• Discours d'Emmanuel Macron à la COP23 à Bonn

Emmanuel Macron prend position pour la chasse à courre et la répression

Suite à l’appel des chasseurs auprès d’Emmanuel Macron, ce dernier a répondu. Il l’a même fait immédiatement, comme on peut l’apprendre sur certains sites de chasseurs.

Il faut bien avoir en tête que tout est très opaque  chez ces gens. Ainsi, on a simplement un compte-rendu d’un dialogue téléphonique, sans rien d’officiel du côté de l’Elysée. Et les chasseurs fonctionnent par réseaux internes, ne livrant qu’avec parcimonie des informations sur leur intense activité.

Ils calculent de manière très savante leurs interventions, la nature de leurs coups de pressions.

Le communiqué que nous reproduisons ici explique même que Nicolas Hulot est impliqué dans l’histoire, et que donc non seulement il a capitulé sur le nucléaire ces derniers jours, mais en même temps sur la chasse à courre.

Sans démenti, cela vaut acceptation : les chasseurs mouillent Nicolas Hulot dans la reconnaissance de la chasse à courre. C’est très subtil!

Et le message est surtout destiné aux troupes. Car en disant qu’Emmanuel Macron ne va pas dans le sens d’un “arbitrage”, mais qu’il prend bien partie pour la chasse à courre, cela veut dire en quelque sorte que tout est permis.

Quand on connaît les chasseurs sur le terrain – c’est un appel à libérer leur brutalité, leur agresssivité, leur sens de la provocation, de l’intimidation.

Ils le feront d’autant plus qu’ils ont peur. Peur d’être balayés, peur qu’un mouvement populaire les envoie dans les poubelles de l’histoire, supprimant cette aberration qu’est la chasse en général!

Leur seule chance : unir tous les réactionnaires autour de l’idéologie du terroir d’un côté, chercher la casse de l’autre, afin de vaincre rapidement en étant appuyé par la répression de l’Etat.

Le principe même de défense des animaux se voit en ce moment pratiquement mis en jeu avec la question de la chasse à courre.

Polémique chasse dans l’Oise :

Le Président de la République confirme ses engagements à Willy Schraen La Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) exprime une solidarité totale à l’égard du maitre d’équipage, Alain Drach, et du président de la Fédération Départementale des Chasseurs de l’Oise, Guy Harlé d’Ophove, qui ont fait l’objet d’une odieuse campagne de calomnies et de menaces de mort qui méritent un traitement judiciaire exemplaire.

Il est nécessaire de mettre un terme aux agissements de ces groupuscules d’extrémistes qui prônent la haine, la violence et le meurtre au nom d’une pseudo défense des animaux qui n’est qu’un prétexte.

Toutefois, la polémique a pris une nouvelle tournure après les déclarations de Nicolas Hulot qui a annoncé, sans la moindre concertation avec la Fédération Nationale des Chasseurs, « qu’il faudrait ouvrir un débat de société sur ce type de pratique de chasse qui interroge de plus en plus l’opinion publique ».

Le ministre de la Transition écologique et solidaire en a profité pour aller plus loin et annoncer son intention « d’engager en 2018 une réflexion sur la condition animale en général », sans concertation avec le monde agricole non plus.

Le président de la FNC, Willy Schraen, « considère qu’il est particulièrement choquant d’entendre le ministre d’Etat réagir de façon excessive sur un fait divers sans le moindre intérêt, et afficher dans les médias sa vision personnelle contre la chasse à courre au nom de la moralité, de pratiques d’un autre siècle et de la défense de la propriété privée ».

C’est pour mettre un terme à cette polémique stérile que le président de la Fédération Nationale des Chasseurs, Willy Schraen, a souhaité prendre contact avec le Président de la République, il y a 48 heures.

Lors d’un échange téléphonique très cordial, le Président de la République, Emmanuel Macron, a été direct et clair avec Willy Schraen.

Il a confirmé « que les engagements pris au congrès de la FNC, devant l’ensemble des représentants du monde de la chasse, seraient tenus et qu’il n’était pas question d’ennuyer les chasseurs en remettant en cause un mode de chasse reconnu ».

Le Président de la République a aussi rappelé au Président de la FNC « que les chasses traditionnelles font partie du patrimoine de notre pays, elles ne nuisent en rien aux espèces que l’on chasse et elles sont le reflet des traditions d’un terroir et d’un mode de vie. »

Il a été très clair sur le fait que la vénerie en faisait partie, et qu’il n’y avait aucune raison d’y porter préjudice.

Il a reconfirmé ses engagements tenus lors du congrès sur le fait qu’il « veut qu’on laisse respirer ceux qui les pratiquent, car ce sont des chasses encadrées et réglementées ».

Pour conclure l’échange, le Président Emmanuel Macron a confirmé l’audience prochaine qu’il accordera à la Fédération Nationale des Chasseurs pour faire le point sur les réformes de bon sens déjà engagées et qui vont aboutir prochainement ; faire aussi le point sur la réforme globale souhaitée par la FNC et renforcer l’engagement des chasseurs dans la défense de la biodiversité ordinaire, comme cela a été le cas sur les néonicotinoïdes.

Depuis cet échange, un dialogue direct a été rétabli avec Nicolas Hulot, ministre de tutelle de la chasse française, et une rencontre devrait avoir lieu prochainement pour poursuivre les négociations sur les nombreuses réformes qui mobilisent la chasse française sur la base des 30 propositions signées par François Patriat au nom de La République En Marche.

Chasseurs : appel à la répression auprès d’Emmanuel Macron

Le Manifeste du Parti Communiste commençait en disant “Un spectre hante l’Europe” : il y a pareillement un spectre qui hante les chasseurs, celui de l’ALF.

Et les responsables des chasseurs ne fantasment pas, car ils savent très bien que l’ALF ce n’est historiquement pas un ou deux sabotages ici ou là, mais un véritable mouvement de masse, ayant entraîné en Angleterre des dizaines et des dizaines de milliers de gens.

C’est le sens de la lettre de Willy Schraen,  président de la Fédération nationale des chasseurs, à Emmanuel Macron.

Il appelle à réprimer illico presto les personnes ayant menacé les chasseurs suite à l’affaire toute récente de la chasse à courre à Picardie.

Il s’agit d’étouffer le plus rapidement possible une vague populaire… De faire vite et bien avant que l’absence de révolte anti-chasse n’apparaisse.

Il appelle également à ce que les “associations” trient le bon grain de l’ivraie et se dissocient de toute opposition radicale. Ici, Willy Schraen sait très bien en arrière-plan que L214 est farouchement anti-ALF, c’est même sa raison d’être historique, pour ainsi dire, les Cahiers antispécistes s’étant chargées de théoriser la dénonciation à l’époque.

Répression et dissociation sont censés faire le grand nettoyage, tous les espaces doivent être encadrés afin d’éviter que la libération animale n’émerge.

Le tout, au nom du “droit à la différence”, les chasseurs prétendant qu’ils ne sont pas l’Etat, qu’ils ne pratiquent pas la violence, etc. La lettre en est presque risible tellement Willy Schraen tente de faire passer les chasseurs pour des martyrs.

C’est que Willy Schraen sait très bien, qu’en réalité, les chasseurs sont une partie de l’Etat, de manière non officielle bien entendu, mais ils forment un outil de conservatisme très important, avec un profond respect des “traditions”, des hiérarchies locales, avec tous les notables, etc.

Virilisme et intimidation, traditions beaufs et agressivité envers tout ce qui est nouveau, les chasseurs forment un micro-univers on ne peut plus réactionnaire.

Et encore, quand on dit “inofficiel”, ce n’est pas tout à fait vrai. Guy Harlé d’Ophove, le fameux président des chasseurs de l’Oise, a organisé un partenariat gendarmes-chasseurs. Des “chasseurs vigilants” épaulent désormais officiellement la gendarmerie dans le maillage du territoire…

Peut-on faire plus pétainiste, sur le plan des idées, des traditions, de la vision du monde?

Tout cela, Willy Schraen le sait très bien. Aussi est-ce non pas une lettre d’un chasseur à son président, mais d’un emmployé à son employeur, tout comme d’ailleurs d’un employeur à son employé.

Rappelons qu’Emmanuel Macron, avant les élections, s’était bien entendu produit devant la direction des chasseurs, expliquant qu’il voulait développer le “tourisme cynégétique”, vouloir développer “la viande de gibier”, etc.

Tous ces gens marchent main dans la main, pour que rien ne vienne troubler un consensus comme quoi tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…

Monsieur le Président de la République,

L’actualité récente m’oblige à vous adresser ce courrier pour vous relater certains faits odieux qui se déroulent actuellement dans le département de l’Oise.

Samedi 21 octobre, un cerf a été abattu après une chasse à courre de l’Equipage La Futaie des Amis en forêt de Compiègne à la Croix St Ouen, dans le jardin d’un particulier.  Bien entendu, la chasse avait été stoppée quand l’animal s’est dirigé vers la zone habitée en périphérie de la forêt.

La suite, nous la connaissons tous : l’animal est resté bloqué dans un jardin privatif. L’équipage de vénerie souhaitait le gracier, ainsi que le code déontologique des veneurs le stipule. Le maître d’équipage souhaitait apporter son aide afin de permettre au grand cervidé de regagner la forêt, dans les meilleures conditions possibles.

Malgré de nombreux efforts pour tenter de l’extraire, son caractère agressif n’a pas permis de réaliser cette opération.

A la demande des gendarmes présents sur place, il a été demandé au maître d’équipage de le tuer, l’animal représentant un danger évident pour les personnes nombreuses présentes sur place et les biens. Une histoire banale de la vie rurale se terminait donc.

Malheureusement, des groupuscules extrémistes, prônant la violence verbale et physique pour imposer leurs idées à la société, se sont emparés médiatiquement de cette affaire.

Les insultes raciales et antisémites, les menaces de mort, l’activation de toutes les haines et de toutes les violences, à partir, notamment, des réseaux sociaux, m’oblige aujourd’hui à vous demander d’intervenir dans les plus brefs délais, pour faire cesser ces graves dérives.

En vous écrivant ces lignes, Monsieur le Président, je sais pertinemment que le même sort que les acteurs cynégétiques de l’Oise me sera réservé, à savoir que ma famille et moi-même feront l’objet de pressions et de violences par ces mêmes groupuscules et associations.

Ces gens sont connus dans notre pays depuis de nombreuses années, et sous couvert de défendre la cause animale et le véganisme, veulent imposer leur vision minoritaire à la société actuelle.

Certains sont aussi présents dans d’autres pays, qui les classent terroristes, et où ils  se sont rendus célèbres en assassinant ceux qui ne partageaient pas leur opinion. D’autres structures, n’ayant jamais caché leur opposition à la chasse, viennent de passer à la vitesse supérieure, se croyant certaines de pouvoir dorénavant agir en toute impunité.

Jamais la chasse française n’a appelé à la violence contre les gens qui la rejettent, jamais la chasse française n’a voulu imposer ses idées par les menaces ; jamais la chasse française ne s’est octroyée le droit de se prendre pour l’Etat.

Monsieur le Président, ce courrier ne relève malheureusement d’aucune banalité. Il se fait la synthèse d’une longue dérive de notre société, où les différences de penser et d’agir ne semblent plus supportables par certains.

Je vous demande de mettre un terme à tout ceci. Le racisme et la violence dont nous sommes victimes ne sont plus acceptables, et ne seront plus acceptés.

Dorénavant, les chasseurs et les ruraux ne se tairont plus ! La chasse est un droit fondamental de la République, comme le droit de cultiver ses différences dans le respect des autres.

Je suis fier d’être le président des chasseurs, parce qu’ils portent en eux les valeurs fondamentales de l’espèce humaine, et qu’ils sont, comme bien d’autres, l’avenir de notre pays.

Je vous demande de dissoudre ces réseaux et ces associations, dont font partie ceux qui incident à la haine dans notre pays, dans les plus brefs délais. Pourquoi ces mêmes associations ne condamnent-elles et ne modèrent-elles pas les propos diffusés notamment via leurs propres réseaux sociaux ?

Je vous demande également de faire entendre la voix de la justice en condamnant fermement ces agissements, et parallèlement en garantissant, au nom du droit des citoyens de la République Française, l’intégrité physique et morale des chasseurs et des ruraux à qui l’ont promet, par des centaines de messages, une mort prochaine, douloureuse et lente.

Dans le but d’étayer mes propos, je conserve à votre disposition l’intégralité de ces écrits nominatifs.

Dans l’attente d’une réaction rapide et nécessaire de l’Etat, avant que cette violence n’atteigne son paroxysme, veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma plus haute considération,

Le Président

Willy SCHRAEN

Succès du rassemblement anti-chasse à courre du 28 octobre 2017

C’est certainement la première fois en France que des gens « normaux » interviennent dans la société en faveur des animaux, en s’appuyant uniquement sur leur propre réalité, leur propre vécu, « en toute âme et conscience ».

Il est vrai que la chasse à courre est quelque chose de profondément odieux, prétexte à un haut-le-cœur. Toutefois, c’est une activité existant depuis bien longtemps, portée par les notables si puissants qu’ils en sont intouchables. Cela rend d’autant plus difficile de s’y opposer.

Le rassemblement du samedi 28 octobre 2017 à Saint-Jean-aux-Bois en Picardie est-il alors exemplaire ? Il a ceci de profond, en tout cas, qu’il exprime une réalité diffusée parmi les gens « normaux » et on est tout à fait libre de l’opposer au « substitutisme » de l’association 269 qui a, le même week-end, planté des tentes sur un abattoir pour exiger l’abolition de la viande.

Le contexte était, qui plus est, particulièrement tendu en raison d’une chasse à courre qui, le samedi précédent (le 21 octobre), avait pris un tournant frappant profondément l’opinion publique.

A cette occasion, en effet, un cerf pourchassé s’est retrouvé dans une rue pavillonnaire à Lacroix-Saint-Ouen, se réfugiant dans le jardin d’une propriété privée.

Or, la commune avait pris des mesures contre la chasse à courre sur son territoire ; dans toute la zone en effet, il est courant que les chasseurs viennent achever les animaux jusque dans les communes, se croyant par ailleurs tout permis en général. L’opposition est faible, mais existante dans certains endroits, on est tout de même en 2017…

Les chasseurs étaient donc dans l’illégalité et les gendarmes se sont mis de la partie. Ils ont sécurisé la zone, donnant carte blanche aux chasseurs. Ceux-ci, après avoir frappé longuement l’animal, à coups de fouet notamment, pour essayer de le faire fuir, ont décidé de l’abattre.

Les gendarmes ont alors prétendu avoir l’accord de la propriétaire des lieux, ce qui s’avéra par la suite être un mensonge ! C’est d’autant plus choquant que les propriétaires sont contre la chasse à courre…

Sauf que cette fois, il y a une résistance à l’arbitraire et à la soumission aux puissants. Les gens ont réagi, des militants de l’association Abolissons la vénerie aujourd’hui (AVA) ont filmé la scène et diffusée l’information. Les réactions ont été extrêmement fortes sur le plan de la sensibilité.

Les chasseurs, membre de l’équipage des veneurs de la Futaie dirigée par Alain Drach, se sont alors fait taper sur les doigts par leurs instances, avec interdiction pour quelques semaines de continuer à pratiquer leur activité.

C’est que l’enjeu est grand. La chasse à courre, c’est en France 450 équipages, mobilisant 10 000 chasseurs, 100 000 suiveurs, 20 000 chiens, 7 000 chevaux, pour totaliser 15 000 chasses du 15 septembre au 31 mars. Il s’agit pour ces gens de protéger leur activité, de la masquer le plus possible.

Mais cette opération de communication n’a pas suffi, Alain Drach recevant moult menaces de la part de gens écœurés et donc, de manière bien plus pertinente car relevant du concret et non de simples messages sur internet, il y a eu le rassemblement du 28 octobre.

Ce rassemblement, qui s’est déjà tenu par le passé, cible la messe annuelle des veneurs, où les chiens et les chevaux sont « bénis » par l’Eglise catholique. C’est terriblement révélateur de la nature arriérée de la religion, chargée de maintenir l’esprit de privilèges et de soumission. Il n’y a ici nul hasard et les gens qui apprécient le message de l’évangile doivent bien comprendre ici que leur exigence de compassion ne doit pas passer par la religion, mais justement par le véganisme…

Pourquoi freiner sa sensibilité, la limiter à une prière au lieu de la réaliser ? Au-delà des mots, c’est l’esprit qui compte, et sa capacité à intervenir dans un choix assumé.

C’est certainement le sens de la mobilisation des 400-500 personnes le 28 octobre, des gens « normaux ». Il y avait des personnes véganes, bien entendu, faisant partie de la population de ces gens « normaux », quoi de plus normal ? C’est là leur rôle, leur devoir.

Mais il s’agissait donc de gens vivant là-bas. N’est-ce pas le sens de la démocratie, par opposition à la misanthropie et l’élitisme?

C’est le contraire du rassemblement organisé par 269 life France une semaine auparavant. Tentant de faire un hold up sur l’opposition locale à la chasse à courre (la mort du cerf n’était pas connu au moment de l’annonce du rassemblement), 269 life France a fait venir une cinquantaine de personnes de Paris, Lille, Angers, Rennes…

Avec le soutien de CCE2A, CACC, PETA, ADA, La voix des loups, L214, One Voice, La voix des Lévriers, Respectons, Société anti-fourrure, l’ASPAS… Tout cela pour rien, à part bloquer le passage des bus.

