de la tigresse assassinée à Jurassic Park, quelle terrible insulte pour la tigresse! C’est faire des animaux des monstres, imprévisibles, d’une dangerosité perpétuelle. C’est la caricature d’une Nature où tout est crime, domination, lutte de chacun contre chacun. C’est honteux.

Tous ces discours sur la « dangerosité » des animaux sauvages sont, au moins déplacés, si ce n’est totalement faux, car relevant d’une vision abstraite, formelle, caricaturale de la Nature.

Ces discours sont prisonniers de l’anthropocentrisme.  Ces discours desservent les animaux, en ne les valorisant pas comme ils devraient être.

Un tigre assassiné en plein Paris

Un tigre qui se retrouve à déambuler dans Paris, pour finalement être abattu : voilà ce qui n’est pas un fait divers, mais l’expression de tout un parcours ayant marqué le rapport entre l’humanité et les animaux depuis des siècles.

Car la question dépasse largement celle des cirques, bien que ce soit important, mais pas du tout autant que le pensent ceux qui se focalisent dessus comme ailleurs sur le foie gras ou la corrida.

Tout est effectivement lié, non pas par le « spécisme » qui attribue une méchanceté voulue ou choisie, mais par le rapport général à la Nature. En effet, ce qui compte c’est de se demander pourquoi un tigre peut se retrouver en Europe, en France, à Paris.

Comment, au 21e siècle, un lion peut-il être exhibé dans un divertissement des plus primitifs, dans une des principales villes du monde, avec ce que cela représente en termes de culture?

Cette question est tellement explosive dans son contenu que les faits sont passés, si ce n’est sous silence, tout à fait inaperçus. C’est la réduction à un fait divers de quelque chose extrêmement grave, comme le révèle très bien l’attitude de la préfecture de police, sur un mode « circulez il n’y a rien à voir » tout en utilisant même un émoticône « tigre ».

Les faits se sont déroulés dans le 15e arrondissement de Paris, juste devant les locaux de France TV, au niveau des grands boulevards dits des maréchaux cerclant la capitale. Le tigre s’est enfui, sans que l’on sache encore pourquoi (si on ne le saura jamais) du cirque Bormann, se déplaçant vers une allée, le square Carlo Sarrabezolles.

Deux dompteurs, munis d’une perche et d’un morceau de viande, sont allés tenter de le récupérer, pour finalement procéder eux-mêmes à son assassinat. Cet assassinat a été commis… au fusil à pompe ! Au moyen de deux balles d’abord, puis d’une troisième pour l’achever.

Le fait qu’un fusil à pompe soit employé signifie bien des choses. Cela signifie en effet que les dompteurs ne disposaient pas de fusils spéciaux avec des fléchettes pour endormir l’animal.

On est ici dans une sorte de gestion « à l’ancienne », comme en témoigne d’ailleurs l’image de la cage où le lion se retrouvait avec deux autres de ses semblables. Il n’y a ici nul « spécisme », mais une véritable arriération culturelle, une aberration sur le plan de la civilisation : on a affaire une activité primitive, pratiquement artisanale.

On est pourtant au 21e siècle et cela s’est déroulé à Paris, ce qui montre que le fond de l’histoire, c’est l’incompréhension fondamentale de la Nature. Le lion est coupé de sa réalité naturelle, il est exhibé pour des gens qui vont encore au cirque, qui y emmènent encore les enfants.

Le niveau de conscience est donc bien plus que faible : il est totalement aliéné. C’est là la vraie problématique qui existe à l’arrière-plan. Non seulement le niveau est faible dans la compréhension de la réalité animale, mais en plus il est façonné par l’exploitation animale.

Les réactions à la mort du lion le révèlent : les gens sont écœurés, scandalisés, tout cela témoigne que quelque chose ne va pas, qu’il y a un vrai problème de fond. Mais cela ne va pas plus loin, parce que les gens n’imaginent pas qu’autre chose est possible.

Il ne s’agit pas seulement de leur proposer d’être vegan individuellement. Il s’agit de montrer qu’une autre civilisation est possible, que la Terre doit redevenir bleue et verte. La critique de l’anthropocentrisme ne peut exister qu’associée à la proposition concrète d’un autre monde.

Il en va de la défense de la Nature et de la protection de notre mère la Terre : sans cette perspective, l’effondrement des valeurs ne peut que continuer, en raison de la dispersion, de l’absence de connection à l’ensemble.

Le trafic d’ivoire en Afrique centrale

Deux importantes ONG – l’Union internationale pour la conservation de la nature et le WWF – produisent ensemble un projet intitulé Traffic ; un numéro spécial vient de sortir au sujet des éléphants d’Afrique et du trafic d’ivoire.

L’enquête, concernant la Centrafrique, le Cameroun, le Gabon, le Congo et la République démocratique du Congo, s’appuyant sur onze villes entre 2007 et 2009, entre 2014 et 2015, n’est disponible qu’en anglais.

Il est toujours étonnant de voir des associations aux moyens financiers très importants être incapable de fournir de tels documents dans différentes langues. C’est plus que regrettable.

Afin de voir de quoi il en retourne dans cette enquête, abordons tout de suite un aspect essentiel pour comprendre cela. L’ivoire est une matière extrêmement prestigieuse dans le cadre de l’idéologie dominante.

Le colonialisme en a fait un commerce de très haute valeur, tout comme en Chine les objets faits en ivoire se voient reconnus une importante reconnaissance.

Il existe un roman intéressant à ce sujet, Au coeur des ténébres, de Joseph Conrad, paru en 1889. Le scénario de ce roman a fourni la base au film Apocalypse now.

Ce roman, mélange de dénonciation du colonialisme et d’une sorte de racisme distant, raconte comment dans le cadre de la quête de l’ivoire, un agent commercial devient fou, s’alliant à des tribus pour devenir chasseur de tête, utilisant donc des méthodes criminelles, mais, du point de vue de la compagnie qui l’emploie, assez efficace…

Voici quelques extraits, pour donner le ton :

« Tout le reste dans ce poste était confusion – les têtes, les choses, les bâtiments. Des théories de Noirs poussiéreux aux pieds épatés arrivaient et repartaient ; un flot de produits manufacturés, de cotonnades camelote, de perles, de fil de cuivre partait pour les profondeurs des ténèbres, et en retour il arrivait un précieux filet d’ivoire. (…)

Sur d’autres questions il précisa que M. Kurtz avait à présent la charge d’un comptoir, très important, en plein pays de l’ivoire, “au fin fond. Il envoie autant d’ivoire que tous les autres réunis…” (…)

Le mot “ivoire” résonnait dans l’air, se murmurait, se soupirait. On aurait dit qu’ils lui adressaient des prières. Une souillure de rapacité imbécile soufflait à travers le tout, comme un relent de quelque cadavre. Tonnerre ! Je n’ai jamais rien vu d’aussi irréel de ma vie. (…) Le seul sentiment réel était un désir d’être nommé à un comptoir où on trouvait de l’ivoire, de façon à se faire des pourcentages. Ils intriguaient et calomniaient et se haïssaient l’un l’autre pour ce seul motif. »

Maintenant qu’on a bien compris l’ambiance folle de l’époque, allons 150 ans plus tard, jusqu’à aujourd’hui. Car la situation est le fruit du prolongement d’il y a 150 ans.

On considère que la population d’éléphants en Afrique était de 20 millions environ avant la colonisation, d’1,3 million en 1980, de 600 000 en 1989, étant d’un peu plus de 350 000 désormais.

Mais que signifient réellement ces statistiques ? Venons-en justement à l’enquête de Traffic. Il s’agit de professionnels qui ont enquêté, des gens qui s’y connaissent, ont accès aux informations, mènent des enquêtes, etc.

Et pourtant que voit-on ? Que le nombre d’éléphants relève d’un flou artistique incroyable.

Il est expliqué dans l’enquête que, dans les parties du Gabon où une enquête a été menée ces dix dernières années, il y a 7058 éléphants… Mais possiblement 2303 en plus ou en moins !

Et il est aussitôt expliqué que 80 % du pays échappe à l’enquête, et qu’il est « spéculé » qu’il y aurait entre 59 057 et 67 094 éléphants de plus…

Cette « spéculation » en dit long sur la situation là-bas. En fait, il n’existe aucun encadrement réel, aucune surveillance fiable, aucun compte-rendu complet. On se doute bien que ce n’est pas avec cela que les éléphants pourraient être correctement protégés.

Et c’est pareil pour la République du Congo, où il y a 6 057 éléphants selon l’estimation de ces dix dernières années – possiblement 1222 en plus ou en moins ! -, mais possiblement entre 20 924 et 26 942 de plus dans les zones non connues.

Et c’est pareil pour la République Démocratique du Congo, avec 1794 éléphants – peut-être 52 en plus ou en moins -, et entre 7803 et 9337 de plus dans les zones non connues.

Et c’est pareil pour le Cameroun, avec 6830 éléphants (peut-être 943 en plus ou en moins), possibleme,t entre 1985 et 2134 éléphants dans les zones inconnues.

C’est pareil aussi pour la Centrafrique où il y aurait 702 éléphants – possiblement 245 en plus ou en moins ! – et entre 699 et 826 dans les zones non surveillées.

Rien qu’avec cela, on est déjà fixé sur une chose : c’est le chaos qui règne et l’humanité n’est pas capable de prendre en compte la vie sauvage… Nous ne parlons même de protection, nous parlons ici de prise en compte.

Maintenant regardons un autre aspect très intéressant : le bilan de l’enquête quant aux localisations des trafics d’ivoire. Voici le cartes fournis par l’enquête.

Et à voir ces cartes, la chose est très simple : ou l’humanité décide de s’unifier et d’envoyer des forces spéciales écraser les trafics et protéger les éléphants. Ce qui coûte des millions et des millions.

Ou bien elle décide de ne pas le faire, restant divisée et investissant dans les guerres… Avec comme perspective l’anéantissement des éléphants. Cet effondrement numérique va continuer, étant donné qu’autour de 20 000 d’entre eux sont tués par les braconniers chaque année.


Voici ce que constate l’enquête dans son tout petit résumé en français, constatant l’organisation de ces plaques tournantes :

« Les sources d’ivoire sont aujourd’hui confinées à certaines zones bien connues telles que le parc national de Salonga en RDC, une grande zone englobant le sud-est du Cameroun, le sud-ouest et le nord-est de la RCA, le nord du Gabon et le nord du Congo.

Un peu d’ivoire entre au Congo de l’Angola, et de la RDC depuis la Zambie via Lubumbashi, puis quitte la sous-région sortant le plus souvent du Cameroun au Nigéria, de la RDC au Rwanda, en Ouganda, au Burundi ou en Tanzanie, et de la RCA au Tchad ou au Soudan.

Les déplacements régionaux de l’ivoire n’ont pas beaucoup changé au cours des dernières décennies, les trafiquants utilisant les mêmes routes, chemins et rivières traditionnels avec deux scénarios fondamentaux.

