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Document : la vénerie sous terre

Voici un nouveau document, dans l’esprit de ceux mis en ligne récemment. Il traite de la vénerie sous terre, et au-delà de l’aspect des connaissances, il peut et doit s’agir de la perspective de l’ouverture de nouveaux fronts de lutte. Il ne faut pas tant copier ce qui fonctionne, qu’en saisir la substance et lancer de nouvelles batailles.

vènerie sous terre
(PDF)

“Même s’il pouvait y avoir une majorité de Français”…

Nous sommes à la veille de la Saint-Hubert, une date centrale pour les chasseurs. C’est une excellente occasion de faire le point. Car le véganisme a connu en cette rentrée un véritable tournant historique, comme donc on pouvait le pressentir ou même carrément le voir. Après, cela dépend sous quel angle on le considère, bien entendu, mais de notre point de vue, on peut dire qu’on est passé enfin à quelque chose de tout à fait concret et ayant prise sur la société française.

Nous avons ici bien sûr en tête la question de la chasse, qui est devenue une thématique littéralement brûlante dans la société française, grâce à la lutte exemplaire contre la chasse à courre partie de Picardie. Il y a ici une perspective de tracée pour les prochains mois, voir les prochaines années.

A l’inverse, l’antispécisme qui a occupé la scène médiatique s’avère une voie de garage complète, sans aucune prise sur la société française, qui l’a littéralement rejeté comme un corps étranger.

Commençons tout d’abord par deux excellentes nouvelles. La première, c’est que le parquet de Compiègne a classé sans suite les plaintes faites par les veneurs contre Abolissons la vénerie aujourd’hui (AVA). Cette nouvelle toute fraîche est une victoire énorme, car on se doute bien qu’il existe une pression terrible de la part des veneurs sur les institutions et les forces de répression.

Les veneurs ont échoué devant le succès populaire d’AVA, qui a été leur muraille protectrice. Tous les opposants qui par le passé se sont confrontés à la chasse à courre se sont retrouvés isolés et à la merci de l’écrasement : cette fois c’est fini.

La seconde excellente nouvelle, c’est également la tenue par AVA d’un congrès. Cela signifie beaucoup de choses. Tout d’abord, qu’il y a une base solide de formée, ensuite que le modèle a pu être reproduit par des gens sérieux. Enfin, qu’il y a eu la capacité à s’unir.

Ce n’est jamais simple, surtout lorsqu’on ne part de rien, et on sait à quel point nombre de gens ont, dans des associations, un sentiment scandaleux de jalousie par rapport à tout cela. C’est honteux, il faut saluer humblement ces efforts bien dosés, très réfléchis, et victorieux.

Il y a donc désormais 16 groupes AVA à travers la France. C’est une victoire qu’on peut qualifier sans précédent.

Il y a par ailleurs deux points qui semblent importants ici. Tout d’abord, il y a des gens qui veulent monter un groupe anti-chasse à courre… Là où il n’y a pas de chasse à courre. L’intention peut être louable, elle n’en a pas moins aucun sens. Mieux vaut apprendre du succès et monter une nouvelle lutte, ce ne sont pas les prétextes qui manquent pour cela !

Mais rien ne sert de faire du forcing abstrait, de basculer dans l’aventurisme ou de chercher à surfer sur quelque chose qui marche, sans se préoccuper de la réalité. Ce n’est pas là servir les animaux.

Le second point consiste en un regret, puisque certaines personnes relevant du noyau historique d’AVA ont décidé de passer à autre chose. Il y a l’envie d’aller plus loin dans « l’animalisme », l’envie de ne pas se retrouver avec des gens anti-chasse à courre mais pas forcément anti-chasse, la sensation de se faire déposséder alors que d’autres groupes se forment… C’est compréhensible, mais fort regrettable.

Mieux aurait valu continuer cette lutte et contribuer à un autre projet parallèlement, plutôt que de faire un fétiche de sa propre prise de conscience. La lutte anti-chasse à courre est une lutte qui est ce qu’elle est ; elle n’est pas le véganisme, c’est certain. Mais elle est un vecteur à part entière et la faire disparaître dans autre chose, ce n’est pas comprendre la dynamique des luttes ni la bataille des idées, et encore moins la question de l’ancrage dans la population.

Espérons qu’il en ressortira tout de même quelque chose de constructif et ayons l’espoir qu’à terme, les luttes se rejoignent, de par leur base positive !

Surtout qu’il faut faire bloc, sans discontinuer. Il y a quelques jours ont ainsi été lacérées 8 pneus de voitures, au moment de la chasse à courre du Rallye Roumare, en forêt d’Eawy aux Grandes-Ventes en Seine-Maritime. Une voiture d’activistes d’AVA et une autre de cueilleurs de champignons ont été pris pour cible, par des gens qui sentent bien que le vent tourne dans la population, mais qui savent aussi qu’ils ont l’appui de l’État.

Qu’a dit par exemple François de Rugy, le nouveau ministre de l’écologie, à la suite de sa rencontre avec les représentants de la fédération nationale des chasseurs, la semaine dernière ?

« Je n’ai pas été nommé ministre et Emmanuel Macron n’a pas été élu pour supprimer la chasse, même s’il pouvait y avoir une majorité de Français favorables à cette idée ! »

Voilà une posture anti-démocratique absolument limpide. Dans un même ordre d’idée, en Savoir, le maire de Jarsy exige des cueilleurs de champignons que les mercredi, jeudi, samedi et dimanche, ils portent un gilet fluo en raison de la chasse.

D’autres anecdotes du même type sont assez marquantes. La fédération des chasseurs de Charente-Maritime a ainsi promis de rembourser le permis de chasse à ceux qui ramèneraient 35 queues de renard.

Il y a eu aussi des surfeurs qui se sont fait tirer dessus, sur la presqu’île de Crozon, dans le Finistère. Les chasseurs ont expliqué qu’en réalité, des plombs leur étaient simplement retombés dessus…

Il devait également y avoir la première édition de « Fort en Trail », à côté de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Cette course devait avoir 350 participants, mais les chasseurs ont expliqué qu’il était hors de question qu’ils ne chassent pas ce jour-là, d’où l’annulation…

Cela n’empêche bien entendu pas les chasseurs de chercher de manière idéaliste à mettre en avant une image intellectuelle et chic par l’intermédiaire de femmes. Il y a eu une photographe végétarienne publiant un ouvrage de photos « Chasse à courre – À la croisée des mondes » chez Flammarion, il y a aussi Johanna Clermont qui se met en scène, avec de nombreuses marques de chasse, dans de nombreuses photos.

La réalité est bien différente et voici la lettre ouverte d’une femme dont le mari a été tué par des chasseurs.

Monsieur le Président de la république Emmanuel Macron, Monsieur le président de la fédération nationale des chasseurs, Messieurs les présidents des fédérations départementales, Mesdames et Messieurs les chasseurs.

Il y a 3 ans le 5 décembre 2015, mon mari est mort d’une balle en pleine tête, tué par un chasseur dans les hauteurs d’Annecy alors que nous courrions tous les 2 sur des sentiers balisés. Il était le papa de 2 petites filles, de nos 2 petites filles…

Nous aimions la nature, nous aimions le sport, nous aimions notre liberté. Ce jour-là un jeune chasseur, aveuglé par sa passion de la chasse, a tiré sans prendre le temps d’identifier sa cible ( mon mari mesurait 1,83 m et nous étions à 30 cm l’un de l’autre) , a enfreint toutes les règles de sécurité et a tué mon mari.

Depuis notre accident, certaines mesures de sécurité complémentaires ont été prises. Il n’y a d’ailleurs qu’en Haute Savoie que cela a été fait, les autres fédérations de chasse n’ayant pas voulu en entendre parler, cela était certainement trop contraignant…

Mais force est de constater que ces mesures sont loin d’être suffisantes et samedi, de nouveau en Haute Savoie, c’est un VTTiste de 34 ans qui est mort tué, lui également par un jeune chasseur. Il semble également qu’un Vttiste soit assez identifiable, avec son vélo… Lui aussi aimait la nature, lui aussi était heureux certainement ce jour-là de pratiquer son sport mais il est mort tué par un chasseur qui pratiquait lui aussi son loisir… !!

La différence c’est que nous pratiquons, nous, marcheurs, promeneurs, coureurs, VTTistes, ramasseurs de champignons, des loisirs qui ne mettent pas la vie d’autrui en danger. Les chasseurs si !

Et Monsieur le président, vous décidez début septembre de rendre le permis de chasse encore plus accessible en divisant son prix par 2, sans aucune contrepartie au niveau de notre sécurité et de notre liberté.

Partageons la nature, c’est cela le message des fédérations ? Comment cela est possible quand n’ importe qui peut passer et obtenir son permis de chasse, sans encadrement, sans tutorat, sans zone clairement délimitée, sans jour et heures délimités le week-end, sans contrôle, sans sanction? C’est une activité qui doit être pratiquée par des personnes qui sont en mesure de pratiquer ces activités avec des règles strictes et un encadrement stricte.

La pratique aujourd’hui des sports Outdoor, des activités en plein air, le mode de vie des gens vivant à la campagne, à la montagne a évolué. N’est-il alors pas nécessaire de faire évoluer également cette pratique qui aujourd’hui tue entre 20 et 30 personnes par an.
Où vivons-nous ? Où se trouve le respect de notre liberté ?
Combien de morts faudra-t-il pour que vous décidiez de mettre des vraies mesures en place ?

Monsieur le Président, Monsieur le président de la fédération nationale des chasseurs, Messieurs les présidents des fédérations départementales, Mesdames et Messieurs les chasseurs, je vous pose la question, prenez quelques minutes pour y réfléchir.

Ce texte est triste et il souligne en même temps une véritable prise de conscience. Cependant, c’est un raccourci de s’imaginer qu’Emmanuel Macron cède devant le lobby des chasseurs, ou bien qu’il recherche leurs voix. En réalité, on est là dans un dispositif de maintien de l’ordre réactionnaire dans la France rurale. C’est la sainte alliance de tous les réactionnaires.

C’est en cela que le véganisme ne peut qu’apporter son attention à la question de la chasse. C’est tout le rapport à la Nature qui se révèle avec cela. C’est un moyen de faire prendre conscience du rapport positif nécessaire. Inversement, les antispécistes assument d’être coupés de la Nature et même de la population, ne voyant les animaux que négativement, par rapport aux fermes-usines.

Ce qui est en jeu, ici, c’est la possibilité même d’un véganisme de masse.

La rentrée 2018 des chasseurs

Hier s’ouvrait la chasse pour la moitié sud de la France, la moitié nord voyant le massacre recommencer le 16, la chasse à courre recommençant quant à elle le 15, une date ô combien importante !

C’est donc le moment d’avoir un aperçu approfondi sur la grande offensive des chasseurs de cette rentrée.

C’est quelque chose d’essentiel à comprendre pour qui a saisi que le véganisme ne peut pas avancer sous une forme abstraite et déconnectée de la réalité (« l’antispécisme »), mais seulement en étant adapté aux conditions concrètes de la France, avec ses mentalités, ses structures sociales, son histoire, etc.

En l’occurrence, la France profonde, « enracinée », c’est-à-dire profondément réactionnaire, pétrie des valeurs impulsés par les notables, la haute bourgeoisie, les mœurs rustiques ou néo-rustiques, est un obstacle fondamental. C’est cette France qui a étouffé la Commune en 1871 ou bien mai 1968, alors s’imaginer qu’aujourd’hui on pourrait vaincre une telle opposition simplement serait bien absurde.

Les chasseurs ne s’y trompent pas et ont développé des formes d’alliances à différents niveaux avec les éleveurs et les bouchers. C’est un front de la réaction qui a pris forme et qui montre que ces ont mieux compris que les « antispécistes » quelle était la réalité du pays.

Quelle forme a donc pris l’offensive des chasseurs en cette rentrée 2018 ? Il serait plus juste de parler de « formes » au pluriel, car les chasseurs ne forment un bloc unifié, centralisé, qu’à la direction. La base est composée de gens avec une démarche très élémentaire. Les Inconnus ont très bien dressé le portrait de cette attitude basique.

En cette rentrée, ce style a été parfois à l’avantage des chasseurs, parfois à leur désavantage. Cela dépend de leur capacité de mobilisation. Ainsi, le début du mois d’août a connu une victoire des chasseurs dans le Nord de la France.

La réserve nationale de la baie de Canche, née en 1987 et qui fait 505 hectares, héberge en effet une « plage des pauvres », par opposition au Touquet. La plage, qui elle fait 20 hectares, est normalement par conséquent protégée de la chasse… Mais les chasseurs ont pu faire admettre leur rapport de force et la chasse est tolérée : aucun chasseur n’a jamais reçu d’amendes !