Cela en dit long sur le caractère purement velléitaire, substitutiste, de telles initiatives coupées des gens « normaux ». Au lieu de combiner radicalité et travail chez les gens normaux, on a la misanthropie et la posture. D’ailleurs, il y a bien entendu eu la tentative de réaliser un hold dup sur le rassemblement du 28 octobre. Cela a heureusement échoué.

La situation était par ailleurs déjà compliquée comme cela, puisque le sous-préfet a interdit toute circulation et manifestation à Saint-Jean-aux-Bois, forçant le rassemblant à se déplacer en périphérie. Puis, les chasseurs ont diffusé la rumeur selon laquelle la messe voyait sa date repoussée.

Mais il faut croire que la mobilisation avait un ressort tel que les digues ne pouvaient que céder. Les gendarmes ont accepté que le rassemblement quitte l’horrible parking pour traverser la ville vers une place d’esprit plus champêtre…

Ce qui a donné un cortège de 400-500 personnes, d’esprit bon enfant mais décidé, notamment en passant devant l’abbatiale, où fut lancé le slogan « il est où Alain, il est où ». Allusion au chef d’équipage Alain Drach, mais également Guy Harlé d’Ophove, dont nous avons déjà longuement parlé ici, et qui la veille fanfaronnait encore dans Le Parisien comme quoi jamais rien ne serait annulé…

Les gens ont alors mangé des gâteaux (végétaliens comme il se doit), certains quittant les lieux afin de se précipiter au Plessis Brion, où des membres d’une chasse à courre se lançait après une messe dans leur sinistre activité, le cerf échappant heureusement à leur envie de tuer…

L’équipage a mis en ligne les photos de la messe et de la chasse, avec des photos édifiantes du plus pur style grand bourgeois, tiré à quatre épingles dans un esprit féodal et clérical.

Ces gens de la haute bourgeoisie sont secs, froids, sans coeur, sans esprit ; les gens qui les suivent sont obséquieux, sans âme. C’est une sorte d’allégorie des hiéarchies sociales à l’échelle de la société, avec tout ce que cela signifie en termes de cynisme et d’indifférence.

Cela réconforte de voir autre chose! Non pas que le rassemblement du 28 octobre soits une fin en soi : l’objectif est la fin de la chasse à courre et il ne s’agit jamais de faire de l’autosatisfaction. Cependant, c’est une bonne leçon comme quoi avec un travail de fond et une confiance en les gens, on avance.

C’est pour cela que sur LTD, nous adoptons le symbole des deux marteaux. Le véganisme réel ne passe par la fausse radicalité bobo, mais par l’ancrage dans les gens, car les gens veulent le véganisme, ils veulent la compassion.

Ils veulent un monde meilleur, différent, sauf qu’ils sont prisonniers de valeurs erronées pour beaucoup et d’un rapport au quotidien qui n’est pas naturel. Il faut donc savoir être ferme sur les principes, tout en aidant les gens à avancer.

C’est en ce sens qu’on peut bien dire : la tempête arrive. La libération animale est une démarche inéluctable pour la grande majorité des gens comprenant le besoin de se transformer et de transformer une société dénaturée !

Angleterre : pourquoi je continue à saboter les chasses au renard dix ans après leur interdiction

La loi est faite pour être contournée par les puissants, surtout lorsqu’on touche aux traditions de ceux-ci ! Lee Moon, le porte-parole de la Hunt Saboteurs Association en Angleterre, raconte ce qu’il en est en Angleterre, avec la chasse au renard, une grande tradition de l’élite.

En prétextant qu’il s’agit d’un entraînement pour un oiseau de proie, les chasseurs continuent leur crime, bafouant la loi, avec l’accord tacite bien sûr du gouvernement, des juges et de la police…

En tant que saboteur de la chasse, je passe chaque samedi de la saison de chasse à intervenir pour sauver la vie sauvage.

En août et septembre, lorsque les chasseurs entraînent leurs jeunes chiens à tuer les renardeaux, cela veut dire se lever à trois heures du matin pour être en position quand ils commencent leur vil « sport », à l’aube.

Certaines personnes de demanderont ce qui motive une personne ordinaire comme moi à consacrer une partie si importante de son temps libre à ça. Eh bien, il est erroné de prendre la vie d’un autre être pour le plaisir.

C’est pire encore d’appeler ça un sport. Et c’est pire encore d’utiliser de telles ressources pour rendre si inégal les chances – le renard n’a quasiment aucune chance de s’en sortir sans l’intervention des saboteurs.

J’ai commencé à saboter des chasses quand j’avais 19 ans, la chasse à courre était encore légale à cette époque. Je ne m’étais jamais considéré comme une ami des animaux, mais l’idée de chiens déchiquetant un animal au nom du sport m’a frappé comme relevant de l’injustice.

Je savais que je devais essayer à arrêter cela. Alors que j’étais impliqué dans un groupe environnemental, j’ai entendu parler des sabotages de chasses et j’ai donc assisté à ma première réunion dans l’arrière-salle d’un sombre bar.

C’était un tout nouveau monde et je n’ai pas compris grand chose de ce qui était duiscuté, mais j’étais déterminé à m’impliquer.

Mon premier sabotage de chasse fut une journée à la fois mémorable et horrible. J’étais pétrifié lorsque nous nous sommes mis en route le matin, et je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre.
Par chance, les autres membres du groupe étaient rassurants et accueillants. Durant la journée, malgré nos efforts, les chasseurs ont tué un renard.

Nous avons réussi à récupérer le corps et nous avons découvert qu’ils avaient tué une renarde enceinte ; deux de ses petits sortis de son corps déchiqueté étaient encore vivants.
Nous n’avons rien pu faire et les deux petits moururent rapidement.

J’étais écœuré, mon estomac se retourne encore quand je pense à cette magnifique créature et sa mort vicieuse. Les chasseurs présents avaient l’air de trouver ça parfaitement acceptable.

Quelques semaines plus tard, notre groupe intervint et sauva un renard.

Nous l’avons vu s’échapper à travers champ et pouvions entendre les meutes de chiens crier. L’un des saboteurs expérimentés utilisa sa corne de chasse pour distraire les chiens, donnant au renard assez de temps pour s’enfuir.

J’ai su alors que je devais apprendre ces techniques. Ces deux incidents m’ont fait réaliser à quel point nous pouvions efficace, et c’est la raison pour laquelle je continue à saboter les chasses presque 20 ans plus tard.

En 2005, lorsque le Hunting Act de 2004 est entré en vigueur, nous pensions que nous pouvions ranger nos bottes de sabotage et continuer nos vies.

Malheureusement ce ne fut pas le cas. Les chasseurs, tout en essayant de se dresser un portrait respectable, décidèrent d’enfreindre la loi.

A plusieurs reprises, chaque semaine.

Pas un « accident » occasionnel, mais un défi complet.

Furieux de voir leur « sport » limité par le gouvernement, les chasseurs ont tout simplement continué à chasser et à tuer des cerfs, des renards, des lièvres et des visons.

La chasse a été autorisée à continuer, largement sans être touchée par le Hunting Act, en raison d’un manque de compréhension et d’intérêt de la part de la police et des services judiciaires royaux.

Les saboteurs utilisent l’action directe non-violente pour perturber les chasses.

Nous nous soucions de tous les animaux, pas seulement des renards (ou des autres animaux chassés), et donc nous ne ferions jamais quoi que ce soit qui pourrait faire du mal aux chiens de meutes, aux chevaux ou même aux humains qui soutiennent la chasse.

Les chasseurs croient fréquemment et ont propagé toutes sortes d’histoires folles à notre sujet, pendant des années, affirmant que nous sommes financés par le KGB, que nous vaporisons de l’acide sur les visages des chiens, que nous mettons en place des cordes de piano à hauteur de la tête pour tuer les chasseurs, ou même que nous poignardons les chevaux.

Pourquoi est-ce qu’un mouvement composé de vegans attaquerait des animaux ? La simple réponse est que nous ne le faisons pas et que nous ne le ferions jamais.

Rien que la semaine dernière, un juge, lors d’un procès contre quatre saboteurs, a déclaré : « Vous contribuez chacun immensément à la société, non seulement dans vos vies professionnelles, mais aussi durant votre temps libre. Vous méritez des éloges pour ce que vous accomplissez ainsi que pour votre comportement ».

En revanche, les chasseurs réagissent souvent par la violence et l’agression lorsque les saboteurs perturbent avec succès une mise à mort. J’ai été frappé à coups de poings, de pieds, craché dessus et battu à coups de bâtons alors que je sabotais des chasses et d’autres saboteurs ont reçu bien pire.

Mike Hill et Tom Worby ont été tués alors qu’ils perturbaient des chasses (bien que personne n’ait jamais été mis en procès pour ça) ; Steve Christmas a passé plusieurs mois à l’hôpital après s’être fait couru dessus par des chevaux.

Pour ajouter l’insulte aux blessures, la police a des préjugés à notre égard. Ils préfèrent travailler comme sécurité privé des chasseurs plutôt que d’appliquer la loi. Même quand ils sont confrontés aux « hommes du terrier », dont la simple présence veut déjà dire être dans l’illégalité, la police refuse d’agir.

[Les « hommes du terrier », terriermen, ont comme fonction de bloquer les terriers pour empêcher le renard de pouvoir se replier. Le cas échéant, ils l’en font sortir. Muni de tout un matériel, ils suivent la chasse à pied, en quad, voire en 4×4, déniant tout rapport avec la chasse ou bien se présentant comme ayant la fonction de fermer de réparer les clôtures, etc.]

[Le premier ministre britannique] David Cameron a promis à plusieurs reprises d’abroger l’interdiction de la chasse. Cela a simplement mis en avant le fait que la chasse continue. La majorité de l’opinion publique pense que ce « sport » a disparu il y a dix ans, et est choquée de s’apercevoir qu’il existe encore.

Cependant, nous avons de l’espoir. Le nombre de saboteurs a augmenté de manière significative ces trois dernières années, en partie à cause des impopulaires abattages de blaireaux.

Ainsi, la situation de la chasse au renard dix ans après son interdiction est quasiment identique à la situation dix ans auparavant. Partout dans le pays, les chasseurs continuent de chasser et de déchiqueter des animaux, bien que ce soit illégal maintenant, et les saboteurs ont du succès pour les stopper.

Une chose est sûre en tout cas – tant que des personnes tueront pour sport, il y aura des saboteurs.

La vénerie vue en 1900

Nous sommes en 1900, il y a bien plus de cent ans, et Lucien Boppe (1834-1907), qui fut Directeur de l’École nationale des eaux et forêts (École forestière),à Nancy, publie un ouvrage sur la chasse et la pêche en France.

Voici la présentation qu’il fait de la chasse à courre. Aussi absurde que cela soit, il faut comprendre la nature de ce phénomène barbare, car il existe encore dans notre pays… Quelle folie!

On notera que Lucien Boppe cherche à avoir un point de vue « neutre », ce qui rend le document justement très intéressant, car il est en quelque sorte conforme à l’objectivité de l’idéologie dominante.

Il reflète une approche froide, très 19ème siècle, à la fois scientifique mais en même temps réductrice.

Pour l’anecdote qui a son importance, Lucien Boppe a également écrit sur la sylviculture et il s’est largement engagé pour la protection de la futaie des Clos, dans la forêt de Bercé, dans la Sarthe.

La question arriva en 1907 à la Chambre des Députés et le ministre de l’agriculture annonça son accord pour la protection, un chêne étant nommé par la suite du nom de Lucien Boppe. Touché par la foudre, la souche y est encore symboliquement préservé.

La vénerie

En première ligne se place la chasse à courre, à cor et à cris. C’est la chasse française par excellente, qui fut instituée jadis à l’égal d’une profession d’État, avec tout le luxe et le pompeux attirail que comportaient les plaisirs royaux : la vénerie en un mot.

On compte encore en France des veneurs émérites et des équipages de premier ordre. Le courre du cerf est resté le type de ce sport somptueux.

Il exige un nombreux personnel et se pratique à grand renfort d’auxiliaires : chevaux et chiens.

Chaque chasse prend l’éclat d’une fête où rien ne manque à la mise en scène : maîtres, invités, valets portant la livrée et le bouton de l’équipage.

On se propose pour objectif de ne chasser, pour le prendre, qu’un animal dont l’espèce et l’individu sont déterminés à l’avance. Le succès dépend de la quête du limier, puisque c’est lui qui sert à détourner le cerf dans le buisson, où il est rembuché.

Le limier doit avoir le nez fin et suivre juste. Il marque chaque foulée sans bruit et sans abois; an piqueur à débrouiller si telle est la vraie voie du gibier qu’il cherche. Sa besogne faite et à l’heure dite, le piqueur se trouve au rendez-vous, où il fait son rapport détaillé.

Si le mettre de l’équipage juge qu’on tient une bonne piste, il prend de suite ses mesures pour l’attaque et proportionne les moyens d’action à la résistance probable et à la difficulté du terrain.

Tout d’abord, on foule l’enceinte avec quelques chiens, les plus vieux et les plus lents, pour faire le rapprocher et le lancer; en même temps, on poste du monde sur la refaite probable pour chercher à voir l’animal par corps et être bien sûr que le piqueur a dit vrai.

Alors seulement on découple la meute. La voie est chaude et les premiers coups de gueule des chiens excités par la fanfare éclatent sous les grands bois et se répercutent dans les lointains comme les échos d’une puissante symphonie.

A partir de cet instant, la chasse est poussée à fond ; c’est une lutte de vitesse dont le grand train est entretenu par des relais plusieurs fois renouvelés. L’art est de ne permettre aucun défaut, aucun change, aucun ralentissement dans la poursuite.

Après deux ou trois heures, plus ou moins suivant les cas, le cerf haletant baisse la tête et tire la langue.

Souvent, il cherche un étang ou une mare pour se rafraîchir et c’est là qu’il s’arrête pour tenir les abois et vendre chèrement ce qui lui reste de vie.

Le cor sonne l’hallali.

En forme d’épilogue, le maître de l’équipage ou l’invité à qui on fait les honneurs de la chasse sert la bête sur ses fins d’un coup de dague ou de carabine ; beaucoup moins d’ailleurs pour terminer son martyre que pour épargner la vie des chiens, contre lesquels il se défend des andouillers et des pieds de devant avec le courage du désespoir.

On compte les minutes et l’équipage tient à honneur la rapidité avec laquelle la victoire a été enlevée.

Quand le laisser-courre est bien mené, tout cela se sera passé si rapidement, si naturellement que le spectateur, qui suit en voiture ou à cheval sans autre préoccupation que celle de ne pas se perdre, croit que cela devait arriver.

Bien peu se doutent de ce qu’il a fallu déployer de savoir, d’expérience, de coup d’oeil et d’énergie avant et pendant l’action, pour éviter les mille incidents de nature à compromettre le résultat final.

La représentation se termine par la curée, qui tient lieu d’apothéose surtout lorsqu’elle se fait aux flambeaux.

Mais ce sont les beaux jours, car chasser n’est pas toujours prendre et il faut compter avec les buissons creux, les incidents et les accidents.

On ne doit jamais tirer le cerf devant les chiens ; cela est au contraire admis pour le daim, le sanglier et le loup chassés dans les mêmes conditions. Le courre du loup est autrement difficile et tourmenté. C’est accomplir un raid des plus durs que suivre un animal qui, d’une traite, vous emporte à 60 et 80 kilomètres du lancer.

La vénerie emploie aussi des chiens de force qui, à proprement parler, ne sont plus des chiens courants.

On les substitue à la meute, en face d’un animal : cerf, loup ou sanglier qui tient les abois et fait tête, afin d’éviter aux chiens d’ordre de trop graves blessures.

Les matins coiffent l’animal, l’étranglent ou le rendent inoffensif jusqu’à l’arrivée du chasseur qui le servira de la pique ou de la dague.

Mais les mâtins et les dogues surtout sont de véritables bêtes féroces qu’il faut toujours tenir en laisse et surveiller de près ; car, à l’occasion, ils attaquent l’homme et peuvent causer les plus grands malheurs.

Il ne sera pas question de la chasse au lévrier, puisque l’usage en est formellement interdit par la loi.

Le titre de veneur ne se gagne pas sans chevrons. Il demande, en même temps qu’une grande résistance physique, de l’adresse et les connaissances les plus variées concernant le maniement des armes, le choix et le dressage des chevaux et des chiens, les mœurs et les allures du gibier, etc…

Mais, par-dessus tout, un don inné qui ne s’acquiert pas. Tout veneur doit aussi savoir jarreter le gibier pour en faciliter le transport, le vider, le dépouiller et le découper.

Chacun de ces menus détails est réglé par une tradition dont il aura la coquetterie de ne pas s’écarter.

Encore fût-il muni de toute cette science, ce n’est pas sans un long apprentissage à l’école des bons maîtres qu’il deviendra un veneur capable, à l’aide des preuves dont le gibier marque son passage et à ses allures, d’en reconnaître, sans se méjuger, l’espèce, l’âge et le sexe.

Car, si, en temps de neige, quand le livre des ânes est ouvert, il est facile à tout le monde de suivre un animal à une piste, en été, surtout par un temps sec, il faut faire état du moindre brin d’herbe foulé ou froissé.

C’est donc par sa pratique des choses du revoir qu’un veneur donne sa mesure.

[Suivent des dessins explicatifs sur les empreintes des animaux.]

Le langage de la chasse a été créé uniquement à l’usage de la vénerie. Les autres chasses se sont donné le genre de se l’approprier.

On trouvera ci-après la liste des termes techniques les plus usités.

Abattures……. Voir Foulées

Affût……. Lieu où l’on se cache pour tirer le gibier.