Un scénario implique le Cameroun et le Gabon avec des mouvements constants d’ivoire illégal/braconné à travers la frontière du nord du Gabon vers le sud du Cameroun, puis vers l’ouest par la route vers les ports côtiers au Cameroun et au Nigéria.

L’autre scénario concerne la RDC et le Congo qui utilisent le fleuve Congo comme moyen de transport facile et important d’ivoire brut braconné dans le nord et l’est du Congo et de la RDC, avec un mouvement constant d’ivoire travaillé et brut entre les deux capitales de Brazzaville et Kinshasa, seulement séparées par le fleuve.

En plus de ces deux principaux scénarios, la RCA, qui en plus d’être un pays source, sert souvent de pays de transit pour l’ivoire illégal originaire de la région de Bangassou ou de la RDC voisine.

L’ivoire est alors exporté vers l’ouest, principalement par la route vers le Cameroun (Yaoundé puis à Douala) puis au Nigéria, et aussi en bateau sur la rivière Oubangui pour approvisionner Brazzaville.

En plus de l’aspect de transit, les populations d’éléphants de la RCA ont été sévèrement réduites, en particulier dans les régions du nord-est et de l’est, par des braconniers lourdement armés et organisés, principalement des rebelles soudanais, tchadiens et centrafricains de la Séléka.

Dans la partie orientale de la RDC, avec l’influence des rebelles, l’ivoire brut illégal/braconné dans la région traverse, dans la plupart des cas, les frontières vers le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda ou la Tanzanie pour ensuite être exporté vers les destinations asiatiques. »

On l’aura compris, les mafias frappent là où se trouvent les éléphants et les parcs nationaux sont des cibles évidentes.

Ces dernières années, le parc national du Gabon Minkebe a perdu entre 16 000 et 20 000 éléphants, soit entre 60 et 80 % de sa population. La parc national de Nouabalé-Ndoki – « une réserve forestière naturelle et intacte » dit son site officiel, a perdu 3 000 éléphants, soit la moitié de sa population.

Les trafiquants ciblent d’autant plus les zones denses savent qu’ils perdront environ le 1/5e de l’ivoire lors des contrôles ; entre 2007 et 2015, 53 700 kilos d’ivoire ont été confisqués par les autorités en Afrique centrale, représentant plus de 5700 éléphants assassinés.

Pourtant, paradoxalement, les marchés publics d’Afrique centrale voient l’ivoire disparaître. C’est là d’ailleurs le thème quasi-essentiel de l’enquête.

A quoi cela ressemble-t-il ? En fait, les enquêteurs sont allés voir si de l’ivoire était vendue sur les marchés. Ils sont constaté en 2007 qu’on pouvait y trouver 971 kilos d’ivoire, avec 4722 marchandises fait avec cela, contre 401 kilo en 2014/2015, avec 4255 marchandises.

Concrètement, à part surtout à Kinshasa en République Démocratique du Congo où l’on peut trouver de l’ivoire sur les marchés, il est devenu très difficile d’en trouver de manière publique.

Voici un graphique à ce sujet.

Faut-il y voir une bonne nouvelle ? Malheureusement, pas en tant que tel. Auparavant, l’ivoire était travaillée de manière artisanale en Afrique, puis exporté. L’exportation des défenses allait de paire avec une artisanat local travaillant l’ivoire.

Mais comme la Chine est le principal acheteur – avec le Vietnam et la Malaisie – la pression a été complète sur les vendeurs et l’artisanat local s’est effacé devant des réseaux exportant l’ivoire en Chine en petite quantité.

Ce qui était artisanal auparavant est désormais organisé de manière méthodique, professionnelle ; les importateurs chinois ont modernisé les réseaux et ils s’occupent de la transformation, afin de ne plus être dépendant des fournisseurs.

Après, la Chine, plaque tournante du trafic, a annoncé que la vente et la transformation d’objets en ivoire seraient entièrement interdites d’ici la fin de cette année. Les prix de l’ivoire baissent déjà considérablement.

Y a-t-il un retournement de situation et les éléphants sont-ils sauvés ?

Malheureusement, il faut bien comprendre qu’il y a un problème fondamental. Ce qui est interdit, c’est toujours l’ivoire passé une date précise. Mais comme on ne peut pas savoir réellement, à moins d’une analyse au carbone, de quand date cet ivoire, tous les mensonges sont possibles : il suffit d’antidater.

Le plus grand exportateur mondial d’ivoire est, de très loin, la Grande-Bretagne, qui interdit l’ivoire d’après 1976. Il faut dire que du temps de l’empire britannique – ce que raconte justement le roman Au cœur des ténèbres – 30 000 tonnes d’ivoire ont été importés.

Or, cela signifie que l’ivoire continue de circuler, sous une forme travaillée. N’importe quelle mafia peut donc jouer là-dessus, falsifier des papiers.

Le problème va se poser en Chine de manière aiguë, car il y a 3000 ans de tradition de sculpture de l’ivoire et 80 % des ménages ont de l’ivoire sculptée.

Il y a un espace énorme pour les mafias et l’enquête elle-même est obligée de reconnaître que si en Centrafrique l’ivoire est interdite, même les officiels responsables de la vie sauvage s’en moquent. Elle constate aussi :

« L’implication dans le commerce de l’ivoire de fonctionnaires de haut rang, de militaires et de juges des pays d’Afrique centrale a été rapporté dans tous les pays étudiés. »

On lit aussi la chose suivante concernant les gens arrêtés :

« Nombre d’arrestations ont eu lieu au Congo, avec un profil de suspects étant plutôt varié, incluant de riches businessmen locaux, des diplomates, des officiers de l’armée, des étrangers du Cameroun, de Chine, d’Égypte et du Sénégal. »

Un tel réseau mafieux, aux ramifications internationales, peut-il s’effondrer du jour au lendemain sans être écrasé, juste parce qu’un marché légal est interdit ?

Du point de vue du WWF et de l’UICN – qui ont comme but affiché que le « commerce d’animaux sauvages et de plantes sauvages ne soit pas une menace à la conservation de la nature » – on peut penser que oui.

Mais du notre, certainement pas.

Pour sauver les éléphants, il y a deux choses inévitables à faire :

– interdire la valorisation de l’ivoire sur le plan culturel, interdire de le montrer en public, interdire toute vente et tout achat, sous quelque forme que ce soit ;

– militariser la protection des parcs naturels avec des moyens très importants.

Ce n’est évidemment pas possible aujourd’hui, car les échanges de marchandises priment et le monde est divisé en nations. Aussi faut-il changer cela pour sauver les éléphants : l’humanité doit cesser son arriération et s’insérer pacifiquement dans Gaïa.

Un chien noyé dans une cage de 30 cm de long

Ce qui compte dans une société, ce n’est pas ce qu’on voit à la surface, ce qui ressort de l’image que la société a d’elle-même. Ce qui compte, c’est la base de la vie quotidienne, dans ses valeurs pratiques, avec les conceptions du bien et du mal, de la vérité et du mensonge.

La découverte à Cambron, à quelques kilomètres d’Abbeville, d’un chien assassiné de manière atroce, révèle précisément ce fond social. Loin des niaiseries régressives de L214 et des hipsters de la capitale parisienne, la réalité sociale exprime tout ce qu’elle a comme charge de barbarie, et cela est de pire en pire.

Il faut en effet bien plus que la maladie mentale d’un individu pour placer un chien dans une cage de 30 cm de long et le jeter dans un étang. Il faut pour cela tout un environnement d’idées. Pour qu’une personne puisse arriver à concevoir un tel acte, à être capable de le réaliser, il faut disposer d’une certaine habitude dans sa vie quotidienne, une froideur endurcie à travers des rapports avec d’autres personnes, avec la société, avec la Nature.

Il faut une personnalité en mesure d’anéantir tout sens de la compassion, capable d’une froideur digne des nazis, pour tuer de manière « sophistiquée » et ignoble. On a ici un véritable supplice, qui n’est d’ailleurs nullement sans rappeler l’une des manière qu’a Daech de massacrer les gens au Moyen-Orient.

Il ne s’agit pas de perversité s’exprimant, car il n’y aurait plus d’encadrement social : dire cela, c’est excuser le crime et donner à l’humanité une nature « mauvaise », criminelle. Il ne faut pas se leurrer : il y a dans ce crime une réflexion, un travail en amont pour le concevoir, pour en arriver même à cette idée.

La construction même d’un tel crime, la méthode organisée – le pauvre chien a même été attaché à la cage – tout cela exige un vrai raisonnement, au moyen de concepts. Ce n’est pas un acte désordonné, simplement brutal au sens de quelque chose de spontané. C’est quelque chose de réfléchi.

Sans vouloir décortiquer un raisonnement criminel jusqu’à l’absurde, il faut au moins voir qu’il y a plusieurs éléments qui ont été pris en compte, rassemblés, étudiés, puis réalisés. Il fallait trouver la cage, imaginer la noyade, concevoir même le fait de vouloir tuer le chien, tout cela demande un appui important dans l’esprit et dans la pratique.

L’être humain n’étant pas mauvais par nature, à moins de croire en Dieu, cela signifie que les mentalités sont façonnées ici dans le sens de l’assassinat, et qu’une personne a franchi le cap de manière franche, révélant des valeurs présentes de manière diffuse. Il existe des valeurs mauvaises qui plombent la société ; présentes de manière plus ou moins latentes, elles s’expriment de manière éparses, revenant à la surface.

Et les assassins sont parmi nous.

Ce crime qui vient d’être révélé en Picardie fait d’ailleurs écho à un autre du même type, puisque à Camon on a retrouvé un chien noyé, qui avait été accroché à une pierre. C’est un mode opératoire relativement similaire, un savant calcul propre à un assassin.

Il faut remarquer également que Cambron n’a que 750 habitants. Cela signifie que tout le monde se connaît et que peu de choses passent inaperçus… La commune est également en bordure d’Abbeville, mais cette ville n’a que 135 000 habitants, avec une organisation urbaine typique de la région. Là aussi difficile de passer inaperçu…

Cela en dit long sur le degré de destruction des rapports humains, des échanges, des valeurs positives. Tout cela est bien sinistre…

C’est cette situation sociale qui est la vraie source du problème et cela témoigne inversement de l’absurdité du concept de « spécisme ». La personne qui a tué le chien ne l’a pas fait en s’appuyant sur un système de valeurs en termes d’espèce. Elle a tué le pauvre être sans défense justement parce qu’il était sans défense. C’est un crime qui a une valeur social (et une valeur naturelle), pas une question d’espèces.

Le meurtre suinte de la société, car la barbarie est profondément ancrée, elle est diffuse, elle vise autant les êtres humains que les animaux, dans une dynamique de guerre de chacun contre chacun, avec une course éperdue à harceler les « faibles ». C’est le reflet d’une société où la concurrence prime, où il faut écraser l’autre et où l’on existe qu’en écrasant l’autre.

Cette violence sociale est intégrée par les individus et se diffuse partout, sans que les gens en aient même conscience. Là encore, ne pas voir les choses ainsi implique d’aboutir au raisonnement selon lequel l’être humain serait « mauvais » par nature.