Les chasseurs jouent ici sur leur force locale, car la plage est mitoyenne de 550 hectares formant une zone de chasse. C’est la France profonde qui expose ici sa face brutale et réactionnaire à l’écologie.

Au grand dam d’activistes, qui ont réussi à faire passer que, désormais, le terrain soit enfin balisé trente après, au moyen de cinq poteaux et de quatre bouées. Sauf que la réaction ne s’est pas faite attendre. Dès l’ouverture de la chasse au « gibier d’eau », cela a été apéro sur la plage et bien évidemment des tirs.

Les gendarmes n’ont évidemment pas verbalisé, se contentant de demander aux chasseurs de s’éloigner cette fois, mais ce n’est évidemment que partie remise, d’autant plus qu’ils ont le soutien ouvert du maire du Touquet Lilyane Lussignol, ainsi que du député du Touquet, Daniel Fasquelle.

D’ailleurs, Thierry Forestier, membre du Collectif « Liberté pour la baie », vice-président de l’association maritime des chasseurs de la baie de Canche, a été très clair dans ses propos :

«  Nous n’avons rien à faire du balisage de la baie de Canche. Nous continuerons à chasser sur la plage des Pauvres  ».

Cet habitant du Touquet, fan du club de football de l’AS Monaco, ne va quand même pas céder devant ces salauds de pauvres!

Et avec l’incontournable Willy Schraen, il a participé à la rédaction d’un point de vue également on ne peut plus clair et mobilisateur :

« Chers amis chasseurs,

La réserve nationale de la baie de Canche et sa plage des pauvres sont un problème récurrent depuis 30 ans.

En effet, un contentieux existe sur le découpage incohérent de cette réserve, qui comme beaucoup d’autres n’ont nullement tenu compte de l’histoire de ces milieux, mais surtout des utilisateurs séculaires de la nature, qui ont préservé, avec leur propre argent, ces joyaux de biodiversité.

Quelques coups de crayons par des technocrates ignorants, et on se retrouve avec des mares de hutte coupées en deux, ou des limites incompréhensibles, qui ne tiennent aucunement compte des chemins existants et des barrières naturelles.

Cela donne forcément un découpage farfelu qui s’aligne sur des clochers et des bouées en mer ; bref, un travail bâclé comme souvent quand on veut mettre sous cloche des territoires au nom d’une écologie dogmatique qui n’a rien à voir avec la défense de la biodiversité.

La plage des pauvres a toujours été le lieu privilégié des bottiers de l’association de chasse locale.

C’est aussi et surtout, comme son nom l’indique, un lieu libre pour tous les utilisateurs de la nature qui ne disposaient pas des moyens nécessaires pour vivre leur passion sur les plages très huppées du Touquet au début du siècle dernier.

Pêcheurs, chasseurs, ramasseurs de coquillages et autres promeneurs et baigneurs fréquentent donc ces lieux depuis des décennies.

Après de nombreux rebondissements politiques et juridiques, il semble que le dernier jugement du Tribunal Administratif interdit désormais l’accès à cette plage aux locaux. La présidente d’Eden 62, qui gère cet espace, nous a annoncé, il y a quelques jours, que les grillages de fermeture seraient posés courant mars.

De façon autoritaire, on retire encore un espace de liberté de plus aux utilisateurs de la nature, pour que quelques scientifiques ou écologistes de pacotille puissent profiter pleinement de leur nouvel espace d’exclusion de l’espèce humaine.

Avec mon ami, Thierry Forestier, président de l’AMCBDC, nous avons décidé de ne pas accepter cette décision et de nous battre pour que cette chasse populaire des bottiers ne disparaisse pas comme tant d’autres aujourd’hui.

Ce combat est celui du pot de terre contre le pot de fer, mais qu’importe, car ce combat est profondément juste. Il n’est pas pensable que nous laissions l’Etat verrouiller un morceau historique de notre chasse locale, de notre nature et de notre ruralité.

J’ai alerté l’Elysée et je mobilise en ce moment les élus que je rencontre et notamment Gérard Larcher, Président du Sénat, Xavier Bertrand  Président du Conseil Régional, Jean-Claude Leroy, Président du Conseil Départemental du Pas-de-Calais et le député de la circonscription, Daniel Fasquelle.

Par ailleurs, de nombreux maires et élus locaux se sont toujours battus pour que cette plage ne soit pas confisquée aux utilisateurs locaux, qui en sont les principaux défenseurs depuis des décennies.

Je verrai également le Prefet du Pas-de-Calais dans quelques jours pour appréhender les solutions qui s’offrent à nous.

Cette action sera de toute façon la dernière, si l’unité politique ne se fait pas autour de ce combat de bon sens. Quand je vois d’ailleurs ce qui s’est passé à Notre-Dame-des-Landes, qu’on ne me dise pas que tout ne peut pas être changé, même si la jurisprudence n’est pas de notre côté.

Avec Thierry Forestier, l’ensemble des élus de la fédération des chasseurs du Pas-de-Calais, ainsi que toutes les associations amies locales, nous voulons livrer ce combat, certes difficile mais très symbolique.

Il faut, qu’ici comme ailleurs, l’on arrête cette spirale infernale qui consiste à mettre sous cloche des territoires et à en exclure les femmes et les hommes qui en sont à la fois les utilisateurs et les défenseurs, souvent sur leurs propres deniers. »

Ici, le coup de force est effectif. La loi est bafouée, les décisions de l’État sont bafoués, le maire et le député participent à cette vaste mascarade qui se moque de l’État. L’État de droit est aux oubliettes ! Nous ne nous étonnerons pas, nous ne nous en formaliserons pas. C’est à la révolution de balayer tout cela.

Cependant, la capacité de la mobilisation des chasseurs peut également parfois être pris directement en défaut. Ici, les chasseurs agissaient dans le prolongement direct de leur propre activité. Difficile de dépasser cet emprisonnement local, lié à l’emprisonnement mental. Ces gens vont à l’encontre de l’histoire, ils sont donc d’une pesanteur extrême.

Ainsi, les chasseurs, bouchers et autres apparentés avaient exercé une pression terrible pour que la mairie de Calais supprime la location accordée de locaux pour un « festival vegan ». Cela a provoqué un réel émoi chez beaucoup de monde et il y avait évidemment tout un espace pour une mobilisation contre les chasseurs.

Les gens de ce festival agissant cependant dans une optique d’intégration personnelle à la société par un véganisme mercantile, ils ont prôné le pacifisme le plus complet et se sont précipités vers le tribunal administratif, avec l’aidé de L214. L’État, trop content de cette soumission, s’est empressé de leur accorder leur droit de tenir ce festival.

Citons ici l’organisatrice franco-britannique de Fareplace France qui a des propos de dissociation d’une très grand limpidité :

« On comprend qu’ils (les commerçants) soient en colère. Que des vitrines aient été cassées, ce n’est pas normal. On estime qu’il faut respecter les gens et leur travail, même si on n’est pas d’accord avec leurs idées. »

Les bouchers ont raison : quel scandale que ces vegans qui abîment des vitrines exposant des cadavres d’animaux ! Mais où va-t-on !

En tout cas, donc, les chasseurs ont tenté de mobiliser. Ils ont affirmé qu’ils feraient un rassemblement de 200 personnes devant le festival, puis de 600 personnes. Laurent Rigaud, président de la fédération des bouchers-charcutiers-traiteurs des Hauts-de-France, a finalement d’annuler, à cause de prétendus « débordements » qui pourraient avoir lieu.

Voici le communiqué à ce sujet, avec encore et toujours cette prose croustillante, diffusée ici par Jean-Michel Taccoen, conseiller régional (LR).

Laurent Rigaud, représentant des Bouchers-Charcutiers-Traiteurs des Haut de France, est également très fort dans l’esprit de criminalisation fantasmatique.

C’est également lui qui a tenu une conférence de presse avec encore et toujours Willy Schraen. Car en réalité, on s’en doute, la mobilisation n’était simplement pas possible. Les réactionnaires sont des velléitaires, et à moins d’organiser la plèbe en SA ou en chemises noires, on ne sort pas du cadre d’une démarche individuelle beauf.

Ce sont donc des représentants de la France profonde qui se sont collés au boulot ingrat de se présenter à une poignée devant les médias…

On notera l’inévitable soutien de Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France depuis 2016.

Ce qui nous amène à un élément-clef du dispositif des chasseurs dans leur rentrée 2018 : la fête de la chasse à Compiègne

Celle-ci s’est déroulée dans le parc du palais impérial, avec 150 exposants, plus de 37 000 personnes, le président (LR) du Sénat Gérard Larcher, le préfet de l’Oise Louis Le Franc…

Le fait de mettre des t-shirts « j’aime la chasse » aux enfants est peut-être le symbole le plus parlant du caractère terriblement réactionnaire de ces gens.

Il faut vraiment souligner à quel point cette zone géographique joue un rôle essentiel dans le dispositif mis en place par les chasseurs pour se présenter comme utiles et incontournables. Le document au format PDF Éléments d’information sur le travail des chasseurs sur l’opinion publique » devrait déjà avoir été lu par tous les activistes pour bien saisir la situation…

Les chasseurs ont néanmoins inversement connu un revers à Paris. S’ils entendent faire de la Picardie leur bastion de par les liens historiques avec les notables, la bourgeoisie parisienne ne compte certainement pas être mêlé à ce qui lui semble lointain. La RATP a donc ajouté un point d’interrogation aux affiches placées dans le métro, histoire de relativement neutraliser l’offensive des chasseurs.

De manière plus subtile, les chasseurs ont en amont diffusé, du 6 au 12 août, une campagne radio sur Autoroute FM, avec également à partir du 20 août une « minute nature »présentée comme “offerte” à 850 radios locales.

Si vous voulez vous impliquer dans la défense des animaux, vous ne pouvez pas faire l’économie d’écouter cela… Il faut connaître l’ennemi !

Une vidéo a été également mise en place pour les sites et les facebooks des chasseurs. C’était incontournable pour donner une charge offensive à tous les niveaux, pour se montrer opérationnel, efficace sur tous les plans.

Les chasseurs ont évidemment également salué l’arrivée du nouveau ministre de la transition écologique, après avoir joué un rôle central dans l’éviction de Nicolas Hulot.

A cela s’ajoute la mise en place, le 6 septembre, d’un comité de lutte contre les dégâts de gibier à l’initiative de Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et de Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire.

Les chasseurs se voient attribuer davantage de responsabilité dans les plans de chasse, et il s’agit également de temporiser les relations avec les agriculteurs qui n’apprécient guère pour leurs cultures les pratiques des chasseurs comme l’agrainage visant à nourrir des animaux pour qu’ils prolifèrent et justifier leur activité.

Les chasseurs visent l’institutionnalisation : leur offensive de la rentrée 2018 vise à contribuer à cela de manière décisive. L’objectif est de faire basculer le ministère de l’écologie du côté de l’agriculture, avec l’intégration ouverte de la chasse dans la gestion institutionnelle.

Il y a ici la tentative de cimenter un bloc ultra-réactionnaire pour étouffer toute opposition et jamais l’antispécisme – qui ne s’intéressent nullement aux animaux vivants, à la Nature – ne pourra y faire face. Le véganisme, par contre, est une des clefs historiques pour changer le pays et établir des valeurs moralement justes, en développant sa sensibilité, en l’affirmant.

Il s’agit d’être à l’avant-garde de cet inéluctable affrontement et il n’est qu’une seule position personnelle possible sur le plan psychologique : vegan straight edge en défense de notre mère la Terre ! Il faut savoir se former, se façonner, se forger pour correspondre aux interventions nécessaires !

Lire la suite La rentrée 2018 des chasseurs

Démission de Nicolas Hulot et triomphe des chasseurs à l’Elysée

La grande actualité, c’est bien entendu la démission « surprise » de Nicolas Hulot, qui a annoncé à la radio qu’il abandonnait sans prévenir son poste de ministre de la transition écologique et solidaire.

Cela est directement relié à la question des chasseurs sur laquelle nous avons mis l’accent ces derniers jours. La démission de Nicolas Hulot était en effet dans l’air du temps et c’est un coup de force des chasseurs qui l’a déclenché.

Ceux-ci avaient encore une fois leur représentant à l’Elysée, Willy Schraen (président de la fédération nationale de la chasse), et celui-ci avait emmené avec lui le lobbyiste Thierry Coste.

Étaient également présents le secrétaire d’État à la transition écologique Sébastien Lecornu, le conseiller énergie de l’Élysée Antoine Peillion, et un ami d’Emmanuel Macron, le chasseur et sénateur de Côte d’Or François Patriat.

