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Emmanuel Macron veut développer le « tourisme cynégétique »

Emmanuel Macron n’est pas que très content de « manger l’agneau des Pyrénées« , il a également été très heureux d’aller saluer la Fédération Nationale des Chasseurs, qui lors de son assemblée a invité les candidats à la présidentielle pour qu’ils présentent leur point de vue sur la chasse.

« On aime les animaux, on aime tellement les animaux, qu’on les chasse. Cela va ensemble » a-t-il pu entendre, en l’acceptant.

D’ailleurs, Emmanuel Macron est d’accord : « la chasse, c’est un mode de vie », qui relève de « l’identité française ».

« Valeurs et traditions » vont rester, même s’il doit y avoir « l’entrée dans la modernité », a-t-il expliqué.

« Je n’ai pas d’heure! Je n’ai pas de montre » a-t-il répondu quand on lui a demandé s’il pouvait rester un peu après son discours.

« Vous vous faites balader depuis quinze ans » au sujet de la directive oiseaux, a-t-il affirmé, soutenant les chasseurs demandant à tuer plus d’oiseaux.

Lui, par contre, promet de remettre 200 millions d’euros par an aux éleveurs et aux chasseurs en raison de leur rôle positif pour l’environnement.

Et il compte sur les chasseurs pour qu’ils participent systématiquement aux institutions ayant un rapport avec l’environnement.

Quant au « bien-être animal », ce n’est pas une priorité, et « il faut laisser les gens respirer ».

Autre point important : Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de la réouverture des chasses présidentielles. C’est là un symbole d’une grande importance !

On connaît bien ce principe rassemblant l’élite de l’économie et de l’Etat, qui a donné à Valéry Giscard d’Estaing des souvenirs merveilleux.

Ces chasses étaient un secret bien gardé, permettant de former un esprit de corps au plus haut niveau, dans une ambiance grand-bourgeoise de luxe.

Nicolas Sarkozy avait stoppé celle-ci en 2010 et leur retour avait déjà été annoncé par le passé, même si en fait elles ont continué de manière non officielle.

Emmanuel Macron veut donc leur retour. Mais cela va bien plus loin que cela, en fait : il veut développer le tourisme de la chasse.

Certains médias ont noté qu’il voulait la réouverture des « chasses présidentielles », mais cette affirmation s’insère en réalité dans un plan plus vaste…

Nous retranscrivons ici ses propos :

« Enfin, je souhaite associer encore davantage la chasse à l’économie de nos territoires. Parce que là, comme on préserve la ruralité…

Mais quand on veut associer encore davantage la chasse à l’économie, il faut en reconnaître et en développer tous les atouts.

Le tourisme cynégétique est un formidable atout. Il est encore trop peu exploité aujourd’hui.

Et au-delà de la pratique de ce qui est portée, on doit le valoriser. Et c’est un élément de valorisation, que j’assume totalement.

J’ai eu l’occasion de le dire aussi d’ailleurs quand on a parlé des chasses présidentielles.

J’avais l’impression de commettre une espèce de forfaiture terrible en disant que j’étais favorable à leur réouverture, encadrée, transparente.

Les gens me disaient : « c’est absolument affreux ».

Il ne faut pas être honteux. Si on décide de porter cette valeur, il faut la reconnaître comme un élément d’attractivité.

C’est quelque chose qui fascine à l’étranger, c’est quelque chose qui fascine partout, ça représente la culture française, c’est un point d’ancrage.

Donc partout sur nos territoires, je suis favorable à ce qu’on développe cette forme de tourisme.

La France, c’est la première destination touristique mondiale. Les chasseurs du monde entier ignorent encore trop souvent qu’il est possible dans notre pays d’y chasser, qu’il y a des chasses formidables, et que c’est un élément de notre attractivité touristique. »

C’est là un parti pris tout à fait clair et juste après Emmanuel Macron parle de développer la « viande de gibier ».

Emmanuel Macron continue donc son éloge du terroir et des traditions, tout en prônant le libéralisme libertaire général sur le plan des moeurs et de l’économie.
C’est logique : le libéralisme va de pair avec la loi du plus fort. Le conservatisme sera ainsi encore plus débridé, encore moins critiquable, car chacun fait ce qu’il veut, surtout le splus riches !

« Mon expérience personnelle concernant la chasse »

Voici un témoignage d’une personne qui a été chasseur et qui est devenu végan. Il circule sur le net et donne un aperçu intéressant sur la culture propre aux chasseurs…

« Je voulais faire part de mon expérience personnelle concernant la chasse, car je vois de plus en plus de chasseurs qui se prennent pour des amoureux voir même des protecteurs de la nature et en tant qu’ancien chasseur repenti devenu vegan, ça me hérisse le poil!

En effet étant fils de chasseur, j’ai passé mon enfance à voir des animaux se faire massacrés par la beauferie humaine, le sentiment de toute puissance que provoque chez certains hommes la tenue d’une arme à feu…

A l’époque on m’avait tellement rabattu les oreilles des bienfaits du « prélèvement » et de la « régulation » que ça me paraissait normal, naturel, puis en grandissant, les cris d’un chevreuil agonisant ressemblants aux pleurs d’un bébé, le spectacle macabre d’une laie se traînant en poussant sur ses pattes arrières, les deux antérieures étant fauchées par une balle, tentant de fuir pour sa vie, tout ça sous les rires sinistres de leurs bourreaux, m’ont fendu le coeur!

Croiser le regard apeuré et en train de s’éteindre de ces animaux voulant simplement vivre à déclenché un début de prise de conscience…

Puis les discours des chasseurs et leurs comportements aux antagonistes quand ils chassent entre eux et quand ils veulent faire bien devant le monde me consternaient de plus en plus, hé oui le discours change quand lors d’une saoulerie on raconte ses anecdotes de braconnage, l’histoire de cette balle transperçant une laie allaitante, cette buse (protégé) qui a prit un coup de 4,5 dans sa gueule…

Et au cours de cette enfance, j’ai rencontré des dizaines de chasseurs, pas un n’avait l’éthique dont il parlait pourtant si bien.

Il ne faut pas chercher bien loin pour savoir ce qu’est la chasse, c’est prendre un fusil pour flinguer des animaux sans la moindre possibilité de défense, le reste c’est de la littérature !

Et encore je ne parle la que de la moins pire des chasses, la chasse devant soi, je n’ose même pas évoqué les battues ou la chasse à court…

Pour faire plaisir à mon père, j’ai ensuite passé le permis à 16 ans (oui à seize ans on peut posséder une arme à feu létale oklm) et lorsque j’ai tirer la première fois sur un être vivant, un lapin, je me suis senti tellement minable, qu’etais je censé ressentir ?

De la satisfaction ? Me sentir viril pour avoir assassiné à bonne distance un animal d’à peine 5kg?

En tout cas je n’aie rien ressenti de tout ça et là chasse à été finie pour moi, je me demande encore aujourd’hui comment j’ai pu supporter cette immersion des années durant.

Donc NON la chasse n’est pas un loisir, c’est du meurtre autorisé et de surcroît pour le plaisir !!!

C’est des animaux blessés allant parfois agoniser des jours durant, des petits animaux qui mourront de faim en attendant leurs maman qui ne reviendra jamais, du plomb dans les oreilles des chiens etc etc…

Bref les discours moraux des chasseurs sont sans fondements ni valeur, c’est une façade car comme pour les abattoirs, les « braves gens » ne doivent pas savoir, sinon ils prendraient positions !

La Fédération Nationale des Chasseurs et la « trumpisation » de la France

Avec les élections présidentielles, le lobby de la chasse est très actif, bien évidemment.

C’est pourquoi Willy Schraen, président de la Fédération Nationale des Chasseurs, s’évertue à multiplier ses activités, comme aller rencontrer François Hollande et les candidats de la primaire de droite.

En ce qui concerne François Hollande, voici comment la Nouvelle République présente la réunion matinale annoncée dans l’agenda de la présidence de la république :

« Président de la fédération des chasseurs de Loir-et-Cher, mais aussi vice-président depuis septembre dernier de la Fédération nationale, Hubert-Louis Vuitton faisait partie jeudi dernier de la délégation qui a été reçue pendant 45 minutes à l’Élysée par François Hollande.

Les autres membres de cette délégation étaient Willy Schraen, le patron de la FNC et Pascal Sécula, président des chasseurs de la Côte-d’Or. »

C’est ce qui s’appelle mettre le point sur les i : en effet, la présence de présidents d’associations de chasseurs à l’échelle départementale vient appuyer la thèse centrale de Willy Schraen. Celle-ci consiste à dire que le « lobbying » des chasseurs ne doit plus se faire de l’extérieur, mais directement de l’intérieur, en plaçant ses hommes dans les appareils.

C’est plus efficace et moins risqué que de faire des pressions depuis l’extérieur. Le soutien électoral se monnaie non plus à coups de promesses, mais également d’intégration de chasseurs à différents niveaux.

C’est pourquoi par exemple Guy Harlé d’Ophove, le président de la Fédération des chasseurs de l’Oise dont nous avions déjà parlé pour sa figure caricaturale du chasseur réactionnaire (Guy Harlé d’Ophove, maître d’oeuvre d’une néo-féodalité), a été nommé à la tête de la commission environnement de l’assemblée des Hauts-de-France…

Le bastion qui existe en arrière-plan de cette offensive tout azimut des chasseurs est l’idéologie portée par l’assemblée et le sénat.

Il y a ainsi le groupe parlementaire Chasse et territoires, avec 115 membres, ainsi que le groupe sénatorial Chasse et pêche, avec 86 membres.

Les présidents du parlement (le socialiste Claude Bartolone) et du sénat (le républicain Gérard Larcher) sont tous les deux d’ailleurs des chasseurs.

Les institutions, avec leurs hommes conservateurs, carriéristes, forment un terrain tout à fait adéquat à la propagande des chasseurs, nos « Donald Trump » à nous en France.

Le profil diffusé officiellement à l’occasion de l’élection de Willy Schraen à la tête de la Fédération Nationale des Chasseurs est d’ailleurs tout à fait significatif.

On y trouve la chasse, la pêche, le business (dans les fleurs, dans l’immobilier)…

« D’abord passionné de petit gibier et de gibier d’eau pendant sa jeunesse, il a découvert après 30 ans la chasse au grand gibier qui est devenue  un autre de ses centres d’intérêts  cynégétiques.

Il est aussi passionné de pêche et fait partie d’un club de pêche en mer.

Amateur de chiens de chasse, il a toujours eu plusieurs fidèles compagnons pour pratiquer la chasse devant soi.

Sur le plan professionnel, il  crée sa première entreprise de négoce de fleurs à l’échelle européenne à  22 ans, ce qui le conduit à parler plusieurs langues.

Autodidacte, il s’est associé avec son frère pour concevoir et développer une chaine de magasins  de fleurs qui sont installés dans le Nord-Pas-de-Calais. En complément de cette activité, il est aujourd’hui très impliqué dans l’immobilier commercial dans toute la région des Hauts de France. »

C’est tout à fait le profil d’un « réac » comme la France sait en produire.

Est-ce que cela veut dire qu’il faut un contre-lobby face à la chasse ?

Pas du tout, la question animale n’a pas besoin d’un « lobby », mais d’un changement général de mentalités et de l’effondrement de l’exploitation animale.

La chasse est ignoble, mais elle n’est qu’un phénomène à la marge de l’exploitation animale en tant qu’industrie, ce que savent d’ailleurs les chasseurs.

Ils ont peur qu’une majorité s’exprime contre la chasse, car de fait une telle majorité est largement possible, beaucoup en ayant assez de leur agressivité réactionnaire particulièrement franche…

C’est pourquoi ils s’allient aux forces les plus conservatrices. Leur mouvement vers les institutions participe à la « trumpisation » de la France…

Appel à mobilisation contre la chasse aux tenderies des vanneaux et des pPluviers dorés dans les Ardennes

Nous relayons ici un appel de la LPO pour une protestation, dont la date limite est demain.

Appel à mobilisation : répondez vite à la consultation publique sur la chasse aux tenderies des vanneaux et des Pluviers dorés dans les Ardennes

Avant le 28 septembre, réagissez sur ce projet d’arrêté visant à chasser aux tenderies, 2 000 vanneaux et 50 Pluviers dorés jusqu’au 28 février 2017.

La tenderie consiste à attirer des oiseaux sur une petite bande gazonnée entourée d’une étendue d’eau et sur laquelle sont placés des appelants, reliés par une ficelle au chasseur à l’affût qui déclenche le cri des appelants en tirant sur la ficelle.

Le préfet des Ardennes consulte actuellement sur l’arrêté annuel qui permettra à une quinzaine de tendeurs ardennais, sous couvert de dérogation, de prélever 2 000 vanneaux et 50 Pluviers dorés du 15 octobre 2016 au 28 février 2017.

La LPO est contre cette dérogation notamment parce que le Vanneau huppé est une espèce en régression partout en Europe mais aussi parce qu’elle autorise 15 chasseurs à prélever 133,33 vanneaux chacun et que cette chasse se prolonge d’un mois en février alors que toute chasse aux limicoles est fermée ailleurs en France.

Aussi nous vous invitons à envoyer un email à la Direction Départementale des Territoires des Ardennes pour exprimer votre désaccord sur ce projet : ddt-chasse@ardennes.gouv.fr

Même si vous n’êtes pas localisé en Champagne-Ardenne et parce que le Vanneau décline, vous êtes concerné par la sauvegarde du Vanneau huppé…

Pour vous aider, vous pouvez utiliser tout ou partie du courriel suivant, mais surtout merci de personnaliser votre argumentaire et de ne pas faire de copier-coller.

« M le préfet,

J’ai pris connaissance du projet d’arrêté en consultation et fixant les dates d’ouverture et de fermeture de la tenderie aux vanneaux et aux Pluviers dorés pour la campagne 2016-2017 et nous souhaitons réagir.

Plusieurs points me semblent critiquables :

L’arrêt de la chasse aux limicoles est fixée, par arrêté ministériel du 19/01/2009, au 31 janvier partout en France. Il n’y a pas de raison scientifique justifiable pouvant expliquer que le Vanneau huppé et le Pluvier doré, deux limicoles, soient chassés un mois de plus dans le seul département des Ardennes ;

Les premiers couples nicheurs de Vanneau huppé de Champagne-Ardenne sont cantonnés et observés en parade dès la seconde quinzaine de février ;

Le vanneau huppé est inscrit sur la liste rouge des oiseaux d’Europe 2015 comme ayant le statut VULNERABLE car il connait un déclin important de ses populations européennes depuis au moins 1988.

Parmi les mesures préconisées au niveau européen pour sa conservation, on trouve la réduction de la pression de chasse et des campagnes de sensibilisation à l’égard des chasseurs sur le déclin de l’espèce…

Plus localement, cette espèce est aussi inscrite sur la liste rouge régionale (espèce en danger) ;

Pour une chasse dérogatoire « traditionnelle » bénéficiant à une quinzaine de tendeurs, le nombre d’oiseaux pouvant être prélevé (2 000 individus) est excessif /exagéré avec une moyenne de 133 oiseaux par tendeur pour une simple consommation familiale et traditionnelle !

Etant donné l’ensemble de ces points, je demande :

le retrait de ce projet d’arrêté dérogatoire

Ou à minima :

Que la fermeture de la tenderie aux Vanneaux huppés et aux Pluviers dorés soit calquée sur la fermeture de la chasse aux limicoles en France soit le 31 janvier ;

Que le quota de Vanneaux huppés à prélever par tenderies, eu égard au déclin de l’espèce, soit réduit d’au moins 50%.

Cordialement,
Prénom et nom »

Plus d’informations

En savoir plus sur la consultation

Lien avec une vidéo du CABS sur YouTube sur la tenderie aux vanneaux

Guy Harlé d’Ophove, maître d’oeuvre d’une néo-féodalité

Guy Harlé d’Ophove est une personnalité importante dans le monde des gens qui sont en première ligne pour s’opposer à la libération animale.

Ses propos sont véritablement exemplaires dans leur agressivité, leur aspect dénonciateur.

