Le scandale de l’affaire Denis Baupin

C’est une affaire scandaleuse de plus pour EELV, mais cette fois c’est d’une telle gravité que plus personne ne peut prétendre que ce parti a été progressiste d’une manière ou d’une autre.

Quand on est progressiste, quand on veut lutter pour un monde meilleur, il faut des valeurs à la hauteur et il faut les assumer. Nous sommes pour une ligne incorruptible, pour des personnes s’engageant en conservant la pureté des idéaux, en assument avec rigueur le véganisme, en étant prêt à tout donner pour les animaux.

EELV n’a jamais été rien d’autre qu’un assemblage électoral de petit-bourgeois n’assumant rien, rejetant la Nature et faisant de l’écologie une sorte de modernisation verte du capitalisme.

Ce que révèle l’affaire Baupin, c’est la pourriture qui y règne et qui y a régné, c’est la corruption, l’esprit beauf.

Nous parlions récemment de Denis Baupin, qui en avril a quitté EELV, afin de se placer dans l’orbite de François Hollande.

Mediapart et France-Inter en ont fait un symbole de l’ignominie en  publiant une enquête sur lui l’accusant de harcèlement sexuel, avec huit femmes témoignant de cela, expliquant que d’autres n’ont pas osé.

On est là dans quelque chose de très violent, d’absolument inacceptable ; voici par exemple ce que raconte une  secrétaire régional EELV :

« Au total, j’ai reçu une centaine de messages. Du type ‘Je suis dans un train et j’aimerais te sodomiser en cuissarde’. ‘J’adore les situations de domination. Tu dois être une dominatrice formidable’ »

Que nos propos soient clairs : ce genre de harcèlement sexiste, d’idéologie pornographique n’a rien à faire dans notre camp et ceux qui s’imaginent pouvoir se comporter ainsi doivent être cassés de la manière la plus virulente.

C’est une question de morale, de culture et il semble qu’à EELV, ce qu’il y a en arrière-plan est odieux. Voilà où mène l’orientation libérale-libertaire, qui rejette la Nature, qui considère que le couple serait “réactionnaire”, qui fait de la politique en s’intégrant aux institutions.

Voici un autre témoignage, montrant bien le sentiment d’impunité :

Octobre 2011, Montreuil. x se tient à la tribune, face aux cadres d’Europe Écologie-Les Verts venus préparer le programme pour la présidentielle et les législatives de 2012. « À un moment donné, j’ai voulu faire une pause », raconte-t-elle. Elle se lève, quitte la pièce, part aux toilettes.

« Dans le couloir qui longe la salle, Denis Baupin est venu. Il m’a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine, et a cherché à m’embrasser. Je l’ai repoussé violemment. »Tout se passe très vite. Presque en silence. « Sur le moment, j’étais tellement choquée que je n’ai pas dit grand-chose. »

Elle venait d’intégrer la direction de son parti. Denis Baupin, lui, est déjà un cadre influent du mouvement écologiste, adjoint au maire de Paris de 2001 à 2012. « J’arrivais sur le quota non-Verts, je venais de province, et j’étais une femme. Personne ne me connaissait. J’étais la petite nouvelle. »

Quelques minutes après les faits, Sandrine Rousseau, économiste à l’université de Lille-I, revient à la tribune. « Je ressentais un très grand malaise. J’ai immédiatement pensé que c’était absolument anormal que je subisse ça. Mais le mot agression sexuelle, je l’ai mis très longtemps après. »

À un de ses voisins, elle glisse ce qui vient de se produire. « Il m’a dit : “Ah, il a recommencé.” Ça a été sa phrase. »

Ce qui est terrible, c’est que les témoignages commencent en 1998 et que Denis Baupin est le compagnon d’Emmanuelle Cosse, qui est désormais ministre du logement, qui a surtout été secrétaire nationale d’EELV de décembre 2013 à février 2016 !

A EELV, on savait, c’est une évidence, mais comme dans toute organisation intégrée aux institutions, à la morale dominante, on a été dans l’oppression, le sexisme, la mentalité d’exploitation.

Jean-Sébastien Herpin, co-secrétaire régional d’EELV pour la région Centre, avoue explicitement sur son blog :

« Oui, je savais, pas tout, pas complètement. Autour d’un bon verre de vin, en soirées amicales, tour à tour, des camarades, pour certaines des amies, parlaient, se confiaient et je blêmissais, et je savais que ça tomberait un jour, il fallait que cela tombe, mais comment, que faire, mon silence me rendait coupable. Soutenir ? Parler ? »

Tout est dit : les petit-bourgeois n’ont pas osé parler, préférant leur carrière. Les femmes victimes ont également fait une lourde erreur, car elles étaient tout à fait conscientes de tout cela, protestant symboliquement avec EELV contre le sexisme, mais n’assumant pas la lutte dans la réalité, trahissant la cause générale afin de privilégier leur carrière.

