Communiqué d’Exarcheia (5)

Voici la dernière partie du communiqué d’Exarcheia, qui présente toute une théorie de l’organisation avec le concept de “milice”.

Il est intéressant de voir comment la seconde partie du communiqué est, en quelque sorte, vide de contenu par rapport à la première qui posait une véritable réflexion sur les drogues, leur nature, leur rôle, les mafias, etc.

La “milice” est ici, en effet, présentée comme la solution miracle.

Ainsi, comment défendons-nous dans les faits l’auto-organisation dans le quartier d’Exárcheia, sans parler de quand nous sommes menacés ?

Certainement pas en le proclamant comme une formation abstraite, ou bien comme structure qui ne communique nulle part avec le monde extérieur.

L’auto-organisation signifie la forme (et non pas le contenu) avec laquelle nous composons nos forces. Cela signifie que nous avons la capacité, avec nos propres outils politiques et expérimentaux, de former un camp prolétarien organisé contre la classe bourgeoise.

Les syndicats, les assemblées, les commissions, les occupations, les groupes armés, etc. sont l’expression physique de l’auto-organisation, ce sont nos armes contre l’État bourgeois et ses institutions.

Et comme précisément l’auto-organisation ne veut pas dire des îles et des communautés de liberté, mais des points de brassage, de vigilance et d’offensive des forces prolétariennes, nous devons le préserver. Du réformisme, tout comme l’ennemi de classe.

Des milices comme forme d’auto-organisation, apparaissant partout et tout le temps comme une nécessité, défendant les acquis collectifs, mais également le droit du peuple et du mouvement à contre-attaquer la violence des capitalistes et de ceux qui les servent.

Contre la police, l’armée, les fascistes et toutes les sortes de paramilitaires.

Les milices ont toujours été la chair de la chair du peuple et du mouvement, parce qu’elles servaient ses besoins et exprimées la réponse collective à la question de comment nos luttes seront préservées de la violence des patrons, et de comment nous défendre d’un bain de sang nous menaçant.

Parce que, finalement, elles expriment l’acceptation dans les faits de la violence comme condition préalablement nécessaire dans le développement de la lutte des classes et que les obstacles inévitables auxquelles elle fera face sont balayés en termes réellement révolutionnaires.

Aujourd’hui, à Exárcheia, malgré que nous soyons dans un espace-temps complètement différent de celui qui donna naissance aux milices du siècle dernier, nous rencontrons les mêmes questions que celles rencontrées par nos prédécesseurs.

Les questions de l’organisation et de la préservation de la lutte contre la violence de l’ennemi de classe. Même s’il est inapproprié de procéder à des réductions automatiques et au mimétisme, nous sommes obligés relire l’histoire, d’étudier les raisons ayant amené la création de gardes armés et d’apprendre d’elles.

C’est pourquoi, nous parlons ici en premier lieu du contenu et en second lieu seulement de la forme. Et cela parce que le contenu est commun et concerne le besoin existentiel diachronique [relatif à l’évolution d’un fait dans le temps] du mouvement de se défendre.

La force que cette défense prendra aujourd’hui, étant donné la violence requise d’une part, et les corrélations particulières présentes de l’autre, ont à être analysée dans la juridiction du mouvement.

C’est pourquoi dans le cadre de cette nécessité de trouver des réponses au sujet des questions de préserver le peuple et le mouvement, nous y incorporons également l’exécution justifiée de Habibi.

Nous avons mené cette action spécifique en étant motivés par le besoin impératif de cesser de regarder de manière impassible la chute d’Exárcheia, de ne pas se courber devant la violence que nous recevons des voyous agissant dans cette zone, mais aussi afin d’ouvrir avec maturité les discussions quant aux moyens de la bataille que les situations exigent.

Ce choix qui est le nôtre est dialectiquement connecté aux mobilisations ayant lieu ces derniers mois à Exárcheia contre les mafias et le « cannibalisme » social en général.

Nous voulions contribuer selon nos propres termes à ces mobilisations que nous estimons positivement. Parce que, avant tout, l’unité est importante dans la perspective d’une cible commune et impérative, et non pas les identifications idéologiques.

Parce que la mafia nous a déclaré la guerre et que nous n’avons plus de temps à perdre. Autrement, chacun tiendra haut la bannière de sa pureté idéologique, alors qu’en même temps nous deviendrons une minorité sans défense.

Par conséquent, chacun devrait faire son choix. Ou alors avec le mouvement et son histoire ou seul avec ses arrogances idéologiques.

C’EST NOUS OU EUX. IL N’Y A PAS DE SOLUTION INTERMÉDIAIRE.

GROUPES MILICIENS ARMÉS – ΕΝΟΠΛΕΣ ΟΜΑΔΕΣ ΠΟΛΙΤΟΦΥΛΑΚΩΝ

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