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Chasse à courre : le 31 mars 2018 à Compiègne

A Montmorency, des bébés sangliers sont nés au pied d’un immeuble d’une résidence et les habitants se mobilisent pour essayer de leur trouver un refuge rapidement. Cette  ville se situe dans la Val d’Oise, à treize kilomètres de Paris.

Cela rappelle que la vie humaine, désorganisée, fondée sur la compétition, empiète toujours davantage la Nature, maltraitant les animaux, les assassinant. Cela souligne aussi la possibilité de la mobilisation populaire pour contrer la destruction.

En Picardie, l’association AVA a réussi à développer une telle mobilisation populaire contre la chasse à courre. C’est quelque chose de précieux et d’exemplaire.

Aussi, le 31 mars 2018 est capital.  Le rassemblement d’AVA, interdit  devant l’hôtel de ville avant même son annonce par arrêté municipal en raison d’un marché aux fleurs, se tiendra-t-il malgré tout, grâce à la pression populaire?

Ce qui est en jeu, c’est la possibilité même d’une résistance victorieuse face à la barbarie. Une défaite contrarierait la Cause pour longtemps. Une victoire serait celle de tous et toutes.

Chasse à courre : la brutalité des chasseurs

Voici la vidéo que fournit l’association AVA pour montrer la violence des veneurs en Picardie, ainsi que le communiqué des veneurs, qui montre une chose simple : ceux-ci font monter la pression, ils visent la casse, l’incident brutal, pour faire peur par la brutalité, briser toute opposition, légitimer la répression étatique puisque, à l’arrière-plan, ils ont le soutien ouvert d’Emmanuel Macron.

Soulignons ici un aspect essentiel : les chasseurs ont parfaitement compris ce qui est en jeu, dans ce qui est un tournant historique. Ils ont compris que là, pour la première fois, leur force était ébranlée, par une lame de fond puisant à la base de la société elle-même : les gens normaux, le peuple.

Se revendiquer du véganisme et ne pas soutenir le mouvement actuel contre la chasse à courre, qui a une base populaire, serait un terrible échec, amenant une défaite profonde très durablement, mais aussi la preuve d’une incapacité personnelle à assumer ses propres choix.

Il faut s’engager, maintenant, alors que la mairie de Compiègne a interdit le rassemblement du 31 mars, moment où la chasse à courre se termine. Ce qui se joue maintenant va avoir un impact pour une longue période !

Il faut se mobiliser pour contrer la répression, maintenir le mouvement lancé jusqu’à maintenant, lui assurer une base solide. Les dix prochains jours ont une valeur décisive pour savoir si, oui ou non, les personnes voulant défendre les animaux sont capables de se mobiliser réellement ou non.

Voici le communiqué de la “Société de Vènerie”.

La Société de Vènerie dénonce le recours à la violence physique des opposants à la chasse à courre

A la suite des incidents provoqués par le collectif AVA samedi 17 mars, à proximité de Compiègne, la Société de Vènerie dénonce le recours à la violence physique, les provocations et le double-discours des opposants à la chasse à courre.

Samedi 17 mars, le collectif Abolissons la Vènerie Aujourd’hui (AVA) a franchi une nouvelle étape en s’attaquant physiquement à plusieurs membres de l’équipage « La Futaie des amis » en lisière de la forêt de Compiègne.

Au cours de l’après-midi, une dizaine d’hommes cagoulés ont frappé violemment un chauffeur d’un des véhicules de sécurité de l’équipage. Une heure plus tard, aux abords de la N31, les activistes anti-chasse ont réitéré leurs attaques envers plusieurs suiveurs et bénévoles venus assister à la chasse en famille, dont certains ont tenté de se défendre. L’équipage a appelé en urgence la gendarmerie qui est intervenue, accompagnée de CRS, pour rétablir l’ordre et assurer la protection des personnes. L’auteur des coups est actuellement recherché.

Ces agissements sont graves et illustrent le passage à la violence de ce collectif soi-disant pacifiste. Preuve qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé, des activistes anti-chasse avaient également employé la violence contre le Rallye Pigerat le 3 mars dernier dans les Deux-Sèvres, occasionnant des blessures sur plusieurs membres et une ITT de 8 jours pour un veneur.

Présents chaque semaine dans l’Oise, les militants d’AVA mènent depuis plusieurs mois une campagne de harcèlement marquée par une volonté de saboter les chasses à courre, avec des obstructions illégales et flagrantes, réprimées par l’article R428-12-1 du Code de l’Environnement. La tactique grossière des activistes anti-chasse visant à se faire passer, sur les réseaux sociaux notamment, pour des victimes et des opprimés politiques ne doit duper personne. Menaçants et insultants, ils kidnappent les chiens, effrayent les chevaux et cherchent à pousser les veneurs à la faute, afin de créer un climat anxiogène propice à la diffusion de leurs contre-vérités.

Activité naturelle consistant à chasser un animal sauvage uniquement à l’aide de chiens courants, la chasse à courre est, quant à elle, une activité légale et rigoureusement encadrée.

Comme le rappelle Pierre de Roüalle, président de la Société de Vènerie, « Quelle que soit l’opinion des militants anti-vènerie, elle ne peut en aucun cas justifier le recours à la violence physique et le sabotage. La Société de Vènerie appelle au calme en toutes circonstances et ce malgré les provocations évidentes d’AVA. Mais veneurs et suiveurs supportent de plus en plus difficilement le harcèlement des activistes et cette position devient difficile à tenir ».

Prônant la transparence, la Société de Vènerie se tient à disposition des autorités pour faire toute la lumière sur cette affaire.

“Le printemps 2018 s’annonce silencieux dans les campagnes françaises”

Le Muséum national d’Histoire naturelle a publié hier un communiqué littéralement terrifiant au sujet de la situation des oiseaux dans les campagnes. Nous assistons à un véritable écocide et l’humanité est d’une passivité complète.

Seul un engagement total de ceux et celles qui ont conscience peut servir de dynamique pour renverser la tendance, libérer les consciences, aller à l’affrontement avec un système détruisant la planète !

DEUX NOUVELLES ÉTUDES DÉMONTRENT QUE LES OISEAUX DES CAMPAGNES FRANÇAISES DISPARAISSENT À UNE VITESSE VERTIGINEUSE.

Les derniers résultats de deux études de suivi des oiseaux, l’une menée à une échelle nationale, l’autre plus localement, viennent de sortir.

Les chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle et du CNRS arrivent au même constat : les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en 15 ans.