Mais rien que le fait que certains êtres humains voient le caractère barbare de tout cela ne peut qu’amener au rejet universaliste d’une telle vision pessimiste, négative, religieuse.

Reste qu’il faut encore savoir : comment changer les choses ? La mort terrifiante du pauvre chien implique un problème d’éducation, de valeurs, d’épanouissement, de sensibilité. La société n’est pas « spéciste », elle est simplement toujours plus une fabrique d’indifférents et d’assassins, de cyniques et de relativistes.

Ce qui est essentiel par conséquent, c’est de mettre en avant une perspective positive, avec des valeurs positives. Cela passe par le refus des valeurs négatives, le désengagement de ce qui est erroné, et la mise en valeur de ce qui est au contraire positif, méritant l’engagement.

Évidemment, dans chaque endroit les manières de mettre en avant des valeurs positives peuvent être différentes. Mais il y a des dénominateurs communs incontournables. Déjà, les refuges doivent être systématiquement valorisés et soutenus, ce qui implique une vraie rupture avec l’indifférence au quotidien.

Le véganisme doit être diffusé non pas comme repli individuel, mais comme expression logique de l’amour des animaux s’étendant à la Nature en général. Le refus de la Nature est la base même d’une société française qui n’a de yeux que pour René Descartes et son interprétation des animaux comme étant des machines.

Les chasseurs sont ici d’autant plus nos ennemis sur le plan des idées qu’ils se présentent comme étant justement ceux qui se « reconnectent » à la Nature. Ils tentent de se valoriser comme une alternative à la vision anti-naturelle dominante.

La défense de la vie sauvage en général est donc inévitable pour que le véganisme puisse réellement s’implanter en France, et par là il faut comprendre dans toute la France et non pas simplement dans les centres urbains. Il faut que le véganisme soit capable de fournir des activités concrètes où que l’on soit en France.

Cela implique aussi à nos yeux le refus de l’alcool et des drogues, ces facteurs de destruction individuelle, de destructions des liens sociaux. Refuser la dépendance et ce qui détruit l’esprit, la santé, est une rupture claire dans la vie quotidienne qui ne propose que des échappatoires morbides.

Les jeux d’argent, les drogues, l’alcool, la pornographie, les religions… les fuites sont nombreuses pour se forger une identité fictive, mais toutes assèchent l’esprit, abîment l’épanouissement, nient la Nature et la possibilité d’une vie heureuse.

Pour qu’il n’y ait plus de chien placé dans une cage et noyé, il faut une révolution fondamentale des mentalités, des manières de concevoir la vie quotidienne, de se lier à la Nature.

Progression des réseaux zoophiles

Les gens qui s’imaginent qu’il y a un progrès de la cause animale se trompent. Au contraire, toutes les valeurs s’effondrant en général, la tendance est à toujours plus de catastrophe.

Ce n’est d’ailleurs pas parce qu’une infime minorité commence à prendre conscience de quelque chose que cela provoquera un mouvement général.

Nous vivons une époque toujours plus décadente et nombre de vegans le sont uniquement à la carte, esprit libéral oblige. L’époque est au “je fais ce que je veux” général.

Le Canard enchaîné de cette semaine “balance” d’ailleurs une information concernant la progression des réseaux pédophiles. Cet hebdomadaire a une sorte de fonction de “sas” pour les grands fonctionnaires : c’est en ce sens qu’il faut comprendre l’article, se terminant justement par une “indication” à prendre en compte le phénomène.

Le phénomène décrit est indéniablement un signe de profonde décadence et il est terrifiant ; il doit faire prendre conscience de ce qui se passe, de la tendance toujours plus horrible qui se développe.

“On aime nos animaux, on fait tout pour eux”

Si hier nous parlions de Libération qui a publié un article indirectement en faveur des delphinariums, cette fois c’est hier Le Monde qui s’y est collé.

Sous couvert de diffusion d’informations, c’est encore une fois un soutien indirect à la parole des delphinariums qui est orchestré.

Voici ainsi ce qu’on peut lire dans l’article “La fronde des delphinariums, menacés de disparition” :

« Cet arrêté attaque les animaux au lieu de les protéger. Les bassins vont devenir une prison, et les soigneurs des matons », abonde Jon Kershaw, le directeur zoologique de Marineland, le seul à détenir des épaulards, en plus de ses onze grands dauphins.

Comment éviter leur accouplement ? Les parcs marins ne le savent pas encore. Hors de question de les castrer, car l’anesthésie générale serait trop risquée. Restent la contraception et la constitution de groupes séparés de mâles et de femelles, « ce qui n’est pas raisonnable pour leur vie sociale », juge-t-il. (…)

« A l’origine, l’arrêté était de très haut niveau, et nous permettait d’améliorer notre image. Jusqu’à ce que Ségolène Royal décide, seule, de tout remettre en cause avec l’interdiction de la reproduction. Là, ce n’est plus acceptable », s’insurge Jon Kershaw.

Pour Marineland, la survie s’avère des plus précaires du fait de sa spécialisation dans les cétacés.

Mais les parcs font également face à des critiques toujours plus vives. Alors, les soigneurs expliquent leur travail, dans des termes choisis.

Ils ne « dressent » pas les animaux pour des “spectacles”, mais “renforcent” leurs « pensionnaires » lors de « présentations ».

« On utilise une sensation agréable pour guider l’animal et lui apprendre à renouveler le comportement que l’on attend », explique Candice, 31 ans, l’une des dix soigneuses de Planète sauvage, vêtue de sa combinaison noire.

Si le dauphin a réussi l’un des 150 à 200 comportements enseignés, un coup de sifflet indique que le soigneur est satisfait.

Arrive ensuite la récompense : du poisson, des glaçons, des jouets ou des caresses, « selon ce qu’ils aiment ».

Mais quoi qu’il arrive, assure-t-elle, l’animal a toujours sa ration de harengs, de merlans ou de sardines : « On ne les affame pas, il n’y a pas de contrainte. Les dauphins qui ne veulent pas s’entraîner, on les laisse tranquilles. »

La jeune femme vit son métier comme une « passion » : « On aime nos animaux, on fait tout pour eux. »

Même quand ils cherchent à faire semblant, les partisans de l’exploitation animale n’y arrivent pas. On le voit bien : ils raisonnent en termes d’image à préserver, de chantage sur les conditions de vie des animaux emprisonnés, alors qu’eux-même en sont la cause…

Il y a ici tout un discours classique, où le dresseur, l’éleveur, le propriétaire s’imagine être en relation privilégiée avec ses victimes. Le rapport inégal est invisible pour lui, car il lui semble naturel, de par sa position dominante.

Les rapports naturels sont totalement éliminés de la conscience du dresseur, de l’éleveur, du propriétaire, qui ne raisonnent que par rapport à sa propre conscience, son propre ego, ses propres choix.

Ce qu’il peut faire lui semble rationnel, il n’y aucune réflexion sur la base de ses choix, sur le sens de ses choix, sur la réalité elle-même.

Les animaux sont les premières victimes d’une logique générale où l’on raisonne en termes de choix cartésien, de possibilité “mathématique” d’agir.

Prisonniers d’un raisonnement absude, le dresseur, l’éleveur, le propriétaire s’imagine que rien d’autre n’est possible et que lui-même est “sincérement” impliqué.

La dresseuse qui prétend aimer les animaux emprisonnés et tout faire pour eux, dans le cadre d’une “passion”, est tout à fait typique de cette approche.

156 macaques abattus à La Pinède des singes de Labenne

Voici une information terrible, preuve encore une fois de la réalité criminelle de la situation.

Cela se passe dans les Landes et voici l’arrière-plan présenté par Sud-Ouest :

Depuis 2011, après avoir vu la population de singes tripler en quelques années, la Pinède des singes, attraction touristique convoitée de la Côte sud des Landes où l’on pouvait se balader entre les pins en observant les Macaques, faisait l’objet d’inspections suite à des divagations signalées, des évasions et la morsure d’une visiteuse qui avait porté plainte.

L’équipement, inadapté selon les autorités, avait été pointé du doigt. Il aurait pu être à l’origine de comportements agressifs chez les animaux, les conditions climatiques de Labenne ne correspondant pas aux 16 degrés minimums nécessaires au bien-être de l’espèce.

Le souci de protection des personnes et le bien-être animal avaient motivé l’arrêté de suspension d’activité de janvier 2016.

Le bien-être animal a bon dos, puisque hier 115 macaques ont été abattus…

La raison est ici expliqué par Sud-Ouest encore, qui en donnant les faits indique bien comment la gendarmerie et la Direction Générale de la Santé ont oeuvré à empêcher toute protestation démocratique…

Plus de 160 singes sont en train d’être euthanasiés, sur décision de la préfecture.

Ils sont en effet porteurs d’une forme d’herpès dangereux pour l’homme [mais pas pour les macaques eux-mêmes – LTD], avec des “risques neurologiques graves en cas de morsure”. La gendarmerie bloque les accès au site depuis 7h.

La mairie de Labenne, qui a appris cette décision des services de l’État jeudi soir via “Sud Ouest”, a eu ces précisions auprès de la sous-préfecture de Dax, ce vendredi matin.

“Il ne s’agit pas d’une suite du redressement judiciaire. Les singes ne sont pas euthanasiés pour des raisons économiques mais sanitaires, après des tests réalisés par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire).” (Lionel Couture, le directeur général des services de la commune de Labenne.)

Cela n’a pas empêché une partie de la population, qui ne disposait pas de l’ensemble des informations jusqu’alors, d’être émue par la situation : “On a reçu une dizaine de courriels et une vingtaine de coups de téléphone nous demandant de faire quelque chose. Certains ont proposé de prendre des singes chez eux.”

L’agent d’accueil de la mairie a même été agressée verbalement. “Une manifestation a failli avoir lieu mais on a réussi à l’empêcher”, précise enfin le DGS.

“Certaines formes d’herpès peuvent effectivement être très dangereuses pour l’hommeen cas de morsure”, explique Emmanuel Le Grelle, directeur de la Vallée des singes, dans la Vienne, une des références zoologique du pays.

Impossible pour le moment de savoir comment ces macaques de Java ont contracté le virus : “Ce n’est pas une espèce particulièrement fragile. Mais les conditions d’hébergement, et même les conditions de détention, étaient exécrables. Les singes étaient dans des conteneurs non chauffés par exemple. C’était indigne.”

C’était indigne, mais le meurtre en masse serait, quant à lui, quelque chose de digne ? Surtout que le massacre est annoncé par certains médias pour hier, sans être confirmé : on cache, on masque, on maquille le crime.

C’est donc la faillite morale sur toute la ligne.

Une entreprise capitaliste a réalité une tentative de faire des bénéfices qui a échoué, l’Etat n’a rien surveillé, et qui doit supporter le contre-coup de l’exploitation et du laxisme en ce qui concerne le droit : les plus faibles.

C’est une faillite morale et administrative et l’Etat peut bien après jouer le “sauveur” en se mettant en scène comme le grand défenseur de la population!