On a là quelque chose de terriblement sordide, où les enjeux institutionnels, de carrière, ont permis une vaste corruption, profitant déjà de l’idéologie libérale-libertaire…

Voici d’ailleurs ce qu’on lit – c’est édifiant ! – dans une étude universitaire intitulée ‘Nous nous sommes tant aimés’. (In)égalités des droits et questions sexuelles chez Europe écologie – Les Verts (EELV) :

« C’est ce qui ressort, selon nous, de la comparaison de deux « affaires » chez Les Verts : celle, connue, médiatisée, jugée – et finalement pardonnée – de Stéphane Pocrain (56), et celle, citée par la rumeur mais jamais dénoncée, du harcèlement sexuel auquel se livrerait un élu depuis plusieurs années, et qui aurait même suscité l’intervention d’une dirigeante, proposant d’importantes sommes d’argent aux salariées du siège harcelées afin qu’elles ne déposent pas plainte.

Un journaliste du Canard enchaîné enquête, dit-on dans le parti… Sorte de « DSK des Verts », cet élu semble bénéficier d’une forme de bienveillance, qui n’est pas sans rappeler celle dont bénéficie Dominique Strauss-Kahn.

(56)Condamné pour violences conjugales et abandon de famille, il a néanmoins fait partie de l’équipe de campagne d’Eva Joly pour la présidentielle de 2012. La polémique suscitée en interne par ce recrutement avait contraint la candidate à invisibiliser sa présence dans l’organigramme de son équipe de campagne. Les médias l’avaient néanmoins interrogé sur ce recrutement qu’elle avait légitimé au motif que chacun méritait « une seconde chance ». »

Tous les cadres d’EELV savaient, c’est une évidence. Mais personne n’a rien dit, même pas les femmes. C’est révélateur d’une orientation malsaine, corrompue, d’absence d’intégrité morale, de mensonges.

Quand on sait cela et qu’on lit le communiqué d’EELV sur l’affaire, on ne peut que constater qu’il n’y a aucune autocritique, qu’il est fait semblant, encore et encore…

Déclaration d’Europe Écologie Les Verts au sujet des accusations portées à l’encontre de Denis Baupin

Suite à la parution des enquêtes de Médiapart et de France Inter, Europe Écologie Les Verts salue le courage des militantes qui ont brisé la loi du silence en apportant leurs témoignages accusant Denis Baupin d’agression et de harcèlement sexuels.

Les écologistes sont convaincus que seules la dénonciation systématique de tels actes et la mise en œuvre d’une réponse collective permettront de faire reculer ces comportements et de protéger les femmes.

Dans notre société, les femmes sont victimes d’une « double peine » d’abord en tant que victimes mais aussi quand certains minimisent ce qu’elles ont vécu, voire les en rendent responsables.

Après le salutaire manifeste «Bas les pattes» co-signé par une quarantaine de journalistes révélant de fréquents comportements déplacés — indignes et irresponsables — de certains hommes politiques issus de tous les partis, Europe Écologie Les Verts avait décidé de réagir en invitant les journalistes concernées à signaler d’éventuelles attitudes sexistes de la part d’élus et militants écologistes au moyen d’une adresse email.

Dans l’immédiat, Europe Écologie Les Verts entend mettre en œuvre de nouveaux dispositifs internes pour faciliter la libération de la parole, en accompagnant les personnes victimes de comportements répréhensibles, en recueillant leur parole, en les accompagnant vers des associations spécialisées et en mettant à disposition des moyens pour les soutenir dans d’éventuelles démarches juridiques.

Europe Écologie Les Verts ne peut qu’espérer que le courage des lanceuses d’alerte soit contagieux et que la parole se libère à l’encontre de tous les harceleurs et agresseurs que ce soit en politique ou plus généralement. La peur et la honte doivent changer de camp.

David Cormand, secrétaire national
Élise Lowy et Jean Desessard, secrétaires nationaux adjoints

Tout cela est lamentable et à EELV c’est une habitude de bout en bout. Ces gens ont sali l’écologie, ils ont menti, ils n’ont jamais pensé qu’à leurs carrières ; leur culture n’a même pas été une écologie alternative hippie comme les Verts allemands, ce qui aurait déjà été mieux que rien ! Non, ils n’ont été qu’un ferment de décomposition morale de plus.

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