Au vu de l’accélération des pertes ces deux dernières années, cette tendance est loin de s’infléchir…

Grâce à des ornithologues amateurs et professionnels qui identifient et comptent les oiseaux sur tout le territoire métropolitain, le STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs, un programme de sciences participatives porté par le Muséum national d’Histoire naturelle au sein du CESCO1), produit des indicateurs annuels sur l’abondance des espèces dans différents habitats (forêt, ville, campagne etc.).

Les relevés effectués en milieu rural mettent en évidence une diminution des populations d’oiseaux vivant en milieu agricole depuis les années 1990.

Les espèces spécialistes de ces milieux, comme l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan, ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans. Et les chiffres montrent que ce déclin s’est encore intensifié en 2016 et 2017.

Ces résultats nationaux sont confirmés par une seconde étude menée à une échelle locale sur la Zone atelier « Plaine & Val de Sèvre » portée par le CNRS. Depuis 1995, des chercheurs du CEBC2 suivent chaque année, dans les Deux-Sèvres, 160 zones de 10 hectares d’une plaine céréalière typique des territoires agricoles français.

En 23 ans, toutes les espèces d’oiseaux de plaine ont vu leurs populations fondre : l’alouette perd plus d’un individu sur trois (-35%) ; avec huit individus disparus sur dix, les perdrix sont presque décimées.

Ce déclin frappe toutes les espèces d’oiseaux en milieu agricole, aussi bien les espèces dites spécialistes – fréquentant prioritairement ce milieu -, que les espèces dites généralistes – retrouvées dans tous les types d’habitats, agricoles ou non.

Or d’après le STOC, les espèces généralistes ne déclinent pas à l’échelle nationale ; la diminution constatée est donc propre au milieu agricole, sans doute en lien avec l’effondrement des insectes.

Cette disparition massive observée à différentes échelles est concomitante à l’intensification des pratiques agricoles ces 25 dernières années, plus particulièrement depuis 2008-2009. Une période qui correspond entre autres à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune, à la flambée des cours du blé, à la reprise du sur-amendement au nitrate permettant d’avoir du blé sur-protéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques très persistants.

Ces deux études, menées toutes deux sur une vingtaine d’années et à des échelles spatiales différentes, révèlent l’ampleur du phénomène : le déclin des oiseaux en milieu agricole s’accélère et atteint un niveau proche de la catastrophe écologique.

En 2018, de nombreuses régions de plaines céréalières pourraient connaître un printemps silencieux (« Silent spring ») annoncé par l’écologue américaine Rachel Carson il y a 55 ans à propos du tristement célèbre DDT interdit en France depuis plus de 45 ans.

Si cette situation n’est pas encore irréversible, il devient urgent de travailler avec tous les acteurs du monde agricole pour accélérer les changements de pratiques ; et d’abord avec les agriculteurs qui possèdent aujourd’hui les clés pour infléchir la tendance.

1 Centre des sciences de la conservation (Cesco – MNHN/CNRS/SU)
2 Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS/Université de La Rochelle)

Pourquoi les végans auraient “tout faux”

C’est en quelque sorte un cadeau printanier que la tribune “Pourquoi les végans ont tout faux” publié hier par Libération et écrite par Paul Ariès, politologue , Frédéric Denhez, journaliste, chroniqueur («CO2 mon amour» sur France Inter) et Jocelyne Porcher, sociologue, directrice de recherches à l’Inra.

Il est rare en effet de voir un tel condensé de mauvaise foi, de paranoïa, d’arguments faux, mensongers, provocateurs !

Le passage le plus intéressant est en tout cas celui où il est dit que le véganisme implique la soumission aux multinationales. C’est indéniable : le véganisme implique la fusion de l’humanité et des entreprises à l’échelle mondiale.

Cela ne veut pas dire la soumission aux multinationales telles qu’elles existent aujourd’hui pour autant, bien entendu. Cela veut juste dire une économie organisée à l’échelle mondiale et c’est cela qui provoque la panique de ceux qui tiennent au capitalisme, à un monde divisé en nations, aux petites entreprises, aux communautés séparées…

En ce sens, les auteurs de la tribune sont bien des “réacs”, avec un éloge de la “terre” classiquement pétainiste, comme en témoigne l’accusation selon laquelle le véganisme veut des “paysages transformés en sanctuaires”. On ne dira jamais assez à quel point cette défense du concept de paysage est le coeur absolu du pétainisme, de l’idéologie du terroir, de la réduction du monde à un décor pour une humanité auto-centrée.

Faut-il en 2018 être totalement aliéné pour dénoncer la formation de sanctuaires naturels!

Ils sont peu nombreux, mais ils ont une audience impressionnante. Comme ce qu’ils disent semble frappé au coin du bon sens, celui de l’émotionnel et d’une morale binaire, le bien, le mal, c’est que ça doit être vrai.

D’où le succès de la propagande végane, version politique et extrémiste de l’abolitionnisme de l’élevage et de la viande, que l’on mesure simplement : aujourd’hui, les opinions contraires, pourtant majoritaires, doivent se justifier par rapport à elle.

Nous dénonçons d’autant plus le mauvais coup que porte le véganisme à notre mode de vie, à l’agriculture, à nos relations aux animaux et même aux courants végétariens traditionnels, que nous sommes convaincus de la nécessité d’en finir au plus vite avec les conditions imposées par les systèmes industriels et d’aller vers une alimentation relocalisée, préservant la biodiversité et le paysan, moins carnée, aussi.

L’Occident et les riches des pays du Sud consomment trop de viandes, et surtout de la mauvaise viande. Au Nord comme au Sud, les systèmes industriels ont changé l’animal en machine à transformer la cellulose des plantes en protéines bon marché pour le plus grand profit des multinationales et au détriment des paysans, des consommateurs, des sols, de l’eau et des animaux.

Le bilan sanitaire et écologique de ces rapports de travail indignes aux animaux est tout aussi mauvais que celui du reste de l’agriculture productiviste : on empoisonne les consommateurs avec de la mauvaise viande, de mauvais légumes et fruits, en dégradant l’environnement et la condition paysanne. Ceci étant dit, regardons un peu les arguments avancés par les végans.

Les végans vont sauver les animaux

Depuis douze mille ans, nous travaillons et vivons avec des animaux parce que nous avons des intérêts respectifs à vivre ensemble plutôt que séparés. Les animaux domestiques ne sont plus, et depuis longtemps, des animaux «naturels».

Ils sont partie prenante du monde humain autant que de leur propre monde. Et, grâce au travail que nous réalisons ensemble, ils ont acquis une seconde nature qui fait qu’ils nous comprennent, bien mieux sans doute que nous les comprenons.