Aller d’assurance……. Se dit d’un animal qui marche sans crainte.

Allures……. Façon de marcher des animaux; se dit aussi de la distance qui sépare l’empreinte du pied de devant de celle du pied de derrière.

Aze……. Voir Hase.

Bauge……. Gîte des bêtes noires et des bêtes mordantes.

Billebauder……. Fouler une enceinte sans y voir préalablement remis le gibier ; chasser à la billebaude, c’est chasser au hasard.

Bête……. Tout animal de chasse à courre.

Bouquin……. Mâle du lièvre.

Bourre……. Mâle du canard sauvage.

Boutoir……. Bout du nez des bêtes noires.

Bréhaigne……. Biche,daine ou chevrette devenues stériles.

Broche……. Premier bois du cerf et des bêtes fauves; comme Dague.

Brisées……. Branche rompue pour marquer le passage d’un gibier; on met le gros bout du côte où la tête est tournée.

Brout……. Bourgeons et écorces dont les bêlez fauves s’enivrent au printemps; de là leur nom de Bêtes de brout.

Carnage……. Tripailles et chair morte que l’on traîne par la campagne pour attirer loups et renards dans les pièges.

Cattiche……. Retraite des loutres au bord des étangs et rivières.

Cerf……. Biche; faon jusqu’à 6 mois, hère de 6 mois à 1 an, daguet, 2e à 5e têtes, dix cors jeunement, dix cors bellement à 7 ans, puis gros ou vieux cerf.

Cervaison……. Époque où la chair du cerf est grasse et de bonne qualité.

Change (faire un)……. Se dit lorsqu’une bête se substitue à celle que l’on chasse.

Chevreuil……. Chevrette ; faon, daguet, brocard à 3 ans.

Clapier……. Ensemble des trous creusés et habités par les lapins.

Coulées……. Faux chemins que les animaux tracent sous les couverts.

Cris des animaux……. Le loup hurle; le renard glapit; le cerf brème (brâmement); le chevreuil rait ou rée (le réement, le raire); l’ours et le sanglier grognent; la marmotte et la loutre sifflent; le lapin et le lièvre crient.

Cris du chasseur pour avertir qu’il voit le gibier par corps……. Souilleau, pour sanglier; tayau, pour bêtes fauves ; vla-au ou vloo, pour lièvre, loup, renard ou blaireau ; tire-haut, pour gibier à plumes.

Curée……. Repas que l’on fait faire aux chiens lorsqu’ils ont pris le gibier; la curée est chaude quand on donne sur le terrain quelque partie de la bête morte ; la curée froide est celle que l’on donne au logis.

Dague……. Premier bois des bêtes fauves.

Daim……. Daine et, pour les mâles, comme le cerf.

Débucher……. Se dit de la bête qui sort du bois.

Déchaussure……. Égratignures que le loup fait sur le sol après avoir jeté ses laissées.

Défenses ou limes……. Longues dents canines qui sortent de la mâchoire inférieure des sangliers.

Détourner……. C’est tourner tout autour d’une enceinte pour s’assurer, soit à l’aide de limiers, soit par le revoir, si la bête que l’on cherche y est encore remise. On compte les passages par des brisées.

Écoutes……. Oreilles des sangliers.

Fort……. Canton de bois épais et fourré où les grands animaux se reposent pendant le jour.

Fouger……. Action du sanglier qui arrache les racines avec son boutoir.

Foulées ou foulures……. Traces laissées par les pieds d’un animal sur l’herbe et sur le terre; se dit trace pour le sanglier, voie pour les bêtes fauves et les lièvres, passée pour l’écureuil, piste pour les bêtes mordantes et puantes.

Frayer (leur tête)……. Action des bêtes de brout lorsqu’elles frottent aux perches leurs bois en velour pour les brunir.

Frayoir, ou frévoir……. Parties des perches écorchées par les bêtes fauves qui y frottent leurs bois.

Gagnage……. Terres oh les bêtes fauves vont en pâture.

Gardes……. Ergots des traces de sanglier.

Goupil……. Ancien nom donné au renard.

Graies ou grès……. Canines en crochet qui sortent de la mâchoire supérieure des sangliers et semblent aiguiser les défenses.

Haire ou hère……. Jeune cerf qui, ayant perdu la livrée, n’a pas encore sa première tète.

Halots……. Comme Rabouillères.

Hase……. Femelle du lièvre.

Hallali……. Cris de victoire quand la bête est prise sur pied ou à terre.

Harde……. De horde, troupe de bêtes fauves.

Hourvari (faire un)……. Se dit d’un animal qui double ses voies.

Houzures……. Traces boueuses laissées par les sangliers sur les arbres autour des souilles.

Limier……. Chien dressé à marquer une piste sans crier.

Livrée……. Marques et bandes de couleur pâle qui éclairent la fourrure des faons et des marcassins jusqu’à 8 mois.

Massacre……. Tète de bête fauve séparée du corps.

Mangeure……. Cantons où les sangliers trouvent leur nourriture.

Pays……. Terrain boisé (grand ou petit pays).

Piste……. Trace ou sentiment que tout animal laisse de son passage.

Portées……. Branche froissée par la tète du cerf dans sa coulée.

Quêter ……. Chercher à détourner une bête.

Rabouillères……. Trous où les hases de lapins font leurs petits.

Raire (le)……. Brâmement du cerf pendant le rut (raire, réer).

Randonnée……. Circuit que fait la bête de chasse dans un même canton.

Recoquetage……. Seconde couvée des faisans ou perdrix.

Regalis……. Place grattée par le pied du chevreuil et où il a fait sa nuit.

Rembuchement……. Rentrée de la bête dans le fort où elle se remise.

Reposées……. Lieux où les bêtes fauves se reposent pendant le jour.

Revenir de tête……. Se dit des mâles des bêtes fauves quand ils ont refait leur ramure.

Sanglier……. Laie; marcassin jusqu’à 6 mois, bêtes rousses de 6 mois à 1 an, bête de compagnie de 1 an à 2 ans, ragot mâle de 2 à 3 ans, puis tiersan, quartan, passé 4 ans solitaire ou vieux sanglier.

Saunières……. Pain d’argile pétri de sel à l’usage des bêtes fauves.

Souille……. Endroit boueux où le sanglier se vautre.

Taison, tesson……. Blaireau.

Terrier……. Retraite souterraine des renards, des blaireaux et des lapins.

Toucher (au bois)……. Voir Frayer (leur tête).

Trait……. Corde que l’on attache au collier du limier pour le maintenir.

Trôler……. Quêter au hasard, sans remettre, à la billebaude.

Vautrait……. Équipage de chiens à courre le sanglier.

Viander……. Se dit des bêtes fauves qui vont en nature.

Viandis……. Pâture des bêtes fauves.

Vriller ou vermiller……. Action du sanglier qui fouille la terre pour y chercher des insectes et des racines.

Voie……. Voir Foulée.

Volcelet……. Cris pour annoncer que l’on revoit du cerf par corps.

Vol-ce-l’est……. Empreintes que les pieds des bêtes fauves laissent sur le sol.

Vol-ci-aller……. Empreintes du pied des animaux sans ra-mure : sangliers, loups, renards, etc.

Hackage d’un site et sabotage de miradors

L’ALF a hacké le site alban-international.com,  qui relève d’un programme Bretagne Filières 35, présent notamment en Algérie avec comme objectif de multiplier par trois le nombre de vaches, de doubler leur production de lait, etc.

Des miradors de chasseurs ont été sabotés, comme en témoignent ces photos, sans indication de lieu ni précision quant à la date.

Chantal Goya : un lapin

Cette chanson est un admirable classique, à la mélodie simple et accrocheuse, avec des paroles assumant de manière innocente et juste le fait d’oser affronter les chasseurs…

On y revient immanquablement! Pour l’anecdote, la chanson a été écrite après l’irruption de chasseurs près de l’habitation de Chantal Goya. Ceux-ci cherchaient des enfants ayant crevé les pneus de leurs voitures.

Chantal Goya constata par la suite que ses enfants avaient participé à cela.


Dans la forêt de l’automne

Ce matin est arrivée
Une chose que personne
N’aurai pu imaginer
Au bois de Morte-Fontaine
Où vont à morte saison
Tous les chasseurs de la plaine
C’est une révolution
Car :

Ce matin un lapin a tué un chasseur
C’était un lapin qui…
C’était un lapin qui…
Ce matin un lapin a tué un chasseur
C’était un lapin qui avait un fusil

Ils crièrent à l’injustice
Ils crièrent à l’assassin
Comme si c’était justice
Quand ils tuaient les lapins
Et puis devant la mitraille
Venant de tous les fourrés
Abandonnant la bataille
Les chasseurs se sont sauvés
Car :
Ce matin un lapin a tué un chasseur
C’était un lapin qui…
C’était un lapin qui…
Ce matin un lapin a tué un chasseur
C’était un lapin qui avait un fusil

Bien sûr ce n’est qu’une histoire
Inventée pour la chanson
Mais chantons-leur cette histoire
Quand les chasseurs reviendront
Et s’ils se mettent en colère
Appuyés sur leurs fusils
Tout ce que nous pouvons faire
C’est de s’en moquer ainsi :

Ce matin un lapin a tué un chasseur
C’était un lapin qui…
C’était un lapin qui…
Ce matin un lapin a tué un chasseur
C’était un lapin qui avait un fusil

Ce matin un lapin a tué un chasseur
C’était un lapin qui avait un fusil

Interdiction de la conférence “Abolissons la vénérie aujourd’hui”

Voici un communiqué de l’association “Abolissons la vénérie aujourd’hui – Ensemble, protégeons la forêt et ses animaux”, de l’Oise,  qui a vu sa conférence publique sur  la chasse à courre annulée par l es autorités.

On y apprend qui plus est,  que 200 chasseurs servent désormais de suppléant aux forces de l’ordre !

Comme quoi  nous vivons vraiment dans un pays où l’hégémonie  ultra-conservatrice prédomine bien…

On notera que le  site  de l’association propose également des  anecdotes édifiantes sur la chasse à courre et ses moeurs  aristocratiques dignes  d’avant la révolution française… Les riches, les  puissants,  se croient tout permis… et d’ailleurs, tout  leur est permis !

Ce dimanche devait se tenir une conférence publique sur le thème « Pourquoi abolir la chasse à courre » dans une salle municipale de Longueil-Annel (Oise).

Elle était co-organisée par le collectif AVA (ava-picardie.org) et le site Picardie Populaire (picardiepopulaire.net).

Malheureusement, suite à une visite des gendarmes dans le bureau du maire de la ville, elle n’aura pas lieu, le maire ayant décidé de l’annuler sous la pression, prétextant une menace de trouble à l’ordre public, possiblement par des chasseurs mécontents.

Ce nouvel épisode traduit bien l’influence profondément anti-démocratique de la chasse sur les institutions.

Cela s’ajoute surtout au climat de plus en plus pesant dans la région.

Le même mois, le Préfet de l’Oise et la Fédération des Chasseurs ont annoncé la signature d’un partenariat inédit en France, donnant à une véritable milice de 200 chasseurs le rôle d’assistants de police, leur abandonnant la surveillance des forêts et des « zones rurales profondes ».

Alors que les écologistes et les opposants à la chasse sont marginalisés, voire dans ce cas littéralement criminalisés, il est d’autant plus important pour un collectif démocratique d’exprimer le mécontentement grandissant des habitants: la chasse à courre donne lieu à de nombreux incidents systématiquement étouffés, pour couvrir les chasseurs.

AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui) est une initiative justement née de ce ras-le-bol de personnes habitants en lisière de forêt, impuissantes face à une pratique qui les révolte. Rappelons que (selon un sondage IPSOS/One Voice de 2010), 75% des français seraient pour l’interdiction de la chasse à courre.

Contrairement aux mouvements passés qui reposaient sur des sabotages par de petits groupes de personnes, AVA a choisi la voie pacifique de la mobilisation populaire, et cette réunion publique était le premier pas dans ce sens.

Il faut croire que c’est déjà trop pour certains.

Plus cette affaire connaîtra de retentissement, moins cela aura de chance de se reproduire à l’avenir.

Merci de partager ce communiqué et de faire passer l’information !

Emmanuel Macron veut développer le “tourisme cynégétique”

Emmanuel Macron n’est pas que très content de “manger l’agneau des Pyrénées“, il a également été très heureux d’aller saluer la Fédération Nationale des Chasseurs, qui lors de son assemblée a invité les candidats à la présidentielle pour qu’ils présentent leur point de vue sur la chasse.

“On aime les animaux, on aime tellement les animaux, qu’on les chasse. Cela va ensemble” a-t-il pu entendre, en l’acceptant.

D’ailleurs, Emmanuel Macron est d’accord : “la chasse, c’est un mode de vie”, qui relève de “l’identité française”.

“Valeurs et traditions” vont rester, même s’il doit y avoir “l’entrée dans la modernité”, a-t-il expliqué.

“Je n’ai pas d’heure! Je n’ai pas de montre” a-t-il répondu quand on lui a demandé s’il pouvait rester un peu après son discours.

“Vous vous faites balader depuis quinze ans” au sujet de la directive oiseaux, a-t-il affirmé, soutenant les chasseurs demandant à tuer plus d’oiseaux.

Lui, par contre, promet de remettre 200 millions d’euros par an aux éleveurs et aux chasseurs en raison de leur rôle positif pour l’environnement.

Et il compte sur les chasseurs pour qu’ils participent systématiquement aux institutions ayant un rapport avec l’environnement.

Quant au “bien-être animal”, ce n’est pas une priorité, et “il faut laisser les gens respirer”.

Autre point important : Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de la réouverture des chasses présidentielles. C’est là un symbole d’une grande importance !

On connaît bien ce principe rassemblant l’élite de l’économie et de l’Etat, qui a donné à Valéry Giscard d’Estaing des souvenirs merveilleux.

Ces chasses étaient un secret bien gardé, permettant de former un esprit de corps au plus haut niveau, dans une ambiance grand-bourgeoise de luxe.

Nicolas Sarkozy avait stoppé celle-ci en 2010 et leur retour avait déjà été annoncé par le passé, même si en fait elles ont continué de manière non officielle.

Emmanuel Macron veut donc leur retour. Mais cela va bien plus loin que cela, en fait : il veut développer le tourisme de la chasse.

Certains médias ont noté qu’il voulait la réouverture des “chasses présidentielles”, mais cette affirmation s’insère en réalité dans un plan plus vaste…

Nous retranscrivons ici ses propos :

“Enfin, je souhaite associer encore davantage la chasse à l’économie de nos territoires. Parce que là, comme on préserve la ruralité…

Mais quand on veut associer encore davantage la chasse à l’économie, il faut en reconnaître et en développer tous les atouts.

Le tourisme cynégétique est un formidable atout. Il est encore trop peu exploité aujourd’hui.

Et au-delà de la pratique de ce qui est portée, on doit le valoriser. Et c’est un élément de valorisation, que j’assume totalement.

J’ai eu l’occasion de le dire aussi d’ailleurs quand on a parlé des chasses présidentielles.

J’avais l’impression de commettre une espèce de forfaiture terrible en disant que j’étais favorable à leur réouverture, encadrée, transparente.

Les gens me disaient : “c’est absolument affreux”.

Il ne faut pas être honteux. Si on décide de porter cette valeur, il faut la reconnaître comme un élément d’attractivité.

C’est quelque chose qui fascine à l’étranger, c’est quelque chose qui fascine partout, ça représente la culture française, c’est un point d’ancrage.

Donc partout sur nos territoires, je suis favorable à ce qu’on développe cette forme de tourisme.

La France, c’est la première destination touristique mondiale. Les chasseurs du monde entier ignorent encore trop souvent qu’il est possible dans notre pays d’y chasser, qu’il y a des chasses formidables, et que c’est un élément de notre attractivité touristique.”

C’est là un parti pris tout à fait clair et juste après Emmanuel Macron parle de développer la “viande de gibier”.

Emmanuel Macron continue donc son éloge du terroir et des traditions, tout en prônant le libéralisme libertaire général sur le plan des moeurs et de l’économie.
C’est logique : le libéralisme va de pair avec la loi du plus fort. Le conservatisme sera ainsi encore plus débridé, encore moins critiquable, car chacun fait ce qu’il veut, surtout le splus riches !

“Mon expérience personnelle concernant la chasse”

Voici un témoignage d’une personne qui a été chasseur et qui est devenu végan. Il circule sur le net et donne un aperçu intéressant sur la culture propre aux chasseurs…

“Je voulais faire part de mon expérience personnelle concernant la chasse, car je vois de plus en plus de chasseurs qui se prennent pour des amoureux voir même des protecteurs de la nature et en tant qu’ancien chasseur repenti devenu vegan, ça me hérisse le poil!

En effet étant fils de chasseur, j’ai passé mon enfance à voir des animaux se faire massacrés par la beauferie humaine, le sentiment de toute puissance que provoque chez certains hommes la tenue d’une arme à feu…

A l’époque on m’avait tellement rabattu les oreilles des bienfaits du “prélèvement” et de la “régulation” que ça me paraissait normal, naturel, puis en grandissant, les cris d’un chevreuil agonisant ressemblants aux pleurs d’un bébé, le spectacle macabre d’une laie se traînant en poussant sur ses pattes arrières, les deux antérieures étant fauchées par une balle, tentant de fuir pour sa vie, tout ça sous les rires sinistres de leurs bourreaux, m’ont fendu le coeur!