Quand on commet une erreur on la répare. Les macaques auraient dû recevoir un environnement sécurisé qui aurait coûté très cher, mais qui à l’opposé du meurtre en masse aurait préservé la conscience morale, la dignité d’êtres vivants utilisés de manière criminelle par l’exploitation animale.

C’est une preuve que les “réformes” sont impossibles et qu’il faut tout changer. Que cela se produise alors que Nicolas Hulot vient d’être nommé ministre est également significatif : il n’est que l’accompagnateur d’un système anthropocentriste niant la vie.

Marie Sara, l’ex-cavalière torera candidate pour Emmanuel Macron

Emmanuel Macron parle beaucoup d’être progressiste, mais nous avons déjà souligné à plusieurs reprises que sur le plan des idées, il est un passéiste outrancier (voir Emmanuel Macron : “je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées” ainsi que Emmanuel Macron et l’éleveur « qui pleure quand un animal meurt »  et Emmanuel Macron veut développer le « tourisme cynégétique »).

Cela est tellement vrai que dans le Gard, son parti politique « La République en marche » présente une candidate à la députation qui n’est autre qu’une ancienne torera, Marie Sara.

Elle a été “rejoneadora”, c‘est à dire cavalière torera.

Le scénario est cauchemardesque jusqu’au bout puisque l’actuel député sortant est l’avocat Gilbert Collard, élu en 2012 du Rassemblement Bleu Marine.

C’est donc bobo contre facho, car Marie Sara ne représente en rien le terroir… Elle vient de la banlieue parisienne, son grand-père étant le réalisateur Jean-Luc Godard, sa mère une actrice de la comédie française et son père un metteur en scène très important, elle a été mariée au tennisman Henri Leconte ainsi qu’à un publicitaire patron d’Europacorp, etc.

C’est tellement bobo que Gala ne tarit pas d’éloge à son sujet :

« Cette gracieuse blonde de 52 ans a un destin décidé­ment hors du commun. Dès son plus jeune âge, elle rêvait de deve­nir torero, un métier encore largement réservé aux hommes.

Mais à force de persévérance, elle devenue l’une des meilleures « toreras ». Agile et intrépide, elle s’est illustrée comme une des rares femmes toreros à cheval en France, et a gagné de splendides combats au coeur des arènes, parfois au péril de sa vie. »

Midi libre a tout de suite compris la dimension tactique du choix de Marie Sara dans le Gard. Il s’agit de surfer sur l’idéologie du terroir : Emmanuel Macron « a sorti piques et banderilles », elle compte défendre « les cultures locales ».

Marie Sara a bien entendu, dans sa carrière, eut le soutien du fameux Simon Casas, avec qui elle est associée aujourd’hui dans l’organisation de corridas, à Mont-de-Marsan par exemple.

Rappelons que Simon Casas a développé de manière très approfondie la “justification philosophique” de la corrida (voir Simon Casas, un faux humanisme de faux prophète).

Simon Casas est d’ailleurs le directeur artistique des arènes de Madrid, depuis 2011, et depuis septembre dernier le directeur de
Las Ventas, les principales arènes de Madrid.

Marie Sara défend cette même conception mystique, comme on peut le voir dans ce petit extrait qui vaut vraiment le détour quand on s’intéresse à la question.

On notera au passage qu’elle n’est pas la seule torera à cheval qui est candidate. Marie-Pierre Callet l’est également, dans les Bouches-du-Rhône, pour Les Républicains…

Maire Piette Callet a la même explication “mystique”, comme le raconte Objectif Gard :

C’est à Arles au début des années 80, que Marie-Pierre Callet assiste à sa première corrida accompagnée de son époux, déjà mordu de tauromachie. “Je suis partie avant la fin. Je hurlais, c’était horrible.”

Mais elle a persisté, n’ayant qu’une obsession : “comprendre pourquoi des milliers et des milliers de gens venaient voir ce spectacle.”

Assise dans l’arène, elle a enlevé ses œillères pour mieux observer.

“J’ai alors découvert la force du taureau, sa puissance, son élégance. J’ai aussi compris que l’on vénérait le taureau, que sa vie était ainsi faite : vivre en toute quiétude et puis mourir digne dans une arène.”

Pour en revenir à Marie Sara, qui a donc tué au moins mille taureaux, et qui pratique également encore l’élevage de taureaux, en Camargue, la nouvelle a bien entendu choqué.

Des gens ont alors lancé une pétittion, déjà signée par pratiquement 40 000 personnes. Nous n’appelons pas à la signer : cela ne sert à rien de se battre contre des moulins à vent.

Cela n’a pas de sens de pratiquer un idéalisme outrancier et de croire à une « évolution des consciences » alors que les faits disent le contraire…

Il faut du contenu, batailler pour le contenu, et ne pas s’attendre à ce qu’une société qui laisse des êtres humains vivre comme SDF pratique la compassion généralisée envers les animaux…

Voici le texte de la pétition.

Contre l’investiture de Marie Sara (Rép. En Marche) dans la 2ème circonscription du Gard

Le jeudi 11 mai 2017, le mouvement La République En Marche a publié la liste des candidats investis pour les élections législatives des 11 et 18 juin 2017.

Parmi eux, se présente dans la 2ème circonscription du Gard, madame Marie Sara, 52 ans, ancienne torera, éleveuse de taureaux et qui dirige actuellement les arènes de Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches du Rhône).

A l’heure où 4 français sur 5 déclarent que la cause animale est un enjeu important (enquête réalisée par l’Ifop pour le collectif AnimalPolitique en mars 2017), un autre sondage Ifop commandé en mars 2017 cette fois par l’Alliance Anticorrida montre que 75% des habitants des 10 départements français où les corridas sont organisées (dont le Gard), sont opposés à la tauromachie avec mise à mort (http://www.anticorrida.org/actions/sondage-departements-taurins-alliance-anti-corrida-2017.php).

Aujourd’hui, et plus que jamais, la cause animale doit se placer au coeur des enjeux politiques. L’investiture de Marie Sara se présente donc en contradiction avec l’évolution des consciences. Cela montre aussi qu’au sein du mouvement En Marche, ces considérations sont loin d’avoir été prises en compte.

Par cette pétition, nous demandons donc le remplacement de Marie Sara, en vue des législatives 2017 dans la 2ème circonscription du Gard pour le mouvement la République En Marche.

Cette pétition sera remise à:

Présidente
Catherine Barbaroux (Présidente de la République En Marche)

Président de la République Française
Emmanuel Macron

Chargée des relations presse
Sibeth NDiaye

Secrétaire général
Richard Ferrand

Il n’y a pas d’illusion à se faire sur les gens qui sont réactionnaires… Il faut changer le monde, tout simplement!

La pathétique “Lettre ouverte” des soigneurs de Marineland

Voici un texte à proprement incroyable, d’une ignominie complète.

Suite à l’arrêté interdisant aux delphinariums de se procurer de nouveaux animaux et de pratiquer la reproduction (Les delphinariums n’ont plus le droit de se procurer de nouveaux animaux ni de pratiquer l’élevage), les soigneurs de Marineland ont en effet une lettre dénonçant… le fait de dénaturer les dauphins.

Ces gens, qui sont en pratique au service du dressage, de la soumission, du fait de briser la volonté des animaux, disent qu’ils les aiment…

Ils prétendent défendre la vie sociale d’animaux arrachés à l’origine à leur groupe, à l’océan…

Ils affirment servir aux connaissances sur l’océan…

C’est tout simplement pathétique et cela montre bien qu’il y a deux visions du monde. Ceux prisonniers de l’exploitation animale ne comprennent rien au mal qu’ils font, surtout quand ils sont à son service direct, auquel cas ils ne veulent rien comprendre du tout.

Lettre ouverte des soigneurs de Marineland concernant l’arrêté du 03 mai 2017

Trois bassins, trente soigneurs, une équipe, et le même besoin de ne plus rester silencieux, parce que la vie nous importe.

Nous, les soigneurs de Marineland n’avons jusqu’à maintenant jamais réagi aux accusations de maltraitance envers les dauphins et les orques sous notre responsabilité, même si elles ont toujours été extrêmement blessantes.

En effet, elles le sont parce qu’elles sont fausses, parce que nous savons ce que nous apportons aux animaux. Nous avions choisi de nous taire car elles ne sont pas proférées par des scientifiques ou des professionnels.

Et pourtant l’impact sur l’opinion publique est énorme. Si votre voisin est accusé de maltraitance envers sa famille, peu importe que les faits soient avérés ou pas, vous ne le regarderez plus jamais de la même façon.

Mais comment pouvez-vous penser une seconde que nous soyons capables de les maltraiter ?

Aujourd’hui nous devons réagir parce que nous ne sommes plus les seuls touchés, les conséquences vont directement impacter les animaux puisqu’il a été décidé par le ministre de l’environnement dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 mai d’interdire la reproduction des orques et des dauphins en captivité, sans aucune concertation.

Cette décision est choquante car elle apparaît dans un arrêté défendant le bien-être animal alors qu’elle le met en péril.

Sachez que nous avons choisi ce métier par amour des animaux. Nous sommes des spécialistes expérimentés, formés, et passionnés.

Nous vivons avec les dauphins et les orques au quotidien, ils nous donnent tout, nous leur devons tout.

L’expérience acquise au fil des années par les soigneurs présents chaque jour avec nos groupes d’animaux en les voyant évoluer, grandir, changer et se construire autour du groupe social, nous permet de savoir ce qui est bon et bien pour eux.

Ces animaux avec lesquels nous partageons nos journées reçoivent des soins adaptés à leurs besoins : Alimentation variée de qualité, stimulations intellectuelle et physique, enrichissement de leur environnement font partie des points primordiaux de chaque instant que nous passons à leur côté. Notre unique objectif est de leur apporter toute l’attention nécessaire.

Sachez donc que nous menons le même combat, ce qui nous tient le plus à cœur est de protéger ces espèces et d’assurer leur bien- être.

Oui nous faisons des séances interactives, oui nous donnons à chaque visiteur l’occasion d’aller au plus près de ces animaux, oui notre mission est de partager nos connaissances mais toujours et avant tout dans le respect et avec leur coopération.

C’est grâce à la relation basée sur le respect et le partage que nous avons établie avec eux, que nous pouvons éduquer et sensibiliser chaque personne qui visite notre parc.

Des personnes de tout âge, des enfants, des associations soutenant des personnes atteintes de pathologie, des groupes scolaires, des familles, tous apprennent à respecter le monde animal au contact des animaux. Aucun livre, aucun reportage, si bien qu’il puisse être, ne saura remplacer cet instant.

Parce qu’on est auprès de ces êtres vivants au quotidien, c’est une immense tristesse de ne pas envisager de futur pour ces ambassadeurs, « porte-parole » des océans, parce que les visiteurs nous ont montrés que mieux les connaitre c’est mieux les protéger. Enfin, cet arrêté présente de nombreuses incohérences.

Vouloir améliorer les conditions de vie des animaux en captivité en interdisant la reproduction est un non-sens total.

Comment peut-on parler de bien-être animal en les privant d’un des éléments indispensables à celui-ci ?