Ainsi est-il probable qu’ils ne demandent pas à être «libérés». Ils ne demandent pas à retourner à la sauvagerie. Ils ne demandent pas à être stérilisés afin de peu à peu disparaître, ainsi que le réclament certains végans. Ils demandent à vivre avec nous, et nous avec eux, ils demandent à vivre une existence intéressante, intelligente et digne.

Le véganisme va nous sauver de la famine

Jusqu’à il y a peu, rappelons-le, les hommes et les femmes mouraient vite de trois causes possibles : les maladies infectieuses, la guerre et la faim. Or, depuis la fin du XVIIIe siècle, dans nos pays européens, et depuis les années 60 dans l’ensemble du monde, il n’existe plus de famines liées à un manque de ressources.

Quel progrès ! Les famines qui adviennent sont des armes politiques. Quand des gens meurent de faim quelque part, c’est parce que d’autres l’ont décidé. On ne voit pas en quoi le véganisme changerait quoi que ce soit à cette réalité.

Le véganisme va sauver l’agriculture

Ce serait même exactement l’inverse. Si les famines ont disparu de notre sol, c’est parce que le XVIIIe siècle a connu la plus grande révolution agricole après celle de son invention : l’agronomie. Et la polyculture-élevage, pourvoyeuse de ce qui se fait de mieux pour nourrir un sol, le fumier.

Une des meilleures idées que l’homme ait jamais eue. Quant à l’industrialisation de l’élevage, elle n’est pas née après la Seconde Guerre mondiale avec le productivisme agricole. Elle a été pensée bien en amont, au milieu du XIXe siècle avec le développement du capitalisme industriel. Les animaux sont alors devenus des machines dont la seule utilité est de générer des profits, aux dépens des paysans et de l’environnement.

Le véganisme va sauver notre alimentation

Le véganisme propose de se passer des animaux, pour les sauver. Retour à la case départ : l’agriculture sans élevage, c’est l’agriculture famineuse parce qu’elle épuise les sols. Ce sont des rendements ridicules pour un travail de forçat car le compost de légumes est bien moins efficace pour faire pousser des légumes que le fumier animal.

A moins de forcer le sol par de la chimie, évidemment. Et de labourer bien profondément. Mais, dans ce cas, on abîme les sols, en désorganisant l’écosystème qu’il est en réalité.

Le véganisme sauvera notre santé

Tuer l’animal, c’est mal, manger de la viande, c’est destructeur. Car les études montrent que la consommation de viandes est corrélée au cancer. Sauf que ces études ont été principalement menées aux Etats-Unis et en Chine, où l’on consomme bien plus de viande, encore plus gavée d’hormones et d’antibiotiques, encore plus transformée.

Quant aux études démontrant la longévité supérieure des végétariens qui – rappelons-le – consomment des produits animaux, lait et œufs, et dépendent donc de l’élevage, elles sont biaisées par le constat que ces publics consomment aussi très peu de produits transformés, peu de sucres, ils font du sport, boivent peu, ils ont une bonne assurance sociale, etc.

Quelle est la responsabilité des légumes dans leur bonne santé ? Difficile à dire ! Ce qui importe, c’est le régime alimentaire et le mode de vie équilibrés. En comparaison, manger végan, l’absolu des régimes «sans», c’est se condamner à ingurgiter beaucoup de produits transformés, c’est-à-dire des assemblages de molécules pour mimer ce qu’on a supprimé.

Sans omettre d’ajouter la précieuse vitamine B12 à son alimentation. Car sans elle, comme le montrent de nombreux témoignages d’ex-végans, ce régime ultra-sans détruit irrémédiablement la santé, à commencer par celle de l’esprit.

Le véganisme va sauver l’écologie

Avec ce retour au naturel, l’écologie est sauvée. Et bien non. Car ayant expulsé les animaux domestiques, il n’y a plus rien pour maintenir les paysages ouverts, ceux des prairies, des zones humides, des montagnes et des bocages.

Sauf à obliger chômeurs, prisonniers et clochards à faucher et à couper les herbes, ou à produire des robots brouteurs. Les vaches et moutons sont les garants de l’extraordinaire diversité paysagère qui fait la France, qui est aussi celle de notre assiette. Les animaux et leurs éleveurs sont les premiers aménageurs du territoire.

Le véganisme est une position politique émancipatrice

Non, contrairement à ce que croient de nombreux jeunes, fiers de dire «je suis végan», comme s’ils participaient à une action révolutionnaire, ou si leurs actions contre les abattoirs ou les paysans vendant leurs fromages sur les marchés relevaient de la résistance à l’ordre établi, le véganisme ne participe pas à l’émancipation des animaux et encore moins à celle des humains.

Au contraire, en défendant une agriculture sans élevage et un monde sans animaux domestiques, c’est-à-dire sans vaches, ni chevaux, ni chiens, ce mouvement nous met encore plus dans les serres des multinationales et accroît notre dépendance alimentaire et notre aliénation. Les théoriciens et militants végans ne sont pas des révolutionnaires, ils sont, au contraire, clairement les idiots utiles du capitalisme.

Le véganisme est l’ambassadeur de l’industrie 4.0

Le grand danger de ce début du XXIe siècle est bien l’invention d’une agriculture sans élevage. On ne compte plus les investissements et brevets déposés pour produire de la «viande» en cultivant en laboratoire des cellules musculaires de poulet, de bœuf ou de porc ou produire du lait et des œufs à partir de levures OGM.

Les promoteurs de cette agriculture cellulaire se recrutent au sein des grandes firmes (Gafa, milliardaires et fonds d’investissements puissants). Les premières viandes artificielles pourraient être introduites sur le marché sous forme de carpaccio avant que soient commercialisés avant dix ans de «vrais-faux» morceaux produits in vitro. Des amas de protéines qui auront poussé à grands jets d’hormones pour favoriser la croissance et d’antibiotiques pour éviter les contaminations.

En vérité, le véganisme ne va pas nous sauver

Le véganisme est dangereux. Il participe à la rupture programmée de nos liens avec les animaux domestiques. Il menace de nous condamner à la disette en nous ramenant à l’agriculture prédatrice des temps anciens. Il menace de ruiner les pratiques alternatives, comme le bio, en annihilant la polyculture-élevage qui est son fondement.