Croiser le regard apeuré et en train de s’éteindre de ces animaux voulant simplement vivre à déclenché un début de prise de conscience…

Puis les discours des chasseurs et leurs comportements aux antagonistes quand ils chassent entre eux et quand ils veulent faire bien devant le monde me consternaient de plus en plus, hé oui le discours change quand lors d’une saoulerie on raconte ses anecdotes de braconnage, l’histoire de cette balle transperçant une laie allaitante, cette buse (protégé) qui a prit un coup de 4,5 dans sa gueule…

Et au cours de cette enfance, j’ai rencontré des dizaines de chasseurs, pas un n’avait l’éthique dont il parlait pourtant si bien.

Il ne faut pas chercher bien loin pour savoir ce qu’est la chasse, c’est prendre un fusil pour flinguer des animaux sans la moindre possibilité de défense, le reste c’est de la littérature !

Et encore je ne parle la que de la moins pire des chasses, la chasse devant soi, je n’ose même pas évoqué les battues ou la chasse à court…

Pour faire plaisir à mon père, j’ai ensuite passé le permis à 16 ans (oui à seize ans on peut posséder une arme à feu létale oklm) et lorsque j’ai tirer la première fois sur un être vivant, un lapin, je me suis senti tellement minable, qu’etais je censé ressentir ?

De la satisfaction ? Me sentir viril pour avoir assassiné à bonne distance un animal d’à peine 5kg?

En tout cas je n’aie rien ressenti de tout ça et là chasse à été finie pour moi, je me demande encore aujourd’hui comment j’ai pu supporter cette immersion des années durant.

Donc NON la chasse n’est pas un loisir, c’est du meurtre autorisé et de surcroît pour le plaisir !!!

C’est des animaux blessés allant parfois agoniser des jours durant, des petits animaux qui mourront de faim en attendant leurs maman qui ne reviendra jamais, du plomb dans les oreilles des chiens etc etc…

Bref les discours moraux des chasseurs sont sans fondements ni valeur, c’est une façade car comme pour les abattoirs, les “braves gens” ne doivent pas savoir, sinon ils prendraient positions !

La Fédération Nationale des Chasseurs et la “trumpisation” de la France

Avec les élections présidentielles, le lobby de la chasse est très actif, bien évidemment.

C’est pourquoi Willy Schraen, président de la Fédération Nationale des Chasseurs, s’évertue à multiplier ses activités, comme aller rencontrer François Hollande et les candidats de la primaire de droite.

En ce qui concerne François Hollande, voici comment la Nouvelle République présente la réunion matinale annoncée dans l’agenda de la présidence de la république :

« Président de la fédération des chasseurs de Loir-et-Cher, mais aussi vice-président depuis septembre dernier de la Fédération nationale, Hubert-Louis Vuitton faisait partie jeudi dernier de la délégation qui a été reçue pendant 45 minutes à l’Élysée par François Hollande.

Les autres membres de cette délégation étaient Willy Schraen, le patron de la FNC et Pascal Sécula, président des chasseurs de la Côte-d’Or. »

C’est ce qui s’appelle mettre le point sur les i : en effet, la présence de présidents d’associations de chasseurs à l’échelle départementale vient appuyer la thèse centrale de Willy Schraen. Celle-ci consiste à dire que le « lobbying » des chasseurs ne doit plus se faire de l’extérieur, mais directement de l’intérieur, en plaçant ses hommes dans les appareils.

C’est plus efficace et moins risqué que de faire des pressions depuis l’extérieur. Le soutien électoral se monnaie non plus à coups de promesses, mais également d’intégration de chasseurs à différents niveaux.

C’est pourquoi par exemple Guy Harlé d’Ophove, le président de la Fédération des chasseurs de l’Oise dont nous avions déjà parlé pour sa figure caricaturale du chasseur réactionnaire (Guy Harlé d’Ophove, maître d’oeuvre d’une néo-féodalité), a été nommé à la tête de la commission environnement de l’assemblée des Hauts-de-France…

Le bastion qui existe en arrière-plan de cette offensive tout azimut des chasseurs est l’idéologie portée par l’assemblée et le sénat.

Il y a ainsi le groupe parlementaire Chasse et territoires, avec 115 membres, ainsi que le groupe sénatorial Chasse et pêche, avec 86 membres.

Les présidents du parlement (le socialiste Claude Bartolone) et du sénat (le républicain Gérard Larcher) sont tous les deux d’ailleurs des chasseurs.

Les institutions, avec leurs hommes conservateurs, carriéristes, forment un terrain tout à fait adéquat à la propagande des chasseurs, nos « Donald Trump » à nous en France.

Le profil diffusé officiellement à l’occasion de l’élection de Willy Schraen à la tête de la Fédération Nationale des Chasseurs est d’ailleurs tout à fait significatif.

On y trouve la chasse, la pêche, le business (dans les fleurs, dans l’immobilier)…

« D’abord passionné de petit gibier et de gibier d’eau pendant sa jeunesse, il a découvert après 30 ans la chasse au grand gibier qui est devenue  un autre de ses centres d’intérêts  cynégétiques.

Il est aussi passionné de pêche et fait partie d’un club de pêche en mer.

Amateur de chiens de chasse, il a toujours eu plusieurs fidèles compagnons pour pratiquer la chasse devant soi.

Sur le plan professionnel, il  crée sa première entreprise de négoce de fleurs à l’échelle européenne à  22 ans, ce qui le conduit à parler plusieurs langues.

Autodidacte, il s’est associé avec son frère pour concevoir et développer une chaine de magasins  de fleurs qui sont installés dans le Nord-Pas-de-Calais. En complément de cette activité, il est aujourd’hui très impliqué dans l’immobilier commercial dans toute la région des Hauts de France. »

C’est tout à fait le profil d’un « réac » comme la France sait en produire.

Est-ce que cela veut dire qu’il faut un contre-lobby face à la chasse ?

Pas du tout, la question animale n’a pas besoin d’un « lobby », mais d’un changement général de mentalités et de l’effondrement de l’exploitation animale.

La chasse est ignoble, mais elle n’est qu’un phénomène à la marge de l’exploitation animale en tant qu’industrie, ce que savent d’ailleurs les chasseurs.

Ils ont peur qu’une majorité s’exprime contre la chasse, car de fait une telle majorité est largement possible, beaucoup en ayant assez de leur agressivité réactionnaire particulièrement franche…

C’est pourquoi ils s’allient aux forces les plus conservatrices. Leur mouvement vers les institutions participe à la « trumpisation » de la France…

Appel à mobilisation contre la chasse aux tenderies des vanneaux et des pPluviers dorés dans les Ardennes

Nous relayons ici un appel de la LPO pour une protestation, dont la date limite est demain.

Appel à mobilisation : répondez vite à la consultation publique sur la chasse aux tenderies des vanneaux et des Pluviers dorés dans les Ardennes

Avant le 28 septembre, réagissez sur ce projet d’arrêté visant à chasser aux tenderies, 2 000 vanneaux et 50 Pluviers dorés jusqu’au 28 février 2017.

La tenderie consiste à attirer des oiseaux sur une petite bande gazonnée entourée d’une étendue d’eau et sur laquelle sont placés des appelants, reliés par une ficelle au chasseur à l’affût qui déclenche le cri des appelants en tirant sur la ficelle.

Le préfet des Ardennes consulte actuellement sur l’arrêté annuel qui permettra à une quinzaine de tendeurs ardennais, sous couvert de dérogation, de prélever 2 000 vanneaux et 50 Pluviers dorés du 15 octobre 2016 au 28 février 2017.

La LPO est contre cette dérogation notamment parce que le Vanneau huppé est une espèce en régression partout en Europe mais aussi parce qu’elle autorise 15 chasseurs à prélever 133,33 vanneaux chacun et que cette chasse se prolonge d’un mois en février alors que toute chasse aux limicoles est fermée ailleurs en France.

Aussi nous vous invitons à envoyer un email à la Direction Départementale des Territoires des Ardennes pour exprimer votre désaccord sur ce projet : ddt-chasse@ardennes.gouv.fr

Même si vous n’êtes pas localisé en Champagne-Ardenne et parce que le Vanneau décline, vous êtes concerné par la sauvegarde du Vanneau huppé…

Pour vous aider, vous pouvez utiliser tout ou partie du courriel suivant, mais surtout merci de personnaliser votre argumentaire et de ne pas faire de copier-coller.

« M le préfet,

J’ai pris connaissance du projet d’arrêté en consultation et fixant les dates d’ouverture et de fermeture de la tenderie aux vanneaux et aux Pluviers dorés pour la campagne 2016-2017 et nous souhaitons réagir.

Plusieurs points me semblent critiquables :

L’arrêt de la chasse aux limicoles est fixée, par arrêté ministériel du 19/01/2009, au 31 janvier partout en France. Il n’y a pas de raison scientifique justifiable pouvant expliquer que le Vanneau huppé et le Pluvier doré, deux limicoles, soient chassés un mois de plus dans le seul département des Ardennes ;

Les premiers couples nicheurs de Vanneau huppé de Champagne-Ardenne sont cantonnés et observés en parade dès la seconde quinzaine de février ;

Le vanneau huppé est inscrit sur la liste rouge des oiseaux d’Europe 2015 comme ayant le statut VULNERABLE car il connait un déclin important de ses populations européennes depuis au moins 1988.

Parmi les mesures préconisées au niveau européen pour sa conservation, on trouve la réduction de la pression de chasse et des campagnes de sensibilisation à l’égard des chasseurs sur le déclin de l’espèce…

Plus localement, cette espèce est aussi inscrite sur la liste rouge régionale (espèce en danger) ;

Pour une chasse dérogatoire « traditionnelle » bénéficiant à une quinzaine de tendeurs, le nombre d’oiseaux pouvant être prélevé (2 000 individus) est excessif /exagéré avec une moyenne de 133 oiseaux par tendeur pour une simple consommation familiale et traditionnelle !

Etant donné l’ensemble de ces points, je demande :

le retrait de ce projet d’arrêté dérogatoire

Ou à minima :

Que la fermeture de la tenderie aux Vanneaux huppés et aux Pluviers dorés soit calquée sur la fermeture de la chasse aux limicoles en France soit le 31 janvier ;

Que le quota de Vanneaux huppés à prélever par tenderies, eu égard au déclin de l’espèce, soit réduit d’au moins 50%.

Cordialement,
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Lien avec une vidéo du CABS sur YouTube sur la tenderie aux vanneaux

Guy Harlé d’Ophove, maître d’oeuvre d’une néo-féodalité

Guy Harlé d’Ophove est une personnalité importante dans le monde des gens qui sont en première ligne pour s’opposer à la libération animale.

Ses propos sont véritablement exemplaires dans leur agressivité, leur aspect dénonciateur.

Nous avions parlé par exemple il y a quelques jours de la faillite du centre de soins Picardie Nature, torpillé par les institutions localement.

Eh bien voici comment, en tant que conseiller régional, Guy Harlé d’Ophove s’était exprimé en avril au sujet des problèmes financiers de Picardie Nature. Il a été élu en étant le numéro trois de la liste de l’UMP Xavier Bertrand :

« Comme l’a dit et écrit Xavier Bertrand dans son projet de candidat à la présidence de la Région, nous allons défendre une écologie de bon sens.

On ne donnera plus de subventions aux projets qui ne mettent pas l’homme au cœur de leur action, ni aux projets qui bloquent les activités économiques, ni à ceux qui mettent la nature sous cloche (…).

Pour sauver un phoque, cela coûte 10 000 euros [en réalité, 2000].

Ne croyez-vous pas qu’il faudrait laisser faire la nature ? Quand l’homme se mêle de protéger une espèce en particulier, il la dérègle.

Parlez-en aux pêcheurs, qui se plaignent du fait que les phoques mangent les poissons. La mort fait partie de la vie. »

“La mort fait partie de la vie”, c’est exact, mais quand c’est dit par un ancien élu du Front national au Conseil régional de Picardie qui est en même temps président de la Fédération des chasseurs de l’Oise… il y a de quoi s’inquiéter.

Notons d’ailleurs la description du personnage par le Nouvel Observateur :

“Un cor de chasse retentit dans sa poche. Pantalon de velours côtelé, veste en daim et lunettes Prada, Guy Harlé d’Ophove a une sonnerie de portable qui sied à sa fonction.”

Et voici ce qu’il a tenu comme propos, quelques mois après être élu :

« J’ai pu constater durant les trois premiers mois de mon mandat le manque d’enthousiasme de voir arriver un chasseur aux commandes de l’environnement, a-t-il souligné au micro ce samedi.

Ma première action a été de demander sur quel critère les 12 M€ étaient versés aux organisations écologiques.

Je puis vous assurer que tout cela va changer, et que plus jamais nous ne subventionnerons des associations qui veulent la disparition de la chasse et des chasseurs ».

Cela met l’ambiance et il faut bien voir l’impact de la Fédération des chasseurs de l’Oise, véritable force militante, véritable groupe de pression para-institutionnelle.

Cette “association agréée au titre de la protection de l’environnement de puis 1976” (sic) regroupe 18 000 chasseurs en 2013, qui a même reçu en 2008 l’agrément de l’Education Nationale pour “former enseignants et scolaires à la nature” !

Guy Harlé d’Ophove possède également une boîte de communication, “Marketing Publicité 2000”, ce qui aide beaucoup pour soigner l’image des chasseurs…

Et si on voit que la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais fusionnent, on voit que cela donne désormais une fédération régionale de 120 000 chasseurs, avec 264 millions de chiffre d’affaires!

Et le nouveau président de la Fédération nationale des chasseurs, élu fin août, est le président de la Fédération du Pas-de-Calais…

On ne s’étonnera pas avec tout ça qu’ait lieu à Compiègne une “fête de la nature et de la chasse“, au Palais Impérial de Compiègne !

Avec même… une promotion de la chasse à courre ! Et malheur aux opposants, qui subissent alors la vindicte populiste et féodale.

Il y a en effet un “pique-nique végétarien” qui s’organise en opposition à cette “fête” ; elle a déjà eu lieu il y a deux ans et elle recommence cette année, (demain par ailleurs). Voici ce qu’en pense Guy Harlé d’Ophove dans le Courrier Picard :

« À chaque fois, ces détracteurs instrumentalisent notre fête de la chasse et de la nature.

On n’entend pas parler d’eux pendant deux ans et ils viennent ce jour-là, à 15, de Paris, de droite et de gauche, pour brouter leur salade.

De notre côté, ce sont des efforts énormes d’organisation, 200 stands proposés, 30 000 visiteurs accueillis… Ce sont des coucous !

Et ils bénéficient d’une même couverture médiatique. Je suis un peu dépité.

D’autant que les mots d’ordre de certains – qui invitent aux sabotages, sur le site picardiepopulaire.net – confinent à l’appel à la violence.

Le local de la fédération a déjà été saccagé, j’ai reçu des menaces de mort. »

Des gens – forcément pour lui extérieur à son fief – viennent “brouter de la salade” et le déranger : quelle infamie, c’est du terrorisme !

Il est vrai cependant que l’ALF a saccagé le siège des chasseurs de l’Oise, en février 2015. Mais on peut voir aisément qui est puissant et agressif, qui tente d’exercer une pression anti-démocratique en passant en force à tous les niveaux pour empêcher tout débat…

Il ne faut pas sous-estimer son coup de pression et d’intimidation face aux opposants, car l’ambiance est tellement électrique que l’organisateur du pique-nique végétarien,  Bruno Guillemin d’EELV, capitule lui-même ouvertement. Voici ses propos, toujours dans le Courrier Picard :

“Notre manifestation n’est pas contre la chasse, mais se veut d’abord la promotion d’une alimentation responsable. Nous militons pour une meilleure réglementation des élevages, des conditions d’abattage…”

Voilà qui est absurde : face à l’appropriation de la Nature par la chasse, il faut être au contraire très clair : la chasse doit être interdite, en premier lieu la chasse à courre qui relève d’une barbarie sans nom.

C’est une question de vision du monde, de manière de voir la Nature. Il suffit de voir comment Guy Harlé d’Ophove, par exemple un de ses éditoriaux à destination des chasseurs de l’Oise :

“Dans la Nature ce qui est vrai aujourd’hui, ne le sera pas demain mais le redeviendra peut-être dans 10 ans, ainsi va la vraie vie.

D’où la nécessité de laisser faire ceux qui savent faire et de rendre à l’homme rural, qui possède cette qualité, hélas trop peu partagée, le bon sens, la maîtrise de cet ordre naturel.

La normalité n’existe pas dans la nature, ni chez l’homme, tout est unique et interactif, la responsabilité individuelle est la clef de la défense de la biodiversité.”

C’est indubitablement d’un très haut niveau intellectuel, c’est une vraie philosophie, solide, développée, construite. Ce n’en est que pire.

Quand des gens parlent de “l’homme rural” qui aurait “la maîtrise” de “l’ordre naturel”, il faut être clair : c’est du pétainisme, c’est l’idéologie de la France de la première partie des années 1940, cela doit être combattu et écrasé.

Face aux gens comme Guy Harlé d’Ophove, dont on voit ici qu’il est le maître d’oeuvre d’une néo-féodalité, il faut une révolution afin de les balayer.

Ces gens ont des armes, s’appuient sur une tradition patriarcale d’une grande brutalité, diffusent une obséquiosité ignoble en faveur des élites locales, le tout dans une opacité anti-démocratique par ailleurs agressive juridiquement et médiatiquement…

Par exemple, en 2007, le maire d’Avilly-Saint-Léonard (non loin de Chantilly) avait racheté le marais d’Avilly, une zone naturelle de 8 hectares.

Les grands cervidés étaient protégés là-bas… jusqu’à ce que des agriculteurs “victimes” de “ravages” portent plainte contre les chasseurs (qui sont censés “réguler” la Nature!!!) et que ceux-ci portent portent plainte contre la commune et gagnent le procès, en 2011.”