Nous avions parlé par exemple il y a quelques jours de la faillite du centre de soins Picardie Nature, torpillé par les institutions localement.

Eh bien voici comment, en tant que conseiller régional, Guy Harlé d’Ophove s’était exprimé en avril au sujet des problèmes financiers de Picardie Nature. Il a été élu en étant le numéro trois de la liste de l’UMP Xavier Bertrand :

« Comme l’a dit et écrit Xavier Bertrand dans son projet de candidat à la présidence de la Région, nous allons défendre une écologie de bon sens.

On ne donnera plus de subventions aux projets qui ne mettent pas l’homme au cœur de leur action, ni aux projets qui bloquent les activités économiques, ni à ceux qui mettent la nature sous cloche (…).

Pour sauver un phoque, cela coûte 10 000 euros [en réalité, 2000].

Ne croyez-vous pas qu’il faudrait laisser faire la nature ? Quand l’homme se mêle de protéger une espèce en particulier, il la dérègle.

Parlez-en aux pêcheurs, qui se plaignent du fait que les phoques mangent les poissons. La mort fait partie de la vie. »

« La mort fait partie de la vie », c’est exact, mais quand c’est dit par un ancien élu du Front national au Conseil régional de Picardie qui est en même temps président de la Fédération des chasseurs de l’Oise… il y a de quoi s’inquiéter.

Notons d’ailleurs la description du personnage par le Nouvel Observateur :

« Un cor de chasse retentit dans sa poche. Pantalon de velours côtelé, veste en daim et lunettes Prada, Guy Harlé d’Ophove a une sonnerie de portable qui sied à sa fonction. »

Et voici ce qu’il a tenu comme propos, quelques mois après être élu :

« J’ai pu constater durant les trois premiers mois de mon mandat le manque d’enthousiasme de voir arriver un chasseur aux commandes de l’environnement, a-t-il souligné au micro ce samedi.

Ma première action a été de demander sur quel critère les 12 M€ étaient versés aux organisations écologiques.

Je puis vous assurer que tout cela va changer, et que plus jamais nous ne subventionnerons des associations qui veulent la disparition de la chasse et des chasseurs ».

Cela met l’ambiance et il faut bien voir l’impact de la Fédération des chasseurs de l’Oise, véritable force militante, véritable groupe de pression para-institutionnelle.

Cette « association agréée au titre de la protection de l’environnement de puis 1976 » (sic) regroupe 18 000 chasseurs en 2013, qui a même reçu en 2008 l’agrément de l’Education Nationale pour « former enseignants et scolaires à la nature » !

Guy Harlé d’Ophove possède également une boîte de communication, « Marketing Publicité 2000 », ce qui aide beaucoup pour soigner l’image des chasseurs…

Et si on voit que la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais fusionnent, on voit que cela donne désormais une fédération régionale de 120 000 chasseurs, avec 264 millions de chiffre d’affaires!

Et le nouveau président de la Fédération nationale des chasseurs, élu fin août, est le président de la Fédération du Pas-de-Calais…

On ne s’étonnera pas avec tout ça qu’ait lieu à Compiègne une « fête de la nature et de la chasse« , au Palais Impérial de Compiègne !

Avec même… une promotion de la chasse à courre ! Et malheur aux opposants, qui subissent alors la vindicte populiste et féodale.

Il y a en effet un « pique-nique végétarien » qui s’organise en opposition à cette « fête » ; elle a déjà eu lieu il y a deux ans et elle recommence cette année, (demain par ailleurs). Voici ce qu’en pense Guy Harlé d’Ophove dans le Courrier Picard :

« À chaque fois, ces détracteurs instrumentalisent notre fête de la chasse et de la nature.

On n’entend pas parler d’eux pendant deux ans et ils viennent ce jour-là, à 15, de Paris, de droite et de gauche, pour brouter leur salade.

De notre côté, ce sont des efforts énormes d’organisation, 200 stands proposés, 30 000 visiteurs accueillis… Ce sont des coucous !

Et ils bénéficient d’une même couverture médiatique. Je suis un peu dépité.

D’autant que les mots d’ordre de certains – qui invitent aux sabotages, sur le site picardiepopulaire.net – confinent à l’appel à la violence.

Le local de la fédération a déjà été saccagé, j’ai reçu des menaces de mort. »

Des gens – forcément pour lui extérieur à son fief – viennent « brouter de la salade » et le déranger : quelle infamie, c’est du terrorisme !

Il est vrai cependant que l’ALF a saccagé le siège des chasseurs de l’Oise, en février 2015. Mais on peut voir aisément qui est puissant et agressif, qui tente d’exercer une pression anti-démocratique en passant en force à tous les niveaux pour empêcher tout débat…

Il ne faut pas sous-estimer son coup de pression et d’intimidation face aux opposants, car l’ambiance est tellement électrique que l’organisateur du pique-nique végétarien,  Bruno Guillemin d’EELV, capitule lui-même ouvertement. Voici ses propos, toujours dans le Courrier Picard :

« Notre manifestation n’est pas contre la chasse, mais se veut d’abord la promotion d’une alimentation responsable. Nous militons pour une meilleure réglementation des élevages, des conditions d’abattage… »

Voilà qui est absurde : face à l’appropriation de la Nature par la chasse, il faut être au contraire très clair : la chasse doit être interdite, en premier lieu la chasse à courre qui relève d’une barbarie sans nom.

C’est une question de vision du monde, de manière de voir la Nature. Il suffit de voir comment Guy Harlé d’Ophove, par exemple un de ses éditoriaux à destination des chasseurs de l’Oise :

« Dans la Nature ce qui est vrai aujourd’hui, ne le sera pas demain mais le redeviendra peut-être dans 10 ans, ainsi va la vraie vie.

D’où la nécessité de laisser faire ceux qui savent faire et de rendre à l’homme rural, qui possède cette qualité, hélas trop peu partagée, le bon sens, la maîtrise de cet ordre naturel.

La normalité n’existe pas dans la nature, ni chez l’homme, tout est unique et interactif, la responsabilité individuelle est la clef de la défense de la biodiversité. »

C’est indubitablement d’un très haut niveau intellectuel, c’est une vraie philosophie, solide, développée, construite. Ce n’en est que pire.

Quand des gens parlent de « l’homme rural » qui aurait « la maîtrise » de « l’ordre naturel », il faut être clair : c’est du pétainisme, c’est l’idéologie de la France de la première partie des années 1940, cela doit être combattu et écrasé.

Face aux gens comme Guy Harlé d’Ophove, dont on voit ici qu’il est le maître d’oeuvre d’une néo-féodalité, il faut une révolution afin de les balayer.

Ces gens ont des armes, s’appuient sur une tradition patriarcale d’une grande brutalité, diffusent une obséquiosité ignoble en faveur des élites locales, le tout dans une opacité anti-démocratique par ailleurs agressive juridiquement et médiatiquement…

Par exemple, en 2007, le maire d’Avilly-Saint-Léonard (non loin de Chantilly) avait racheté le marais d’Avilly, une zone naturelle de 8 hectares.

Les grands cervidés étaient protégés là-bas… jusqu’à ce que des agriculteurs « victimes » de « ravages » portent plainte contre les chasseurs (qui sont censés « réguler » la Nature!!!) et que ceux-ci portent portent plainte contre la commune et gagnent le procès, en 2011. »

« Avoir des animaux sur son territoire, ce n’est tout de même pas un crime! » s’est plaint alors le maire.

Quant à Guy Harlé d’Ophove, ses propos ont été, comme on le devine, sans équivoques :

« C’est un jugement de portée nationale, se réjouit Guy Harlé d’Ophove. Il fera jurisprudence. Nous attendions cette décision pour lancer d’autres actions en justice dans des cas identique. (…)

C’est aussi une victoire emblématique du monde rural face à la boboisation de la société. (…)

J’espère que les conclusions de ce procès feront prendre conscience à ceux qui veulent créer des Bambiland que les conséquences financières peuvent être désastreuses pour leur budget. »

On reconnaît ici l’esprit de l’intimidation. Le but de ces gens, ultra-réactionnaires, est de torpiller au moyen des institutions, en profitant des valeurs les plus rétrogrades.

D’exercer une telle pression, que personne ne puisse s’opposer…

Les chasses présidentielles à Chambord

Dans Le Figaro d’hier, deux pages étaient accordées aux chasses menées à Chambord, « paradis perdu des animaux politiques ». Allusion au fait qu’auparavant, bien davantage de responsables politiques et économiques – de la haute bourgeoisie – venaient chasser là-bas.

Voici comment le Figaro présente la chose.

Voici un petit exemple de la « mystique » de ces chasses, qui se font au tir.

Voici comment Valéry Giscard d’Estaing, qui a été président de la république, exprime sa « nostalgie »…

Voici une présentation de la situation actuelle…

Michel Delpech : « Le chasseur »

Le chanteur Michel Delpech, qui vient de décéder, a écrit une chanson très intéressante sur la chasse, dans les années 1970 : « Le chasseur ».

Au-delà de la critique de la chasse, il y a un point de vue extrêmement utile, car les paroles tentent de reconstruire la psychologie du chasseur. Impossible de ne pas comprendre, en effet, que la chasse populaire consiste également en une tentative de se lier à la Nature.

L’approche est totalement erronée, mais on ne peut pas réussir à convaincre les gens d’arrêter la chasse si justement on ne propose pas quelque chose de positif dans le rapport à la Nature…

Il était cinq heures du matin
On avançait dans les marais
Couverts de brume
J’avais mon fusil dans les mains
Un passereau prenait au loin
De l’altitude
Les chiens pressés marchaient devant
Dans les roseaux

(Refrain)
Par dessus l’étang
Soudain j’ai vu
Passer les oies sauvages
Elles s’en allaient
Vers le midi
La Méditerranée

Un vol de perdreaux
Par dessus les champs
Montait dans les nuages
La foret chantait
Le soleil brillait
Au bout des marécages

Avec mon fusil dans les mains
Au fond de moi je me sentais
Un peu coupable
Alors je suis parti tout seul
J’ai emmené mon épagneul
En promenade
Je regardais
Le bleu du ciel
Et j’étais bien

(refrain)
Par dessus l’étang
Soudain j’ai vu
Passer les oies sauvages
Elles s’en allaient
Vers le midi
La Méditerranée

Un vol de perdreaux
Par dessus les champs
Montait dans les nuages
La foret chantait
Le soleil brillait
Au bout des marécages

Et tous ces oiseaux
Qui étaient si bien
Là-haut dans les nuages
J’aurais bien aimer les accompagner
Au bout de leur voyage
Oui tous ces oiseaux
Qui étaient si bien
Là-haut dans les nuages
J’aurais bien aimer les accompagner
Au bout de leur voyage

Allain Bougrain Dubourg agressé dans les Landes

Voici le communiqué de presse de la LPO suite à son « Opération pinsons 2015 » visant la chasse (illégale) des pinsons en France, plus précisément dans les Landes.

Ce qui s’y passe est simple à comprendre : les Landes sont un lieu de passage pour de nombreuses migrations, les oiseaux s’y arrêtant pour s’y nourrir lors de leurs voyages.

Or, l’Etat donne des « dérogations » pour la capture d’alouettes, et en pratique de très nombreux autres oiseaux, y compris protégés, sont chassés. Tout cela est su, mais accepté, de par la base culturelle locale, avec ses notables, ses valeurs réactionnaires, etc.

Les gens de la LPO ont sous-estimé cela : leurs illusions sur un « Etat de droit » les ont amené à faire face à la violence.

Des dizaines de milliers de pinsons tués illégalement : Les Landes territoire de non droit ?

Ce matin 9 novembre 2015, dès l’aube, Allain Bougrain Dubourg accompagné de militants de la LPO a une nouvelle fois dû intervenir sur le terrain dans les Landes pour dénoncer le braconnage des pinsons. Après les ortolans -également protégés par la Loi- un peu plus tôt dans la saison, c’est au tour des pinsons d’être massivement victimes de braconnage.

Chaque année, ils sont entre 150 000 et 300 000 Pinsons des arbres et 30 000 à 50 000 Pinsons du Nord à être capturés et tués à des fins « culinaires » (en brochette) au mépris de la loi. La France fait partie du petit groupe des mauvais élèves de l’Europe aux côtés de la Grèce, la Croatie et l’Albanie. Des braconniers s’en sont violemment pris au Président de la LPO et son équipe.

En septembre dernier, la LPO et ses collègues européens de CABS avaient réussi à identifier 45 sites de braconnage du bruant ortolan, fait saisir près de 700 matoles (piège cage) et libéré 117 oiseaux. Deux mois plus tard, faute d’intervention par l’État, la LPO est contrainte de retourner sur le terrain pour dénoncer le braconnage des pinsons dans les mêmes conditions et avec les mêmes méthodes.

Cette fois, plus de 20 sites ont été préalablement repérés, et des pièges trouvés avec différents passereaux. Des pinsons ont pu être relâchés. Ce ne fut malheureusement pas le cas pour ces Chardonnerets élégants, écrasés sauvagement faute d’être comestibles.

Chaque saison, des milliers de pinsons sont braconnés lors de leur passage migratoire sur la façade atlantique française, au moment où leurs effectifs sont les plus importants. Les deux espèces –Pinson des arbres et Pinson du Nord- sont pourtant protégées par l’article 3 de l’arrêté du 29 octobre 2009 du Code de l’Environnement. Leur capture constitue un délit passible d’une peine de prison d’un an et de 15 000 € d’amende. Il est donc strictement interdit de les capturer, les détenir, les transporter, ou les commercialiser.

Les méthodes de captures utilisées sont identiques à celles des ortolans : matoles, cages-pièges… des procédés non sélectifs qui impactent d’autres espèces protégées : rouge-gorge, chardonnerets, verdiers…

Crédit photo : LPOArrivés sur l’un des sites de piégeage, les militants de la LPO et les journalistes se sont violemment fait prendre à partie par deux individus. Les pneus des véhicules ont été crevés mais ce ne fut pas le pire : 4 militants de la LPO dont le Président, le Vice-Président et le Secrétaire Général ont été violemment agressés.

Après constatation des contusions à l’hôpital de Dax, une plainte a été déposée à la Gendarmerie.

Sous prétexte d’on ne sait quelle « tolérance » dès qu’il s’agit de petite délinquance de l’environnement, l’État, de droite comme de gauche, est défaillant depuis trop longtemps, et son autorité bafouée dans les Landes, grâce à l’aide de quelques parlementaires complaisants.

Cette situation est d’autant plus inacceptable que se discute actuellement à l’Assemblée nationale et au Sénat la loi sur la biodiversité.

Alors que le Président de la République affirmait en 2012 vouloir faire de la France un pays exemplaire en matière de biodiversité Allain Bougrain Dubourg estime qu’il est temps que ces engagements se concrétisent enfin et lance une pétition de grande ampleur intitulée « Mettons fin au massacre illégal des oiseaux familiers ».

Tous concernés !

Chaque citoyen peut appeler par cette pétition nos gouvernants à mettre fin à ces pratiques barbares et faire appliquer le « simple » respect de la loi. Signez et faite signer la pétition :https://secure.avaaz.org/fr/petition/Mettons_fin_au_massacre_illegal_des_oiseaux_familiers/?nJYhBdb

François Hollande fait copain-copain avec le « Chasseur français »

Nous vivons dans un pays de plus en plus réactionnaire, traditionaliste, conservateur : c’est un simple constat facile à faire.

Et c’est certainement un exemple historique significatif. En effet, François Hollande a accordé une interview en grande pompe au « Chasseur français », ce mensuel ultra-conservateur tirant à plus de 500 000 exemplaires.

Voici la couverture de la revue, où l’on voit que l’interview est mise en avant de manière significative.

C’est également vrai sur le net…

La présentation est très parlante aussi:

Rôle et représentation des chasseurs dans la gestion de la biodiversité, régulation évolutive des loups, engagement en faveur des zones rurales défavorisées, défense de l’intégrité des communes, mouvements zadistes, nouveau rôle du domaine national de Chambord, élections régionales et… implication du Chasseur Français dans le paysage national sont quelques thèmes de cet entretien exceptionnel.

