Un cheval meurt en plein Barcelone…

C’est quelque chose qui aurait dû, dans une société sans coeur, n’être qu’un fait divers, une anecdote.  Pourtant, heureusement que ce drame a frappé les esprits.

Le journal L’indépendant résume les faits de la manière suivante :

Un cheval est mort, jeudi dans la soirée, à Barcelone en pleine rue. Le cheval qui tirait des touristes dans des calèches, aurait été victime d’épuisement après un coup de chaud. Selon une association de protection des animaux, le cheval est resté au sol pendant deux heures, sans aide, son propriétaire ne “voulant pas appeler le vétérinaire parce qu’il ne voulait pas payer”.

Finalement, après deux heures d’agonie, le cheval a été sacrifié.

L’émotion provoquée par la mort de ce cheval est grande à Barcelone où la Guardia Urbana (police municipale) a ouvert une enquête pour maltraitance d’animaux. Des policiers qui sont toutefois dans le collimateur pour avoir tardé à appeler le vétérinaire.

La mairie de Barcelone, elle, a informé que le département de Protection animale a également ouvert une procédure qu’elle transmettra à la Generalitat pour d’éventuelles sanctions administratives.

Quant à l’organisation de protection des animaux, elle veut mettre fin aux tractages de calèches dans les rues de Barcelone et a, pour cela, ouvert une pétition en ligne.


C’est vraiment terrible, pratiquement féodal… Il faut d’ailleurs comprendre l’arrière-plan, le contexte : en Espagne, il y a beaucoup de mobilisations de la gauche radicale. Or, le fait de s’opposer aux corridas, notamment, voire d’aller dans le sens de la cause animale, est un grand marqueur du mouvement républicain, face à l’idéologie de la monarchie et du franquisme.

C’est un contre-exemple de plus à la France où la question de la Nature, des animaux est inexistante dans la gauche radicale, d’où d’ailleurs sa faiblesse…

Le Journal du Dimanche vient de publier un article qui, malgré son titre lamentable, donne des informations détaillées sur la situation en Espagne. Le fait que ces quatre dernières années, le nombre d’arènes a chuté de 902 à 433 est une grande nouvelle, hautement significative.

Podemos veut porter l’estocade à la corrida

Après trois ans d’interdiction, les arènes d’Illumbe de Saint-Sébastien (Pays basque) offrent ce dimanche une de ces belles affiches taurines : le célèbre torero français Sébastien Castella et les toros du prestigieux éleveur Domecq. Une corrida de haut niveau au goût de miel pour les aficionados : il s’agit en effet d’une victoire remportée non seulement sur les indépendantistes basques, à l’origine de la fermeture des arènes, mais aussi sur les antitaurins de tout poil, lesquels ont actuellement le vent en poupe en Espagne.

L’arrivée au pouvoir, en mai, des listes citoyennes de gauche radicale dans une cinquantaine de municipalités constitue une menace supplémentaire contre cette tradition hispanique qui n’a, à leurs yeux, rien d’un “art”, ni d’une “fête”. Les élus de ces nouvelles coalitions, émules autodéclarées des Indignés de Podemos aux noms évocateurs – Ahora Madrid (Madrid maintenant), Compromís (Engagement) ou Marea Atlántica (Marée atlantique) – envisagent de supprimer les aides financières, voire d’éradiquer tout bonnement les spectacles taurins. “Notre parti ne tolère pas les mauvais traitements et les tortures contre les animaux, il est hors de question de subventionner plus longtemps cette tradition barbare”, résume Francisco José Muñoz, membre de l’équipe de Podemos Madrid.

Alors que les fêtes populaires avec des lâchers de taureaux dans les rues ou des minicorridas sur les places des villages battent leur plein tout au long de ce mois d’août, plusieurs municipalités ont déjà mis leurs menaces à exécution. La Corogne, en Galice, a annulé les spectacles taurins de sa traditionnelle feria estivale. Palma de Majorque s’est déclarée “ville antitaurine et amie des animaux”, comme Madrid, la Mecque de la tauromachie.

Dans la capitale, les projets prohibitionnistes de la nouvelle maire, Manuela Carmena, provoquent l’inquiétude des amateurs et des instances de la tauromachie. Cette ancienne magistrate a prévenu qu’elle allait couper les subventions versées aux écoles taurines et que jamais, comme c’est de tradition, elle n’occuperait la tribune officielle des arènes de Las Ventas. Valence et Alicante, comme une douzaine de municipalités de l’est du pays, ont promis la tenue d’une consultation populaire d’ici à la fin de l’année sur le maintien ou non des corridas.

Cette fronde antitaurine n’est pas nouvelle. L’archipel des Canaries a été la première région à interdire les corridas en 1991. La Catalogne lui a emboîté le pas en 2010 en prohibant tous les spectacles taurins, sauf les fêtes populaires de la vallée de l’Èbre, un vivier électoral. “Ils s’attaquent à cette activité artistique au nom de deux idéologies conjuguées : un furieux “antiespagnolisme” et une prétendue défense du droit des animaux”, fulmine Roberto García Yuste, président de l’association taurine de Madrid, qui appelle à une mobilisation massive du secteur.

Parmi les toreros et éleveurs décidés à stopper la vague antitaurine figure précisément le matador français Sébastien Castella. “Il faut sortir de l’ombre, ne plus avoir honte de notre noble profession, sinon nous allons disparaître”, écrit-il dans un éditorial publié le 10 août dans le quotidien d’informations taurines en ligne Burladero. Et d’ajouter avec fougue : “Revendiquons notre art, notre liberté et osons dire haut et fort que nous aimons la corrida et que nous ne sommes pas des assassins.”

La mobilisation risque toutefois d’arriver trop tard dans un contexte de désaffection populaire manifeste. Ces quatre dernières années, le nombre d’arènes a chuté de 902 à 433. D’après l’institut Metroscopia, 27% d’Espagnols seulement manifestent “un peu ou beaucoup d’intérêt” pour la corrida, 60% n’adhèrent pas. “Cette indifférence, assure Antonio Lorca, chroniqueur du quotidien El País, voire ce désamour vis-à-vis de notre tradition, est sans doute le pire des obstacles qui se dressent devant nous, pire encore que la vogue animaliste.”

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