Il menace de nous condamner à dépendre d’une alimentation industrielle 4.0. Il menace d’uniformiser nos paysages. Il menace paradoxalement de nous faire perdre notre humanité incarnée et notre animalité en nous coupant des réalités naturelles par des zoos virtuels, des paysages transformés en sanctuaires, avec des chiens et chats remplacés par des robots. Le véganisme est l’allié objectif d’une menace plus grande encore.

Car, après tout, la meilleure façon de ne plus abîmer la nature est de s’en couper totalement. De s’enfermer dans des villes, alimentées par des flux de molécules et des flux de données. Plus de sale, plus de propre, que de l’esprit sain tourné vers une morale ultime, l’amélioration de l’homme par son isolement total de la nature que l’on ne peut maîtriser et qui nous renvoie sans cesse à notre animalité. Oui, véganisme rime avec transhumanisme.

Un monde terrifiant. La consommation de la viande a introduit, dès la préhistoire, l’obligation du partage, l’invention de la logique du don et du contre-don car un chasseur ne consomme jamais son propre gibier.

Don et contre-don sont aussi au fondement de nos rapports sociaux avec les animaux. Donner – recevoir – rendre est le triptyque de nos liens. Que sera l’humanité sans cet échange fondamental ?

Paul Ariès auteur de : Une histoire politique de l’alimentation du Paléolithique à nos jours,Max Milo, 2017.
Frédéric Denhez auteur de : le Bio, au risque de se perdre, Buchet-Chastel, 2018.
Jocelyne Porcher auteure de : Encore carnivores demain ? Quae, 2017 (avec Olivier Néron de Surgy).

Documentaire sur la situation de la chasse à courre en Picardie

Quel courage, quelle abnégation. On ne peut qu’être frappé de cet engagement fait en Picardie pour contrer la chasse à courre…

Et à quel prix ! Hier la trentaine d’activistes d’AVA présents en forêt de Compiègne ont connu des agressions en série : pris en chasse par des cavaliers, fouettés, tabassés… Avec deux personnes terminant aux urgences…

Pour sauver un cerf, qui a pu donc échapper aux veneurs.

Voici un documentaire de la chaîne LCP (celle de l’Assemblée nationale) sur ce qui se passe là-bas ; mis en ligne il y a deux jours, il se conclue évidemment par un appel à débloquer la question de manière électorale.

Mais le fait est que l’opinion publique française est en très large majorité contre la chasse à courre, que celle-ci ne se maintient que par l’alliance d’Emmanuel Macron, de toutes les forces néo-féodales locales, de toutes les traditions de la France profonde… Alliance qui verrouille tout, créé une chape de plomb anti-démocratique….

[Ajout : LCP a mis la vidéo en privée, on ne peut plus la partager! Mais il est possible de la voir ici : http://www.lcp.fr/la-politique-en-video/chasse-courre-le-grand-fosse]

“PMA-GPA : les Français sont pour”

Le Nouvel Obs – qui représente la gauche libérale dans les mœurs et sociale en économie, bref la gauche française aujourd’hui malheureusement – publie aujourd’hui un numéro qui nous confronte à une simple vérité : nous étions coincés et nous allons l’être encore plus.

Entre qui et qui, entre quoi et quoi ?

Entre les bobos qui, en prétendant représenter le progrès, prônent le turbo-capitalisme le plus violent, présenté comme le moyen d’obtenir des « droits »… Et les fachos qui s’organisent comme jamais en ce moment, justement sur les sujets de bioéthique, afin de faire passer leur conservatisme.

C’est le prix à payer pour la stupidité et le libéralisme, que les Français assument en toute bonne foi, avec un déni complet de responsabilité et de réflexion. Voici en effet les résultats sondages du Nouvel Obs sur la PMA et la GPA (même si bien entendu les sondages sont toujours à relativiser).

On y voit quelque chose qu’on peut aisément constater ces dernières années : comme pour le cannabis, l’opinion publique a été travaillée au corps et les résultats sont un effondrement moral devant les coups de boutoir du capitalisme débridé.

Le rejet de la Nature est, du côté d’une majorité de personnes, clair et sans appel dans ces chiffres.

Une majorité de personnes est désormais favorable aux mères porteuses, c’est-à-dire à la réduction du corps à une marchandise. C’est déjà le cas avec le travail, mais là cela va encore plus loin.

Le “droit à l’enfant” – c’est-à-dire le fait de payer pour contourner techniquement, par le marché, le principe du couple – est également assumé. Le marché triomphe, la Nature est niée. Tout s’achète, tout se vend – et c’est appelé liberté, choix, droit.

L’un des arguments hypocrites des pro-mères porteuses a toujours été que cela devait être gratuit. Il va de soi, et nous l’avons dit, que c’était là un mensonge pour faire passer la pilule. Et cela a marché. Et forcément, une fois la GPA ouverte, dans l’esprit du marché, alors le fait de payer apparaît comme normal, tout simplment normal…

C’est une véritable catastrophe, qui va évidemment ravir deux camps : les bobos et ultas libéraux, ceux qui se disent de gauche alors qu’ils parlent de droits pour aider la conquête de nouveaux marchés par le capitalisme… et tous les fachos et religieux qui se préparent à se lancer dans de vastes campagnes pour dénoncer tout cela au nom de la religion.

Nous allons être encore plus coincés entre le marteau et l’enclume… Alors que la planète se meurt, assassinée par une humanité qui rêve soit du moyen-âge, soit d’une modernité où tout s’achète et se vend…

Le “véganisme” bobo bientôt passé de mode

Il faut bien boire le calice jusqu’à lie : il y a eu la vague du « véganisme » bobo, aux contours lâches et fuyants, caractérisé comme étant un esprit identitaire à la fois de mode et de fuite individuelle.

Et donc, il y a de plus en plus « l’après », c’est-à-dire ce moment où ce qui a été à la mode devient has been, dépassé, intégré au vaste panorama des panoplies qu’on peut assumer au gré de son envie.

Cela ne changera rien au fait qu’il continuera à exister un business « vegan ». Mais les prétentions de la conquête de la société s’avéreront définitivement vaines d’un côté, alors que de l’autre on considérera les vegans comme des bobos qui à un moment faisaient office de hipster.

Quand est-ce qu’a commencé cet « après », quand atteindra-t-il son apogée ? C’est difficile de dire, mais gageons que ces images tirées du magazine gratuit A nous Paris, distribué dans le métro parisien, en dit long sur la « révolution » – ou la « contre-révolution » si l’on voudra – qui est au moins en cours, si ce n’est achevé.

Pourquoi cela ? Parce que le véganisme demande trop de discipline pour des gens voulant soit être branché, soit simplement fuir des choses qu’ils trouvent affreuses, mais sans refuser pour autant les valeurs dominantes.

