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Construction d’été au Antitierbenutzungshof tout au long de la saison estivale 2011

Nous avions déjà parler du Antitierbenutzungshof, un refuge antispéciste en Allemagne (voir leur interview ici), qui héberge également une chocolaterie (on peut acheter leur chocolat, les bénéfices allant au refuge, sur vegantisch.de).

Voici leur appel pour les aider l’été, en rappelant bien entendu que tous les refuges ont besoin d’aide. Bien souvent, les gens des refuges ne lancent pas d’appel, en raison d’un grand pessimisme. A vous de montrer le contraire: il y a toujours des gens prêts à donner un coup de main, rassemblez les et appelez un refuge près de chez vous pour proposer de l’aide!

Construction d’été au Antitierbenutzungshof tout au long de la saison estivale 2011!

Le mois de construction du 16 Mai au 10 Juin a été un succès complet ! Nous avons accompli tellement de choses que nous avons décidé de l’étendre à l’été. :-)

Dans la période allant du 16 Mai au 10 Juin 2011, nous avons organisé un mois de construction, au cours de laquelle nous avons avant tout complètement rénové le toit, sous lequel se trouve le quartier résidentiel des chiens et des humains, l’atelier et l’usine de chocolat.

C’était vraiment urgent parce que le toit était seulement un tamis et qu’il fallait qu’il ne tombe pas sur nos têtes.

Cela a été un succès : plus de 30 personnes nous ont aidé et étaient ensemble lors du mois de construction, au Antitierbenutzungshof, et ont tout fait avec nous.

Merci à tous ce grand soutien pour que nous parvenions à rétablir le toit dans un délai beaucoup plus court que prévu, de sorte que nous avons pu commencer de nouveaux projets avec les gens qui sont venus dans la seconde moitié du mois: deux balcons ont été construits, une grange encore à rénover et un hangar pour le foin ont été rangés, il a été commencé à clôturer une zone élargie pour les cochons, le terrain pour chevaux nettoyé, les branches tombées de partout dans la zone des moutons et des chèvres ont été enlevés, et bien plus encore. Le toit lui-même est devenu vraiment bien.

Nous espérons que se sont amusés autant que nous tous ceux et toutes celles qui ont travaillé et ont passé ensemble des heures ici à la ferme.

Nous avons pensé que c’était vraiment génial que de travailler avec les nombreuses personnes sympas, qui ont réalisé autant de choses et ont aussi passé un bon moment ensemble. Nous ne pouvons guère trouver de mots pour ce que représente pour nous et la ferme la réparation du toit et les autres résultats du mois de construction.

Les résultats du mois de construction sont tellement impressionnants, et il y a encore tellement à faire cette année que nous aimerions avoir encore pour quelques temps des gens ici, qui nous aident à rénover la grange et son (afin que nous puissions y stocker le foin en hiver), à modifier la clôture du terrain des chevaux pour que les cochons puissent y aller quand ceux-ci n’y sont pas, vu qu’il est bien plus grand que le leur), et encore plein plein de choses.

Il y a plus que suffisamment à faire, et aussi longtemps que les conditions météorologiques le permettent, nous pouvons continuer à utiliser l’infrastructure du mois de construction (lits, tentes, cuisine…) afin d’héberger de nombreuses personnes ici. Alors, revenez pour une nouvelle étape et faites passer le mot aux gens qui ne pouvaient pas venir auparavant.

Il y a toujours des choses à faire, que tout un chacun peut faire, il n’y a pas besoin de connaissances ou de savoir-faire en particulier. Nous avons également besoin de gens pour s’occuper des animaux non humains.

Tenez-nous au courant par mail ou téléphone et dites nous quand vous pouvez passer. Nous nous réjouissons de toute nouvelle aide et de toutes les personnes déjà venues et voulant bien revenir !

Évidemment, le mois de construction a toujours besoin de dons d’argent ou de matériel (nourriture, matériel de construction, outils…). Contactez-nous si vous avez des idées.

Les personnes qui désirent nous soutenir doivent dans le meilleur des cas vivre de manière vegan, ou au moins être ouvertes par rapport au véganisme, c’est-à-dire que nous ne voulons pas que des gens ici utilisent des produits de la consommation animale.

Il y a ce qu’il faut niveau vegan ici, tout comme une douche solaire et des toilettes à compost. L’hébergement est très simple.

Il y a un plan pour les personnes faisant du stop et pour tous ceux qui utilisent les transports en commun, n’hésitez pas à nous demander au cas où. Plein de salutations et un grand MERCI à toutes les personnes déjà venues et à tous les soutiens !

Les gens du Antitierbenutzungshof

 

Interview d’une refuge antispéciste & chocolaterie en Allemagne

L’année dernière nous avions parlé de la vache Yvonne ainsi que de chimpanzés qui finalement ont pu se réfugier à Gut Aiderbichl en Allemagne, un « Gandenhof » c’est-à-dire une ferme pour animaux sauvés.