A la fin de la réunion, Nicolas Hulot s’est accroché avec Thierry Coste, arguant qu’il n’avait rien à faire là en tant que lobbyiste. Il faut dire aussi que Thierry Coste n’a cessé de faire monter la sauce, racontant en riant en janvier au quotidien Le Monde :

« Quand Nicolas Hulot n’est pas content, j’adore lui rappeler qu’aujourd’hui, on est dans le même camp, celui d’Emmanuel Macron. C’est presque jouissif pour moi. »

Si l’on ajoute le fait qu’Emmanuel Macron avait expliqué à Nicolas Hulot qu’il n’aurait pas été au courant pour la présence de Thierry Coste, on a une situation qui ne rimait plus à rien, et précipitant la démission.

C’est une grande victoire pour les chasseurs, d’autant plus qu’ils ont obtenu l’officialisation de la réforme dont nous avons parlé, faisant passer le permis de chasse de 400 à 200 euros, à quoi s’ajoute la « gestion adaptative » de six espèces d’oiseaux :

  • l’oie cendrée,
  • la barge à queue noire,
  • le courlis cendré,
  • la tourterelle des bois,
  • le grand tétras,
  • le fuligule milouin.

Cela signifie que selon les « évaluations », les chasseurs pourront se mettre à chasser ces oiseaux… Rappelons ici qu’en France, la loi autorise la chasse de 64 types d’oiseaux – bien plus dans les faits – dont 20 son sur la liste rouge de l’Union internationale de la protection de la nature.

C’est également une victoire pour les chasseurs sur la question de la chasse à courre, dont Nicolas Hulot espérait saper les fondements. Las ! Avec un Emmanuel Macron pour qui la chasse n’est « ni un loisir ni un sport mais un mode de vie », à un moment donné cela devait inévitablement aboutir à un conflit insoluble.

Nicolas Hulot espérait aussi taper sur la chasse de la grive à la glu, les piégeages appelés « tenderie » et « matole » : c’est là aussi un échec.

Il y aura également dans le futur une « police de la nature et des territoires », qui va passer par la fusion de l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et de l’Office nationale de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Cela participe à ce que remarque le document pdf dont nous avons parlé, à savoir la mainmise des chasseurs sur l’écologie et la « gestion » de la Nature.

C’est d’ailleurs évidemment la ligne officielle de la fédération nationale de la chasse quant à la démission de Nicolas Hulot, présentant les chasseurs comme les « écologistes de terrain » !

A cela s’ajoute l’interdiction de l’engrillagement des domaines chassables par certains propriétaires.

Bref, c’est une défaite sur toute la ligne et Nicolas Hulot allait se faire sévèrement critiquer une fois de plus. Il avait déjà très mal pris la critique faite par Brigitte Bardot dans Var matin, le qualifiant de « trouillard de première classe. Un indécis. Un type qui ne sert à rien », répondant lui-même de manière véhémente (« Il y a un moment ou un autre où il faut arrêter de céder à la simplicité, de donner des conseils à distance, tout ça avec vue sur la Méditerranée. C’est très sympathique, mais ça ne fait pas avancer la cause »).

Il a préféré fuir plutôt de passer pour quelqu’un s’étant fait littéralement broyé. Il n’en reste pas moins que les problèmes restent entier ! Et que la première chose à faire, c’est de soutenir l’opposition à la chasse à courre et d’affirmer son soutien à AVA confronté à une plainte de l’Office National des Forêts !

« Éléments d’information sur le travail des chasseurs sur l’opinion publique »

Le contexte est celui de la plainte posée par l’Office National des Forêts contre AVA, en plein creux de l’été : organisez la solidarité !

Et il faut bien comprendre le contexte.

« Éléments d'information sur le travail des chasseurs sur l'opinion publique »
PDF

Ce document est d’une très grande importance pour qui s’intéresse à la chasse en général et à la chasse à courre en particulier. Il montre l’incessante activité des chasseurs pour apparaître comme incontournable, niant l’existence de la Nature et de ses équilibres, de son équilibre.

Nous ne pouvons que vouloir souligner de vraiment étudier ce document, de ne pas le prendre à la légère, d’en voir tout l’arrière-plan!

Aucune lutte contre la chasse, la chasse à courre, n’est possible sans comprendre la stratégie de l’ennemi !

Tentative de meurtre politique : l’État réclame 55 000 euros à AVA en plein été

Dans la tradition politique et juridique, on appelle cela quelque chose de « scélérat ». Il y a en effet une vieille tradition politique française visant à faire passer les lois juste avant l’été ou en profitant d’une heure avancée pour « forcer » la décision.

Et c’est donc une mesure politique scélérate à laquelle doit faire face AVA, une mesure immanquablement avalisée par le chef de l’État lui-même.

L’idée est la suivante : faire un exemple en torpillant financièrement les gens d’AVA en leur réclamant plus de 50 000 euros par l’intermédiaire de l’Office National des Forêts, afin de masquer la nature politique de l’opération.

Et afin que tout se déroule au mieux, lancer l’opération… le 27 juillet, juste avant la période la plus creuse de l’été, pour empêcher la diffusion de l’information, l’organisation d’une opposition…

Sans compter que la plainte étant devant le Tribunal de Grande Instance, il y a 15 jours pour trouver un avocat, sans quoi tous les arguments de la plainte sont considérés comme admis !

Heureusement, AVA a pu faire face à cette attaque et s’organiser juridiquement conséquemment.

Mais que dire !

C’est ni plus ni moins qu’une tentative de meurtre politique. C’est là une opération dont le seul mot qui peut la caractériser est « dégueulasse ». C’est une véritable crapulerie, une manière mesquine et sordide de poser les problèmes.

Bref, c’est totalement conforme à l’esprit des chasseurs, qui savent qu’ils sont dépassés historiquement et utilisent tous les leviers anti-démocratiques possibles.

Une véritable magouille, qui en dit long sur Emmanuel Macron. Il prétendait représenter une sorte de modernité politique : on est là pourtant dans un machiavélisme politique le plus traditionnel.

Surtout que les 18 page de l’assignation faite par l’Office National des Forêts devant le Tribunal de Grande Instance est une blague juridique d’un amateurisme pratiquement surprenant.

Le principe est le suivant : l’ONF dit qu’AVA empêche l’actualisation de contrats entre l’ONF et les chasses à courre, qui « louent » les forêts. Qui est AVA ? L’ONF choisit trois personnes, d’elle-même.

Qu’ont-elles fait : y a-t-il des arrestations, des condamnations, des faits juridiquement établis ? Comme il n’y a rien, l’ONF présente les faits à sa façon.

Tout le reste est à l’avenant et la plainte prend vraiment d’ailleurs le Tribunal de Grande Instance pour des idiots et des serviteurs zélés, car jamais il ne pourra pas s’appuyer sur de telles allégations sans preuves, sans faire sauter tant la séparation de pouvoirs que la valeur légale même d’une preuve, bref sans dynamiter tout l’édifice juridique.

L’ONF a posé sa plainte en s’imaginant qu’en France le régime juridique tourne comme sous Mussolini, Franco ou Hitler, qu’il suffirait qu’un organe d’État dise une chose pour que ce soit vrai !

Les rédacteurs de la plainte fournissent d’ailleurs eux-mêmes l’argument faisant tomber celle-ci, en présentant la chose comme suit :

« Au regard des actions menées par le collectif AVA, l’ONF est fondé à poursuivre les membres connus de cette organisations en sa qualité de bailleur, d’une part, pour le trouble de jouissance causé aux preneurs, et en sa qualité de gestionnaire des forêts domaniales, d’autre part, pour l’atteinte portée au droit de propriété de l’État dont l’ONF est le représentant légal en vertu du code forestier (art. D221-2CD). »

En reconnaissant s’occuper des intérêts de l’État, l’ONF montre qu’il agit en tant qu’État et que sa plainte au TGI est donc une plainte de l’État envers lui-même, ce qui ne tiendrait pas une seconde devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

L’ONF a fait deux stupidités éhontées : affirmer sans aucune preuve des choses sur AVA, qui par ailleurs pourraient amener des plaintes pour diffamation mais surtout amènerait le TGI à juger sur de simples affirmations… et s’adresser au TGI comme si l’État se parlait à lui-même, ce qui ferait de l’État à la fois juge et partie, ce qui est impossible à part, comme dit plus haut, sous Mussolini, Franco, Hitler, etc.

Juridiquement parlant, il aurait fallu que les « équipages » des chasses à courre portent plainte, que leurs plaintes aboutissent à des condamnations… Que sur la base de ces condamnations et seulement de celles-ci, l’ONF se retourne contre les personnes condamnées pour, en quelque sorte, des frais de dommages et intérêts…

Mais il est vrai qu’Emmanuel Macron veut faire vite et il espère qu’il parviendra à forcer autant que possible l’écrasement de la lutte contre la chasse à courre. On est là dans une situation résolument politique.

C’est l’expression de la valeur ô combien significative de la chasse à courre dans la société française, pour les plus riches, pour les plus réactionnaires. C’est une citadelle, un verrou…

En triompher passe par là pour la libération animale !

ASSIGNATION ONF AVA

Quasiment 35 000 signatures pour la pétition appelant à la démission du préfet de l’Oise

Il y a un peu plus de deux semaines, nous parlions de la pétition appelant à la démission du préfet de l’Oise, en raison de son soutien forcené à la chasse à courre. Il y avait alors 20 000 personnes ayant donné leur signature en quelques jours.

La pétition a désormais 34 750 signatures, ce qui montre qu’elle a été non pas simplement une réaction épidermique, mais bien un mouvement de fond. Il serait à ce titre évidemment très bien d’arriver à 35 000.

Diffusez le lien vers la pétition, afin d’arriver à 35 000 ! Que cela soit un argument de plus pour soutenir la mobilisation, car oui il est possible de mobiliser, oui il est possible de rassembler, oui la lutte est possible !

Il y a de la pression, il y a de la répression, il y a des difficultés, mais c’est possible et nécessaire. Qui a compris le sens de la lutte pour les animaux ne doit jamais baisser les bras ! De par l’ampleur du désastre en cours, il s’agit ni plus ni moins que de l’avenir de la planète !

Il y aurait sans doute même encore plus de monde pouvant la signer, la pétition pourrait bien avoir des millions de signataires, vue que la majorité des Français sont contre.

Mais il faut bien penser que la lutte contre la chasse à courre est quelque chose qui va demander encore bien des efforts. Emmanuel Macron soutient les chasseurs de manière particulièrement forte et ceux-ci ont fait de la chasse à courre le symbole de leur propre existence.

Pourquoi ? Sans nul doute, parce chez les chasseurs ce sont les notables qui donnent le ton. Il n’y a pas plus pyramidal, avec un en-haut constitué de gens de la haute, et un en-bas se voulant d’une grande franchise, ce qui donne en pratique une agressivité brut de décoffrage ou bien résolument rustique.

L’idéologie de la chasse est clairement un levier très puissant pour paralyser des milliers et des milliers d’hommes dans une attitude anti-Nature, faussement authentique, farouchement anti-culturelle, etc.

C’est sans doute l’occasion de découvrir ou de redécouvrir Henri Tachan, un chanteur très peu connu du grand public, qui se situe historiquement dans l’esprit de Charlie Hebdo. Sa chanson sur les chasseurs en général souligne leur dimension profondément beauf, réactionnaire.

Or, Emmanuel Macron a besoin pour son capitalisme ultra-moderne soutenu par un Etat géré comme une start-up d’une base solide : les chasseurs sont un appui tout à fait profitable pour lui, afin de quadriller le pays.

Et l’existence des préfets – ces capitaines militaires nommés par le président, sans aucun compte à rendre au parlement – est impeccable pour verrouiller le pays.

Le préfet ne démissionnera donc pas aussi facilement que cela… Mais la pétition, tout comme le mouvement anti-chasse à courre avec ses succès, est un premier pas en ce sens. C’est une question de pression, de bataille pour gagner toujours plus de monde… Et la chasse à courre peut et doit tomber !

Brigitte Gothière et Aymeric Caron appellent à négocier avec les chasseurs

Libération a publié hier une tribune prenant comme prétexte la baisse du prix du permis de chasse national de moitié, décidée par Emmanuel Macron. Une tribune rassemblant tout ce qui est insupportable, signée entre autres par Brigitte Gothière (L214), Aymeric Caron et des cadres d’Europe Ecologie Les Verts.

Pourquoi ? Parce que la tribune tente de faire un hold up sur la lutte contre la chasse à courre, qui est le produit d’une activité à la base, démocratique, populaire, et cela dans l’optique de l’intégrer aux institutions.

Les signataires de la tribune disent : les chasseurs ont leurs entrées au gouvernement, nous en voulons aussi. Ils disent : la chasse, oui, mais négocions. Il faudrait un “véritable dialogue respectueux de toutes les parties”.

Cela, alors que le mouvement contre la chasse à courre a un succès formidable, que les chasseurs la défendent au nom de la défense de la chasse au général, que donc la grille de lecture est claire, qu’une lutte vaste et populaire est possible !