Sans omettre quelques confessions sur l’enfance du Président de la République qui pourront peut-être surprendre. L’intervention présidentielle s’inscrit dans le cadre de la célébration de l’anniversaire du magazine dont l’histoire a accompagné les grands bouleversements de notre pays.

Car on a ici du donnant-donnant. Le chasseur français salue le traditionalisme et le loyalisme, François Hollande célèbre le terroir. C’est un échange de bons procédés, expliqué comme suit par la revue dans son éditorial dans une optique très apolitique-conservatisme ultra :

Et voici comment François Hollande, de son côté, salue la revue…

Incroyable que de lire cela. C’est une politique fondée sur un populisme terrible, qui est vraiment d’un esprit pétainiste. Il est incroyable de  lire le président de la république célébrer la chasse et le terroir, alors que ses réponses se retrouvent entre des publicités pleine page pour des fusils…

On a même des « confidences » sur l’enfance, dans un style véritablement démagogique, absolument régressif sur le plan de la maturité politique. Quand on lit cela, on voit mal comment l’infantilisme propagé par François Hollande n’ouvre pas la voie à Marine Le Pen…

Le président de la république saluant les 130 ans du chasseur français en saluant l’exploitation et le meurtre des veux élevés sous la mère… Voilà qui montre bien que tout cela doit être balayé et jeté dans les oubliettes de l’histoire!

Nous vivons une époque affreuse, mais le triomphe du conservatisme ne pourra pas durer éternellement : c’est trop en décalage avec les possibilités de notre époque, avec l’exigence d’une vie en harmonie avec les animaux, avec l’humanité reconnaissant qu’elle est un élément de l’ensemble de la vie sur notre planète!

Un jour sans chasse a-t-il réellement un sens?

Il y a une nouvelle pétition « Pour l’arrêt de la chasse le dimanche », alors qu’il y a eu encore un mort tout récemment, avec un promeneur tué. Comme le constate Le Figaro:

En Isère, un jeune homme de 20 ans a été samedi matin tué alors qu’il se promenait sur un sentier de la commune de Revel. Le lendemain, c’est un cycliste qui a été blessé au visage par un chasseur à Luc-sur-Orbieu, dans l’Aude.

Le week-end précédent, une femme d’une quarantaine d’années et sa fille de 12 ans avaient, elles aussi, été blessées par un tir dans une forêt du Rhône. Les victimes sont pour la plupart souvent des chasseurs eux-mêmes. Mercredi, un participant à une battue au sanglier a tiré sur l’un de ses camarades dans le Var.

Nous n’aimons toutefois pas les pétitions, et là l’exemple est flagrant. Si déjà 75 000 personnes l’ont signé, il y en avait déjà eu une en 2012, avec 300 000 signatures, sans que cela n’y change rien.

Ce n’est pas tout : en 2000, une loi avait institué que le mercredi serait un jour sans chasse, et en 2004 cela avait été abrogé. On n’a pas simplement affaire à quelque chose de réactionnaire, de dépassé. On a affaire à quelque chose de réactionnaire, de dépassé et qui est revenu.

Cela montre qu’il y a un problème de fond, et il est facile à comprendre : en cas de crise sociale, dans quel camp seront les chasseurs et leurs fusils? Ce n’est pas très difficile à deviner, de par leur dimension « terroir », sexiste, populiste…

Voici la pétition, qu’on peut signer ici. On notera avec intérêt que les animaux n’y existent pas : on est ici dans une démarche entièrement anthropocentriste, en défense des promeneurs et des cavaliers, etc.

C’est en fait une pétition pour « s’approprier la nature », comme on le lit, à la place des chasseurs. Ce n’est absolument pas pertinent… Un jour sans chasse a-t-il réellement un sens? Non, c’est l’abolition de la chasse seulement qui a un sens, une signification.

Pour l’arrêt de la chasse le dimanche

Auteur : L’Association pour la protection des animaux sauvages

À l’attention : de Monsieur le Président de la République

Cette pétition est lancée par l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), pour que le dimanche soit dorénavant un jour sans chasse et que nos week-ends ne soient plus annexés par les chasseurs !

Pour des balades en toute sécurité et liberté : signez-la et partagez-la !

Monsieur le Président de la République,

Chaque année, en France, la chasse provoque des dizaines d’accidents dont un nombre élevé s’avère mortel. Promeneurs, randonneurs, cueilleurs de champignons, vététistes, sportifs, cavaliers, scolaires, naturalistes, escaladeurs et tous les utilisateurs de la nature, ont le droit de pratiquer leur loisir en toute sécurité et sérénité, sans que pèsent sur eux les menaces d’une seule activité : la chasse.

Les chasseurs représentent moins de 2% de la population, mais ils s’approprient la nature tous les jours de la semaine pendant 9 mois de l’année, au détriment des 98% restants.

Aujourd’hui, il n’existe plus aucun texte législatif ni réglementaire pour encadrer les mesures de sécurité liée à la chasse.

Vous n’êtes en effet, pas sans savoir que la loi chasse n°2008-1545, dite « loi Poniatowski » a supprimé la seule référence législative qui mettait des bornes à ce grave problème. En effet, si la loi chasse 2000 avait bien prévu qu’un décret encadrerait la réglementation de la sécurité de la chasse, ce décret n’a jamais été pris. Pire, la « loi Poniatowski » a supprimé cet article de loi en 2008.

Déjà, en 2004, la loi chasse de R. Bachelot avait supprimé le jour sans chasse issu de la loi chasse 2000.

Bien plus tôt, en 1982, la circulaire Deferre avait supprimé le périmètre de sécurité autour des habitations !

Cette dérèglementation a conduit la France à être, de très loin, le pays d’Europe où il y a le plus d’accidents de chasse. Pourtant des mesures simples et de bon sens suffiraient à en faire baisser considérablement le nombre.

Je vous demande donc de prendre des mesures efficaces rapidement pour pallier ce problème de sécurité et d’inégalité, en établissant une trêve de la chasse le dimanche. J’espère que vous tiendrez compte, lors de vos prochaines décisions, de cette opinion largement partagée. Agissez pour que soit mise en place cette mesure de bon sens : simple et efficace.

Je compte sur vous, Monsieur le Président, pour donner votre appui à des mesures qui vont dans le sens du respect des droits des usagers de la nature.

« Cecil le lion, ou l’indignation de l’indifférent »

L’affaire du pauvre lion surnommé Cecil et assassiné continue de faire beaucoup de bruit. Nombreuses sont les personnes qui prennent conscience de la situation et saisissent l’ampleur du désastre, notamment ce qui touche aux pseudos chasses organisées.

Sur internet, surtout aux États-Unis mais également dans d’autres pays comme l’Autriche ou la Suisse, on retrouve des portraits de chasseurs partis en Afrique et tuant des animaux « commandés »: des rhinocéros, des girafes…

Naturellement, il s’agit toujours ici de gens appartenant aux catégories sociales les plus élevées, qui lorsqu’elles se défendent utilisent un argument simple: elles ont payées, il y a eu un contrat, elles n’ont donc rien à se reprocher…

On comprend bien ici qu’il y a une idéologie dominante à écraser. Tant que dominera ce prestige du « luxe » – la chasse en Afrique, le « cuir » des belles voitures, la « fourrure »… – la société ne progressera pas sur la voie du véganisme. C’est une question de style de vie.

Le « scandale » continue en tout cas, et c’est une bonne chose. De nombreuses compagnies d’aviation ont annoncé ne plus accepter de transporter des « trophées ». Des gens discutent de la situation, c’est une actualité.

Il est donc dans l’ordre des choses que certains soient contre, afin de s’opposer à l’émergence de la question animale.

Le Figaro a ainsi publié une tribune ignoble, où quelqu’un met en avant l’idéologie prétentieuse et vaine des ONG, affirmant même sur « le ton de la blague » qu’il devrait tuer le frère de Cecil pour y tatouer les noms des victimes humaines en Afrique…

Une manière classique d’opposer l’humanisme à la cause animale, alors que justement cette dernière est le prolongement logique de l’humanisme… Le pseudo humanisme n’étant en réalité que notre ennemi juré: l’anthropocentrisme.

On notera au passage que l’auteur de la « tribune » est un Belge habitué des prises de positions ultra-conservatrices. L’ONG à laquelle il appartient – et qu’il ne pourrait mettre en avant ici dans sa tribune sans accord au moins tacite – dispose d’un soutien vraiment très important d’entreprises et d’institutions. Son président a un long parcours dans le milieu des ONG, après avoir étudié le business à la prestigieuse université de Dauphine et avoir été journaliste à BFM Business.

Cecil le lion, ou l’indignation de l’indifférent

FIGAROVOX/HUMEUR – Joseph Junker, ex-volontaire de solidarité internationale, dénonce l’hypocrisie qui enveloppe l’indignation autour de la mort du Lion Cecil et l’indifférence des Occidentaux à l’égard du continent africain.


Joseph Junker est blogueur. Il a été bénévole pour l’ONG Solidarité internationale

Raiza n’avait pas plus de 14 ans quand je l’ai rencontrée. Comme toutes les jeunes filles philippines de son âge, elle était restée plus une enfant qu’une adolescente, combinait l’espièglerie de la jeunesse, l’indolence des pays tropicaux et ce culte de l’instant présent qui permet aux plus démunis de survivre avec le sourire à leur condition misérable. Abandonnée par sa mère et sans famille, elle avait été recueillie au milieu d’une douzaine d’autres jeunes filles par des frères catholiques, qui nous avaient demandé entre autres choses de nous occuper d’elles et de les envoyer à l’école. Prenant notre tâche à cœur, nous décidâmes le jour de ses 15 ans de lui offrir le minimum syndical que permettait notre temps limité de volontaire: un petit gâteau, une bougie, et quelques chocolats pour elle toute seule, de la part des frères. Lorsque les lumières s’éteignirent, qu’elle entendit «happy birthday to you» et nous vit arriver avec notre dérisoire petit présent, elle fondit en larmes et ne sut dire un mot pendant plusieurs minutes, avant de nous déclarer entre deux sanglots que personne n’avait jamais fait attention à elle, et que c’était le plus beau jour de sa vie. Elle avait 15 ans, et elle mourrait. Pas de cette mort violente de faim, de soif ou de coups. Elle mourrait de l’indifférence de ses semblables, de notre indifférence, de votre indifférence.

Un autre volontaire, parti lui en Guinée nous racontait la violence de la vie en Afrique, bien physique cette fois, et dont il avait été témoin. A l’hôpital St Gabriel de Conakry, on comptait certaines semaines une demi-douzaine de morts. Des adultes blessés par des rebelles? Des femmes violées par quelques milices? Des malades d’Ebola venu finir leurs misérables jours dans un minimum d’humanité? Même pas. Presque tous des enfants. A 6 ans leur corps décharné à peine plus gros que celui d’un nourrisson, morts de malnutrition. Seul voie de survie pour ce volontaire: se blinder et parvenir sans jamais s’y faire à continuer à soigner tous ces anonymes qui s’accrochent à la vie.

Ce soir, Mamadou va mourir, noyé avec les 14 érythréens qui l’accompagnaient, tous emportés par une lame sur le chemin de la Crète. Comme ils sont peu nombreux, la seule personne qui en entendra parler sera l’ouvrier communal chargé d’enterrer son corps.

Pourquoi je vous raconte tout ça? Parcequ’il y a statistiquement 1% de chances que vous sachiez situer Conakry sur la carte du monde, 0% de chances que vous ayiez entendu parler un jour de Raiza et il est une certitude que Mamadou ne sera rien de plus pour vous qu’une statistique que vous lirez dans quelques mois.… mais qu’à moins de revenir à l’instant de vacances ou d’être un citoyen raisonnablement déconnecté, vous avez 99% de chance d’avoir entendu parler du décès tragique de Cecil, le lion zimbabwéen (Simba quoi?) le plus célèbre du monde. Il est même problable que vous connaissiez le nom de son frère, dont vous avez appris en même temps l’existence et la survie avec un soulagement non-dissimulé. Peut-être même avez-vous comme 220.000 autres signé la pétition réclamant justice pour l’infortuné Cecil et son «assassin», ce riche amerloque, ce méchant presque trop laid pour être vrai qu’on imagine déjà membre du NRA, du GOP, roulant en SUV, homophobe, raciste, et tout les autres crimes de la terre – (je parle naturellement ici des crimes vraiment graves, naturellement) et dentiste par-dessus le marché!

Oh bien-sûr, il est regrettable que des individus s’amusent à tuer inutilement pour leur amusement personnel de grandes et belles bêtes, rares et menacées de surcroît. Mais comment ne pas s’attarder un instant sur ce que nous dit cette histoire de l’Afrique, ce continent de l’indifférence, où la mort d’un lion dépassera bientôt en impact celle de Nelson Mandela, faisant de cet animal l’africain le plus aimé et le plus regretté à travers le monde? Permettez-moi d’en tirer 2 enseignements:

Premièrement, nous n’avons pas grand-chose à cirer des enfants de Conakry. Ou plutôt si, nous préfèrerions qu’ils ne meurent pas, sommes éventuellement prêt à leur faire l’obole lorsque leur existence se fait un peu trop gênante pour la tranquilité de notre conscience et de notre petit système moral. A condition évidemment qu’ils restent en Guinée (où ça?), évitent d’y avoir eux-même trop d’enfants et surtout que nous n’ayons pas à y mettre les pieds un jour… sauf sur la plage bien entendu.

Deuxièmement, l’histoire de la mort de Cecil nous intéresse. Elle ne nous intéresse pas parceque nous regrettons de ne plus pouvoir l’admirer au cours du safari que vous projettez de faire à la noël au Simba… (euh… où ça déjà?), mais parcequ’elle correspond au mythe de la vision de l’homme qui prévaut dans notre société: La bêtise de l’homme détruisant la beauté de la vierge nature et la pureté des majestueux êtres qui la peuplent, comme c’est beau et tragique! L’homme blanc qui vient exploiter les ressources de l’Afrique, quelle horreur absolue dans notre référentiel idéologique! Mais surtout, ce qui est très pratique: le coupable est parfait! Il ne nous ressemble pas, vous et moi n’aurions jamais fait une chose pareille (vous n’en avez de toutes façons pas les moyens), il est loin de nous et nous évite franchement de nous remettre en question. Pas de petites sueurs froides au moment de le condamner, pas d’épine dans la conscience, le confort moral parfait pour pouvoir s’indigner tranquillement assis derrière son ordinateur. Ca tombe à pic d’ailleurs, en été il ne se passe jamais rien!

En fait, la morale la plus intéressante de cette histoire est que l’indignation du bobo requiers l’indiférence du nanti.

Alors si vous avez lu ceci et vous êtes reconnu dans ces lignes, il n’est pas trop tard pour changer et pour renier cette indifférence: commencez par entendre la question que votre fils vient de vous poser et que vous n’avez pas répondue, absorbé par votre écran. Puis regardez une fois dans les yeux le prochain sans-abri que vous croiserez (ne fût que pour vous rendre compte que c’est un être humain qui vous parle plutôt qu’une machine à demander des sous) et demandez-vous sincèrement par quel moyen pour pourriez aider les quatre Zimbabwéens sur cinq qui vivent dans la misère. Vous m’éviterez ainsi la tentation d’aller descendre le frangin de Cecil et de lui tatouer sur le corps les noms de Raiza, Mamadou et de tous les petits morts de Conakry. Peut-être qu’ainsi, au milieu de cette mondialisation de l’indifférence, vous feriez enfin un peu attention à eux.

La mort monnayée et organisée du lion Cecil

Cecil était un lion, un beau lion âgé de 13 ans, qui vivait au Zimbabwe. Cecil était, en théorie, protégé, et aussi suivi grâce à un collier émetteur posé par des scientifiques et il était la « star » des touristes de la réserve Hwange au Zimbabwe.

Cecil a été massacré par un richissime dentiste américain, Walter Palmer, qui a d’abord blessé le lion avec une flèche, l’a ensuite traqué pendant 40 heures avant de l’achever, de le dépecer et de le décapiter. L’homme était manifestement déterminé à abattre Cecil !