Nous aimons et respectons trop les animaux pour leur interdire le droit essentiel de se reproduire, essence même de la vie. Si la reproduction est interdite, c’est maintenant que commence la maltraitance.

Parce que la recherche nous a prouvé que ce sont des animaux très sociaux, la reproduction est la base de la survie du groupe, ainsi perpétuer l’espèce est un souci collectif.

Au-delà de la préservation de l’espèce, le respect des besoins physiologiques est une condition indispensable à leur bien-être, que nous nous devons d’assurer, comme le précise l’arrêté de Mars 2004, articles 10 et 17.

La privation de nourriture n’existe pas, la privation de vie sociale n’existe pas, la privation de reproduction ne doit pas exister si nous voulons continuer à respecter les animaux dans leur identité, ne nous demandez pas de les dénaturer.

Parce qu’aucun titre ne donne la légitimité d’enlever à Malou son instinct maternel, d’enlever à Rocky la chance de courtiser à nouveau les femelles, d’enlever à Dam la possibilité d’être père, et enfin d’enlever à Kai tout avenir.

Pour toutes ces raisons, nous, passionnés et amoureux des animaux, en notre âme et conscience, nous déplorons cette incohérente décision, et nous nous battrons parce qu’ils le méritent.

En tant que soigneurs qui aimons, respectons et soignons les animaux au quotidien nous souhaitons que la reproduction continue dans les parcs marins français pour le bien-être des dauphins et orques.

Afin que les générations futures puissent encore voir ces êtres fantastiques dans les zoos, comme des millions de gens ont pu le faire jusqu’à maintenant.

Et ainsi comprendre l’importance de protéger la nature et s’engager à la préservation des espèces en milieu sauvage.

Nous protégeons ce que nous aimons

Nous aimons ce que nous comprenons

Nous comprenons ce que nous connaissons

Nous connaissons ce qu’on nous a appris.

Les soigneurs de Marineland

Presse Océan participe à la propagande anti-ragondins

Voici un excellent exemple de propagande contre la Nature. Rien que la couverture du quotidien régional Presse Océan en dit long…

On remarquera le racolage total de la couverture: “tué par le tram”, “la gauche à cran”, choc frontal”, “les équipements sportifs décrépis”…

Et donc, en plus, “ces espèces qui pullulent en campagne s’aventurent aussi en ville… non sans conséquences”.

Des conséquences qu’on imagine catastrophiques, ce qui est expliqué en pages 2 et 3.

Mais qui est interviewé? Un “technicien à la FGDON”, c’est-à-dire la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles.

Il s’agit en fait… d’un syndicat agricole. Drôle de pratique démocratique que de laisser parler de manière unilatérale un expert dont les intérêts sautent aux yeux… tant économiquement que culturellement, car on retrouve bien sûr les chasseurs.

Le site mis en lien, rae-commission.fr, vise les “rongeurs aquatiques envahissants”, s’appuyant notamment sur 75 000 chasseurs.

Et revendiquant fièrement la mise à mort de pratiquement deux millions de ragondins et rats musqués en dix ans dans les Pays-de-la-Loire…

Un chiffre terrible, une mise à mort en masse littéralement terrifiante, parfaitement assumé par exemple dans la vidéo suivante.

On ne sera donc pas étonné du discours anti-Nature agressif, démesuré, faisant des ragondins des pillards de récolte porteurs de maladies agressives…

On ne s’étonnera pas, après, que les barbares puissent donner libre cours à leur démarche criminelle, comme lors du Massacre de ragondins devant la préfecture de Nantes en 2014  (voir également ici : De nouveau sur les barbares de Nantes).

On a ici affaire à des gens bien organisés, avec toute une idéologie, des intérêts matériels bien précis. Nul “spécisme”, juste de la barbarie qu’il s’agit de faire disparaître!

Le lion du Buffalo Circus ne doit pas être “euthanasié”!

C’est un événement dramatique dont la base même tient à la nature de l’exploitation animale.

Un lion a, en effet, “agressé” un dompteur du Buffalo Circus se produisant à Doullens, dans la Somme. “Agresser” nécessite des guillemets, car un cirque n’est nullement un lieu où doit être présent un lion.

Un lion n’a pas à être présent sur un chapiteau d’un parking du Bricomarché… C’est évident si l’on reconnaît la Nature.

Un lion n’a pas à passer entre les jambes d’un dompteur… C’est une simple vérité pour qui admet la vie sauvage.

D’ailleurs, une anecdote racontée par quelqu’un interrogé par le Courrier Picard en dit long :

« Les animaux ont 6 ans. Il en prend un grand soin.

Ce matin encore il avait changé la sciure pour qu’ils aient une litière propre. Mais en ce moment, c’est la saison des amours, ils sont énervés. »

La sciure comme litière, voilà qui n’a rien de naturel. Pourtant, cela est présenté comme quelque chose à la décharge du dompteur. Et à quoi cette sciure est-elle opposée? Justement à quelque chose de vraiment naturel.

Voici comment les événements se sont déroulés, racontés par un membre du cirque au Courrier Picard :

« Un lion était déjà sorti et soudain, le second, Chirkane, un mâle de 220 kg qui devait passer entre les jambes du dompteur pour sortir à son tour, l’a attaqué.

Il lui a saisi et mordu la jambe, l’a fait tomber et a planté ses crocs dans sa tête et dans sa gorge, tout près de la carotide mais heureusement pas dedans.

Heureusement Kelly a eu la présence d’esprit, pour sauver son mari, de prendre un extincteur à poudre et d’arroser le lion, rendu fou par le goût du sang et qui a alors dû reculer.

Steeve a pu en profiter pour sortir de la cage et j’ai appelé immédiatement les pompiers. »

Le dompteur s’en est sorti après avoir été héliporté à un hôpital, où l’opération a duré cinq heures.

Trois informations différentes existent quant au sort du lion.

La première, a priori typique de l’idéologie dominante, est celle de la mise à mort, qualifié honteusement d’euthanasie, ce qui n’est pas du tout le cas :

“Le lion qui a attaqué le dompteur devait être euthanasié ce soir par des services compétents.”

La dépêche précise même la date :

“L’animal doit être euthanasié dans les prochains jours.”

A cette version initiale du Courrier Picard s’oppose une information de France bleu, qui explique que rien ne changera :

“Même s’il va mieux, ce dompteur expérimenté reste en état de choc : il ne comprend pas ce qui est arrivé.

Ce lion, c’est son animal. Il l’a élevé et dressé lui-même. Il n’avait, jusqu’ici, jamais eu de problème avec lui.

Son entourage se dit aussi très étonné et ne pense pour l’instant qu’à la période des chaleurs du fauve pour expliquer sa réaction.

Mais les proches de la victime insistent sur une chose : “le jeune lion est bien traité, bien nourri et il n’est pas question de l’euthanasier”. Il va rester au cirque et reprendre ses numéros quand son dompteur sera remis de ses blessures.”

Pourtant, la Voix du Nord rapporte les propos suivants d’un membre du cirque :

“Il a attaqué. Il a montré qu’il nous dominait. On ne peut plus travailler avec lui.”

La troisième alternative dont il a été parlé, c’est celle du zoo :

« C’est difficile de comprendre pourquoi il a attaqué son dompteur alors qu’ils travaillent ensemble depuis des années, poursuivait-il, c’est peut-être dû à la saison des chaleurs, à l’odeur de l’herbe sur laquelle ils jouaient et sur laquelle un chien aurait pu uriner, à la météo changeante…

Ce qui est sûr, c’est que pour ce lion la piste, c’est fini. Il sera probablement placé dans un zoo ou ailleurs ».

Il faut autant que possible porter son attention sur cet événement, car dans la logique des choses, c’est-à-dire de l’idéologie dominante, le lion doit être tué, étant considéré comme “déréglé”.

C’est une vision mécaniste de la vie et cela témoigne d’un profond dédain pour la Nature.  Aussi il faut savoir y faire face et lutter !

La mobilisation en faveur de ce pauvre lion doit exister !

Et rappelons que s’il y a des informations contradictoires, c’est que cela fait aussi partie de la tactique de l’idéologie dominante d’empêcher de former une opinion publique, de mettre devant le fait accompli!

Les delphinariums n’ont plus le droit de se procurer de nouveaux animaux ni de pratiquer l’élevage

Le nouvel arrêté sur les delphinariums a connu  un ajout de dernière minute totalement imprévu, surprenant tant les associations que les delphinariums.

Toute reproduction est en effet désormais interdite ; voici ce qui est dit :

Cet arrêté abroge l’arrêté du 24 août 1981 relatif aux règles de fonctionnement, au contrôle et aux caractéristiques auxquels doivent satisfaire les installations abritant des cétacés vivants.

Il renforce les conditions d’hébergement, d’entretien et de présentation au public des orques et dauphins détenus en captivité exclusivement au sein d’établissements fixes.

La reproduction des orques et des dauphins actuellement détenus en France est désormais interdite. Ainsi, seuls les orques et les dauphins actuellement régulièrement détenus peuvent continuer à l’être, sans ouvrir à de nouvelles naissances.

Cela, les médias et les associations l’ont largement diffusé comme information, expliquant que c’était donc la fin des delphinariums.

Ce qui est vrai sauf  que cela ne suffit pas,  car les delphinariums pourraient se procurer d’autres animaux. Ce serait donc bien insuffisant et il est dommage qu’il y ait ici une fausse interprétation.

Il y a  cependant un article qui précise donc la chose suivante et qui, elle, affirme que la détention en captivité est désormais interdite, sauf pour les animaux détenus jusqu’à présent.

Pour assurer la protection des espèces, améliorer le bien-être et supprimer la souffrance animale, la détention en captivité de spécimens de cétacés est interdite, à l’exception des spécimens de l’espèce Orcinus orca et de l’espèce Tursiops truncatus régulièrement détenus à la date d’entrée en vigueur du présent arrêté au sein d’établissements dûment autorisés sur le territoire national.

C’est là, à moyen terme, effectivement, mettre fin aux delphinariums. Le collectif c’est assez résume de la manière suivante les autres  modifications du nouvel arrêté.

Sont en effet interdits désormais :

✔️ Les contacts directs avec les cétacés (caresses, baignades) – pouvant engendrer du stress chez les animaux.

✔️ L’usage de produits chlorés dans les bassins – les cétacés auront pourront enfin ouvrir les yeux et n’auront plus les poumons brûlés par le chlore. Pour rappel, de nombreux décès en captivité sont provoqués par des maladies pulmonaires.

✔️ Les échouages – qui exercent de fortes pressions sur les organes internes des cétacés et sont dangereux chez les femelles gestantes.

Toujours dans un délai de 6 mois, les parcs devront :
✔️ Instaurer des zones d’ombre – pour éviter que les dauphins aient la peau brûlée par le soleil

✔️ Dans un délai raccourci à 3 ans, les parcs devront procéder à des travaux d’agrandissement des bassins selon les nouvelles normes adoptées.

✔️Autre avancée majeure : la fin de la reproduction des orques. La France n’aura plus d’orques captives, une fois les 4 orques de Marineland disparues.

