« Je suis convaincu que ses petits seront très bons en course de longue distance »

Voici une histoire qui concerne un pigeon et qui est très intéressante de part la situation dans laquelle le pigeon a été trouvé, mais surtout de part la tournure liberticide que prend l’article qui relaye l’information. Un pigeon lâché au Japon, par un colombophile pour un voyage prévu de 1000 kilomètres, a fini sa route au Canada, ce qui fait un périple de pas moins de 8000 kilomètres, avec la traversée de l’océan Pacifique.

Le principe de la colombophilie repose sur l’exploitation des pigeons : sélections, reproductions, séparation des mâles et des femelles, entraînements pour revenir d’un endroit toujours plus éloigné du pigeonnier, et ce, afin de remporter un prix, une autosatisfaction basée sur l’utilisation d’êtres vivants !

Les pigeons vivent en couple, et en général, un couple est pour la vie. Les pigeons utilisés par les colombophiles sont séparés pour subir un entraînement à la course. Sachant que les pigeons sont des animaux fidèles, on comprend bien pourquoi ils ont envie de revenir au pigeonnier, afin de retrouver l’autre !

Que le pigeon soit arrivé au Canada indemne après autant de distance parcourue est assez incroyable, mettre en avant le courage et la résistance de cet oiseau face à l’adversité est la moindre des choses.

Sauf que l’article commence d’emblée avec la récupération de l’oiseau par un colombophile, l’exploitation animale est mise en avant plutôt que de pointer l’exploit qu’a accompli ce pigeon.

Au lieu de se concentrer sur les aptitudes et les qualités des pigeons en général, l’article se focalise, en particulier, sur ces pigeons dits « de course » dont se servent des personnes en manque de reconnaissance. C’est ainsi que ce pigeon, au lieu de se reposer et de faire son existence normale de pigeon, continuera sa triste vie de pigeon « de course » avec reproduction sélectionnée, forcée et courses avec les dangers que cela comporte.

Entre le sort dramatique des pigeons des villes, les pigeons maintenus par les colombophiles, soit les pigeons sont haïs car « nuisibles », soit ils sont exploités pour faire des courses. A quand la fin de cette schizophrénie et un respect et une libération totale pour nos amis les pigeons?!

Un pigeon japonais traverse le Pacifique

Un intrépide pigeon japonais qui a survolé l’océan Pacifique sera recueilli par un éleveur de pigeons de course au Canada, où il a atterri, dans l’espoir que sa progéniture soit particulièrement douée pour la course de fond, ont annoncé hier des responsables locaux.

Le pigeon, frêle et fatigué, avait été découvert dans une base de l’Armée de l’air canadienne sur l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique (ouest du Canada), puis emmené dans un refuge pour animaux, où il a été guéri d’une maladie commune chez les oiseaux.

« Nous pensons qu’il s’est envolé du Japon et s’est perdu ou a été happé par une tempête avant de parvenir au Canada en se reposant sur des cargos tout au long de son vol », a indiqué à l’AFP Reg Westcott, de la Mountainaire Avian Rescue Society.

Agé de un an, le pigeon avait été lâché le 9 mai dernier avec 8.000 autres par des colombophiles du nord du Japon pour une course de 1.000 km, a expliqué ce mardi à l’AFP son propriétaire, Hiroyasu Takasu. Cet homme d’affaire retraité de 73 ans, qui possède dix autres pigeons voyageurs, n’en revient toujours pas: « Je n’avais jamais entendu parler de pigeons qui ont voyagé jusqu’au Canada. C’est inimaginable! ». « Il a dû se poser sur un cargo pour finir dans un port là-bas », a-t-il poursuivi.

Généralement, un pigeon peut parcourir 650 km au plus. Celui-là en a fait 8000. Son propriétaire d’origine, dont l’oiseau portait une étiquette avec le numéro de téléphone, n’a pas voulu le faire rapatrier par avion car cela lui coûterait trop cher, a dit M. Westcott.

L’association locale de colombophilie a donc fait des démarches pour adopter l’oiseau, espérant pouvoir le faire se reproduire.

« Je suis convaincu que ses petits seront très bons en course de longue distance », a commenté M. Westcott, qui a dû d’abord compter avec la méfiance des autorités canadiennes.

« On nous a demandé s’il avait des documents de voyage, et nous avons répondu qu’il était arrivé tout seul. Il a été classé comme oiseau migrateur, ce qui nous a permis de le donner, sans (avoir à remplir) les paperasses de la douane », a dit M. Westcott. Takasu, lui, espère, que son pigeon aura une nouvelle vie au Canada. « Je serais ravi si quelqu’un prend soin de lui ».

En 17 ans dédiés au sauvetage des animaux, M. Westcott dit n’avoir vu qu’une fois un pigeon qui avait réussi la traversée de l’océan Pacifique, un périple de deux ou trois semaines. L’autre pigeon avait atterri sur un vaisseau des garde-côtes canadiens en pleine pandémie de grippe aviaire, époque où de nombreux oiseaux avaient été abattus pour enrayer la propagation de la maladie.

L’oiseau avait été rapatrié vers le Japon aux frais de son propriétaire. Reg Westcott se souvient avoir également secouru un pélican brun égaré de Californie et une bergeronette citrine venue d’Asie, qui s’était attirée à l’époque des foules d’amateurs d’oiseaux venus des quatre coins de l’Amérique, affirme-t-il.

 

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