Cet homme est un récidiviste car en 2008 déjà, il a tué un ours noir aux États-Unis, qui était à plusieurs dizaines de kilomètres hors de la zone de chasse pour laquelle il a un permis de chasse. L’histoire s’est dramatiquement répétée avec Cecil car l’assassin aurait déboursé 50 000 dollars pour tuer ce lion en l’attirant hors du parc où il était protégé. Mais il n’est pas le seul coupable dans cette affaire : l’organisateur de safari de grande chasse a été inculpé pour ne « pas avoir empêché une chasse illégale »et le propriétaire de la ferme où le corps inerte du lion a été retrouvé est également complice de ce meurtre entièrement prémédité.

Des peluches ont été déposées devant le cabinet de ce dentiste au passe-temps morbide, une pétition pour réclamer justice pour Cecil a récolté pour le moment 800 000 signatures, des appels aux dons pour financer les campagnes pour la protection animale et pour l’unité de recherche d’Oxford (les scientifiques de cette unité suivaient Cecil via son collier GPS) sont ouverts.

Sur internet la grogne monte, les réactions sont multiples et très nombreuses, ce qui est normal, heureusement qu’il existe ce qu’on appelle une opinion publique, qu’il y a des gens capables d’éprouver des émotions, de la colère face à l’injustice.

Cela a été tellement fort que le journal Le Monde a publié un article sur les réactions sur internet à la rubrique… faits divers. La question animale est habilement rejetée au second plan, afin de faire en sorte de présenter les gens comme des idiots réagissant de manière épidermique, avec une propension à la méchanceté, etc.

Il s’agit de présenter les gens comme des incapables, des êtres infantiles, afin de les priver de leur droit de ressentir et de décider.

Bien sûr, il est dommage que les émotions soient parfois sélectives; les informations se diffusent de manière très hasardeuse et les gens se prennent d’émotions pour quelque chose qui les frappe en particulier, alors que c’est peut-être horrible et pourtant banal en même temps, malheureusement.

Cela veut simplement dire qu’il faut systématiser la critique, et non pas dénoncer les gens…

Il y aussi le fameux argument selon lequel se préoccuper des animaux irait à l’encontre de se préoccuper des humains. C’est un argument particulièrement terroriste, et particulièrement classique. Voici deux exemples de commentaires, l’un pour l’autre contre cet argument.

 « Je trouve stupide que de comparer des faits à d’autres, plus graves ou qui n’ont rien à voir avec ce dont on parle. C’est une (mauvaise) façon d’excuser une action. Oh, il a tué un lion mais il y a 200 morts par noyades et personne ne s’en offusque ! Oh, j’ai tué un homme mais Hitler en a tué bien plus! C’est du même tabac.Je dis simplement que tuer un si bel animal pour le triste plaisir d’en faire un trophée, ça relève de la psychiatrie lourde. Tuer, c’est ce qui fait bander les chasseurs. »

« Je ne suis pas d’accord avec vous. Je trouve choquant d’avoir une telle avalanche de réactions pour un lion et rien, par exemple, pour les 200 morts par noyade dont vous parlez. Ce déséquilibre est inquiétant, car il montre qu’en même temps que nous devenons de plus en plus sensibles de la cause des animaux, nous sommes également de plus en plus indifférents à la mort d’hommes et de femmes »

Voici un commentaire venu en soutien à l’entreprise de dénonciation des amis et amies des animaux :

« + 1, Mat. C’est James qui mélange tout. Ce qui est sous-jacent à ces déferlements de réactions, c’est effectivement l’hyper-sensibilité des gens face aux drames animaliers (que l’on peut comprendre… mais dans certains limites…) et l’indifférence face à certains drames humains. Cela dit, je note qu’en donnant un nom aux animaux, on les humanise et provoque cette empathie. Rendons leurs noms aux Syriens, migrants, femmes et enfants victimes de violence, et on pleurera peut-être leur sort… »

Ce qui est aussi frappant, c’est que cette attitude typiquement anti-démocratique qui vise à dénoncer les gens, à les présenter comme des « idiots », peut tout à fait exister chez certaines personnes prétendant intervenir pour défendre les animaux :

 « on peut comparer la vie (et la mort) de ce lion, avec celles des milliards d’animaux qui vivent (et meurent) dans les plus grandes souffrances dans nos élevages industriels. pourquoi ne réagit on pas dans le deuxième cas ? »

Dire les choses ainsi est faux parce que justement la conscience de la réalité ne tombe pas du ciel, il faut savoir étudier et présenter les faits. Si personne ne le fait, alors on ne peut arriver à rien.

D’ailleurs, si ce n’était pas le cas, on pourrait accuser la quasi totalité de l’humanité d’être criminelle pour laisser l’exploitation animale se généraliser et de ne pas être à la hauteur face au changement climatique.

Or, elle l’est et en même temps elle ne l’est pas: c’est justement tout le sens de la bataille à mener pour la prise de conscience et l’intervention pour la libération animale, la libération de la Terre!

Et dans cette perspective, les « appels au calme » sont en décalage total avec la réalité, tout comme les tentatives de dire que des « réformes » seraient possibles… Sur combien de temps, 1000 ans que nous n’avons pas?

Les chasseurs et les enfants à l’école

C’est un article édifiant du Canard enchaîné, sur l’activité des chasseurs à l’école…

Il y a quelque chose qui doit par contre nous interpeller. Il y a suffisamment d’amis et d’amies des animaux en France pour compiler toutes ces activités des chasseurs. Pourquoi n’est-ce pas fait?

Il ne s’agit pas que de dénoncer les chasseurs ou la chasse, mais bien de relier ces faits à l’exploitation animale en général, pour comprendre comment elle s’organise, comment elle agresse les esprits, comment elle impose sa culture.

Encore une fois, il apparaît que sans ancrage local, la critique générale ne dispose pas d’assez d’énergies…

Ce n’est que d’un entrelacement de groupes locaux, échangeant expériences et informations, soulevant l’opinion publique, qu’on peut arriver à une vraie mobilisation pour les animaux… Et bien sûr, au coeur de tout cela, il ne doit pas y avoir les humains, et leur anthropocentrisme, réformiste ou « antispéciste », mais les animaux eux-mêmes, donc la Nature sauvage, les refuges…

Les « battues du château de Chambord »

Voici un article qui soulève le voile sur ce qui est normalement habilement caché. Nous avons déjà parlé de ces chasses qui sont un lieu de prestige, où se rencontrent les gens de la « haute », le gratin de la haute bourgeoisie. Voici comment le journal Le Monde, dans son magazine, présente ces chasses officielles de l’Etat, en tentant de gommer l’aspect totalement élitiste propre aux riches en parlant de « survivance monarchique ».

En réalité, on est là dans le reflet le plus simple du capitalisme. Et si jamais le mot révolution doit avoir véritablement un sens autre que symbolique, cela veut dire faire de ce lieu un sanctuaire, et se débarrasser de tous ces gens de la haute, pour que ceux d’en bas puissent donner leur avis! Et on est tout à fait en droit de penser que si on laisse parler les gens, il ne seront pas d’accord pour l’exploitation animale et la destruction de la planète au service du profit…

Chambord, les chasses bien gardées de la République

Politiques, grands patrons et hauts fonctionnaires continuent de se presser aux battues du château de Chambord. Une survivance monarchique encore largement financée par l’Etat.

Un jour de juin, fêtant son demi-siècle à la mairie de Villermain, à 20 kilomètres au nord de Chambord, Gérard Plessis a contemplé ses cadeaux. Une veste de chasse, la médaille d’or du Sénat et celle du conseil général. Devant le préfet et la sénatrice du Loir-et-Cher, l’ancien maire s’est lancé, un peu tremblant : « Maintenant, peut-être pourrai-je être invité à la chasse du château ? »

La question s’est perdue dans le cliquetis des verres de crémant de Loire. Ne pénètre pas qui veut dans l’ancien fief de François Ier, placé sous la haute protection du chef de l’Etat. Les chasses de Chambord ont survécu à deux révolutions et cinq Républiques. On y a connu des rois descendant de Paris avec leurs courtisans, et des présidents, Pompidou ou Giscard, accueillant les têtes couronnées.

Les privilèges féodaux ont été abolis en 1789 et les chasses présidentielles définitivement supprimées par Nicolas Sarkozy, en 2010. François Hollande s’est longtemps gardé d’y mettre le pied. En décembre, lors d’une visite surprise, il a insisté sur la vocation touristique du château. Sans un mot pour les chasseurs, qui n’ont guère changé leurs habitudes depuis des années. Un cinquième du domaine a été ouvert au public, mais seules quelques gâchettes choisies sont conviées à des rassemblements qui n’ont pas grand-chose à envier aux parties de chasse staliniennes de la bande dessinée d’Enki Bilal.

Certains vendredis (et quelques mardis) entre septembre et février, les routes traversant le domaine sont, au petit matin, coupées par la gendarmerie. « C’est comme ça qu’on apprend qu’il y a une chasse au château », explique agacé un propriétaire voisin alors contraint à faire de grands détours. « Ce n’est jamais annoncé à l’avance, même pas dans la presse locale. »

Pour pénétrer dans la « mecque de la chasse », «  il faut faire partie de la cour, ou avoir des amis haut placés ».

Devant les tours embrumées du château, trente hommes, parfois une femme ou deux, en bottes et Barbour, enfilent les gilets fluo réglementaires et grimpent dans l’une des cinq Land Rover du domaine. Les fox aboient, la chasse commence, à cor, à cris et sans témoins. Pour pénétrer dans la « mecque de la chasse », magnifique forêt de chênes et de bouleaux de 5 440 hectares clos de murs, « il faut faire partie de la cour, ou avoir des amis haut placés, explique un élu voisin du château. Il n’y a que ça qui marche. »

On essaie donc de se faire inviter, en toute candeur journalistique. Pas pour tenir un fusil (on n’a pas le permis), juste pour assister au spectacle de cette « tradition républicaine » racontée aux touristes de Chambord et financée en partie par les deniers publics. N’a-t-on pas vu Christine Boutin trotter derrière son mari chasseur ? Ou Bernadette Chirac en rabatteuse, chapeau à plume et bottes de cuir, au grand dam de son mari et de sa fille, tous deux antichasse ? « C’est vrai, j’étais là », confirme Claude Bartolone.

Le président PS de l’Assemblée nationale est aussi président de l’Association des amis de Chambord, instance stratégique pour les parties de chasse. Ce passionné, qui traque le sanglier depuis son enfance, ne rate pas une saison depuis les années 1980. Mais il ne détient pas les clés du domaine. Pas plus que Maurice Leroy, président UDI du conseil général, qui assure, « vraiment désolé », n’avoir pas la main sur les « fusils de Chambord », comme s’appellent les chasseurs entre eux.

Pierre Charon, président du domaine national de Chambord sous Sarkozy, vient d’être nommé par lui délégué national de l’UMP à la chasse. « J’ai été François Ier, sourit le sénateur de Paris. Les patrons du CAC 40 venaient me voir humblement, casquette à la main. » Gérard Larcher, président UMP du Sénat, lui a succédé en 2011, avant de démissionner après sa réélection au Sénat. Sous ses clochetons Renaissance, Chambord est une forteresse.

Des chaises grincent dans le huis clos chambourdin et on espère un instant : depuis le 1er janvier, c’est un non-chasseur qui préside Chambord. Ça ne s’était pas vu depuis vingt ans, sous Chirac. Guillaume Garot, député PS de la Mayenne proche de Ségolène Royal, découvre la puissance de feu électorale des chasseurs.

Ils ont le soutien de groupes parlementaires à l’Assemblée et au Sénat, de patrons de grandes entreprises, publiques ou non. C’est un lobby puissant fasciné par Chambord. Guil­laume Garot s’en amuse : « Je n’ai jamais eu autant d’amis, ni reçu autant de cartes de vœux ! »

Les petits chamboulements du nouveau président

Nommé par François Hollande, il n’était pas candidat à ce poste convoité par plus de 200 fines gâchettes. Plutôt intéressé par l’intérêt écologique et culturel de ce « château mythique », le nouveau président du domaine national de Chambord annonce, « sinon une révolution, une évolution ». Il « découvre » cet univers, mais ne détient pas encore le sésame des chasses à Chambord.

Il n’est d’ailleurs guère pressé d’entrer dans le bal des cartons d’invitation : « Je vais d’abord aller voir comment se déroule une chasse, puis je me pencherai sur la question des invités.

» Il ne s’interdit pas de « bousculer le protocole », ni de faire payer les chas­ses. Pour une battue dans les domaines privés de Sologne, dont aucun n’égale la perfection de Chambord, les tarifs atteignent plusieurs centaines d’euros par jour.

C’est un parlementaire chasseur qui donne la bonne piste. Jean d’Haussonville, directeur général de l’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) créé en 2005 pour gérer le domaine national de Chambord, est le grand chambellan du château. « C’est lui qui fait le casting. »

Pantalon en velours et veste de tweed, cet énarque diplomate, en poste depuis l’ère Sarkozy, reçoit à Chambord avec beaucoup d’égards, bien que visiblement lassé d’être interrogé sur « ce perpétuel sujet de fantasme journalistique ».

Il rappelle que, à Chambord comme à Rambouillet, « les chasses présidentielles ont été supprimées il y a cinq ans » et assure : « La normalisation est en cours. » On peut donc y assister ? Réponse : un « niet » peu diplomatique. « Ça ne se fait pas, les personnes qui y participent ne tiennent pas à apparaître. C’est du domaine privé. »

Et de comparer : « Quand le chef de l’Etat donne un dîner, on ne divulgue pas la liste des invités. »

Jean d’Haussonville est directeur du domaine et chargé du « casting » des invités aux chasses présidentielles. « C’est comme une première de l’Opéra de Paris  », dit-il.

Faute de chasse, on se rabat sur le musée du château. Les dernières photos de chasse à Chambord, datées des années Giscard, jaunissent dans les vitrines. Comme si le temps s’était arrêté à l’époque révolue où la République invitait des dirigeants plus ou moins recommandables.

« On ne pratique plus l’invitation de dictateurs », précise Jean d’Haussonville. Fini aussi « les cartons écrits à la plume d’oie » et « les sacs de jute cousus à la main pour emballer la viande ».

Chambord s’est démocratisé, ses battues accueillent désormais des « méritants », chasseurs ayant obtenu les meilleures notes au permis et « tous les parlementaires qui en font la demande », soit quelques centaines de personnes par an tout au plus. « C’est comme une première de l’Opéra de Paris », dit le directeur.

Délaissant son assiette de sanglier de Chambord sauce grand veneur, Jean d’Haussonville détaille son plan d’équilibre financier : « En 2016, la chasse ne coûtera plus un centime au contribuable », évoquant de mystérieux mécènes, chefs d’en­treprise ou personnalités fortunées, français et étrangers, remerciés de leurs dons défiscalisés par d’inoubliables parties de chasse au gros.
A bas les étiquettes !

A Chambord, se croisent hauts fonctionnaires français et européens, per­sonnalités étrangères dont l’anonymat est protégé : « Si un officier de l’OTAN, un parlementaire européen ou le ministre d’un pays ami vient chez nous, on ne ­le dira pas. »

La liste des parlementaires français habitués du « club » très masculin de Chambord, « des élus du peuple », rappelle Jean d’Haussonville, est tout aussi secrète : « Ce sont des personnages publics qui n’ont pas envie de publicité. »

Pourtant, quelques-uns ne font pas mystère de leur passion pour le brame du cerf en septembre : les sénateurs UMP Ladislas Poniatowski, François Baroin, Serge Dassault et Gérard Larcher, le socialiste François Patriat, les députés de droite Eric Ciotti, Christian Jacob, David Douillet…

« Même pendant la guerre Fillon-Copé, on chassait ensemble à Chambord, se souvient un parlementaire de droite. On se disait qu’il y avait une suite à tout ça, on n’allait pas se tirer dessus. »

Droite ou gauche, les étiquettes tombent. Sur les chemins empierrés du domaine, c’est la paix des braves : « Au déjeuner, on parle politique. Mais avec la complicité liée à la chasse, des liens se créent, c’est une autre tonalité. On refait le monde, même si aucune affaire ne s’est jamais conclue là-bas », raconte Claude Bartolone.