Quelle honte ! S’il faut résumer cette tribune dans sa substance, il faut dire qu’il s’agit de l’esprit de collusion avec les institutions, de la capitulation devant la force des chasseurs, de l’absence de confiance en le peuple.

Les signataires de cette tribune sont pratiquement ouvertement des renégats. Ils tentent de saboter la lutte, tout cela pour qu’il y ait un “dimanche sans chasse”…

Ils feraient bien mieux de signer la pétition appelant à la démission du préfet de l’Oise, qui a déjà plus de 30 000 signataires et reflète un véritable mouvement populaire à la base !

Et de participer aux activités à la base, en croyant en la force populaire !

Chasse, pas de réduction pour le permis de tuer

L’abaissement du permis national de chasse de 400 euros à 200 euros par an devrait être inscrit dans la prochaine loi de finance à l’automne 2018.

Cette mesure soutenue par le président de la Fédération nationale de la chasse (FNC), Willy Schraen, est la première d’un grand projet de réforme du permis de chasse voulue par le Président Macron, dans le but de «démocratiser la chasse».

Nous y voyons surtout une opération de communication et d’instrumentalisation de la cause animale pour casser une image de «Président des villes».

C’est lors de sa réunion de travail du 15 février, avec Willy Schraen, Thierry Coste, conseiller politique de la FNC, et François Patriat, sénateur LREM de la Côte-d’Or, que le président Macron a donné son feu vert pour réformer la chasse.

Mi-décembre, le Président avait déjà encensé cette pratique cruelle lors d’une fête privée organisée au château de Chambord dans un discours improvisé aux chasseurs présents en faisant l’éloge de la chasse.

Il qualifiait cette dernière de «formidable atout pour la biodiversité» et déclarait: «Je serai le président qui développera la chasse, vous pourrez toujours compter sur moi.»

Thierry Coste, qui se présente lui-même comme le «Machiavel de la ruralité»,et proche du président de la République, avait déjà encouragé le candidat Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle à annoncer son souhait de rouvrir les chasses présidentielles et d’en faire un outil d’influence au service de la France.

Nous sommes consternés de voir que la Fédération nationale des chasseurs ait ses entrées à l’Elysée, alors que les principales associations animalistes y sont ignorées.

Pourtant, seuls 1,7% des Français chassent alors que 80% des personnes interrogées lors du sondage Ifop pour le collectif AnimalPolitique considèrent que la protection des animaux est une cause très importante.

D’ailleurs, il y a un an, 72% des électeurs déclaraient souhaiter un engagement des candidats à la présidentielle sur des mesures concrètes en matière de protection animale.

Cette semaine, à l’annonce de la baisse du permis de chasse, une pétition sur le site MesOpinions.com a atteint en quelques jours le nombre record de plus 60 000 signataires contre cette mesure.

La chasse accapare des espaces naturels au détriment de toutes les autres activités (promenades en famille, randonnées pédestres, activités sportives et de détente, vélo) dont les usagers ne peuvent profiter pleinement par sentiment d’insécurité.

Et ce dernier est justifié: le nombre d’accidents de chasse selon l’ONCFS est de 143 pour la saison 2016-2017 dont 18 mortels. On déplore plus de 350 morts (humaines) depuis 2000 dont 10% à 20% de non-chasseurs et plus de 1 000 accidents.

Ces chiffres impressionnants appellent à la nécessité d’encadrer et de surveiller attentivement cette pratique, et non au choix étonnant de tenter de favoriser l’augmentation du nombre de chasseurs, notamment parmi les plus jeunes.

Nous sommes d’accord sur un point: il faut réformer la chasse et pour cela il faut engager un véritable dialogue respectueux de toutes les parties. La FNC ne peut être la seule organisation à avoir l’écoute du gouvernement.

Cette réforme doit avant tout avoir pour but de protéger la faune sauvage, d’abandonner les pratiques cruelles et d’un autre temps, de sécuriser la pratique de la chasse, et de permettre un meilleur partage des espaces naturels avec les autres usagers de loisirs et de sports de plein air.

A ce titre, nous demandons l’instauration des dimanches sans chasse afin de respecter la sécurité des promeneurs et des familles; l’abolition de la chasse à courre; l’interdiction du piégeage et du déterrage; le développement de zones de tranquillité (sans chasse ni présence humaine) dans les espaces forestiers des domaines publics.

Signataires : Laurence Abeille, ex-députée EE-LV du Val-de-Marne (2012-2017) ; Isabelle Attard, ex-députée écologiste du Calvados (2012-2017); Laurent Baheux, photographe animalier; Jacques Boutault, maire EE-LV du IIe arrondissement de Paris; Aymeric Caron, journaliste et porte-parole du REV; Emilien Cousin, militant animaliste et porte-parole Collectif Stop Cirque Animaux 37; Pauline Couvent et Romain Zavallone, pour la commission Condition animale EE-LV; Yolaine de la Bigne, journaliste et fondatrice de l’Animal et l’Homme ; Mylène Demongeot, comédienne; Pascal Durand, eurodéputé écologiste Ile-de-France et hors de France; Professeur Feuillage, vidéaste; Brigitte Gothière, cofondatrice de L214 ; Catherine Helayel, pour l’association Animal justice et droit; Annie Lahmer, conseillère régionale EE-LV IDF; Luce Lapin, journaliste, chroniqueuse à Charlie HebdoPierre Lucot, référent commission nature du Mouvement Utopia; le bureau national du Parti animaliste; Corine Pelluchon, philosophe et professeure à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée; Philippe Reigné, professeur de droit au Conservatoire nationale des arts et métiers; Henry-Jean Servat, écrivain, journaliste et chroniqueur.

Chasse : l’exil forcé de Luc Alphand

La chasse est méprisée et les gens savent bien qu’elle est totalement dépassée historiquement. Reste qu’elle fait partie des traditions, de l’idéologie dominante : il faudra une révolution pour la balayer.

Mais, en attendant, l’esprit est déjà là. C’est ce qu’il faut comprendre de la longue complainte de Luc Alphand, qui a été skieur professionnel, dans le  magazine VSD. Une complainte qui vaut le détour, car elle montre que la pression populaire, ça ne rigole pas.

Même comme notable et sportif reconnu par les médias, même à Serre-Chevalier, il a fallu d’une photographie pour que la colère populaire s’abatte depuis 2016…

Luc Alphand justifie cette photographie sur le fameux mode à la française : ce n’est pas moi, ce n’est pas de ma responsabilité, je ne faisais que passer, etc.

Vous compre­nez que, dans ce cas, c’est plus la photo et l’idée de fierté qui s’en dégage, qui choquent ?

Oui, sauf que cette photo, ce n’est pas moi qui l’ai postée. Je n’ai même pas Face­book, et, sur mon Insta­gram, je ne poste jamais de photos de chasse. Celle-ci a été prise avec l’iP­hone d’un guide de chasse qui se trou­vait sur la même zone que moi avec son client. Moi je chas­sais le mouflon et eux, l’ours.

En rentrant, ils l’ont dépecé, sont allés jeter la carcasse et, comme il commençait à faire nuit et froid, je me suis mis sur la peau de l’ours. Quand ils sont reve­nus, ils ont voulu faire une photo.

J’ai accep­té… Bon, je n’au­rais visi­ble­ment pas dû. Mais c’était une photo entre potes, je n’ai pas pensé une seconde que le guide allait la mettre sur son site.

Comme on le voit, il n’y a aucune autocritique, Luc Alphand ne comprenant même pas ce qu’on lui reproche… Enfin, feignant de ne pas comprendre ce qu’on lui reproche, parce qu’il assume tout à fait de chasser “depuis trente-cinq ans” : il sait donc tout à fait ce qu’il fait.

D’ailleurs, s’il est capable de partir à Abu Dhabi faire des spéciales du Cham­pion­nat du monde de rallyes- raids (il a également fait le Paris Dakar par le passé), c’est bien qu’il est imbriqué dans un système totalement dépassé et lamentable, mélangeant pollution et meurtre.

D’où une déferlante populaire spontanée – donc pas nécessairement organisée de manière adéquate, mais avec la dignité de la mise au ban en raison des valeurs considérées comme indéfendables et, même, condamnables.

Luc Alphand parle de milliers de messages “de haine incroyable”, d’insultes sur les notes de l’hôtel où travaille sa femme, d’insultes contre ses enfants à l’école, d’un tiers des sponsors qui l’ont abandonné, de conventions annulées, d’une piste de ski à son nom dont le panneau a été enlevé, etc.

Disons le : la forme pourrait être bien meilleure. Toutefois, c’est historiquement inévitable en attendant le grand coup de balai. Et ce coup de balai ne pourra pas être freiné par les appels au libéralisme, comme Luc Alphand tente également le coup :

Discu­ter avec des extré­mistes qui agissent au nom d’une idéo­lo­gie ne sert à rien. Ils trashent pour nuire et détruire. (…)

Toute espèce a besoin d’être régu­lée. Alors, oui, il y a un énorme fossé qui se creuse entre une France à 80 % urba­ni­sée, qui se détourne de ses racines, et les gens de la campagne. (…)

Sortez de derrière vos ordi­na­teurs. Marchez dans la nature, ouvrez les yeux, accep­tez les autres. La solu­tion est dans le partage : la nature est à tout le monde, chas­seurs compris.

Ces phrases sont un modèle de libéralisme, de relativisme…Combiné, comme chez Emmanuel Macron, avec un éloge du terroir, de la France profonde… Voilà l’ennemi de la Cause, ennemi qui ne vise qu’à freiner l’inévitable changement complet de mode de vie qui est nécessaire!

Déjà 20 000 personnes réclament la démission du préfet de l’Oise, en à peine quelques jours

Déjà 20 000 personnes réclament la démission du préfet de l’Oise, en à peine quelques jours ! Une réussite indéniable, qui suit les propos du préfet : “Messieurs les chasseurs, ne subissez pas, passez à l’action”, lors d’une réunion avec les chasseurs…

Réunion où le Président de la Fédération Nationale des Chasseurs en appelle à ses « gros bras »  pour aller s’occuper des anti-chasses à courre d’AVA ! Où le président des chasseurs de l’Oise explique pareillement qu’il s’agit désormais de “légitime défense”  !

Voici le texte de la pétition, que l’on peut appeler à signer.  Non pas dans la croyance qu’une pétition puisse suffire, mais avec la certitude que cela participe à la vague de lutte !

Démission du préfet de l’Oise pour incitation à la violence

Lors de la dernière assemblée générale de la fédération des chasseurs de l’Oise, soit une semaine après une manifestation pacifique record contre la chasse à courre le 31 mars 2018 à Compiègne, le préfet de l’Oise et les présidents de la Fédération Nationale de la Chasse et de la Fédération de la Chasse de l’Oise, ont répondu à l’unisson pour appeler à la violence contre les opposants à la chasse à courre, de plus en plus nombreux.

Le Président de la Fédération Nationale des Chasseur, M Willy Schraen, en appelle à ses “gros bras”, 800 chasseurs de gibier d’eau, pour venir “chasser en meute” les  citoyens qui s’opposeraient désormais à cette pratique. Il faut noter qu’il appelle des chasseurs non concernés par ce mouvement qui ne s’oppose qu’à une seule forme de chasse, la chasse à courre.

Le Préfet de l’Oise, M Louis Lefranc, appuie cette initiative en les appelant à “passer à l’action”.

Une véritable milice est levée à la simple demande de représentants de la chasse française.

Ces méthodes sont anti-démocratiques et contraires aux droits de l’homme et du citoyen. Elles visent à écraser un élan citoyen qui n’en peut plus de supporter une pratique féodale et morbide qui représente la domination par la violence, extrême et gratuite, sur des êtres innocents.

Au lieu d’écouter ce mouvement et ce désir de beaucoup de français de vivre sans ces horreurs et ses souffrances infligées aux animaux, juste pour le plaisir d’une minorité , M le préfet de l’Oise a choisi LA REPRESSION et soutient désormais toute action des chasseurs visant à se faire justice eux-mêmes afin de continuer à vivre selon leurs us et coutumes.

Par ailleurs, M  Guy Harle d’Ophove affirme que toute personne n’aimant pas la chasse se doit de déménager et de quitter les villages forestiers, qui bien sûr selon lui, n’appartiennent qu’à une seule catégorie de citoyens : LES CHASSEURS.

Ce discours, en plus de son caractère dictatorial et violent, atteint plus d’une liberté fondamentale du citoyen français:

– le droit de manifester et d’exprimer ses opinions,

– le droit de vivre à la campagne et dans les villages forestiers pour toute personne opposée à la chasse.

En soutenant ces  propos dangereux, le préfet de l’Oise cautionne la violence contre des citoyens qui ne veulent que préserver la vie.