Ne peuvent surnager dans une telle situation que des gens faisant partie d’une communauté – économique avec le business, ou associatif avec un militantisme très symbolique – ou bien des gens s’étant forgé une identité antagonique (ce qui est bien entendu notre choix).

Autant dire : cela ne fait pas grand monde. Certains ont, pour cette raison, décider d’aller vendre le véganisme à la France Insoumise, dans le prolongement de la « convergence des luttes » de la Nuit debout, qui disposait elle aussi d’une « commission antispéciste ».

Sauf qu’en fait de convergence, il y a juste de la récupération du véganisme comme ustensile de plus dans le caddie de la protestation. Le véganisme ne peut pas exister comme « ajout », comme « valeur ajoutée » : soit il est dans la matrice d’un mouvement, dans son identité à la base même, soit il n’existe pas, ou alors comme une sorte de succédané fictif.

D’ailleurs, tous ces gens qui se disent vegans, le sont-ils seulement réellement ? Quand on voit comment pour Aymeric Caron, il y a eu sans cesse des ambiguïtés (comme quoi il l’est, est en passe de l’être, l’est « presque », etc.), on peut en douter.

Qu’il y ait un élan chez certains, c’est certain. Que l’effort soit prolongé et surtout bien ancré, on peut en douter. S’il y avait vraiment une massification, il y aurait des tendances, des débats, des engagements dans les refuges, des groupes se montant ici et là, bref une effervescence.

Ce n’est pas le cas, tout est atomisé. C’est donc bien qu’il y a un problème à la base même. Et ce problème, il touche à la nature même du véganisme qui s’est développé ces dernières années, comme forme individuelle, symbolique, libérale dans ses principes, réduisant les animaux à des symboles d’opprimés, niant leur réalité naturelle.

Où sont les vegans passionnés par les animaux et la Nature ? Voilà finalement la vraie question. Et c’est précisément en raison de cet absence qu’A nous Paris peut réduire le véganisme à une caricature, à un phénomène de mode, à un caprice.

Ce serait terrible si, en 2030, en regardant derrière soi, on dirait : le véganisme des années 2010 en France n’a été qu’un caprice de petit-bourgeois sans esprit de suite, seulement préoccupés par combiner business individuel et fuite sociale.

Cela le serait moins si on constaterait également que le véganisme des années 2020 était celui de la confrontation sans compromis en défense de la Nature… Il n’y aura pas de compromis, plus de négociations

Tribune : “Chasse à courre et répression”

Depuis le mois d’octobre 2017, le mouvement d’opposition à la chasse à courre (aussi appelée vénerie) prend de l’ampleur dans le pays. Mais, malgré les 84% de français opposés à cette pratique (sondage IFOP/Fondation Brigitte Bardot), l’abolition ne tombe pas du ciel.

Dans l’Oise, les habitants des villages ont décidé de s’organiser pour la défense de la Nature, mais aussi pour le simple respect de leurs droits et de leur quiétude. Car les incidents continuent de se multiplier dans les villages : Bonneuil-en-Valois fin décembre, Choisy-au-Bac début janvier, Pont-Sainte-Maxence début février…

A chaque fois, ces scènes donnent lieu à des affrontements entre les habitants et les veneurs, repoussés  souvent avec l’appui des maires.

Ces derniers sont de plus en plus nombreux à adopter des arrêtés municipaux interdisant le passage de la chasse à courre dans leur commune, mais ceux-ci sont constamment violés. La contestation gagne maintenant la forêt elle-même.

Chaque mercredi et samedi, des habitants se réunissent sous la bannière d’AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui) jusqu’à être parfois une soixantaine. Ils suivent les chasses à courre et en documentent les méfaits.

Les méthodes d’action sont clairement pacifiques : une charte proscrit toute violence, injure ou dégradation.
Au grand dam des veneurs, les policiers qui assistent à ces sorties depuis le mois de novembre n’ont relevé aucune infraction.

Privés de recours légaux, la Fédération des Chasseurs de l’Oise saisit alors le préfet Louis Le Franc. Celui-ci les assure immédiatement de « son entier dévouement » : « La sécurité et le bon déroulement de ces chasses traditionnelles sont, pour le représentant de l’Etat que je suis, une priorité.

Face à cette situation, j’ai donné des instructions précises à la Gendarmerie Nationale pour que soient interpellés et poursuivis les individus pris en flagrant délit d’entrave au droit de chasse ».

Samedi 17 février, Guy Harlé d’Ophove, président de la FDC60, invite le préfet sur place, à l’arrière de son 4×4.

Ils tentent ensemble d’intimider les habitants. Mis en file indienne à un carrefour de forêt, certains d’entre eux subissent menaces et contrôles d’identité. Des brigades de Gendarmerie de tout le département sont mobilisées pour une séance d’intimidation. « Je veux que cela cesse, laissez-les chasser ! ».

Les veneurs, les encerclant à cheval, se délectent de la scène. Mais comme d’habitude, aucun délit n’est constaté, et à peine la mise en scène terminée, les activités reprennent des deux côtés.

Le préfet, quant à lui, ne communique pas aux médias sa présence ce jour là. Loin de calmer le jeu, cette démonstration de force, hors de tout cadre légal, vient arbitrairement renforcer une position contre une autre, et ainsi aggraver le climat de violence.

Car deux jours avant, un événement est survenu, symptomatique du sentiment d’impunité des veneurs qui va crescendo.

Lors d’une promenade, quatre personnes tombent sur un rassemblement d’une centaine d’entre eux dans un lieu public, apprécié des familles le week-end.

Reconnus comme des opposants à la chasse à courre, les quatre personnes (trois femmes et un homme) sont frappées, et poursuivies jusqu’à leur voiture par une quinzaine d’hommes armés de fouets.

Ceux-ci leur volent un téléphone, et prennent en photo leurs plaques d’immatriculation.

Moins d’une semaine plus tard, le propriétaire du journal « Oise hebdo » signera un article révélant l’identité d’un des militants, ainsi que des informations sur sa vie privée, son métier et sa famille. Celui-ci est depuis victime de menaces quotidiennes.
Quand la sécurité des personnes n’est pas assurée, la liberté d’expression n’est plus qu’une chimère.
Beaucoup craignent que cette situation se généralise dans l’Oise, car le plus inquiétant reste à venir. Le département est le théâtre d’une expérimentation inédite en France. La préfecture vient de signer un partenariat avec la Fédération des Chasseurs locale : les « Chasseurs Vigilants ».

