L’emprisonnement et les tests sur les animaux: la norme de la société française

Sur le livre d’or, on nous fait part d’une question très intéressante:

Avec votre post photo j’aurais voulu connaitre vos points de vue vis a vis des prisons…étant donné quelle ne sont que des cage, devrait on les supprimer ?

Pour répondre à cette question, faisons auparavant un panorama de ce qui selon nous a un rapport étroit avec cette question: les tests sur les animaux.

Le 18 novembre 2009, le parlement français a en effet arrêté en quelque sorte une position très claire dessus, par le compte-rendu de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Le texte qui formule la position générale de l’Etat français, et donc de la société française, s’intitule « les principes applicables à l’expérimentation animale en Europe et les techniques alternatives à celle-ci. »

Ce qu’on peut y lire est édifiant: une véritable entreprise de démagogie, de manipulation, et cela en fait de manière relativement ouverte. Les réformistes prétendant faire arriver à triompher la “protection animale” montrent ici leur caractère totalement vain: en face, les partisans de l’exploitation animale sont très organisés et totalement décidés.

Que lit-on dans le document qu’on peut retrouver en ligne sur le site de l’assemblée nationale?

Tout d’abord, il y a le souci de la démagogie: il faut savoir d’un côté continuer les tests, et même en faire plus, mais de l’autre les gens si on les écoutent sont contre, donc il faut tourner la chose de telle manière à ce qu’ils soient pour, principalement en jouant sur le côté “sécuritaire” :

Le contexte européen actuel est caractérisé par deux exigences fortes exprimées tant par les citoyens européens que par les autorités publiques :

– une exigence de sécurité des produits proposés aux consommateurs européens, dont la satisfaction requiert la réalisation de tests préalables, parmi lesquels des tests effectués sur les animaux, notamment en ce qui concerne les produits de santé,

– une exigence éthique visant à réduire la souffrance des animaux utilisés ainsi que leur nombre, et qui se fonde sur une sorte de principe de proportionnalité faisant dépendre l’acceptabilité sociale de l’expérimentation animale de la nécessité du recours à celle-ci.

Á ces exigences s’ajoutent les attentes des citoyens européens dans le domaine de la santé. Pour répondre à celles-ci, la recherche biomédicale, dont l’un des moyens repose sur l’expérimentation animale, est fortement sollicitée.

Ces trois points résument la stratégie:

1. continuer les tests pour la vie quotidienne

2. prendre en compte (en apparence) les exigences de la population

3. contourner le point 2 avec la question biomédicale.

Et pour les personnes qui n’auraient pas compris, la question de la libération animale est clairement présentée quelques lignes plus loin, sous une forme alambiquée bien sûr:

M. Jean-Louis Touraine, rapporteur, député, après avoir souligné que la proposition de révision de la directive de 1986, émise récemment par la Commission européenne, visait à en élargir le champ d’application, en en rendant les prescriptions plus précises et plus contraignantes, a observé que le contexte actuel était marqué par une sorte d’anthropomorphisme, consistant à attribuer aux animaux des sensations humaines, et estimé qu’il convenait d’écarter deux attitudes extrêmes, celle consistant à réaliser des expériences inutiles et cruelles, et celle suggérant de renoncer aux expériences sur l’animal, alors que celles-ci restent encore indispensables.

Á bien des égards, la directive actuellement en vigueur ne permet pas de répondre aux interrogations et aux préoccupations du public. En définissant un cadre uniforme applicable à une pluralité d’expériences, elle présente l’inconvénient de soumettre sans discernement l’expérimentation animale à la critique et peut laisser accroire que les méthodes substitutives sont susceptibles de constituer une alternative crédible à court terme, dans l’ensemble des domaines où l’expérimentation animale est pratiquée.

C’est nous qui soulignons certains passages dans le texte. Le passage sur l’attribution aux animaux de sensations humaines vaut son pesant d’or: il est l’affirmation claire de l’exploitation animale.

Et on notera bien le passage où il est parlé de deux extrêmes, construction intellectuelle manipulatrice visant à faire des partisans de l’abolition de l’exploitation de gens valant ceux qui veulent faire des tests cruels… Comme si d’ailleurs, les tests n’étaient pas en soi cruel!

Mais pour comprendre au mieux la mentalité de Jean-Louis Touraine, lisons ici sa présentation d’une recette de cuisine, qui en dit long sur sa conception “sécuritaire” :

Préparer frais et accompagné de jus de viande ainsi que, surtout, de moelle osseuse, son goût est divin. Profitons de la sécurité retrouvée de la moelle de bovidés (depuis le contrôle très efficace de l’épidémie de « vaches folles » chez ces animaux) pour reprendre l’utilisation en cuisine de ce composant succulent, si utile à une gastronomie simple, digne de Lucullus.

Et c’est la même personne qui par démagogie typique, dit sur son blog:

“Hier, quand Mme Pécresse nous a fait part de son amour pour la communauté universitaire, elle m’a fait penser à ces chasseurs qui prétendent aimer les animaux…”

Voilà une belle démonstration de l’attitude démagogique et honteuse de ces faux amis des animaux. Il ne faut pas tomber dans le piège de ce discours creux, trompeur, qui profite d’appuis dans toutes les institutions, y compris médiatiques. Ainsi on pouvait lire hier dans le Monde un article intitulé “Comment développer les alternatives à l’expérimentation animale en Europe” qui ne présente que les aspects “positifs”, bien entendu…

Pourtant au final, quelle est la situation? Hier on parlait de réduire les tests, et puis désormais avec le projet REACH les tests vont subitement exploser! Car les tests sur les animaux sont un pilier de l’idéologie dominante.

Et cela ne changera pas dans les conditions actuelles. Rien n’est ainsi plus faux et contre-productif que les pseudos débats sur le droit que les associations réformistes mettent en avant comme la solution à la “question animale.”

Ces faux débats canalisent et paralysent ce qui doit être une juste rage contre l’exploitation animale!

Alors quelle est la solution, et quel est le rapport avec les prisons? Eh bien c’est simple: rien ne changera tant que le mode de production est fondé sur le profit, tant que l’idéologie dominante a des valeurs du type berline, avec évidemment un intérieur en cuir.

Il faut renverser les valeurs dominantes, et faire en sorte que dominent la libération animale et la libération de la Terre. C’est l’identité de La Terre d’abord. Et oui dans cet idéal, il faut abolir les prisons. Tant qu’il y aura des prisons, il y aura des cages, et inversement. Après, à chaque personne de construire son engagement “révolutionnaire” en adéquation avec sa sensibilité.