Il prône de même l’obligation d’abattre tout animal s’introduisant sur une zone urbaine. Ceci, alors que les habitants des villages ont souvent manifesté leur désir de protéger ces animaux.

Comment un représentant de l’Etat peut-il à ce point ignorer le peuple au profit d’une caste minoritaire?

Comment un préfet peut-il cautionner l’emploi de la violence face à des militants pacifistes?

Comment peut-il mettre en place un dispositif tel que ‘les chasseurs vigilants’, tout en les incitant en même temps, à se faire justice eux-mêmes, alors qu’il s’adresse à des personnes munies d’armes ?

Il doit être le garant de la sécurité sur son territoire et non l’inverse.

Il doit par ailleurs respecter les libertés fondamentales des citoyens, ce qui n’est apparemment pas le cas.

Pour rappel, la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la DEONTOLOGIE et AUX DROITS et OBLIGATIONS des fonctionnaires:

Art. 25.-Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité. Dans l’exercice de ses fonctions, il est tenu à l’obligation de neutralité.

Art. 25 bis.-I.-Le fonctionnaire veille à faire cesser immédiatement ou à prévenir les situations de conflit d’intérêts dans lesquelles il se trouve ou pourrait se trouver.

Au sens de la présente loi, constitue un conflit d’intérêts toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions.

Au vu des derniers évènements, le préfet Louis Le Franc, ne répond plus à aucune des obligations relatives à la DEONTOLOGIE et AUX DROITS et OBLIGATIONS des fonctionnaires.

Ses agissements sont de plus en plus dangereux pour nos concitoyens. Nous demandons de fait sa démission.

Emmanuel Macron baisse de moitié le prix du permis de chasse national

Il fallait suivre d’une oreille attentive l’interview d’Emmanuel Macron dimanche soir, parce que, mine de rien, ce jeune président est devenu le fer de lance de la France des chasseurs. Nous avons parlé régulièrement ces derniers temps de son soutien unilatéral à ces derniers, et notamment à la chasse à courre.

Il était nécessaire donc voir comment il cadrerait son positionnement à ce sujet, parce qu’il faut bien savoir comment réfléchir à ses actions à ce sujet. Or, le choix a été fait par Emmanuel Macron, lors de cette interview, de ne pas parler d’écologie.

C’est là un signe qui ne trompe pas. En 2018, dans une très longue interview (un peu plus de deux heures trente!), ne pas aborder la question de l’écologie, c’est un choix d’une importance à la fois capitale et cynique.

Il n’y a nul besoin de forcément apprécier Raphael Glucksmann pour saisir la juste valeur de son message résumant parfaitement l’horreur d’un tel oubli.

On remarquera par ailleurs, et c’est tout aussi parlant, qu’il n’a plus plus été question d’écologie lors de l’interview accordé à Jean-Pierre Pernaut, ce fameux représentant médiatique de la France profonde, l’interview se déroulant pour cette raison même dans un village de l’Orne.

Cela signifie une chose très claire : celui qui se moquait de Donald Trump en disant « make our planet great again » n’en a rien à faire. Et, dans le contexte actuel, cela signifie par conséquent faire un signe absolument clair aux chasseurs et à tous les partisans du terroir.

Si Nicolas Hulot avait un semblant de dignité, il devrait clairement démissionner maintenant, car le symbole est immense.

En arrière-plan, donc, de cette ligne assumée désormais publiquement, il y a la modification du permis de chasse. Cette modification date d’un choix fait lors d’une rencontre à l’Elysée, le 15 février, d’Emmanuel Macron le président des chasseurs à l’échelle nationale, Willy Schraen, de son conseiller politique Thierry Coste, conseiller politique de la FNC ainsi que de François Patriat, sénateur de la Côte-d’Or.

Cette modification fait passer le permis national de 400 euros à 200 euros, une mesure qui s’appliquera au 1er juillet 2019 et qui va, selon Thierry Coste, relancer l’accès des jeunes à la chasse.

« Nous avons beaucoup de personnes, âgées de 30-40 ans, qui n’ont pas toujours de gros moyens et veulent pouvoir exercer leur passion à plusieurs endroits en France.

Le permis national permet de chasser partout mais était très cher, alors que le permis départemental est plus accessible, mais ne permet pas d’exercer partout. Cela va donc être attrayant pour les jeunes générations. »

Thierry Cabanes, président de la fédération départementale de chasse du Tarn-et-Garonne, explique de la même manière :

« Le permis à 200 euros c’est la mesure phare. Avec cette mesure, on ramène la chasse au peuple et on rend la chasse accessible aux jeunes chasseurs qui ont de faibles moyens.

Pour 200 euros, le chasseur va pouvoir chasser partout en France, sortir de sa commune, de son département. ça va créer un nomadisme extraordinaire.ça va aussi créer du tourisme pour les gîtes, les restaurants… »

On notera qu’à cela s’ajoute que les chasseurs comptent bien que l’examen de passage du permis puissent avoir désormais lieu le week-end, le soir , durant les congés, etc.

De plus, les chasseurs exigent une “gestion adaptative”, c’est-à-dire le droit de chasser certaines espèces si un bilan établit qu’une espèce menacée est dans une meilleure situation…

Emmanuel Macron soutient ainsi directement le renforcement de la base des chasseurs. Mais ce n’est pas tout : il renforce leur institutionnalisation.  D’ailleurs, on notera que l’assemblée générale de la Fédération nationale de la chasse à Lyon les 21 et 22 mars 2018 qui a validé le changement de prix s’est tenu… dans le cadre du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes.

Pour saisir cette institutionnalisation, il faut pour cela comprendre la différence entre le permis national et le permis départemental. On devine, évidemment, qu’un permis permet de chasser dans tout le pays, l’autre seulement dans un département. Voici un exemple des prix.

Or, en pratique, environ 190 euros des 400 euros pour le permis de chasse national allait à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS)  pour indemniser les agriculteurs en raison des dégâts provoqués par les chasses. Depuis 2000, ce sont les fédérations départementales de chasse qui s’occupent des indemnisations… A leur demande.

Elles voyaient ainsi institutionnalisée, mettant l’Etat de côté pour devenir en fait une institution en tant que telle. L’Etat n’est plus le garant de l’ordre : il a cédé la place à une institution privée qui s’est arrogé le contrôlé, la gestion de son activité.

C’est quelque chose de très impressionnant : c’est une capitulation de l’Etat et un immense triomphe pour les chasseurs. Et c’est Dominique Voynet d’EELV qui en tant que ministre a validé cela…

Voici comment l’ONCFS résume un mode de fonctionnement qu’on voit tout à fait comme favorable aux chasseurs, aux dépens des agriculteurs.

“Désormais, chaque FDC est chargée de la création et de la mise en œuvre d’un fonds départemental sous le contrôle du préfet, s’agissant d’une mission de service public de ces fédérations.

Le principe posé par la loi est que, dans le cas de dégâts causés aux cultures ou aux récoltes agricoles par des sangliers, l’exploitant qui a subi un dommage nécessitant une remise en état ou entraînant un préjudice de perte agricole peut en réclamer l’indemnisation à la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs.

Le fonds est donc clairement dédié aux seuls agriculteurs, ce qui exclut les propriétaires forestiers du bénéfice du fonds, mais également les particuliers qui pourraient être victimes de dégâts à leurs plantations (jardins ou autres) causés par les sangliers ou les autres grands gibiers.

Il ne concerne pas non plus les dommages causés directement aux animaux (canards gras mangés par des sangliers par ex.), mais peut indemniser les conséquences des dégâts de sangliers entraînant l’obligation de vendreune partie d’un troupeau.

De la même façon, les dommages causés à une récolte enlevée ne sont plus indemnisables, la récolte devant être encore sur pied avant l’estimation.

En outre, d’autres restrictions sont apportées par la loi, dont certaines étaient pré- vues dès 1968. Ainsi, il n’y a pas d’indemnisation dès lors que les animaux proviennent du fonds du réclamant. Pour cela, l’indemnisation n’est accordée que lorsque les sangliers proviennent d’un territoire, y compris les réserves, où ils font l’objet de reprises ou d’un plan de chasse.

Par ailleurs, si l’espèce à l’origine des dommages est soumise à un plan de chasse et dès lors que le territoire de provenance des animaux est identifié, il faut que sur le territoire d’où proviennent ces animaux auteurs des dégâts le plan de chasse ait été exécuté dans son minimum.

L’indemnité n’est due que si le montant des dommages est supérieur à un minimum fixé à 76 € par décret en Conseil d’Etat, appliqué par exploitation et par campagne cynégétique, et elle fait toujours l’objet d’un abattement proportionnel fixé par décret en Conseil d’Etat, qui est de 5 %.

Par ailleurs, l’indemnité peut être réduite :

– s’il est constaté que la victime des dégâts a favorisé l’arrivée du gibier sur son fonds,

– lorsque la victime des dégâts a refusé les modes de prévention qui lui ont été proposés par la fédération, et il s’agit là d’une disposition récente introduite par la loi du 23 février 2005.

Cette réduction peut aller jusqu’à 80 % du montant du dommage.

Enfin, pour éviter certains abus, dans le cas où le montant du préjudice déclaré par l’exploitant est plus de dix fois supé- rieur à celui de l’indemnité avant abattement, les frais d’expertise sont déduits de cette indemnité. Rappelons que l’exploitant doit s’assurer de l’existence d’un dommage réel qu’il devra montrer aux estimateurs chargés du dossier, et qu’en tant que professionnel il est compétent pour fixer le montant de son dommage au plus près de la réalité.”

Les chasseurs clouent alors le cercueil de la privatisation complète de leur activité, en disant : l’ONCFS ne doit plus recevoir d’argent, puisque c’est nous qui assurons les indemnisations directement.

Les chasseurs, depuis 2000, ont perdu beaucoup d’argent, puisque les sommes versées allaient à l’ONCFS sans contrepartie concrète de leur point de vue. Mais c’était le prix à payer pour, désormais, gérer la chasse de manière encore plus autonome…

L’assemblée générale de la fédération de chasse de l’Oise

L’assemblée générale de la fédération de chasse de l’Oise s’est tenue ce week-end et le moins qu’on puisse dire c’est que la pression est maximale.

Louis Le Franc, préfet de l’Oise, a pris la parole et a été très claire sur son soutien unilatérale et total à la chasse à courre :

« La chasse à courre est légale ! La coupe est pleine pour les chasseurs et il est temps de sonner la fin de la récréation. »

Le président de la fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, a également annoncé la couleur :

« Plus jamais nous n’accepterons ce que nous avons accepté cette année. »

C’est ni plus ni moins qu’un blanc-seing à la répression légale et para-légale contre les anti-chasse à courre. C’est un appel à l’écrasement pur et simple des opposants.

Voici un extrait, présenté par Oise Hebdo, du discours de Guy Harlé d’Ophove, président des chasseurs de l’Oise, lors de l’assemblée générale. Il explique que la forêt appartient aux chasseurs et qu’il fallait pourchasser les révolutionnaires…

AVA raconte le 31 mars 2018

Voici le compte-rendu du rassemblement anti-chasse à courre du 31 mars 2018 à Compiègne par les organisateurs, l’association AVA (le site, le facebook).

Samedi 31 Mars 2018.
1000 personnes défilent pour l’abolition de la chasse à courre.

Un mouvement authentiquement populaire, positif, jamais vu en France, a pris forme chez nous, et se propage maintenant au reste du pays. Cette année, nous avons allumé une flamme qu’il est désormais trop tard pour éteindre, et qui grandira jusqu’à l’abolition !

Bravo et merci à tous ! Voici un résumé de cette journée historique.(photos de Michel Pourny & Lou Marouzé)
10h30, non loin de la gare de Compiègne, les gens commencent à arriver. Beaucoup ont confectionné des pancartes chez eux, en famille, avec des extraits de journaux, des photos, les enfants ont des dessins… C’est un festival d’expression libre, avec même des banderoles et des fresques très travaillées. Un homme brandi les bois d’un cerf que la chasse à courre avait tué chez lui et qu’il a réussi à leur arracher. Des fleurs et des autocollants sont distribués contre une participation volontaire et la foule s’élance joyeusement sur le Pont Solférino.

« Chasse à courre, abolition« , « Vénerie, barbarie », « Halte au carnage, on est plus au moyen âge », « Veneurs, suiveurs, laissez place aux promeneurs », « Folie meurtrière, citoyens en colère », « Chasse à courre on en peut plus, les riverains sont dans la rue », « Veneurs, bourreaux, laissez les animaux »…

Les slogans rythment cette marche au centre ville de Compiègne, défiant les notables locaux et en premier lieu le maire de la ville. Philippe Marini, grand ami déclaré des chasseurs à courre avait mis tous les batons dans les roues possibles à ce rassemblement : arrêté municipal interdisant l’accès à la Place de l’Hotel de Ville (prétextant un marché au fleurs bondé-voir photo), puis un autre interdisant aux manifestants de tenir des stands de café et de gateaux. Son Adjoint à la sécurité n’avait même pas été consulté.