Une véritable milice armée de deux cents hommes recevra le rôle d’assister la Gendarmerie dans les « zones forestières » et de « campagne profonde ».

Satisfait, Guy Harlé d’Ophove qualifie ce nouveau détachement de « RG des campagnes », et prévient les critiques : « si ces gens ne sont pas contents, qu’ils restent dans les villes ». Le sentiment de toute-puissance des veneurs ne peut alors que se renforcer, finissant d’enterrer tout débat d’idées.

Par la présente tribune, nous affirmons notre solidarité aux personnes intimidées et violentées. Nous exigeons la fin de ce climat de menace constante dans nos campagnes.

Nous demandons au préfet l’arrêt immédiat du protocole « Chasseurs Vigilants », dont la partialité est insupportable, donnant le pouvoir de loi à un groupe d’intérêt de manière anti-démocratique.

Nous demandons expressément que le préfet de l’Oise, Louis Le Franc, donne des garanties de liberté d’expression aux personnes opposées à la vènerie et mette tout en œuvre pour les protéger des violences lors de leurs actions pacifiques, comme à leur domicile, faisant respecter l’ordre républicain dont il a la charge.

Les signataires :

– One Voice

– L.214

– Fondation Brigitte Bardot

– Réseau-Cétacés

– Collectif pour l’Abolition de la Chasse à Courre

– SAMA Protection Animale (Saint-Quentin)

– Laterredabord.fr

– PicardiePopulaire.net

– AGauche.org

– Parti Animaliste

– ASPAS

– Xavier Renou (Les Désobéissants)

– Aymeric Caron (auteur, Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant)

– Eric Damamme (VASARA, fondateur de 269 Life France)

– Pierre Athanaze (Action Nature Rewilding France)

– Gérard Charollois (Convention Vie et Nature)

– Christophe Leprêtre (Parti Antispéciste Citoyen pour la Transparence et l’Éthique)

– Marc Vallaud (Collectif Contre l’Exploitation et l’Expérimentation Animales)

– Yves Bonnardel (auteur et chercheur, SFR université de Grenoble)

– Marc Giraud (journaliste, auteur)

– Rémi Gaillard (humoriste)

– Jean-Marc Sauvagnargues, Laurent Honel et Paul Léger (Fatals Picards)

Govrache (chanteur)

– Djamel Vice (rappeur)

– Pierre Rigaux (auteur)

MAN (dessinateur)

– Brigitte Bardot (actrice)

– Xavier Matthieu (acteur, ancien syndicaliste chez Continental-Clairoix)

– Gérard Filoche (Gauche Démocratique et Sociale)

– Cédric Maisse (Aube Nouvelle)

– Laurence Parisot (chef d’entreprise)

– Jean-Luc Mélenchon (député des Bouches du Rhone)

– Michel Larive (député de l’Ariège)

– Bastien Lachaud (député de Seine-Saint-Denis)

– Eric Coquerel (député de Seine-Saint-Denis)

– Muriel Ressiguier (députée de l’Hérault)

– Maud Petit (députée du Val de Marne)

– Maud Assila (secrétaire nationale du Parti de Gauche)

– Lionel Ollivier (maire de Clermont de l’Oise)

– Marie-Laure Darrigade (conseillère municipale d’Agnetz, Oise)

– Stéphane Coville (conseiller municipal de Venette, Oise)

– Corinne Morel-Darleux (conseillère régionale Rhone-Alpes)

– Laurent Grenier et Martin Battaglia (France Insoumise Oise)

– Matthieu Ricard (auteur)

– Guillaume Meurice (animateur radio)

Page mediapart

Page facebook d’AVA

Si tu veux faire mon bonheur… Marguerite, Marguerite

Le terme de marguerite en français peut désigner un prénom comme une fleur. Ce qui intéressant, c’est que ce n’est pas le cas dans les autres pays, où si le prénom existe, le terme désignant la fleur est différent. Pourtant, tant le prénom que la fleur ont eu un succès historique très grand, notamment au moyen-âge.

Il est intéressant de voir comment en France, pour une fois, nature et culture se sont ouvertement combinés.

Le terme « marguerite » vient du sancrit mañjarī, la perle, ainsi que du persan Morvarid, signifiant également la perle, ou plus exactement l’enfant de la lumière, la perle apparaissant ici de manière imagée comme le fruit de la goutte de rosée de la lumière de la lune.

C’est sans doute à la suite des conquêtes d’Alexandre le grand que la fleur est parvenue en Grèce, et marguerite vient du grec μαργαρίτης (margarites), voulant également dire la perle.

Est-ce la beauté de la fleur qui a fait qu’on l’a désigné comme perle en français, puisque le terme de margerie voulait dire perle au moyen-âge ?

En tout cas le succès de la marguerite ne s’est jamais arrêté et on connaît le principe de l’effeuiller en se question : elle/il m’aime un peu beaucoup à la folie pas du tout etc., jusqu’à ce que la dernière pétale décide de la réponse.

Le prénom a été prétexte à de nombreuses chansons, comme un tube de Richard Cocciante, tiré de l’album Concerto per Margherita en 1978.

De manière plus rigolote, on a le fameux Si tu veux faire mon bonheur de Harry Fragson. Cette chanson de 1913 est indirectement connue de tout le monde.

Pas seulement parce qu’elle a connu une variante assez connue comme comptine, mais c’est surtout de cette chanson qu’est tiré le grand refrain classique (et vulgaire des manifestations (X, si tu savais, ta réforme, ta réforme, où on s’la met).

Comme quoi on peut être certain que toute personne ayant lu cet article pourra désormais briller à chaque moment de contestation en expliquant l’origine mélodique du slogan…

Voici les paroles qui valent le détour de par leur approche humoristique, peut-être en partie féministe de par le caractère bien trempé du caractère de Marguerite.

Connaissez-vous Marguerite
Une femme ni grande ni p’tite
Qu’a des yeux troublants
Un teint rose et blanc
Une p’tite bouche d’enfant ?

Eh bien cette beauté suprême
Quand je lui ai dit je t’aime
M’a donné des fleurs
Me disant farceur
Je veux faire ton bonheur !
J’lui dis merci du bouquet
Mais c’est pas ça qu’il faudrait :

Si tu veux faire mon bonheur
Marguerite Marguerite
Si tu veux faire mon bonheur
Marguerite donne-moi ton cœur

Elle me dit comme c’est dimanche
Je vais mettre ma robe blanche
Mes souliers d’satin
Et dans un sapin
Nous filons à Tabarin

Elle ne dansait pas en m’sure
Elle piétinait ma chaussure
Dans mon œil bientôt
Elle me plante presto
L’épingle de son chapeau
Tu me crèves l’œil c’est gentil
Mais c’est pas ça qui m’suffit !