« On côtoie des industriels, des lobbyistes, des hauts fonctionnaires, c’est “the place to be” », explique Jérôme Peyrat, conseiller de Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris et membre, avec quelques parlementaires chasseurs, du très stratégique Conseil d’orientation de Chambord, en charge de l’avenir culturel et cynégétique du domaine, où se ­distribuent bon nombre de « fusils ».

La chasse, dit-il, est un excellent poste d’observation politique : « L’occasion d’apprécier le caractère de chacun : ceux qui sont fair-play et les autres. »

Le seul permis requis est celui de chasser. La rosette et la notice au Who’s Who sont bien vus, mais facultatifs. « On vient avec nos fusils, des armes dangereuses à ne pas mettre entre toutes les mains », explique Claude Bartolone. Pierre Lellouche a laissé un souvenir cuisant : « Il a failli dégommer Frédéric Péchenard, le directeur de la police nationale. La balle n’est pas passée loin », se souvient un sénateur témoin de la scène. Le député UMP de Paris n’a jamais été réinvité.

Dans sa petite mairie en face du château, un homme fulmine. « La chasse est un mal nécessaire, mais que ce soit toujours les mêmes, je ne suis pas d’accord. C’est un domaine public, pas seulement ouvert aux amis des amis. »

Pull de chasse décoré d’un cerf, écarlate de colère, André Joly est né à La Guillonnière, ferme familiale transformée en relais de chasse dans la forêt de Chambord. Ce chasseur, qui a sa propre partie à l’automne sur le domaine, est en guerre contre l’EPIC et son directeur, qui veut régenter la commune et lui donner le lustre d’un site classé par l’Unesco.

Fini les boutiques de souvenirs à deux sous, les toilettes municipales en préfabriqué et l’hôtel Saint-Michel, un 2-étoiles. Ses invités chasseurs ont beau adorer cette relique de la IVe République, où l’on peut encore dormir dans le lit de Georges Pompidou, Jean d’Haussonville veut faire table rase du passé.

L’hôtel, relooké par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, passera bientôt à 4-étoiles et la place du village sera libérée de ses sanisettes. N’en déplaise à André Joly qui fait de son combat celui de la « République contre la monarchie, qui est revenue à Chambord », en pétard contre « ces messieurs qui font la loi ».

Cette saison, il a compté 17 chasses. Et « certains sont venus six fois ».

Il s’agit, officiellement, de « battues de régulation » : un demi-millier de sangliers et quelques dizaines de cervidés, chassés en tir sélectif, doivent être éliminés chaque année pour éviter la surpopulation dans cette forêt grande comme Paris intra-muros.

Car depuis cinq siècles, le périmètre du domaine royal n’a pas changé. Les cerfs continuent de bramer en septembre et les sangliers de labourer la route de la Reine, entretenue par l’Office national des forêts.

« Les battues sont nécessaires », justifie un parlementaire. « Si ce n’est nous, ce sont les gardes-chasse de l’ONC [Office national de la chasse, NDLR] qui le feront. Cela aurait moins de panache. »

Bien dire « battues de régulation », donc. Même si, effet de l’habitude et de la tradition, on continue de se précipiter selon son grade et ses relations à « la chasse des ambassadeurs », « la chasse franco-belge », celles « du préfet », « du maire », « du conseil général », « des présidents de fédération de chasse » Et à celles « du château », courtisées et huppées, orchestrées par le directeur.

Le rituel est immuable. On se retrouve à déjeuner, à la Thibaudière, le relais construit par Georges Pompidou, hérissé de cors et de défenses impressionnants. A la tombée de la nuit, devant le château, les honneurs sont rendus aux quarante sangliers abattus, en présence de la garde républicaine. Les chasseurs se débarrassent des gilets fluo et dévoilent leurs plus belles tenues.

Le tableau de chasse est vendu à des marchands de gibier. Certains achètent leurs trophées en souvenir, comme Claude Bartolone ses défenses de sanglier, ou Pierre Charon, fier de l’écusson – on dit aussi « massacre » – qui trône dans son salon : « Un cerf magnifique, 14 cors, je l’ai tiré à 160 mètres… Le Graal pour un chasseur. »

Qu’est-ce qui a changé depuis Georges Pompidou, immortalisé dans la vitrine du musée de Chambord ? « Rien, tranche un employé du domaine proche de la retraite. Ce ne sont plus les mêmes gens, c’est tout. »

12 mouettes rieuses et un tadorne de belon assassinés pour menacer un bénévole!

Voici le triste résultat de l’initiative de Ségolène Royal qui dans les faits légalise le braconnage des oies. Les chasseurs, emplis de haine et de confiance, dévoilent leur visage qui est celui des valeurs les plus réactionnaires. Violence, esprit réac’ du terroir, intimidation, meurtres d’êtres vivants: voilà ce qu’ils portent, sans hésitation, avec agressivité et la certitude de ne pas être inquiétés.

L’information vient du site l’Amicale progressiste, du Nord.

12 mouettes rieuses et un tadorne de belon assassinés pour menacer un bénévole !

Hier samedi 7 février 2015, le GON publiait sur sa page Facebook un communiqué signalant qu’un de ses bénévoles avait été menacé d’une manière ignominieuse et extrêmement violente : 13 cadavres d’oiseaux ont été déposés devant son domicile.

Pour expliquer ce dont il est question, il faut savoir que, dès le 30 janvier, le GON s’était positionné contre la lettre de Ségolène Royal (dans laquelle elle demandait de ne pas sanctionner les chasseurs qui tueraient des oies après la fin de la saison de la chasse, et ce, jusqu’au 9 février). En tout, le GON a publié 3 messages en 6 jours sur sa page Facebook, montrant ainsi la mobilisation de l’association et de ses membres contre les propos du courrier de la ministre de l’environnement.

Et avec ce geste ignoble, le massacre de 13 oiseaux, il ressort que, dans la région Nord Pas-de-Calais, la lutte contre le fait de tuer des animaux est encore difficile, elle ne va pas de soi, et même dans le domaine de la chasse pourtant détestée par beaucoup de gens.

C’est pour cela que la déclaration de Ségolène Royal est d’autant plus tragique : elle vient encourager la pratique abjecte et cruelle de la chasse. Et le massacre des 13 oiseaux vient répondre à cela, appuyant les propos de la ministre, et quelque part, l’exhortant à aller encore plus loin dans sa logique anti-écologie. L’acte se veut d’ailleurs d’une grande portée politique puisque ce sont des oiseaux protégés qui ont été précisément ciblés, et en grand nombre !

Pour bien rendre compte de l’horreur et de la violence d’un tel acte, et contrairement à nos habitudes, nous republions également la photo du massacre.

Voici le communiqué du GON sur le massacre des 13 oiseaux :

« Destruction de 13 individus d’espèces protégées, acte de malveillance, menaces : où s’arrêteront-ils ?

Un acte de braconnage, de malveillance et des menaces : 12 Mouettes rieuses et un Tadorne de Belon, espèces protégées, ont été massacrés et leurs cadavres déposés devant la porte du garage d’un membre du GON dans la nuit du samedi 31 janvier au dimanche 1er février.

Les radiographies effectuées sont formelles : les oiseaux étaient criblés de plombs ! On peut facilement imaginer qui sont les auteurs de cet acte inqualifiable et la date de cette exécution et du dépôt des cadavres n’est pas anodine, car elle a eu lieu le jour de la fermeture réglementaire de la chasse au gibier d’eau !

L’ONCFS a aussitôt été alertée et deux plaintes ont été déposées à la gendarmerie : à titre personnel, et au titre du GON pour destruction d’espèces protégées.

Nous espérons que cette tentative d’intimidation abjecte ne sera pas suivie d’autres. Le laxisme de la ministre de l’Environnement qui se rend complice du braconnage des oies en interdisant aux agents de la police de la Nature de verbaliser les contrevenants a peut-être fait croire à certains que tout leur est permis ?

Le GON condamne avec force de tels agissements et demande fermement que le droit soit enfin respecté dans notre pays. »

Voici le communiqué officiel du GON du 2 février 2015 :

« Incroyable : Ségolène Royal ministre de l’Environnement incite les chasseurs au braconnage

Alors que la France prend conscience qu’il est urgent de faire respecter les institutions de la République et ses lois, nous ne comprenons pas comment une ministre peut encourager à ne pas respecter les lois, ni comment elle peut empiéter sur les prérogatives de la garde des Sceaux en donnant des ordres à la police, fût-ce celle de la Nature

Nous ne comprenons pas plus comment des élus de la République qui font les lois, peuvent encourager des citoyens à bafouer ses institutions comme viennent de le faire les députés socialistes Monsieur Plisson et Madame Pascale Got du groupe chasse de l’Assemblée nationale en annonçant aux chasseurs qu’ils allaient pouvoir chasser tranquillement en dépit de la réglementation en vigueur.

Le GON sollicite l’intervention de tous les procureurs de la République de la région et du Parquet général pour qu’ils fassent appliquer la loi en diligentant une instruction publique visant à assurer la présence des forces de l’ordre sur le terrain entre le 1er et le 8 février avec charge de verbalisation des contrevenants en cas d’infraction à la réglementation de la chasse

Le GON apporte son soutien à la LPO et à France Nature Environnement qui se préparent à faire une information auprès de la Commission européenne.

Lire les communiqués de presse
France nature environnement
Ligue pour la protection des oiseaux
ASPAS
Humanité et Biodiversité

Le syndicat SNE/FSU des agents de l’ONCFS s’insurge également de la décision de la ministre. Il considère que « Madame Royal le démontre une nouvelle fois, en n’hésitant pas à donner des instructions à l’ONCFS, principal établissement en charge de la gestion de la faune sauvage terrestre, n’hésitant pas à prendre le service public de l’environnement et ses agents en otages . »
Lire le communiqué de presse du syndicat »

Ségolène Royal légalise le braconnage des oies

Pendant que la Fondation 30 millions d’amis se gargarise de son succès juridique qui n’en est pas un, les faits viennent se rappeler, de manière encore une fois pathétique à la française.

La Fondation disait que la France aurait rattrapé l’Allemagne, l’Autriche… ben voyons. Il n’y a qu’en France qu’une ministre de l’écologie peut envoyer une lettre expliquant que ce n’est pas grave si les chasseurs dépassent la fin de la période de chasse des oies: il ne faut pas les verbaliser a-t-elle expliqué aux organes concernés.

C’est une preuve qu’il y a le droit en apparence, et le rapport de force derrière. Officiellement, la chasse a réellement pris fin le 31 janvier… Les faits, eux, sont tout autre!

Le communiqué de l’ASPAS:

Chasse aux oies : Ségolène donne son feu vert aux braconniers

Cette année la chasse aux oies sera fermée au 31 janvier, à la grande colère des chasseurs qui ont annoncé ne pas respecter l’interdit. La réponse en « off » de Ségolène Royal : feu vert pour les braconniers.
Loin d’affirmer la volonté du gouvernement de faire respecter la loi française, elle demande au directeur de l’Office National de la Chasse de ne pas verbaliser les contrevenants ! L’ASPAS demande la démission d’une ministre qui depuis le début de son mandat excelle dans l’anti-écologie.

Depuis des années, les ministres de l’écologie cèdent aux chasseurs extrémistes en prenant des arrêtés illégaux prolongeant la chasse des oies au mois de février. Cette saison, Ségolène Royal a annoncé ne pas prendre le risque de voir un nouvel arrêté retoqué par la justice, mais a choisi une autre stratégie, plus sournoise, pour laisser les chasseurs braconner les oies : celle de ne pas les verbaliser. Le 28 janvier, le courrier (ci-joint) a été adressé par ses soins au directeur général de l’ONCFS lui demandant de ne pas verbaliser les braconniers, et cela jusqu’au 9 février.

Les oiseaux sauvages ne peuvent être chassés pendant leurs périodes de migration. Celle des oies débute en janvier, leur chasse est donc interdite au delà du 31 janvier par le droit européen et français (arrêté du 19 janvier 2009). En tenant compte des études scientifiques, et notamment de la toute dernière étude de l’ONCFS, cette chasse devrait même être fermée à partir du 10 janvier.

Tous les arrêtés ministériels précédents ont bien évidemment été invalidés par le Conseil d’Etat saisi par les associations de protection de la Nature : ASPAS, LPO, FNE, Humanité et Biodiversité. Le dernier en date fut rendu au mois de décembre dernier.

Oies cendrées (F. Cahez)La ministre de l’écologie se rend complice de ce braconnage par une méthode indigne de la fonction qui lui a été confiée par le Président de la République. Plus que jamais, son devenir à ce poste est à reconsidérer.

L’ASPAS demande :
– L’application des lois et règlements pour tous, y compris pour les chasseurs qui ne sont pas au dessus des lois
– La démission de la ministre, qui s’est fourvoyée en se rendant complice de braconnage à très grande échelle.

Le communiqué de la LPO:

Ségolène Royal officialise le braconnage des oies !

« La France doit se montrer exemplaire en matière de biodiversité » n’a cessé de rappeler le Président de la République ». Dans le même temps, le devoir de respecter le droit a été martelé par le gouvernement.

Les lettres de Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie, invitant la garderie de l’ONCFS et les gendarmeries à ne pas verbaliser avant le 9 février, alors que la chasse aux oies est fermée à partir du 31 janvier, est clairement une incitation à braconner pendant 8 jours. Cette pirouette en faveur des chasseurs est d’autant plus vulgaire que, quelques heures plus tôt, elle se faisait un point d’honneur à lutter contre le braconnage… des éléphants !

Dans la foulée, Philippe Plisson, président du groupe chasse à l’Assemblée Nationale et Pascale Got, membre de la commission des lois (!) ont déclaré aux chasseurs : « cette décision […] va nous permettre de pratiquer, mais attention la dernière nuit chassée devrait être celle du dimanche 8 février ».

Alors que la Journée Mondiale des Zones Humides propose, notamment via le réseau LPO (plus de 116 animations dans toute la France, voir : http://jmzh.lpo.fr/), d’aller sur le terrain durant ce week-end lors de sorties nature, les familles auront la surprise d’y rencontrer des chasseurs… en acte de braconnage officialisé par la Ministre en charge… de l’écologie !

La LPO a mobilisé tout son réseau pour relever les infractions. Par ailleurs, elle prépare immédiatement une information auprès de la Commission Européenne pour qu’une suite soit donnée au comportement français.

À quelques semaines de la loi sur la biodiversité, présentée à l’Assemblée Nationale, cette décision contraire au droit républicain dénature les espoirs de la LPO.

Allain Bougrain Dubourg
Président de la LPO

Le communiqué de Picardie Nature, qui apporte des précisions sur l’hypocrisie juridique organisée par la ministre.

Les oies pourront être chassées après le 31 janvier, illégalement mais en toute impunité !

Craignant qu’une nouvelle fois le Conseil d’Etat ne sanctionne le ministère de l’écologie et donne raison aux associations de protection de la nature, Mme Ségolène Royal avait écrit le 16 janvier au président de la fédération nationale de la chasse que ni une prolongation de la chasse aux oies ni une procédure de dérogation pour quelques départements ne seraient juridiquement défendable.

Lors d’une réunion au ministère en début de semaine, cette position était confirmée devant des représentants des chasseurs de gibier d’eau et des associations de protection de la nature.

Allait-on enfin voir la Directive « Oiseaux » appliquée ?

Cette directive européenne demande aux états membres de ne pas chasser les oiseaux migrateurs lorsqu’ils sont de retour vers leur lieu de nidification. Il s’agit d’une disposition pleine de bon sens.