Rappelons que des rassemblements sont prévus le 13 mai devant tous les delphinariums de France à l’occasion de la journée mondiale “Empty The Tanks” (ainsi que chaque mois devant les delphinariums métropolitains).

Normalement, c’est une victoire, mais il y a toujours lieu d’être prudent. Car deux articles de l’arrêté sont assez étranges, au point de poser deux vrais problèmes.

Premier problème : il y a une mission envers le public ainsi qu’un rôle scientifique qui est attribué aux delphinariums. Étrange pour quelque chose censé fermer en raison de la “souffrance animale”.

Second problème : il est explicitement parlé de l’élevage et du caractère scientifique utile pour la biodiversité.

Or, cela rentre en contradiction avec la cessation de l’élevage du même arrêté…

Voici les deux articles.

Article 25

I. – Les établissements hébergeant des cétacés doivent promouvoir l’information et la sensibilisation du public et doivent disposer d’une stratégie éducative écrite, définissant leurs choix éducatifs en fonction du public accueilli. Ce document est validé par le comité scientifique et technique de l’établissement mis en place conformément à l’article 21 [c’est-à-dire des membres de l’entreprise ainsi que deux scientifiques extérieurs].

II. – Chaque présentation au public doit inclure des messages pédagogiques oraux clairs et adaptés au public. Elle précise notamment l’origine des animaux présentés, la composition du groupe présenté, l’effectif de la population sauvage, la biologie, l’habitat naturel, la conservation de la diversité biologique, les actions de conservation et de recherche telles que précisées à l’article 26 et mises en œuvre par l’établissement pour cette espèce.
Chaque présentation au public a également un message de sensibilisation sur la promotion des valeurs environnementales, écologiques et culturelles de la biodiversité.

Elle informe notamment le public sur l’impact de nos habitudes quotidiennes sur le respect de l’environnement marin et sur la conservation de la biodiversité. Elle apporte des recommandations sur les comportements à respecter par toute personne pour ne pas nuire à l’espèce présentée et à son milieu et le renseigne sur les gestes du quotidien qui préservent l’environnement et contribuent à la conservation de la nature et au développement durable.

III. – Afin de s’assurer de la qualité du contenu des messages pédagogiques diffusés lors des présentations au public, ceux-ci seront au préalable validés par le comité scientifique et technique tel que défini à l’article 21 du présent arrêté .

IV. – Des installations dédiées sont disponibles dans l’établissement pour permettre la réalisation des activités éducatives.

V. – Lorsque l’établissement accueille des groupes scolaires, le responsable de l’établissement établit, le cas échéant en collaboration avec des enseignants, des programmes d’activité et des documents pédagogiques à l’intention des élèves, adaptés à leur niveau scolaire.

Article 26

I. – Au sens du présent arrêté, on entend par « conservation » toutes les mesures qui contribuent à la préservation des cétacés, aussi bien en milieu naturel qu’en parc zoologique.

II. – Les établissements hébergeant des cétacés doivent contribuer à la conservation des cétacés par la mise en œuvre de programmes de conservation mais également par leur participation à ceux gérés par d’autres institutions. Ils s’assurent de la qualité génétique des populations hébergées à travers des échanges d’animaux dans le cadre des programmes d’élevage auxquels ils participent. Le personnel participe aux séminaires et programmes de conservation des cétacés dans la nature.

III. – Les établissements hébergeant des cétacés doivent participer activement à des programmes de recherche dont les résultats contribuent à une meilleure connaissance de ces espèces. Ils accueillent autant que possible des chercheurs ou stagiaires au sein de leur établissement. La présence de cétacés en parcs zoologiques doit contribuer au développement de programmes de recherche essentiels pour l’acquisition de données et une meilleure connaissance de leur biologie, physiologie, éthologie et cognition.

IV. – Les établissements hébergeant des cétacés doivent participer à l’échange d’informations sur la conservation et la recherche sur les cétacés, à travers la participation à des colloques nationaux ou internationaux et la publication d’articles scientifiques ou de divulgation générale.

V. – Les établissements hébergeant des cétacés doivent annuellement quantifier les ressources qui sont allouées aux activités de conservation et de recherche et doivent notamment présenter au comité technique et scientifique de l’établissement mis en place conformément à l’article 21 :
– tout changement dans leur population de cétacés ;
– leur implication financière et technique dans les activités de conservation des cétacés en milieu naturel ;
– la liste des programmes de conservation en milieu naturel auxquels ils ont participé ou qu’ils ont dirigé ;
– la liste des programmes de recherche auxquels ils ont participé ou dirigé ;
– la liste des actions de formation sur la conservation et la recherche sur les cétacés, y compris le nombre d’ateliers organisés par l’établissement lui-même, le nombre de stagiaires reçus et la liste de colloques, conférences ou actions de formation auxquels le personnel a participé.

Espérons que les delphinariums fermeront réellement rapidement leurs portes. Mais ne nous étonnons pas s’il y a un revirement, surtout que là il y a un grand espace pour cela, l’arrêté soulignant leur prétendu caractère “scientifique” et de “sensibilisation”…

Le Monde fait l’éloge de l’expérimentation animale avec la “greffe de tête”

Le Monde est coutumier de la valorisation de l’expérimentation animale, de manière régulière d’ailleurs.

Hier on a eu droit à un exemple particulièrement noble du genre, dans une sorte de mélange de racolage sordide et de scientisme : “Un pas de plus vers la greffe de tête“, publié sur le blog interne au Monde “Passeur de sciences”.

Rien que la photographie au coeur de l’article est inacceptable et ne peut que provoquer un terrible haut-le-coeur. Quelle barbarie!

L’auteur de l’article, Pierre Barthélémy, a une approche traditionnelle dans ce genre d’ignominie : la pseudo-objectivité.

Il s’agit seulement de “faire passer la science”, alors que bien entendu il s’agit ici de barbarie pure et simple.

C’est comme si on donnait à un charcutier des moyens techniques élevés, afin qu’il fasse comme le professeur Frankenstein.

Mais c’est de la “science” et donc cela serait “acceptable”, telle est la logique sans coeur, sans âme.

Voici même un passage où l’auteur essaie d’aborder la question de la morale, témoignant simplement de sa propre position pseudo-neutre, en réalité complice de la barbarie.

A aucun moment [le neurologue italien] Sergio Canavero et ses collègues n’abordent les préoccupations éthiques si ce n’est pour signaler que le protocole expérimental (et donc l’euthanasie de plusieurs dizaines de rats) a été approuvé par l’hôpital universitaire de Harbin.

On ignore pour l’instant quelle sera la prochaine grande étape mais la logique voudrait que l’on passe à la greffe véritable en remplaçant la tête du receveur – pour reprendre la terminologie utilisée dans l’étude – par celle du donneur sur des animaux de plus en plus proches d’Homo sapiens.

Non seulement la question morale n’est pas abordée – elle est simplement liquidée en disant que tout est légal – mais la future expérimentation animale est déjà justifiée.

Notons au passage que l’article parle d’euthanasie, ce qui est encore une fois pas du tout le cas : c’est un classique des barbares de maquiller le meurtre derrière le principe d’euthanasie, qui n’a strictement rien à voir.

Quand on torture et qu’on tue, on ne prétend pas “euthanasier” alors qu’on se comporte comme un boucher.

Le fait de valoriser une telle photographie horrible comme celle plus haut sous prétexte de “science” est le témoignage que rien ne change dans l’idéologie dominante.

Et pour cause : l’expérimentation animale ne peut pas être “réformée”, seulement abolie. Il ne peut pas y avoir de hiérarchie dans ce qui relève de la barbarie, du massacre où des scientifiques bornés pratiquent la torture pour essayer de “découvrir” des choses.

On retombe même, avec les moyens techniques davantage perfectionnés, dans une logique toujours plus grande qui est celle du docteur Frankenstein!

Nouvel arrêté sur les delphinariums

Un nouvel arrêté a été mis en place par l’Etat concernant les delphinariums et c’est un exemple de modernisation effectuée dans le but de maintenir l’exploitation animale.

Accepter cet arrêté comme “garantissant le bien-être des dauphins” est inacceptable : même si l’on considère qu’il doit y avoir un progrès de manière réformiste (ce que nous ne faisons pas), rien que la formulation va déjà avec une acceptation de l’exploitation animale.

C’est évidemment un piège!

Ségolène Royal signe l’arrêté qui réglemente strictement les delphinariums et impose des règles garantissant le bien-être des dauphins

Publié le Mercredi 3 mai 2017

Ce nouvel arrêté abroge et remplace l’arrêté du 24 août 1981. Il a été mis au point avec les associations de protection de la nature et des animaux (Fondation Brigitte Bardot, Fondation 30 Millions d’Amis, Fondation Assistance aux Animaux, La Fondation Droit Animal, Ethique et Sciences, Robin des Bois, Réseau Cétacés, SPA, FNE, FNH, LPO), après une année de discussion et d’expertise associant le Muséum national d’Histoire naturelle.

Les nouvelles règles sont les suivantes :

1. Augmentation d’au moins 150 % de la surface des bassins afin de permettre aux animaux de se soustraire à la proximité des visiteurs et à celle des autres animaux ;

2. Interdiction du chlore dans le traitement de l’eau ;

3. Mise en place d’équipes de soigneurs spécialisés, dont le nombre est en proportion du nombre de dauphins ;

4. Interdiction des contacts directs entre le public et les animaux ainsi que les immersions du public dans les bassins hébergeant des cétacés ;

5. Contrôle étroit de la reproduction des dauphins, par un avis de la Commission nationale consultative pour la faune sauvage captive instituée à l’article R.413-2 de Code de l’Environnement. Cette reproduction ne devient possible que si la configuration et la taille des bassins le permettent.

Les établissements existants devront faire les travaux de mise en conformité des bassins dans un délai de 3 ans. Toutes les nouvelles règles s’appliquent dans un délai de 6 mois.

En clair : on supprime l’ignominie flagrante, on prétend ainsi avoir rétabli des choses “normales”, et ainsi tout est censé devenir acceptable.

Les associations qui participent à cette mascarade se trompent totalement et d’ailleurs leur positionnement est tellement absurde qu’on voit que la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) fait partie de la liste largement mise en avant par le ministère de l’Environnement pour valider son positionnement.

Mais quel rapport y a-t-il entre la LPO et les delphinariums? Aucun, bien sûr. Il s’agit simplement d’une opération de communication réciproque, chacun se voyant valorisé dans la démarche.

C’est à un tel détail qu’on voit bien qu’il y a un gros souci avec les associations institutionnelles, qui cherchent à s’inscrire dans les institutions pour bien faire, mais ne s’appuient pas sur des principes.

Au lieu de se préoccuper d’un delphinarium qui sort de son projet initial – même si c’est une cause juste que de les combattre totalement – la LPO ferait bien de comprendre sa propre matrice et de se remettre en cause sur le fait de ne pas défendre les pigeons.

Au lieu de déborder dans un autre domaine, que le domaine choisi soit déjà correctement pris en compte.