“Avoir des animaux sur son territoire, ce n’est tout de même pas un crime!” s’est plaint alors le maire.

Quant à Guy Harlé d’Ophove, ses propos ont été, comme on le devine, sans équivoques :

« C’est un jugement de portée nationale, se réjouit Guy Harlé d’Ophove. Il fera jurisprudence. Nous attendions cette décision pour lancer d’autres actions en justice dans des cas identique. (…)

C’est aussi une victoire emblématique du monde rural face à la boboisation de la société. (…)

J’espère que les conclusions de ce procès feront prendre conscience à ceux qui veulent créer des Bambiland que les conséquences financières peuvent être désastreuses pour leur budget. »

On reconnaît ici l’esprit de l’intimidation. Le but de ces gens, ultra-réactionnaires, est de torpiller au moyen des institutions, en profitant des valeurs les plus rétrogrades.

D’exercer une telle pression, que personne ne puisse s’opposer…

Les chasses présidentielles à Chambord

Dans Le Figaro d’hier, deux pages étaient accordées aux chasses menées à Chambord, “paradis perdu des animaux politiques”. Allusion au fait qu’auparavant, bien davantage de responsables politiques et économiques – de la haute bourgeoisie – venaient chasser là-bas.

Voici comment le Figaro présente la chose.

Voici un petit exemple de la “mystique” de ces chasses, qui se font au tir.

Voici comment Valéry Giscard d’Estaing, qui a été président de la république, exprime sa “nostalgie”…

Voici une présentation de la situation actuelle…

Michel Delpech : “Le chasseur”

Le chanteur Michel Delpech, qui vient de décéder, a écrit une chanson très intéressante sur la chasse, dans les années 1970 : “Le chasseur”.

Au-delà de la critique de la chasse, il y a un point de vue extrêmement utile, car les paroles tentent de reconstruire la psychologie du chasseur. Impossible de ne pas comprendre, en effet, que la chasse populaire consiste également en une tentative de se lier à la Nature.

L’approche est totalement erronée, mais on ne peut pas réussir à convaincre les gens d’arrêter la chasse si justement on ne propose pas quelque chose de positif dans le rapport à la Nature…

Il était cinq heures du matin
On avançait dans les marais
Couverts de brume
J’avais mon fusil dans les mains
Un passereau prenait au loin
De l’altitude
Les chiens pressés marchaient devant
Dans les roseaux

(Refrain)
Par dessus l’étang
Soudain j’ai vu
Passer les oies sauvages
Elles s’en allaient
Vers le midi
La Méditerranée

Un vol de perdreaux
Par dessus les champs
Montait dans les nuages
La foret chantait
Le soleil brillait
Au bout des marécages

Avec mon fusil dans les mains
Au fond de moi je me sentais
Un peu coupable
Alors je suis parti tout seul
J’ai emmené mon épagneul
En promenade
Je regardais
Le bleu du ciel
Et j’étais bien

(refrain)
Par dessus l’étang
Soudain j’ai vu
Passer les oies sauvages
Elles s’en allaient
Vers le midi
La Méditerranée

Un vol de perdreaux
Par dessus les champs
Montait dans les nuages
La foret chantait
Le soleil brillait
Au bout des marécages

Et tous ces oiseaux
Qui étaient si bien
Là-haut dans les nuages
J’aurais bien aimer les accompagner
Au bout de leur voyage
Oui tous ces oiseaux
Qui étaient si bien
Là-haut dans les nuages
J’aurais bien aimer les accompagner
Au bout de leur voyage

Allain Bougrain Dubourg agressé dans les Landes

Voici le communiqué de presse de la LPO suite à son “Opération pinsons 2015” visant la chasse (illégale) des pinsons en France, plus précisément dans les Landes.

Ce qui s’y passe est simple à comprendre : les Landes sont un lieu de passage pour de nombreuses migrations, les oiseaux s’y arrêtant pour s’y nourrir lors de leurs voyages.

Or, l’Etat donne des “dérogations” pour la capture d’alouettes, et en pratique de très nombreux autres oiseaux, y compris protégés, sont chassés. Tout cela est su, mais accepté, de par la base culturelle locale, avec ses notables, ses valeurs réactionnaires, etc.

Les gens de la LPO ont sous-estimé cela : leurs illusions sur un “Etat de droit” les ont amené à faire face à la violence.

Des dizaines de milliers de pinsons tués illégalement : Les Landes territoire de non droit ?

Ce matin 9 novembre 2015, dès l’aube, Allain Bougrain Dubourg accompagné de militants de la LPO a une nouvelle fois dû intervenir sur le terrain dans les Landes pour dénoncer le braconnage des pinsons. Après les ortolans -également protégés par la Loi- un peu plus tôt dans la saison, c’est au tour des pinsons d’être massivement victimes de braconnage.

Chaque année, ils sont entre 150 000 et 300 000 Pinsons des arbres et 30 000 à 50 000 Pinsons du Nord à être capturés et tués à des fins « culinaires » (en brochette) au mépris de la loi. La France fait partie du petit groupe des mauvais élèves de l’Europe aux côtés de la Grèce, la Croatie et l’Albanie. Des braconniers s’en sont violemment pris au Président de la LPO et son équipe.

En septembre dernier, la LPO et ses collègues européens de CABS avaient réussi à identifier 45 sites de braconnage du bruant ortolan, fait saisir près de 700 matoles (piège cage) et libéré 117 oiseaux. Deux mois plus tard, faute d’intervention par l’État, la LPO est contrainte de retourner sur le terrain pour dénoncer le braconnage des pinsons dans les mêmes conditions et avec les mêmes méthodes.

Cette fois, plus de 20 sites ont été préalablement repérés, et des pièges trouvés avec différents passereaux. Des pinsons ont pu être relâchés. Ce ne fut malheureusement pas le cas pour ces Chardonnerets élégants, écrasés sauvagement faute d’être comestibles.

Chaque saison, des milliers de pinsons sont braconnés lors de leur passage migratoire sur la façade atlantique française, au moment où leurs effectifs sont les plus importants. Les deux espèces –Pinson des arbres et Pinson du Nord- sont pourtant protégées par l’article 3 de l’arrêté du 29 octobre 2009 du Code de l’Environnement. Leur capture constitue un délit passible d’une peine de prison d’un an et de 15 000 € d’amende. Il est donc strictement interdit de les capturer, les détenir, les transporter, ou les commercialiser.

Les méthodes de captures utilisées sont identiques à celles des ortolans : matoles, cages-pièges… des procédés non sélectifs qui impactent d’autres espèces protégées : rouge-gorge, chardonnerets, verdiers…

Crédit photo : LPOArrivés sur l’un des sites de piégeage, les militants de la LPO et les journalistes se sont violemment fait prendre à partie par deux individus. Les pneus des véhicules ont été crevés mais ce ne fut pas le pire : 4 militants de la LPO dont le Président, le Vice-Président et le Secrétaire Général ont été violemment agressés.

Après constatation des contusions à l’hôpital de Dax, une plainte a été déposée à la Gendarmerie.

Sous prétexte d’on ne sait quelle « tolérance » dès qu’il s’agit de petite délinquance de l’environnement, l’État, de droite comme de gauche, est défaillant depuis trop longtemps, et son autorité bafouée dans les Landes, grâce à l’aide de quelques parlementaires complaisants.

Cette situation est d’autant plus inacceptable que se discute actuellement à l’Assemblée nationale et au Sénat la loi sur la biodiversité.

Alors que le Président de la République affirmait en 2012 vouloir faire de la France un pays exemplaire en matière de biodiversité Allain Bougrain Dubourg estime qu’il est temps que ces engagements se concrétisent enfin et lance une pétition de grande ampleur intitulée « Mettons fin au massacre illégal des oiseaux familiers ».

Tous concernés !

Chaque citoyen peut appeler par cette pétition nos gouvernants à mettre fin à ces pratiques barbares et faire appliquer le « simple » respect de la loi. Signez et faite signer la pétition :https://secure.avaaz.org/fr/petition/Mettons_fin_au_massacre_illegal_des_oiseaux_familiers/?nJYhBdb

François Hollande fait copain-copain avec le “Chasseur français”

Nous vivons dans un pays de plus en plus réactionnaire, traditionaliste, conservateur : c’est un simple constat facile à faire.

Et c’est certainement un exemple historique significatif. En effet, François Hollande a accordé une interview en grande pompe au “Chasseur français”, ce mensuel ultra-conservateur tirant à plus de 500 000 exemplaires.

Voici la couverture de la revue, où l’on voit que l’interview est mise en avant de manière significative.

C’est également vrai sur le net…

La présentation est très parlante aussi:

Rôle et représentation des chasseurs dans la gestion de la biodiversité, régulation évolutive des loups, engagement en faveur des zones rurales défavorisées, défense de l’intégrité des communes, mouvements zadistes, nouveau rôle du domaine national de Chambord, élections régionales et… implication du Chasseur Français dans le paysage national sont quelques thèmes de cet entretien exceptionnel.

Sans omettre quelques confessions sur l’enfance du Président de la République qui pourront peut-être surprendre. L’intervention présidentielle s’inscrit dans le cadre de la célébration de l’anniversaire du magazine dont l’histoire a accompagné les grands bouleversements de notre pays.

Car on a ici du donnant-donnant. Le chasseur français salue le traditionalisme et le loyalisme, François Hollande célèbre le terroir. C’est un échange de bons procédés, expliqué comme suit par la revue dans son éditorial dans une optique très apolitique-conservatisme ultra :

Et voici comment François Hollande, de son côté, salue la revue…

Incroyable que de lire cela. C’est une politique fondée sur un populisme terrible, qui est vraiment d’un esprit pétainiste. Il est incroyable de  lire le président de la république célébrer la chasse et le terroir, alors que ses réponses se retrouvent entre des publicités pleine page pour des fusils…

On a même des “confidences” sur l’enfance, dans un style véritablement démagogique, absolument régressif sur le plan de la maturité politique. Quand on lit cela, on voit mal comment l’infantilisme propagé par François Hollande n’ouvre pas la voie à Marine Le Pen…

Le président de la république saluant les 130 ans du chasseur français en saluant l’exploitation et le meurtre des veux élevés sous la mère… Voilà qui montre bien que tout cela doit être balayé et jeté dans les oubliettes de l’histoire!

Nous vivons une époque affreuse, mais le triomphe du conservatisme ne pourra pas durer éternellement : c’est trop en décalage avec les possibilités de notre époque, avec l’exigence d’une vie en harmonie avec les animaux, avec l’humanité reconnaissant qu’elle est un élément de l’ensemble de la vie sur notre planète!

Un jour sans chasse a-t-il réellement un sens?

Il y a une nouvelle pétition “Pour l’arrêt de la chasse le dimanche”, alors qu’il y a eu encore un mort tout récemment, avec un promeneur tué. Comme le constate Le Figaro:

En Isère, un jeune homme de 20 ans a été samedi matin tué alors qu’il se promenait sur un sentier de la commune de Revel. Le lendemain, c’est un cycliste qui a été blessé au visage par un chasseur à Luc-sur-Orbieu, dans l’Aude.

Le week-end précédent, une femme d’une quarantaine d’années et sa fille de 12 ans avaient, elles aussi, été blessées par un tir dans une forêt du Rhône. Les victimes sont pour la plupart souvent des chasseurs eux-mêmes. Mercredi, un participant à une battue au sanglier a tiré sur l’un de ses camarades dans le Var.

Nous n’aimons toutefois pas les pétitions, et là l’exemple est flagrant. Si déjà 75 000 personnes l’ont signé, il y en avait déjà eu une en 2012, avec 300 000 signatures, sans que cela n’y change rien.

Ce n’est pas tout : en 2000, une loi avait institué que le mercredi serait un jour sans chasse, et en 2004 cela avait été abrogé. On n’a pas simplement affaire à quelque chose de réactionnaire, de dépassé. On a affaire à quelque chose de réactionnaire, de dépassé et qui est revenu.

Cela montre qu’il y a un problème de fond, et il est facile à comprendre : en cas de crise sociale, dans quel camp seront les chasseurs et leurs fusils? Ce n’est pas très difficile à deviner, de par leur dimension “terroir”, sexiste, populiste…

Voici la pétition, qu’on peut signer ici. On notera avec intérêt que les animaux n’y existent pas : on est ici dans une démarche entièrement anthropocentriste, en défense des promeneurs et des cavaliers, etc.

C’est en fait une pétition pour “s’approprier la nature”, comme on le lit, à la place des chasseurs. Ce n’est absolument pas pertinent… Un jour sans chasse a-t-il réellement un sens? Non, c’est l’abolition de la chasse seulement qui a un sens, une signification.

Pour l’arrêt de la chasse le dimanche

Auteur : L’Association pour la protection des animaux sauvages

À l’attention : de Monsieur le Président de la République

Cette pétition est lancée par l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), pour que le dimanche soit dorénavant un jour sans chasse et que nos week-ends ne soient plus annexés par les chasseurs !

Pour des balades en toute sécurité et liberté : signez-la et partagez-la !

Monsieur le Président de la République,

Chaque année, en France, la chasse provoque des dizaines d’accidents dont un nombre élevé s’avère mortel. Promeneurs, randonneurs, cueilleurs de champignons, vététistes, sportifs, cavaliers, scolaires, naturalistes, escaladeurs et tous les utilisateurs de la nature, ont le droit de pratiquer leur loisir en toute sécurité et sérénité, sans que pèsent sur eux les menaces d’une seule activité : la chasse.

Les chasseurs représentent moins de 2% de la population, mais ils s’approprient la nature tous les jours de la semaine pendant 9 mois de l’année, au détriment des 98% restants.

Aujourd’hui, il n’existe plus aucun texte législatif ni réglementaire pour encadrer les mesures de sécurité liée à la chasse.

Vous n’êtes en effet, pas sans savoir que la loi chasse n°2008-1545, dite « loi Poniatowski » a supprimé la seule référence législative qui mettait des bornes à ce grave problème. En effet, si la loi chasse 2000 avait bien prévu qu’un décret encadrerait la réglementation de la sécurité de la chasse, ce décret n’a jamais été pris. Pire, la « loi Poniatowski » a supprimé cet article de loi en 2008.

Déjà, en 2004, la loi chasse de R. Bachelot avait supprimé le jour sans chasse issu de la loi chasse 2000.

Bien plus tôt, en 1982, la circulaire Deferre avait supprimé le périmètre de sécurité autour des habitations !

Cette dérèglementation a conduit la France à être, de très loin, le pays d’Europe où il y a le plus d’accidents de chasse. Pourtant des mesures simples et de bon sens suffiraient à en faire baisser considérablement le nombre.

Je vous demande donc de prendre des mesures efficaces rapidement pour pallier ce problème de sécurité et d’inégalité, en établissant une trêve de la chasse le dimanche. J’espère que vous tiendrez compte, lors de vos prochaines décisions, de cette opinion largement partagée. Agissez pour que soit mise en place cette mesure de bon sens : simple et efficace.

Je compte sur vous, Monsieur le Président, pour donner votre appui à des mesures qui vont dans le sens du respect des droits des usagers de la nature.

« Cecil le lion, ou l’indignation de l’indifférent »

L’affaire du pauvre lion surnommé Cecil et assassiné continue de faire beaucoup de bruit. Nombreuses sont les personnes qui prennent conscience de la situation et saisissent l’ampleur du désastre, notamment ce qui touche aux pseudos chasses organisées.

Sur internet, surtout aux États-Unis mais également dans d’autres pays comme l’Autriche ou la Suisse, on retrouve des portraits de chasseurs partis en Afrique et tuant des animaux « commandés »: des rhinocéros, des girafes…

Naturellement, il s’agit toujours ici de gens appartenant aux catégories sociales les plus élevées, qui lorsqu’elles se défendent utilisent un argument simple: elles ont payées, il y a eu un contrat, elles n’ont donc rien à se reprocher…

On comprend bien ici qu’il y a une idéologie dominante à écraser. Tant que dominera ce prestige du « luxe » – la chasse en Afrique, le « cuir » des belles voitures, la « fourrure »… – la société ne progressera pas sur la voie du véganisme. C’est une question de style de vie.

Le « scandale » continue en tout cas, et c’est une bonne chose. De nombreuses compagnies d’aviation ont annoncé ne plus accepter de transporter des « trophées ». Des gens discutent de la situation, c’est une actualité.

Il est donc dans l’ordre des choses que certains soient contre, afin de s’opposer à l’émergence de la question animale.

Le Figaro a ainsi publié une tribune ignoble, où quelqu’un met en avant l’idéologie prétentieuse et vaine des ONG, affirmant même sur « le ton de la blague » qu’il devrait tuer le frère de Cecil pour y tatouer les noms des victimes humaines en Afrique…

Une manière classique d’opposer l’humanisme à la cause animale, alors que justement cette dernière est le prolongement logique de l’humanisme… Le pseudo humanisme n’étant en réalité que notre ennemi juré: l’anthropocentrisme.

On notera au passage que l’auteur de la « tribune » est un Belge habitué des prises de positions ultra-conservatrices. L’ONG à laquelle il appartient – et qu’il ne pourrait mettre en avant ici dans sa tribune sans accord au moins tacite – dispose d’un soutien vraiment très important d’entreprises et d’institutions. Son président a un long parcours dans le milieu des ONG, après avoir étudié le business à la prestigieuse université de Dauphine et avoir été journaliste à BFM Business.

