Les chiens bergers d’Anatolie au service des agriculteurs africains

La situation des guépards en Afrique est terrible.  De 100 000 au 20ème siècle le nombre a chuté à 12 000 au début du 21ème.

Leur territoire ne cesse de se réduire au profit de routes, de champs et/ou de pâturages pour les fermiers. Leur territoire en Namibie, qui regroupe le plus de guépards, a vu sa superficie réduite de 47% entre 1900 et 2010.

Ce qui fait que maintenant le guépard partage ses terres avec les éleveurs… Parmi les autres conséquences de cette diminution de territoire, il se trouve que les femelles sont trop souvent sollicitées, voire harcelées par les mâles. Il n’est pas rare que plusieurs mâles courtisent et fécondent une même femelle, ce qui a pour conséquence un stress facilement imaginable pour la femelle guépard mais surtout une stérilité momentanée.

Par ailleurs il est connu que les guépards sont presque tous et toutes consanguinEs. La consanguinité devrait normalement amener une extinction de l’espèce touchée, au lieu de cela, les guépards ont développé cette aptitude incroyable de pouvoir faire des pointes de plus de 100km/h. Leur donnant ainsi une plus grande chance de pouvoir chasser vite et manger vite avant que les plus forts (lions, hyènes…) ne viennent leur chaparder leurs proies, en les blessant par la même occasion.

Mais cette consanguinité, qui s’étale sur plusieurs années, a fini par appauvrir le sperme des guépards. Environ 70% de leur sperme n’est pas viable.

Les diverses solutions apportées par les scientifiques consacrant leurs recherches sur le félin consistent surtout en l’éducation auprès des paysans africains qui ne voient dans les guépards que des prédateurs venant tuer le « gibier » (car proie facile pour les prédateurs affamés).

L’éducation et la sensibilisation sont 2 aspects primordiaux et indispensables pour faire changer les mentalités. A côté de cette éducation se trouvent beaucoup de centres de sauvegarde.

Laurie Marker qui a créé le Cheetah Conservation Fund en 1990, a décidé, pour convaincre les fermiers que les guépards ne tueraient plus les ovins et pour, avant tout, protéger les guépards, de mettre les troupeaux sous la responsabilité du chien berger d’Anatolie qui est « utilisé » depuis bien longtemps comme gardien de troupeaux. En effet, de par sa carure imposante le berger d’Anatolie fait fuir les guépards des fermes.

A l’origine, les bergers turques des hauts plateaux « utilisaient » ce chien, de type molosse, pour protéger leurs troupeaux des loups, des ours et autres animaux chasseurs. Ce chien de carrure imposante est capable de supporter des chaleurs et des froids extrêmes.

Le but de Laurie Marker est donc de faire de la reproduction par insémination artificielle afin d’offrir un berger d’Anatolie à chaque éleveur. Considéré depuis des temps immémoriaux comme très bon gardien et non agressif, ce chien aura pour « mission » de dissuader les guépards d’approcher les moutons et chèvres.

Que la situation des guépards soit catastrophique et terrifiante est un fait terriblement réel. Qu’il faille trouver des solutions urgentes et concrètes sur le long terme pour sa survie est aussi un fait réel. L’engagement de Laurie Marker est indéniable, et vouloir trouver des solutions pour sauver des guépards en situation conflictuelle avec la population n’est certes pas aisé. Surtout que les guépards frôlent l’extinction.

Mais que pour sauver les guépards il faille exploiter d’autres animaux – les bergers d’Anatolie – est absurde et contre productif. On ne tente pas de protéger l’un au profit de l’autre, on ne protège pas l’un en exploitant l’autre.

Les chiens sont suffisamments exploités et manipulés, que ce soit dans l’armée ou dans la police, ou avec la zoothérapie. Sans oublier leur rôle en tant qu’animaux de « compagnie »…  Et rappelons que c’est aux êtres humains d’être solidaires, comme par exemple avec les personnes handicapées sur le plan visuel.

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