Toutefois, cela veut dire chercher à avoir un point de vue universel, ce que les associations institutionnelles ne veulent pas. Elles ne veulent pas de la libération animale, alors elles sont obligées de se serrer les coudes et de s’auto-valoriser les unes les autres, afin d’échapper à la critique de ne pas être systématique.

Et c’est à cause de cela qu’un arrêté comme celui sur les delphinariums est valorisé, alors qu’il est inique : les delphinariums doivent fermer et aucun compromis n’est acceptable!

Procès de l’abattoir du Vigan : le lampiste paie pour l’exploitation animale

Il existe de nombreux termes en français pour qualifier quelqu’un désigné comme victime expiatoire : lampiste, bouc-émissaire, peccata.

Et dans l’affaire du procès de l’abattoir du Vigan, c’est donc Marc, un simple ouvrier, fils d’éleveur, qui fait office de lampiste, de bouc-émissaire, de peccata.

Lui qui a commencé dans le métier à 15 ans et demi, comme il l’a expliqué au procès, et on lui a tout de suite dit :

« Dans le métier, “il te faut tuer”»

Et c’est donc lui et lui seul qui a été condamné suite à la révélation de « maltraitances » dans l’abattoir du Vigan, dans le Gard, montrées par l’association L214 qui avait installé une caméra.

Nous mettons « maltraitances » entre guillemets, car naturellement, un abattoir est en soi déjà une maltraitance. Relativiser est une mauvaise chose.

Tout comme d’ailleurs ne pas prendre en compte la réalité sociale, économique, culturelle…

Car l’ouvrier en question, Marc, lui, pourtant, n’a rien choisi : il lui fallait un travail, on lui en a donné un et on a exigé des choses de lui.

Lui qui a fait une formation de protection animale, mais qu’on lui a imposé, car comme il l’a expliqué au procès, personne n’avait voulu la faire.

Lui, donc, qui s’est retrouvé jeune dans un universel grotesque et criminel, où règne la mort et son odeur. De quoi devenir fou !

Et donc, forcément… les actes sont cruels, aisément barbares. Nul « spécisme » à cela, juste des conditions concrètes !

Cela ne le dédouane pas d’avoir frappé des moutons et jeté des brebis par-delà des barrières, comme le montre des vidéos. D’avoir éprouvé du plaisir à électrocuter des moutons.

Mais cela l’explique. Car l’ouvrier en question est lui aussi une victime d’un système qui broie la vie.

Le procureur, méprisant la condition ouvrière, a par exemple souligné que « les rires accréditent le caractère sadique », déshumanisant ainsi l’ouvrier. Mais qui ne sait pas à quel point les humains tentent, en situation extrême comme ici, de jouer avec la mort et la souffrance ?

Qui ne deviendrait pas fou dans un tel environnement où la souffrance et la mort sont, par définition, banalisés ?

Ce n’est, encore une fois, pas justifier, mais expliquer. Et il ne faut par conséquent pas non plus se tromper d’ennemi.

Justement, le directeur de l’abattoir a-t-il été invité à la barre ? Non. Et les services vétérinaires, censés surveiller l’abattoir ? Non plus.

Est-ce l’exploitation animale qui a été en fin de compte dénoncée, alors ? Non, ce sont de simples ouvriers, dans un procès ridicule de bout en bout, car relevant de la figuration pour faire payer des boucs-émissaires.

Deux personnes étaient visées par des peines de 150 et 600 euros d’amende : elles ont été relaxé, car il y avait prescription…

Le gestionnaire de l’abattoir, à savoir la communauté de communes du Pays viganais, a été condamnée à 3500 euros d’amende, contre 6000 euros requis par le procureur. Une peine symbolique, administrative, pour condamner ce qui n’est, aux yeux des institutions, qu’un dysfonctionnement.

Quant à l’ouvrier, Marc, il a été condamné à huit mois de prison avec sursis et 2000 € d’amende, le procureur ayant initialement demandé un an de prison avec sursis et 3400 euros d’amende. A cela s’ajoute une interdiction d’exercer pour cinq ans au sein d’un abattoir.

Qu’en tirera-t-il ? Que tout le monde, au final, se sera bien moqué de lui et de sa condition. Que son parcours humain n’aura intéressé personne. Que sa réalité, avec toutes les implications, n’aura interpellé personne.

Il a, dans les faits, servi de bouc-émissaire : l’exploitation animale ne serait pas le problème, seulement des individus « ratés », coupables de « dysfonctionnements »…

L’avocat de la communauté des communes, Yvon Goutal, s’est d’ailleurs réjoui que les choses aient été claires à ce sujet, étant « satisfait qu’il n’y ait pas de condamnation de l’abattage dans son ensemble ».

L’association L214, à la source des images filmées, est satisfaite à ce titre également, estimant que le procès est un grand pas en avant :

“La reconnaissance, pour la première fois, de la commission d’actes de cruauté et de sévices graves dans un abattoir par un employé, et de la violation des règles de protection des animaux par l’exploitant d’un abattoir est une avancée de la prise en compte par la justice des souffrances subies par les animaux dans ces lieux si hostiles, ces animaux oubliés de tous et laissés à l’abri des regards.”

En ce sens, l’une des deux avocates de L214, Hélène Thouy, a expliqué :

« C’est une réponse pénale ferme, qui envoie un message clair à l’ensemble des exploitants d’abattoirs : “Vous devez faire respecter les règles”.»

Les règles ? Les règles de la mort industrielle, de la souffrance planifiée. Qui ont été passées sous silence, avec un lampiste payant pour masquer la réalité de l’exploitation animale, parce que c’est un ouvrier.

Abraham Poincheval : un “artiste” dénaturé prétendant couver

Une nouvelle installation “artistique” pathétique vient de se terminer.

Abraham Poincheval, dans un grand élan entièrement dénaturé, contribue à la barbarie de notre monde avec une installation où il “couve” des oeufs.

Voici son justificatif délirant :

“Qu’un homme couve des œufs m’intéresse parce que cela pose la question de la métamorphose et du genre.

Ce sont des énonciations très précises qui peuvent tout à coup devenir poreuses, s’éroder, se transformer.”

C’est un classique de la “modernité” : toute définition est instable, il n’y a pas de Nature on peut faire ce qu’on veut…

Voici des images de sa “performance”.

Voici le justificatif délirant du Palais de Tokyo à Paris, qui a hébergé cette expérience d’un “performer” habitué  des délires pseudos artistiques comme seul l’art contemporain sait les inventer (descendre le Rhône dans une bouteille géante, marcher en entière ligne droite de Nantes à Caen, rester six jours sur une étroite plate-forme à vingt mètres du sol,passer une semaine sous terre dans un trou de 60 cm de diamètre, etc.).

Pour la première fois dans ses recherches, Abraham Poincheval se confronte au monde vivant : installé dans les espaces du Palais de Tokyo, il tente de couver des œufs de poule jusqu’à leur éclosion.

En se substituant à l’animal, il éprouve le temps de la gestation pouvant aller de 21 à 26 jours. Abraham Poincheval est assis ou allongé dans un espace clos, un vivarium qui ressemble à une vitrine d’exposition.

Il se couvre d’un manteau traditionnel coréen réalisé par l’artiste Seulgi Lee et s’entoure de provisions. Limité dans ses mouvements, face aux visiteurs, l’artiste semble inactif.

Il devient comme Toine, l’anti-héros de la nouvelle de Guy de Maupassant du même nom (1885), immobilisé par une attaque cardiaque et forcé par sa femme à couver des œufs.

Neuf poussins sont nés des onze oeufs et ils doivent rester au musée avec “l’artiste” pendant 72 heures avant d’aller dans une ferme.

De bout en bout, c’est l’agression contre le vivant, c’est une insulte aux animaux et à la Nature.

Pif gadget relance les “pifises”

C’est une démonstration de plus d’un esprit anthropocentriste lamentable et, qui plus est, c’est une véritable preuve aussi d’esprit obtus, arriéré et désirant le rester.

Pif gadget relance en effet les “pifises” et s’en vante…

Il est terrible qu’en 2017, on puisse encore proposer un “gadget vivant”.

Les enfants se voient enseigner à devenir des maîtres de la vie en étant capables de “donner la vie”…

Alors qu’en réalité, on est ici dans une démarche d’exploitation complète, de réduction de la vie à celle d’objet et de marchandise.

En l’occurrence, il s’agit de larves d’un crustacé, l’artemia salina. Elles sont particulièrement résistantes, tant dans le temps qu’aux conditions extrêmes.

Mises dans l’eau, elles reprennent leur croissance, pouvant parvenir à une taille d’un ou deux centimètres.

Pif gadget les a qualifiés de “pifises”, prétendant qu’il s’agit de créatures préhistoriques. C’est encore le cas avec le nouveau Pif gadget qui vient de sortir.

Pif gadget les avait déjà proposés comme “gadget” en avril 1970, vendant alors pas moins d’un million d’exemplaires !

Le chiffre sera atteint de nouveau en septembre 1971 avec des “pois sauteurs du Mexique”… Qui étaient en réalité des oeufs de papillon.

En 2004, Pif gadget avait de nouveau proposé les “pifises”, le journal de Mickey faisant la même chose en 1996 et en 2002.

Et, donc, rien n’a changé, malgré pourtant la prise de conscience écologiste. En 2017, on est encore dans la même démarche : celle de la domination, dans la prétention de la “maîtrise” de la Nature…

Le nouveau numéro de Pif gadget n’hésite pas d’ailleurs à présenter une critique de la réalité digne de celle des années 1930, dénonçant la malbouffe de manière particulièrement significative…

Ce qui est logique : quand on ne va pas dans le bon sens, on va dans le mauvais…

Tout cela est très révélateur sur les tendances de fond dans la société française actuellement : l’esprit de retour en arrière, de régression… C’est la volonté de “tranquillité” à tout prix, de négation de toute prise de responsabilité…

“Expérimentation animale, à qui profite le crime ?”

“Expérimentation animale, à qui profite le crime ?” : tel est le titre d’un article, qui a en fait la forme d’une tribune, publié dans La Croix.

Son auteure est Anne-Laure Boch, neurochirurgienne, praticienne hospitalière et docteur en philosophie.

Ce n’est pas un article contre la vivisection, mais c’est un article qui constate que la vivisection est, en pratique, déconnectée en bonne partie de toute rationalité à prétention scientifique.

C’est une tradition, un moyen de se faire valoir, sans forcément de réelle utilité.

Eh bien oui, c’est vrai, mais si elle allait au bout de son raisonnement, elle comprendrait que l’expérimentation animale est plus qu’une méthode : c’est une idéologie…

Une idéologie dont les incohérences ne sont pas des erreurs, mais des fautes liées à sa substance même, anthropocentriste et criminelle.

L’expérimentation animale pose problème. Les défenseurs des animaux dénoncent sa cruauté et la barbarie de ceux qui la pratiquent. Pourtant, l’immense majorité des chercheurs ne sont pas des sadiques. Beaucoup aiment les animaux.

Ils souffrent de les faire souffrir, de les sacrifier. Cette souffrance morale croît à mesure qu’on monte dans l’échelle des espèces.