Cecil le lion, ou l’indignation de l’indifférent

FIGAROVOX/HUMEUR – Joseph Junker, ex-volontaire de solidarité internationale, dénonce l’hypocrisie qui enveloppe l’indignation autour de la mort du Lion Cecil et l’indifférence des Occidentaux à l’égard du continent africain.


Joseph Junker est blogueur. Il a été bénévole pour l’ONG Solidarité internationale

Raiza n’avait pas plus de 14 ans quand je l’ai rencontrée. Comme toutes les jeunes filles philippines de son âge, elle était restée plus une enfant qu’une adolescente, combinait l’espièglerie de la jeunesse, l’indolence des pays tropicaux et ce culte de l’instant présent qui permet aux plus démunis de survivre avec le sourire à leur condition misérable. Abandonnée par sa mère et sans famille, elle avait été recueillie au milieu d’une douzaine d’autres jeunes filles par des frères catholiques, qui nous avaient demandé entre autres choses de nous occuper d’elles et de les envoyer à l’école. Prenant notre tâche à cœur, nous décidâmes le jour de ses 15 ans de lui offrir le minimum syndical que permettait notre temps limité de volontaire: un petit gâteau, une bougie, et quelques chocolats pour elle toute seule, de la part des frères. Lorsque les lumières s’éteignirent, qu’elle entendit «happy birthday to you» et nous vit arriver avec notre dérisoire petit présent, elle fondit en larmes et ne sut dire un mot pendant plusieurs minutes, avant de nous déclarer entre deux sanglots que personne n’avait jamais fait attention à elle, et que c’était le plus beau jour de sa vie. Elle avait 15 ans, et elle mourrait. Pas de cette mort violente de faim, de soif ou de coups. Elle mourrait de l’indifférence de ses semblables, de notre indifférence, de votre indifférence.

Un autre volontaire, parti lui en Guinée nous racontait la violence de la vie en Afrique, bien physique cette fois, et dont il avait été témoin. A l’hôpital St Gabriel de Conakry, on comptait certaines semaines une demi-douzaine de morts. Des adultes blessés par des rebelles? Des femmes violées par quelques milices? Des malades d’Ebola venu finir leurs misérables jours dans un minimum d’humanité? Même pas. Presque tous des enfants. A 6 ans leur corps décharné à peine plus gros que celui d’un nourrisson, morts de malnutrition. Seul voie de survie pour ce volontaire: se blinder et parvenir sans jamais s’y faire à continuer à soigner tous ces anonymes qui s’accrochent à la vie.

Ce soir, Mamadou va mourir, noyé avec les 14 érythréens qui l’accompagnaient, tous emportés par une lame sur le chemin de la Crète. Comme ils sont peu nombreux, la seule personne qui en entendra parler sera l’ouvrier communal chargé d’enterrer son corps.

Pourquoi je vous raconte tout ça? Parcequ’il y a statistiquement 1% de chances que vous sachiez situer Conakry sur la carte du monde, 0% de chances que vous ayiez entendu parler un jour de Raiza et il est une certitude que Mamadou ne sera rien de plus pour vous qu’une statistique que vous lirez dans quelques mois.… mais qu’à moins de revenir à l’instant de vacances ou d’être un citoyen raisonnablement déconnecté, vous avez 99% de chance d’avoir entendu parler du décès tragique de Cecil, le lion zimbabwéen (Simba quoi?) le plus célèbre du monde. Il est même problable que vous connaissiez le nom de son frère, dont vous avez appris en même temps l’existence et la survie avec un soulagement non-dissimulé. Peut-être même avez-vous comme 220.000 autres signé la pétition réclamant justice pour l’infortuné Cecil et son «assassin», ce riche amerloque, ce méchant presque trop laid pour être vrai qu’on imagine déjà membre du NRA, du GOP, roulant en SUV, homophobe, raciste, et tout les autres crimes de la terre – (je parle naturellement ici des crimes vraiment graves, naturellement) et dentiste par-dessus le marché!

Oh bien-sûr, il est regrettable que des individus s’amusent à tuer inutilement pour leur amusement personnel de grandes et belles bêtes, rares et menacées de surcroît. Mais comment ne pas s’attarder un instant sur ce que nous dit cette histoire de l’Afrique, ce continent de l’indifférence, où la mort d’un lion dépassera bientôt en impact celle de Nelson Mandela, faisant de cet animal l’africain le plus aimé et le plus regretté à travers le monde? Permettez-moi d’en tirer 2 enseignements:

Premièrement, nous n’avons pas grand-chose à cirer des enfants de Conakry. Ou plutôt si, nous préfèrerions qu’ils ne meurent pas, sommes éventuellement prêt à leur faire l’obole lorsque leur existence se fait un peu trop gênante pour la tranquilité de notre conscience et de notre petit système moral. A condition évidemment qu’ils restent en Guinée (où ça?), évitent d’y avoir eux-même trop d’enfants et surtout que nous n’ayons pas à y mettre les pieds un jour… sauf sur la plage bien entendu.

Deuxièmement, l’histoire de la mort de Cecil nous intéresse. Elle ne nous intéresse pas parceque nous regrettons de ne plus pouvoir l’admirer au cours du safari que vous projettez de faire à la noël au Simba… (euh… où ça déjà?), mais parcequ’elle correspond au mythe de la vision de l’homme qui prévaut dans notre société: La bêtise de l’homme détruisant la beauté de la vierge nature et la pureté des majestueux êtres qui la peuplent, comme c’est beau et tragique! L’homme blanc qui vient exploiter les ressources de l’Afrique, quelle horreur absolue dans notre référentiel idéologique! Mais surtout, ce qui est très pratique: le coupable est parfait! Il ne nous ressemble pas, vous et moi n’aurions jamais fait une chose pareille (vous n’en avez de toutes façons pas les moyens), il est loin de nous et nous évite franchement de nous remettre en question. Pas de petites sueurs froides au moment de le condamner, pas d’épine dans la conscience, le confort moral parfait pour pouvoir s’indigner tranquillement assis derrière son ordinateur. Ca tombe à pic d’ailleurs, en été il ne se passe jamais rien!

En fait, la morale la plus intéressante de cette histoire est que l’indignation du bobo requiers l’indiférence du nanti.

Alors si vous avez lu ceci et vous êtes reconnu dans ces lignes, il n’est pas trop tard pour changer et pour renier cette indifférence: commencez par entendre la question que votre fils vient de vous poser et que vous n’avez pas répondue, absorbé par votre écran. Puis regardez une fois dans les yeux le prochain sans-abri que vous croiserez (ne fût que pour vous rendre compte que c’est un être humain qui vous parle plutôt qu’une machine à demander des sous) et demandez-vous sincèrement par quel moyen pour pourriez aider les quatre Zimbabwéens sur cinq qui vivent dans la misère. Vous m’éviterez ainsi la tentation d’aller descendre le frangin de Cecil et de lui tatouer sur le corps les noms de Raiza, Mamadou et de tous les petits morts de Conakry. Peut-être qu’ainsi, au milieu de cette mondialisation de l’indifférence, vous feriez enfin un peu attention à eux.

La mort monnayée et organisée du lion Cecil

Cecil était un lion, un beau lion âgé de 13 ans, qui vivait au Zimbabwe. Cecil était, en théorie, protégé, et aussi suivi grâce à un collier émetteur posé par des scientifiques et il était la « star » des touristes de la réserve Hwange au Zimbabwe.

Cecil a été massacré par un richissime dentiste américain, Walter Palmer, qui a d’abord blessé le lion avec une flèche, l’a ensuite traqué pendant 40 heures avant de l’achever, de le dépecer et de le décapiter. L’homme était manifestement déterminé à abattre Cecil !

Cet homme est un récidiviste car en 2008 déjà, il a tué un ours noir aux États-Unis, qui était à plusieurs dizaines de kilomètres hors de la zone de chasse pour laquelle il a un permis de chasse. L’histoire s’est dramatiquement répétée avec Cecil car l’assassin aurait déboursé 50 000 dollars pour tuer ce lion en l’attirant hors du parc où il était protégé. Mais il n’est pas le seul coupable dans cette affaire : l’organisateur de safari de grande chasse a été inculpé pour ne “pas avoir empêché une chasse illégale”et le propriétaire de la ferme où le corps inerte du lion a été retrouvé est également complice de ce meurtre entièrement prémédité.

Des peluches ont été déposées devant le cabinet de ce dentiste au passe-temps morbide, une pétition pour réclamer justice pour Cecil a récolté pour le moment 800 000 signatures, des appels aux dons pour financer les campagnes pour la protection animale et pour l’unité de recherche d’Oxford (les scientifiques de cette unité suivaient Cecil via son collier GPS) sont ouverts.

Sur internet la grogne monte, les réactions sont multiples et très nombreuses, ce qui est normal, heureusement qu’il existe ce qu’on appelle une opinion publique, qu’il y a des gens capables d’éprouver des émotions, de la colère face à l’injustice.

Cela a été tellement fort que le journal Le Monde a publié un article sur les réactions sur internet à la rubrique… faits divers. La question animale est habilement rejetée au second plan, afin de faire en sorte de présenter les gens comme des idiots réagissant de manière épidermique, avec une propension à la méchanceté, etc.

Il s’agit de présenter les gens comme des incapables, des êtres infantiles, afin de les priver de leur droit de ressentir et de décider.

Bien sûr, il est dommage que les émotions soient parfois sélectives; les informations se diffusent de manière très hasardeuse et les gens se prennent d’émotions pour quelque chose qui les frappe en particulier, alors que c’est peut-être horrible et pourtant banal en même temps, malheureusement.

Cela veut simplement dire qu’il faut systématiser la critique, et non pas dénoncer les gens…

Il y aussi le fameux argument selon lequel se préoccuper des animaux irait à l’encontre de se préoccuper des humains. C’est un argument particulièrement terroriste, et particulièrement classique. Voici deux exemples de commentaires, l’un pour l’autre contre cet argument.

 « Je trouve stupide que de comparer des faits à d’autres, plus graves ou qui n’ont rien à voir avec ce dont on parle. C’est une (mauvaise) façon d’excuser une action. Oh, il a tué un lion mais il y a 200 morts par noyades et personne ne s’en offusque ! Oh, j’ai tué un homme mais Hitler en a tué bien plus! C’est du même tabac.Je dis simplement que tuer un si bel animal pour le triste plaisir d’en faire un trophée, ça relève de la psychiatrie lourde. Tuer, c’est ce qui fait bander les chasseurs. »

« Je ne suis pas d’accord avec vous. Je trouve choquant d’avoir une telle avalanche de réactions pour un lion et rien, par exemple, pour les 200 morts par noyade dont vous parlez. Ce déséquilibre est inquiétant, car il montre qu’en même temps que nous devenons de plus en plus sensibles de la cause des animaux, nous sommes également de plus en plus indifférents à la mort d’hommes et de femmes »

Voici un commentaire venu en soutien à l’entreprise de dénonciation des amis et amies des animaux :

« + 1, Mat. C’est James qui mélange tout. Ce qui est sous-jacent à ces déferlements de réactions, c’est effectivement l’hyper-sensibilité des gens face aux drames animaliers (que l’on peut comprendre… mais dans certains limites…) et l’indifférence face à certains drames humains. Cela dit, je note qu’en donnant un nom aux animaux, on les humanise et provoque cette empathie. Rendons leurs noms aux Syriens, migrants, femmes et enfants victimes de violence, et on pleurera peut-être leur sort… »

Ce qui est aussi frappant, c’est que cette attitude typiquement anti-démocratique qui vise à dénoncer les gens, à les présenter comme des « idiots », peut tout à fait exister chez certaines personnes prétendant intervenir pour défendre les animaux :

 « on peut comparer la vie (et la mort) de ce lion, avec celles des milliards d’animaux qui vivent (et meurent) dans les plus grandes souffrances dans nos élevages industriels. pourquoi ne réagit on pas dans le deuxième cas ? »

Dire les choses ainsi est faux parce que justement la conscience de la réalité ne tombe pas du ciel, il faut savoir étudier et présenter les faits. Si personne ne le fait, alors on ne peut arriver à rien.

D’ailleurs, si ce n’était pas le cas, on pourrait accuser la quasi totalité de l’humanité d’être criminelle pour laisser l’exploitation animale se généraliser et de ne pas être à la hauteur face au changement climatique.

Or, elle l’est et en même temps elle ne l’est pas: c’est justement tout le sens de la bataille à mener pour la prise de conscience et l’intervention pour la libération animale, la libération de la Terre!

Et dans cette perspective, les « appels au calme » sont en décalage total avec la réalité, tout comme les tentatives de dire que des « réformes » seraient possibles… Sur combien de temps, 1000 ans que nous n’avons pas?

Les chasseurs et les enfants à l’école

C’est un article édifiant du Canard enchaîné, sur l’activité des chasseurs à l’école…

Il y a quelque chose qui doit par contre nous interpeller. Il y a suffisamment d’amis et d’amies des animaux en France pour compiler toutes ces activités des chasseurs. Pourquoi n’est-ce pas fait?

Il ne s’agit pas que de dénoncer les chasseurs ou la chasse, mais bien de relier ces faits à l’exploitation animale en général, pour comprendre comment elle s’organise, comment elle agresse les esprits, comment elle impose sa culture.

Encore une fois, il apparaît que sans ancrage local, la critique générale ne dispose pas d’assez d’énergies…

Ce n’est que d’un entrelacement de groupes locaux, échangeant expériences et informations, soulevant l’opinion publique, qu’on peut arriver à une vraie mobilisation pour les animaux… Et bien sûr, au coeur de tout cela, il ne doit pas y avoir les humains, et leur anthropocentrisme, réformiste ou “antispéciste”, mais les animaux eux-mêmes, donc la Nature sauvage, les refuges…

Les “battues du château de Chambord”

Voici un article qui soulève le voile sur ce qui est normalement habilement caché. Nous avons déjà parlé de ces chasses qui sont un lieu de prestige, où se rencontrent les gens de la “haute”, le gratin de la haute bourgeoisie. Voici comment le journal Le Monde, dans son magazine, présente ces chasses officielles de l’Etat, en tentant de gommer l’aspect totalement élitiste propre aux riches en parlant de “survivance monarchique”.

En réalité, on est là dans le reflet le plus simple du capitalisme. Et si jamais le mot révolution doit avoir véritablement un sens autre que symbolique, cela veut dire faire de ce lieu un sanctuaire, et se débarrasser de tous ces gens de la haute, pour que ceux d’en bas puissent donner leur avis! Et on est tout à fait en droit de penser que si on laisse parler les gens, il ne seront pas d’accord pour l’exploitation animale et la destruction de la planète au service du profit…

Chambord, les chasses bien gardées de la République

Politiques, grands patrons et hauts fonctionnaires continuent de se presser aux battues du château de Chambord. Une survivance monarchique encore largement financée par l’Etat.

Un jour de juin, fêtant son demi-siècle à la mairie de Villermain, à 20 kilomètres au nord de Chambord, Gérard Plessis a contemplé ses cadeaux. Une veste de chasse, la médaille d’or du Sénat et celle du conseil général. Devant le préfet et la sénatrice du Loir-et-Cher, l’ancien maire s’est lancé, un peu tremblant : « Maintenant, peut-être pourrai-je être invité à la chasse du château ? »

La question s’est perdue dans le cliquetis des verres de crémant de Loire. Ne pénètre pas qui veut dans l’ancien fief de François Ier, placé sous la haute protection du chef de l’Etat. Les chasses de Chambord ont survécu à deux révolutions et cinq Républiques. On y a connu des rois descendant de Paris avec leurs courtisans, et des présidents, Pompidou ou Giscard, accueillant les têtes couronnées.

Les privilèges féodaux ont été abolis en 1789 et les chasses présidentielles définitivement supprimées par Nicolas Sarkozy, en 2010. François Hollande s’est longtemps gardé d’y mettre le pied. En décembre, lors d’une visite surprise, il a insisté sur la vocation touristique du château. Sans un mot pour les chasseurs, qui n’ont guère changé leurs habitudes depuis des années. Un cinquième du domaine a été ouvert au public, mais seules quelques gâchettes choisies sont conviées à des rassemblements qui n’ont pas grand-chose à envier aux parties de chasse staliniennes de la bande dessinée d’Enki Bilal.

Certains vendredis (et quelques mardis) entre septembre et février, les routes traversant le domaine sont, au petit matin, coupées par la gendarmerie. « C’est comme ça qu’on apprend qu’il y a une chasse au château », explique agacé un propriétaire voisin alors contraint à faire de grands détours. « Ce n’est jamais annoncé à l’avance, même pas dans la presse locale. »

Pour pénétrer dans la « mecque de la chasse », «  il faut faire partie de la cour, ou avoir des amis haut placés ».

Devant les tours embrumées du château, trente hommes, parfois une femme ou deux, en bottes et Barbour, enfilent les gilets fluo réglementaires et grimpent dans l’une des cinq Land Rover du domaine. Les fox aboient, la chasse commence, à cor, à cris et sans témoins. Pour pénétrer dans la « mecque de la chasse », magnifique forêt de chênes et de bouleaux de 5 440 hectares clos de murs, « il faut faire partie de la cour, ou avoir des amis haut placés, explique un élu voisin du château. Il n’y a que ça qui marche. »

On essaie donc de se faire inviter, en toute candeur journalistique. Pas pour tenir un fusil (on n’a pas le permis), juste pour assister au spectacle de cette « tradition républicaine » racontée aux touristes de Chambord et financée en partie par les deniers publics. N’a-t-on pas vu Christine Boutin trotter derrière son mari chasseur ? Ou Bernadette Chirac en rabatteuse, chapeau à plume et bottes de cuir, au grand dam de son mari et de sa fille, tous deux antichasse ? « C’est vrai, j’étais là », confirme Claude Bartolone.