Si tu veux faire mon bonheur
Marguerite Marguerite
Si tu veux faire mon bonheur
Marguerite donne-moi ton cœur

Le soir même sous sa fenêtre
J’chantais pour la voir paraître
Je suis malheureux
Car tes jolis yeux
Ont mis tout mon cœur en feu !

Alors elle par bonté d’âme
M’envoie pour éteindre ma flamme
Un seau d’eau vivement
M’disant gentiment
Es-tu plus heureux maintenant ?
J’lui dis merci du seau d’eau
Mais c’est pas ça qu’il me faut

Si tu veux faire mon bonheur
Marguerite Marguerite
Si tu veux faire mon bonheur
Marguerite donne-moi ton cœur

Comme c’est une jeune fille bien sage
Elle dit j’connais que l’mariage
Je lui dis j’veux bien
Et dès le lendemain
Son père m’accordait sa main

L’soir d’la noce après la fête
Elle me dit en tête-à-tête
Toi tu m’as donné
Ton nom à porter
Moi j’peux plus rien te refuser

Ayant tiré les verrous
Elle me dit mon cher époux
Maintenant pour ton bonheur
Marguerite Marguerite
Maintenant pour ton bonheur
Marguerite te donne son cœur !

[Petit ajout : la chanson est également présente dans le film très connu La grande illusion de Jean Renoir, de 1937.]

 

Le prénom a été très populaire au moyen-âge, ainsi que par la suite sauf en France où il est tombé en désuétude après 1945. Ce succès est vrai en fait dans tous les pays où le christianisme a prédominé : Margaret en allemand, Margaret en anglais, Margarete en allemand, Margarita en espagnol, Maarit en finnois, etc.

Il y a des variantes également : la fleur a comme nom Daisy en anglais, et c’est un prénom également. Il y a aussi des diminutifs : Gretchen en allemand, Mette au Danemark, Rada en serbe, Marjeta en slovène, Markéta en tchèque, Peggy, Megan ou encore Marge dans la langue anglaise, Margit en suédois mais aussi en français Magalie, Margaux, Margot.

Par contre, la fleur a un autre nom dans les autres pays, sauf en Allemagne. Il y a un nombre véritablement innombrable de termes locaux, mais le terme de margerit l’a emporté. Juste avant la première guerre mondiale, la journée des fleurs consacrée à la marguerite consistait en une grande vente de fleurs aux bénéfices des hôpitaux pour enfants, dans une optique de charité plutôt conservatrice.

Du point de vue botanique, la marguerite est sinon la Leucanthemum vulgare, ou marguerite vulgaire. Il est toujours étrange de voir ce terme de « vulgaire », comme si, finalement, il y avait quelque chose de ne pas suffisant dans cette fleur.

Un site sur les belles fleurs de France dit, on devine avec mépris, qu’elle est « Très commun dans toute la France continentale et la Corse ».

C’est qu’il en va des fleurs comme des objets : la rareté décide du prix, de la valeur. On perd sa capacité à s’émerveiller devant les choses simples…

“Salaire protégé à la Société protectrice des animaux”

Faut-il partager ce genre d’informations? C’est toujours délicat, car cela nuit à l’image des refuges. Mais ces histoires sur la SPA de Paris – rappelons qu’il y a plein de SPA autonomes et parfois reliées – témoignent encore une fois de la nécessité d’une intégrité totale ne pouvant aller qu’avec un engagement sur une base saine.

Evidemment, on ne peut pas attendre cela de quelqu’un passé qui a fait comme études l’IEP d’Aix Marseille III,  HEC management-CESA, qui a eu des postes de responsabilité chez Geodis, CMA CGM, Mory Group, SFP, Bolloré, etc.

Le documentaire “Inside straight edge”

Le documentaire « Inside straight edge » de 2008 présente le mouvement straight edge à ce moment-là aux Etats-Unis, avec un angle assez racoleur il est vrai, mais en partie vraie : le rapport à la violence.

On sait à quel point la société américaine, au tissu social délabré et à l’individualisme exacerbé, est marquée par la violence. Comme le mouvement straight edge s’est développée de manière populaire, il a réagi de manière immédiate à la confrontation : avec les nazis, avec les dealers.

On ne se prétend pas impunément contre l’alcool et les drogues dans un pays où justement la consommation d’alcool et le trafic de drogues ont autant d’importance. D’où une fraternité nécessaire, avec malheureusement également, en l’absence d’une compréhension sociale avancée, d’inévitables erreurs, fautes et drames.

Le documentaire ne comprend pas cela et a donc ses limites, mais il est intéressant culturellement. Puis il rappelle que la culture straight edge n’a rien à voir avec une sorte de démarche anarcho-pacifiste universitaire célébrant « l’amour libre ».

Être straight edge, c’est se confronter aux injonctions de la beauferie du triptyque alcool, drogues, coucher avec n’importe qui.

Aux Etats-Unis, avec le contexte américain, c’est explosif. Et que dire de certains pays d’Amérique latine, comme le Mexique, où l’inévitable affirmation anti-drogues ne pourra que prendre des formes extrêmement agressives, meurtrières ?

Lutte anti-chasse à courre en Ariège

Ne faites pas comme Céline Anaya Gautier, “végétarienne à tendance végan [sic] depuis plus de 12 ans”, qui publie très bientôt aux éditions Flammarion un ouvrage de photographies intitulé Chasse à courre, à la croisée des mondes, prétendant montrer de manière “neutre” ce crime.

Une telle publication, alors qu’en Picardie il y a une gigantesque campagne d’intimidation contre les anti-chasses à courre (menaces, diffusion des noms, des photos et des adresses, intimidations multiples, etc.), est un véritable acte de collaboration.

Mieux vaut faire comme certains en Ariège, montant un comité anti-chasse à courre. Bon courage à l’AVA Ariège !

Et bon courage à l’AVA Picardie, à l’origine d’un mouvement qui, espérons le, ne sera pas écrasé par la violence des pro-chasses à courre libérée par le soutien ouvert d’Emmanuel Macron à cette pratique.

“Vegan terror” à Grenoble

C’est une histoire dont un détail vaut le coup d’être connu, car l’enfer est dans les détails justement. Cela se passe à Grenoble, où il y a un restaurant qui s’appelle « La Boucherie de Grenoble ». Quelqu’un, dans la nuit de dimanche à lundi dernier, a écrit dessus « Vegan Terror ».

