Duflot et Cohn-Bendit, la bataille pour la carrière

La candidature Hulot ne représente pas une victoire pour l’écologie ou toutes les personnes qui aiment les animaux. C’est plutôt un symptôme terrible.

Car comme Europe écologie est certain de faire un score électoral « correct », et que le Parti Socialiste a besoin de ce pécule électoral pour former un gouvernement… C’est la foire aux candidats. Les idées ne comptent plus. Il y a même d’ailleurs déjà six groupes de travail thématiques communs PS – EELV.

Les personnalités, elles, comptent. Surtout que le congrès d’EELV a lieu en juin ! Et là, donc, au lieu donc de contenus écologistes, pourtant une urgence évidente, on a un conflit total ente Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit.

Pour résumer grosso modo, Cécile Duflot se pose comme quelqu’un entendant faire carrière (on se souvient de son voyage en train à Copenhague devant les médias, pour revenir en avion dès le lendemain pour passer à la télé en France). Elle veut donc maîtriser le développement d’Europe écologie.

En face, Cohn-Bendit considère qu’Europe écologie doit s’implanter le plus largement possible, en ouvrant les vannes (et en faire en quelque sorte un MODEM de Bayrou qui réussirait). Dans un texte rendu public il y a peu (Non, je ne suis pas un OVNI dans l’espace Europe Ecologie Les Verts !), Cohn-Bendit présente ainsi sa vision des choses :

Je suis convaincu qu’aujourd’hui nous pourrions être entre 30 000 et 40000 si nous étions plus ouverts et accueillants, moins renfermés sur nous-mêmes et plus solidaires. Pourquoi un simple “clic” ne peut suffire pour être adhérent et qu’il faut en passer par “l’inquisition de la validation” de la part d’un comité politique régional? Comment ne pas y voir une forme de discrimination quand on sait qu’il faut être “Vert” pour avoir le droit de devenir automatiquement adhérent à Europe Ecologie? Pourquoi ne peut-on pas adhérer à la coopérative sans passer par “EELV”?

Et j’en passe sur le parcours du combattant qui attend toute personne cherchant à s’impliquer dans le mouvement… Derrière cela, on retrouve évidemment une certaine conception de la politique et de la vie qui n’est pas la mienne.

Et quoi de plus rassurant pour un “dirigeant Vert” que de pouvoir compter sur un “bon Vert combattant” qui a su se plier aux rites initiatiques ou sur celles et ceux que des promesses de pérennisation au sein de la structure auraient amadoués…Et c’est là qu’on a envie de lancer un nouveau “Indignez-vous!” tonitruant.

Duflot n’apprécie évidemment pas cette vision et a tenté de torpiller Cohn-Bendit il y a moins d’une semaine. Elle l’a accusé de ne pas remettre les 1200 euros d’indemnités parlementaires (d’Eurodéputé) à EELV. Ce que Cohn-Bendit ne fait effectivement pas, se justifiant par le fait qu’il a ou aurait dépensé « 31 200 euros de ma poche, en frais d’hôtel et de déplacement. »

Le 9 avril Cohn-Bendit a demandé ce qu’il en était à ce sujet et la direction d’EELV a botté en touche, gagnant du temps et pouvant ainsi le cas échéant dégager Cohn-Bendit sous prétexte qu’il ne respecte pas les statuts.

EELV continue donc son mauvais cinéma. C’est une structure à pure visée électorale, et même là-dessus ses dirigeants ne sont pas d’accord !

Car il est évident que le problème de fond, c’est la définition de l’écologie. Et vu qu’EELV n’accorde strictement aucune attention aux animaux, et qu’elle est en désaccord complet avec l’écologie radicale… Comment pourrait-elle devenir une force réelle du 21ème siècle ?

La fin du procès des activistes en Autriche

Le procès des activistes en Autriche a pris fin hier et le résultat est l’annulation des accusations. C’était le 95ème jour de procès, 14 mois après son début, et aucune accusation n’a tenu, malgré les constructions abracadabrantes de l’État autrichien qui voulait « prouver » l’existence d’une « organisation mafieuse. »

L’annulation des accusations n’est pas encore officielle : le procureur a encore trois jours pour décider s’il veut continuer le procès et le ministère de l’intérieur peut relancer la machine. Mais il n’y a aucun commentaire officiel, sur ce qui se conclut sur un fiasco pour la répression.