Les expériences sont déjà pénibles quand elles sont faites sur des rats et des souris ; avec les animaux de compagnie (lapins, chiens, chats…), elles deviennent odieuses ; et insupportables avec les singes, qui nous ressemblent tant.

Mais l’expérimentation animale est présentée aux médecins et biologistes comme nécessaire. Elle fait partie intégrante de la recherche en sciences de la vie. Il faut donc en passer par là.

C’est-à-dire prendre sur soi, serrer les dents, se faire violence, « se blinder ».

Contraints à des actions qui heurtent leur sensibilité, voire leur conscience morale, la plupart des chercheurs élaborent une stratégie classique en matière de discordance affective : ils se persuadent que les travaux sur les animaux sont essentiels pour vaincre les maladies humaines. Forcés d’infliger des souffrances aux bêtes, ils invoquent les souffrances qu’ils évitent aux hommes.

Pour tenir le coup, ils pensent aux vies prétendument sauvées grâce à leurs recherches. Au nom de cette raison supérieure, ils font taire leur sensibilité accusée d’être sensiblerie.

Si la caricature de la sensibilité est bien la sensiblerie, la caricature de la raison est l’argumentation spécieuse. Trop souvent, la raison profonde d’accepter de telles pratiques est de faire progresser notre carrière – notamment pendant notre jeunesse, dévolue aux « manips » sanglantes.

Ces manips permettent d’obtenir des diplômes, de monter en grade, d’être titularisé.

C’est pour cette raison prosaïque que nous nous les imposons à nous-mêmes autant que nous les imposons à nos innocentes victimes animales.

Combattant nos répugnances, nous cédons aux pressions du système qui nous fait miroiter master, doctorat et habilitation à diriger les recherches.

L’expérimentation animale, qui exige d’être durs avec nous-mêmes, nous apparaît comme un rite initiatique pour devenir un vrai chercheur.

Nous avons si bien appris qu’il n’y a pas de progrès sans effort, que nous nous convainquons que l’effort entraîne nécessairement le progrès.

Malheureusement, ce n’est pas parce qu’un protocole de recherche est douloureux pour l’animal (physiquement) et pour le chercheur (psychologiquement) qu’il est véritablement utile pour la communauté.

Faut-il pour autant renoncer à l’expérimentation animale ? Sans doute pas.

Mais le bilan doit être fait avec rigueur : les expériences sur les animaux sont trop nombreuses au regard des enseignements qui en sont tirés.

Si on se donnait la peine de pousser la réflexion théorique, d’envisager d’autres options, et surtout si on refusait de se laisser fasciner par la difficulté des expériences (difficulté morale, qui est souvent le masque de la facilité intellectuelle), on économiserait beaucoup de souffrances, animales et humaines.

Serait-ce trop demander que chacun, au moment d’entreprendre son protocole de recherche, se pose honnêtement la question : est-ce que cette expérience sert vraiment la santé humaine, ou seulement mon intérêt personnel ?

Le Parlement européen ne se prononce nullement pour la fin des lapins en cage

Voici un exemple tout à fait exemplaire de l’escroquerie que représente le bien-être animal.

Il s’agit, encore une fois, de la journaliste Audrey Garric qui est à l’oeuvre, à travers le blog écologie du journal Le Monde, avec un article au titre racoleur :

Le Parlement européen se prononce pour la fin des lapins en cage

Il est expliqué la chose suivante :

“Mardi 14 mars, les députés européens ont voté, en séance plénière, un rapport d’initiative demandant l’élaboration de « normes minimales » pour améliorer le bien-être de ces mammifères et notamment la suppression progressive des cages.

Ils ont également appelé la Commission européenne à adopter une législation spécifique sur cet élevage industriel répandu mais qui reste méconnu.”

Est-ce vrai ? Absolument pas. Ce ne sont pas les députés qui ont voté, mais ceux de la commission de l’agriculture.

Il ne s’agit pas d’un rapport au sens strict, mais d’un projet de résolution.

Par conséquent, et naturellement, cette résolution est symbolique, c’est une proposition.

[Le parlement a bien voté en faveur de la résolution – qui est purement symbolique, rappelons le – à la suite de sa mise en place, avec 29 voix pour, 7 contre et 9 abstentions, sur un total de… 751 députés, la quasi totalité ne s’étant donc pas déplacé pour l’occasion, voyant “l’inutilité” de la chose!]

Le titre expliquant que “le Parlement européen se prononce pour la fin des lapins en cage” est donc entièrement mensonger. Il n’est pas que trompeur, il ne consiste pas en une erreur.

Il est un mensonge qui relève de l’idéologie du pseudo-progrès vanté par les partisans du “bien-être animal”.

L’article donne d’ailleurs à plusieurs reprises la parole à Léopoldine Charbonneaux, directrice de CIWF France (à la quelle était liée la “Protection mondiale des animaux de ferme”).

En voici un exemple :

« C’est une victoire formidable, un changement de paradigme. Ce combat était difficile car les lapins sont souvent associés aux clapiers. Mais les cages sont bien pires.

Nous nous réjouissons que le texte parle de leur fin progressive et non de leur aménagement, se félicite Léopoldine Charbonneaux, qui avait remis aux ministres européens de l’agriculture une pétition de 600 000 signatures en ce sens.

C’est un signal fort que la Commission ne peut ignorer. »

L’article est pourtant lui-même obligé de concéder que ce n’est pas le cas du tout :

“L’exécutif européen n’a aucun projet en ce sens, a toutefois indiqué dans l’hémicycle la commissaire chargée des consommateurs, Vera Jourova. Les lapins, a-t-elle rappelé, sont déjà protégés par une directive du Conseil concernant l’ensemble des animaux dans les élevages, datant de 1998.

En outre, « la Commission est d’avis que les Etats membres concernés sont les mieux placés pour gérer les problèmes relevant de la production de lapins« , a-t-elle ajouté.”

Mais donc pourquoi alors ne pas constater l’inanité de l’initiative, sa vanité ?

Tout simplement, parce qu’il y a besoin de prétendre qu’il y ait un progrès, il y a le besoin de faire miroiter l’espoir fumeux que les choses changent, même lentement.

On est ici dans une escroquerie morale, une arnaque pratique qui permet aux associations de bien-être animal de siphonner les personnes engagées et les moyens, tout cela pour amener dans un cul-de-sac complet.

La responsabilité historique de ces gens est énorme. Tout comme par ailleurs ceux, bien entendu, qui ont organisé cette résolution à la commission de l’agriculture.

Voici d’ailleurs ce qu’on lit dans l’exposé des “motifs” de la résolution. Le passage est long, mais il est nécessaire de l’avoir en entier, pour bien comprendre que de bout en bout, il est ici lutté pour la pérennité de l’exploitation animale, sa modernisation, l’amélioration de son image…

“Avec ce rapport d’initiative, votre rapporteur entend lancer un vaste débat sur l’élevage de lapins dans l’Union européenne et sur les méthodes de détention des lapins d’élevage, et encourager la Commission européenne à présenter une proposition législative ambitieuse.

La proposition devrait viser à combler les lacunes existantes qui donnent lieu à de graves abus en matière de bien-être animal dans la détention, l’élevage, la production, le transport et l’abattage des lapins d’élevage.

Dans l’Union européenne, les conditions de bien-être et les besoins propres à l’espèce des lapins sont la plupart du temps ignorés dans l’Union européenne.

Dans la majorité des États membres, il n’y a pas de législation spécifique contenant des exigences minimales obligatoires pour la protection des lapins dans l’agriculture.

L’application, la mise en œuvre et le respect des réglementations européennes et nationales sur le bien-être animal en général sont globalement insuffisants et les installations habituellement utilisées dans l’Union pour l’élevage et l’engraissement des lapins destinés à la production de viande ne satisfont même pas aux normes les plus élémentaires de bien-être animal.

Il est urgent d’améliorer la situation des lapins d’élevage dans l’Union et, de l’avis de votre rapporteur, la meilleure voie à suivre serait l’adoption d’une législation européenne imposant des normes minimales pour la protection des lapins dans les élevages.

Votre rapporteur a formulé plusieurs recommandations dans le présent rapport et dans le document de travail qui l’a précédé.

En bref, il est impératif d’éliminer progressivement l’élevage de lapins en batterie dans des cages stériles grillagées et de s’orienter vers d’autres méthodes d’élevage telles que les systèmes de parcs qui prévoient un espace suffisant par lapin et dans lesquels les lapins peuvent être élevés en groupes.

Les éleveurs procédant à cette reconversion devraient recevoir un soutien dans le cadre des programmes de développement rural de la PAC. Les systèmes de logement pour les lapins devraient comporter des plates-formes ou un espace similaire surélevé et suffisamment de matériaux d’enrichissement.

En outre, les temps de transport devraient être aussi limités que possible, en raison de la sensibilité de l’espèce, et les lapins devraient être nourris avant le transport et devraient disposer de suffisamment de nourriture, d’eau et d’espace pendant le transport.

Les caisses et cages de transport devraient permettre une position normale. Enfin, les lapins devraient être complètement étourdis avant l’abattage, en veillant à ce qu’il n’y ait ni souffrance, ni douleur ou stress. L’abattage devrait être fait en évitant que l’animal étourdi reprenne conscience.

Par ailleurs, votre rapporteur estime que l’adoption d’une législation européenne assurerait une interprétation uniforme, créerait des conditions de concurrence équitables et répondrait à la demande croissante des consommateurs d’une meilleure protection des animaux dans l’agriculture.

Ces dernières années, les grandes organisations et ONG européennes actives dans la protection du bien-être animal ont de plus en plus souligné la question de l’élevage de lapins et ont lancé des campagnes pour l’abolition des cages en batterie. On peut s’attendre à une augmentation de la pression du public sur cette question dans un avenir proche.

Enfin, compte tenu des maladies propres à l’espèce et du taux élevé de mortalité associés à l’élevage des lapins, l’administration systématique et généralisée d’antibiotiques est devenue une nécessité. Cette réalité exacerbe les problèmes liés à l’augmentation de la résistance antimicrobienne.

L’élevage des lapins sous sa forme actuelle pose ainsi également un problème de santé publique, d’autant plus que des antibiotiques très puissants, de dernier ressort ou de réserve, sont utilisés dans ce domaine.

Votre rapporteur est convaincu que le remplacement de l’élevage en cages par des systèmes d’enclos réduirait la nécessité de recourir à des antibiotiques et diminuerait ainsi les risques pour la santé publique.

Votre rapporteur est d’avis que, si ces recommandations étaient reprises dans une proposition législative future imposant des normes minimales pour la protection des lapins d’élevage et si, afin d’assurer des conditions équitables, ces mêmes normes s’appliquaient aux produits à base de lapins qui sont importés, nous pourrions alors commencer à améliorer la santé et le bien-être de millions de lapins élevés dans l’Union européenne et satisfaire aux exigences des consommateurs qui demandent des normes plus strictes en matière de bien-être animal dans l’agriculture.”

L’exploitation animale a un allié de poids avec les partisans du “bien-être animal” !