Le climat de la France au 21ème siècle

Le ministère de l’écologie vient de rendre public un rapport, intitulé “Scénarios régionalisés”, édition 2014, faisant partie de la série “Le climat de la France au 21e siècle”. Une site existe également pour diffuser les cartes en rapport avec les prévisions faites.

De manière opportune, le ministère rappelle la tenue de la “Conférence internationale des Parties sur le Climat”, à Paris 2015, et donc la nécessité d’être au niveau… Mais n’est pas pour autant capable de donner un lien correct pour lire le rapport, puisque on y obtient qu’une courte présentation!

Il faut aller en fait sur le site du ministère du développement durable pour l’obtenir, et le rapport est donc disponible ici. Nous allons en reparler, mais en voici déjà quelques extraits significatifs.

Tout d’abord voici un résumé officiel des conclusions:

Principales conclusions du volume 4 « Scénarios régionalisés édition 2014 »

En métropole dans un horizon proche (2021-2050):
– une hausse des températures moyennes évaluée entre 0,6 et 1,3°C (plus forte dans le Sud-Est en été),
– une augmentation du nombre de jours de vagues de ch aleur en été, en particulier dans les régions du quart Sud-Est,
– une diminution du nombre de jours anormalement froids en hiver sur l’ensemble de la France métropolitaine, en particulier dans les régions du quart Nord-Est.

D’ici la fin du siècle (2071-2100), les tendances observées en début de siècle s’accentueraient, avec notamment:
– une forte hausse des températures moyennes : de 2,6°C à 5,3°C en été selon les scénarios utilisés,
– un nombre de jours de vagues de chaleur qui pourrait dépasser les 20 jours au Sud-Est du territoire métropolitain,
– des épisodes de sécheresse plus nombreux dans une large partie sud du pays, pouvant s’étendre à l‘ensemble du pays,
– un renforcement des précipitations extrêmes sur une large partie du territoire.

Ensuite, voici une présentation du nombre de jours de vague de chaleurs.

Le nombre de jours de vagues de chaleur modélisé par WRF et Aladin-Climat sur la période de référence 1976-2005 est compris entre 2 et 4 à l’Ouest du territoire, et va jusqu’à plus de 6 au Nord-Est pour Aladin-Climat.

A l’horizon 2021-2050, l’ensemble des modèles simule une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en moyenne sur les mois d’été. Pour les deux scénarios considérés, cette augmentation est modérée, allant de 0 à 5 jours sur l’ensemble du territoire, voire de 5 à 10 jours pour le scénario RCP4.5 dans des régions du quart Sud-Est.

Cette augmentation est encore plus importante en fin de siècle, et se situe pour le scénario RCP4.5 entre 5 et 10 jours sur les régions de l’Ouest, et jusqu’à 20 jours à l’Est du pays pour Aladin-Climat. Bien que l’amplitude du changement soit différente pour WRF et Aladin-Climat, les résultats mettent en évidence une augmentation globalement plus marquée en allant vers le Sud-Est, et ce pour les deux modèles.

Ces résultats sont encore plus marqués pour le scénario RCP8.5, qui montre une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur de 5 à plus de 20 jours supplémentaires en moyenne estivale (voire dépassant les 40 jours vers les régions du Sud-Est pour Aladin-Climat, qui simule des valeurs parmi les plus élevées de l’ensemble multi-modèle).

Enfin, voici la présentation du nombre de jours froids en moins.

On considère qu’un jour a une température anormalement basse si sa température minimale est inférieure de plus de 5 °C à une valeur de référence.

En moyenne sur la saison hivernale, la période 1976-2005 compte plus de 10 jours très froids près des régions d’influence Atlantique jusqu’au Nord-Est du pays, et de 2 à 10 jours sur le reste du territoire. Le réchauffement prévu au cours du XXIe siècle devrait conduire à une diminution des jours anormalement froids sur l’ensemble de la France métropolitaine, à partir des prochaines décennies.

A l’horizon proche, cette diminution est comprise entre 1 et 4 jours sur tout le territoire, voire jusqu’à 6 jours au Nord-Est du pays. Cette diminution est équivalente pour les deux scénarios RCP. Pour le scénario RCP4.5, on peut constater que les modèles WRF et Aladin-Climat se placent de part et d’autre de la distribution de l’ensemble Euro-Cordex.

Cette diminution des extrêmes froids est plus importante en fin de siècle, en particulier pour le scénario RCP8.5, avec une amplitude plus ou moins marquée selon les modèles. Les résultats montrent toutefois que quel que soit le scénario ou le modèle considéré, la diminution du nombre de jours très froids en hiver est moins importante dans l’extrême Sud du pays avec 2 à 8 jours de moins que la moyenne de référence. A l’inverse, cette diminution est plus importante au
Nord-Est de la France, allant de 6 à plus de 10 jours selon les scénarios et modèles.

Il est bien connu que la France est un bastion “climato-sceptique” et bien entendu, les commentaires multiples pour dénoncer ce rapport ont été très nombreux sur internet. Cependant, cette attitude destructrice reflète également un point de vue largement passif.

Les gens en France n’ont pas compris la véritable dimension du réchauffement climatique, de la problématique écologique, mais comment pourrait-il en être autrement dans un pays où le rejet, la négation de la Nature est si marquée?

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