Rappelons-nous qu’en 1999, à la demande de la ministre de l’Environnement le professeur Jean-Claude Lefeuvre du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, s’est vu confier la rédaction d’un rapport sur la chasse des oiseaux migrateurs en France. Son but était de rechercher une solution aux problèmes posés par l’application de la Directive Oiseaux 79/409/CEE. Ses conclusions étaient claires : pas de chasse des oies au-delà du 31 janvier. Les études suivantes demandées également par les ministres de l’Ecologie et réalisées par l’Office national de la Chasse et de la Faune Sauvage aboutissent aux mêmes conclusions.

Oui la date de fermeture de la chasse aux oies est bien fixée au 31 janvier 2015.

La Ministre respecte en cela les décisions du Conseil d’État qui avait rejeté les arguments infondés et rappelé que la chasse en février, qui affecte des oiseaux en migration prénuptiale, est contraire à la directive européenne « Oiseaux » et à la loi française qui imposent la protection complète des oiseaux en période de reproduction.

Mais les chasseurs de gibier d’eau pourront tirer des oies au-delà du 31 janvier !

Comme le soupçonnait les associations de protection de la nature depuis longtemps, des directives sont adressées aux préfets pour que les agents de l’ONCFS, placés sous l’autorité des procureurs ne verbalisent qu’à compter du 9 février.
Mme Ségolène Royal a adressé une lettre circulaire aux préfets le 29 janvier très explicite.

Pour les associations de protection de la nature du mouvement France nature Environnement dont fait partie PICARDIE NATURE, cette façon de procéder est scandaleuse.

Le message politique qui est adressé aux citoyens est clair :

– nous ne respectons pas les multiples décisions de la plus haute juridiction administrative de notre pays sur l’application de la Directive Oiseaux ;

– nous ne tenons pas compte des études scientifiques, même celles menées par l’ONCFS, dont les conclusions sont constantes depuis plus de dix ans ;

– nous cédons aux pressions d’un lobby qui nous alerte sur le fait qu’il ne tient plus sa base et que le peuple chasseurs risque de voter pour les extrêmes.

Cette attitude est un déni de justice, un mépris des conclusions des scientifiques, un signal envoyé aux citoyens sur ce qui ressemble à une démocratie molle voire une république bananière.

Patrick THIERY, Président de Picardie Nature

Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus?

Avec quelque 25 millions d’oiseaux et 5 millions de mammifères tués chaque année en France, sans compter un braconnage très actif, la pression de chasse est beaucoup trop forte sur nos terroirs.

Euh, pardon? Comment peut-on conjuguer critique de la chasse et défense du « terroir »? Voici pourtant comment le naturaliste et chroniqueur Marc Giraud présente son nouvel ouvrage, intitulé Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus ?.

Le point de vue de Marc Giraud reflète un point de vue très partagé dans les régions où les chasseurs exercent une hégémonie complète, comme par exemple la Picardie. La chasse est en effet tellement présente qu’on ne peut même pas se promener: même si on ne risque pas forcément grand chose directement, se promener en présence de types se promenant en bandes avec des fusils n’est guère attrayant…

Alors forcément, pour cette raison, même sans position anti-chasse, nombre de gens trouvent cela insupportable. Comment toucher ces gens? Voilà une question significative! Et pourquoi Marc Giraud, qui a une vision vraiment intéressante dans ses oeuvres, ne va-t-il pas au bout de son raisonnement, pourquoi accepte-t-il tout de même la chasse?

A titre d’illustration, voici l’interview qu’il a accordé au Courrier Picard. On remarquera la subtile prudence des questions, qui d’un côté donnent des gages aux chasseurs, de l’autre tentent de donner la parole à une critique de la chasse…

La chasse est-elle vraiment dangereuse pour les utilisateurs de la nature ?

Quand on se promène un jour d’ouverture de chasse, c’est toujours très inquiétant. On ne risque pas forcément sa vie mais il règne un certain climat d’insécurité. Quand un chasseur tire à 200 mètres de vous, c’est très impressionnant et, malheureusement, les accidents arrivent. On compte en moyenne 150 à 200 blessés par an et une vingtaine de morts. Et encore, tous les accidents ne sont pas recensés. J’évoque par exemple, dans mon livre, le cas de cet enfant de six ans, tué par son frère de 23 ans dans les environs d’Amiens lors d’une partie de chasse, il y a tout juste un an (NDLR : le 29 septembre 2013). Ce sont à chaque fois des vies brisées, des drames humains épouvantables. Je comprends la passion pour la chasse, mais je trouve qu’il y a tellement d’autres choses passionnantes à faire dans la nature.

Selon vous, tout est fait pour que le permis de chasse soit facile à obtenir. Ce problème d’insécurité vient-il en partie de cela ?

Oui. L’examen théorique ne comporte que dix questions, dont une seule est éliminatoire. N’importe qui connaît un peu la nature est susceptible de l’avoir, et ce, pour la vie. C’est une aberration, on devrait instaurer, comme pour les automobilistes, un permis à points. Comme sur la route, il existe évidemment des chasseurs prudents, mais il y a aussi des chauffards qu’il convient de calmer.

Vous laissez entendre également que l’alcool est un facteur aggravant. N’est-ce pas un peu cliché ?

Les chasseurs se veulent bon vivant, soit. Je le suis aussi, mais il ne me viendrait pas à l’idée de prendre le volant quand je suis bourré. Je ne veux pas tomber dans les clichés, mais il m’arrive, dans ma campagne, de voir des chasseurs titubants se rendre à la chasse. Mais le plus effarant, c’est qu’aucun contrôle d’alcoolémie préventif n’est prévu dans les textes. Il n’existe pas non plus de seuil d’alcoolémie au-delà duquel il est interdit de chasser. Et l’état alcoolique n’est pas considéré comme une circonstance aggravante en cas d’homicide à la chasse.

À quoi selon vous est liée cette prétendue indulgence à l’égard des chasseurs ?

C’est un lobby très bien organisé qui dispose de soutiens politiques de taille. À l’Assemblée nationale, le groupe chasse compte 120 députés, soit deux fois plus par exemple que le groupe consacré à la précarité. La base fait pression sur le sommet, et ça marche. Cela pose un vrai problème de démocratie puisque, dans ce pays, un million de chasseurs a davantage de poids que les 2 millions de cavaliers, 15 millions de randonneurs ou encore 20 millions de cyclistes.

La chasse, c’est un pouvoir politique, mais aussi un pouvoir économique basé là encore sur un système antidémocratique. La cotisation à une fédération de chasse, par exemple, est obligatoire lors de la validation du permis de chasser départemental. C’est contraire au principe démocratique des associations.

Les chasseurs jouent pourtant un rôle important de régulateur, sans eux les villes seraient envahies de bêtes sauvages et les terres agricoles détruites. Votre vision n’est-elle pas caricaturale ?

Les chasseurs s’auto-persuadent qu’ils jouent ce rôle, mais c’est absolument faux. Dans le canton de Genève, par exemple, la chasse est interdite depuis quarante ans et tout se passe bien. Prenons l’exemple du sanglier, considéré comme une espèce nuisible. S’il y a autant de sangliers, c’est tout simplement parce que ce sont les chasseurs qui favorisent sa prolifération, mais c’est vrai pour d’autres espèces, au travers de la pratique de l’agrainage. Et puis dans le contexte d’une chasse privée, il faut qu’un animal rapporte, donc qu il soit présent en masse.

À la fin de votre ouvrage, vous émettez une série de propositions pour une chasse « plus démocratique », et vous proposez notamment la « trêve de la chasse le dimanche ». N’est-ce pas une forme de provocation ?

Le dimanche est le jour de sortie en famille, mais c’est aussi le jour où se produisent le plus d’accidents de chasse. Je ne vois pas où est la provocation ? Nous demandons simplement un partage du temps et de l’espace. Dans l’Europe entière, il existe partout un jour de non-chasse. En France, on chasse tous les jours, tout au long de l’année, si l’on tient compte des battues. Et encore une fois, c’est une minorité qui impose sa loi.

Dominique Venner, la chasse et la haute bourgeoisie

En mai 2013, Dominique Venner se suicidait dans la cathédrale
Notre-Dame-de-Paris. Un geste politique, car il s’agissait d’un ultra de l’extrême-droite, célébrant la race blanche, considérant le christianisme comme une religion des faibles, etc. etc.

Ce qui nous intéresse par contre directement ici, c’est que cette personne a été le grand théoricien de la chasse de ces 40 dernières années. C’est logique, la chasse se veut « naturelle », expression de la loi du plus fort, en communion avec les lois de la Nature qui seraient forcément conformes à la bataille pour la survie, etc.

L’Express a publié il y a quelques semaines une sorte de mini biographie. Voici un passage fascinant: il s’agit de la partie présentant une dimension, dont nous avons déjà parlé, qui est le fait que les classes sociales les plus aisées célèbrent la chasse, produisant une idéologie qui influence toute la société.

Dans l’extrait ici présenté, la première phrase fait allusion à la « réelle valeur intellectuelle » de Venner (chose donc dont le milieu de la chasse ne doute guère).

Qui se ressemble s’assemble, et on peut voir ici à quel point la chasse n’est pas un plaisir « populaire », mais une idéologie aristocratique poussée par en haut, valorisée par en haut, reflétant des valeurs et des attitudes dignes du Moyen-Âge!

Le « cochonglier » de Bourg-Saint-Andéol

C’est une information tout à fait édifiante, et extrêmement grave dans ce qu’elle signifie.

Comme on le sait bien, les cochons sont des sangliers qui ont été domestiqués. En pratique, il existe ainsi une séparation très concrète, puisque les cochons n’existent que dans le cadre d’une exploitation animale très stricte, alors que les sangliers ne rencontrent les humains que par les voitures et les chasseurs (qui par ailleurs distribuent allègrement de la nourriture pour justifier leur propre activité de soi-disant « régulation » de la Nature).

L’existence, comme l’explique l’article, de « cochonglier » est ainsi l’expression de la rencontre de deux zones, et ainsi du fait que la ville engloutit la Nature, toujours plus!

Un phénomène apparemment difficile à saisir tant pour l’auteur de l’article (tiré du Midi libre) que la DSV (en fait DDSV: Direction Départementale des Services Vétérinaires, qui d’ailleurs n’existe plus depuis plusieurs années, ayant été intégrée à la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations).

Ardèche : un animal mi-cochon, mi-sanglier de 300 kg retrouvé mort dans un bois

Le week-end dernier, un joggeur qui s’entraînait dans le bois du Laoul de la commune de Bourg-saint-Andéol, a fait une macabre découverte. Le cadavre d’un mammifère aux dimensions hors normes gisait au bord d’un chemin.

De mémoire de chasseur ardéchois, on n’avait jamais vu pareil animal. Pas la bête du Gévaudan, mais presque. Le week-end dernier, un joggeur qui s’entraînait dans le bois du Laoul de la commune de Bourg-saint-Andéol, a fait une macabre découverte. Gisait sans vie au bord d’un chemin, la carcasse en putréfaction d’un mammifère aux dimensions hors normes, visiblement issu d’un très étrange croisement entre un cochon et un sanglier.

Des mensurations hors normes

Selon l’association communale de chasse agréée (Acca) de Bourg-Saint-Andéol, immédiatement prévenue, il pèserait plus de 300 kg et mesurerait 2,60 m de long. Son président, Patrick Garcia, confirme qu’un tel croisement est possible mais il est très rare de le rencontrer dans la nature. Le réseau Sagir (surveillance épidémiologique) a été alerté pour vérifier la présence de germes transmissibles à la faune sauvage.

« La fédération de chasse de l’Ardèche a contacté les services vétérinaires du département pour connaître quelles étaient légalement les mesures à prendre en pareil cas », explique Patrick Garcia, le président de l’Acca de Bourg-Saint-Andéol qui fait remarquer que les grès de l’animal (ses canines supérieures) avaient été sciés. Réponse de la DSV : l’animal n’est pas sauvage mais bien domestique. C’est donc à la mairie de s’en charger. Non sans mal, la ville a réussi hier à contacter un équarrisseur agréé de la région à Cruas qui devrait aller récupérer la bête ce matin.

L’animal serait bien domestique

Mais le mystère reste entier sur la provenance de ce porc domestique, qui aurait été volontairement déposé à cet endroit : « Il a été jeté là, il y avait des traces de roue et de paille sur place », estime Patrick Garcia. Son propriétaire aurait-il cherché à éviter les soupçons de l’équarisseur et des services vétérinaires ? La production de sanglier est très réglementée en France.

Depuis 1982, à cause d’une prolifération des populations dans la nature notamment par des croisements hasardeux entre l’espèce sauvage et le porc domestique, elle est réservée aux seuls professionnels. Et un arrêté ministériel de 2009 impose que seuls les sangliers génétiquement purs sont admis dans les élevages de catégorie A (pour la chasse et la viande). Chaque individu du cheptel y est d’ailleurs bagué pour être tracé. Le spécimen retrouvé à Bourg provient-il d’un élevage clandestin de la région ? Selon la gendarmerie de Saint-Saint-Andéol, si c’est le cas, il n’est pas sur le secteur.

Le cas de « cochongliers » est connu à Fukushima, les animaux ayant été abandonnés à leur sort, et des cochons étaient parvenus à s’enfuir et à se mélanger aux sangliers.

Leur apparition est issu du chaos amené par les humains. Mais ici, ce chaos est organisé: il faut y voir en grande partie la main des chasseurs, utilisant les « cochongliers » en raison de leur fertilité plus grande, afin ainsi d’agrandir leur « terrain de chasse »!

Une chasse à courre bloquée en défense de la forêt de St-Gobain

Hier en Picardie, une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel de l’association Protéger et Défendre la forêt de St-Gobain pour bloquer une chasse à courre. Ce qu’il y a d’autant plus intéressant, c’est que l’association a une vision assez large de la lutte et a relié à cela à la question de la forêt:

Aujourd’hui, la forêt de Saint-Gobain est malmenée du fait d’un important programme d’abattage d’arbres, qui a pour conséquence de défigurer nos paysages, et de dégrader l’environnement forestier.
Les coupes à blanc s’intensifient, et cet état désastreux n’est pas cantonné au département de l’Aisne car c’est toute la forêt française qui est touchée. Notre inquiétude est très grande, mais nous sommes déterminés à poursuivre notre lutte. Nous sommes associés au Collectif SOS Forêts en Danger créé très récemment par des agents ONF du Nord-Est, eux-mêmes très inquiets.

Voici la présentation par le Courrier picard:

50 militants anti chasse à courre bloquent un chenil

Une cinquantaine de militants écologistes et altermondialistes bloquaient samedi les accès à un chenil de Folembray, dans le sud de l’Aisne pour empêcher la tenue d’une partie de chasse à courre.
Les militants, une cinquantaine selon la préfecture de l’Aisne et le collectif altermondialiste «Les désobéissants», sont issus de trois collectifs de défense de la forêt et de la biodiversité, de défense des animaux, et altermondialiste.

«Une cinquantaine de personnes s’opposent au départ d’une chasse à courre à Folembray et ont cadenassé les barrières conduisant au chenil. Tout se passe dans le calme», a indiqué à l’AFP le sous-préfet de permanence.

L’action des militants a commencé vers 9 heures samedi. La gendarmerie est sur place.

«Les activistes réclament d’une seule voix l’arrêt immédiat de la chasse à courre, cette pratique archaïque réservée à quelques privilégiés (15.000 euros la chasse), hautement destructrice de l’équilibre végétal et animal de la forêt», ont indiqué «Les désobéissants» dans un communiqué.

Selon Xavier Renou, membre de ce collectif joint au téléphone par l’AFP, les militants comptent empêcher la sortie des chiens du chenil jusqu’à 16 heures environ, l’heure à laquelle la partie de chasse à courre aurait dû commencer au plus tard.

«Nous sommes strictement non-violents», a précisé M. Renou, évoquant «la première grosse action d’une série». Les militants demandent à rencontrer le préfet pour «discuter du statut de la chasse à courre».

Dans leur communiqué, ils dénoncent une «souffrance infligée par plaisir» aux animaux sauvages lors de ces parties de chasse, dont «la course effrénée et le stress engendré rendent leur chair impropre à la consommation». Le chenil appartient selon les militants à une société de chasse à courre picarde, le Rallye nomade, qui ne pouvait être jointe dans l’immédiat.

