La crise de l’élevage se double désormais d’une crise de l’abattage

Alors qu’en ce moment le gouvernement fournit aides sur aides aux éleveurs, 11 associations – se définissant elles-mêmes comme les “organisations nationales de protection animale” – ont envoyé une lettre au premier ministre au sujet des abattoirs.

Leur idée est simple : tant qu’à être dans les réformes, tant qu’à faire dans l’institutionnel, autant y aller jusqu’au bout pour se positionner au sein même de la “réforme” en cours de l’élevage. C’est là être naturellement bien plus une partie du problème que de la solution…

Les signataires sont : l’OABA, le CIWF France, la Fondation Assistance aux Animaux, Ligue Française pour la Protection du Cheval, la SPA, Confédération Nationale des SPA de France, Welfarm, L214, la Fondation Brigitte Bardot, La Fondation Droit Animal Éthique et Sciences (LFDA) et la Fondation 30 Millions d’Amis.

Monsieur le Premier ministre, La crise de l’élevage se double désormais d’une crise de l’abattage.

Ces derniers mois, la diffusion de vidéos révélant des conditions cruelles de manipulations et de mise à mort d’animaux au sein de plusieurs établissements français d’abattage a suscité la consternation de nos concitoyens et confirmé une situation accablante pour notre pays, dénoncée depuis plusieurs années.

L’Office Alimentaire et Vétérinaire (OAV) de la Commission européenne a rapporté à plusieurs reprises de graves
manquements à la réglementation sur la protection des animaux dans des abattoirs français et une réaction insuffisante des autorités nationales : carences dans les contrôles officiels et absence de sanctions dissuasives au regard des infractions constatées.

L’un des points les plus inquiétants concerne l’absence de contrôle et de mesures de correction sur des éléments essentiels comme l’efficacité de l’étourdissement ou la vérification des signes d’inconscience avant la saignée et la découpe des animaux.

Le ministre de l’Agriculture n’agit pas à la mesure de la gravité de la situation et ne répond pas aux demandes des organisations nationales de protection animale qui, depuis des années, exigent des mesures concrètes pour mettre un terme aux trop nombreuses infractions des opérateurs abatteurs.

La “Stratégie bien-être animal 2016 – 2020”, récemment élaborée « à droit constant » par le ministère de l’Agriculture, ne permet pas davantage de répondre aux attentes en matière de protection animale en abattoirs.

Pour toutes ces raisons, nous demandons au Gouvernement :

La création d’une commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’abattage des animaux. Elle est soutenue par de nombreux parlementaires, des organisations professionnelles et par des centaines de milliers de citoyens ;

Un contrôle régulier du poste d’abattage par des vétérinaires inspecteurs afin de vérifier les conditions de mise à mort
des animaux dans le respect des réglementations nationales et européennes.

Cette mesure nécessite un renforcement immédiat des effectifs et la mise en place de caméras pour une surveillance continue du poste d’abattage par les agents de contrôle ;

Un renforcement du niveau des sanctions administratives et pénales et de leur application afin qu’elles soient suffisamment dissuasives pour les établissements d’abattage en infraction.

Nous exigeons des mesures fortes contre les infractions généralisées en abattoirs, qui perdurent depuis trop longtemps en France.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre très haute considération.

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