Le président PS de l’Assemblée nationale est aussi président de l’Association des amis de Chambord, instance stratégique pour les parties de chasse. Ce passionné, qui traque le sanglier depuis son enfance, ne rate pas une saison depuis les années 1980. Mais il ne détient pas les clés du domaine. Pas plus que Maurice Leroy, président UDI du conseil général, qui assure, « vraiment désolé », n’avoir pas la main sur les « fusils de Chambord », comme s’appellent les chasseurs entre eux.

Pierre Charon, président du domaine national de Chambord sous Sarkozy, vient d’être nommé par lui délégué national de l’UMP à la chasse. « J’ai été François Ier, sourit le sénateur de Paris. Les patrons du CAC 40 venaient me voir humblement, casquette à la main. » Gérard Larcher, président UMP du Sénat, lui a succédé en 2011, avant de démissionner après sa réélection au Sénat. Sous ses clochetons Renaissance, Chambord est une forteresse.

Des chaises grincent dans le huis clos chambourdin et on espère un instant : depuis le 1er janvier, c’est un non-chasseur qui préside Chambord. Ça ne s’était pas vu depuis vingt ans, sous Chirac. Guillaume Garot, député PS de la Mayenne proche de Ségolène Royal, découvre la puissance de feu électorale des chasseurs.

Ils ont le soutien de groupes parlementaires à l’Assemblée et au Sénat, de patrons de grandes entreprises, publiques ou non. C’est un lobby puissant fasciné par Chambord. Guil­laume Garot s’en amuse : « Je n’ai jamais eu autant d’amis, ni reçu autant de cartes de vœux ! »

Les petits chamboulements du nouveau président

Nommé par François Hollande, il n’était pas candidat à ce poste convoité par plus de 200 fines gâchettes. Plutôt intéressé par l’intérêt écologique et culturel de ce « château mythique », le nouveau président du domaine national de Chambord annonce, « sinon une révolution, une évolution ». Il « découvre » cet univers, mais ne détient pas encore le sésame des chasses à Chambord.

Il n’est d’ailleurs guère pressé d’entrer dans le bal des cartons d’invitation : « Je vais d’abord aller voir comment se déroule une chasse, puis je me pencherai sur la question des invités.

» Il ne s’interdit pas de « bousculer le protocole », ni de faire payer les chas­ses. Pour une battue dans les domaines privés de Sologne, dont aucun n’égale la perfection de Chambord, les tarifs atteignent plusieurs centaines d’euros par jour.

C’est un parlementaire chasseur qui donne la bonne piste. Jean d’Haussonville, directeur général de l’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) créé en 2005 pour gérer le domaine national de Chambord, est le grand chambellan du château. « C’est lui qui fait le casting. »

Pantalon en velours et veste de tweed, cet énarque diplomate, en poste depuis l’ère Sarkozy, reçoit à Chambord avec beaucoup d’égards, bien que visiblement lassé d’être interrogé sur « ce perpétuel sujet de fantasme journalistique ».

Il rappelle que, à Chambord comme à Rambouillet, « les chasses présidentielles ont été supprimées il y a cinq ans » et assure : « La normalisation est en cours. » On peut donc y assister ? Réponse : un « niet » peu diplomatique. « Ça ne se fait pas, les personnes qui y participent ne tiennent pas à apparaître. C’est du domaine privé. »

Et de comparer : « Quand le chef de l’Etat donne un dîner, on ne divulgue pas la liste des invités. »

Jean d’Haussonville est directeur du domaine et chargé du “casting” des invités aux chasses présidentielles. « C’est comme une première de l’Opéra de Paris  », dit-il.

Faute de chasse, on se rabat sur le musée du château. Les dernières photos de chasse à Chambord, datées des années Giscard, jaunissent dans les vitrines. Comme si le temps s’était arrêté à l’époque révolue où la République invitait des dirigeants plus ou moins recommandables.

« On ne pratique plus l’invitation de dictateurs », précise Jean d’Haussonville. Fini aussi « les cartons écrits à la plume d’oie » et « les sacs de jute cousus à la main pour emballer la viande ».

Chambord s’est démocratisé, ses battues accueillent désormais des « méritants », chasseurs ayant obtenu les meilleures notes au permis et « tous les parlementaires qui en font la demande », soit quelques centaines de personnes par an tout au plus. « C’est comme une première de l’Opéra de Paris », dit le directeur.

Délaissant son assiette de sanglier de Chambord sauce grand veneur, Jean d’Haussonville détaille son plan d’équilibre financier : « En 2016, la chasse ne coûtera plus un centime au contribuable », évoquant de mystérieux mécènes, chefs d’en­treprise ou personnalités fortunées, français et étrangers, remerciés de leurs dons défiscalisés par d’inoubliables parties de chasse au gros.
A bas les étiquettes !

A Chambord, se croisent hauts fonctionnaires français et européens, per­sonnalités étrangères dont l’anonymat est protégé : « Si un officier de l’OTAN, un parlementaire européen ou le ministre d’un pays ami vient chez nous, on ne ­le dira pas. »

La liste des parlementaires français habitués du « club » très masculin de Chambord, « des élus du peuple », rappelle Jean d’Haussonville, est tout aussi secrète : « Ce sont des personnages publics qui n’ont pas envie de publicité. »

Pourtant, quelques-uns ne font pas mystère de leur passion pour le brame du cerf en septembre : les sénateurs UMP Ladislas Poniatowski, François Baroin, Serge Dassault et Gérard Larcher, le socialiste François Patriat, les députés de droite Eric Ciotti, Christian Jacob, David Douillet…

« Même pendant la guerre Fillon-Copé, on chassait ensemble à Chambord, se souvient un parlementaire de droite. On se disait qu’il y avait une suite à tout ça, on n’allait pas se tirer dessus. »

Droite ou gauche, les étiquettes tombent. Sur les chemins empierrés du domaine, c’est la paix des braves : « Au déjeuner, on parle politique. Mais avec la complicité liée à la chasse, des liens se créent, c’est une autre tonalité. On refait le monde, même si aucune affaire ne s’est jamais conclue là-bas », raconte Claude Bartolone.

« On côtoie des industriels, des lobbyistes, des hauts fonctionnaires, c’est “the place to be” », explique Jérôme Peyrat, conseiller de Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris et membre, avec quelques parlementaires chasseurs, du très stratégique Conseil d’orientation de Chambord, en charge de l’avenir culturel et cynégétique du domaine, où se ­distribuent bon nombre de « fusils ».

La chasse, dit-il, est un excellent poste d’observation politique : « L’occasion d’apprécier le caractère de chacun : ceux qui sont fair-play et les autres. »

Le seul permis requis est celui de chasser. La rosette et la notice au Who’s Who sont bien vus, mais facultatifs. « On vient avec nos fusils, des armes dangereuses à ne pas mettre entre toutes les mains », explique Claude Bartolone. Pierre Lellouche a laissé un souvenir cuisant : « Il a failli dégommer Frédéric Péchenard, le directeur de la police nationale. La balle n’est pas passée loin », se souvient un sénateur témoin de la scène. Le député UMP de Paris n’a jamais été réinvité.

Dans sa petite mairie en face du château, un homme fulmine. « La chasse est un mal nécessaire, mais que ce soit toujours les mêmes, je ne suis pas d’accord. C’est un domaine public, pas seulement ouvert aux amis des amis. »

Pull de chasse décoré d’un cerf, écarlate de colère, André Joly est né à La Guillonnière, ferme familiale transformée en relais de chasse dans la forêt de Chambord. Ce chasseur, qui a sa propre partie à l’automne sur le domaine, est en guerre contre l’EPIC et son directeur, qui veut régenter la commune et lui donner le lustre d’un site classé par l’Unesco.

Fini les boutiques de souvenirs à deux sous, les toilettes municipales en préfabriqué et l’hôtel Saint-Michel, un 2-étoiles. Ses invités chasseurs ont beau adorer cette relique de la IVe République, où l’on peut encore dormir dans le lit de Georges Pompidou, Jean d’Haussonville veut faire table rase du passé.

L’hôtel, relooké par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, passera bientôt à 4-étoiles et la place du village sera libérée de ses sanisettes. N’en déplaise à André Joly qui fait de son combat celui de la « République contre la monarchie, qui est revenue à Chambord », en pétard contre « ces messieurs qui font la loi ».

Cette saison, il a compté 17 chasses. Et « certains sont venus six fois ».

Il s’agit, officiellement, de « battues de régulation » : un demi-millier de sangliers et quelques dizaines de cervidés, chassés en tir sélectif, doivent être éliminés chaque année pour éviter la surpopulation dans cette forêt grande comme Paris intra-muros.

Car depuis cinq siècles, le périmètre du domaine royal n’a pas changé. Les cerfs continuent de bramer en septembre et les sangliers de labourer la route de la Reine, entretenue par l’Office national des forêts.

« Les battues sont nécessaires », justifie un parlementaire. « Si ce n’est nous, ce sont les gardes-chasse de l’ONC [Office national de la chasse, NDLR] qui le feront. Cela aurait moins de panache. »

Bien dire « battues de régulation », donc. Même si, effet de l’habitude et de la tradition, on continue de se précipiter selon son grade et ses relations à « la chasse des ambassadeurs », « la chasse franco-belge », celles « du préfet », « du maire », « du conseil général », « des présidents de fédération de chasse » Et à celles « du château », courtisées et huppées, orchestrées par le directeur.

Le rituel est immuable. On se retrouve à déjeuner, à la Thibaudière, le relais construit par Georges Pompidou, hérissé de cors et de défenses impressionnants. A la tombée de la nuit, devant le château, les honneurs sont rendus aux quarante sangliers abattus, en présence de la garde républicaine. Les chasseurs se débarrassent des gilets fluo et dévoilent leurs plus belles tenues.

Le tableau de chasse est vendu à des marchands de gibier. Certains achètent leurs trophées en souvenir, comme Claude Bartolone ses défenses de sanglier, ou Pierre Charon, fier de l’écusson – on dit aussi « massacre » – qui trône dans son salon : « Un cerf magnifique, 14 cors, je l’ai tiré à 160 mètres… Le Graal pour un chasseur. »

Qu’est-ce qui a changé depuis Georges Pompidou, immortalisé dans la vitrine du musée de Chambord ? « Rien, tranche un employé du domaine proche de la retraite. Ce ne sont plus les mêmes gens, c’est tout. »

12 mouettes rieuses et un tadorne de belon assassinés pour menacer un bénévole!

Voici le triste résultat de l’initiative de Ségolène Royal qui dans les faits légalise le braconnage des oies. Les chasseurs, emplis de haine et de confiance, dévoilent leur visage qui est celui des valeurs les plus réactionnaires. Violence, esprit réac’ du terroir, intimidation, meurtres d’êtres vivants: voilà ce qu’ils portent, sans hésitation, avec agressivité et la certitude de ne pas être inquiétés.

L’information vient du site l’Amicale progressiste, du Nord.

12 mouettes rieuses et un tadorne de belon assassinés pour menacer un bénévole !

Hier samedi 7 février 2015, le GON publiait sur sa page Facebook un communiqué signalant qu’un de ses bénévoles avait été menacé d’une manière ignominieuse et extrêmement violente : 13 cadavres d’oiseaux ont été déposés devant son domicile.

Pour expliquer ce dont il est question, il faut savoir que, dès le 30 janvier, le GON s’était positionné contre la lettre de Ségolène Royal (dans laquelle elle demandait de ne pas sanctionner les chasseurs qui tueraient des oies après la fin de la saison de la chasse, et ce, jusqu’au 9 février). En tout, le GON a publié 3 messages en 6 jours sur sa page Facebook, montrant ainsi la mobilisation de l’association et de ses membres contre les propos du courrier de la ministre de l’environnement.

Et avec ce geste ignoble, le massacre de 13 oiseaux, il ressort que, dans la région Nord Pas-de-Calais, la lutte contre le fait de tuer des animaux est encore difficile, elle ne va pas de soi, et même dans le domaine de la chasse pourtant détestée par beaucoup de gens.

C’est pour cela que la déclaration de Ségolène Royal est d’autant plus tragique : elle vient encourager la pratique abjecte et cruelle de la chasse. Et le massacre des 13 oiseaux vient répondre à cela, appuyant les propos de la ministre, et quelque part, l’exhortant à aller encore plus loin dans sa logique anti-écologie. L’acte se veut d’ailleurs d’une grande portée politique puisque ce sont des oiseaux protégés qui ont été précisément ciblés, et en grand nombre !

Pour bien rendre compte de l’horreur et de la violence d’un tel acte, et contrairement à nos habitudes, nous republions également la photo du massacre.

Voici le communiqué du GON sur le massacre des 13 oiseaux :

« Destruction de 13 individus d’espèces protégées, acte de malveillance, menaces : où s’arrêteront-ils ?

Un acte de braconnage, de malveillance et des menaces : 12 Mouettes rieuses et un Tadorne de Belon, espèces protégées, ont été massacrés et leurs cadavres déposés devant la porte du garage d’un membre du GON dans la nuit du samedi 31 janvier au dimanche 1er février.

Les radiographies effectuées sont formelles : les oiseaux étaient criblés de plombs ! On peut facilement imaginer qui sont les auteurs de cet acte inqualifiable et la date de cette exécution et du dépôt des cadavres n’est pas anodine, car elle a eu lieu le jour de la fermeture réglementaire de la chasse au gibier d’eau !

L’ONCFS a aussitôt été alertée et deux plaintes ont été déposées à la gendarmerie : à titre personnel, et au titre du GON pour destruction d’espèces protégées.

Nous espérons que cette tentative d’intimidation abjecte ne sera pas suivie d’autres. Le laxisme de la ministre de l’Environnement qui se rend complice du braconnage des oies en interdisant aux agents de la police de la Nature de verbaliser les contrevenants a peut-être fait croire à certains que tout leur est permis ?

Le GON condamne avec force de tels agissements et demande fermement que le droit soit enfin respecté dans notre pays. »

Voici le communiqué officiel du GON du 2 février 2015 :

« Incroyable : Ségolène Royal ministre de l’Environnement incite les chasseurs au braconnage

Alors que la France prend conscience qu’il est urgent de faire respecter les institutions de la République et ses lois, nous ne comprenons pas comment une ministre peut encourager à ne pas respecter les lois, ni comment elle peut empiéter sur les prérogatives de la garde des Sceaux en donnant des ordres à la police, fût-ce celle de la Nature

Nous ne comprenons pas plus comment des élus de la République qui font les lois, peuvent encourager des citoyens à bafouer ses institutions comme viennent de le faire les députés socialistes Monsieur Plisson et Madame Pascale Got du groupe chasse de l’Assemblée nationale en annonçant aux chasseurs qu’ils allaient pouvoir chasser tranquillement en dépit de la réglementation en vigueur.

Le GON sollicite l’intervention de tous les procureurs de la République de la région et du Parquet général pour qu’ils fassent appliquer la loi en diligentant une instruction publique visant à assurer la présence des forces de l’ordre sur le terrain entre le 1er et le 8 février avec charge de verbalisation des contrevenants en cas d’infraction à la réglementation de la chasse

Le GON apporte son soutien à la LPO et à France Nature Environnement qui se préparent à faire une information auprès de la Commission européenne.

Lire les communiqués de presse
France nature environnement
Ligue pour la protection des oiseaux
ASPAS
Humanité et Biodiversité

Le syndicat SNE/FSU des agents de l’ONCFS s’insurge également de la décision de la ministre. Il considère que « Madame Royal le démontre une nouvelle fois, en n’hésitant pas à donner des instructions à l’ONCFS, principal établissement en charge de la gestion de la faune sauvage terrestre, n’hésitant pas à prendre le service public de l’environnement et ses agents en otages . »
Lire le communiqué de presse du syndicat »

Ségolène Royal légalise le braconnage des oies

Pendant que la Fondation 30 millions d’amis se gargarise de son succès juridique qui n’en est pas un, les faits viennent se rappeler, de manière encore une fois pathétique à la française.

La Fondation disait que la France aurait rattrapé l’Allemagne, l’Autriche… ben voyons. Il n’y a qu’en France qu’une ministre de l’écologie peut envoyer une lettre expliquant que ce n’est pas grave si les chasseurs dépassent la fin de la période de chasse des oies: il ne faut pas les verbaliser a-t-elle expliqué aux organes concernés.

C’est une preuve qu’il y a le droit en apparence, et le rapport de force derrière. Officiellement, la chasse a réellement pris fin le 31 janvier… Les faits, eux, sont tout autre!

Le communiqué de l’ASPAS:

Chasse aux oies : Ségolène donne son feu vert aux braconniers

Cette année la chasse aux oies sera fermée au 31 janvier, à la grande colère des chasseurs qui ont annoncé ne pas respecter l’interdit. La réponse en « off » de Ségolène Royal : feu vert pour les braconniers.
Loin d’affirmer la volonté du gouvernement de faire respecter la loi française, elle demande au directeur de l’Office National de la Chasse de ne pas verbaliser les contrevenants ! L’ASPAS demande la démission d’une ministre qui depuis le début de son mandat excelle dans l’anti-écologie.

Depuis des années, les ministres de l’écologie cèdent aux chasseurs extrémistes en prenant des arrêtés illégaux prolongeant la chasse des oies au mois de février. Cette saison, Ségolène Royal a annoncé ne pas prendre le risque de voir un nouvel arrêté retoqué par la justice, mais a choisi une autre stratégie, plus sournoise, pour laisser les chasseurs braconner les oies : celle de ne pas les verbaliser. Le 28 janvier, le courrier (ci-joint) a été adressé par ses soins au directeur général de l’ONCFS lui demandant de ne pas verbaliser les braconniers, et cela jusqu’au 9 février.

