La théorie du genre comme relativisme anti-naturel

Le débat sur la théorie du genre n’en finit pas (nous en avons parlé par exemple dans La « théorie du genre » à l’école primaire ou encore Le débat aux USA sur le queer et la transsexualité).

Revenons ici brièvement dessus, car derrière cela il y a la question de la Nature, et de l’athéisme. Quand on est athée, on ne place pas Dieu au centre de tout, mais pas plus l’être humain qui serait une sorte de “surhomme” s’arrachant à la réalité.

Il n’existe pas 10 000 manières de voir les choses.

Soit on considère en effet qu’avec la technique, les humains sont rentrés en conflit avec la Nature et que cela doit cesser. Le primitivisme dit qu’il faut retourner en arrière, aux débuts de l’humanité avant l’agriculture, tandis que d’autres (comme nous à LTD) pensons que l’humanité doit se remettre en rapport positif avec la planète, de manière soumise (la planète doit redevenir bleue et verte) en gardant ses acquis.

Soit on rejette la Nature comme un obstacle. C’est ce que dit la religion qui veut atteindre « Dieu », et c’est justement le cas de la théorie dite du genre, qui veut atteindre une sorte de « liberté » absolue de l’individu, considéré comme une sorte de mini-Dieu individuel.

Voici pour illustrer justement cela ce que dit la pétition « Les études de genre, la recherche et l’éducation : la bonne rencontre. » Ce n’est pas une petite pétition, elle est signée par un nombre impressionnant d’universitaires.

C’est en fait un véritable manifeste en défense des études sur le « genre ». Voici une citation qui résume le relativisme de cette conception du monde.

« NON, la prétendue « théorie du genre » n’existe pas, mais, oui, les études de genre existent. Le genre est simplement un concept pour penser des réalités objectives.

On n’est pas homme ou femme de la même manière au Moyen-Âge et aujourd’hui.

On n’est pas homme ou femme de la même manière en Afrique, en Asie, dans le monde arabe, en Suède, en France ou en Italie.

On n’est pas homme ou femme de la même manière selon qu’on est cadre ou ouvrier. Le genre est un outil que les scientifiques utilisent pour penser et analyser ces différences. »

Ces phrases sont du relativisme pur et simple. Il est facile de voir que dans le rapport aux animaux ou bien à la Nature, il n’y a pas de différence (à part de degrés de destruction) entre un Suédois et un Malien, entre quelqu’un du 20e siècle et quelqu’un du 12e siècle, ou même du 3e siècle !

Physiquement, les humains sont également les mêmes. Leur biologie est la même, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas constater des changements environnementaux (comme la pollution et ses maladies).

Il y a bien des différences culturelles, des différences d’approches, mais en aucun cas il ne s’agit de différences insurmontables. Le rapport à la Nature est fondamentalement le même, parce que l’anthropocentrisme est le même.

Le « genre » est ainsi un concept permettant non pas tant de critiquer le sexisme ou les stéréotypes (ce qui est bien), mais de rejeter la dimension naturelle des êtres humains. Ce qui ferait d’un humain un humain, ce n’est pas sa nature d’être vivant appartenant à un ensemble – la planète comme système, ce qu’on peut appeler Gaïa – mais son « choix », sa « volonté ».

Cela revient à parler d’âme, inévitablement, et en cela la théorie du genre est un sous-produit des religions monothéistes. C’est tout à fait traditionnel comme démarche.

D’ailleurs, la pétition est une révolution intellectuelle de par sa franchise, car jusqu’à présent, la théorie du genre se voulait alternative, rebelle, combative, pratiquement révolutionnaire. Toutefois là quand on voit la gigantesque liste de « chercheurs » sur le genre, on voit bien que tout est totalement institutionnel…

Et ce qui est institutionnel, par définition, n’est pas du tout révolutionnaire… Dans la pétition on lit ainsi :

“Les études de genre recouvrent un champ scientifique soutenu par le Ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur et le CNRS, et elles ont des utilités nombreuses dans l’éducation et la lutte contre les discriminations : ces études et ces travaux existent à l’université depuis longtemps.

Nombreuses sont les académies à organiser des journées de formation sur ces thèmes ; nombreuses sont les universités à offrir des cours intégrant le genre : en sociologie, en sciences de l’éducation, en anthropologie, en biologie, en sciences économiques, en philosophie, en histoire, en littérature, etc. Des séances de sensibilisation aux questions d’égalité entre les sexes font partie du parcours de formation des enseignants du primaire et du secondaire.”

Tout est dit ! Des formations totalement anthropocentristes, rejetant par définition la Nature, soutiennent la théorie du genre. On est là en fait dans une dynamique purement intellectuelle, peut-être même le summum de la tentative intellectuelle de se “libérer” de la Nature.