Non loin de là, on trouve un autre refuge, d’un genre très différent…. Un refuge dont le mot d’ordre est « Pour un monde qui n’a pas besoin de fermes pour animaux sauvés, parce que tous les animaux vivent en liberté ! »

C’est le « Antitierbenutzungshof », la ferme contre l’utilisation des animaux. Voici une petite interview de gens faisant une initiative salutaire qui est bien entendu à soutenir bien que nous ne sommes pas forcément d’accord sur certains points, notamment sur la distanciation qu’ils ont envers leurs protégEs.

Nombreuses sont les personnes, nous le savons, qui vivraient bien dans un refuge pour animaux qui fonctionne aussi à côté comme chocolaterie !

Que voulez-vous dire par « Antitierbenutzungshof », ferme contre l’utilisation des animaux ? Quelle différence avec Gut Aiderbichl ?

La différence tient à ce que Gut Aiderbichl ne s’engage pas pour la libération de tous les animaux par rapport à la domination humaine.

Une ferme pour animaux sauvés comme Gut Aiderbichl n’a pas comme objectif un monde antispéciste, un monde vegan – et ne l’est d’ailleurs pas lui-même.

Cela s’exprime par le fait que les animaux qui vivent à Gut Aiderbichl sont utilisés par exemple pour des voyages en calèche, la thérapie animale, pour la « crèche vivante de Noël »…

Dans le restaurant de Gut Aiderbichl sont servis des produits issus de l’exploitation animale. Gut Aiderbichl met en avant une exploitation animale qui soit humaine, où les animaux continuent d’être exploités selon des critères précis.

Le Antitierbenutzungshof n’est pas une ferme pour animaux sauvés. Que les animaux puissent vivre là-bas n’est pas un geste de grâce des personnes s’en occupant.

Au Antitierbenutzungshof, le véganisme est vécu et propagé à l’extérieur – l’objectif est une société antispéciste, où il n’y a plus d’élevage, et finalement plus de Antitierbenutzungshof, car là-bas aussi il y a de la violence à l’encontre des animaux, qui est de fait immanente dans le fait d’avoir des animaux : les animaux ne sont pas libres.

Les gens du Antitierbenutzungshof le reconnaissent et ne romantisent pas le fait d’avoir des animaux comme le fait Gut Aiderbichl.

Gut Aiderbichl a une « philosophie. » Il y est par exemple expliqué que : « Mais de la vallée de larmes au paradis il n’y a pas qu’un pas : du boucher à l’abattoir au vegan, de l’agriculture industrielle au retour à l’union familiale paysanne… Les revendications maximales peuvent être un objectif, mais pas la voie. »

Qu’en pensez-vous ?

Nous pensons que les gens choisissent d’eux et elles-mêmes les voies à prendre, qu’ils considèrent comme compromis lorsqu’ils/elles ne deviennent pas vegan (« manger moins de viande », devenir végétarien…). Ces compromis, à nos yeux « pourris », nous n’avons pas besoin de leur servir en plis comme option, mais nous exigeons au contraire le « maximum » (ce qui pour nous va de soi), à savoir qu’il faut cesser la violence contre les animaux non-humains et qu’il faut vivre vegan.

Tout le reste signifie conserver le rapport de violence contre les animaux !

« L’union familiale paysanne » ou quelque terme que ce soit pour minimiser l’exploitation animale ne signifie qu’esclavage, la captivité, la torture, le meurtre…

Il va de soi que nous ne pouvons nous engager pour cela, nous qui souhaitons une libération animale à l’échelle de la société.

A propos de la libération animale : nous pensons que l’être humain devrait se considérer comme une partie de la Nature. Il n’y a pas de « mur » entre nature et culture. Nous ne sommes donc pas d’accord quand des gens sont contre l’exploitation animale, mais ne s’intéressent pas à la nature, aux animaux, qu’ils/elles ne ressentent rien à ce sujet.

A votre avis, quel rapport doivent avoir les personnes véganes avec les animaux ? Comment voyez-vous l’opposition intervenir / ne pas intervenir ?

Le rapport des êtres humains aux animaux non humains devrait être empreint de respect. Nous voyons comme relativement distant le rapport aux animaux non humains dans une société – pour l’instant utopique – antispéciste, c’est-à-dire le respect, l’attention, s’exprimerait avant tout dans le fait de laisser tranquille les animaux.

C’est-à-dire que ce serait dans l’ordre que d’admirer les animaux, de s’émerveiller, d’apprécier, mais également de ne pas les apprécier (d’éprouver des sentiments à leur encontre), cependant tout cela sans aller vers eux trop près.

Nous pensons que la majorité des animaux non humains n’est pas intéressée par un contact avec les humains, s’ils n’étaient dépendants d’eux, si une société antispéciste était établie.

Comment vivent les animaux à l’Antitierbenutzungshof? Que faites-vous, et comment vous sentez-vous ? Qu’avez-vous appris, qui peut nous aider à mieux comprendre le véganisme ?