Et même la juge, d’une agressivité sans pareil lors du procès, a expliqué que le procès avait été le plus grand défi de sa vie et qu’elle espérait que l’annulation serait acceptée par l’État. Il faut dire que dans un État policé et conservateur, la résistance déterminée d’activistes bouleverse les règles traditionnelles…

De plus, à son arrivée hier à neuf heures du matin, elle s’est faite accueillir par 150 personnes, dont un groupe de samba et d’autres jetant des confettis, notamment sur elle, pour célébrer la victoire à venir. « C’est désagréable » a-t-elle dit. A quoi il lui a été répondu que 105 jours de garde à vue sont plus désagréables encore…

Lorsqu’elle a annoncé l’annulation du procès, le porte-parole de l’association VGT, la principale association concernée par le procès des 13 activistes, a expliqué que ces trois années et demi d’enquête n’avaient abouti à rien d’autre qu’une perte de temps. La juge, qui a clairement craqué, a expliqué qu’il « était facile de chier l’intelligence une fois que tout est fini » (en gros, de faire le malin, mais dans un langage bien plus vulgaire).

Elle a été donc pressée de conclure le procès en disant : « Il n’y a rien et il n’y avait rien » ! C’est ce qu’ont put voir les nombreuses personnes présentes et les médias, notamment conviés dans une seconde salle avec un grand écran pour suivre l’événement…

Le boulet est passé en tout cas non loin des 13 activistes. Se tirer d’un procès dont le dossier fait 40 000 pages n’est pas une mince affaire. Surtout quand il y a un article de loi comme celui sur les « organisations mafieuses » (article 278a), dont la définition est très large. En Allemagne existe une loi similaire (l’article 129) et en France également (« association de malfaiteurs », « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste »). Ces lois permettent d’arrêter des gens sans qu’il n’y ait forcément de preuves au sens strict, il suffit juste pour l’État de faire un montage intellectuel.

C’est à cela qu’ont échappé les activistes en Autriche, par une lutte acharnée et un mouvement de solidarité ininterrompu. En affrontant la pression : une manifestation de solidarité hier soir à Vienne de la part de 250 personnes a vu 50 personnes encerclées par la police et contrôlée de manière « musclée »…

Reste donc à savoir quel est l’avenir. Les Verts, très alternatifs en Autriche, exigent une réparation matérielle pour les activistes et leurs activités et la quasi totalité des partis veut ou prétend vouloir modifier la loi sur les « organisations mafieuses. » Et la prochaine étape, c’est déjà la « veganmania » annuelle, une fête de rue organisée cette fois dans une douzaine de villes. A Vienne est notamment prévu un… gâteau au chocolat de 200 kilos et 35 mètres de long !

 

“Stopper l’instruction judiciaire – abroger le paragraphe 278”

278a: le paragraphe sur les “organisations mafieuses”

“L’État est l’organisation criminelle”

“Vous pouvez avoir notre haine, mais jamais vous n’aurez notre confiance!”

“Still not loving police”

Rappel d’articles à ce sujet, sur LTD:

Le procès en Autriche contre les activistes a commencé…

La situation du procès en Autriche (deuxième compte-rendu)

La situation du procès en Autriche (troisième compte-rendu)

La situation du procès en Autriche (quatrième compte-rendu)

Autriche : la répression continue

L’ALF s’invite au procès en Autriche

Un après le début du procès en Autriche, la fin est programmée pour avril

Rappelons également qu’en Autriche l’utilisation du nucléaire pour l’obtention d’énergie ou pour les armes est interdit par la constitution:Potentiel hydroélectrique français et Autriche dénucléarisée

Europe écologie : une seule référence aux animaux et encore il est joué sur les mots!

Samedi dernier les adhérents des Verts et d’Europe écologie devaient souscrire à leur nouveau projet de « parti politique » classique. On pouvait également voter par courrier.

Les premiers résultats sont tombés au moins partiellement et plus de 80% des adhérents ont soutenu ce qui va former les statuts du nouveau parti « écolo » qui naître à la mi-novembre, à Lyon, marquant la fusion d’Europe écologie et des Verts (ou plus exactement la disparition des Verts dans Europe écologie).

En clair, cela signifie qu’Europe écologie devient un « parti politique » institutionnel tout ce qu’il y a de plus classique. Cela se lit aisément, ou justement pas du tout, avec les statuts très compliqués et insupportables.