Les oiseaux sauvages ne peuvent être chassés pendant leurs périodes de migration. Celle des oies débute en janvier, leur chasse est donc interdite au delà du 31 janvier par le droit européen et français (arrêté du 19 janvier 2009). En tenant compte des études scientifiques, et notamment de la toute dernière étude de l’ONCFS, cette chasse devrait même être fermée à partir du 10 janvier.

Tous les arrêtés ministériels précédents ont bien évidemment été invalidés par le Conseil d’Etat saisi par les associations de protection de la Nature : ASPAS, LPO, FNE, Humanité et Biodiversité. Le dernier en date fut rendu au mois de décembre dernier.

Oies cendrées (F. Cahez)La ministre de l’écologie se rend complice de ce braconnage par une méthode indigne de la fonction qui lui a été confiée par le Président de la République. Plus que jamais, son devenir à ce poste est à reconsidérer.

L’ASPAS demande :
– L’application des lois et règlements pour tous, y compris pour les chasseurs qui ne sont pas au dessus des lois
– La démission de la ministre, qui s’est fourvoyée en se rendant complice de braconnage à très grande échelle.

Le communiqué de la LPO:

Ségolène Royal officialise le braconnage des oies !

« La France doit se montrer exemplaire en matière de biodiversité » n’a cessé de rappeler le Président de la République ». Dans le même temps, le devoir de respecter le droit a été martelé par le gouvernement.

Les lettres de Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie, invitant la garderie de l’ONCFS et les gendarmeries à ne pas verbaliser avant le 9 février, alors que la chasse aux oies est fermée à partir du 31 janvier, est clairement une incitation à braconner pendant 8 jours. Cette pirouette en faveur des chasseurs est d’autant plus vulgaire que, quelques heures plus tôt, elle se faisait un point d’honneur à lutter contre le braconnage… des éléphants !

Dans la foulée, Philippe Plisson, président du groupe chasse à l’Assemblée Nationale et Pascale Got, membre de la commission des lois (!) ont déclaré aux chasseurs : « cette décision […] va nous permettre de pratiquer, mais attention la dernière nuit chassée devrait être celle du dimanche 8 février ».

Alors que la Journée Mondiale des Zones Humides propose, notamment via le réseau LPO (plus de 116 animations dans toute la France, voir : http://jmzh.lpo.fr/), d’aller sur le terrain durant ce week-end lors de sorties nature, les familles auront la surprise d’y rencontrer des chasseurs… en acte de braconnage officialisé par la Ministre en charge… de l’écologie !

La LPO a mobilisé tout son réseau pour relever les infractions. Par ailleurs, elle prépare immédiatement une information auprès de la Commission Européenne pour qu’une suite soit donnée au comportement français.

À quelques semaines de la loi sur la biodiversité, présentée à l’Assemblée Nationale, cette décision contraire au droit républicain dénature les espoirs de la LPO.

Allain Bougrain Dubourg
Président de la LPO

Le communiqué de Picardie Nature, qui apporte des précisions sur l’hypocrisie juridique organisée par la ministre.

Les oies pourront être chassées après le 31 janvier, illégalement mais en toute impunité !

Craignant qu’une nouvelle fois le Conseil d’Etat ne sanctionne le ministère de l’écologie et donne raison aux associations de protection de la nature, Mme Ségolène Royal avait écrit le 16 janvier au président de la fédération nationale de la chasse que ni une prolongation de la chasse aux oies ni une procédure de dérogation pour quelques départements ne seraient juridiquement défendable.

Lors d’une réunion au ministère en début de semaine, cette position était confirmée devant des représentants des chasseurs de gibier d’eau et des associations de protection de la nature.

Allait-on enfin voir la Directive « Oiseaux » appliquée ?

Cette directive européenne demande aux états membres de ne pas chasser les oiseaux migrateurs lorsqu’ils sont de retour vers leur lieu de nidification. Il s’agit d’une disposition pleine de bon sens.

Rappelons-nous qu’en 1999, à la demande de la ministre de l’Environnement le professeur Jean-Claude Lefeuvre du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, s’est vu confier la rédaction d’un rapport sur la chasse des oiseaux migrateurs en France. Son but était de rechercher une solution aux problèmes posés par l’application de la Directive Oiseaux 79/409/CEE. Ses conclusions étaient claires : pas de chasse des oies au-delà du 31 janvier. Les études suivantes demandées également par les ministres de l’Ecologie et réalisées par l’Office national de la Chasse et de la Faune Sauvage aboutissent aux mêmes conclusions.

Oui la date de fermeture de la chasse aux oies est bien fixée au 31 janvier 2015.

La Ministre respecte en cela les décisions du Conseil d’État qui avait rejeté les arguments infondés et rappelé que la chasse en février, qui affecte des oiseaux en migration prénuptiale, est contraire à la directive européenne « Oiseaux » et à la loi française qui imposent la protection complète des oiseaux en période de reproduction.

Mais les chasseurs de gibier d’eau pourront tirer des oies au-delà du 31 janvier !

Comme le soupçonnait les associations de protection de la nature depuis longtemps, des directives sont adressées aux préfets pour que les agents de l’ONCFS, placés sous l’autorité des procureurs ne verbalisent qu’à compter du 9 février.
Mme Ségolène Royal a adressé une lettre circulaire aux préfets le 29 janvier très explicite.

Pour les associations de protection de la nature du mouvement France nature Environnement dont fait partie PICARDIE NATURE, cette façon de procéder est scandaleuse.

Le message politique qui est adressé aux citoyens est clair :

– nous ne respectons pas les multiples décisions de la plus haute juridiction administrative de notre pays sur l’application de la Directive Oiseaux ;

– nous ne tenons pas compte des études scientifiques, même celles menées par l’ONCFS, dont les conclusions sont constantes depuis plus de dix ans ;

– nous cédons aux pressions d’un lobby qui nous alerte sur le fait qu’il ne tient plus sa base et que le peuple chasseurs risque de voter pour les extrêmes.

Cette attitude est un déni de justice, un mépris des conclusions des scientifiques, un signal envoyé aux citoyens sur ce qui ressemble à une démocratie molle voire une république bananière.

Patrick THIERY, Président de Picardie Nature

Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus?

Avec quelque 25 millions d’oiseaux et 5 millions de mammifères tués chaque année en France, sans compter un braconnage très actif, la pression de chasse est beaucoup trop forte sur nos terroirs.

Euh, pardon? Comment peut-on conjuguer critique de la chasse et défense du “terroir”? Voici pourtant comment le naturaliste et chroniqueur Marc Giraud présente son nouvel ouvrage, intitulé Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus ?.

Le point de vue de Marc Giraud reflète un point de vue très partagé dans les régions où les chasseurs exercent une hégémonie complète, comme par exemple la Picardie. La chasse est en effet tellement présente qu’on ne peut même pas se promener: même si on ne risque pas forcément grand chose directement, se promener en présence de types se promenant en bandes avec des fusils n’est guère attrayant…

Alors forcément, pour cette raison, même sans position anti-chasse, nombre de gens trouvent cela insupportable. Comment toucher ces gens? Voilà une question significative! Et pourquoi Marc Giraud, qui a une vision vraiment intéressante dans ses oeuvres, ne va-t-il pas au bout de son raisonnement, pourquoi accepte-t-il tout de même la chasse?

A titre d’illustration, voici l’interview qu’il a accordé au Courrier Picard. On remarquera la subtile prudence des questions, qui d’un côté donnent des gages aux chasseurs, de l’autre tentent de donner la parole à une critique de la chasse…

La chasse est-elle vraiment dangereuse pour les utilisateurs de la nature ?

Quand on se promène un jour d’ouverture de chasse, c’est toujours très inquiétant. On ne risque pas forcément sa vie mais il règne un certain climat d’insécurité. Quand un chasseur tire à 200 mètres de vous, c’est très impressionnant et, malheureusement, les accidents arrivent. On compte en moyenne 150 à 200 blessés par an et une vingtaine de morts. Et encore, tous les accidents ne sont pas recensés. J’évoque par exemple, dans mon livre, le cas de cet enfant de six ans, tué par son frère de 23 ans dans les environs d’Amiens lors d’une partie de chasse, il y a tout juste un an (NDLR : le 29 septembre 2013). Ce sont à chaque fois des vies brisées, des drames humains épouvantables. Je comprends la passion pour la chasse, mais je trouve qu’il y a tellement d’autres choses passionnantes à faire dans la nature.

Selon vous, tout est fait pour que le permis de chasse soit facile à obtenir. Ce problème d’insécurité vient-il en partie de cela ?

Oui. L’examen théorique ne comporte que dix questions, dont une seule est éliminatoire. N’importe qui connaît un peu la nature est susceptible de l’avoir, et ce, pour la vie. C’est une aberration, on devrait instaurer, comme pour les automobilistes, un permis à points. Comme sur la route, il existe évidemment des chasseurs prudents, mais il y a aussi des chauffards qu’il convient de calmer.

Vous laissez entendre également que l’alcool est un facteur aggravant. N’est-ce pas un peu cliché ?

Les chasseurs se veulent bon vivant, soit. Je le suis aussi, mais il ne me viendrait pas à l’idée de prendre le volant quand je suis bourré. Je ne veux pas tomber dans les clichés, mais il m’arrive, dans ma campagne, de voir des chasseurs titubants se rendre à la chasse. Mais le plus effarant, c’est qu’aucun contrôle d’alcoolémie préventif n’est prévu dans les textes. Il n’existe pas non plus de seuil d’alcoolémie au-delà duquel il est interdit de chasser. Et l’état alcoolique n’est pas considéré comme une circonstance aggravante en cas d’homicide à la chasse.

À quoi selon vous est liée cette prétendue indulgence à l’égard des chasseurs ?

C’est un lobby très bien organisé qui dispose de soutiens politiques de taille. À l’Assemblée nationale, le groupe chasse compte 120 députés, soit deux fois plus par exemple que le groupe consacré à la précarité. La base fait pression sur le sommet, et ça marche. Cela pose un vrai problème de démocratie puisque, dans ce pays, un million de chasseurs a davantage de poids que les 2 millions de cavaliers, 15 millions de randonneurs ou encore 20 millions de cyclistes.

La chasse, c’est un pouvoir politique, mais aussi un pouvoir économique basé là encore sur un système antidémocratique. La cotisation à une fédération de chasse, par exemple, est obligatoire lors de la validation du permis de chasser départemental. C’est contraire au principe démocratique des associations.

Les chasseurs jouent pourtant un rôle important de régulateur, sans eux les villes seraient envahies de bêtes sauvages et les terres agricoles détruites. Votre vision n’est-elle pas caricaturale ?

Les chasseurs s’auto-persuadent qu’ils jouent ce rôle, mais c’est absolument faux. Dans le canton de Genève, par exemple, la chasse est interdite depuis quarante ans et tout se passe bien. Prenons l’exemple du sanglier, considéré comme une espèce nuisible. S’il y a autant de sangliers, c’est tout simplement parce que ce sont les chasseurs qui favorisent sa prolifération, mais c’est vrai pour d’autres espèces, au travers de la pratique de l’agrainage. Et puis dans le contexte d’une chasse privée, il faut qu’un animal rapporte, donc qu il soit présent en masse.

À la fin de votre ouvrage, vous émettez une série de propositions pour une chasse « plus démocratique », et vous proposez notamment la « trêve de la chasse le dimanche ». N’est-ce pas une forme de provocation ?

Le dimanche est le jour de sortie en famille, mais c’est aussi le jour où se produisent le plus d’accidents de chasse. Je ne vois pas où est la provocation ? Nous demandons simplement un partage du temps et de l’espace. Dans l’Europe entière, il existe partout un jour de non-chasse. En France, on chasse tous les jours, tout au long de l’année, si l’on tient compte des battues. Et encore une fois, c’est une minorité qui impose sa loi.

Dominique Venner, la chasse et la haute bourgeoisie

En mai 2013, Dominique Venner se suicidait dans la cathédrale
Notre-Dame-de-Paris. Un geste politique, car il s’agissait d’un ultra de l’extrême-droite, célébrant la race blanche, considérant le christianisme comme une religion des faibles, etc. etc.

Ce qui nous intéresse par contre directement ici, c’est que cette personne a été le grand théoricien de la chasse de ces 40 dernières années. C’est logique, la chasse se veut « naturelle », expression de la loi du plus fort, en communion avec les lois de la Nature qui seraient forcément conformes à la bataille pour la survie, etc.

L’Express a publié il y a quelques semaines une sorte de mini biographie. Voici un passage fascinant: il s’agit de la partie présentant une dimension, dont nous avons déjà parlé, qui est le fait que les classes sociales les plus aisées célèbrent la chasse, produisant une idéologie qui influence toute la société.

Dans l’extrait ici présenté, la première phrase fait allusion à la « réelle valeur intellectuelle » de Venner (chose donc dont le milieu de la chasse ne doute guère).

Qui se ressemble s’assemble, et on peut voir ici à quel point la chasse n’est pas un plaisir “populaire”, mais une idéologie aristocratique poussée par en haut, valorisée par en haut, reflétant des valeurs et des attitudes dignes du Moyen-Âge!

Le “cochonglier” de Bourg-Saint-Andéol

C’est une information tout à fait édifiante, et extrêmement grave dans ce qu’elle signifie.

Comme on le sait bien, les cochons sont des sangliers qui ont été domestiqués. En pratique, il existe ainsi une séparation très concrète, puisque les cochons n’existent que dans le cadre d’une exploitation animale très stricte, alors que les sangliers ne rencontrent les humains que par les voitures et les chasseurs (qui par ailleurs distribuent allègrement de la nourriture pour justifier leur propre activité de soi-disant “régulation” de la Nature).

L’existence, comme l’explique l’article, de “cochonglier” est ainsi l’expression de la rencontre de deux zones, et ainsi du fait que la ville engloutit la Nature, toujours plus!

Un phénomène apparemment difficile à saisir tant pour l’auteur de l’article (tiré du Midi libre) que la DSV (en fait DDSV: Direction Départementale des Services Vétérinaires, qui d’ailleurs n’existe plus depuis plusieurs années, ayant été intégrée à la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations).

Ardèche : un animal mi-cochon, mi-sanglier de 300 kg retrouvé mort dans un bois

Le week-end dernier, un joggeur qui s’entraînait dans le bois du Laoul de la commune de Bourg-saint-Andéol, a fait une macabre découverte. Le cadavre d’un mammifère aux dimensions hors normes gisait au bord d’un chemin.

De mémoire de chasseur ardéchois, on n’avait jamais vu pareil animal. Pas la bête du Gévaudan, mais presque. Le week-end dernier, un joggeur qui s’entraînait dans le bois du Laoul de la commune de Bourg-saint-Andéol, a fait une macabre découverte. Gisait sans vie au bord d’un chemin, la carcasse en putréfaction d’un mammifère aux dimensions hors normes, visiblement issu d’un très étrange croisement entre un cochon et un sanglier.

Des mensurations hors normes

Selon l’association communale de chasse agréée (Acca) de Bourg-Saint-Andéol, immédiatement prévenue, il pèserait plus de 300 kg et mesurerait 2,60 m de long. Son président, Patrick Garcia, confirme qu’un tel croisement est possible mais il est très rare de le rencontrer dans la nature. Le réseau Sagir (surveillance épidémiologique) a été alerté pour vérifier la présence de germes transmissibles à la faune sauvage.

“La fédération de chasse de l’Ardèche a contacté les services vétérinaires du département pour connaître quelles étaient légalement les mesures à prendre en pareil cas”, explique Patrick Garcia, le président de l’Acca de Bourg-Saint-Andéol qui fait remarquer que les grès de l’animal (ses canines supérieures) avaient été sciés. Réponse de la DSV : l’animal n’est pas sauvage mais bien domestique. C’est donc à la mairie de s’en charger. Non sans mal, la ville a réussi hier à contacter un équarrisseur agréé de la région à Cruas qui devrait aller récupérer la bête ce matin.

L’animal serait bien domestique

Mais le mystère reste entier sur la provenance de ce porc domestique, qui aurait été volontairement déposé à cet endroit : “Il a été jeté là, il y avait des traces de roue et de paille sur place”, estime Patrick Garcia. Son propriétaire aurait-il cherché à éviter les soupçons de l’équarisseur et des services vétérinaires ? La production de sanglier est très réglementée en France.

Depuis 1982, à cause d’une prolifération des populations dans la nature notamment par des croisements hasardeux entre l’espèce sauvage et le porc domestique, elle est réservée aux seuls professionnels. Et un arrêté ministériel de 2009 impose que seuls les sangliers génétiquement purs sont admis dans les élevages de catégorie A (pour la chasse et la viande). Chaque individu du cheptel y est d’ailleurs bagué pour être tracé. Le spécimen retrouvé à Bourg provient-il d’un élevage clandestin de la région ? Selon la gendarmerie de Saint-Saint-Andéol, si c’est le cas, il n’est pas sur le secteur.

Le cas de “cochongliers” est connu à Fukushima, les animaux ayant été abandonnés à leur sort, et des cochons étaient parvenus à s’enfuir et à se mélanger aux sangliers.

Leur apparition est issu du chaos amené par les humains. Mais ici, ce chaos est organisé: il faut y voir en grande partie la main des chasseurs, utilisant les “cochongliers” en raison de leur fertilité plus grande, afin ainsi d’agrandir leur “terrain de chasse”!