Du côté des chasseurs le mot d’ordre d’étouffer la manifestation avait été donné : toutes les affiches d’AVA ont été arrachées, et une équipe de gros bras suivait de près les tractages, déchirant systématiquement les papiers sur le pare-brise même des voitures. Trois jeunes filles ont été poursuivies dans les rues et traitées de « pétasses » pendant qu’elles informaient les clients d’un marché.

Le fameux marché aux fleurs

Difficile de retenir les huées, donc, quand le cortège fait une halte non loin de l’Hotel de Ville, avant de devoir le contourner et passer par les petites rues désertes pour rejoindre la place du Palais. Quelques médias sont présents quand la Police annonce le chiffre de participation : nous sommes 1000, dont une grande majorité de locaux.

Et dire qu’il y a cinq mois notre jeune collectif ne comptait qu’une dizaine de membres…

Après quelques chants et un discours, la foule rejoint la Place Saint-Jacques pour assister à un concert (les Old Moonshine Band, groupe folk de Clermont de l’Oise) et se restaurer : des gateaux et des boissons chaudes sont distribuées à l’arrière des voitures, faute de stands.

Fait notable : la plupart des gens ont fait l’effort de cuisiner sans matières animales, sans forcément être végans eux même. Un clown gonfle des ballons pour les enfants : canards, cerfs, fleurs…

Mais une question revient immanquablement :
« Que fait on pour la chasse cet après midi ? Quelque chose est prévu? »
Car le 31 mars, c’est aussi le jour de la dernière chasse à courre de l’année.

Un départ s’organise spontanément, par petits groupes, même si des personnes plus expérimentées sont présentes pour encadrer les volontaires. Le matériel du service d’ordre (talkies-walkies et caméras GoPro) sera d’une grande utilité en forêt.

Deux convois se forment, sans vraiment s’être donnés le mot, chacun suivant les autres.

L’un part en forêt de Compiègne, retrouver Alain Drach et son fameux équipage « La Futaie des Amis », connu de tous pour avoir tué un cerf dans un jardin de LaCroix-Saint-Ouen en octobre. Ils seront finalement une quarantaine à le surveiller jusqu’à ce qu’il rentre au chenil bredouille vers 15h30.

Mais le gros des troupes s’est rendu en forêt de Laigue, fief de l’équipage Rivecourt, ceux là même qui ont noyé un cerf dans la rivière en janvier dernier. Courant dans les bois par petits groupes, harcelant les cavaliers sur les chemins, arrêtant les chiens, faisant des opérations escargot en voiture…

Mais l’équipage arrive tout de même à acculer un malheureux cerf dans un étang privé, au bord de l’Aisne. Sur la route qui y mène, la foule commence à grossir, et ne tenant plus, une vingtaine d’intrépides pénètre dans la parcelle privée.

Là ils trouvent le cerf à l’eau, nageant avec des chiens aux trousses, qui lui mordent l’arrière train !

Des veneurs se postent tout autour pour l’empêcher de remonter sur la rive. Le pauvre nage désesperément en rond, s’épuisant pour trouver une issue ! Désemparées, certains personnes se préparent à plonger, d’autres essaient de créer un passage pour que le cerf puisse remonter… Mais rien n’y fait et la Police entre dans le bois pour les déloger.

Dehors, c’est plus de 150 personnes qui sont maintenant massées, et qui conspuent les cavaliers  » Assassins, assassins ! ».

La situation est de plus en plus tendue et l’énorme dispositif policier prévu par la Préfecture se déploie : 17 cars de CRS sont sur place ainsi qu’un hélicoptère qui tourne autour de la forêt depuis le midi. Un cordon est formé pour protéger les chasseurs.

Mais la situation est intenable pour les forces de l’ordre, et vers 16h la nouvelle tombe sur le canal radio de la Gendarmerie: le cerf est « gracié » !

Après un moment de doute, c’est l’explosion de joie parmi les manifestants ! Des enceintes jouent la Compagnie Créole (hymne d’AVA depuis que des veneurs les ont accusé de venir « masqués » comme au fameux bal).

On danse la chenille, des filles pleurent de soulagement… C’est la victoire ! Loin de là, la maitresse d’équipage, Florence de Lageneste, ne cachera pas sa rage d’avoir perdu un trophée « On est pas dans un état de droit ! C’est un scandale ! ».

Difficile de se séparer après une telle journée, la fête se poursuivra encore une heure en forêt, et certains veilleront sur le cerf jusqu’à 20h pour s’assurer de sa santé. Les cafés de la ville en désempliront pas de la soirée.


Comment mieux finir cette saison mémorable, où plus de 130 personnes se sont relayées en forêt pour veiller sur les animaux, sous la neige, dans la boue, sous les coups de fouets ? C’est certainement une grande victoire populaire comme on en voit peu et qui présage le meilleur pour la saison à venir !

BRAVO ET MERCI A TOUS

SOYONS PLUS FORTS ENCORE L’ANNEE PROCHAINE JUSQU’A L’ABOLITION

Eloge des 150

Combien étaient-ils, 150, ou quasi 200, à conspuer les veneurs alors qu’un cerf est dans l’étang le 31 mars 2018 ? Peu importe, le chiffre n’est pas important et il ne s’agit pas non plus de les opposer aux autres personnes qui avaient été présentes au rassemblement un peu avant, parties de la gare de Compiègne pour marcher contre la chasse à courre.

Cet éloge des 150 personnes, ou des 200, est aussi un éloge des 1000 personnes présentes. C’est juste qu’il y a, certainement, quelque chose de plus frappant, émouvant, à voir des gens torse nu au bord de l’eau prêt à intervenir pour sauver le cerf, à voir des gens tous et toutes ensemble avec un sens de l’engagement pour ce qui est juste.

Cette abnégation marque d’autant plus qu’il y a une grande conscience – ou une grande inconscience, mais c’est pareil – à oser prendre des risques en défense des sans défense. Il n’y a pas que le risque d’attraper froid, de se fatiguer, d’être accusé d’irresponsabilité : il y aussi le risque d’être arrêté par la police ou les gendarmes, menacé ou agressé par les chasseurs.

La scène, il faut l’imaginer ici avec un hélicoptère de gendarmerie qui tourne autour… avec 17 cas de CRS qui sont présents aux alentours !

Quel soulagement que de se retrouver, à la fin, pour une partie, en ayant la sensation d’avoir apporté quelque chose, d’avoir contribué à un monde meilleur.

A en avoir, plus que la certitude… la preuve.

On dira qu’un éloge, cela devrait avant tout être celui de l’animal pourchassé, de la victime défendue, pas du défenseur, du justicier. C’est vrai. Cependant, s’il y a une chose remarquable ici, c’est que les 150 – ou les 200, ou les 1000, peu importe, même s’ils avaient été 10 – ont fait resplendir l’humanisme.

Et, de notre point de vue, le véganisme ne peut être que l’expression de cet humanisme. C’est tout de même autre chose que des campagnes d’affichage dans le métro parisien gâchant de l’argent et appelant à une métropole mondiale, vitrine de la richesse indifférente et bornée, sans cirque ou sans pêche !

Les 150 méritent l’éloge, pour leur désengagement concret d’une attitude passive, pour oser s’interposer. Cela porte quelque chose de vrai, de beau, appelant à être reproduit, refait, jusqu’au bout. Et ce « jusqu’au bout » n’a pas de bout, au sens où notre époque appelle à la transformation du monde, à la victoire de la compassion pour les animaux.

Cela n’ira pas sans erreurs, défauts, problèmes, c’est évident. C’est toutefois un passage obligé. Peut-être, qu’en un sens, le 21e siècle est né le 31 mars 2018, dans une forêt, au bord d’un étang, dans les yeux d’un animal que la mort n’a pas pu emporter.

La victoire historique du 31 mars 2018

« Votre mere adore la viande demande au vosin surtout la saucise » : voilà le genre de commentaires que peuvent laisser les partisans de la chasse à courre sur facebook, entre les menaces de mort et toutes les défenses possibles des « traditions ».

Mais cela et leurs agressions, ainsi que le soutien du préfet de l’Oise participant à une chasse à courre le 17 février 2018, puis celui du président de la République Emmanuel Macron à la fin du même mois, n’auront pas réussi à briser la protestation populaire.

Un millier de personnes ont participé au rassemblement anti-chasse à courre à Compiègne hier, alors que 150 personnes étaient ensuite en forêt, parvenant à protéger un cerf que la dernière chasse à courre locale de la saison a dû « gracier » en raison de la pression populaire.

Cela a été l’apothéose d’un mouvement qui a fait que, depuis novembre, plus de 130 personnes se sont relayées deux fois par semaine en forêt pour protéger les animaux, bravant la fatigue et les intempéries, les risques pour leur intégrité physique.

Alors, évidemment, ce millier de personnes n’était pas vegan. Mais c’est cela justement qui en fait tout l’intérêt. Le slogan « non aux carnages, on n’est plus au Moyen-Âge » a ses limites : il a aussi tout comme son potentiel.

Le rassemblement d’hier a fait avancer le véganisme, de par la prise de conscience de la réalité animale, du caractère arriéré du rapport aux animaux, du rôle des puissants dans le maintien d’un tel rapport.

Le rassemblement allait de 7 à 77 ans comme le dit l’expression, avec une vraie portée démocratique : oui, des ouvriers étaient présents et cela change de la paralysie qui est la leur en raison de l’idéologie de la merguez et du repli culturel sur des revendications économiques par ailleurs très limitées.

Il y avait également des femmes bon chic bon genre, témoignant que le féminisme existe bien en conflit avec la violence viriliste telle que peut l’exposer la chasse à courre. Le fait que ces femmes saluaient leurs connaissances aux portes des riches maisons du centre ville historique a d’ailleurs dû faire frémir les grands bourgeois au cœur de la chasse à courre…

Ceux-ci prévoient d’ailleurs déjà le prochain tour. Alain Drach, maître d’équipage de la Futaie des amis, a ainsi expliqué au Courrier picard :

« Qu’est-ce que vous appelez une mobilisation importante ? J’ai été emmerdé toute l’année par une vingtaine de personnes. La manifestation ? J’ai regardé les films ; il n’y avait pas mille personnes. La Fédération de la chasse a prévu une contre-manifestation en septembre, on aura 3 000 à 4 000 personnes pour défendre toutes les formes de chasse. Je me suis occupé d’une manifestation à Londres, pour la chasse à courre, il y a 15 ans, il y avait 300 000 personnes. »

Une telle contre-manifestation disposera bien entendu de l’appui médiatique que le rassemblement d’hier n’a pas eu : seul le Courrier Picard et Le Parisien en ont parlé. C’est comme la tribune lancée par AVA tout récemment, signée par des grandes associations mais non diffusées par elle…

Il faut dire que les grandes associations n’ont, pareillement, pas hésité à s’approprier les vidéos d’AVA, leur prestige.

Les vegan sont pareillement totalement déconnectés. Souvenons-nous qu’il y a quelques jours, une femme a été condamnée à sept mois de prison avec sursis pour avoir dans un élan délirant à la suite de l’attentat de Trèbes salué le meurtre d’une personne par le terroriste, car il était boucher en disant sur Facebook :

« Ben quoi, ça vous choque un assassin qui se fait tuer par un terroriste ? Pas moi, j’ai zéro compassion pour lui, il y a quand même une justice »

On est là dans la posture, pas dans l’esprit révolutionnaire qui compte mobiliser pour supprimer les boucheries et l’activité de boucher… C’est comme, il y a quelques jours également, l’intervention à l’assemblée nationale de dix personnes de « Boucherie Abolition », perturbant la session parlementaire parlant des états généraux de l’alimentation à coups de slogans.

L’exemple parfait du truc qui ne sert à rien, assorti d’un vocabulaire totalement déconnecté. Il est protesté contre « le système naixterminateur » et le communiqué du groupe explique :

« L’Etat tortionnaire des chairs animales porte plainte contre les lanceureuses d’alerte du zoocide planétaire. Nous sommes des résistant.es animalistes, nous nous battons contre un crime de civilisation et pour une justice sociale, nous ne sommes pas réductibles à notre comportement alimentaire “vegan”, nous attaquons la secte zoophage en légitime défense AVEC nos alter ego zoopprimés. Le peuple humanimal va abolir le père de tous les esclavages, il va abolir l’élevage et son industrie criminelle de la procréation forcée parce que c’est indispensable. Ensemble, pour l’ ABOLITION . »

D’un côté, la lutte ancrée dans la réalité sociale et culturelle, avec la volonté d’une mobilisation populaire dans le sens de faire progresser les consciences, de l’autre la secte et l’existentialisme, avec une radicalité qui n’est que façade, en quête de reconnaissance égocentrique et de spectaculaire.