Nous ne reviendrons pas sur la dimension carriériste du projet. Parlons ici de la place qui est accordée aux animaux. Car logiquement, être écologiste c’est remarquer que les humains ne sont pas les seuls êtres vivants sur la planète…

Dans l’ordre des choses, il faut leur accorder une très grande place. C’est le sens de notre mot d’ordre à LTD : « la planète doit redevenir bleue et verte. »

Bien évidement, un parti institutionnel ne voudra jamais que les villes reculent. Et même les animaux ne peuvent pas se voir reconnus leur existence et leur importance.

En voici la preuve, dans ce qui pourra servir d’argument aux personnes désireuses de critiquer « Europe écologie – les Verts » (ou ce que cela donnera par la suite) sur une base constructive et très claire.

Commençons par le début : on a demandé aux adhérents de soutenir le projet de nouveau parti, en choisissant d’accorder leur confiance à des statuts et un manifeste. Passons les statuts qui sont procéduriers et illisibles (mais qui raviront sans nul doute les personnes de la « protection animale » bac + 5 en droit comme on le respecte dans les beaux quartiers).

Regardons simplement le manifeste, et la référence aux animaux. « La » référence, oui, car il n’y en a qu’une seule…

Elle se situe tout à la fin d’un long listing de « valeurs » et en plus il est parlé de « dignité animale » seulement (en clair : mangeons des cadavres d’animaux, mais bio…) :

(…) liberté de conscience, libertés publiques, égalité des droits et des devoirs entre tous les êtres et tous les genres, en particulier entre les hommes et les femmes, refus de l’oppression et des discriminations, solidarité entre les personnes, les peuples et les générations, équité économique et sociale, dignité inaliénable de chaque être humain, responsabilité, autonomie et libre arbitre, respect des minorités quelles qu’elles soient, impératif de justice, primat du droit et de la démocratie, priorité à l’éducation et à la culture, sollicitude aux autres, altruisme, non violence, laïcité, tranquillité publique, liberté totale à la création artistique, respect de la dignité animale.

En fait, pour être précis, ce qu’on lit ici c’est le passage de la version mise en ligne sur le site d’Europe écologie.

Si par contre on lit le PDF mis en ligne, appelé non pas « Manifeste pour un nouveau cours écologique et social » mais « manifeste pour une société écologique » on peut alors lire à la fin :

« (…) liberté de la création artistique, respect des animaux en tant qu’être vivants et non simples objets de production et de consommation. »

C’est là que se situe le piège. Si on compare les deux, on peut penser : le progrès semble très net. Avant on parlait de « respect » ce qui est très bien mais très flou. La notion de « dignité » elle-même n’est pas définie.

Désormais les animaux sont reconnus « en tant qu’êtres vivants. » Ce qui semble très bien. Sauf que ce n’est pas « très bien » : il s’agit en fait de la même formulation.

Il faut en effet accorder une attention extrême à un mot qui change tout. Revoici la formulation avec ce mot souligné par nous :

« (…) liberté de la création artistique, respect des animaux en tant qu’être vivants et non SIMPLES objets de production et de consommation. »

Voilà le piège. Quand on aime les animaux et qu’on veut les défendre, on pourrait lire que le fait de reconnaître la dignité d’êtres vivants s’oppose au fait de voir les animaux comme des « objets de production et de consommation. »

Sauf que la phrase n’est pas :

« (…) liberté de la création artistique, respect des animaux en tant qu’être vivants et non COMME DES objets de production et de consommation. »

La phrase dit qu’il ne faut pas considérer les animaux… UNIQUEMENT comme des «  objets de production et de consommation. »

C’est une véritable entourloupe. Ceci dit cette entourloupe peut être comprise quand on voit que les animaux ne sont mentionnés qu’une seule fois, et encore au bout d’une longue liste de « valeurs » relevant plus du marketing qu’autre chose.

Toutefois, cela souligne qu’il faut faire attention aux mots et à l’approche qui est faite. Cela est vrai pour Europe écologie – les Verts mais également pour certaines structures de « protection animale » qui tentent de gommer les définitions et de se prétendre pour la « libération animale. »

Or, les deux choses n’ont rien à voir. Soit on prend le chemin du « droit » et des institutions, comme Europe écologie (ou des associations pour les droits des animaux, comme One Voice…), soit on choisit le camp de la libération animale!