Par la suite l’association a diffusé le communiqué suivant:

16h13 : VICTOIRE, les 3 cerfs désignés n’ont pas été chassés, nous avons gagné grâce à vous tous, comme quoi rien n’est impossible lorsqu’on se donne les moyens et que chacun y met du sien …

Nous espérons que ce SAMEDI 21 DÉCEMBRE 2013 sera le début d’une forte mobilisation pour contrer et faire abolir la chasse à courre dans notre département et sur l’ensemble du territoire français afin de suivre l’exemple de nos pays voisins.

Nous sommes désolés si certaines vidéos et images publiées vous ont choquées mais la réalité est telle que nous ne pouvions garder le silence.

Les chasseurs ont essayé de détruire nos appareils photo et nos cameras, ils ont crevé les pneus de plusieurs véhicules des militants et en ce moment même ils sont en train, suite à leur défaite, de prendre en chasse l’un de nos militants à 9 contre un !!!

A présent vous êtes informés de ce qu’il se passe dans nos forêts plusieurs fois par semaine et si vous souhaitez soutenir ces actions contre la chasse à courre, rejoignez le profil facebook de foret vivra ou par mail à foret-vivra@riseup.net

MERCI DE PARTAGER CETTE DERNIÈRE INFO EN MASSE, nous vous tiendrons informés de l’état de santé de notre militant pourchassé.

18h20 La gendarmerie confirme que le militant est Sain et sauf ,il à été retrouvé dans une ferme non loin de Coucy-le-Chateau! ouf!

On peut bien sûr regretter le choix du chenil qui a été fait, puisque cela stresse les chiens, c’est bien sûr un aspect à prendre en compte. Toutefois, c’est une démarche ici vraiment très intéressante, notamment alors que la chasse à courre progresse et que les forêts sont de plus en plus considérés comme de simples marchandises. Il y a une juste compréhension de l’inter-relation des questions posées et des réponses nécessaires.

Voici d’ailleurs deux photos mises en avant par l’association et montrant les conséquences d’une chasse à courre…

« une ou plusieurs personnes, certainement anti-chasse, on commit un acte d’une incroyable cruauté »

Il y a quelques jours le site « chasse passion » a repris un article de Sud Ouest, mais en y ajoutant un titre particulier, ici en gras…

Lundi dernier dans les Landes, une ou plusieurs personnes, certainement anti-chasse, on commit un acte d’une incroyable cruauté en massacrant 27 appelants de Palombe.

«Ce ne sont pas des humains. » La gorge de Michel Laffont, paloumayre habitant de Saint-Michel-de-Rieufret, est encore serrée hier, lorsqu’il retourne une énième fois à sa palombière de Saint-Selve. « Ils ont tué à coup de barre en bois ou en fer mes 27 appelants. » Les malheureux oiseaux étaient encore attachés dans leur volière lorsque le ou les agresseurs ont arraché un panneau de bois de la baraque pour y entrer et tuer tous les oiseaux.

Michel Laffont confie avoir pleuré contre un de ses pins la perte de ses oiseaux. « Ils ont aussi coupé tous les fils des mécanismes pour monter les appeaux en haut des arbres, décrit le paloumayre. Je pense que ce n’est pas un hasard. Ce doit être des gens du coin, mais ce ne sont pas des paloumayres. Des chasseurs n’auraient jamais fait ça à des palombes. » Le vol ne semble pas être le mobile puisqu’aucun objet n’a été dérobé dans la palombière.

« Pourtant, j’y avais laissé mes fusils, puisque je ne m’absentais que quelques heures. »
Michel Laffont a, en effet, passé la matinée de lundi et le déjeuner à la palombière avec des amis. « Le temps étant détestable, nous n’avions même pas sorti les palombes. Vers 14 h 30, tout le monde est parti pour se rendre chez moi. J’y suis retourné à 17 heures pour nourrir les appeaux. »

Une plainte déposée

Ceux que Michel Laffont qualifie de « truands », d’êtres « inhumains » sont donc intervenus dans un court laps de temps. « Ils ont dû nous pister et voir que deux voitures chargées de monde sont parties. Et ils sont immédiatement allés s’en prendre à ces pauvres palombes qui ont des casques, étaient attachées. »

Les gendarmes de Castres-Gironde se sont rendus lundi soir pour constater ce qu’ils considèrent comme un acte de vandalisme. Michel Laffont a, quant à lui, déposé plainte hier après-midi.

Le paloumayre doit désormais nettoyer les dégâts. « Je vais devoir jeter ces pauvres appeaux, et ranger tout mon matériel. Pour moi, la saison est finie. »
Une enquête est ouverte par les gendarmes pour retrouver le ou les auteurs de cet acte.

Les « appelants » sont des pigeons qui sont élevés et éduqués dans le but, dans le seul et unique but de piéger les pigeons « sauvages ».

Les « appelants » sont entièrement dépendants du chasseur qui les exploite et les force à rester sur place. Ces pigeons ont par exemple appris que le seul et unique point de nourrissage des environs était le pigeonnier.

Ces pigeons sont totalement privés de liberté et doivent vivre avec un casque sur la tête (qui leur cache les yeux) afin qu’ils soient totalement coupés de l’extérieur, de toute « tentation » provenant de la Nature… Alors lire qu’un chasseur parle de « pauvres appeaux », on voit le degré de barbarie et de tromperie…

Et évidemment, mais est-ce la peine de le préciser, une personne anti-chasse qui aurait fait cet acte de sabotage aurait tout simplement relâché les pigeons, ou les aurait pris avec afin de les placer.

Quel intérêt de détruire du matériel de chasse et de tuer des pigeons esclaves de la chasse ?! Cela n’a aucun sens et est totalement absurde, sauf naturellement de la part des chasseurs, ces beaufs machos n’hésitant pas à basculer dans la violence et la vendetta.

Se servir du malheur de ces pigeons pour discréditer les activistes anti-chasse, se servir du malheur de ces pigeons morts, pour passer pour des chasseurs victimes est une honte…

Et quelqu’un a ajouté à l’ignominie en postant cela sur le forum d’adoption Rescue, avec comme pseudo « chassepassion » et sous le titre « Alors, qui a le courage de ses opinion? »

On reconnaît là l’esprit de ces gens, arriéré et barbare, appartenant au passé!

Érasme et Thomas More sur la chasse

Érasme est l’une des grandes figures de l’humanisme, au seizième siècle; l’oeuvre la plus connue de ce philosophe hollandais est Éloge de la Folie. Dans cette oeuvre, c’est la « folie » personnifiée qui parle, se moquant des êtres humains qui ne cessent, en fait, de lui obéir.

Voici un passage où il parle de la chasse, exprimant le même point de vue que son ami Thomas More, auteur de l’Utopie. Ce qu’il est très intéressant de noter, c’est comment la chasse peut exercer une fascination en tant que tradition du puissant, du grand propriétaire. C’est encore très présent avec toute une culture obséquieuse de la part de gens aidant à ce type de chasse décrite.

D’ailleurs, mon opinion à moi, la Folie, c’est que, pour tout un chacun, plus étendue est sa gamme de divagations, plus heureux il est, à condition toutefois de rester dans le type de démence qui est mon apanage, vaste domaine en vérité, à telle enseigne que je me demande s’il est possible, parmi tous les hommes, d’en trouver un seul qui soit sage à toute heure et ne soit pas sujet à quelque forme de démence.

A vrai dire, toute la différence se ramène à ceci : l’homme qui prend une citrouille pour une femme, on lui colle le nom de dément, parce que ce cas est rarissime ; en revanche, si un mari partage sa femme avec beaucoup d’autres, jure ses grands dieux qu’elle est une super-Pénélope et s’en félicite avec emphase, dans son égarement bienheureux, personne ne le traite de dément, pour la bonne raison que cette mésaventure est maintenant le lot de beaucoup de maris.

Dans cette catégorie se rangent aussi les gens qui méprisent tout, sauf la chasse aux bêtes sauvages et se flattent d’éprouver un plaisir incroyable dès qu’ils entendent l’abominable son du cor et les glapissements des chiens.

Ma parole ! Quand ils mettent le nez sur les crottes des chiens, pour eux, ça sent bon la cannelle ! Et puis quel doux plaisir, chaque fois qu’il y a une bête sauvage à dépecer !

On autorise la menuaille à débiter taureaux et moutons, mais une bête fauve, ce serait sacrilège, il faut, pour la découper, être un homme bien né.

Tête nue, à genoux, avec le coutelas ad hoc (tout autre est prohibé pour cet office), il découpe religieusement, avec certains gestes, certains membres, dans un certain ordre.

Pendant ce temps, autour de lui, la foule silencieuse admire bouche bée, comme une nouveauté, ce spectacle déjà vu plus de mille fois.

Mieux encore : le chanceux qui a pu goûter la moindre parcelle du fauve s’estime promu à un rang de noblesse non négligeable.

Ces gens-là, à force de poursuivre les bêtes fauves et de s’en repaître, en arrivent uniquement à régresser eux-mêmes vers un état presque sauvage, tout en demeurant convaincus qu’ils mènent une vie royale.

Et voici les très intéressants passages de l’Utopie de Thomas More, qui lui se placent du point de vue de la morale.

Hors de la ville, il y a des boucheries où l’on abat les animaux destinés à la consommation ; ces boucheries sont tenues propres au moyen de courants d’eau qui enlèvent le sang et les ordures.

C’est de là qu’on apporte au marché la viande nettoyée et dépecée par les mains des esclaves ; car la loi interdit aux citoyens le métier de boucher, de peur que l’habitude du massacre ne détruise peu à peu le sentiment d’humanité, la plus noble affection du cœur de l’homme. Ces boucheries extérieures ont aussi pour but d’éviter aux citoyens un spectacle hideux, et de débarrasser la ville des saletés, immondices, et matières animales dont la putréfaction pourrait engendrer des maladies (…).

Les Utopiens regardent aussi comme imaginaires les plaisirs de la chasse et des jeux de hasard, jeux dont ils ne connaissent la folie que de nom, ne les ayant jamais pratiqués. Quel amusement pouvez-vous trouver, disent-ils, à jeter un dé sur un tablier ? et, en supposant qu’il y ait là une volupté, vous vous en êtes rassasiés tant de fois qu’elle doit être devenue pour vous ennuyeuse et fade.

N’est-ce pas chose plus fatigante qu’agréable d’entendre japper et aboyer des chiens ?

Est-il plus réjouissant de voir courir un chien après un lièvre, que de le voir courir après un chien ?

Néanmoins, si c’est la course qui fait le plaisir, la course existe dans les deux cas. Mais n’est-ce pas plutôt l’espoir du meurtre, l’attente du carnage qui passionnent exclusivement pour la chasse ?

Et comment ne pas ouvrir plutôt son âme à la pitié, comment n’avoir pas horreur de cette boucherie, où le chien fort, cruel et hardi, déchire le lièvre faible, peureux et fugitif ?

C’est pourquoi nos insulaires défendent la chasse aux hommes libres, comme un exercice indigne d’eux ; ils ne la permettent qu’aux bouchers, qui sont tous esclaves.

Et même, dans leur opinion, la chasse est la partie la plus vile de l’art de tuer les bêtes ; les autres parties de ce métier sont beaucoup plus honorées, parce qu’elles rapportent plus de profit, et qu’on n’y tue les animaux que par nécessité, tandis que le chasseur cherche dans le sang et le meurtre une stérile jouissance.

Les Utopiens pensent en outre que cet amour de la mort, même de la mort des bêtes, est le penchant d’une âme déjà féroce, ou qui ne tardera pas à le devenir, à force de se repaître de ce plaisir barbare.

Les Utopiens méprisent toutes ces joies, et beaucoup d’autres semblables en nombre presque infini, que le vulgaire envisage comme des biens suprêmes, mais dont la suavité apparente n’est pas dans la nature.

Quand même ces plaisirs rempliraient les sens de la plus délicieuse ivresse (ce qui semble Être l’effet naturel de la volupté), ils affirment qu’ils n’ont rien de commun avec la volupté véritable ; car, disent-ils, ce plaisir sensuel ne vient pas de la nature même de l’objet, il est le fruit d’habitudes dépravées qui font trouver doux ce qui est amer.

On est à la fois près et loin du véganisme. Il y a la compréhension de la morale, pas encore des animaux, mais déjà la chasse était conçue comme barbare!

« Le vrai plaisir est celui procuré par la nature »

Il existe un grand renouveau du discours romantique sur la chasse. L’interview par le Figaro de l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing est ici exemplaire. La chasse est présentée comme un refuge de l’homme viril et digne, éloigné des préoccupations futiles et commerciales du monde moderne. Au-delà de la mort, ce serait une solitude, une aventure spirituelle…

Valéry Giscard d’Estaing : « La chasse est souvent une solitude »

INTERVIEW – Poil ou plume, chasses présidentielles ou safaris privés, l’ancien président de la République a toujours revendiqué sa passion pour la chasse.

LE FIGARO. – Que signifie la chasse pour vous?

Valéry GISCARD D’ESTAING. – La chasse a été la première activité de l’homme. En France, c’était à l’origine un privilège féodal, qui a été aboli à la Révolution. Depuis, le nombre de chasseurs se compte par millions, c’est un sport national bien plus étendu que le foot. Une activité profondément ancrée dans l’humanité, un vaste monde.

Quelles sont vos chasses à vous?

Elles ont été diverses. J’ai d’abord eu le privilège de participer aux chasses présidentielles, à Rambouillet, à Chambord et à Marly. Le général de Gaulle ne chassait pas, mais, par tradition, il participait à la dernière battue, et j’en ai suivi quelques-unes avec lui.

J’ai aussi toujours chassé avec des amis, en France, pour le plaisir. Je continue d’ailleurs : je ne sais pas pourquoi on a écrit que je n’ai pas renouvelé mon permis de chasse, c’est inexact. Je traque des petits animaux, des perdreaux, des faisans.

Je regrette d’ailleurs que les perdreaux gris, qui étaient par excellence le gibier français, aient disparu, à cause des pesticides. Je chasse parfois le cerf, animal emblématique dans tous les pays d’Europe.

On doit pour cela attendre la saison du brame, sinon ils se terrent et on ne les voit pas. Si l’on veut rencontrer de grands cerfs, il faut se rendre dans les pays de l’Est, comme la Pologne, ce que j’ai fait régulièrement.

Pour les grands animaux comme le buffle, l’éléphant ou les grandes antilopes, je suis beaucoup allé en Afrique, au Cameroun, au Gabon, au Kenya, en Tanzanie, dans les anciennes colonies françaises et anglaises. Mais j’ai cessé un jour, car ma fille, lorsqu’elle était petite, me le reprochait.

Quel plaisir de poursuivre ainsi un animal?

Chasser est un sport, on peut marcher des dizaines de kilomètres en pistant un animal.

Mais le vrai plaisir est celui procuré par la nature. La chasse est souvent une solitude, et on se retrouve parfois seul face à la forêt.

En Afrique, j’ai vu la planète telle qu’elle devait être depuis les origines. C’est vrai que le chasseur est dans une relation étrange avec les animaux : on ne tue plus pour la nourriture, l’industrie s’en charge désormais.

Alors, quand un grand animal tombe, on éprouve une sensation de nostalgie, une émotion triste. Tous les chasseurs connaissent ce sentiment curieux.

Vous avez tous les «anti»contre vous, désormais…

L’espèce humaine s’urbanise de plus en plus, elle ne comprend plus la chasse. Nous sommes dans un monde où les «anti» font beaucoup de bruit, même s’ils ne représentent pas grand-chose. J’ai tout de même l’impression que les jeunes de la campagne continuent d’aimer et de pratiquer la chasse.

Comment les chasseurs visent la jeunesse

Voici un très intéressant, mais aussi très racoleur article sur la chasse, publié dans le Figaro.