Il a également, ce qui est davantage marquant, brisé 14 vitres. De la peinture a aussi été projetée sur une sorte de statue de vache devant le magasin, qui fait partie d’une franchise, les restaurants s’appelant « la boucherie » et se définissant comme « le professionnel de la viande ».

En soi, rien de très original dans tout cela, même si on peut comprendre pourquoi France 3 région s’est emparé de l’affaire, puisque c’est une actualité locale. Que BFMTV l’ait également fait, c’est déjà plus étonnant, mais tout cela, somme toute n’a rien de fondamentalement surprenant.

Ce qui est par contre stupéfiant, ce sont les propos des propriétaires, s’ils s’avèrent vrais. Ils ont expliqué en effet :

« Pour les propriétaires, la thèse d’une délinquance inspirée par le véganisme ne tient pas du tout la route.

« Pour nous, c’est une fausse piste !, confie Marie-Anne Siaud.

Nous avons des vegans qui viennent manger chez nous, ils ne mangent pas de viande mais viennent quand même. Ce n’est pas parce que c’est marqué boucherie qu’on ne fait pas d’autres plats ! »

La conjonction des mots « Vegan » et « Terror » elle-même fait tiquer la gérante, qui connaît bien le véganisme pour avoir plusieurs membres de sa famille proche adeptes de ce mode de vie. »

Le véganisme serait-il donc considéré à ce point comme vélléitaire qu’il ne concernerait que de bobos s’aménageant une place dans la société ? S’il est vrai que des gens osant s’imaginer vegan mangent dans un tel restaurant, c’est la honte la plus totale. Et malheureusement, on peut craindre que c’est vrai. La réduction à un engagement individuel, coupé de l’ensemble de la société, peut effectivement amener à une telle aberration.

Des gens peuvent se dire que, en fin de compte, c’est leur choix personnel qui est déterminant, par rapport à eux-mêmes. Ils peuvent donc faire « abstraction du reste ».

Or, non pas qu’il faille se couper de la société, mais il y a des limites à la dignité… et non pas la sienne seulement, celle des animaux. Pourquoi pas aller manger au Mc Donald’s, pendant qu’on y est ? Certains diront que cela vaudrait le coup s’il y a une offre, car tout serait offre et demande…

C’est comme d’ailleurs, le goût de la viande, c’est-à-dire du meurtre : certains se disant vegan affirment l’aimer. C’est un problème culturel énorme. Comment d’ailleurs manger même des produits végétaliens ayant la forme d’animaux ? Quelle incohérence. Quelle horreur de commander, dans un restaurant végétalien, du “poulet”, du “porc”…

Un tel véganisme ne peut que s’effondrer devant les coups de boutoirs de l’idéologie dominante. Le véganisme implique une césure : qui ne l’assume pas s’effondre. Il est vraiment dommage qu’il n’y ait pas d’enquête sur les personnes ayant été véganes mais ne l’étant plus, un phénomène totalement nié, ce qui est absurde car étant d’une importance capitale.

On ne peut pas protéger le véganisme si on ne voit pas les failles existantes face aux contre-offensives culturelles. Et finalement, ne faudrait-il d’ailleurs pas dénoncer le véganisme comme « éthique individuelle », et lui opposer le véganisme comme morale ?

Bien que les deux mots, morale et éthique, aient un sens commun, cette histoire d’individualité est insupportable et le fait que les propriétaires du restaurant puissent même ne serait-ce que prétendre ce qu’ils disent sans que cela semble absurde en dit long sur la situation.

Car même si on peut trouver nul de signer « vegan terror », même si on considère que cette action n’apporte rien, on ne peut pas nier que cela correspond à une action vegane absolument cohérente. On peut être en désaccord, mais pas nier les faits : c’est une action végane militante, philosophiquement parlant.

On doit pour cette raison trouver incorrect l’appui fait par une association aux propos des propriétaires. Une association de l’Isère a en effet été interrogé à ce sujet et les propos choisis se placent directement en appui des propriétaires.

Or, est-il moralement correct de « réfuter » quelqu’un de vegan dans des médias non véganes ?

« Que pense une association Vegan* d’une telle affaire ? Lydie Visona, présidente de Cali (Cause animaux libre Isère) tient clairement à se démarquer d’un tel mode d’action.

« Je le réfute totalement, ce n’est pas comme cela qu’on fera passer notre message », nous dit-elle.

Et la militante de la cause animale de marquer son refus d’un slogan comme « Vegan Terror » : « Vegan, c’est un mouvement de compassion, pas un mouvement de terreur ! », assure-t-elle pour conclure. »

Réfuter quelque chose peut être juste selon son propre point de vue : cette association a fait le choix du pacifisme, considérant comme un acte militant de rester « immobiles pendant plusieurs heures, sans parler avec des affiches sur les animaux ».

Elle est donc cohérente en rejetant une action violente.  Notons par contre qu’elle ne l’est par contre pas du tout lorsqu’elle met en avant la « libération animale » sur ses réseaux sociaux, parce qu’un tel concept n’a rien de pacifiste. Quand on est pacifiste, on n’est pas pour la libération animale, on est pour la réforme, pour les droits des animaux, éventuellement pour l’abolitionnisme.

Mais passons, ce qui compte c’est ici la question : était-il juste d’ajouter sa voix à celle des propriétaires pour dénoncer une action végane, même si on la trouve erronée ?

Car, dans ce genre de situation, il n’y a pas trois camps, mais toujours deux. C’est d’une certaine être pris en otage, si l’on est en désaccord, c’est indéniable. Mais à un moment il faut choisir dans quel camp moral on se place.

Si on ne peut pas expliquer à un journaliste qu’il est cohérent que quelqu’un s’en prenne à une boucherie – même si l’on trouve cela erroné, contre-productif éventuellement – alors autant abandonner le véganisme directement et mettre la clef sous la porte.

On ne peut pas dire que les animaux se font torturer et exterminer par millions sur la planète et après pleurer pour quelques vitres. Ce serait aberrant. Un mouvement qui ne sait pas comprendre et saisir la nature de ses propres erreurs, s’il y en a, n’est pas un mouvement, mais l’image d’un mouvement, un fantôme.

Et à un moment donné, il faut choisir : veut-on réellement changer les choses, ce qui est compliqué, ce qui implique des faiblesses, des erreurs, ou bien veut-on juste s’intégrer dans la société en donnant un point de vue qui ne changera jamais rien?