Le véganisme connaît un tournant dont il faut savoir reconnaître le contenu !

Chasse à courre : le 31 mars 2018 à Compiègne

A Montmorency, des bébés sangliers sont nés au pied d’un immeuble d’une résidence et les habitants se mobilisent pour essayer de leur trouver un refuge rapidement. Cette  ville se situe dans la Val d’Oise, à treize kilomètres de Paris.

Cela rappelle que la vie humaine, désorganisée, fondée sur la compétition, empiète toujours davantage la Nature, maltraitant les animaux, les assassinant. Cela souligne aussi la possibilité de la mobilisation populaire pour contrer la destruction.

En Picardie, l’association AVA a réussi à développer une telle mobilisation populaire contre la chasse à courre. C’est quelque chose de précieux et d’exemplaire.

Aussi, le 31 mars 2018 est capital.  Le rassemblement d’AVA, interdit  devant l’hôtel de ville avant même son annonce par arrêté municipal en raison d’un marché aux fleurs, se tiendra-t-il malgré tout, grâce à la pression populaire?

Ce qui est en jeu, c’est la possibilité même d’une résistance victorieuse face à la barbarie. Une défaite contrarierait la Cause pour longtemps. Une victoire serait celle de tous et toutes.

Chasse à courre : la brutalité des chasseurs

Voici la vidéo que fournit l’association AVA pour montrer la violence des veneurs en Picardie, ainsi que le communiqué des veneurs, qui montre une chose simple : ceux-ci font monter la pression, ils visent la casse, l’incident brutal, pour faire peur par la brutalité, briser toute opposition, légitimer la répression étatique puisque, à l’arrière-plan, ils ont le soutien ouvert d’Emmanuel Macron.

Soulignons ici un aspect essentiel : les chasseurs ont parfaitement compris ce qui est en jeu, dans ce qui est un tournant historique. Ils ont compris que là, pour la première fois, leur force était ébranlée, par une lame de fond puisant à la base de la société elle-même : les gens normaux, le peuple.

Se revendiquer du véganisme et ne pas soutenir le mouvement actuel contre la chasse à courre, qui a une base populaire, serait un terrible échec, amenant une défaite profonde très durablement, mais aussi la preuve d’une incapacité personnelle à assumer ses propres choix.

Il faut s’engager, maintenant, alors que la mairie de Compiègne a interdit le rassemblement du 31 mars, moment où la chasse à courre se termine. Ce qui se joue maintenant va avoir un impact pour une longue période !

Il faut se mobiliser pour contrer la répression, maintenir le mouvement lancé jusqu’à maintenant, lui assurer une base solide. Les dix prochains jours ont une valeur décisive pour savoir si, oui ou non, les personnes voulant défendre les animaux sont capables de se mobiliser réellement ou non.

Voici le communiqué de la “Société de Vènerie”.

La Société de Vènerie dénonce le recours à la violence physique des opposants à la chasse à courre

A la suite des incidents provoqués par le collectif AVA samedi 17 mars, à proximité de Compiègne, la Société de Vènerie dénonce le recours à la violence physique, les provocations et le double-discours des opposants à la chasse à courre.

Samedi 17 mars, le collectif Abolissons la Vènerie Aujourd’hui (AVA) a franchi une nouvelle étape en s’attaquant physiquement à plusieurs membres de l’équipage « La Futaie des amis » en lisière de la forêt de Compiègne.

Au cours de l’après-midi, une dizaine d’hommes cagoulés ont frappé violemment un chauffeur d’un des véhicules de sécurité de l’équipage. Une heure plus tard, aux abords de la N31, les activistes anti-chasse ont réitéré leurs attaques envers plusieurs suiveurs et bénévoles venus assister à la chasse en famille, dont certains ont tenté de se défendre. L’équipage a appelé en urgence la gendarmerie qui est intervenue, accompagnée de CRS, pour rétablir l’ordre et assurer la protection des personnes. L’auteur des coups est actuellement recherché.

Ces agissements sont graves et illustrent le passage à la violence de ce collectif soi-disant pacifiste. Preuve qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé, des activistes anti-chasse avaient également employé la violence contre le Rallye Pigerat le 3 mars dernier dans les Deux-Sèvres, occasionnant des blessures sur plusieurs membres et une ITT de 8 jours pour un veneur.

Présents chaque semaine dans l’Oise, les militants d’AVA mènent depuis plusieurs mois une campagne de harcèlement marquée par une volonté de saboter les chasses à courre, avec des obstructions illégales et flagrantes, réprimées par l’article R428-12-1 du Code de l’Environnement. La tactique grossière des activistes anti-chasse visant à se faire passer, sur les réseaux sociaux notamment, pour des victimes et des opprimés politiques ne doit duper personne. Menaçants et insultants, ils kidnappent les chiens, effrayent les chevaux et cherchent à pousser les veneurs à la faute, afin de créer un climat anxiogène propice à la diffusion de leurs contre-vérités.

Activité naturelle consistant à chasser un animal sauvage uniquement à l’aide de chiens courants, la chasse à courre est, quant à elle, une activité légale et rigoureusement encadrée.

Comme le rappelle Pierre de Roüalle, président de la Société de Vènerie, « Quelle que soit l’opinion des militants anti-vènerie, elle ne peut en aucun cas justifier le recours à la violence physique et le sabotage. La Société de Vènerie appelle au calme en toutes circonstances et ce malgré les provocations évidentes d’AVA. Mais veneurs et suiveurs supportent de plus en plus difficilement le harcèlement des activistes et cette position devient difficile à tenir ».

Prônant la transparence, la Société de Vènerie se tient à disposition des autorités pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Documentaire sur la situation de la chasse à courre en Picardie

Quel courage, quelle abnégation. On ne peut qu’être frappé de cet engagement fait en Picardie pour contrer la chasse à courre…

Et à quel prix ! Hier la trentaine d’activistes d’AVA présents en forêt de Compiègne ont connu des agressions en série : pris en chasse par des cavaliers, fouettés, tabassés… Avec deux personnes terminant aux urgences…

Pour sauver un cerf, qui a pu donc échapper aux veneurs.

Voici un documentaire de la chaîne LCP (celle de l’Assemblée nationale) sur ce qui se passe là-bas ; mis en ligne il y a deux jours, il se conclue évidemment par un appel à débloquer la question de manière électorale.

Mais le fait est que l’opinion publique française est en très large majorité contre la chasse à courre, que celle-ci ne se maintient que par l’alliance d’Emmanuel Macron, de toutes les forces néo-féodales locales, de toutes les traditions de la France profonde… Alliance qui verrouille tout, créé une chape de plomb anti-démocratique….

[Ajout : LCP a mis la vidéo en privée, on ne peut plus la partager! Mais il est possible de la voir ici : http://www.lcp.fr/la-politique-en-video/chasse-courre-le-grand-fosse]

Tribune : “Chasse à courre et répression”

Depuis le mois d’octobre 2017, le mouvement d’opposition à la chasse à courre (aussi appelée vénerie) prend de l’ampleur dans le pays. Mais, malgré les 84% de français opposés à cette pratique (sondage IFOP/Fondation Brigitte Bardot), l’abolition ne tombe pas du ciel.

Dans l’Oise, les habitants des villages ont décidé de s’organiser pour la défense de la Nature, mais aussi pour le simple respect de leurs droits et de leur quiétude. Car les incidents continuent de se multiplier dans les villages : Bonneuil-en-Valois fin décembre, Choisy-au-Bac début janvier, Pont-Sainte-Maxence début février…

A chaque fois, ces scènes donnent lieu à des affrontements entre les habitants et les veneurs, repoussés  souvent avec l’appui des maires.

Ces derniers sont de plus en plus nombreux à adopter des arrêtés municipaux interdisant le passage de la chasse à courre dans leur commune, mais ceux-ci sont constamment violés. La contestation gagne maintenant la forêt elle-même.

Chaque mercredi et samedi, des habitants se réunissent sous la bannière d’AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui) jusqu’à être parfois une soixantaine. Ils suivent les chasses à courre et en documentent les méfaits.

Les méthodes d’action sont clairement pacifiques : une charte proscrit toute violence, injure ou dégradation.
Au grand dam des veneurs, les policiers qui assistent à ces sorties depuis le mois de novembre n’ont relevé aucune infraction.

Privés de recours légaux, la Fédération des Chasseurs de l’Oise saisit alors le préfet Louis Le Franc. Celui-ci les assure immédiatement de « son entier dévouement » : « La sécurité et le bon déroulement de ces chasses traditionnelles sont, pour le représentant de l’Etat que je suis, une priorité.

Face à cette situation, j’ai donné des instructions précises à la Gendarmerie Nationale pour que soient interpellés et poursuivis les individus pris en flagrant délit d’entrave au droit de chasse ».

Samedi 17 février, Guy Harlé d’Ophove, président de la FDC60, invite le préfet sur place, à l’arrière de son 4×4.

Ils tentent ensemble d’intimider les habitants. Mis en file indienne à un carrefour de forêt, certains d’entre eux subissent menaces et contrôles d’identité. Des brigades de Gendarmerie de tout le département sont mobilisées pour une séance d’intimidation. « Je veux que cela cesse, laissez-les chasser ! ».

Les veneurs, les encerclant à cheval, se délectent de la scène. Mais comme d’habitude, aucun délit n’est constaté, et à peine la mise en scène terminée, les activités reprennent des deux côtés.

Le préfet, quant à lui, ne communique pas aux médias sa présence ce jour là. Loin de calmer le jeu, cette démonstration de force, hors de tout cadre légal, vient arbitrairement renforcer une position contre une autre, et ainsi aggraver le climat de violence.

Car deux jours avant, un événement est survenu, symptomatique du sentiment d’impunité des veneurs qui va crescendo.

Lors d’une promenade, quatre personnes tombent sur un rassemblement d’une centaine d’entre eux dans un lieu public, apprécié des familles le week-end.

Reconnus comme des opposants à la chasse à courre, les quatre personnes (trois femmes et un homme) sont frappées, et poursuivies jusqu’à leur voiture par une quinzaine d’hommes armés de fouets.

Ceux-ci leur volent un téléphone, et prennent en photo leurs plaques d’immatriculation.

Moins d’une semaine plus tard, le propriétaire du journal « Oise hebdo » signera un article révélant l’identité d’un des militants, ainsi que des informations sur sa vie privée, son métier et sa famille. Celui-ci est depuis victime de menaces quotidiennes.
Quand la sécurité des personnes n’est pas assurée, la liberté d’expression n’est plus qu’une chimère.
Beaucoup craignent que cette situation se généralise dans l’Oise, car le plus inquiétant reste à venir. Le département est le théâtre d’une expérimentation inédite en France. La préfecture vient de signer un partenariat avec la Fédération des Chasseurs locale : les « Chasseurs Vigilants ».

Une véritable milice armée de deux cents hommes recevra le rôle d’assister la Gendarmerie dans les « zones forestières » et de « campagne profonde ».

Satisfait, Guy Harlé d’Ophove qualifie ce nouveau détachement de « RG des campagnes », et prévient les critiques : « si ces gens ne sont pas contents, qu’ils restent dans les villes ». Le sentiment de toute-puissance des veneurs ne peut alors que se renforcer, finissant d’enterrer tout débat d’idées.

Par la présente tribune, nous affirmons notre solidarité aux personnes intimidées et violentées. Nous exigeons la fin de ce climat de menace constante dans nos campagnes.

Nous demandons au préfet l’arrêt immédiat du protocole « Chasseurs Vigilants », dont la partialité est insupportable, donnant le pouvoir de loi à un groupe d’intérêt de manière anti-démocratique.

Nous demandons expressément que le préfet de l’Oise, Louis Le Franc, donne des garanties de liberté d’expression aux personnes opposées à la vènerie et mette tout en œuvre pour les protéger des violences lors de leurs actions pacifiques, comme à leur domicile, faisant respecter l’ordre républicain dont il a la charge.