Contrairement en effet aux affirmations et aux prétentions des réformistes dans la cause animale, depuis quelques années la chasse est en pleine croissance, et la chasse à courre n’a par ailleurs jamais eu autant de succès…

Ici, Le Figaro explique comment la chasse a soldé ses permis voire le matériel, afin de recruter auprès des jeunes…

Les jeunes de plus en plus tentés par la chasse

Alors que s’ouvre la saison cynégétique, les fédérations multiplient les incitations financières à destination des plus de 16 ans.
La truffe au vent, le fusil cassé sur l’avant-bras, à l’heure où blanchit la campagne, on a lâché les chiens dimanche pour la journée d’ouverture de la chasse au petit gibier (lièvre, perdrix, faisan, canard…) dans la moitié sud de l’Hexagone – la saison de chasse débute le 15 septembre dans le nord. La France compte 1,3 million de chasseurs, ce qui en fait le premier pays cynégétique d’Europe devant l’Espagne et l’Italie.

L’extension des villes, la cherté de la pratique, et parfois le regard des autres, ont pourtant entraîné une baisse significative de la pratique de ce loisir puisque la chasse comptait encore deux millions d’adeptes il y a trente ans dans l’Hexagone.

Afin d’enrayer cette hémorragie, certaines fédérations départementales ont lancé des promotions incitatives pour encourager les jeunes à la pratique de la chasse, qui en France est autorisée dès l’âge de 16 ans. Depuis 2009, la fédération départementale des chasseurs du Gard a mis en place un permis à 1 euro pour les jeunes en âge d’obtenir cette autorisation.

«Nous faisions face à un vrai problème, explique Marc Valat, directeur de la fédération des chasseurs du Gard. Sur 19.400 chasseurs dans le département, seuls 57 étaient âgés de 16 ans.
Sensibiliser un jeune à l’âge de 16 ans, c’est plus simple qu’après. Dix-huit ans, c’est davantage le temps des sorties, et il est plus difficile de se lever tôt le dimanche matin pour aller chasser quand on est sorti la veille…»

Aujourd’hui, avec le permis à 1 euro -au lieu de 170 euros- et des promotions négociées auprès d’armureries, la fédération gardoise, une des trois plus importantes fédérations françaises en termes de chasse au sanglier avec plus de 21 500 prélèvements par an, a réussi à quasiment doubler le nombre de pratiquants en quatre ans. 105 adolescents ont été admis au permis de chasse l’an dernier.

Le résultat peut sembler modeste mais il est notable pour ce département qui avait perdu quelque 800 chasseurs en quatre ans.
L’idée doit être bonne puisqu’elle est copiée depuis cette année par la fédération des chasseurs du Vaucluse qui propose le permis à 1 euro aux ­16-18 ans.
Autre promotion, dans la Creuse, c’est une réduction de 50% qui est faite en faveur des étudiants. Plus fort encore, en Haute-Vienne: l’examen au permis de chasse est depuis cette année offert à ceux qui le passent pour la première fois.

«La chasse est un loisir coûteux, convient Marc Valat. Il faut compter 500 € pour une arme d’occasion, 80 à 100 € de munitions par an, le permis annuel, plus l’adhésion à une association de chasse… Une saison peut vite revenir cher, c’est pourquoi ce genre de coups de pouce, profitant aux chasses populaires et aux plus jeunes sont importants et rencontrent un succès certain.»

Au niveau national, ses efforts cumulés par les fédérations départementales s’avèrent… payants. Les effectifs des chasseurs sont en passe de rajeunir.
La fédération nationale de chasse indique ainsi que «les inscriptions des 16-25 ans représentent 26% des primo-inscriptions alors que cette tranche d’âge représente plutôt 20% des chasseurs.»

Quand on lit cela, il est facile de voir pourquoi la chasse est soutenue. Ce qui est visé ici, c’est en effet la jeunesse, mais il y a également les classes populaires en arrière-plan. L’idéologie de la chasse étant fondamentalement macho, conservatrice, individualiste, etc., il n’est pas étonnant que tout ce qui est réactionnaire la soutienne…
Ne pas voir cela serait absurde; la chasse n’est pas un « loisir spéciste », mais une pratique criminelle récente historiquement, désormais portée à bout de bras par les notables locaux. C’est un outil très utile pour les conservateurs…

« C’est parti pour la chasse aux pigeons ! »

Ils sont partout : sur les tables des terrasses, dans les rues du centre-ville, sur le rebord des fenêtres, sous les toits à l’affût de la moindre miette à manger.

Pour la quatrième année consécutive, la Ville  va entreprendre la chasse aux pigeons. Au total, six cages seront placées pendant cinq mois à des endroits où ces oiseaux urbains sont présents en nombre.

Rue de Ronde, rue Perrin, rue du Commerce, au Foyer Colbert et à la montée Gauthier-Villars notamment. « A ces endroits, ils trouvent forcément à manger » assure Laurent Vichard, directeur adjoint des services techniques de la Ville. L’entreprise Avipur de Genlis est alors chargée de venir quotidiennement récupérer les pigeons capturés, qui sont tués.

Plus d’informations dans notre édition papier du jeudi 20 juin.

Cet article traduit une indifférence terrible envers les pigeons. Mais au-delà de cette indifférence, c’est surtout de la méchanceté gratuite qui est déversée sur les pigeons. Rien que le titre « C’est parti pour la chasse aux pigeons ! » qui se voudrait humoristique, alors qu’il s’agit de tuer des êtres vivants, est très révélateur du contenu qu’aura le texte.

Et en effet, à lire la première phrase, on se croirait dans un film d’épouvante, où les pigeons seraient des êtres cauchemardesques. Des êtres « maléfiques » prêts à tout pour nous envahir, presque à nous attaquer même selon le ton de l’auteur, pour trouver de quoi se nourrir.

C’est une vision totalement social-darwiniste, un parfait reflet d’une société de concurrence, qui voit le mal partout.

Il est évident que les pigeons des villes ne mangent pas à leur faim et qu’ils cherchent tout le temps des miettes, mais employer un ton si moqueur, méprisant et hautain envers des animaux affamés est tout simplement cruel. Il n’est ici pas question de gérer des déchets au sol, mais des animaux, avec des émotions et des sensibilités!

Cette vision qui veut de la « pureté » exprime une démarche exterminatrice. Elle est le contraire de ce dont on a besoin?

Il ne faudra jamais assez répéter que les pigeons bisets vivent un cauchemar quotidien dans les villes : manque de nourriture, maladies, écrasés par les voitures, pourchassés, maltraités, tués car censés être trop nombreux etc.

C’est pour cela, que pour la quatrième année, la ville de Lons va procéder à la capture et à la mise à mort de pigeons. Cette fois-ci il est prévu de tuer 800 pigeons.

Si cela fait quatre ans que cette méthode est employée, cela montre bien que c’est une méthode inefficace, en plus d’être une barbarie terrible.

Les seuls moyens de réduire, de manière non brutale, la population des pigeons bisets, sont l’installation d’un pigeonnier contraceptif ou la distribution de graines contraceptives. Mais trop peu de mairies veulent investir dans ces méthodes, qui sont pourtant douces et bien plus « acceptables » que les captures et mises à mort, quand on a un minimum d’émotions et qu’on a pas été biberonné à l’idéologie dominante.

Constatons ici que même si réduire les populations animales s’avère être un acte anti-naturel (comme la stérilisation des chattes par exemple), c’est un acte indispensable, car il en va de la sécurité des animaux car un nombre trop élevé d’animaux crée des tensions, comme une concurrence accrue pour la nourriture par exemple. C’est une vaste question, mais qui paraît pour le moment être inévitable, dans un monde non vegan!

Et c’est aussi pourquoi ce monde non vegan est insupportable: il est totalement dénaturé, il amène le chaos, la survie au lieu du bonheur.

Alors, expliquer que des vies vont être supprimées avec autant de froideur et d’indifférence est très grave, mais cela est malheureusement le sentiment général vis-à-vis des pigeons, qui ne sont respectés que par bien peu de personnes. Et ce peu de personnes qui  a un minimum de respect pour les pigeons ne se fait que trop peu entendre, pas assez pour voir se dessiner au loin une prise de conscience en faveur de nos amis les pigeons.

Pour que la libération animale s’impose et gagne, il faut devenir la voix des pigeons, la voix de tous ces animaux méprisés et assassinés !

Les enfants : cibles des chasseurs

Voici un document de l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages). Important, car il rappelle à quel point les chasseurs sont très bien organisés, marchant en tandem avec l’industrie de l’exploitation animale. On est là dans une grande opération de propagande, et l’on voit bien que l’Etat n’est pas neutre.

Le lobby chasse veut la mainmise sur l’éducation à l’environnement !

Bien que le prosélytisme soit illégal, les chasseurs ont déjà la liberté totale de pénétrer dans les écoles pour pratiquer à leur manière « l’éducation au développement durable ».

Bientôt reçue par le Président de la République et le ministre de l’éducation nationale, la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) entend maintenant leur extorquer une surveillance de tout le domaine pédagogique sur la nature, au mépris des professionnels et de la loi.

Il s’agit d’un « Observatoire des pratiques pédagogiques sur l’éducation à l’environnement » que la FNC veut lancer avec la bénédiction de Vincent Peillon.

L’exigence « pédagogique » des chasseurs montre leur mépris total pour les éducateurs nature, qui font déjà partout en France un excellent travail de sensibilisation aux enjeux de l’écologie, sans arrière-pensée de prosélytisme pour des intérêts privés ou pour un loisir contestable. Or, ces pédagogues professionnels de la nature n’ont jamais été reçus par les responsables politiques.

En revanche, les représentants du lobby chasse ont déjà signé, le 4 mars 2010, un partenariat avec Jean-Louis Borloo et Luc Chatel, à l’époque Ministres respectivement de l’Écologie et de l’Éducation, pour « l’éducation au développement durable ».

Malgré cette plaisante formulation, les réalités de terrain sont tout autres et montrent une réelle volonté de donner à nos enfants le goût de la chasse et des armes, récompenses et sandwichs au chevreuil à l’appui. Que faut-il de plus ? Anéantir toute approche objective et scientifique du monde vivant ?

Les chasseurs sont loin de montrer le comportement exemplaire que l’on attendrait pour nos enfants. Lorsque Vincent Peillon était député de la Somme, sa permanence avait été saccagée par des chasseurs de CPNT en 1998, puis il a été accueilli à coups de pierres par des chasseurs en 2000, et sauvé de justesse par un hélicoptère de la gendarmerie…

Se souviendra-t-il de ce potentiel de vertus pédagogiques du monde de la chasse ?

Le Collectif « Non aux chasseurs dans les écoles ! » s’insurge avec force contre ce prosélytisme pourtant interdit (1) et rappelle, aux ministres concernés, qu’il représente également des millions de parents et citoyens non chasseurs qui, eux aussi, savent voter.

Associations signataires et membres du collectif : APIE, ASPAS, Association pour la défense des victimes de la chasse, AVES France, Bonnelles nature, CACC, CPEPESC Franche-Comté, CPEPESC Nationale, CPN Brabant, CROC BLANC, CVN, Droits Des Animaux, Fondation Brigitte Bardot, Frapna Savoie, GEOB, GDEAM, IDAE, L214, Le Sanctuaire des hérissons, Loire Vivante Nièvre Allier Cher, LPO Nationale, LPO Rhône Alpes, LPO Drôme, MELES, Mille Traces, Nature Centre, Nature et Humanisme, Ni Homme – Ni Objet, Oiseau nature, One Voice, Perche Nature, Pro’eco, RAC, Serre Vivante, SPA Nationale, Stop violence France, Veg’Asso…

(1) La laïcité s’appuie sur la liberté de conscience définie dans la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, puis celle de 1948. C’est le cadre juridique fixé par la loi du 9 décembre 1905 qui implique une stricte neutralité dans les établissements scolaires

Voici la pétition, qu’il est possible de signer ici.

Pétition : Non aux chasseurs dans les écoles

Le gouvernement autorise les amateurs d’armes à entrer dans les écoles pour donner des leçons de « développement durable », favorisant ainsi le prosélytisme du lobby chasse envers les enfants. Les chasseurs n’ont aucune légitimité pédagogique.

Leur passion de la chasse et leur concurrence avec les prédateurs naturels leur donnent une vision déformée de la faune, qu’ils partagent entre « nuisibles » et « gibier ».

Les chasseurs ne sont pas des biologistes et n’ont pas de compétence pour décrire un écosystème dans sa globalité.

Leur opposition aux mesures de protection de la biodiversité, leur opposition aux ours et aux loups, leur absence dans les combats pour la défense des animaux sauvages, leurs contentieux quasi quotidiens contre les protecteurs ne rend pas leur discours « écologique » crédible.

L’ASPAS, de nombreux enseignants et le collectif “NON aux chasseurs dans les écoles” réclament l’arrêt immédiat de ces opérations illégales, immorales et inutiles.

Sangliers : le préfet de l’Aisne autorise la chasse toute l’année

« Dans ces conditions, ce n’est plus de la chasse aux sangliers, c’est de la destruction d’animaux, du massacre. Nous ne pouvons pas cautionner cela. »

Voilà ce que disent… les président et directeur de la fédération des chasseurs de l’Aisne Hubert Moquet et Bruno Doyer.

La cause de cette « colère » tient au fait que sur « suggestion » du ministère de l’Intérieur, il y a un arrêté préfectoral qui prolonge la chasse du sanglier, mais également du lapin de garenne et du pigeon ramier.

Cela signifie en pratique que les sangliers seront chassés en pleine période de reproduction. En clair, ils doivent être génocidés, car ils sont considérés par l’État comme trop nombreux et causant trop de dégâts.

Si les chasseurs protestent, ce n’est pas pour défendre les sangliers, bien entendu. Il y a deux raisons, la première c’est que la chasse aux sangliers dans l’Aisne devient… gratuite !

Car l’État appelle tout le monde à se précipiter dans une orgie de mort. La fédération départementale regrette, en fait, la taxe que chaque chasseur aurait dû lui remettre.

Et la fédération départementale regrette aussi que son prétendu rôle « régulateur » – selon le principe comme quoi la Nature aurait besoin d’être régulée à coups de fusils, etc. – soit nié.

La fédération départementale des chasseurs raconte donc que « Il existe dans l’Aisne le contexte d’un trop-plein de sangliers auquel l’arrêté préfectoral donne raison. Mais depuis huit ans, nous prélevons dans le département 7500 à 8000 sangliers par an. Nous avons stabilisé les populations qui ne sont ni en excès, ni en régression. »

Maintenant, regardons quelque chose concernant cette question, et montrant l’hypocrisie générale. Voici en effet ce qu’on trouve dans la revue « Le chasseur français » de mars 2013 :

Les chasseurs voient d’un mauvais œil ce contraceptif ; le président d’honneur de l’Association nationale des chasseurs de grand gibier, au nom très aristocratique de A. J. Hettier de Boislambert, explique ainsi que « la contraception du sanglier est à proscrire en tant que procédé antinaturel » qui serait « une manoeuvre pour tenter de discréditer le rôle de régulateur de populations sauvages que revendique à juste titre le chasseur. »

C’est ce fameux discours de « régulation » par le meurtre qui n’est qu’un justificatif social-darwiniste à une pratique meurtrière, et qui voit donc de très mauvais œil toute tentative d’organisation différente, comme par exemple sur le territoire du canton de Genève où la chasse est interdite et où les sangliers sont « encadrés » par un clôturage électrique préventif, un agrainage dissuasif, etc.

Surtout que les chasseurs nourrissent les sangliers, voire en introduisent, etc. La démarche des chasseurs est une escroquerie permanente, voilà tout.

Bien entendu, la contraception n’a rien de naturel. Cependant, c’est une question importante qui doit être étudiée de par le contexte. En tout cas, la question des sangliers, comme en général des animaux libres dans la Nature, rappelle que nos villes sont une catastrophe et une forme d’organisation en guerre avec la Nature.

Chaque jour, les contradictions se renforcent et les villes qui partent à la conquête de la Nature découvrent des « problèmes », des sangliers aux renards, des oiseaux aux hérissons, alors que ces problèmes n’en sont pas et que c’est l’organisation de l’humanité qui en est un, et le seul !