Les animaux sont gardés à l’Antitierbenutzungshof, ils ne sont donc pas libres. Ils ne peuvent pas déterminer eux-mêmes leur vie – pas là où ils veulent aller, avec qui ils veulent vivre, ce qu’ils veulent manger, etc. – tout cela nous devons le décider pour eux.

Au-delà de cette non liberté fondamentale, ils sont régulièrement livrés à des mauvais actes de violence, comme la castration et la stérilisation, la tonte (pour les moutons), l’enlèvement des œufs (pour les oies), et encore plus d’autres choses.

Ce n’est pas un monde végan comme nous nous l’imaginons, car dans un monde vegan le fait de garder des animaux serait aboli. L’Antitierbenutzungshof n’est pas une île végane. Nous pratiquons le fait de garder des animaux avec tous les affreux effets, parce que les animaux seraient sinon assassinés ou auraient sinon une vie bien pire.

Revenons ici à la philosophie de Gut Aiderbichl. Dedans il est dit : « la création n’est pas sortie d’une côte de Dieu et la compassion, le sentiment de justice et la miséricorde ne sont pas des choses qui vont de soi. »

Cela sonne très chrétien : le monde serait mauvais, mais la grâce est possible. Comment voyez-vous la nature ? Voyez-vous la nature comme une concurrence comme le fait le « néo-darwinisme », ou bien comme une coopération en développement ?

Nous ne voyons la nature en ni comme « bonne » ni comme « mauvaise » (ici nous nous voyons nous-mêmes comme une partie de la nature, ou au moins pas comme en opposition à elle).

Il se passe beaucoup de choses que nous ne trouvons pas bonnes (par exemple que certains animaux en tuent d’autres ou que de la violence soit exercée), mais nous trouvons que cela ne regarde pas les humains et que partant de là ils ne devraient pas intervenir.

Ce qui nous concerne bien plus est la violence qui vient des humains, que nous pouvons thématiser et discuter. Une critique, ou plus exactement un rejet de la violence et de la domination n’a pas pour nous rien à voir avec la grâce ou la « miséricorde. »

Pouvez-vous nous parler de Sissi, qui est morte il y a quelques temps ?

Sissi était un cheval qui a vécu à l’Antitierbenutzungshof et qui était en danger de mort en raison d’un mauvais positionnement d’une partie de la jambe. Son état devenait de plus en plus mauvais au fur et à mesure, et à un moment elle n’aurait plus pu courir.

Afin de lui assurer une vie sur le long terme il était nécessaire de lui garder la jambe droite. Nous avons pu réaliser cette opération chère grâce à un énorme soutien financier de nombreux groupes du spectre de la libération animale ainsi que de personnes individuelles.

Après que l’opération se soit initialement passée avec succès et que Sissi soit visiblement allée toujours mieux, il y a eu deux semaines après l’opération une catastrophe inattendue, avec un os moins utilisé pendant l’opération de raidissement qui n’a plus tenu et s’est brisé devant l’effort.

Étant donné qu’ici un cheval avec trois jambes n’a aucune chance de survie et qu’il n’y a pas dans toute l’Europe de vétérinaires qui veulent mettre une prothèse à un cheval, nous n’avons pas eu d’autres choix que de laisser tuer Sissi (« l’euthanasier »).

Nous sommes malgré tout heureux et heureuse d’avoir essayé de sauver la vie de Sissi (et nous sommes ici reconnaissant et reconnaissante de tous les gens qui nous ont soutenu), car Sissi était un individu avec une vie unique, pour qui tout devait être essayé – comme cela serait le cas pour un humain.

Comment est-il possible de vous aider ?

Le plus important pour nous est d’intervenir contre le spécisme dans tous les domaines. Car le spécisme, la pensée comme quoi les « animaux » seraient là pour nous, est la cause qui fait que des animaux sont gardés – que ce soit dans une relation d’exploitation ou dans des fermes comme la nôtre.

Notre ferme a naturellement besoin d’aide directe, par exemple dans la mesure où notre tract est distribué ou que des gens soient informés de l’existence de l’Antitierbenutzungshof.

Notre travail principal consiste, à côté de fournir les aliments aux animaux, en l’amélioration des conditions de vie de tous les animaux de la ferme, afin qu’ils puissent vivre de la manière la plus digne qui soit avec nous.

Ici, nous avons besoin de davantage de moyens financier que nous pouvons nous-mêmes trouver, et nous sommes heureux et heureuse de tout soutien à ce sujet, qui peuvent également provenir de l’organisation de soirées de solidarité, de la vente d’aliments, de brocantes, de tombolas ou de choses dans le genre.

Bienvenues sont aussi les donations de toutes sortes, car beaucoup de choses qui nous manquent aussi, des gens l’ont peut-être sans s’en servir.

Il est aussi possible de soutenir l’Antitierbenutzungshof en achetant auprès de notre chocolaterie végane, chez vegantisch.de, dont les bénéfices vont complètement à l’Antitierbenutzungshof. En ce moment, en plus des divers produits au chocolat, il y a également des T-shirts à message.