Les signataires :

– One Voice

– L.214

– Fondation Brigitte Bardot

– Réseau-Cétacés

– Collectif pour l’Abolition de la Chasse à Courre

– SAMA Protection Animale (Saint-Quentin)

– Laterredabord.fr

– PicardiePopulaire.net

– AGauche.org

– Parti Animaliste

– ASPAS

– Xavier Renou (Les Désobéissants)

– Aymeric Caron (auteur, Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant)

– Eric Damamme (VASARA, fondateur de 269 Life France)

– Pierre Athanaze (Action Nature Rewilding France)

– Gérard Charollois (Convention Vie et Nature)

– Christophe Leprêtre (Parti Antispéciste Citoyen pour la Transparence et l’Éthique)

– Marc Vallaud (Collectif Contre l’Exploitation et l’Expérimentation Animales)

– Yves Bonnardel (auteur et chercheur, SFR université de Grenoble)

– Marc Giraud (journaliste, auteur)

– Rémi Gaillard (humoriste)

– Jean-Marc Sauvagnargues, Laurent Honel et Paul Léger (Fatals Picards)

Govrache (chanteur)

– Djamel Vice (rappeur)

– Pierre Rigaux (auteur)

MAN (dessinateur)

– Brigitte Bardot (actrice)

– Xavier Matthieu (acteur, ancien syndicaliste chez Continental-Clairoix)

– Gérard Filoche (Gauche Démocratique et Sociale)

– Cédric Maisse (Aube Nouvelle)

– Laurence Parisot (chef d’entreprise)

– Jean-Luc Mélenchon (député des Bouches du Rhone)

– Michel Larive (député de l’Ariège)

– Bastien Lachaud (député de Seine-Saint-Denis)

– Eric Coquerel (député de Seine-Saint-Denis)

– Muriel Ressiguier (députée de l’Hérault)

– Maud Petit (députée du Val de Marne)

– Maud Assila (secrétaire nationale du Parti de Gauche)

– Lionel Ollivier (maire de Clermont de l’Oise)

– Marie-Laure Darrigade (conseillère municipale d’Agnetz, Oise)

– Stéphane Coville (conseiller municipal de Venette, Oise)

– Corinne Morel-Darleux (conseillère régionale Rhone-Alpes)

– Laurent Grenier et Martin Battaglia (France Insoumise Oise)

– Matthieu Ricard (auteur)

– Guillaume Meurice (animateur radio)

Page mediapart

Page facebook d’AVA

Lutte anti-chasse à courre en Ariège

Ne faites pas comme Céline Anaya Gautier, “végétarienne à tendance végan [sic] depuis plus de 12 ans”, qui publie très bientôt aux éditions Flammarion un ouvrage de photographies intitulé Chasse à courre, à la croisée des mondes, prétendant montrer de manière “neutre” ce crime.

Une telle publication, alors qu’en Picardie il y a une gigantesque campagne d’intimidation contre les anti-chasses à courre (menaces, diffusion des noms, des photos et des adresses, intimidations multiples, etc.), est un véritable acte de collaboration.

Mieux vaut faire comme certains en Ariège, montant un comité anti-chasse à courre. Bon courage à l’AVA Ariège !

Et bon courage à l’AVA Picardie, à l’origine d’un mouvement qui, espérons le, ne sera pas écrasé par la violence des pro-chasses à courre libérée par le soutien ouvert d’Emmanuel Macron à cette pratique.

Chasse à courre : quatre personnes agressées pour avoir filmé en forêt

La prise de position favorable à la chasse à courre d’Emmanuel Macron a provoqué une situation tendue en Picardie.  Ainsi, juste dans la foulée de cette prise de position, le fameux Guy Harlé d’Ophove a transporté le Préfet de l’Oise, Louis Le Franc, dans son 4×4, devant les yeux éberlués des 40 militants anti-chasse à courre d’AVA présents dans la forêt.

Alors que juste avant, quatre personnes se faisaient molester pour avoir filmé en forêt…

C’est dire comment les institutions ont décidé de peser pour écraser l’opposition à la chasse à courre. Alors que l’écrasante majorité de la population est contre…

Voici le communiqué d’AVA suite à l’agression.

Jeudi 15 Février : Quatre personnes agressées pour avoir filmé en forêt!

Alors que la Société de Vénerie soigne son image devant la presse, sur le terrain les violences s’accentuent.

Quatre personnes sont agressées pour le simple fait d’avoir filmé la « curée » dans un lieu public. Des membres de l’équipage « Vautrait Tiens Bon Picard » leur ont volé un téléphone et les ont poursuivis jusqu’à leur voiture, pour pouvoir prendre leurs immatriculations en photo.

Le sentiment de toute-puissance des chasseurs à courre n’aura bientôt plus de limite avec un Préfet ouvertement de leur côté.

Soyons tous unis contre les violences ! La liberté d’expression est en danger dans nos campagnes !

Voici une cagnotte pour aider la personne qui s’est fait voler son téléphone :
https://www.leetchi.com/c/ava-abolissons-la-venerie-aujourdhui

Voici le récit détaillé d’une des personnes présentes :

“Je me suis promenée jeudi, avec trois amis aux étangs St Pierre en forêt de Compiègne. Nous avons rencontré un équipage de chasse à courre aux sangliers, que nous ne connaissions pas. Eux, nous connaissaient.

Un veneur nous a d’abord invité à regarder la curée. Des sangliers ont été tué, ils voulaient célébrer ça. Nous étions surpris qu’ils nous convient. Cette scène est inédite et je ne sais d’ailleurs pas si je vais tenir le coup. L’ambiance est malsaine et perverse. Nous filmons.
Stéphane se prend un coup de poing dans le nez assez subitement. Finalement ils ne veulent plus de nous, et réalisent sûrement que de telles vidéos feront des millions de vues… Ils changent d’avis !

Nous avons à peine le temps d’appeler le 17 que c’est une réelle émeute qui a lieu. Une quinzaine de chasseurs se jettent sur nous ( nous = 1 homme et 3 femmes ).
Quelle honte ! Quelle violence !

Des hommes me couraient après pour me donner des coups et me voler mon téléphone. J’ai même été plaquée contre une voiture. Ils en ont d’ailleurs profité pour me voler un portable”

 

Comment les “anti” sabotent les chasses

Le Nouvel Obs de début février a fait un petit dossier sur la chasse à courre, et il y a un petit passage sur les « anti ». Il est assez instructif, aussi le voici.

COMMENT LES “ANTI” SABOTENT LES CHASSES

Les images sont terribles : en octobre dernier, un cerf magnifique, réfugié dans le jardin d’un pavillon à La Croix-Saint-Ouen (Oise) et incapable de s’enfuir, est abattu de sang-froid. En janvier, un autre cerf est noyé à coups de rame par des veneurs en barque dans une rivière, sous les hurlements indignés des « anti ».

Ces images, qui ont suscité un buzz extraordinaire sur les réseaux sociaux et contribué à remettre l’abolition de la chasse à courre au centre des débats, ont été mises en ligne par Abolissons la Vénerie aujourd’hui (AVA).

Ce collectif, créé à la fin 2016 et regroupant quelques centaines de personnes, principalement à Compiègne (Oise), n’a pas seulement pour objectif de rendre visibles les chasses au cerf. 11 est là aussi pour les saboter, deux fois par semaine, dans les forêts de Compiègne, Villers-Cotterêts, Chantilly ou Ermenonville.

« Nous avons par exemple appris le langage des veneurs pour appeler leurs chiens, leur donner des croquettes et désorienter la chasse, explique Stéphane Mercier, membre d’AVA.

Nous restons toujours dans une position non violente et ne faisons pas obstruction aux chasseurs, donc nous sommes inattaquables sur le plan juridique. Mais nous recevons des menaces de mort par mail. »

Ce qui explique qu’on ne sache pas grand-chose sur lui : il ne veut pas trop en dire.

Pour Stéphane Mercier, l’argument des veneurs selon lequel la chasse à courre ne fait que reproduire un événement naturel ancestral, des meutes de loups traquant des proies, ne tient pas : « Les chiens sont dressés pour rester en meute. Les veneurs manipulent la nature pour assouvir leur plaisir de prédation. »

De même, l’absence de preuves scientifiques solides pour prouver la détresse des animaux chassés lui apparaît comme une foutaise : « Il n’est qu’à les observer: ils s’enfuient, terrifiés, paniqués Es ont simplement envie de vivre. C’est un jeu auquel ils n’ont pas demandé à participer. »

Emmanuel Macron se réaffirme comme en faveur de la chasse, y compris à cour

Les chasseurs sont fous de joie. Hier en effet, Emmanuel Macron a de nouveau reçu le président de la Fédération Nationale des chasseurs, pour encore une fois prendre ouvertement partie pour eux.

Voici les photographies de cette rencontre et on remarquera que les chasseurs font très certainement exprès qu’elles ne soient pas “pro”, ceci afin de satisfaire la prétention populiste de la chasse à représenter les gens “normaux”.

C’est une véritable mascarade.

Le communiqué du représentant des chasseurs, naturellement, pavoise.

15 février 2017 à Issy-les-Moulineaux

Le Président de la République a reçu ce matin, à l’Elysée, Willy SCHRAEN, président de la Fédération Nationale des chasseurs, en compagnie de Thierry COSTE, conseiller politique de la FNC et de François PATRIAT, sénateur de la Côte-d’Or.

Dans un échange extrêmement cordial et constructif, le Président de la République a donné son feu vert pour ouvrir le chantier de la réforme du permis de chasser à 200 euros.

L’autre chantier qui s’ouvrira également sera celui de la réforme de l’ONCFS et de l’avenir de la police de la nature. Le Président de la République a accepté également de lancer le chantier de la gestion adaptative des espèces, en commençant immédiatement par le cas de l’oie cendrée.

Le chef de l’Etat a pris l’engagement que la chasse de l’oie cendrée soit possible du 1er au 28 février 2019, dans le cadre d’une dérogation de régulation, telle que l’avait proposée la FNC.

Le Président de la République a clairement réaffirmé son soutien aux chasses traditionnelles et à l’ensemble des modes de chasse dont la vénerie fait partie.

De nombreux autres sujets ont fait l’objet d’échanges pour mieux impliquer la chasse au cœur des politiques « biodiversité et ruralité ».

Emmanuel Macron se réaffirme comme en faveur de la chasse, y compris à cour. Il compte aider les chasseurs à élargir leur base, il n’hésite pas à fournir une dérogation de régulation (ce qui n’est d’ailleurs normalement pas de son ressort, mais du premier ministre, voire du ministre concerné).

Les choses sont très claires et c’est bien qu’elles le soient. C’est une preuve qu’il faut une révolution des mentalités, et une révolution tout court, sans quoi la France profonde maintiendra son obscurantisme.

Encore Emmanuel Macron avec les chasseurs!

Emmanuel Macron a passé un week-end au château de Chambord et à cette occasion, il a fait quelque chose de très marquant. Nous avions déjà souligné à quel point il était proche des chasseurs, à qui il a fait de larges promesses lors des présidentielles.

Eh bien à l’occasion de son passage au château, il a rencontré les présidents des fédérations départementales des chasseurs. Ceux-ci étaient présents, car ils faisaient une « battue aux sangliers » dans le domaine du château.

La Nouvelle République nous donne des détails à ce sujet…

Il y avait là Willy Schraen, le patron de la puissante Fédération nationale des chasseurs dont le vice-président, le Loir-et-Chérien Hubert-Louis Vuitton était également de la partie, tout comme Thierry Coste, lobbyiste chevronné des intérêts cynégétiques.

Leur présence ne devait rien au hasard, puisque la visite du président de la République leur avait été annoncée quelques jours auparavant.

Selon plusieurs témoignages, Emmanuel Macron a réussi son opération de séduction auprès de ce public particulier, tout en demandant qu’aucune photo de cet instant ne soit prise ou du moins ne circule.

Chaussé d’une paire de bottes, il a assisté au traditionnel tableau de la journée. Un moment impressionnant, pendant lequel le temps se suspend. Les plus gros sangliers tirés au cours des battues sont alignés sur un lit de branches de sapin, éclairés par des flambeaux, avec le château en toile de fond lumineuse, tandis que retentissent les trompes et que la garde républicaine, à cheval et sabre au clair, rend les honneurs au gibier.

« Il a fait le tour de tout le monde, témoigne Hubert-Louis Vuitton. Il a salué les chasseurs, les maîtres-chiens, les rabatteurs, les sonneurs, les gendarmes. Il a eu un petit mot pour chacun. Il est resté une bonne demi-heure avec nous.

C’était une très grande fierté pour nous tous. Depuis Valéry Giscard d’Estaing qui était lui-même chasseur, ce qui n’est pas le cas d’Emmanuel Macron, aucun président de la République n’avait assisté à un tableau à Chambord. Ce fut une rencontre très chaleureuse.

Pour lui la chasse s’inscrit dans notre patrimoine national, et il a confirmé qu’il allait bientôt recevoir les dirigeants de la FNC pour aborder des dossiers importants. »

La modernité combinée à la célébration du terroir, quelle horreur!

Empressons-nous de conclure par quelques photos issues d’une présence fort utile lors d’une chasse à courre toute récente, chasse à courre ayant échoué dans son entreprise meurtrière. Ces gens ont répondu à deux questions simples : si ce n’est pas moi, qui ? Si ce n’est pas maintenant, quand ?